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Films du mois

  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas
Rencontre

de Matthieu Liettaert
Documentaire - France - 2019 - VOST - 1h

La pub au pays des merveilles

Hier, ils nous vendaient des voitures ; aujourd’hui ils nous vendent des présidents… La pub au pays des merveilles présente l’envers d’un décor que nous côtoyons quotidiennement, mais que nous connaissons finalement si peu. Le réalisateur donne la parole à des PDG d’agences publicitaires, des psychologues industriels et des ingénieurs-informaticiens qui nous expliquent l’un des principaux moteurs de la société de consommation. De l’autre côté, il présente des lanceurs d’alerte qui soulignent les dangers pour la démocratie et la planète de l’actuelle révolution publicitaire, quasiment non régulée par le politique.
La force du film tient aussi à l’attention portée à la révolution des datas, des neurosciences et de l’Internet offrant à la publicité un champ d’action bien plus puissant qu’avant, avec une visée de plus en plus personnalisée. Découvrons les coulisses de la persuasion marketing !

Rencontre le vendredi 24 janvier à 20h autour de l’impact de la publicité dans nos vies et notre espace public avec l’association Résistance à l’agression publicitaire 

Sortie nationale

De Jayro Bustamante avec María Mercedes Coroy, Sabrina De La Hoz, Margarita Kénefic, Julio Diaz, María Telón, Juan Pablo Olyslager, Ayla-Elea Hurtado
Drame - Guatemala / France - 2019 - VOST - 1h36

La Llorona

La Llorona pleure ceux qui sont morts durant le génocide des indiens mayas. Le général responsable du massacre est acquitté. Il reste hanté par La Llorona. Serait-ce Alma, la nouvelle domestique ? Est-elle venue punir celui que la justice n’a pas condamné ?

Un général guatémaltèque fait face à sa responsabilité dans le génocide indien. D’une intensité rare. Trente ans après la guerre civile au Guatemala, le général Enrique est, enfin, traduit en justice. Mais le vieillard, plein de morgue, ne reconnaît toujours pas avoir ordonné le génocide indien, et particulièrement les massacres de Rabinal entre 1981 et 1983. Condamné, il est pourtant gracié quelques jours plus tard, et rentre, avec sa femme, sa fille et sa petite-fille dans sa grande villa, désormais encerclée par une foule de manifestants qui brandissent les photos de centaines de morts et de disparus. À l’intérieur de la demeure, devenue un étrange fort Alamo, l’ambiance est irrespirable et le général ne dort plus, persuadé d’entendre les pleurs d’une femme. Alma, la nouvelle employée de maison indigène, serait-elle une revenante venue réclamer vengeance ? La Llorona est un film époustouflant : après Ixcanul (Ours d’argent à Berlin en 2015) et Tremblements, Jayro Bustamante clôt son triptyque sur la haine au Guatemala avec ce drame d’une puissance rare sur les plaies, encore béantes, d’un pays qui ne reconnaît toujours pas officiellement les exactions du régime militaire, particulièrement celle de l’ère Efraín Ríos Montt (1982-1983). Impossible d’oublier les premières images du procès : ce plan fixe sur une Maya témoignant d’une voix blanche, le visage caché sous un voile en dentelle multicolore. L’horreur des mots derrière la beauté d’un tissu traditionnel… Mais le film quitte rapidement le tribunal pour enfermer le général tortionnaire et ses proches en plein déni dans un huis clos où le cinéaste use avec maestria, et sans effets spéciaux, des codes du film de genre : la maison devient un labyrinthe horrifique au fil de plans-séquences en clair-obscur, aussi fluides qu’oppressants, qui emprisonnent les personnages… La foule, dehors, n’est entraperçue qu’à travers les rideaux mais ses revendications, ses chants et ses prières forment un hors-champ sonore entêtant : cette mélopée pour la vérité est le plus puissant des sièges. Peu à peu, la folie gagne à l’intérieur, et la présence quasi silencieuse, à la fois si charnelle et fantomatique, de la belle Alma dans sa robe blanche trouble les âmes jusqu’à habiter littéralement un corps, dans une scène sidérante d’expiation, où la bête meurt. La Llorona n’a pas fini de nous hanter. Télérama
Sortie nationale / Au Cinéma Bel Air et en salle Ciné K

De Makoto Shinkai avec Kotaro Daigo, Nana Mori, Shun Oguri, Tsubasa Honda, Sakura Kiryu
Animation - Japon - 2019 - VF / VOST - 1h52

Les Enfants du temps

Jeune lycéen, Hodaka fuit son île pour rejoindre Tokyo. Sans argent ni emploi, il tente de survivre dans la jungle urbaine et trouve un poste dans une revue dédiée au paranormal. Un phénomène météorologique extrême touche alors le Japon, exposé à de constantes pluies. Hodaka est dépêché pour enquêter sur l'existence de prêtresses du temps. Peu convaincu par cette légende, il change soudainement d'avis lorsqu'il croise la jeune Hina...

Diffusion au Kinepolis et au Bel Air à partir du 8 janvier en VOST et en VF.

Horaires Ciné K Kinepolis du 22 au 28 janvier ici.

De graves inondations menacent Tokyo. Seule une ado peut stopper la pluie. Une fresque écologique audacieuse, servie par une superbe animation. Sale temps à Tokyo. Depuis des semaines il pleut des cordes sur la mégalopole japonaise. L’eau monte dangereusement, les inondations menacent. Seule Hina a la faculté de provoquer des éclaircies. Un talent que cette « fille-soleil » met à profit avec l’aide de Hodaka, adolescent en fugue. Mais chaque don a un prix et celui que doit payer Hina en chassant les nuages s’avère exorbitant… Pour tenter de sauver celle qu’il aime, Hodaka ne reculera devant rien. Sur le thème inépuisable des amours impossibles, Makoto Shinkai brode une histoire qui s’apparente à celle de Your Name, son précédent long métrage d’animation. Mêmes personnages (ou presque), jusque dans leur physique, mêmes péripéties romanesques, même touche de fantastique : sans être véritablement une suite, Les Enfants du temps pourrait former un diptyque avec le film d’avant et semble, lui aussi, promis à un énorme succès. Six mois après sa sortie dans l’archipel, le film y totalise près de onze millions d’entrées. Une performance étonnante, car la bluette romantique et joliment troussée, la délicatesse des sentiments et les gestes à peine esquissés cachent un message qui n’a rien de consensuel. Sur fond de périls climatiques liés à l’activité humaine, Shinkai invite en effet les jeunes générations à désobéir, voire à se rebeller contre les adultes et les autorités, armes à la main s’il le faut. Mieux encore, dans une société où, depuis toujours, le conformisme et le sacrifice de soi ont force de loi, le réalisateur prône sans complexe la poursuite du bonheur individuel, fût-ce au prix de l’intérêt général ! Du jamais-vu dans un film d’animation japonais très largement distribué et destiné à un public familial. Une œuvre à tiroirs donc, où, derrière l’excellente facture de l’animation, la splendeur ouatée des cumulonimbus et les vues magnifiques de Tokyo sous la pluie, il faut s’attendre, cette fois, à une sacrée dose de wasabi. Télérama
Film précédé du court métrage : Erebeta (4’) de François Vogel (au Cinéma Bel Air)

De Gu Xiaogang avec Qian Youfa, Wang Fengjuan, Zhang Renliang, Zhang Guoying, Sun Zhangjian, Sun Zhangwei, Du Hongjun, Peng Luqi, Sun Zikang, Zhuang Yi, Dong Zhenyang, Zhang Lulu, Mu Wei
Romantique Drame - Chine - 2019 - VOST - 2h34

Séjour dans les monts Fuchun

Le jour de ses 70 ans, la doyenne de la famille Gu s'évanouit. Les médecins lui diagnostiquent alors une démence. Les quatre frères sont confrontés à des changements cruciaux dans leurs relations, tout en devant faire face aux problèmes de leur propre famille. Leurs destins, bien que liés par l’amour, se heurtent à des défis et des dilemmes. L'histoire, à la manière d'une peinture traditionnelle chinoise, se déroule au fil des quatre saisons.

Fresque ambitieuse et superbe, le premier film de Gu Xiaogang inaugure un triptyque sur le sort d’une famille démunie confrontée à l’essor économique de la région. «On a vécu ici pendant trente ans et ils ont mis trois jours à le démolir» : le couple de pêcheurs paupérisé par le boom économique de la ville de Fuyang n’a plus les moyens de se payer un loyer dans les nouveaux immeubles qui émergent par dizaines dans différents quartiers préalablement rasés à la pelleteuse. Ils vivent désormais avec leur grand fils sur un frêle canot de pêche arrimé au port avec d’autres embarcations du même genre, qui ressemble à quelques traits horizontaux et résiduels dans une fresque entièrement dévolue à la verticalité. Séjour dans les monts Fuchun (Dwelling in the Fuchun Mountains), film de clôture de la Semaine de la critique, se présente comme le premier volet d’une ambitieuse trilogie du cinéaste Gu Xiaogang, 31 ans, qui signe ici son premier long métrage. Fuyang, dans la province du Zhejiang, au sud-ouest de Shanghai, s’éparpille sur les bords de la rivière Fuchun et est un district satellite de la capitale, Hangzhou, un des épicentres de la start-up nation chinoise avec notamment le siège social du méga-site de vente en ligne Alibaba. A plusieurs reprises dans le récit, il est question de la nouvelle ligne de métro qui va relier Fuyang à Hangzhou et fluidifier la circulation dans un environnement refait à neuf et dont les promesses urbanistiques sont vendues en kit via maquettes de présentation et film publicitaire sur le bonheur de la croissance sans fin. Gu Xiaogang nous plonge dans une chronique merveilleusement libre et pointilliste de trois générations d’une famille, les Gu, que l’on découvre dès l’ouverture en pleine célébration des 70 ans de la grand-mère. La fête a lieu dans le restaurant de son fils aîné, tout le monde a l’air à la fois joyeux et stressé; on parle déjà beaucoup d’argent, de dettes, d’ennuis divers jusqu’au moment où la vieille femme tombe sur le sol, victime d’une crise cardiaque. Elle ne meurt pas mais reprend conscience à l’hôpital diminuée par l’accident, perdant peu à peu la mémoire. Autour d’elle, qui pose désormais sur l’incessant mouvement du monde alentour le regard apaisé et fataliste de qui voit les choses inexorablement lui échapper, gravitent ses quatre fils, dont l’un élève seul son fils trisomique et doit bientôt fuir pour échapper à des mafieux énervés réclamant le remboursement d’une dette de jeu astronomique. La fille du proprio du restaurant est, pour sa part, amoureuse d’une professeur d’anglais mais sa mère ne l’entend pas ainsi, qui veut lui arranger un mariage avec le fils d’une famille fortunée qui leur permettrait de faire tourner le business à une nouvelle échelle en rapport avec les mutations sociales de la ville. Le couple de pêcheurs est, lui, réduit à une existence précaire et ils cherchent eux aussi à marier leur fils unique qui proteste mollement : «Je compte pour toi, tu comptes pour moi, tout est affaire de calcul, c’est tuant à la fin !» Gu Xiaogang dépeint l’emprise des parents sur une progéniture que la politique de l’enfant unique a placée dans une situation archi-névrosante de dépositaire exclusif des espoirs en un futur amélioré mais il montre aussi dans la multitude des péripéties et dégagements narratifs sur plusieurs saisons (le tournage a duré deux ans) des adultes mûrs qui voient s’évanouir le capital qu’ils avaient cumulé, comme aplati sous le rouleau compresseur des programmes de mutations administrés. On voit ainsi des propriétaires se désoler de n’être pas encore visés par les avis de démolition de leurs immeubles car ils sont ainsi privés du revenu providentiel de la compensation financière offerte pour qu’ils déguerpissent. Plus tard, on voit aussi un des membres de la famille Gu demander au médecin le prix des frais médicaux engagés pour leur mère et qui de toute évidence ne sont pas remboursés et obligent les familles à y renoncer ou à s’endetter. Grand thème du cinéma chinois contemporain, et tout particulièrement chez Jia Zhangke, ce rapport d’étrangeté totale, qui s’établit entre un collectif d’individus et son environnement en chantier, ouvre la voie à de nouvelles angoisses, à un sentiment inarticulé d’inappartenance et de non-lieu. Dans une scène, un ouvrier en pleine destruction d’un appartement, s’arrête pour fouiller dans des papiers laissés par les anciens résidents, des cartes postales, des photos et lettres, inscrivant dans la pagaille des coups de marteau et des jointures de portes éclatées la désuétude des vies hâtivement démeublées de leurs attaches et d’un socle d’expériences à délai de péremption accéléré. Et pourtant, c’est ce qui rend le film sublime à bien des égards, Gu Xiaogang, lui, prend son temps, comme dans ce traveling de plusieurs minutes sur un nageur dans les eaux du fleuve qui recueille sur ces bords encore luxuriants les marges d’une existence aux allures immuables, puisqu’on la voit représentée dans une des peintures les plus populaires en Chine et qui donne son titre au film. Dwelling in the Fuchun Mountains, en effet, est un chef-d’œuvre du peintre Huang Gongwang (1269-1354), un sommet des représentations de paysage de la tradition «shanshui» qui s’attache à l’harmonie physique et spirituelle des montagnes et de l’eau. Les structures éternelles du paysage peint vont bientôt s’inscrire à l’écran et la ville actuelle vient se glisser en palimpseste sous le crayonnage des frondaisons, des collines, des larges chapeaux des pêcheurs, des oiseaux et de la neige. Sismographe du présent, Gu Xiaogang, auteur du scénario original, a voulu son film à la fois précis et ample, tressant le parcours d’une dizaine de personnages tout en cherchant à se caler sur la respiration intérieure et immatérielle d’un univers d’autant plus fascinant qu’il paraît circonscrit à quelques rues et à l’horizon prosaïque des fins de mois, des bulletins de santé et des querelles de voisinage. Libération
Au Cinéma Bel Air et en salle Ciné K

De Ritesh Batra avec Nawazuddin Siddiqui, Sanya Malhotra, Akash Sinha, Abdul Quadir Amin, Sachin Khedekar
Romantique Drame - Inde/Allemagne/Etats-Unis - 2019 - VOST - 1h49

Le Photographe

Rafi, modeste photographe, fait la rencontre d'une muse improbable, Miloni, jeune femme issue de la classe moyenne de Bombay. Quand la grand-mère du garçon débarque, en pressant son petit-fils de se marier, Miloni accepte de se faire passer pour la petite amie de Rafi. Peu à peu, ce qui n'était jusque-là qu'un jeu se confond avec la réalité...

Du 22 au 28 janvier en salle Ciné K du Kinepolis. Horaires ici.

Du 29 janvier au 4 février au Cinéma Bel Air.

Lui est un photographe pauvre de Bombay. Elle, une étudiante de bonne famille. Derrière le pittoresque, une délicate exploration de l’amour en Inde. Dans la foule immense de Bombay, deux vies étrangères l’une à l’autre finissaient par s’unir, et la comédie romantique trouvait, avec The Lunchbox (2013), un charme nouveau. En faisant se croiser, dans la même ville, un photographe des rues nommé Rafi et une jeune étudiante de bonne famille, Miloni, le réalisateur Ritesh Batra poursuit son observation de la société indienne, où les fossés séparant les différentes classes semblent infranchissables. Au point qu’entre Rafi et la jolie Miloni, aucune relation n’est envisageable : parce qu’il a pris une photo d’elle, il la fait passer pour sa petite amie afin d’apaiser sa grand-mère, fermement décidée à le marier. La timide demoiselle se prête au jeu par gentillesse. Mais à trop bien faire semblant d’être proches… Si l’on voit venir le retournement de situation, ce moment où le faux couple affrontera le désir d’en devenir un vrai, le film ne cesse pourtant d’étonner. À travers des scènes qui tirent le meilleur du personnage de la grand-mère, la comédie s’installe, soutenue par tous les amis de Rafi, qui lui parlent de sa promise et de mariage au beau milieu des occupations quotidiennes, en l’apostrophant quand il passe. Voilà l’amour en Inde : une histoire que tout le monde suit et commente comme un feuilleton, une romance qui s’écrit avec la famille, les voisins, joyeusement ! Mais lorsque Rafi s’interroge sur ce qu’il éprouve pour Miloni, il parle avec un fantôme venu le visiter… C’est alors le mystère que le réalisateur interroge : celui des sentiments, qui naissent dans le plus grand secret et poussent l’une vers l’autre deux personnes qui n’avaient aucune intention de s’attacher l’une à l’autre. La force véritable et irrépressible de l’amour, qui échappe à tous les romans-photos, à tous les clichés, est montrée avec une superbe délicatesse, observée avec une justesse qui va droit au cœur. Télérama
Sortie nationale / En salle Ciné K

de Abdel Raouf Dafri avec Johan Heldenbergh, Linh-Dan Pham, Lyna Khoudri, Olivier Gourmet
Drame - France - 2019 - 1h49

Qu'un sang impur...

Alors qu’il n’est plus que l’ombre du guerrier qu’il était en Indochine, le colonel Paul Andreas Breitner se voit contraint de traverser une Algérie en guerre, à la recherche de son ancien officier supérieur : le colonel Simon Delignières, porté disparu dans les Aurès Nemencha, une véritable poudrière aux mains des rebelles.

Diffusion en salle Ciné K du Kinepolis à partir du 22 janvier.

Horaires du 22 au 28 janvier Ciné K  ici.

Un film frontal qui, à travers l’évocation du passé colonial de la France et plus particulièrement celle de la guerre d’Algérie, interroge sur la notion d’identité française. Français d’origine algérienne, Abdel Raouf Dafri, scénariste des deux volets Mesrine, d’Un prophète et des séries TV Braquo revient sur cette guerre d’indépendance toujours taboue, au cours de laquelle les deux camps firent preuve d’une effroyable sauvagerie. Bien loin de tout manichéisme, il bâtit un film dur, âpre et émouvant où il n’existe ni gentils, ni méchants, juste des êtres humains, qui, tous sexes, races et croyances confondus, au plus fort de la haine et de l’incompréhension, cherchent à préserver cette part d’éthique qui leur appartient, malgré tout. La scène d’ouverture donne le ton. La violence est omniprésente, froide et sans concession, le seul but étant de rendre compte, avec le plus de justesse possible, du comportement des rebelles algériens autant que de celui des soldats français. Après s’être plongé dans de nombreux ouvrages relatant les faits d’armes des uns et des autres, le réalisateur/scénariste choisit d’écarter toute idée de plaidoirie ou de travail historique et de s’intéresser avant tout à la place de ces personnages, dont l’humanité et les situations inextricables auxquelles ils sont confrontés, nous touchent plus que le camp qu’ils ont choisi. Au-delà d’un scénario bien construit et d’une mise en scène ample, qui fait la part belle à l’action dans des paysages grandioses dignes des plus grands westerns, c’est sans aucun doute la complexité psychologique de ces individus, tous originaires de pays différents, mais cependant liés par une identité commune, acquise à travers la colonisation française, qui fait toute la richesse de ce récit, bien plus émouvant que le thème et la barbarie dans laquelle il baigne ne l’auraient laissé supposer, d’autant qu’il est servi par un casting d’une impressionnante justesse. Le charismatique Johan Heldenbergh offre au colonel Breitner, un Belge devenu français, toute la mesure de son désabusement et de ses traumatismes consécutifs à la défaite de l’Indochine, malgré le soutien sans bornes que lui accorde Soua-Ly-Yang (Linh-Dan Pham), une jeune femme Hmong qu’il a protégée dans cette guérilla asiatique. Chef de ce commando hétéroclite, composé de membres du FLN (dont Aïssa, la toujours efficace Lyna Khoudri, dans un rôle bien éloigné de celui de la jolie Papicha qui fit tourner les têtes cet automne) et de l’armée française, il doit s’accommoder de personnalités à la culture et aux aspirations diverses. Dans le rôle du sergent-chef Senghor, Steve Tientcheu, après avoir incarné le maire de Montfermeil dans Les Misérables, impose sa remarquable stature. Ce sergent sénégalais est prêt à tout pour défendre les couleurs d’un pays que son père a autrefois servi, à condition de ne pas avoir à tuer d’enfants. Pierre Lottin abandonne pour un temps les pitreries des Tuches et prête son image à Alexis Martillat, un jeune soldat raciste qui tire plus vite que son ombre, et dont le cerveau a été juste programmé pour « tuer du bicot » (ce sont ses propos). Et enfin, en apothéose, on mentionnera cette confrontation rapide, mais marquante, avec le colonel Delignières (Olivier Gourmet impressionnant d’autorité). Utilisant habilement tous les ressorts cinématographiques, Abdel Raouf Dafri propose, à travers ce pur spectacle, une réflexion enrichissante, à la portée du plus grand nombre, sur une part secrète de notre histoire, aux cicatrices toujours visibles. Avoir-alire
Sortie nationale

De Benjamin Parent avec Thomas Guy, Benjamin Voisin, Isabelle Carré, Eric Elmosnino, Laurent Lucas
Drame - France - 2019 - 1h28

Un vrai bonhomme

Tom, un adolescent timide et sensible, s’apprête à faire sa rentrée dans un nouveau lycée. Pour l’aider à s’intégrer, il peut compter sur les conseils de Léo, son grand frère et véritable mentor. Léo s’employer à faire de Tom un mec, un vrai, mais son omniprésence va rapidement se transformer en une influence toxique. Tom va devoir batailler pour s’affranchir de l’emprise de Léo et trouver son propre chemin…

Ce premier long métrage transforme la classique quête de popularité d’un lycéen de banlieue en une subtile histoire de deuil. Et de réinvention de soi. On croit la connaître par cœur cette histoire du nouvel élève timide qui tente de se faire une réputation pas trop calamiteuse dans la jungle du lycée. Objectif : intégrer la bande des types populaires, et éviter à tout prix de finir par manger son steak-purée à la table des boloss… Mais c’est plus loin que Tom, le nouveau en question, nous entraîne dans le premier long métrage de Benjamin Parent, cocréateur de la série pour ados Les Grands, variation étonnante sur le thème incontournable des teen movies : la construction de l’identité. Pour s’imposer, Tom compte sur les conseils de son frère aîné, Léo, archétype du mec cool, champion de basket vénéré par leur père, qui sait tout sur l’art d’être un homme, un vrai… Sauf que cette complicité rassurante comble en réalité une absence insupportable : Léo est mort dans un accident de voiture quelques mois plus tôt. Et ses conseils virent vite à l’injonction oppressante. Tom, garçon sensible et rêveur, n’a pas tant envie que ça de jouer le dur afin d’attirer l’attention de la fille la plus « stylée » du lycée ou de snober JB, l’impayable geek qui fait un pote digne de confiance. C’est finalement autant le poids du deuil et de la culpabilité du survivant que celui d’une virilité normative et dominante que le fantôme fait peser sur ses épaules… Tout en injectant un peu des codes de la BD et du thriller fantastique dans la banalité du quotidien de la banlieue, Benjamin Parent filme des situations justes et drôles qui déconstruisent subtilement l’ordre sexué. Et montrent, sans rien asséner, ce que tout le monde peut y gagner. Télérama
Film précédé du court métrage : T’es un bonhomme (2’) de Sylvain Certain
Festival Les Vagamondes, En partenariat avec La Filature - Scène nationale

De Stefan Haupt avec Jaume Torreguitart, Etsuro Sotoo, Jordi Bonet I Armengol
Documentaire - Suisse - 2014 - VOST - 1h29

Gaudi, Le Mystère de la Sagrada Familia

La Sagrada Família de Barcelone, un projet de construction unique et fascinant, poursuivi par Antoni Gaudí, architecte de génie. Mais aussi une histoire ponctuée de sombres abîmes et d’envolées sublimes. La biographie de cet édifice, toujours en construction depuis 1882 est le point de départ de ce film où la question de l’acte de création est au cœur du récit.

Ce documentaire suisse de Stefan Haupt lève le voile sur l'histoire de cet édifice unique, de son élaboration à la personnalité de Gaudi qui lui a consacré sa vie. Depuis 1882 où a commencé sa construction, restée inachevée à ce jour, la Sagrada Familia fascine. Son nom est inséparable de celui de Gaudi, architecte dont le génie novateur a donné à cette cathédrale située à Barcelone, sa modernité organique. Ce documentaire de Stefan Haupt lève le voile sur l'histoire de cet édifice unique, de son élaboration à la personnalité de son créateur. Mais aussi des turbulences politiques, qui en arrêtèrent à plusieurs reprises sa construction, à son legs au temps présent. Le film a la rigueur de l'enquête et l'inquiétude d'un plaidoyer. Car des politiques gouvernementales désastreuses menacent aujourd'hui la pérennité de ce joyau architectural. La construction de tunnels juste en dessous de l'édifice est en cours, destinés au passage d'un train. Quand on voit toute la ferveur que Gaudi a mis dans l'édification de cette cathédrale, menacée à plus ou moins long terme d'anéantissement, l'indignation de ceux qui œuvrent à sa préservation est contagieuse. Le film montre que cet ouvrage d'une vie a profondément affecté Gaudi. Entièrement dévolu à son art et à son obsession, il installa bientôt son lit et ses quartiers dans la crypte de la Sagrada Familia. La fin de sa vie fut marquée par un profond dénuement. A tel point que lorsqu'il fut accidentellement renversé par un tramway en 1926, on le prit pour un mendiant. La méprise levée, il fut placé dans une chambre individuelle, avant qu'un hommage national lui soit rendu lors de ses funérailles. Gaudi avait toujours su qu'il mourrait avant de voir sa cathédrale dans sa forme définitive. L'ardent et combatif architecte en chef Jordi Bonet et l'agnostique Josep Maria Subirachs eurent la lourde tâche de lui succéder. Ce dernier fut à l'origine de la controversée façade de la Passion, avec ses sculptures à angles droits qui choquèrent ceux qui virent, en elles, une trahison du geste du Maître. Etonnant encore ce récit qui entoure la découverte des maquettes de Gaudi. On les retrouva, enfouies dans un mur, alors qu'on pensait tout perdu dans les incendies qui ravagèrent les églises, lors de la guerre civile espagnole. Si le recours aux images d'archives est sobre et éloquent, les témoignages nourris, le dispositif lui, manque d'inventivité. En conséquence, on retiendra surtout les mots du sculpteur japonais, Etsuro Sotoo, sur l'hypothétique date de finition de la Sagrada Familia. Elle s'achèvera, dit-il, quand l'homme en aura fini avec sa propre incomplétude. Contenant ainsi, dans cette formule lumineuse, tout le mystère, non pas uniquement de la Sagrada Familia, mais de la création elle-même. Le Monde
Sortie nationale / En salle Ciné K

de Jessica Palud avec Niels Schneider, Adèle Exarchopoulos, Patrick d'Assumçao, Hélène Vincent
Drame - France - 2018 - 1h17

Revenir

C’est la ferme où Thomas est né. C’est sa famille. Son frère, qui ne reviendra plus, sa mère, qui est en train de l’imiter, et son père, avec qui rien n’a jamais été possible. Il retrouve tout ce que qu’il a fui il y a 12 ans. Mais aujourd’hui il y a Alex, son neveu de six ans, et Mona, sa mère incandescente.

En salle Ciné K du Kinepolis à partir du 29 janvier

De Corneliu Porumboiu avec Vlad Ivanov, Catrinel Marlon, Rodica Lazăr, Sabin Tambrea, Agustí Villaronga
Thriller - Roumanie/France/Allemagne - 2019 - VOST - 1h38

Les Siffleurs

Cristi, un inspecteur de police de Bucarest corrompu par des trafiquants de drogue, est soupçonné par ses supérieurs et mis sur écoute. Embarqué malgré lui par la sulfureuse Gilda sur l’île de la Gomera, il doit apprendre vite le Silbo, une langue sifflée ancestrale. Grâce à ce langage secret, il pourra libérer en Roumanie un mafieux de prison et récupérer les millions cachés. Mais l’amour va s’en mêler et rien ne se passera comme prévu…

Polar facétieux et récit déconstruit à la croisée des genres, l’enthousiasmant nouveau film du Roumain Corneliu Porumboiu suit les alliances et trahisons indémêlables d’un flic ripou aux prises avec des narcos des Canaries, une femme fatale et quelques mirages. «Je crois que c’est très important de clarifier les choses du passé. C’est le seul moyen de bien se connaître, de préparer l’avenir. Cela relève de l’hygiène, personnelle et nationale», nous disait le grand cinéaste roumain Corneliu Porumboiu lors d’un précédent entretien, comme en prévision de la splendide farce que nous joueraient quelques années plus tard ses Siffleurs, à la fois polar, western, satire sociale et comédie très musicale, film d’aventure et d’espionnage, d’obscurité vénéneuse et d’incessant feu d’artifice visuel, de surveillance parano ultracontemporaine et de ravissements archaïques. Surtout, un thriller ventilé façon puzzle mutant, où passé, présent, futur et extrémités géographiques non seulement résisteraient longuement à toute distribution chronologique lisible, mais surtout s’ingénieraient à se confondre au gré d’une succession de flash-back à tiroirs ouverts en tous sens, moins pour éclairer l’affaire que mieux l’obscurcir joyeusement. L’affaire : Cristi, un ripou de la brigade des stups de Bucarest, semble-t-il en villégiature, débarque sur une île des Canaries où l’accueillent un gang de locaux aux manières conspiratrices et une vamp, lesquels entendent lui enseigner les rudiments d’un antique idiome autochtone, le silbo gomero, langue sifflée forgée par les guanches pour communiquer d’une montagne à l’autre sans être perçus par l’oreille non exercée. Bien que ludique, la visée d’un tel apprentissage apparaît dans un premier temps peu claire, mais voilà Gilda, Kiko, Paco et quelques sbires dévoués à l’entraînement patient de Cristi, un doigt fermement enfoncé dans la joue, agrémenté de séances de nage en mer pour développer son souffle. Entre-temps, les cahotants à-coups de la narration nous reconduisent à intervalles réguliers de ce Far West européen au Far East roumain, où Cristi et une procureure à poigne enquêtent sur une opération de blanchiment de narco-millions. Opération où il se révélera une taupe corrompue à multiple fonds, agent double, triple, quadruple, dont les gigogneries sans fin de complicités et de trahisons nourrissent le trouble exquis auquel carbure le récit, emballé avec malice de tubes classiques et électriques (Strauss, Bellini, Iggy Pop) et de surfaces enjôleuses, magistralement polies et chorégraphiées par Porumboiu - dont le père, arbitre de football, était lui-même un siffleur d’un style différent, qui inspira le formidable documentaire Match retour en 2014, autre genre d’essai joueur sur le langage et la règle. Puisque nul ne se fie à quiconque, et surtout pas à Cristi, celui-ci est sans cesse suivi, traqué, filmé, sur écoute, jusque dans sa chambre à coucher, et le spectateur dérouté peut trouver son relais dans ce personnage secondaire d’agent voyeur de la police qui, depuis une pièce aux murs gris, essaie de recomposer quelque chose d’un scénario de polar à partir des scènes qui défilent sur ses écrans de vidéosurveillance, dont il a l’ingénuité de ne pas soupçonner combien celles-ci ne sont que pures fictions-écrans jouées pour lui, décalquées d’autres images déjà trop vues pour ne pas être crues. Comme dans tout bon film noir - et plus encore dans celui-ci qui joue avec les atours et détours du genre en pleine conscience maniériste de ses effets, formes et figures de seconde main, de ses trompe-l’œil volontiers solaires et colorés, et de ses personnages qui eux-mêmes semblent s’inventer un rôle de tueur ou de femme fatale - plus le récit progresse et fait mine de recoller les bris de l’intrigue, plus son cœur opaque de secret se gonfle et s’épaissit de nouveaux vertiges incomplets. D’autant que, sous les signes emphatiques de fictions composées pour les yeux et les oreilles de l’hypermoderne hypersurveillance mondialisée d’un Wild Wild East où chacun lutte pour sa survie avec les armes sauvages d’une rouerie de tous les instants, circule un autre récit infra, à bas bruit et plus habité (comme les pépiants sifflements du silbo passant pour gazouillis aviaires aux oreilles des micros espions), celui d’un genre de magot de conte, faussement dépravé et moral à sa manière propre, et d’une sorte d’histoire d’amour - les deux ne faisant évidemment qu’un. Les saltos facétieux du temps du film sur lui-même évoquent immanquablement Pulp Fiction ou Kill Bill, mais le cinéma d’un Tarantino trouve ici un écho plus vaste encore dans ce monde tout de cinéma au carré et d’archétypes inoxydables rejoués pour le plaisir de donner le change à la ou les caméras. Lorsque Cristi, craignant d’être trahi par l’argent des bakchichs reçus, que sa mère a trouvé et donné à la paroisse du coin pour racheter son salut, demande à celle-ci de prétendre que c’était là l’épargne de son défunt père, forcément arrosé en douce en tant qu’huile du parti à l’ère communiste, elle s’offusque : «Mais tu sais bien que ton père ne touchait pas de pots-de-vin !» Lui rétorque : «C’est un cliché, alors ils le croiront», énonçant placidement l’une des clés cardinales de la joie procurée par le film, pure mécanique de jubilation plastique, machine à mensonges, donc à récits, en apparence déréglée, mais qui ne fait que remonter chaque fois un peu plus loin le cours de l’histoire, ou plutôt du spectacle, jusqu’à son origine la plus pure et foraine de son et lumière. Cela pour mieux recouvrir allègrement le constat que le cinéma en général, et roumain en particulier, ne peut pas grand-chose pour un présent insaisissable, ni contre la corruption endémique de la société, sinon apporter quelque consolation à celui qui entre tous les pourris aura eu le seul sursaut de souci du sort d’autrui. Avec pour onguents aussi réparateurs que trompeurs le cliché, le mythe et la fiction comme lingua franca qui parle à toutes les caméras et tous les voyeurs tel le silbo gomero se pliant à traduire tout idiome en la simili-musique, primitive donc radicale, du chant des oiseaux. Le Monde
Les RDV d'ATTAC et de la LDH

De Tim Travers Hawkins avec Chelsea Manning, Susan Fox, Nancy Hollander, Vincent J. Ward, Chase Strangio
Royaume-Uni - 2019 - VOST - 1h32

XY Chelsea

L'histoire de Chelsea Manning, ex-soldat qui a divulgué à Wikileaks 750.000 documents sur les agissements de l'armée américaine en Irak et qui à sa sortie de prison a accompli sa transformation en femme. Un portrait intime et émouvant sur une personnalité hors norme toujours au coeur de l'actualité avec l'arrestation en 2019 du fondateur de Wikileaks.

Rencontre avec ATTAC et la Ligue des Droits de l'Homme.

Militaire, transgenre, prête à tout pour dénoncer les mensonges d’Etat, elle représente tout ce qu’exècre Donald Trump. Mais Chelsea Manning incarne aussi un espoir dans ce pays où les fake news sont devenues des vérités à part entière. A travers le destin de cette femme, née dans un corps d’homme, soldat récompensé avant d’être dégradé pour avoir révélé à WikiLeaks les preuves des exactions de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan, le documentariste signe le portrait engagé et bouleversant d’une femme en quête de sa vérité propre et de celle perdue de son pays. Emprisonnée, torturée, menacée, Chelsea a tout subi (elle a de nouveau été arrêtée en 2019), mais elle puise sa force dans le refus du mensonge. Une inflexibilité qui n’exclut ni la peur ni la détresse. Une salutaire leçon de vie et de probité. L'Obs
Rencontre

De MASSON LOODTS Isabelle
Documentaire - France - 2019 - 57min

UN HERITAGE EMPOISONNE

Alors qu'un siècle a suffi pour faire oublier le danger, pourtant encore réel, des rebuts de 14-18, comment croire que notre mémoire permettra de maintenir la vigilance des générations futures autour des déchets nucléaires qui resteront dangereux pour plusieurs millénaires .

Rencontre avec Isabelle Masson-Loodts, réalisatrice, le Collectif Déstocamine et ANV-COP21, le mardi 4 février à 20h.

Séance proposée dans le cadre de Focus Films Grand Est.

Sortie nationale

De Atiq Rahimi avec Pascal Greggory, Malaika Uwamahoro, Belinda Rubango, Amanda Mugabezaki, Albina Kirenga, Clariella Bizimana
Drame - France/Belgique/Rwanda - 2019 - VOST - 1h34

Notre-Dame du Nil

Rwanda, 1973. Dans le prestigieux institut catholique « Notre-Dame du Nil », perché sur une colline, des jeunes filles rwandaises étudient pour devenir l’élite du pays. En passe d’obtenir leur diplôme, elles partagent le même dortoir, les mêmes rêves, les mêmes problématiques d’adolescentes. Mais aux quatre coins du pays comme au sein de l’école grondent des antagonismes profonds, qui changeront à jamais le destin de ces jeunes filles et de tout le pays

Sortie nationale

De Maryam Touzani avec Aziz Hattab, Nisrine Erradi, Hasnaa Tamtaoui, Douae Belkhaouda, Lubna Azabal
Drame - Maroc - 2019 - VOST - 1h38

Adam

Dans la Médina de Casablanca, Abla, mère d’une fillette de 8 ans, tient un magasin de pâtisseries marocaines. Quand Samia, une jeune femme enceinte frappe à sa porte, Abla est loin d’imaginer que sa vie changera à jamais. Une rencontre fortuite du destin, deux femmes en fuite, et un chemin vers l’essentiel.

Le cinéma regarde la psychanalyse, Rencontre

De Vittorio De Sica avec Sophia Loren, Jean-Paul Belmondo, Raf Vallone, Eleonora Brown, Carlo Ninchi, Andrea Checchi, Pupella Maggio, Emma Baron, Antonella Della Porta, Bruna Cealti, Luciano Pigozzi, Vincenzo Musolino, Renato Salvatori
Drame - Italie/France - 1960 - VOST - 1h40

La Ciociara

Italie, été 1943 : une jeune veuve fuit la capitale pour son village natal de la Ciociara.

Rencontre avec Marie Pesenti-Irrmann, psychanalyste, le 7 février à 20h, animée par Joël Fritschy..

En partenariat avec Espace analytique et l'Association Lacanienne Internationale.

L’un des rôles les plus marquants de la carrière de Sophia Loren. En version restaurée. La Ciociara est une région montagneuse située tout près de Fondi, dans le sud du Latium, à mi-chemin entre Rome et Naples. Cesira, interprétée par Sophia Loren, est originaire de cette région déshéritée, dont elle est parvenue à s’extirper en épousant, sans amour, un commerçant âgé de Rome. Mais nous sommes en 1943 et c’est la guerre. Cesira, désormais veuve, décide, afin d’échapper aux bombardements, de retourner dans la Ciociara avec sa fille Rosetta, une adolescente fragile… Cette adaptation d’un roman d’Alberto Moravia, produite par l’amant et futur mari de Sophia Loren, le grand producteur Carlo Ponti, est entièrement construite à la gloire de l’actrice – qui obtint d’ailleurs le “doublé” dans la foulée (prix d’interprétation à Cannes 1961 et oscar 1962 de la meilleure actrice). Le film, c’est Loren la Napolitaine, soit la descendante directe, en plus glamour, plus gironde, plus fine, plus en phase avec le boom économique que connaît à l’époque l’Italie, d’Anna Magnani la louve romaine. Elle possède en tout cas cette fougue populaire qui plaît au public. A la sortie du film, on reproche à De Sica d’avoir mis de l’eau commerciale dans son vin néoréaliste depuis Le Voleur de bicyclette, Umberto D. ou Miracle à Milan, et d’avoir tourné ce drame avec des stars. Mauvais procès : le cinéaste est d’abord un homme de spectacle, il a toujours reconnu sa dette envers Chaplin et tiré le drame vers le mélodrame. Avec le recul, on peut surtout reprocher à La Ciociara quelques fautes de goût (comme la gênante scène de viol, où les soldats alliés arabes sont littéralement filmés comme des singes en rut) et des scènes convenues sans doute imposées par la coproduction avec la France (le personnage joué par Belmondo reste assez superficiel et théorique). Mais en 1959, le social et le politique font toujours partie des préoccupations de De Sica comme de celles de son scénariste légendaire, Cesare Zavattini, qui parvient toujours, sur le fil, à éviter que le personnage de Cesira ne devienne une sainte et martyre : après tout, elle ne cache pas son admiration pour Mussolini, se montre indifférente au sort d’autrui… Pourtant les deux hommes font toujours corps avec Cesira. Car La Ciociara n’est pas seulement un film sur le sort tragique réservé aux femmes en temps de guerre ; c’est aussi le portrait d’une star de cinéma : que faire, lorsqu’on est si belle et si troublante, du désir des autres ? Les Inrockuptibles
CINÉ-MA Différence

De Guillaume Maidatchevsky avec Guillaume Aldebert
Aventure - France - 2018 - VF - 1h26

Aïlo : une odyssée en Laponie

Aïlo : une odyssée en Laponie raconte le combat pour la survie d'un petit renne sauvage, frêle et vulnérable face aux épreuves qui jalonnent sa première année. Son éveil au monde sauvage est un véritable conte au coeur des paysages grandioses de Laponie.

C’est quoi, Ciné-ma différence ? «Pour le plaisir d’aller enfin au cinéma sans craindre d’être rejetés». Chaque spectateur, handicapé ou non, est accueilli de sorte qu’il se sente le bienvenu tel qu’il est. A Mulhouse, ces séances, initiées par Les Papillons Blancs, peuvent exister grâce à la présence de bénévoles issus de l’Ecole Supérieure de Praxis Sociale de Mulhouse.

Séance suivie d’un goûter offert par Les Papillons Blancs et Pat’à sel.

Tarif unique : 5 €

Ce n’est pas vraiment un documentaire animalier. Certes, le dénommé Aïlo est un renne, un vrai, un Bambi polaire filmé sur le vif dès sa naissance, fragile museau mouillé et pattes tremblantes dans la neige de la taïga lapone. Mais son aventure, au long de la première année de son existence, et toutes ses rencontres — émouvantes, comiques ou ­périlleuses — avec d’autres habitants de ces étendues grandioses et glacées tiennent plus du conte, soigneusement scénarisé, que du compte rendu. L’émerveillement n’y est ­jamais mièvre et ne doit rien à l’anthropomorphisme, cette dictature du « mignon », qui plombe souvent les ailes (ou les poils ou les écailles) de tant d’autres films du même genre. Le commentaire du musicien et conteur Aldebert enchante ce parcours de survie au pays du froid, dans un parfait équilibre entre l’honnêteté réaliste — la mère d’Aïlo est d’abord tentée de l’abandonner, et on ne le cache pas au jeune public — et une candeur pimpante, un humour tendre, accessible. La mise en scène carbure à l’énergie même des animaux, à la puissance de leur mystère ou à la vivacité de leurs mouvements. Voir la « performance » désopilante d’une hermine surexcitée, ou la traque pleine de suspense menée par une louve et ses fils, sans oublier les stratégies de chasse du glouton, drôle d’animal à l’apparence faussement bonhomme… Proies, prédateurs, chaîne alimentaire, paysages à la fois somptueux et hostiles : un beau film qui, sans les mener en bateau, fera voyager les enfants. Télérama
Rencontre

De PLÉNARD Frédéric
Documentaire - France - 2018 - 1h25

LE GRAND SECRET DU LIEN

Pierre Rabhi, paysan philosophe et d'autres « sages » accueillent 50 enfants, adolescents et jeunes adultes venus de 5 régions de France au coeur de l'Ardèche. Ces jeunes vont recevoir une mission : retrouver le Grand Secret du Lien, perdu depuis que les êtres humains se sont détachés de la nature. Ils auront un an pour retrouver la conscience de leur appartenance à la Terre... Pour les aider, des pédagogues de la perception et des éducateurs vont les accompagner faire un voyage de 25 jours dans l'espace... naturel.

Rencontre avec Frédéric Plénard, réalisateur, le mardi 11 février à 20h, dans le cadre du Festival Enfance et Nature.

Rencontre

De Hélène Walter, Eric Georgeault avec Daniel Siegel, J.-G. Larochette, Forest Fein, Mark Stefanski, Corina Pelia, Vinny Ferraro, Alison Espinosa-Setchko, Farnaz Heydari, Vicki Zakrzewski, Kory O'Rourke, Heather Levasseur, Melissa Ambrose
Documentaire - France - 2019 - 1h16

Happy, la Méditation à l'école

La méditation de pleine conscience (mindfulness) est une pratique laïque qui séduit de nombreux adultes, mais aussi des enfants de tous âges et de tous milieux. Appuyée par de nombreuses études scientifiques, elle devient courante aujourd'hui dans les écoles. Cette nouvelle approche éducative est une réponse aux besoins des élèves et des enseignants. De la concentration à l'apaisement, en passant par la régulation des émotions, découvrez les effets bénéfiques de cette nouvelle pratique.

Rencontre avec les réalisateurs le samedi 15 février à 20h dans le cadre du Festival Enfance et Nature.

Les Jeudis de l'Architecture

De Gilles Coudert avec Charles Berling
Documentaire - France - 2019 - 52min

L'Esprit Le Corbusier

Le film de Gilles Coudert, raconté par Charles Berling, croise l’expérience vécue du réalisateur pendant son adolescence à Firminy dans le plus grand ensemble construit par Le Corbusier en Europe avec les témoignages de nombreux créateurs contemporains (artistes, architectes, chorégraphe, cinéaste, designer, compositeur), les interventions de l’historien de l’architecture Jean-Louis Cohen mais aussi avec le ressenti d’habitants ou d'usagers.

Temps d’échange à l’issue de la projection du jeudi 13 février à 20h suivi d’un verre de l’amitié.

En partenariat avec la Maison Européenne d’architecture.

Rencontre

De Ken Loach avec Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone, Katie Proctor, Ross Brewster
Drame - Royaume-Uni/Belgique/France - 2019 - VOST - 1h40

Sorry We Missed You

À Newcastle, Ricky et sa famille se battent contre la précarité depuis des années. Pourtant, ni Ricky ni son épouse Abby n’ont cessé de travailler. Alors qu’il est temporairement sans emploi, Ricky voit dans l’opportunité de devenir chauffeur- livreur à son compte avec son propre camion, une formidable occasion de s’en sortir. Abby, aide soignante à domicile, l’aide à réaliser son projet en vendant sa propre voiture. Mais Ricky doit rendre des comptes à la société de transport qui lui assigne ses courses et contrôle son travail, et finalement sa vie et celle des siens. Commence alors pour toute sa famille la spirale infernale des piège de l’uberisation.

Rencontre le vendredi 14 février à 20h avec le collectif RSA Revenu de base

Ken Loach et son coscénariste, Paul Laverty, assument une critique cinglante de la transformation du travail et de la déshumanisation de notre société. Un regard politique qui aurait pu mener à un film à thèse mais dont leur cinéma fait tout autre chose. Les personnages, broyés par le monstre libéral, sont incarnés par des comédiens époustouflants. Positif
Festival Les petites bobines

De Janis Cimermanis
Animation Comédie Court-Métrage - Lettonie - 2012/2019 - VF - 45min

L'Equipe de secours en route pour l'aventure !

Poteriks (Pote), Silinks (Sily) et Bembelates (Bemby), les trois compères de la brigade de secours sont toujours au service de la population. Quel que soit votre problème, ils ont une solution… souvent inattendue. Pour le meilleur, et surtout pour le pire, leurs services se déploient maintenant dans toute l'Europe !

Avant-Première, Festival Les petites bobines

De Alexandra Hetmerová, Katerina Karhankova
Animation Court-Métrage - République tchèque - 2019 - VF - 45min

Les Ours gloutons

Les deux amis, Ned et Mishka, habitent dans la foret. Ils se sont bien trouvés car leur passion c'est… se régaler. Ils ne pensent qu'à ça toute la journée. Et entre cueillir les champignons, cuisiner des sauces succulentes, préparer des festins pour les amis et se pourlécher les babines, les deux ours sont bien occupés !!

Festival Les petites bobines

De Julien Bisaro avec Oscar Pauleau
Animation Court-Métrage - Allemagne/Irlande/France/Belgique - 2019 - VF - 38min

L'Odyssée de Choum

Choum, la petite chouette vient juste d’éclore lorsque la tempête la pousse hors du nid. Faisant rouler le second oeuf de la nichée, la voilà qui s’élance contre vents et marées, bien décidée à trouver une maman... Programme composé de : - Le Nid (Nest) de Sonja Rohleder (Allemagne, 2019, 4') - L'Oiseau et la baleine (The Bird and the Whale) de Carol Freeman (Irlande, 2019, 7') - L'Odyssée de Choum (26')

Festival Les petites bobines

De Marek Benes
Animation Court-Métrage - République tchèque - 2018 - VF - 40min

Pat et Mat en hiver

Programme de courts métrages dont les héros sont Pat et Mat. Si la neige est tombée en abondance chez Pat & Mat, les gags et péripéties s’annoncent en avalanche dans ce tout nouveau programme. La maison en chocolat : On connaît les qualités de nos deux compères en matière de bricolage, mais qu’en est-il lorsqu’il s’agit de pâtisserie ? “Pour féliciter” : Cette formule est traditionnellement indiquée sur les cartes de vœux tchèques pour les fêtes de fin d’année. Pat & Mat s’emploient à réaliser une photo pour l’occasion. Le sauna : Le froid est mordant et Mat se retrouve littéralement congelé. Heureusement,avec l’aide de son voisin Pat, il va pouvoir se réchauffer grâce à un sauna à la conception... originale Les cadeaux de Noël : Pat & Mat sont sur le point de s’offrir leur cadeau.Malheureusement, Pat n’a pas assez de papier d’emballage, et Mat n’a plus d’adhésif pour fermer le sien. Nos deux amis vont une nouvelle fois faire preuve d’inventivité. L’igloo : Avec un épais manteau de neige, la fabrication d’un igloo est une occupation toute désignée pour nos deux bricoleurs préférés.Son aménagement va toutefois réserver une petite surprise.

  Goûter des p’tits aventuriers le vendredi 21 février après la séance de 15h sur la thématique du chocolat sur réservation au 03 89 60 48 99 / cinebelair@wanadoo.fr

Nouvelle salve d’épisodes des bricoleurs un peu « marteaux », Pat et Mat en hiver est un qui réchauffe les zygomatiques des plus petits. La Croix
Festival Les petites bobines

De CHIEUX Benoit, KOK Sytske, OLGA DE JONG Sophie, LANG Max, SNADDON Daniel
Animation Court-Métrage - Royaume-Uni/Pays-Bas/France - 2018/2019 - VF - 40min

Zébulon le dragon

Zébulon est un jeune dragon aussi attachant que maladroit qui aspire à devenir le meilleur élève de son école. Pour y arriver, il devra montrer une grande ténacité et traverser beaucoup d'épreuves, comme réussir à capturer une princesse… (à partir de 3 ans)

Festival Les petites bobines

De Zsolt Pálfi avec András Faragó
Animation - Hongrie - 2018 - VF - 1h10

Willy et le lac gelé

Les nouvelles aventures de Willy, le verdie après Willy et les gardiens du lac.

Festival Les petites bobines

De Isabelle Favez avec Harald Schrott
Animation Court-Métrage - France/Suisse/Belgique - 2019 - VF - 49min

Zibilla ou la vie zébrée

Arriver dans une nouvelle école c'est difficile, surtout lorsqu'on est victime des brimades de ses camarades. Zibilla est un zèbre adopté par une famille de chevaux, et elle commence à détester les rayures qui la rendent différente. 

Ecole & Cinéma, Festival Les petites bobines

De
Aventure Animation Comédie - Royaume-Uni/France - 2015 - VF -

Nouvelle pépite de l'animation signée Aardman. À bêler de plaisir. Les studios d'animation Aardman ont encore frappé ! Apparu en 1995 dans le court métrage oscarisé Rasé de près, au côté de Wallace et Gromit, Shaun le mouton, héros d'une série télé rien qu'à lui depuis 2007, fête en beauté ses vingt ans d'existence avec un long métrage qui l'entraîne loin de sa paisible ferme. À quoi reconnaît-on un film d'animation réussi? Souvent, à ses premières images qui donnent le la. Ici, le récit désopilant et tendre, en une poignée de secondes, de l'enfance de Shaun, laisse augurer du meilleur. Et ne ment pas. Car, pendant l'heure et demie qui suit, les aventures de ce mouton futé vont cumuler inventivité scénaristique (savoureuse scène où l'on voit, appliquée à la lettre, la fameuse expression "compter les moutons pour s'endormir"), clins d'oeil malins (de Hannibal Lecter aux Beatles) et capacité à fédérer petits et grands. Bien plus qu'une simple suite de gags Et tout cela parce que Shaun, las de la vie répétitive et contraignante de la ferme, a décidé, un beau matin, de s'offrir une journée off où, bien évidemment, rien ne se passera comme prévu. Car son plan fonctionne si bien qu'il va totalement perdre le contrôle de la situation, se retrouver avec son troupeau et leur chien de garde sans repère dans la grande ville voisine. Où il va tenter de retrouver la trace de leur fermier devenu amnésique et que son talent dans la tonte des ovins a transformé en nouveau coiffeur à la mode! Et cette métropole va se révéler un terrain de jeu infini où le piège évident aurait été de verser dans la simple juxtaposition de gags. Or le duo Richard Starzak-Mark Burton, coauteurs de ce Shaun le mouton, prend garde à bien inscrire dans le déroulé de leur récit chacune des situations hilarantes qu'ils ont imaginées à grand renfort d'anthropomorphisme (le chien de garde forcé à s'improviser chirurgien, le passage par la case fourrière transformée en une prison digne de la série Oz). Et à bannir tout effet gratuit. Le tout sans dialogue puisque, seule entorse à l'anthropomorphisme ambiant, les animaux ne sont pas doués de parole. Bilan: le plaisir joyeux provoqué par ce film d'animation renvoie à la grande époque des Pixar...ou au premier Wallace et Gromit. La boucle est bouclée! Happy birthday, Shaun ! L'Express
Festival Les petites bobines

De Will Becher, Richard Phelan avec Justin Fletcher, John Sparkes, Amalia Vitale, Kate Harbour, Andy Nyman, Joe Sugg
Animation Comédie - Royaume-Uni - 2019 - VF - 1h27

Shaun le Mouton Le Film : La Ferme Contre-Attaque

Objectif Laine ! Un vaisseau spatial s’est écrasé près de la ferme de Shaun. A son bord, une adorable et malicieuse petite créature, prénommée LU-LA. Avec ses pouvoirs surnaturels, son goût pour l'aventure, et ses rots venus d'un autre monde, elle est immédiatement adoptée par le troupeau. Mais lorsqu’une sombre organisation gouvernementale se lance à sa poursuite, bien décidée à capturer la petite alien, la ferme contre-attaque ! Shaun et le troupeau vont tout faire pour aider LU-LA à rentrer chez elle.

e Buster Keaton des animaux en pâte à modeler est de retour. Champion de l’animation en stop motion, le studio anglais Aardman a trouvé en Shaun le mouton sa nouvelle star après le duo Wallace et Gromit. Dans cette aventure, il a l’air ahuri, et ses compagnons de ferme font face à l’irruption d’un extraterrestre, choupinou et turbulent, qui aimerait bien retourner sur sa planète. Toute ressemblance avec E.T. n’a rien de fortuit. Délire burlesque, onomatopées en guise de dialogues, détournement parodique de scènes cultes : ce film, où les bébêtes sont plus expressives que les humains, tous bêtas, est un régal pour chaque âge. L’Obs
Festival Les petites bobines

De Lorenzo Mattotti avec Leïla Bekhti, Thomas Bidegain, Jean-Claude Carrière, Beppe Chierici, Arthur Dupont
Animation - France/Italie - 2019 - VF - 1h22

La Fameuse Invasion des ours en Sicile

Tout commence le jour où Tonio, le fils du roi des ours, est enlevé par des chasseurs dans les montagnes de Sicile... Profitant de la rigueur d'un hiver qui menace son peuple de famine, le roi Léonce décide d'envahir la plaine où habitent les hommes. Avec l'aide de son armée et d'un magicien, il réussit à vaincre et finit par retrouver Tonio. Mais il comprend vite que le peuple des ours n'est pas fait pour vivre au pays des hommes...

Fable écologique qui confronte la candeur animale à la corruption politique, ce film à tiroirs puise ses charmes à de multiples sources, des légendes méditerranéennes à la Renaissance italienne, en passant par la commedia dell’arte et Paul Grimault. Guidés par la faim, l’art de la guerre ou les ruses de la magie, les animaux forment de splendides cortèges d’un orange sanguin à géométrie variable dans le bleu roi et le vert sapin. Certaines liesses, éphémères, forment des ballets à la fantasmagorie pop proche du Fantasia de Disney. Sur les escaliers sans fin d’une citadelle sur la mer, et jusqu’aux dangereux tréfonds d’une gentilhommière, court et virevolte la jeune et fière Almérida, qui mettra au jour un complot. Avec sa divine profusion de lignes (de perspective et de fuite) et de couleurs éclatantes, ce grand film d’animation impose sa vérité : quand deux logiques s’affrontent, c’est la nature, et non l’homme, qui a le dernier mot. Télérama
Festival Les petites bobines

De Jean-Michel Bertrand
Documentaire - France - 2019 - 1h28

Marche avec les loups

Après avoir disparu pendant près de 80 ans et malgré les obstacles, les loups sont en train de retrouver leurs anciens territoires. Ce film raconte le grand mystère de la dispersion des loups : comment les jeunes loups quittent le territoire qui les a vus naître, et la façon dont ces aventuriers partent à la conquête de nouveaux territoires. Deux années durant, Jean-Michel Bertrand a mené une véritable enquête pour tenter de comprendre le fonctionnement complexe et erratique de ces jeunes loups, leurs rencontres avec leurs semblables et les opportunités de se mettre en couple. Dans le sillage des loups nomades, le film nous raconte comment ceux-ci doivent traverser des territoires hostiles déjà occupés par leurs semblables et dans lesquels ils ne sont pas les bienvenus, ou d’autres, plus nombreux, colonisés par les humains. Heureusement, subsistent des territoires sauvages connus seuls de ces aventuriers... Après « La Vallée des Loups » sorti en 2017 et qui a enregistré plus de 200.000 entrées, « Marche avec Les Loups » poursuit l’aventure de Jean-Michel Bertrand avec la nature.

Dans La Vallée des loups (2016), il avait guetté leur retour, au cœur des Alpes. Cette fois, Jean-Michel Bertrand se met en marche : pour nous parler de la dispersion de ces loups qui le passionnent, il en suit un qui, l’âge venu de quitter sa meute, traverse des montagnes et même des villes pour conquérir son propre domaine. Cette randonnée entre civilisation et monde sauvage déroule à la fois des paysages splendides, des scènes étonnantes qui montrent les bêtes en chasse, et une réflexion sur la place de l’homme et celle de l’animal sur un même territoire. Tout cela nous est raconté d’une manière très personnelle et presque intime, comme dans un murmure, pour ne pas effrayer les vedettes de cette belle aventure. Télérama
  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas

Prochainement