Films du mois

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  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas
Sortie nationale

De Carla Simón avec Llúcia Garcia, Mitch, Tristán Ulloa, Alberto Gracia, Miryam Gallego, Janet Novás, José Ángel Egido, Marina Troncoso, Sara Casasnovas, Celine Tyll, Sergio Quintana, David Saraiva, Lidia Veiga, Neves Rodríguez
Drame - Allemagne/Espagne - 2025 - VOST - 1h52

Romería

Afin d’obtenir un document d’état civil pour ses études supérieures, Marina, adoptée depuis l’enfance, doit renouer avec une partie de sa véritable famille. Guidée par le journal intime de sa mère qui ne l’a jamais quittée, elle se rend sur la côte atlantique et rencontre tout un pan de sa famille paternelle qu’elle ne connaît pas. L’arrivée de Marina va faire ressurgir le passé. En ravivant le souvenir de ses parents, elle va découvrir les secrets de cette famille, les non-dits et les hontes…

1983. Une jeune femme se raconte en voix off, elle est amoureuse, elle rêve d’avenir et de bonheur en contemplant les îles, face au port de Vigo, en Galice. L’image a la texture un peu trouble des vidéos amateur, l’imprécision mélancolique des souvenirs… 2004, même ville, même baie. Une autre jeune fille est accoudée au bastingage d’un ferry. La peau offerte aux embruns, la frange en bataille, elle sourit au miroitement de l’eau. Marina a 18 ans, elle débarque pour la première fois sur la côte Atlantique, en provenance de l’autre bout du pays, des questions plein ses bagages. Officiellement, elle vient chercher un document d’état civil. La paperasse qui lui manque pour obtenir une bourse d’études. Officieusement, il s’agit surtout de rassembler les pièces manquantes d’un puzzle familial aussi complexe que douloureux. Les deux parents de Marina sont morts peu après sa naissance, fauchés par le sida, cet invité fatal au grand banquet débridé de la Movida post-dictature franquiste. Un tourbillon sensoriel et affectif De sa mère, l’étudiante a gardé un journal intime, rempli de liberté et d’aventures à l’eau salée, mais aussi de shoots d’héroïne et de détresse nauséeuse. De son père, ce fantôme inconnu, elle a tout à découvrir, à commencer par tout un clan bourgeois, d’oncles, de tantes, de cousins, de grands-parents, qui l’accueillent avec plus ou moins de chaleur et de bienveillance… Ces intimes étrangers, la réalisatrice Carla Simón les présente dans une savante confusion de visages et d’éclats de voix, de portraits vite et finement croqués, à travers une balade en bateau à l’aplomb du soleil, dans le huis clos discrètement cruel d’une villa patricienne. Une mise en scène à la fois charnelle, solaire et morcelée, dans la beauté des paysages de Galice, où s’offrent l’odeur de l’iode et la caresse dorée du soleil, mais aussi le froid d’une humiliation, la morsure des non-dits et du mépris social. Un tourbillon sensoriel et affectif, entre réalisme vif et rêverie contemplative, qui colle parfaitement au désarroi de Marina, l’intruse timide qui cherche sa place et ses réponses dans un récit qui se dérobe. Romería est le troisième long métrage de la cinéaste catalane, mais le second (après Été 93, 2017) à explorer des blessures autobiographiques. Pour incarner son double, tout au long de cette enquête intime sur l’histoire de ses propres parents, elle a choisi une jeune actrice débutante d’un charme et d’une subtilité inouïe. À la table des secrets, la jeune Llúcia Garcia apporte sa vérité, une beauté réfléchie, lumineuse et émouvante, l’intelligence sensuelle de son corps, cette solide promesse de vie issue d’une génération sacrifiée. L’héroïne modeste et inoubliable d’un film magnifique, qui navigue entre deux époques, avec la grâce fragile et opiniâtre d’un grand voilier. Télérama
Sortie nationale

De İlker Çatak avec Özgü Namal, Tansu Biçer, Leyla Smyrna Cabas, İpek Bilgin, Şiir Eloğlu
Drame - Allemagne/France/Turquie - 2025 - VOST - 2h08

Yellow Letters

Professeur à la faculté d’Ankara, Aziz reçoit la « lettre jaune » qui lui signifie arbitrairement sa révocation. Quand sa femme Derya, célèbre comédienne au théâtre national, la reçoit à son tour, c’est le coup de grâce pour le couple. L’un et l’autre, condamnés pour leurs idées, sont obligés de se réfugier à Istanbul chez la mère d’Aziz. Le compromis entre cette précarité nouvelle et leur engagement politique va mettre leur mariage à l’épreuve.

Ours d'Or Berlin 2026

A voir :  Yellow letters de Ilker Çatak dans Arte journal

En 2024, le réalisateur allemand d’origine turque Ilker Çatak se fait remarquer avec La salle des profs. Sa mise en scène précise et son regard acéré sur les fractures de nos sociétés occidentales (allemande en l’occurrence) lui valent plusieurs récompenses et même d’être en lice pour l’Oscar du meilleur film étranger. Cette fois, il porte le regard vers la Turquie, ce pays où il a grandi, où toute opposition est aujourd’hui muselée, et remporte l’Ours d’or au Festival de Berlin 2026. En 2019, il avait reçu les témoignages de nombreux intellectuels et artistes turcs suspendus dans leur fonction et traduits en justice, pour avoir signé une pétition pour la paix. Pour mieux observer ces purges massives, il prend du recul et pose sa caméra en Allemagne. Ainsi, en première partie, un panneau nous informe que Berlin sert de décor à Ankara et en deuxième partie Hambourg se substitue à Istanbul. Le film s’ouvre sur une scène de théâtre. Les applaudissements crépitent pour saluer la performance de la comédienne principale, tandis qu’en coulisses son mari, metteur en scène de l’œuvre qui vient d’être jouée, ne cache pas son admiration. Le spectacle est suivi d’un cocktail, réunissant le gratin artistique et politique du pays. Une manière habile et élégante d’amener la réflexion sur le rôle de la culture, la place que toute société peut ou doit lui accorder, la raison d’être de ses acteurs et surtout la taille de l’espace de liberté personnelle auquel chacun peut prétendre quand l’art unit et occupe un couple passionné par son métier. À coups d’intrigues à répétition, le scénario balance entre censure politique et engagements artistiques, hésitant longuement sur la voie à suivre jusqu’à ce qu’il choisisse de s’intéresser plus particulièrement aux conséquences familiales et conjugales des humiliations quotidiennes auxquelles sont soumis ses personnages. Au cœur d’une mise en scène qui, habilement, fait monter la sensation d’enfermement, sont décryptés les doutes et la lente dégradation d’un couple actif et complice, désormais condamné à l’immobilisme et à la précarité. Des conditions soudainement favorables à la révélation de malentendus latents, de pensées jusque-là refoulées. Toutes ces incertitudes sont élégamment transmises par l’impeccable duo d’acteurs composé de Özgü Namal et Tansu Biçer auquel il convient d’adjoindre la jeune Leyla Cabas. Dans le rôle de cette adolescente perdue, témoin du désarroi de ses parents, elle démontre avec conviction combien la perte d’idéologie politique peut provoquer des répercussions bien plus profondes et pernicieuses qu’il n’y paraît sur toute la sphère familiale. Drame politique inégal mais intense, Yellow Letters alerte sur les dangers d’un système autoritaire prêt à exclure sans états d’âme tous ceux qui ne s’y conforment pas, et rappelle que la liberté sous toutes ses formes et particulièrement la liberté d’expression, socle de la démocratie, peut être mise à mal dans n’importe quelle partie du globe, même dans les pays les plus développés. à Voir à Lire
Sortie nationale

De Kid Koala
Animation - Canada - 2025 - MUET - 1h26

L'Odyssée de Céleste

Depuis son enfance, Céleste vit avec son meilleur ami, un robot, qui l’aide à accomplir son rêve : devenir astronaute ! Mais lorsqu’elle embarque pour sa première mission interstellaire, son robot se retrouve seul sur Terre et doit faire face à sa solitude pendant que Céleste affronte des dangers imprévus. Leurs souvenirs communs leur donneront le courage et la force de lutter pour pouvoir se retrouver.

C’est dans une belle 3D, aux personnages évoquant quelque peu la stop Motion, qu’a été réalisé "Space Cadet", premier long de l’artiste Kid Koala (Eric San). Sans aucun dialogue, comme pouvait l’être "Robot Dreams (Mon Ami Robot)" il y a deux ans (alors adapté lui aussi d’un roman graphique), c’est ici aussi une histoire de robot, dont la proximité et la complicité avec la fille dont il a pris soin, Celeste, devenue adulte, se trouve soudain altérée par son départ pour une mission de plusieurs mois dans l’espace. La présence permanente de ce robot gardien, symbolisée en un seul plan sur un mur tapissé de photos dans lesquelles il figure quasiment sur toutes, est aussi incarnée, une fois Celeste adulte, dans une scène au restaurant qui se transforme en battle d’origami rythmée par la musique, chacun rivalisant dans la réalisation rapide de ces figurines de papier. Le film suivra à partir de là en parallèle, la mission de la jeune femme, avec ses difficultés pour se défaire de créatures (façon gros virus verts volants ayant des dents) qui attaquent la carlingue de son vaisseau, et la déprime du robot qui ne pourra pas se contenter du kit de peinture pour natures mortes que lui a offert Celeste pour l’occuper. Côté aventure les enfants seront ravis, les décors dans l’espace étant à la fois colorés et originaux. Côté humour, le film assure également avec le comportement de quelques créatures intrigantes Quant à l’émotion, elle naîtra tout doucement, a travers le lien recréé avec la mère (voir le rôle du xylophone...) et au travers de la capacité du robot à rembobiner pour se diffuser des souvenirs chaleureux, renforçant encore le sentiment de manque l’un de l’autre. Un film d’animation enchanteur, qui aborde à portée d’enfants la nécessité de grandir et de laisser certaines choses derrière soi, les souvenirs étant parfois suffisants. Abus de Ciné

De Neeraj Ghaywan avec Ishaan Khattar, Vishal Jethwa, Janhvi Kapoor, Shalini Vatsa, Pankaj Dubey
Drame - Inde/France - 2025 - VOST - 1h59

Une jeunesse indienne - Homebound

Dans un village du nord de l’Inde, deux amis d’enfance tentent de passer le concours de police nationale, un métier qui pourrait leur offrir la dignité qu’ils n’osent espérer. Alors qu’ils touchent du doigt leur rêve, le lien précieux qui les unit est menacé par leurs désillusions…

L’un est musulman, l’autre est d’une caste inférieure. Tous les deux connaissent le rejet, la discrimination et l’opportunité qu’ils ont de passer un concours de police et de rentrer dans le corps de l’administration publique pourrait les sortir de cette condition misérable. Sauf qu’au cinéma, les choses ne se passent jamais comme prévues. "Une jeunesse indienne" revient après dix ans d’absence du cinéaste Neeraj Ghaywan, qui avait reçu un Prix à Cannes dans la même catégorie où le film concourt aujourd’hui. Il y a donc un savoir-faire certain dans l’art de raconter des histoires, d’amener le spectateur sur des routes multiples et imprévues, mais aussi, le cas présent, une tendance fâcheuse à se laisser aller aux excès lacrymaux. Toujours est-il que le long-métrage donne une image très critique de l’Inde, appuyée sur la connaissance que le réalisateur en a : la Constitution, qui proscrit la discrimination des castes inférieures ou des populations issues de l’immigration, n’est pas respectée ; les ouvriers sont bafoués dans leurs droits ; et la manière dont la crise de la Covid-19 a été gérée est lamentable. On n’est donc pas dans un conte joyeux, fait pour rêver, où les ailes de l’amitié l’emporteraient sur la réalité macabre : bien au contraire, les malheurs s’accumulent pour les deux jeunes hommes avec, en filigrane, le goût du sacrifice Le récit se démarque par d’indéniables qualités dans la manière dont la narration se décline pendant presque deux heures. On pourrait craindre un format trop long mais le rythme est optimal et permet de garder le spectateur en haleine jusqu’à l’issue finale, même si cette dernière est presque évidente. On salue le choix du réalisateur de planter un discours idéologique puissant qui tente de dénoncer les discriminations qui perdurent en Inde, ce grand pays très ambivalent, avec un taux de croissance incroyable, mais qui ne parvient ni à gérer sa population nombreuse, ni à la sortir de la misère endémique. Les jeunes rêvent de Dubaï et pourtant les deux héros s’accrochent à un rêve, un idéal patriotique, certains que l’embellie économique leur profitera et que leur pays leur donnera leur chance. Cela fait de ce film un récit avec des airs patriotiques qui ne cachent pas pour autant la réalité des conditions de vie difficiles pour les populations les plus vulnérables. Mais la fiction en rajoute trop dans les effets mélodramatiques qui alourdissent le propos. Beaucoup de sujets s’ajoutent à la trame principale, ce qui finit peut-être par laisser penser que le scénario est cousu de fil blanc. Il faut dire aussi que le film est très marqué culturellement, et que cet enchevêtrement d’évènements qui viennent se surajouter à la narration principale est courante dans les œuvres littéraires ou cinématographiques de l’Extrême-Orient. Le spectateur occidental doit donc tenir compte de cet aspect des choses et se décaler par rapport à sa vision narrative souvent très linéaire. "Une jeunesse indienne" demeure un joli moment de cinéma. Il est toujours heureux de regarder des personnes s’aimer en fraternité. Les bons sentiments ne nuisent pas au plaisir du cinéma, bien au contraire. Et il est à espérer que l’Inde trouvera après ce film des militants pour continuer à rendre possible l’application d’une Constitution qui proscrit la discrimination par catégories d’individus. à Voir à Lire

De NARBOUX François
Animation - France - 2025 - VF - 45min

Edmond et Lucy - La Forêt, c'est l'aventure

Edmond l’écureuil et son amie Lucy l’oursonne vivent dans un majestueux châtaignier au coeur de la forêt. En famille et entre amis, ils jouent et grandissent dans une nature riche d’aventures.

Après L’Hiver d’Edmond et Lucy (2023), le présent recueil se compose encore de quatre segments de la série d’animation ludo-éducative en forêt, inspirée des albums d’Astrid Desbordes et Marc Boutavant. Accompagnés de figures parentales (père de l’une, grand-mère de l’autre), auxquelles s’ajoutent des personnages plus ou moins pédago (souris jumelles, hibou transformiste), le jeune écureuil et la petite ourse vont apprendre comment réparer une flûte double avec un roseau (La Musique verte) ou comment évaluer l’âge d’un chêne pluricentenaire avec les cernes d’une souche voisine (Les Vieux Souvenirs). Avec sa construction balade-objectif, Le Chant du pinson fait office d’épisode prototype : Edmond, Lucy et leurs amis cherchent à trouver une source par un temps caniculaire, pendant une randonnée sylvestre au rythme zen, propice à la contemplation. Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci. La reproduction totale ou partielle d'un article, sans l'autorisation écrite préalable de Telerama, est strictement interdite. Pour plus d'informations, consultez nos Conditions Générales d'Utilisation. Pour toute demande d'autorisation, contactez droitsdauteur@telerama.fr. Pour la projection en salles ponctuée de transitions inédites entre chaque aventure, le réalisateur François Narboux a transposé les images au format cinémascope, en cohérence avec la marque de fabrique du programme : se concentrer moins sur le design des personnages que sur celui de l’environnement forestier, validé par des consultants naturalistes. Cet atout de la 3D en temps réel — moins énergivore que la 3D traditionnelle, dite précalculée — se révèle surtout dans La Meilleure Journée, où les héros tentent de reproduire Un jour sans fin en pratiquant les mêmes activités que la veille, ensoleillée. C’était compter sans la météo capricieuse, qui rend les décors d’autant plus luxuriants (nuée de papillons, vent tourbillonnant, chute de grêle). L’observation de la nature atteint, par moments, une grâce à la Miyazaki, comme avec cette émergence d’éphémères devant un saule pleureur. Télérama

De PEUFFIER Aurore, BISYARINA Nina
Animation - France/Russie - 2023 - VF - 41min

L'Ourse et l'oiseau

Quatre ours, quatre contes, quatre saisons : qu'ils soient immenses, ensommeillés ou gourmands, les ours savent aussi être tendres. À leurs côtés, un oisillon malicieux, un petit lapin friand de noisettes ou encore un oiseau sentimental vivent des aventures extraordinaires. Tout doucement, ils découvrent le bonheur d'être ensemble.

Une grande poésie se dégage de l’ensemble. D'abord, parce que deux des courts métrages sont issus de la collection En sortant de l’école, et associent des poèmes (un de Paul Éluard dans Animal rit, et un de Renée Vivien dans Émerveillement) à ces courtes histoires animées. Les mots nous enchantent également dans L’Ourse et l’Oiseau, notamment au travers de ses beaux passages en voix off et de ses chansons. C'est aussi tout un univers, propre au conte, qui se déploie dans ce programme, renforcé par les partitions musicales et sonores des films et leurs graphismes. Une invitation au rêve, à la joie et à la douceur… ainsi qu’au voyage, tant nous traversons d’atmosphères et de paysages. Débutant par les couleurs chaudes et chatoyantes d’Animal rit, le programme se poursuit avec les noirs, gris et blancs mélangés aux touches de teintes vives dans Chuuut !, pour arriver à la lumière nocturne et bleutée d’Émerveillement, puis aux multiples nuances particulièrement stylisées de L’Ourse et l’Oiseau. Ce dernier film, véritable road-movie, nous éblouit par ses multiples décors, évoquant parfois les estampes, ou même le surréalisme. Que de merveilles et de magie ! Benshi

De Patrick Pass
Animation - Slovaquie/Slovénie/Rép Tchèque/Fr. - 2025 - VF - 1h10

Les Contes du pommier

Lors d'un séjour chez leur grand-père, Suzanne (8 ans) s'improvise conteuse pour illuminer la maison d'histoires imaginaires et merveilleuses qu'elle raconte à ses deux frères afin de combler l'absence de leur grand-mère.

Film d’animation tchèque, réalisé en Stop Motion constitué de 3 histoires que raconte une enfant, Suzanne, à ses deux frères, l’un plus grand, Tom, l’autre plus petit, Derek, alors qu’ils viennent passer quelques jours chez leur grand père, veuf. Tous aussi impactants, ces petits récits, teintés de fantastique et d’une petite dose d’humour, permettent de traiter de la perte de manières différentes ou depuis différentes perspectives, tout en affirmant la permanence des êtres aimés au côté des vivants, par la mémoire ou par les objets. (...) Un remarquable film d’animation à la technique impeccable. Abus de ciné
Japanimation

De Mamoru Hosoda avec Amon Kabe, Tadashi Nakamura, Takao Osawa, Shota Sometani, Bunta Sugawara
Animation Fantastique - Japon - 2012 - VF - 1h57

Les enfants loups, Ame et Yuki

Hana et ses deux enfants, Ame et Yuki, vivent discrètement dans un coin tranquille de la ville. Leur vie est simple et joyeuse, mais ils cachent un secret : leur père est un homme‐loup. Quand celui‐ci disparaît brutalement, Hana décide de quitter la ville pour élever ses enfants à l’abri des regards. Ils emménagent dans un village proche d’une forêt luxuriante…

Sous prétexte qu'il est le nouveau prodige de l'animation japonaise, Mamoru Hosoda (La Traversée du temps, Summer Wars) a été comparé à Miyazaki. A tort. Ce n'est qu'avec cette oeuvre de maturité qu'apparaît une certaine filiation : pour lui aussi, la nature est à la fois une source d'équilibre pour l'homme et un rappel de sa sauvagerie originelle. Le film commence tout de même en ville : une jeune femme, Yuki, raconte, en voix off, comment sa mère, Hana, rencontra son père au lycée et en tomba amoureuse instantanément. « Détail » qui change bien des choses : le jeune homme est le dernier représentant de la race des hommes loups. Ce prologue est l'histoire d'amour la plus intense qu'on ait vue depuis longtemps. La plus bouleversante aussi, quand Hana se retrouve veuve du jour au lendemain... Comment élever seule deux enfants loups quand on est une simple humaine ? Direction la campagne, luxuriante, et une grande maison isolée loin des regards, où les deux enfants peuvent, tour à tour, être enfants ou louveteaux. Commence, alors, le récit — travail magnifique sur la couleur — des dix années qui vont mener Yuki la turbulente et son petit frère, Ame le craintif, de la petite enfance à l'adolescence... Mamoru Hosoda est un grand conteur, maître des ellipses et du temps, qu'il dilate ou compresse à sa guise : il rythme de splendides scènes élégiaques par de petits indices saisonniers, souvent rieurs — les récoltes du potager, les visites des voisins, les passages en classe supérieure. Chacun retrouvera une sensation, sucrée ou amère, de son enfance dans cette chronique familiale d'une infinie délicatesse. Depuis Ozu jusqu'à Miyazaki, la famille et l'éducation inspirent le cinéma japonais, qui a toujours fait des mères de grandes héroïnes. Hana en fait dorénavant partie, avec son prénom si juste (« Fleur » en japonais), son dévouement, et son sourire incomparable. Télérama
Japanimation

De Mamoru Hosoda avec Takuya Ishida, Mitsutaka Itakura, Ayami Kakiuchi, Takayuki Handa, Utawaka Katsura
Animation Comédie Drame - Japon - 2006 - VF - 1h44

La Traversée du temps

Makoto est une jeune lycéenne comme les autres, un peu garçon manqué, pas trop intéressée par l’école et absolument pas concernée par le temps qui passe ! Jusqu’au jour où elle reçoit un don particulier : celui de pouvoir traverser le temps. Améliorer ses notes, aider des idylles naissantes, manger à répétition ses plats préférés, tout devient alors possible pour Makoto. Mais influer sur le cours des choses est un don parfois bien dangereux, surtout lorsqu’il faut apprendre à vivre sans !

Dans des décors pastel d'une minutieuse poésie, l'animation est fluide, son rythme joyeusement syncopé, au gré des irruptions de l'héroïne dans tel ou tel fragment temporel. Charmant. Télérama
Les RDV d'ATTAC et de la LDH, Rencontre

De Olivier Azam, Daniel Mermet avec Howard Zinn, Daniel Mermet
Documentaire - France - 2025 - VOST - 1h52

Howard Zinn, une histoire populaire américaine 2

Le best-seller Une Histoire populaire des États-Unis a révélé aux Américains une part de leur passé longtemps ignorée par eux-mêmes, redonnant une place dans l'histoire aux Amérindiens, aux Noirs, aux ouvrières et aux ouvriers pris dans la grande fabrique du rêve américain. Le travail d'Howard Zinn s'est opposé aux mythes fondateurs depuis Christophe Colomb et s'impose aujourd'hui comme un contre-feu à la guerre idéologique menée par Donald Trump, qui en a fait sa bête noire en histoire.

Rencontre avec ATTAC & la Ligue des Droits de l'Homme le vendredi 17 avril à 20h.

"Je ne suis pas neutre, tu ne peux pas être neutre quand le train est en marche ", ainsi parlait Howard Zinn (1922-2010), historien américain de gauche honni par Donald Trump, qui a consacré sa vie à démonter les mythes fondateurs des États-Unis, de Christophe Colomb, « premier impérialiste européen », à Thanksgiving, célébration de la prétendue concorde entre pèlerins et indiens d’Amérique. Dix ans après un premier volet qui s’achevait dans la boue de 1914, le documentariste engagé Olivier Azam et le créateur de l’émission culte Là-bas si j’y suis, Daniel Mermet, repartent en croisade pour illustrer la parole minoritaire de Howard Zinn. Au menu : Sacco et Vanzetti, la Grande Dépression, le New Deal… Un pas de côté ô combien nécessaire face à une Amérique rongée de l’intérieur par le fascisme et la désinformation. Télérama
Japanimation

De Rintaro avec 井元由香, 岡田浩暉, 富田耕生, Kei Kobayashi, Rikako Aikawa
Aventure Animation Science-Fiction - Japon - 2001 - VOST - 1h53

Metropolis

À Metropolis, une cité futuriste, humains et robots cohabitent, mais vivent dans des espaces bien délimités… Dans une atmosphère baignée par la musique de jazz, cette cité est le théâtre d'une enquête de police menée par un inspecteur japonais et son jeune neveu, Kenichi, au sujet d'un savant accusé de trafic d'organes, le docteur Laugthon, et qui va s'avérer être au service de l'homme le plus puissant de la ville. Celui-ci utilise les services du savant pour créer un robot ultra-moderne, ayant l'apparence d'une petite fille, Tima. Ce robot est la clé d'une arme secrète destinée à lui assurer la domination du monde, la Ziggurat, une haute tour à l'image de la tour de Babel, conçue pour égaler Dieu.

Introduction à la projection par les ambassadeurs du cinéma

L'extase visuelle tend aussi parfois à l'onanisme, mais Metropolis demeure une expérience esthétique surprenante, orgasmique, et qui prouve une fois de plus l'indiscutable supériorité artistique de l'animation japonaise de masse sur son homologue américaine. Chronic'art.com
Les Mardis de l'Architecture Rencontre

Karin Bucher & Thomas Karrer
Documentaire - Suisse - 2023 - VOST - 1h24

Le Corbusier à Chandigarh : la force de l'utopie

Avec la construction de la ville indienne planifiée de Chandigarh, l'architecte suisse et français Le Corbusier a achevé l'œuvre de sa vie il y a 70 ans. Chandigarh est une synthèse controversée des arts, une utopie audacieuse de la modernité. Le film accompagne quatre travailleurs culturels qui vivent dans la ville planifiée et réfléchit à l'héritage de Le Corbusier, aux idées urbaines utopiques et aux différences culturelles entre l'Est et l'Ouest dans un récit à l'atmosphère dense.

Rencontre avec les réalisateurs animée par Sarah Favrat, chargé de projet - FUAA. Mardi 21 avril à 20h30.

Billetterie ici

Sortie nationale

De Philippe Béziat avec Klaus Mäkelä, Orchestre de Paris
Documentaire - France - 2025 - VF - 1h30

Nous l'orchestre

Comment jouer ensemble à 80 sans se sentir disparaître dans la masse ? Comment contribuer à quelque chose de plus grand que soi ? Comment cohabiter des dizaines d’années sans que le groupe explose ? Quel rôle joue vraiment le chef d’orchestre ? Pour la première fois, caméras et micros se faufilent entre les musiciens de l’Orchestre de Paris, sous la baguette de leur jeune chef prodige, Klaus Mäkelä. Une immersion totale pour partager leurs expériences, l’émotion et la beauté, au cœur de la musique en train de se faire.

Nous, l’orchestre est une incursion fascinante au cœur d’un univers que l’on imagine souvent figé, mais qui, sous le regard patient et minutieux de Philippe Béziat (Indes galantes, Traviata et nous), révèle toutes ses pulsations intimes. Le documentaire dissèque avec une sensibilité aiguë la vie d’une formation symphonique (répétitions, raccords, concerts, concours, conservatoire…), dévoilant non seulement la rigueur de la discipline orchestrale, mais aussi les émotions et les tensions qui se nouent dans les coulisses de ce grand temple aux courbes futuristes qu’est la Philharmonie de Paris. Gracieuse et attentive, la caméra circule entre les pupitres avec une discrétion respectueuse, épouse le mouvement des archets, capte les frissons des cordes pincées, mais saisit surtout le silence qui précède la note, cette attente suspendue où se joue la tension entre maîtrise technique et émotion vraie. Philippe Béziat filme l’orchestre dans sa vérité brute : une machine magnifique mais exigeante, qui ne pardonne pas l’à-peu-près ; un ballet silencieux où chaque musicien détient sa partition, mais où l’harmonie ne peut s’obtenir qu’au prix d’une écoute et d’un abandon réciproques. Le réalisateur suit, entre autres, le charismatique Klaus Mäkelä, jeune chef prodige finlandais de vingt-neuf ans que toutes les salles de concert s’arrachent. À travers lui, Nous l’orchestre explore la fonction protéiforme du directeur musical — à la fois guide, médiateur et gardien d’un espace sonore altruiste, le maestro inspire, apaise, modifie la texture ou la couleur d’un morceau sans jamais imposer de hiérarchie verticale –, et rend palpable l’équilibre entre exigence artistique et écoute respectueuse, cette phase de recherche lorsque chacun tâtonne, décale son geste, réajuste sa position. Mais la grande réussite de cette mise en scène limpide et enveloppante réside dans sa capacité, toujours modeste mais très maîtrisée, à humaniser l’écosystème musical. En effet, Philippe Béziat ne nous livre pas seulement la virtuosité de la discipline orchestrale mais donne aussi la parole aux instrumentistes qui, tour à tour, expriment leurs failles, leurs doutes, les rivalités et les joies partagées, composant ici une mosaïque de sensibilités et de tempéraments parfois incompatibles. Rappelant que derrière chaque performance éblouissante se cachent des heures d’exigence et de compromis, cette plongée dans l’intimité collective met donc en lumière un paradoxe : pour transcender ensemble les œuvres de Stravinsky, Bartok, Rimski-Korsakov, Chostakovitch ou encore Mahler, il faut avant tout accepter les fragilités individuelles. Ainsi, Nous l’orchestre capture avec une acuité rare la respiration d’un corps collectif en quête d’une harmonie absolu. Orfèvre du documentaire musical, Philippe Béziat magnifie l’alchimie qui circule entre l’estrade et les pupitres, offrant une partition visuelle d’une grande justesse, où les silences pèsent autant que les fortissimos. Sans surplomb ni emphase, il signe ici un vibrant hommage à l’Orchestre de Paris et une magnifique méditation sur ce que signifie “jouer ensemble” dans un monde où l’individu est sans cesse valorisé. Car la musique n’est pas qu’un spectacle, mais aussi une vie partagée. Le Mag du Ciné
Film précédé du court métrage : Votre attention s’il vous plait de Colette Natrella (4’)
Les inclassables, Rencontre

De Ringo Lam avec Danny Lee, Sun Yueh
Policier Thriller - Hong-Kong - 1987 - VOST - 1h40

City on fire

À la suite d'un assassinat en plein quartier populaire de Hong Kong, l'inspecteur Lau charge un de ses meilleurs flics d'infiltrer un gang de dangereux malfaiteurs. Ko Chow devient ainsi une "taupe", suspecté par les braqueurs et poursuivi par la police qui ignore tout de sa véritable identité. Après un hold-up particulièrement sanglant, Chow se lie d'amitié avec son chef de bande, l'implacable mais loyal Lee Fu.

Rencontre avec Sébastien Lecocq, auteur de Ringo Lam, l'incendiaire, animée par Eric Peretti, programmateur du LUFF de Lausanne.

(...) Lam pousse sa fascination pour la corruption jusque dans la construction de ses films policiers, stupéfiante alliance entre un traitement quasi documentaire et des scripts ancrés dans la fiction. Ainsi, City on fire brille d’éclats presque melvilliens en s’attardant sur les coulisses de sa trame policière. Le cinéaste met un point d’honneur à traiter sur le même plan la peinture d’une organisation criminelle et celle de la complexe vie privée de son personnage principal, à confronter la violence des scènes de braquage aux éclats tout aussi blessants d’une relation conjugale tourmentée. Si City on fire devait trouver des équivalents américains, on irait plutôt chercher du côté de l’univers d’un Friedkin que de celui d’un Tarantino. Les Inrocks
Rencontre

De Idir Benchabane
Documentaire - Algérie - 2025 - VOST - 53min

TICRAD

Au cœur des montagnes du Djurdjura, en Algérie, se trouvent les dernières gardiennes d’un art ancestral et vieux de plusieurs siècles, celui du tatouage berbère. Cette pratique, qui faisait autrefois partie intégrante des coutumes et des traditions en Kabylie, se trouve aujourd’hui à la lisière de l’oubli. Huit de ces femmes ont permis d’aller à leur rencontre, dévoilant ainsi les secrets de ces ornements indélébiles, empreints de symbolisme, et qui nous plonge dans l’essence même de cette culture et de cette terre kabyle.

Rencontre avec Idir Benchabane, réalisateur, animée par l'Association de Culture Berbère 68.

Japanimation

De Mamoru Oshii avec Keiichi Noda, Mako Hyodo, Jinpachi Nezu
Animation - Japon - 1985 - VOST - 1h11

L'Oeuf de l'ange

Une petite fille fait un rêve éveillé. Perdue dans un monde dévasté par un événement inconnu, elle se rattache à un œuf qu'elle a trouvé dans une ruine. Projetant sur l'œuf toute sa fibre maternelle, elle lui apporte son affection et sa protection. Jusqu'au jour où un jeune homme ressemblant à un chevalier croise son chemin. Effrayée, elle prend la fuite, mais ne parvient pas à se séparer de cet inconnu bien intrigué par l'œuf…

Présentation de séance par les ambassadeurs du cinéma.

Il aura fallu attendre son quarantième anniversaire pour que L’Œuf de l’ange soit projeté pour la première fois dans les salles françaises, à la faveur de sa restauration en 4K sous la supervision de son réalisateur. Bien que déjà connu des spécialistes de l’animation japonaise et du public des festivals, il n’avait jamais été distribué en France : initialement conçu comme une OAV (Original Animation Video), il n’avait de fait guère rencontré de succès dans l’archipel nippon, au point qu’il avait failli, si l’on en croit le témoignage de Mamoru Oshii, compromettre sa carrière. Force est de reconnaître que la narration a de quoi dérouter le spectateur : dans une cité abandonnée et plongée dans une nuit sans fin, où de fantomatiques soldats s’échinent à harponner les ombres de poissons géants, le film met en scène une enfant diaphane, qui couve sous ses jupons un œuf d’une taille surprenante et que suit un jeune guerrier, à la chevelure tout aussi blanche, aux paumes bandées et équipé d’une longue arme en forme de croix. L’Œuf de l’ange est résolument un anime comme l’on n’en produit plus : quarante ans après sa sortie, il apparaît surtout comme la matrice de l’esthétique que Mamoru Oshii, qui n’avait alors que 34 ans, s’emploiera à développer dans la suite de son œuvre. Le cinéaste semble néanmoins être tombé dans l’écueil du premier projet personnel, en concentrant, de manière radicale, tout son imaginaire en à peine plus d’une heure. Il est peu de dire que le moyen métrage confronte le spectateur à une expérience déroutante : narration minimaliste, dialogues sporadiques et sibyllins ; palette chromatique réduite, plans longs et lents, parfois statiques au point qu’on a pu parler de tableaux animés ; bande-son parcimonieuse alternant silences oppressants, bruitages anxiogènes, mélodies atonales et envolées chorales ; chacun des choix artistiques est de nature à désorienter le public. De fait, Mamoru Oshii a accouché d’une œuvre dont la puissance visuelle et sonore ne saurait compenser l’opacité d’un scénario pour le moins elliptique. Pas plus que la petite fille n’aura de réponse à la question « qui es-tu ? » qu’elle adresse de manière récurrente à son taciturne compagnon, le spectateur ne pourra savoir, même après avoir vu la séquence finale, de quoi cette errance est l’allégorie. La symbolique manifestement biblique, traversée de thèmes issus du folklore japonais en un syncrétisme typique de la japanimation, entraîne le spectateur dans une quête de sens qui ne trouvera pas plus de résolution au sein de la fiction que dans son analyse : tout au plus pourra-t-on interpréter le film comme un rêve. Relevant à la fois du conte moderne et de la fable métaphysique, la narration semble un simple prétexte à donner à voir au spectateur des séquences saisissantes, à la croisée de l’anticipation post-apocalyptique, de la science-fiction rétrofuturiste et de la dark fantasy gothique. Aujourd’hui, le moyen-métrage vaut surtout du point de vue de l’histoire de l’animation japonaise : on appréciera ainsi la minutie du travail réalisé sur le mouvement des cheveux de la petite fille et le pouvoir de fascination exercé par les séquences oniriques sous-marines ; on retiendra également le talent avec lequel sont peints les décors, dont certains ne sont pas sans rappeler la peinture surréaliste de Giorgio de Chirico ou bien les films de Chris Marker ou Andreï Tarkovski. L’Œuf de l’ange pourra être également visionné par les fans de Mamoru Oshii comme un tournant dans sa filmographie : alors que réalisateur était cantonné à des productions commerciales, cet anime représente ainsi sa première création personnelle, avant qu’il ne réalise les deux Ghost in the Shell (1995 et 2004), The Sky Crawlers (2008) ou encore, en prise de vues réelles, Avalon (2002). à Voir à Lire
Rencontre Festival du film palestinien

De Sophia Scott, Georgia Scott avec Marwan Barghouti
Documentaire - Royaume-Uni - 2022 - VOST - 1h37

Marwan: Tomorrow's Freedom

Georgia et Sophia Scott témoignent des injustices de l’occupation et de la dureté des conditions carcérales que subissent les prisonniers palestiniens. Elles le font à travers la vie de Marwan Barghouti, ce simple militant, devenu, peu à peu, un dirigeant politique incontournable du Fatah et qui, pendant des années, a cru aux accords d’Oslo et à une paix possible entre les deux peuples.

Rencontre avec Fadwa Barghouti, dimanche 26 avril à 16h, en partenariat avec le Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Palestine et l'association Culture de Palestine.

Sortie nationale

De Eva Libertad avec Miriam Garlo, Álvaro Cervantes, Elena Irureta, Joaquín Notario, Daniela Saura Pérez
Drame - Espagne - 2025 - VOST - 1h39

Sorda

Angela est sourde, Hector est entendant. Ils forment un couple épanoui et heureux malgré leur différence. Mais la naissance de leur premier enfant inquiète Angela : saura-t-elle créer un lien avec sa fille ? Comment apprendre à devenir mère dans un monde qui oublie si souvent d’inclure ceux qui n’entendent pas ?

Afin d’inclure tous les publics, ce film est proposé avec des sous-titres pour sourds et malentendants.

Goya 2026 : Meilleur premier film, Meilleur acteur dans un second rôle (Álvaro Cervantes), Meilleur espoir féminin (Miriam Garlo), Premiers Plans d’Angers 2026 : Prix d’interprétation féminine, Prix Jeanne Moreau du public et Prix des Activités sociales de l’énergie

Prix du public dans la section Panorama du Festival de Berlin 2025, le film espagnol "Sorda "("Sourde" en français) est une chronique émouvante qui suit une femme sourde (Angela), dans sa grossesse et les premiers mois de sa fille, avec son compagnon (Iván) et son entourage. Centré sur tout ce que cela implique en termes d’incertitudes sur la surdité de l’enfant et son possible éloignement de la mère, le film s'avère d’une rare délicatesse et provoque une vague d’émotion lié à l’état dans lequel le spectateur est lui aussi mis progressivement. L’introduction est belle, déroutante par son silence, nous positionnant dans le monde d’Angela, alors qu’elle évolue dans la forêt en direction d’une rivière où elle rejoint son compagnon pour une baignade. Des éléments familiers sont effacés : le bruit de l’eau, les aboiements potentiels du chien qui l’accompagne... Le son ambiant ne revient que doucement alors que tous deux échangent, au lit, sur le prénom possible de leur enfant à venir. Les premières scènes sont ainsi vouées à décrire le bonheur de ce couple entendant / sourd, dans un dîner agité avec des amis, comme dans une danse sexy et complice sur une chanson que le mari imite avec les lèvres, mais aussi dans quelques aspects où la vie quotidienne se complique, comme lorsqu’Angela s’énerve face à un appareilleur auditif qui ne connaît pas la langue des signes. Le spectateur immédiatement attaché aux deux personnages, le drame peut alors commencer à couver. Intelligemment, le questionnement sur la surdité de la petite fille, vite arrivée en quelques ellipses successives (l’accouchement étant une scène clé quant à certaines difficultés de communication), reste un non-dit, perceptible par des détails (le choix des jouets, les tests que fait la mère…). Avec finesse, le scénario embrasse aussi les détails liés aux bruits, dont l’héroïne elle-même a tendance à oublier la réalité, n’existant pas pour elle, devenant des choses potentiellement cruelles ou excluantes. Portée par la frustration, mais aussi la peur de ne plus connecter avec son enfant, Miriam Garlo incarne à la perception Angela, alors que Álvaro Cervantes ("Le Sexe des Anges", "Fou de toi") émeut aussi particulièrement, dans sa volonté de bien faire. Au final "Sorda", qui offre un climax joliment dialogué aux tensions accumulées, se paye une conclusion réparatrice qui vous arrache quelques larmes. Abus de ciné

De Akinola Davies Jr. avec Ṣọpẹ́ Dìrísù, Efon Wini, Godwin Egbo, Chibuike Marvellous Egbo, Tosin Adeyemi
Drame - Nigéria/Royaume-Uni - 2025 - VOST - 1h33

Un jour avec mon père

Récit semi-autobiographique se déroulant sur une seule journée dans la mégalopole nigériane, Lagos, pendant la crise électorale de 1993. Un père tente de guider ses deux jeunes fils à travers l'immense ville alors que des troubles politiques menacent.

Les premières images d'un long métrage comptent. C'est encore plus vrai pour Un jour avec mon père du cinéaste britannico-nigérian Akinola Davies Jr., en salles mercredi 25 mars. On découvre deux frères dans une cour qui s'ennuient un peu. Ils se chamaillent autour de leur bouillie, jouent avec leurs personnages en papier. Quand la caméra se détourne d'eux, elle se porte vers des feuilles malmenées par le vent et, plus haut, sur la ronde des oiseaux dans le ciel, un motif récurrent dans le film. L'atmosphère paraît inhabituelle alors que la séquence évoque le quotidien. Bientôt, les enfants retournent dans la maison, le pas hésitant sans que l'on ne sache pourquoi. Apparaît alors un homme, serviette autour des reins : c'est leur père. Très vite, on comprend qu'ils passent rarement du temps avec lui. "Je te verrai dans mes rêves", lançait plus tôt la voix juvénile d'un narrateur. La journée s'annonce donc exceptionnelle quand le père propose à ses fils de le suivre à Lagos, la capitale économique du Nigeria. Sope Dirisu (rendu célèbre par la série Gangs of London) est Folarin, le père d'Olaremi et d'Akinola,11 et 8 ans, interprétés respectivement par Chibuike Marvellous Egbo et Godwin Egbo, frères à la ville. Akinola n'est autre que le double fictionnel du cinéaste qui partage un récit inspiré de son enfance et de celle de son frère, son coscénariste. Un jour avec mon père d'Akinola Davies Jr., ce sont 24 heures inoubliables dans la vie de deux garçons dans un pays en pleine crise politique et sous l'emprise d'une féroce junte militaire conduite par le général Ibrahim Babangida. Le récit se situe en 1993, au Nigeria. L'homme d'affaires Moshood Abiola, alias MKO, est en passe de remporter l'élection présidentielle. Folarin, Kapo pour ses amis, est l'un de ses fervents partisans. Sa détestation des militaires n'a d'égal que l'espoir placé en Abiola, dont le nom rime désormais avec espoir. L'escapade familiale se déroule une dizaine de jours après les évènements de Bonny Camp, une rafle réputée sanglante, qui n'aurait pourtant pas fait de victimes selon la propagande de la junte. Les spéculations vont d'ailleurs bon train dans le car qui emmène le trio vers Lagos. Guidés par papa La ville grouille de militaires. La caméra ne manque pas de s'attarder sur eux et les regards haineux que leur lance Folarin. À Lagos, Papa est venu chercher son dû dans l'usine dans laquelle il travaille. Mais c'est l'occasion de faire découvrir la capitale à ses fils, à pied, en voiture ou encore en moto-taxi. Akinola Davies Jr. guide l'audience dans un monde qui n'existe plus. Comme une vieille photo, son film a la patine du temps grâce à une colorimétrie qui fait écho aux images d'archives qui traversent la fiction. On s'en aperçoit dans une séquence clé qui se déroule dans un bar où Folarin a ses habitudes. C'est à la télé que les clients découvrent que le changement politique attendu est sérieusement compromis. Cette journée du 12 juin 1993, évoquée par Akinola Davies Jr., est gravée dans la mémoire des Nigérians. En 2024, elle a été déclarée "jour de la démocratie" – ce qu'elle n'avait pas été – par l'ancien président nigérian Muhammadu Buhari. La mécanique du souvenir Un jour avec mon père est la petite histoire dans la grande Histoire du Nigeria. Avec onirisme, Akinola Davies Jr. reconstitue méticuleusement des moments inédits et complices entre un père et ses fils. Tout en installant l'action de son film dans un cadre temporel bien précis – la journée –, il se libère du temps. Les frontières spatio-temporelles sont floues dans ce récit mais des petits indices permettent de ne pas perdre complètement pied. Le film, qui a permis à une coproduction nigériane de débarquer sur la Croisette grâce à un cinéaste de la diaspora, apparaît comme un rappel indirect du dynamisme de Nollywood, l'industrie du cinéma au Nigeria dont les œuvres, qui gagnent en qualité au fil des ans, ne sont pas sélectionnées à Cannes. À l’instar de tous les grands festivals, il a une appétence pour le cinéma d'auteur. Avec son premier long métrage, Akinola Davies Jr. a donné vie à un moment suspendu et mystérieux, à la fois récit d'enfance et fresque politique à l'esthétique affirmée. Un jour avec mon père a été repéré par le jury de la Caméra d'or au dernier festival de Cannes qui lui a décerné une mention. Intuition confirmée par le Bafta (les César britannique) du premier film décroché par Akinola Davies Jr. France Info Culture
Rencontre

De Mathias Mlekuz avec Mathias Mlekuz, Philippe Rebbot, Josef Mlekuz, Adriane Gradziel, Marziyeh Rezaei, Laurent Jouault, Lucky, Romane Bohringer, Raoul Rebbot-Bohringer, Maya Latrobe
Comédie Dramatique - France - 2024 - VF - 1h29

A bicyclette !

De l’Atlantique à la Mer Noire, Mathias et Philippe, deux vieux amis, entreprennent à bicyclette le voyage que le fils de Mathias a accompli avant de mourir tragiquement. Les deux hommes traverseront les épreuves avec tendresse, humour et émotion.

Rencontre avec Bekir Aysan auteur de Méfie-toi de tes rêves...car parfois ils se réalisent

C’est la qualité du montage et le regard empli de tendresse de Mathias Mlekuz qui nous embarquent avec ces deux êtres humains, ne cachant rien de leurs sensibilités ou difficultés, et avec lesquels on se sent une étrange proximité en fin de projection. Un film profondément humain, à ne surtout manquer sous aucun prétexte. A bus de ciné
Japanimation

De Takeshi Koike avec Akio Ôtsuka, Daisuke Namikawa, Aoi Morikawa
Japon - 2025 - VF / VOST - 1h30

Lupin the IIIrd the Movie: la lignée immortelle

Lupin III et ses compagnons se dirigent vers la mer des Bermudes, à la recherche d'une « île mystérieuse » absente de toutes les cartes du monde. Leur objectif : découvrir l'identité du cerveau qui envoie des assassins à leurs trousses, et mettre la main sur son immense trésor. Mais alors qu'ils approchent de leur destination, leur avion est pris pour cible par des snipers et s'écrase sur l'île de la mort.

En VF le 1/05 à 16h et le 3/05 à 14h, en VOST le 2/05 à 18h.

Le saviez-vous ? Notre Arsène Lupin a un petit-fils, tout aussi joyeusement malhonnête, et il est… japonais. Lupin III, donc, héros très « anime » d’une brassée de mangas (créés en 1967 par Kazuhiko Katō), mais aussi de séries et de longs métrages, revient ici affronter un ennemi immortel, aux confins d’une île maléfique. Une aventure pop, avec du mystère, des flingues, des clopes, des monstres, du rythme et de l’humour. Télérama
  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas

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