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  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas
Sortie nationale

De Maryam Touzani avec Aziz Hattab, Nisrine Erradi, Hasnaa Tamtaoui, Douae Belkhaouda, Lubna Azabal
Drame - Maroc - 2019 - VOST - 1h38

Adam

Dans la Médina de Casablanca, Abla, mère d’une fillette de 8 ans, tient un magasin de pâtisseries marocaines. Quand Samia, une jeune femme enceinte frappe à sa porte, Abla est loin d’imaginer que sa vie changera à jamais. Une rencontre fortuite du destin, deux femmes en fuite, et un chemin vers l’essentiel.

Au Maroc, une mère célibataire trouve refuge chez une veuve revêche. Et bouleverse son foyer. Un beau face-à-face, entre dureté et sensualité. Samia, une toute jeune femme enceinte, cherche dé­sespérément un travail et surtout un endroit pour dormir dans la Médina. Abla, qui habite derrière sa petite échoppe de pâtisserie, d’abord, la rabroue : cette veuve revêche, mère de la petite Warda, ne veut pas d’ennuis en recueillant une fille-mère sans mari. Elle finit par lui offrir un lit et par accepter son aide pour confectionner de nouveaux gâteaux. Avec Samia, la vie et la musique entrent, à nouveau, dans la maison… Après des courts métrages et des documentaires engagés, et sa superbe interprétation dans Razzia, coécrit avec son mari Nabil Ayouch, la Marocaine Maryam Touzani passe au long métrage avec cette ode à la sensualité et à la connivence féminines. Enrober son sujet — l’enfer des grossesses hors mariage au Maroc — de sucre et de beurre ne le rend pas moins brûlant. Les clairs-obscurs caressent les visages et les cheveux des femmes, retenus sous des foulards, les magnifiant comme des Vermeer du Maghreb ou des madones à l’enfant. Tout est naissance et renaissance dans ce gynécée : soudain, quand Samia (Nisrin Erradi, intense) force Abla à réécouter une chanson symbolique de son passé heureux, l’actrice Lubna Azabal offre une bouleversante transe d’exorcisme au deuil. La réalisatrice croit en un mouvement, un changement possible, dans cette société encore si patriarcale, et il s’incarne en Warda, la délicieuse gamine pleine de peps, dont les regards deviennent des fils invisibles tendus entre les deux héroïnes, et vers l’avenir. Le seul homme du film ? Comme dans la meilleure des comédies romantiques, ce joli personnage d’amoureux transi lâche littéralement son sac de farine tant il est subjugué par la séduction, à nouveau assumée, d’une femme… Avec Adam et sa manière de traiter le social au plus près de la chair, Maryam Touzani célèbre orgueilleusement les Ève de Casablanca. Télérama
Sortie nationale

De Atiq Rahimi avec Pascal Greggory, Malaika Uwamahoro, Belinda Rubango, Amanda Mugabezaki, Albina Kirenga, Clariella Bizimana
Drame - France/Belgique/Rwanda - 2019 - VOST - 1h34

Notre-Dame du Nil

Rwanda, 1973. Dans le prestigieux institut catholique « Notre-Dame du Nil », perché sur une colline, des jeunes filles rwandaises étudient pour devenir l’élite du pays. En passe d’obtenir leur diplôme, elles partagent le même dortoir, les mêmes rêves, les mêmes problématiques d’adolescentes. Mais aux quatre coins du pays comme au sein de l’école grondent des antagonismes profonds, qui changeront à jamais le destin de ces jeunes filles et de tout le pays

Le génocide au Rwanda a commencé bien avant 1994. Dès les années 70, les premiers signes de la guerre entre Hutus et Tutsis se sont manifestés. C'est de cette page de l'histoire que parle Notre-Dame du Nil. Adapté du roman éponyme de l'écrivaine Scholastique Mukasonga, le film d'Atiq Rahimi évoque le quotidien de jeunes rwandaises scolarisées au pensionnat de Notre-Dame du Nil. Destinées à devenir la future élite du pays, ces filles de militaires et de ministres partagent les mêmes rêves et préoccupations d'adolescentes. Mais à l'insouciance succèdent bientôt les jalousies et les rivalités entre différentes élèves. Dans l'ombre, les discordes s'apprêtent à se transformer en une véritable guerre. Notre-Dame du Nil est au génocide rwandais ce que Le Ruban blanc de Michael Haneke était à la première guerre mondiale. Atiq Rahimi signe un long-métrage subtil, à la fois effrayant et délicat. Malgré certaines longueurs, le film ne laisse vraiment pas indemne et ses images restent gravées en mémoire. L"Express
Sortie nationale / En salle Ciné K

De Filippo Meneghetti avec Barbara Sukowa, Martine Chevallier, Léa Drucker, Jérôme Varanfrain, Denis Jousselin
Drame - France - 2020 - 1h35

Deux

Nina et Madeleine, deux retraitées, sont profondément amoureuses l’une de l’autre. Aux yeux de tous, elles ne sont que de simples voisines vivant au dernier étage de leur immeuble. Au quotidien, elles vont et viennent entre leurs deux appartements et partagent leurs vies. Personne ne les connaît vraiment, pas même Anne, la fille attentionnée de Madeleine. Jusqu’au jour où un événement cruel fait tout basculer.

Diffusion en salle Ciné K du Kinepolis à partir du 12 février

Horaires Ciné K Kinepolis du 12 au 18 février ici.

Diffusion au Cinéma Bel Air dans le cadre du Festival Autre Regard du 27 au 29 mars.

Deux. Un titre utilisé par Werner Schroeter, Claude Zidi ou Anne Villacèque pour raconter la passion d’un couple. Filippo Meneghetti se l’accapare aujourd’hui pour le récit de deux septuagénaires, Barbara Sukowa et Martine Chevallier, éprises l’une de l’autre. Et c’est splendide. « Je voulais travailler avec des actrices qui soient à l’aise avec leur âge. » L’intention fondamentale de Filippo Meneghetti pour son premier film fait écho aux revendications dans l’air du temps pour une salutaire mixité au cinéma : plus de femmes derrière la caméra, davantage d’actrices au premier plan, portées par le regard d’une nouvelle génération de cinéastes, dont Meneghetti est un exemple adéquat. Son film, Deux, est une opportunité rare de retrouver deux comédiennes immenses, Barbara Sukowa et Martine Chevallier. Et l’occasion n’est pas anodine : l’Italien offre à chacune l’un des plus beaux rôles de sa carrière. L’ancienne égérie des films de Fassbinder (Lola, une femme allemande, 1981), Barbara Sukowa, prête ses délicieuses intonations germaniques au profil de Madeleine, meneuse éruptive, célibataire à la crinière ébouriffée, au regard intense, à qui « on ne la raconte pas ». La seconde, l’incomparable reine de théâtre Martine Chevallier joue Nina. Mère d’Anne (Léa Drucker) et de Frédéric (Jérome Varanfrain), elle est douce, mélancolique, souvent hésitante. Portant le poids d’une culpabilité opaque, Nina cache à ses enfants le désamour qu’elle éprouve pour leur père disparu et… la passion brûlante qui l’unit à sa voisine de palier. Quand Nina n’est pas envahie par sa famille, les deux femmes ont en effet des habitudes bien à elles : les portes de leurs appartements respectifs sont grandes ouvertes et l’amour circule. Pour autant, un jour, ce bonheur sans nuage s’effondre… À la suite d’une introduction étonnante, Filippo Meneghetti est au plus près de ses personnages dans un format cinémascope très étudié, apportant souffle et grandeur aux scènes d’appartement de son huis clos. Il scrute avec beaucoup d’attention les visages, dissémine avec parcimonie des indices psychologiques et événements marquants afin de ménager une forme saisissante de thriller. Sans pathos ni lourdeur, il parvient à créer une tension haletante via un jeu de portes, d’objets et de miroirs, dans lequel Barbara Sukowa s’engouffre aisément. Incarnant l’angoisse absolue d’un amour brutalement contrarié, cette dernière fait une chute vertigineuse, perdant ses droits, son statut et tout contrôle. Face à elle, Martine Chevallier puise dans le réel les ressorts d’un changement de personnalité cruel, effrayant, authentique. Les seconds rôles entourant les deux comédiennes sont au diapason de ce spectacle inspiré : Léa Drucker, en tête, complète le puzzle de cet amour caché, traqué par le « regard des autres », leitmotiv palpitant du film. L’aide à domicile prise en étau, Muriel Benazeraf, parachève la montée graduelle des diverses émotions à laquelle nous sommes soumis : avec un zeste du réalisme aigu de Michael Haneke (Amour, 2012), une pointe de la tension millimétrée de Jusqu’à la garde de Xavier Legrand, Filippo Meneghetti nous attache aux pulsations des cœurs enflammés de ses actrices et de leur quête de liberté : au final, Deux, ultra-maîtrisé, fin et décomplexé, est un très beau film. Bande à part
Sortie nationale / En salle Ciné K

de Annabelle Attanasio avec Camila Morrone, James Badge Dale, Calvin Demba
Drame - Etats-Unis - 2019 - VOST - 1h29

Mickey and the bear

Mickey Peck, une adolescente du Montana, a la lourde responsabilité de s'occuper de son père, un vétéran accro aux opiacés. Quand l'opportunité se présente de quitter pour de bon le foyer, elle fait face à un choix impossible...

Diffusion en salle Ciné K du Kinepolis à partir du 12 février.

Horaires Ciné K Kinepolis du 12 au 18 février ici.

Le portrait juste et attachant d’une adolescente qui a grandi trop vite dans une Amérique rurale au bord de l’effondrement. Annabelle Attanasio réussit un tour de force pour son premier long-métrage. Mickey n’est qu’une jeune fille américaine comme les autres, sinon qu’elle a déjà connu dans sa courte vie les pires difficultés qu’on puisse imaginer. Elle habite avec son père, un homme désinvolte, certes attachant, mais drogué jusqu’à la moelle. Elle le fournit en produits illicites, veille à l’équilibre économique du foyer et essaye de rendre son existence supportable auprès de cet homme toujours à la limite de l’implosion. Elle voudrait bien tout quitter, faire de son existence autre chose que la déchéance psychologique que son père lui donne à voir tous les jours. Il y a bien ce jeune homme sensible et délicat, Wyatt, qui s’apprête à faire des études de musique au Conservatoire. Il y a l’indiscutable affection qui la lie à son père, et le souvenir de sa mère décédée. Mais surtout, il y a le sentiment d’un destin qui la retient dans ce trou perdu du Montana où rien ne semble possible. On peine à imaginer qu’une telle situation puisse se produire en France. La comédienne Annabelle Attanasio réalise un premier film qui dresse un constat dramatique d’une certaine Amérique : le système de soins psychiatriques est totalement déficient, la protection de l’enfance apparaît comme le cadet des soucis de l’administration et le déterminisme social confine les gens à un avenir barré d’avance. Il y a beaucoup de désespérance dans le regard que pose la jeune réalisatrice sur son pays. Elle peuple son récit d’une myriade de personnages attachants et sincères, qui tranchent avec le constat amer de tout un pays, les États-Unis. Le spectateur ressent les vibrations sensibles des gens, qui parviennent néanmoins à illuminer la tristesse des lieux. La film ne serait pas celui-là sans l’interprétation tout en nuance de Mickey par Camila Morrone. La comédienne habite son personnage de grâce et de profondeur. Elle ne cède jamais dans son jeu à l’excès ou le mélodrame. Les larmes, les cris sont rares malgré une violence des situations auxquelles l’adolescente est confrontée à maintes reprises. D’ailleurs, la réalisatrice prend toujours le soin de laisser au hors-champ la brutalité de certaines scènes, rajoutant à la pudeur et à la force émotionnelle du personnage. Mickey est en permanence écartelée entre ses désirs de s’émanciper de son père, la responsabilité qui lui incombe à l’égard de ce dernier, et l’amour que lui vouent les garçons. En réalité, elle n’est jamais à la place qu’elle voudrait occuper, et au lieu de cela, elle choisit le renoncement. La comédienne parvient à brosser un portrait absolument touchant et lumineux de cette adolescente. A côté d’elle, heureusement, il existe cette psychiatre généreuse qui veille sur elle, comme une éducatrice le ferait. Mickey and the bear est un beau film sur la jeunesse et l’amour parental. La réalisatrice ne force jamais le trait de son récit. Elle laisse les choses se faire, se défaire, grandir. Elle injecte dans son récit des scènes, des bouts de musique, des sourires qui sont autant de lumières dans cette histoire pourtant sombre et désespérée. On ne se lasse pas de suivre cette jeune Mickey qu’on voudrait tout autant protéger qu’inciter à se défaire des griffes de son père. Le film opte pour une véritable sobriété des effets de caméra, certainement par contrainte budgétaire, mais sans doute et surtout pour accorder une part essentielle à son actrice principale qui irradie littéralement l’écran. Avoir-alire
Sortie nationale / En salle Ciné K

de Mathias Théry et Etienne Chaillou
Documentaire - France - 2018 - 1h37

La cravate

Bastien a vingt ans et milite depuis cinq ans dans le principal parti d’extrême-droite. Quand débute la campagne présidentielle, il est invité par son supérieur à s’engager davantage. Initié à l’art d’endosser le costume des politiciens, il se prend à rêver d’une carrière, mais de vieux démons resurgissent…

Voilà un film totalement fascinant qui s’introduit, grâce à une sorte de mise en roman du long-métrage lui-même, dans la tête d’un jeune militant du Rassemblement National, aussi attachant et sincère, que son idéologie est détestable. Non, il ne s’agit pas d’un documentaire politique ordinaire. Le nouveau film des cinéastes Mathias Théry et Etienne Chaillou, s’invite dans le cerveau d’un tout jeune homme, Bastien, vingt ans à peine, mais déjà militant au Front National depuis longtemps. Le garçon s’installe dans un fauteuil, scruté par la caméra qui va à sa rencontre, et entame la lecture du livre que les deux documentaristes ont écrit à l’occasion du tournage. L’intelligence du propos est alors évidente : jamais aucune mention sur l’idéologie politique, jamais aucun débat d’idées, juste ce garçon picard, touchant, qui se retrouve assistant du directeur de la fédération locale où il vit. Les auteurs vont jusqu’à choisir de taire les propos qui s’échangent autour de lui, les conversations téléphoniques. La seule chose qui les intéresse est ce jeune homme, armé d’une cravate, qui se jette avec passion dans la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Derrière la figure de ce gamin mal assorti dans son costume d’apprenti politique, se cache toute une jeunesse picarde, éprouvée par le chômage, la grisaille, la pauvreté. La caméra ne regarde que ce visage. Il y a la vérité de son engagement personnel dans ses yeux, et soudain, il y a la désillusion, la démesure de l’ambition politique qui lui sautent au visage comme un affront à son militantisme de toujours. Grâce au récit que la voix off donne à lire au jeune héros, Bastien prend le recul nécessaire pour appréhender son propre parcours dans la jungle politique. La question même de l’idéologie fasciste se dissipe au bénéfice de ce seul regard, de ce corps un peu rond, engoncé dans le costume-cravate. L’écriture qui accompagne le film est très belle. Elle semble épurée de toute forme de jugement. Elle raconte dans une langue sobre, sonnante comme un poème, le parcours en enfance de ce garçon, ses échecs amoureux, ses échecs scolaires, et surtout la façon dont il a été capté par un groupe d’extrémistes picards. Le texte souligne étonnamment la disparité gigantesque qui existe entre la brutalité de la pensée nationaliste et la bonhomie de ce garçon, la presque douceur de ses yeux, et sa peine à gagner son destin. Mais les deux cinéastes ne choisissent pas la compassion comme point d’entrée. Ils racontent et filment les faits, même dans ce qu’ils ont de pire. Ils ne jugent pas, mais ils permettent à Bastien de donner des explications à son passé sombre, ce qui le rend touchant de sincérité. On comprend alors comment des milliers de personnes sombrent dans l’idéologie de la haine et le désir de mort. La puissance émotionnelle du récit est incontestable. Bastien se transforme en une sorte d’emblème défiguré par une histoire personnelle difficile, ce qui provoque naturellement l’empathie et l’émoi du spectateur. La cravate est un film d’une très grande intelligence, qui se sert du parcours en politique d’un jeune picard, pour tenter de rendre lisible la mécanique effrayante qui asservit un grand nombre de militants extrémistes. Cette cravate, finalement, celle que porte Bastien, celle que portent les cadres du parti, racontent la construction identitaire des militants frontistes. On ne naît pas radical. On le devient peu à peu en endossant le costume adapté. On le devient en digérant les blessures de son existence. Mais heureusement, il y a le cinéma, celui de Mathias Théry et d’Etienne Chaillou qui soudain, met à nu la vérité brutale de ce récit intimiste et permet à la lumière de rejaillir dans ces yeux cernés de douleur. Avoir-alire
Festival Les petites bobines

De Janis Cimermanis
Animation Comédie Court-Métrage - Lettonie - 2012/2019 - VF - 45min

L'Equipe de secours en route pour l'aventure !

Poteriks (Pote), Silinks (Sily) et Bembelates (Bemby), les trois compères de la brigade de secours sont toujours au service de la population. Quel que soit votre problème, ils ont une solution… souvent inattendue. Pour le meilleur, et surtout pour le pire, leurs services se déploient maintenant dans toute l'Europe !

Tarif maximum : 5 €

Produite depuis 1991 par un studio letton spécialiste de la marionnette, la série L’Équipe de secours met en scène trois drôles de dépanneurs. Dans cette compilation de cinq épisodes, le trio intervient dans les grandes villes d’Europe, notamment à Paris, pour une panne d’électricité à la tour Eiffel. Leur périple illustre le rayonnement de l’animation balte à travers le monde. Télérama
Avant-Première, Festival Les petites bobines

De ZHENG Yawen, DE BEUL Steven, TESSEUR Ben, COUTO Juan, NUNEZ Marisa, OCKER Julia, KIM Hanna, BIANCO-LEVRIN Nicolas, REMBAUVILLE Julie
Animation Court-Métrage - Belgique/Espagne/France/Allemagne/États-Unis - 2017-2019 - VF - 40min

Les Petits contes de la nuit

Une histoire, un câlin, un bon lit, il en faut peu pour bien dormir ! Six contes-doudous pour aborder avec les tout-petits l'univers du sommeil et de la nuit.

Tarif maximum : 5 €

Six courts métrages en papier découpé pour illustrer joliment la beauté de la nuit. Beauté de la nuit, en six courts métrages. Réalisé en papier découpé, La Promenade de Monsieur Papier (Ben Tesseur et Steven De Beul, 2017) est une jolie métaphore du cinéma d’animation : un bonhomme y donne naissance à un chien, avec des ciseaux et du papier journal. Élaborée en pâte à modeler, image par image, l’héroïne de La Tortue qui voulait dormir (Pascual Pérez Porcar, 2008) cherche, elle, à entrer en hibernation. Mais la plus belle réussite du programme s’appelle Conte d’une graine (Yawen Zheng, 2017). Inspiré d’une histoire chinoise, le récit tire sa douceur de séquences oniriques, notamment lorsqu’un petit garçon visite l’estomac sombre d’un dragon. Les autres films, autour de trois minutes, sont aussi resserrés qu’une chanson pop. Petite étincelle (Nicolas Bianco-Levrin et Julie Rembauville, 2019) séduit avec ses animaux animés sur des photographies. La concision fait surtout merveille dans Le Raton laveur et la lampe de poche (Hanna Kim, 2018) et Le Poisson-veilleuse (Julia Ocker, 2018). Le premier met en scène un mammifère qui apprivoise une torche électrique, le second, un bébé baudroie des abysses avec sa « lanterne » sur la tête, qui a peur du noir. Et les deux savent manier la poésie des ombres chinoises. Télérama
Festival Les petites bobines

De Julien Bisaro avec Oscar Pauleau
Animation Court-Métrage - Allemagne/Irlande/France/Belgique - 2019 - VF - 38min

L'Odyssée de Choum

Choum, la petite chouette vient juste d’éclore lorsque la tempête la pousse hors du nid. Faisant rouler le second oeuf de la nichée, la voilà qui s’élance contre vents et marées, bien décidée à trouver une maman... Programme composé de : - Le Nid (Nest) de Sonja Rohleder (Allemagne, 2019, 4') - L'Oiseau et la baleine (The Bird and the Whale) de Carol Freeman (Irlande, 2019, 7') - L'Odyssée de Choum (26')

Tarif maximum : 5 € (au Cinéma Bel Air)

A voir également le lundi 17 février à 14h au Cinéma Palace d'Altkirch

Après le percutant Bang bang ! — et son parallèle entre chasse et prédation capitaliste —, le cinéaste d’animation Julien Bisaro revient avec un film plutôt destiné au jeune public : l’émouvant périple d’une chouette orpheline, qui tombe du nid puis traverse le bayou, avec son frère encore dans l’œuf. Chez lui, la grande expressivité des animaux (écureuil, crocodile, raton laveur) évoque les animes japonais, notamment ceux du Studio Ghibli. Accompagné de deux courts métrages, Le Nid (Sonja Rohleder, 2019) et L’Oiseau et la Baleine (Carol Freeman, 2018), son Odyssée de Choum se ferait presque voler la vedette par le second : certaines de ses images, peintes sur une plaque en verre, ont la sombre beauté des marines de Turner. Télérama
Rencontre, Festival Les petites bobines

De Anne–Lise Koehler, Eric Serre avec Kaycie Chase, Boris Rehlinger, Julien Crampon, Magalie Rosenweig, Fily Keita
Animation - France - 2019 - 1h01

Bonjour le monde !

Comment naît-on oiseau, pourquoi naît-on insecte, mammifère ou poisson ? Les regards émerveillés des animaux nous font découvrir une Nature que nous croyions connaître. Ils nous invitent à cette réflexion universelle : qui suis-je au milieu des Autres ?

Rencontre avec Eric Serre, réalisateur, le lundi 17 février à 10h et à 14h.

Réinventer la nature en stop motion (l’animation image par image) et en papier mâché : c’est le beau projet de ce film pour enfants (y compris les plus petits), qui nous fait voyager du fond des eaux jusqu’au faîte des arbres pour redécouvrir les animaux : poissons, oiseaux, grenouilles… Tout un peuple de marionnettes colorées s’éveille, s’ébat — et philosophe même, grâce aux voix off des comédiens — dans des décors d’une minutie radieuse. Un superbe bestiaire, original et malicieux. Télérama
Festival Les petites bobines

De Arnaud Demuynck, Anaïs Sorrentino, Pascale Hecquet, Rémi Durin, Hugo Frassetto
Animation Court-Métrage - France/Belgique - 2019 - 52min

Loups tendres et loufoques

Des loups, en veux-tu, en voilà ! Ils roulent des mécaniques, s'imaginent régner sur tous les autres animaux, mais au fond, c'est bien connu : les loups ont tous un cœur d'artichaut ! Six courts métrages pour découvrir toutes leurs facettes, dans une large palette de techniques d'animation !

Tarif maximum : 5 €

Goûter des p’tits aventuriers le jeudi 27 février après la séance de 15h sur la thématique de la pomme sur réservation au 03 89 60 48 99 / cinebelair@wanadoo.fr.

Sûr de lui, le loup se croit au sommet de l’échelle alimentaire. Mais il découvre dans ce réjouissant programme d’animation qu’il a perdu de sa splendeur carnivore. Humilié, moqué et même protégé, le canidé est l’anti-héros de courts-métrages dont l’humour cocasse et le second degré sont aussi affûtés que les canines du prédateur. Relecture politiquement non correcte des contes de notre enfance et message écolo bienvenu sur la protection de cette race pourchassée. Le but est ici de changer les mentalités tout en faisant rire. Mission accomplie. L'Obs
Festival Les petites bobines

De Marek Benes
Animation Court-Métrage - République tchèque - 2018 - VF - 40min

Pat et Mat en hiver

Programme de courts métrages dont les héros sont Pat et Mat. Si la neige est tombée en abondance chez Pat & Mat, les gags et péripéties s’annoncent en avalanche dans ce tout nouveau programme. La maison en chocolat : On connaît les qualités de nos deux compères en matière de bricolage, mais qu’en est-il lorsqu’il s’agit de pâtisserie ? “Pour féliciter” : Cette formule est traditionnellement indiquée sur les cartes de vœux tchèques pour les fêtes de fin d’année. Pat & Mat s’emploient à réaliser une photo pour l’occasion. Le sauna : Le froid est mordant et Mat se retrouve littéralement congelé. Heureusement,avec l’aide de son voisin Pat, il va pouvoir se réchauffer grâce à un sauna à la conception... originale Les cadeaux de Noël : Pat & Mat sont sur le point de s’offrir leur cadeau.Malheureusement, Pat n’a pas assez de papier d’emballage, et Mat n’a plus d’adhésif pour fermer le sien. Nos deux amis vont une nouvelle fois faire preuve d’inventivité. L’igloo : Avec un épais manteau de neige, la fabrication d’un igloo est une occupation toute désignée pour nos deux bricoleurs préférés.Son aménagement va toutefois réserver une petite surprise.

Tarif maximum : 5 €  

Goûter des p’tits aventuriers le vendredi 21 février après la séance de 15h sur la thématique du chocolat sur réservation au 03 89 60 48 99 / cinebelair@wanadoo.fr

Nouvelle salve d’épisodes des bricoleurs un peu « marteaux », Pat et Mat en hiver est un qui réchauffe les zygomatiques des plus petits. La Croix
Festival Les petites bobines

De CHIEUX Benoit, KOK Sytske, OLGA DE JONG Sophie, LANG Max, SNADDON Daniel
Animation Court-Métrage - Royaume-Uni/Pays-Bas/France - 2018/2019 - VF - 40min

Zébulon le dragon

Zébulon est un jeune dragon aussi attachant que maladroit qui aspire à devenir le meilleur élève de son école. Pour y arriver, il devra montrer une grande ténacité et traverser beaucoup d'épreuves, comme réussir à capturer une princesse… (à partir de 3 ans)

Tarif maximum : 5 €

Pour le prix modique d’une demi-écaille de la franchise « Dragons », les créateurs du « Gruffalo » donnent vie à Zébulon, jeune aspirant à l’école des cracheurs de feu. Notre apprenti monstre devra contrarier sa nature bienveillante pour apprendre à rugir, se battre contre de preux chevaliers et kidnapper une fille de roi. Et c’est de cette princesse que viendra son salut. Un film d’animation qui pétille de couleurs, d’idées de mise en scène, où l’humour est servi brûlant. Avec, en complément de programme, deux courts-métrages tout aussi enthousiasmants. L'Obs
Festival Les petites bobines

De Zsolt Pálfi avec András Faragó
Animation - Hongrie - 2018 - VF - 1h10

Willy et le lac gelé

Les nouvelles aventures de Willy, le verdie après Willy et les gardiens du lac.

Rencontre, Festival Les petites bobines

De PIGEARD Emilie, LUANG VIJA Fabrice
Animation Court-Métrage - France/Suisse/Belgique - 2018/2019 - 56min

Chats par-ci, Chats par-là

Programme de courts métrages. Des matous facétieux et attendrissants ! De la ronde Bamboule aux félins malins d'Orient, en passant par une course au loup et une pêche extraordinaire, ces quatre fables concoctées par Fabrice Luang-Vija sont un régal drôlatique et lyrique. Miaou !!

Tarif maximum : 5 €

Rencontre avec Fabrice Luang-Vija, réalisateur, le dimanche 1er mars à 10h30

A voir aussi le dimanche 16 février à 10h30 au Cinéma Palace d'Altkirch

Elégant, mystérieux, insaisissable, indépendant : le chat fascine, séduit et nous échappe. Fabrice Luang-Vija en fait le héros de trois histoires courtes marquées par le goût du non-sens et l’ironie. Donneur de conseils avisés à un tigre maladroit, accompagnant son maître dans une journée de pêche miraculeuse et surréaliste, portant secours à une poule kidnappée par un loup benêt, le félin malicieux se faufile dans ces contes dont l’absurde est célébré avec sensualité et élégance. En complément de programme : « Bamboule », d’Emilie Pigeard, une fable satirique et désopilante décrivant les affres d’une chatte stérilisée en surpoids. Le Nouvel Obs
Festival Les petites bobines

De NANKE Makiko, KARPOVA Marina, SMATANA Martin, DIAB Lamiaa, ESMAT Hend, JIRKOVA Evgeniya
Animation Court-Métrage - Russie/Japon/Royaume-Uni/Rép.Tchèque/Slovaquie/Pologne - 2019 - 43min

Un petit air de famille

La famille, ce n'est que du bonheur ! Enfin, à condition de ne pas se disputer ni de faire de caprices ! Et si prendre soin les uns des autres était la plus belle des aventures ? Cinq histoires de familles pour les enfants, leurs parents et leurs grands-parents !

Tarif maximum : 5 €

Cette collection de courts-métrages internationaux met en scène famille dans tous ses états en cinq histoires. A partir de 4 ans. Avec des courts métrages d’animation venus de Russie, du Japon ou du Royaume-Uni, le distributeur KMBO a concocté un programme enjoué autour d’un sujet universel : la famille. Clou du spectacle : Le Cerf-volant, qui met en scène un grand-père et son petit-fils. Les histoires en deux mots : Une famille préhistorique accueille des animaux dans sa grotte (Un grand cœur). Deux frères se disputent (Bonne Nuit). Des enfants s’occupent de leurs parents (Le Monde à l’envers). Un grand-père et son petit-fils jouent ensemble (Le Cerf-volant). En promenade avec sa mamie, une jeune fille refuse de marcher jusqu’à la maison et s’adresse à la faune de la forêt pour la ramener chez elle (Le Caprice de Clémentine). L’argument pour leur donner envie : en plus de venir des quatre coins du monde, les cinq films sont réalisés avec des techniques variées : dessin sur pellicule (Un grand cœur), animation 2D numérique (Le Caprice de Clémentine), stop motion (Le Cerf-volant). Ce qu’ils vont apprendre : Qu’avec la famille, c’est souvent je t’aime… moi non plus. Il faut savoir dépasser les petites chamailleries individuelles pour profiter du plaisir d’être en collectivité. Le court qu’ils vont vraiment aimer : Réalisé en stop-motion – animation en volume image par image –, Le Cerf-volant (Martin Smatana, 2019) émerveille par sa vision poétique de la mort. La grande idée du réalisateur est d’avoir confectionné ses personnages (un grand-père et son petit-fils) avec plusieurs couches de tissu pour dire la déliquescence physique du vieil homme. Plus celui-ci perd des « couches », plus il s’affaiblit, jusqu’à s’envoler dans les nuages. Télérama
Festival Les petites bobines

De Isabelle Favez avec Harald Schrott
Animation Court-Métrage - France/Suisse/Belgique - 2019 - VF - 49min

Zibilla ou la vie zébrée

Arriver dans une nouvelle école c'est difficile, surtout lorsqu'on est victime des brimades de ses camarades. Zibilla est un zèbre adopté par une famille de chevaux, et elle commence à détester les rayures qui la rendent différente. 

Tarif maximum : 5 € (au Cinéma Bel Air)

A voir aussi le mardi 18 février à 10h au Gérard Philipe de Wittenheim.

Trois courts-métrages d’animation avec bestioles anthropomorphes, humour léger et morale salutaire. Du La Fontaine moderne, à partir de 4 ans. A la manière des fables de La Fontaine, ce florilège de trois courts-métrages d’animation distribué par Gebeka Films met en scène des animaux anthropomorphes. Pour délivrer, avec humour et légèreté, une morale antiraciste. Les histoires en deux mots : Un girafon rencontre un écureuil xénophobe dans Tout là-haut (Martina Svojíkóva, 2019). Les animaux de la forêt organisent une course à bicyclette dans Le Dernier jour d’automne (Marjolaine Perreten, 2018). Une petite zébrelle se voit mal accueillie par ses camarades chevaux dans Zibilla (Isabelle Favez, 2019). L’argument pour leur donner envie : Identification garantie avec Zibilla, morceau de bravoure de la collection. Les pérégrinations de l’héroïne à la recherche de son doudou – un passage réussi sous le chapiteau d’un cirque – tiennent en haleine. Ce qu’ils vont apprendre : Même si Le Dernier jour d’automne traite d’écologie (des pièces de vélo recyclées) ou de solidarité (des animaux s’entraidant), c’est bien la tolérance qui est au cœur du programme. Accepter l’autre, quelle que soit sa différence : des rayures (Zibilla) ou une grande taille (Tout là-haut). Le court qu’ils vont vraiment aimer : Outre sa superbe technique d’animation – un mélange papier découpé et 2D numérique –, Tout là-haut convainc par ses dialogues percutants et par sa morale antiraciste. Un écureuil populiste monte les habitants de la forêt contre un girafon, en visite touristique avec ses parents. Sans voir les services que celui-ci peut rendre. Comme les œuvres de La Fontaine à leur époque, le film devient métaphore de la France contemporaine, où les migrants suscitent parfois le rejet. Télérama
Festival Les petites bobines

De Edmunds Jansons avec Eduards Olekts, Nora Džumā, Andris Keiss, Gatis Gāga
Animation - Lettonie/Pologne - 2019 - VF - 1h10

Jacob et les chiens qui parlent

Jacob et sa cousine Mimi réussiront-ils à préserver leur vieux quartier et ses jardins publics ? Comment les chiens qui parlent viendront-ils à leur rescousse pour déjouer les plans du constructeur de gratte-ciel ? Une fable écologique pleine d’aventures qui fait rimer émotion et imagination.

Jacob, garçonnet rêveur, séjourne une semaine dans un drôle de quartier, où règne une bande de chiens bienveillants. Et surtout bavards. Imaginatif, coloré et un brin politique, puisqu’il s’agit d’empêcher la gentrification des environs et de défendre l’écologie, ce dessin animé venu de l’Est est une jolie découverte, malgré quelques longueurs. Télérama
Festival Les petites bobines

De Paul Grimault
Animation Court-Métrage - France - 1942/1973 - 50min

Le Monde animé de Grimault

Programme de 8 courts-métrages de Paul Grimault en version restaurée. Plongez dans l’univers de Paul Grimault avec Le marchand de notes, Le voleur de paratonnerres, Le petit soldat, Le diamant, Le chien mélomane, Les passagers de la Grande Ourse. Entre enjambées, tourbillons et grands voyages, un parcours en six films qui nous enivre de mouvements, nous renverse et nous bouleverse, tantôt pour rire et tantôt pour nous alerter sur les maux de l’humanité. Paul Grimault (1905-1994), le père de l’animation française, n’a réalisé qu’un long métrage : Le roi et l’oiseau, une référence du cinéma d’animation. Il est une source d’inspiration pour de grands réalisateurs contemporains : Hayao Miyazaki ou Brad Bird, entre autres.

 Atelier pré-cinéma le mardi 25 février après la séance de 15h : découverte de la pré-histoire du cinéma en partenariat avec le RECIT.

Avant que la sortie du « Roi et l’Oiseau » (en 1980) n’immortalise son nom dans l’histoire du cinéma, Paul Grimault avait réalisé de nombreux courts-métrages. Ils sont réunis ici en deux programmes, le premier destiné aux plus petits, le second aux plus grands. De pures merveilles, portées par la flamboyance de l’animation et la beauté des couleurs. Des fictions réalisées à partir des années 1940, marquées par l’antimilitarisme et l’anticolonialisme de leur auteur qui dénonce l’arrogance des puissants et la folie des capitalistes. Les inquiétudes politiques et sociales y sont toujours d’actualité. Ne privez pas vos enfants de ces chefs-d’œuvre. L'Obs
Festival Les petites bobines

De Rasmus A. Sivertsen avec Kari Ann Grønsund, Trond Høvik, Per Skjølsvik, Kåre Conradi, Fridtjov Såheim, John Brungot, Steinar Sagen, Bjarte Hjelmeland, Ingar Helge Gimle
Animation - Norvège - 2019 - VF - 1h20

Le Voyage dans la Lune

Tous les pays du monde rêvent d'atteindre la Lune pour y planter leur drapeau. Solan et Ludvig décident de tenter leur chance à bord de la fusée construite par Féodor. Commence alors une incroyable odyssée spatiale !

A voir aussi le samedi 22 février à 16h15 au Palace d'Altkirch

Pour conclure son enthousiasmante trilogie d’animation, Rasmus A. Sivertsen emmène ses personnages sur le satellite naturel de la Terre. À partir de 5 ans. Après De la neige pour Noël (2013) et La Grande Course au fromage (2015), le réalisateur norvégien complète sa trilogie d’animation de marionnettes, inspirée de l’univers du dessinateur Kjell Aukrust. Au-delà du design vieillot des personnages, le film enchante par ses multiples références (Le Voyage dans la Lune, film de Georges Méliès ; On a marché sur la Lune, bande dessinée d’Hergé). Et par ses bricolages poétiques, dans le sillage de Wallace et Gromit (Une grande excursion, 1989). L’histoire en deux mots : grâce à la fusée conçue par leur ami inventeur, le hérisson timide et la pie courageuse se rendent sur la Lune. Leur projet suscite les convoitises, notamment celle de l’État norvégien, de la maire du village et de fabricants de fromage malintentionnés… L’argument pour leur donner envie : comme les deux précédents volets, Le Voyage dans la Lune est entièrement réalisé en stop motion (animation en volume image par image). Le tableau de contrôle de l’engin spatial fourmille de boutons rigolos – un pédalier relié à des ailettes extérieures pour stabiliser la fusée. Charme bricolo garanti. Ce qu’ils vont apprendre : le long métrage de Rasmus A. Sivertsen débute par l’expiration d’une loi, datant de la première « conquête » de la Lune par les États-Unis, en 1969. Le satellite naturel de la Terre, qui n’appartenait à aucune nation, deviendra propriété du pays qui s’y pose à nouveau. D’où une nouvelle course à l’espace, impliquant un politicien norvégien. Une superbe idée visuelle – la plus belle du film, qu’on vous laisse découvrir – symbolise les dangers de cette « privatisation », autrement dit l’utilisation à des fins personnelles d’un bien public. Le moment qu’ils vont vraiment aimer : lorsqu’un tuyau fournissant l’oxygène à l’intérieur de la fusée est endommagé par un déchet métallique – l’espace autour de la Terre ressemble à une décharge –, la pie se voit contrainte à une sortie extravéhiculaire, en combinaison. Séquence au suspense rondement mené, qui évoque le 2001 de Stanley Kubrick. Télérama
Festival Les petites bobines

De
Aventure Animation Comédie - Royaume-Uni/France - 2015 - VF -

Lorsque qu’une blague de Shaun entraîne accidentellement le fermier jusqu’à la Grande Ville, Shaun, Bitzer et le reste du troupeau se retrouvent embarqués dans une aventure complêêêêtement inattendue en plein grande ville… Shaun arrivera-t-il à retrouver le Fermier dans cette ville étrangère et inconnue avant de s’y perdre pour toujours ?

Nouvelle pépite de l'animation signée Aardman. À bêler de plaisir. Les studios d'animation Aardman ont encore frappé ! Apparu en 1995 dans le court métrage oscarisé Rasé de près, au côté de Wallace et Gromit, Shaun le mouton, héros d'une série télé rien qu'à lui depuis 2007, fête en beauté ses vingt ans d'existence avec un long métrage qui l'entraîne loin de sa paisible ferme. À quoi reconnaît-on un film d'animation réussi? Souvent, à ses premières images qui donnent le la. Ici, le récit désopilant et tendre, en une poignée de secondes, de l'enfance de Shaun, laisse augurer du meilleur. Et ne ment pas. Car, pendant l'heure et demie qui suit, les aventures de ce mouton futé vont cumuler inventivité scénaristique (savoureuse scène où l'on voit, appliquée à la lettre, la fameuse expression "compter les moutons pour s'endormir"), clins d'oeil malins (de Hannibal Lecter aux Beatles) et capacité à fédérer petits et grands. Bien plus qu'une simple suite de gags Et tout cela parce que Shaun, las de la vie répétitive et contraignante de la ferme, a décidé, un beau matin, de s'offrir une journée off où, bien évidemment, rien ne se passera comme prévu. Car son plan fonctionne si bien qu'il va totalement perdre le contrôle de la situation, se retrouver avec son troupeau et leur chien de garde sans repère dans la grande ville voisine. Où il va tenter de retrouver la trace de leur fermier devenu amnésique et que son talent dans la tonte des ovins a transformé en nouveau coiffeur à la mode! Et cette métropole va se révéler un terrain de jeu infini où le piège évident aurait été de verser dans la simple juxtaposition de gags. Or le duo Richard Starzak-Mark Burton, coauteurs de ce Shaun le mouton, prend garde à bien inscrire dans le déroulé de leur récit chacune des situations hilarantes qu'ils ont imaginées à grand renfort d'anthropomorphisme (le chien de garde forcé à s'improviser chirurgien, le passage par la case fourrière transformée en une prison digne de la série Oz). Et à bannir tout effet gratuit. Le tout sans dialogue puisque, seule entorse à l'anthropomorphisme ambiant, les animaux ne sont pas doués de parole. Bilan: le plaisir joyeux provoqué par ce film d'animation renvoie à la grande époque des Pixar...ou au premier Wallace et Gromit. La boucle est bouclée! Happy birthday, Shaun ! L'Express
Festival Les petites bobines

De Will Becher, Richard Phelan avec Justin Fletcher, John Sparkes, Amalia Vitale, Kate Harbour, Andy Nyman, Joe Sugg
Animation Comédie - Royaume-Uni - 2019 - VF - 1h27

Shaun le Mouton Le Film : La Ferme Contre-Attaque

Objectif Laine ! Un vaisseau spatial s’est écrasé près de la ferme de Shaun. A son bord, une adorable et malicieuse petite créature, prénommée LU-LA. Avec ses pouvoirs surnaturels, son goût pour l'aventure, et ses rots venus d'un autre monde, elle est immédiatement adoptée par le troupeau. Mais lorsqu’une sombre organisation gouvernementale se lance à sa poursuite, bien décidée à capturer la petite alien, la ferme contre-attaque ! Shaun et le troupeau vont tout faire pour aider LU-LA à rentrer chez elle.

e Buster Keaton des animaux en pâte à modeler est de retour. Champion de l’animation en stop motion, le studio anglais Aardman a trouvé en Shaun le mouton sa nouvelle star après le duo Wallace et Gromit. Dans cette aventure, il a l’air ahuri, et ses compagnons de ferme font face à l’irruption d’un extraterrestre, choupinou et turbulent, qui aimerait bien retourner sur sa planète. Toute ressemblance avec E.T. n’a rien de fortuit. Délire burlesque, onomatopées en guise de dialogues, détournement parodique de scènes cultes : ce film, où les bébêtes sont plus expressives que les humains, tous bêtas, est un régal pour chaque âge. L’Obs
Festival Les petites bobines

De Lorenzo Mattotti avec Leïla Bekhti, Thomas Bidegain, Jean-Claude Carrière, Beppe Chierici, Arthur Dupont
Animation - France/Italie - 2019 - VF - 1h22

La Fameuse Invasion des ours en Sicile

Tout commence le jour où Tonio, le fils du roi des ours, est enlevé par des chasseurs dans les montagnes de Sicile... Profitant de la rigueur d'un hiver qui menace son peuple de famine, le roi Léonce décide d'envahir la plaine où habitent les hommes. Avec l'aide de son armée et d'un magicien, il réussit à vaincre et finit par retrouver Tonio. Mais il comprend vite que le peuple des ours n'est pas fait pour vivre au pays des hommes...

Fable écologique qui confronte la candeur animale à la corruption politique, ce film à tiroirs puise ses charmes à de multiples sources, des légendes méditerranéennes à la Renaissance italienne, en passant par la commedia dell’arte et Paul Grimault. Guidés par la faim, l’art de la guerre ou les ruses de la magie, les animaux forment de splendides cortèges d’un orange sanguin à géométrie variable dans le bleu roi et le vert sapin. Certaines liesses, éphémères, forment des ballets à la fantasmagorie pop proche du Fantasia de Disney. Sur les escaliers sans fin d’une citadelle sur la mer, et jusqu’aux dangereux tréfonds d’une gentilhommière, court et virevolte la jeune et fière Almérida, qui mettra au jour un complot. Avec sa divine profusion de lignes (de perspective et de fuite) et de couleurs éclatantes, ce grand film d’animation impose sa vérité : quand deux logiques s’affrontent, c’est la nature, et non l’homme, qui a le dernier mot. Télérama
Festival Les petites bobines

De Anca Damian avec Lizzie Brocheré, Bruno Salomone, Thierry Hancisse, Nathalie Boutefeu, Shirelle Mai-Yvart, Maïra Schmitt, Georges Claisse, Etienne Guillou-Kervern, Annie Mercier, Isabelle Vitari
Animation - Roumanie/France/Belgique - 2019 - 1h31

L'Extraordinaire Voyage de Marona

Victime d'un accident, une chienne se remémore ses différents maîtres qu'elle a aimés tout au long de sa vie. Par son empathie sans faille, sa vie devient une leçon d'amour.

A voir également le mercredi 19 février à 14h30 au Cinéma Gérard Philipe de Wittenheim

A voir également le dimanche 23 février à 10h30 au Cinéma Palace d'Altkirch

Peinture, papiers découpés, 3D… La vie d’une petite chienne, contée avec une belle richesse de techniques. Un hymne poétique au bonheur. Tout commence par la fin. Elle est couchée sur le flanc, au milieu de la chaussée. Une tache noire et blanche, dont la vie s’éparpille. Marona, petite chienne aux oreilles gracieuses, déployées comme des ailes, vient d’être percutée par une voiture. Son esprit s’échappe, remonte le fil du temps… Le voyage très humain d’un humble chiot bâtard — papa dogue argentin, maman « métissée » de douceur. D’un foyer à l’autre, en passant par la rue, de joies partagées en sentiments d’abandon, l’animal grandit, rêve, aime, souffre, et la réalisatrice roumaine Anca Damian déploie une fresque d’images somptueuses, avec le concours inspiré du dessinateur belge Brecht Evens. L’histoire d’une quête d’amour vibrante, où chaque plan explose de couleurs et d’inventions graphiques. 2D, 3D, papier découpé, peinture, crayons : toutes les matières se mêlent pour composer une merveille d’animation, où le mouvement crée l’idée visuelle et non l’inverse. Manole l’acrobate, premier maître de la chienne, est par exemple un bon géant jaune et rouge, vêtu d’étranges et longs filaments qui dansent au gré de ses humeurs. Des maîtres, Marona en aura plusieurs, qu’elle préfère appeler ses « humains ». Chacun lui donnera un nom, des émotions et une poésie différents. Chaque épisode est touchant, à la fois débordant d’onirisme et profondément sincère. Ce film offre ainsi une rêverie mélancolique et vertigineuse sur les liens d’affection, la fidélité et le goût du bonheur. Et, contrairement au dessin animé précédent d’Anca Damian, un récit pour adultes au titre presque semblable (Le Voyage de M. Crulic, Cristal du long métrage au festival d’Annecy, en 2012), il s’adresse aussi aux enfants… Télérama
Festival Les petites bobines

De Philippe de Broca avec Jean-Paul Belmondo, Claudia Cardinale, Jess Hahn, Marcel Dalio, Jean Rochefort
Aventure Comédie - France - 1962 - 1h44

Cartouche

Fils d'un marchand de vin de la Courtille, Louis-Dominique Bourguignon, alias Cartouche, est devenu l'un des voleurs à la tire les plus habiles de Paris. Il supporte de plus en plus mal l'autorité tyrannique du roi des gueux, le déplaisant Malichot et, pour s'en affranchir, s'en va voir si les servitudes soldatesques sont plus amusantes. Sous l'uniforme, il gagne deux amis, La Taupe et La Douceur, un éclat de gloire militaire et surtout la caisse du régiment, qu'il emporte dans sa désertion lorsqu'il a fini de constater que, décidément, la discipline des armées n'est pas faite pour lui. Le trio revient à Paris. En chemin, Cartouche se laisse séduire par Vénus, une jolie bohémienne dont il fait sa maîtresse...

Le bandit Cartouche, de son vrai nom Louis Dominique Bourguignon, sévit plusieurs années à Paris avec sa bande, avant d’être rompu vif, en 1721, en place de Grève. En prenant des libertés avec l’histoire de ce voleur qui fit trembler les riches, Philippe de Broca réussit le plus beau film de cape et d’épée français. Dominique fuit après avoir bravé l’autorité de son chef, le cruel Malichot. Il s’engage dans l’armée aux côtés de la Taupe et de la Douceur, qui deviendront ses « lieutenants ». Le temps de dérober la solde du régiment et de s’attacher la fière Vénus, il rejoint Paris et évince Malichot. Désormais, Cartouche et ses coquins ne détrousseront que les grands… Au croisement des (grands) chemins de Fanfan la Tulipe, de Robin des bois et d’une certaine insolence Nouvelle Vague, Belmondo est magnifique, bondissant du léger au grave. Derrière le burlesque des capes et des épées, l’éclat des bleus et des rouges annonce le temps révolutionnaire. Le drame romantique prend le pas sur la fantaisie. Une fois enrichi, le bandit s’ennuie. Un ­cadavre et une séquence de funérailles inoubliable finiront de plonger le film dans un lyrisme désespéré et superbe. Télérama
Festival Les petites bobines

De Antoine Page
Documentaire - France - 2018 - 1h02

C'est assez bien d'être fou - version jeune public

Au volant d'un vieux camion, Bilal, street artiste, et Antoine, réalisateur, se lancent dans un voyage de plusieurs mois jusqu'aux confins de la Sibérie. Au fil des pannes du camion et des rencontres avec les habitants s'improvise une aventure qui les mènera des montagnes des Carpates au port de Vladivostok.

Plus qu’un documentaire, c’est une aventure. Où un réalisateur et un dessinateur traversent l’Europe en camionnette, jusqu’en Sibérie. L’un filme, l’autre dessine, les deux nous offrent leur ­regard, partout où brinquebale ce road-movie humaniste, d’autant plus émouvant que l’un d’eux, le jeune et talentueux street artist Bilal Berreni (alias Zoo Project), est décédé depuis. Télérama
Festival Les petites bobines

De Jean-François Laguionie, Xavier Picard avec Enrico Di Giovanni, Thomas Sagols, Gabriel Le Doze, Marie-Madeleine Burguet, Célia Rosich, Catherine Lafond, Frédéric Cerdal, Patrick Bonnel
Animation - France - 2019 - 1h17

Le Voyage du Prince

Un vieux Prince échoue sur un rivage inconnu. Blessé, et perdu, il est retrouvé par le jeune Tom et recueilli par ses parents, deux chercheurs dissidents qui ont osé croire à l’existence d’autres peuples…

Parti explorer l’inconnu, un vieux singe éclairé découvre une « cité parfaite », encerclée par la végétation. Une superbe fable humaniste. Conçu comme un journal de voyage, ce tendre et piquant conte philosophique pour toute la famille démarre sur un rivage inconnu où un vieux singe naufragé, le Prince, est sauvé par Tom, un autre singe d’une dizaine d’années. Dès cette première séquence, entre bleu délavé et beige sable, il s’agit de transmission. Les deux primates ne parlent pas la même langue mais le jeune Tom comprend rapidement l’aîné alors que ses parents, deux chercheurs bannis par l’Académie et retirés dans un vieux musée d’histoire naturelle, en sont encore à s’interroger sur cet « étranger ». Une fois requinqué, le Prince prend la main de l’enfant pour découvrir cette civilisation progressiste et fière de l’être avec sa ville rutilante de lumière aux immeubles bien rangés, mais soumise à la peur et de plus en plus encerclée par la végétation… En redonnant vie au Prince de ­Laankos, parti en expédition à la fin du Château des singes (1999), Jean-François Laguionie revient à son thème fétiche, la découverte des autres, et donc de soi, mais de manière encore plus personnelle : on sent que le cinéaste se rêve à travers ce monarque éclairé toujours en quête d’ailleurs, ce singe à la ­Léonard de Vinci qui fait des croquis et invente des machines volantes. Après d’alertes scènes d’escalade végétale, sa promenade initiatique le mènera sur une canopée très écolo avec sa permaculture et ses habitants aux petites lunettes rondes à la John Lennon ! Au passage, Jean-François Laguionie fait preuve d’une délicate insolence envers ces existences baba cool et placides, un peu trop en retrait du monde, alors que l’univers est si grand pour les poètes et les explorateurs. Mais, surtout, il use de son trait d’orfèvre pour dessiner les limites d’un modèle de société à l’urbanisme sclérosé, dirigée par une assemblée de politiciens obtus et endormis, où l’unique exutoire est un parc d’attractions horrifiques — la séquence pourrait rendre un Tim Burton fou de jalousie. S’ajoute aussi un bel hommage au cinéma classique, à travers King Kong : « Mais, enfin, comment les spectateurs ne se rendent-ils pas compte que ce gorille est amoureux ? » plaisante le Prince. Avec cette fable humaniste en lignes douces, où les verts profonds enlacent le vieux bronze et le brun fusain, Jean-François Laguionie, jeune homme tout juste octogénaire, signe ses Lettres persanes à lui, profondément émouvantes. Télérama
Festival Les petites bobines

De Steven Wouterlood avec Jennifer Hoffman, Julian Ras, Hans Dagelet, Guido Pollemans, Tjebbo Gerritsma, Terence Schreurs, Johannes Kienast, Suzan Boogaerdt, Sonny Coops van Utteren, Josephine Arendsen
Aventure - Pays-Bas - 2019 - VF - 1h23

Ma folle semaine avec Tess

C’est l’été, Sam vient d’arriver avec sa famille sur l’île de Terschelling mais leur séjour débute mal. Sa mère est clouée au lit et son frère se casse une jambe sur la plage. Sam se retrouve alors seul à déambuler dans le village et rencontre Tess, une fille qui a des étincelles plein les yeux… Il se réjouit de partager des moments avec cette nouvelle amie qu’il admire. Lors d’un pique nique organisé par Tess, le jeune garçon constate qu’elle a un comportement étrange et il finit par comprendre qu’elle se sert de lui pour accomplir son plan secret...

Adaptation du roman jeunesse d’Anna Woltz, ce premier long métrage se déroule dans un décor singulier : l’île de Terschelling, au large des Pays-Bas. Avec une grande délicatesse, le ciné­aste néerlandais relate les vacances d’un garçon de 11 ans (promenades à vélo, dégustation de croquettes de poisson), marquées par la rencontre avec une jeune fille du coin, à la recherche de son père. Il signe un récit d’apprentissage ­lumineux, dans le sillage des contes estivaux de Guillaume Brac (Un mon­de sans femmes), entre robinsonnade et questionnement existentiel : le héros, benjamin de la famille, s’impose des « entraînements à la solitude » pour le jour où ses proches disparaîtront. Superbement filmés, les paysages ­cô­tiers inhabités disent à merveille l’en­trée dans l’adolescence, âge de tous les possibles. Télérama
Festival Les petites bobines

De Jean-Michel Bertrand
Documentaire - France - 2019 - 1h28

Marche avec les loups

Après avoir disparu pendant près de 80 ans et malgré les obstacles, les loups sont en train de retrouver leurs anciens territoires. Ce film raconte le grand mystère de la dispersion des loups : comment les jeunes loups quittent le territoire qui les a vus naître, et la façon dont ces aventuriers partent à la conquête de nouveaux territoires. Deux années durant, Jean-Michel Bertrand a mené une véritable enquête pour tenter de comprendre le fonctionnement complexe et erratique de ces jeunes loups, leurs rencontres avec leurs semblables et les opportunités de se mettre en couple. Dans le sillage des loups nomades, le film nous raconte comment ceux-ci doivent traverser des territoires hostiles déjà occupés par leurs semblables et dans lesquels ils ne sont pas les bienvenus, ou d’autres, plus nombreux, colonisés par les humains. Heureusement, subsistent des territoires sauvages connus seuls de ces aventuriers... Après « La Vallée des Loups » sorti en 2017 et qui a enregistré plus de 200.000 entrées, « Marche avec Les Loups » poursuit l’aventure de Jean-Michel Bertrand avec la nature.

Dans La Vallée des loups (2016), il avait guetté leur retour, au cœur des Alpes. Cette fois, Jean-Michel Bertrand se met en marche : pour nous parler de la dispersion de ces loups qui le passionnent, il en suit un qui, l’âge venu de quitter sa meute, traverse des montagnes et même des villes pour conquérir son propre domaine. Cette randonnée entre civilisation et monde sauvage déroule à la fois des paysages splendides, des scènes étonnantes qui montrent les bêtes en chasse, et une réflexion sur la place de l’homme et celle de l’animal sur un même territoire. Tout cela nous est raconté d’une manière très personnelle et presque intime, comme dans un murmure, pour ne pas effrayer les vedettes de cette belle aventure. Télérama
Avant-Première, Rencontre, Festival Les petites bobines

De Anna Khmelevskaya, Fabrice Luang-Vija
Animation Court-Métrage - France - 2013/2019 - 30min

Le Prince Serpent

Dans une ancienne cité de Mésopotamie, le prince, arrivé à l'âge de la majorité, réclame à la reine un mariage sacré, avec la plus belle des prêtresses.

Rencontre avec Fabrice Luang-Vija, réalisateur, le dimanche 1er mars à 14h

Sortie nationale / En salle Ciné K

de Tom Donahue avec Geena Davis, Meryl Streep, Chloë Grace Moretz
Documentaire - Etats-Unis - 2019 - VOST - 1h35

Tout peut changer, et si les femmes comptaient à Hollywood ?

Tout peut changer est un documentaire qui révèle ce qui se cache derrière l'une des aberrations de l'industrie du cinéma américain : la sous-représentation des femmes à Hollywood. Le réalisateur Tom Donahue met en avant des décennies de discrimination à l'égard des femmes derrière et devant la caméra, grâce notamment à une méthode inédite d’étude des données chiffrées, avec, à l’appui, des centaines de témoignages accablants. Plus important encore, le film cherche et propose des solutions qui vont au-delà de l'industrie du cinéma et bien au-delà des frontières américaines, à travers les témoignages de nombreuses voix d'Hollywood, dont Meryl Streep, Cate Blanchett, Natalie Portman, Reese Witherspoon, Sandra Oh, Jessica Chastain, Chloë Grace Moretz, Shonda Rhimes, ou encore, Geena Davis, également productrice exécutive du film ; pour mettre en exergue ce qui peut et doit changer.

Diffusion en salle Ciné K à partir du 19 février.

En salle Ciné K

de Léo Karmann avec Benjamin Voisin, Camille Claris, Martin Karmann
Aventure Fantastique - France - 2019 - 1h43

La dernière vie de Simon

Simon a 8 ans, il est orphelin. Son rêve est de trouver une famille prête à l’accueillir. Mais Simon n’est pas un enfant comme les autres, il a un pouvoir secret : il est capable de prendre l’apparence de chaque personne qu’il a déjà touchée… Et vous, qui seriez-vous si vous pouviez vous transformer ?

Diffusion en salle Ciné K du Kinepolis du 19 février au 3 mars.

Simon, orphelin de 8 ans, possède le don de se transformer en quiconque entre en contact avec lui. Il se lie d’amitié avec Thomas et sa sœur Madeleine, malade du cœur, qui l’accueillent dans leur famille durant les vacances. Quand un tragique accident survient, Simon se sert de son pouvoir, dont il mesurera, avec le temps, les responsabilités. Sur la côte Finistère, filmée comme un paysage de conte, et avec un sens de la mesure dans l’écriture et la mise en scène, Léo Karmann (fils de l’acteur Sam Karmann), 31 ans, signe une fable poignante sur l’enfance face à la mort et aux meurtrissures familiales. Faut-il s’octroyer et offrir à ceux que l’on aime ce dont la vie nous prive ? Une question qu’il traduit en pur geste de cinéma, à peine entaché par le manque de charisme des acteurs adultes. Pour un premier film, dans un genre si peu français – le merveilleux à la Spielberg –, ça ressemble à un coup de maître. L'Obs
En salle Ciné K

de Bong Joon-ho avec Kang-Ho Song, Woo-sik Choi, Park So-Dam En noir et blanc
Thriller - Corée du Sud - 2020 - VOST - 2h12

Parasite, the Black & White Version

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne...

Séance Kultissime en salle Ciné K du Kinepolis le jeudi 20 février à 20h. Tarif : 6.50 €. Vous pouvez acheter vos billets ici.

Sortie nationale

De Alejandro Amenábar avec Karra Elejalde, Eduard Fernández, Santi Prego, Nathalie Poza, Luis Bermejo
Drame - Espagne - 2020 - VOST - 1h47

Lettre à Franco

Espagne, été 1936, le célèbre écrivain Miguel de Unamuno décide de soutenir publiquement la rébellion militaire avec la conviction qu’elle va rétablir l’ordre. Pendant ce temps, fort de ses succès militaires, le général Francisco Franco prend les rênes de l’insurrection. Alors que les incarcérations d’opposants se multiplient, Miguel de Unamuno s’aperçoit que l’ascension de Franco au pouvoir est devenue inéluctable.

Sortie nationale

De David Perrault avec Kevin Janssens, Alice Isaaz, Déborah François, Kate Moran, Pierre-Yves Cardinal
Western - France - 2020 - VOST - 1h58

L' Etat Sauvage

Etats-Unis, 1861, la guerre de Sécession fait rage. Une famille de colons français décide de fuir le Missouri où ils vivent depuis 20 ans. Edmond, Madeleine et leurs trois filles doivent traverser tout le pays pour rejoindre New York où les attend un bateau qui les ramènera en France. Victor, ancien mercenaire au comportement mystérieux, est chargé de veiller à la sécurité du voyage...

Sortie nationale / En salle Ciné K

de Antoine de Bary avec Vincent Lacoste, Emmanuelle Devos, Christophe Lambert, Noée Abita
Comédie - France - 2019 -

Mes jours de gloire

Adrien est un Peter Pan des temps modernes. Il a beau approcher la trentaine, il vit encore comme un enfant. Petit, il a connu le succès en tant qu’acteur mais c’était il y a plus de dix ans et aujourd’hui Adrien n’a plus un sou. Il retourne ainsi vivre chez ses parents et tente de redonner un coup de fouet à sa vie. Entre la possibilité d’une histoire d’amour et celle d’un retour qu’il s’imagine triomphant en tant qu’acteur, le chemin d’Adrien sera semé d’embûches.

Diffusion en salle Ciné K du Kinepolis à partir du 26 février.

Rencontre

De Cécile Denjean avec Vincent Londez
Documentaire - France - 2017 - 55min

Le Ventre, Notre Deuxième Cerveau

Que savons-nous de notre ventre, cet organe bourré de neurones, que les chercheurs commencent à peine à explorer ? Selon cette captivante enquête scientifique, il semblerait que notre cerveau ne soit pas le seul maître à bord. Il y a quelques années, les scientifiques ont découvert en nous l’existence d’un deuxième cerveau. Notre ventre contient en effet deux cents millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des informations avec notre "tête". Les chercheurs commencent à peine à décrypter cette conversation secrète. Ils se sont aperçus par exemple que notre cerveau entérique, celui du ventre, produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions. On savait que ce que l'on ressentait pouvait agir sur notre système digestif. On découvre que l'inverse est vrai aussi : notre deuxième cerveau joue avec nos émotions.

Rencontre avec Pr. Jean-Marie Reimund, co-directeur du Service d’Hépato-Gastroentérologie et d’Assistance Nutritive à l’Hôpital de Hautepierre à Strasbourg et membre de l’unité Inserm 1113 «Interface de Recherche Fondamentale et Appliquée en Cancérologie»/ Université de Strasbourg, animée par La Nef des Sciences

Tarif unique : 3 €

Le saviez-vous ? Notre intestin abrite deux cents millions de neurones. Soit autant que le cerveau d'un chat... Explications dans ce documentaire scientifique aussi riche qu'efficace. Ça commence comme un tableau de Magritte. Sur le gros plan d'un ventre, une voix affirme que ça n'en est pas un, mais « l'équivalent du cerveau d'un petit animal de compagnie ». Notre intestin abrite en effet deux cents millions de neurones : près de cinq cents fois moins que l'intérieur de notre tête — ce que le commentaire se garde de nous dire pour ménager son effet —, mais autant que le cortex d'un chat ou d'un petit chien. Les similitudes anatomiques entre les deux organes autorisent d'ailleurs l'emploi du terme de « deuxième cerveau » à propos du ventre, dont certains considèrent qu'il pourrait être le premier. « Les organismes primitifs pluricellulaires étaient formés d'un simple tube digestif », explique ainsi Michel Neunlist, directeur de recherche à l'Inserm, pour qui l'apparition du « cerveau du haut » aurait répondu au besoin de trouver les aliments nécessaires au « cerveau du bas » ! Communiquant l'un avec l'autre plus qu'on ne l'a longtemps pensé, ils s'influencent de diverses manières, que le documentaire évoque avec une extrême clarté. Nous baladant des Etats-Unis à la Chine, Le Ventre, notre deuxième cerveau suggère aussi les perspectives thérapeutiques qu'ouvrent les recherches menées sur cet organe encore méconnu — notamment en matière de lutte contre les pathologies neurodégénératives. Si sa réalisation pèche par un manque de sobriété, l'efficacité et la richesse de la démonstration captivent. Télérama
Sortie nationale

De Jan Komasa avec Bartosz Bielenia, Aleksandra Konieczna, Eliza Rycembel, Tomasz Ziętek, Barbara Kurzaj, Leszek Lichota, Zdzisław Wardejn, Łukasz Simlat, Anna Biernacik, Lidia Bogacz
Drame - Pologne - 2019 - VOST - 1h55

La Communion

Daniel, 20 ans, se découvre une vocation spirituelle dans un centre de détention pour la jeunesse mais le crime qu'il a commis l'empêche d'accéder aux études de séminariste. Envoyé dans une petite ville pour travailler dans un atelier de menuiserie, il se fait passer pour un prêtre et prend la tête de la paroisse. L'arrivée du jeune et charismatique prédicateur bouscule alors cette petite communauté conservatrice.

Dans son nouveau film, superbe, Jan Komasa enquête sur la dynamique sociale d'une petite communauté où arrive un nouveau prêtre qui cache sa véritable identité. Dans La Communion [+], projeté au Giornate degli Autori de la Mostra de Venise, Jan Komasa se penche sur la vie d’un petit village polonais, et y observe les conflits, les mentalités et la prédisposition de ses habitants à être influencés à la fois par des leaders sincères et loyaux et par des imposteurs. Le plus grand allié du réalisateur ici est Bartosz Bielenia, l’acteur principal, qui travaille essentiellement dans le secteur du théâtre indépendant en Pologne. Bielenia parvient à entrer dans le psychisme de son personnage et à nous livrer sa lutte intérieure, avec un tic nerveux par-ci et un regard glacial bleu perçant par-là. Son charisme à l’écran est époustouflant. L’histoire, divinement conçue, laisse de nombreuses questions en suspens – par exemple : pour quelles raisons les gens forment-ils des communautés ou encore pourquoi veulent-ils à tout prix créer des divisions au sein de ces groupes ? Daniel (Bielenia), la vingtaine, a un passé bien rempli par rapport à ce qui s'annonce pour son avenir. Il est détenu dans un centre pour jeunes délinquants, où il est constamment mis sous pression et vit dans la crainte de voir ses précédents délits se retourner contre lui. Son seul véritable ami est un prêtre à la fois cruel et ouvert d’esprit (Lukasz Simlat de United States of Love [+]). Daniel rêve de suivre ses traces et de devenir, lui aussi, un homme d’Église, mais son passé d’ancien détenu l’en empêche. Ses vœux vont, cependant, très vite devenir réalité, et ce d’une façon totalement inattendue, et très ironique aussi. À sa sortie du centre, quand Daniel est envoyé dans un petit village perdu pour travailler dans un atelier, ses convictions prennent un autre tour. À l’église, il fait la connaissance d’une jeune fille un peu rebelle (Eliza Rycembel dans Nina [+]) et se fait passer pour un prêtre. Ce qui n’était initialement qu’une plaisanterie devient un vrai travail – Daniel doit revêtir la soutane et lire l’Évangile. Au fil de l’histoire, il se voit confronté à un secret tragique qui ronge la communauté tel un cancer, se fait de nouveaux alliés et aussi de nouveaux ennemis, et doit faire face à ses propres problèmes. On a envie de prier pour lui et d'assister à sa chute en même temps. L’histoire, scénarisée par Mateusz Pacewicz à partir de faits réels, a la structure réussie d’un road movie émotionnel et spirituel. Daniel a obtenu ce qu’il voulait, il a vu son vœu se réaliser, mais maintenant il doit en subir les conséquences. Alors qu’il s’investit de plus en plus auprès de ses paroissiens, il s’enfonce également davantage dans le mensonge, au fur et à mesure que les enjeux deviennent plus sérieux. Tout au long du film, le spectateur reste toutefois incapable de déterminer si Daniel est un vrai repenti ou juste un imposteur qui prend un malin plaisir à manipuler les gens. Komasa, qui a précédemment travaillé sur un film à gros budget sur l’insurrection de Varsovie (Warsaw 44 [+]), explore ici ses thèmes favoris : il enquête sur les structures sociales et les conflits entre les classes, cherche à savoir s’il existe un équivalent séculier à la congrégation, affiche sa méfiance à l’égard des autorités et, dernier élément mais pas des moindres, exprime une empathie teintée de mépris envers les exclus. Le film lui permet également d’exhiber ses points forts. Ses acteurs, comme d’habitude, interprètent brillamment leur rôle, et son étroite collaboration avec son directeur de la photographie, Piotr Sobociński Jr. (Silent Night [+]), ajoute une autre couche narrative à l’histoire : l’utilisation d’images statiques et de variations de couleurs permettent de faire ressortir l’état intérieur de chacun des personnages. Le fait que La Communion ainsi que d’autres films polonais récents, dont Mug [+] de Malgorzata Szumowska et Clergy [+] de Wojciech Smarzowski, aient choisi de s’intéresser à la dynamique sociale de petites communautés, de tenter de bousculer ou critiquer les structures des pouvoirs en place, et de remettre en question “les vieilles méthodes” paraît très révélateur. Il semblerait que les ordres religieux ne soient pas les seuls à exiger des confessions pour pouvoir avancer. CinEuropa
La Quinzaine de la Danse

De Patric Chiha avec Philip Berlin, Marine Chesnais, Kerstin Daley-Baradel, Sylvain Decloitre, Sophie Demeyer
Documentaire - France - 2020 - 1h22

Si c'était de l'amour

Ils sont quinze jeunes danseurs, d’origines et d’horizons divers. Ils sont en tournée pour danser Crowd, une pièce de Gisèle Vienne inspirée des raves des années 90, sur l’émotion et la perception du temps. En les suivant de théâtre en théâtre, Si c’était de l’amour, documente leur travail et leurs étranges et intimes relations. Car les frontières se troublent. La scène a l’air de contaminer la vie – à moins que ce ne soit l’inverse. De documentaire sur la danse, le film se fait alors voyage troublant à travers nos nuits, nos fêtes, nos amours.

En partenariat avec l'Espace 110 d'Illzach, organisateur de La Quinzaine de la Danse

La Quinzaine de la Danse

De Alla Kovgan avec Carolyn Brown, John Cage, Ashley Chen, Brandon Collwes, Dylan Crossman, Julie Cunningham, Jennifer Goggans, Lindsey Jones, Cori Kresge, Daniel Madoff, Rashaun Mitchell, Marcie Munnerlyn, Robert Rauschenberg
Documentaire - Allemagne/France/Etats-Unis - 2019 - VOST - 1h33

Cunningham

Cunningham retrace l’évolution artistique du chorégraphe américain Merce Cunningham, de ses premières années comme danseur dans le New-York d’après-guerre, jusqu’à son émergence en tant que créateur visionnaire. Tourné en 3D avec les derniers danseurs de la compagnie, le film reprend 14 des principaux ballets d’une carrière riche de 180 créations, sur une période de 70 ans. Cunningham est un hommage puissant, à travers des archives inédites, à celui qui révolutionné la danse, ainsi qu’à ses nombreux collaborateurs, en particulier le plasticien Robert Rauschenberg et le musicien John Cage.

En partenariat avec l'Espace 110 d'Illzach, organisateur de La Quinzaine de la Danse

Cunningham traverse quarante ans de l’œuvre chorégraphique de Merce Cunningham, en offrant un cadre cinématographique d’une très grande richesse, qui donne aux danses un souffle nouveau, absolument fascinant. On se souvient de l’expérience de Wim Wenders qui avait exploité la 3D pour redonner vie à l’œuvre exceptionnelle de Pina Bausch. Alla Kovgan prend a priori le même parti esthétique, pour retracer quarante ans de la carrière fabuleuse du chorégraphe avant-gardiste, Merce Cunningham. Mais la cinéaste va au-delà du travail que Wenders avait accompli. Elle fait délibérément de l’œuvre dansante de Cunningham une œuvre de cinéma à part entière, qui réinvente les pièces de danse dans des décors modernes, ultra urbanisés, et des couleurs très vives. La 3D offre au spectateur une sorte de scène théâtrale, où des danseurs contemporains s’approprient un espace totalement réécrit par la caméra elle-même. Le résultat est absolument bluffant. Le spectateur a l’impression de visiter un théâtre ou des salles de musée, qui raconteraient le récit autobiographique du chorégraphe. Les films d’époque sont insérés dans le film, jouant avec les formes, les perspectives, à la façon dont un conservateur de musée inventif organiserait son exposition. Cunningham c’est quarante années depuis la Seconde guerre mondiale, dans une création artistique en plein bouleversement. Le film nous rappelle qu’à l’époque, les artistes ne disposaient pas de la facilité des réseaux sociaux, pour donner chair à leur œuvre. Le chorégraphe a connu la pauvreté, aux côté de peintres aujourd’hui mondialement reconnus ou de son ami, John Cage, lequel a confectionné la plupart des musiques qui accompagnent les pièces de Cunningham. On mesure l’opiniâtreté, la détermination et l’abnégation qu’il faut à un artiste alternatif pour faire reconnaître son œuvre. Depuis, Cunningham figure parmi les plus grands influenceurs de ballets contemporains. La réalisatrice parvient, dans sa façon de filmer les jeunes danseurs qui reprennent des chorégraphies, à rendre ces dernières totalement accessibles, voire classiques. Même la musique semble aisée à écouter, alors qu’à l’époque, elle subissait les ricanements des critiques et le mépris du public. Cunningham raconte avec brio l’histoire d’un créateur, et plus généralement celle du processus de création en général. L’œuvre et l’artiste ne font qu’un au point que les danseurs de l’époque témoignent d’un rapport presque familial qu’ils entretenaient entre eux. Manifestement, les temps ont changé et les jeunes danseurs se sont professionnalisés. Bien sûr, cela n’enlève rien à leur talent, mais il semble que quelque chose ait disparu dans le processus humain de la production artistique. La réécriture de ces œuvres, vieilles parfois de quarante ans, s’inscrit dans des décors totalement contemporains, essentiellement à New York, dont on voit la majestuosité s’étendre sur l’écran grâce à des vues en hauteur ou en plongée. La caméra se transforme en un danseur au milieu des jeunes artistes. Elle connaît les mouvements des corps, les sorties et les entrées dans le cadre, et elle suit chacun d’eux, rajoutant à leur chorégraphie un sentiment de modernité et d’absolu. Voilà donc un film qui ouvre l’année 2020 et devra réjouir les spectateurs encore hagards de leurs festin de réveillon. Alla Kovgan a réalisé un film enthousiasmant et passionnant, qui sonne comme une page de musique ou une visite dans un musée à mille entrées. On est ravi par le spectacle de la beauté qui s’étale sur l’écran, et évidemment, depuis quatre décennies, à travers le génie de Merce Cunningham. Avoir-alire
Avant-Première, La Quinzaine de la Danse

De Anne-Claire Dolivet
Documentaire - France - 2019 - 1h30

Petites danseuses

À quoi ressemble la vie de petites filles qui rêvent de devenir danseuses étoiles à l'Opéra de Paris ? Elles ont entre 6 et 10 ans. A la maison, à l’école ou dans la rue, elles vivent avec passion la danse au quotidien. Mais comment grandir dans un monde de travail intensif, d'exigence et de compétitions quand on est si petite ?

Rencontre

De Diako Yazdani avec Kojin, Diako Yazdani
Documentaire - France - 2019 - VOST - 1h27

Toutes les vies de Kojin

Dans un documentaire à la première personne, Diako Yazdani, réfugié politique en France, retourne voir sa famille au Kurdistan irakien et leur présente Kojin un jeune homosexuel de 23 ans qui cherche à exister au sein d’une société où il semble ne pas pouvoir trouver sa place. Avec humour et poésie, le réalisateur livre un portrait émouvant où les rencontres des uns et des autres invitent à une réflexion universelle sur la différence.

Rencontre avec Diako Yazdani, réalisateur, le jeudi 12 mars à 20h, en partenariat avec la CIMADE et Autre Regard.

Un documentaire à la première personne qui détaille de manière poignante le calvaire d’un jeune homosexuel d'aujourd’hui, au Kurdistan irakien. Mèche blonde dissimulée par une visière de casquette, top moulant sous la fermeture Eclair du survêt, poils de barbe défiés par un trait net de rouge à lèvres : lui, c’est Kojin, le héros de ce documentaire, et vous allez l’aimer. Il est jeune, doux, mais persécuté dans son pays en raison de son homosexualité. Parce qu’il est un homme qui aime être un homme, qui se travestit parfois en femme, joliment et même de manière un peu ado, un peu Bowie. On est au Kurdistan irakien, en 2019. A la fin du film, Kojin aura bougé en Allemagne, en transit dans un camp parmi d’autres réfugiés. Obtiendra-t-il le droit de poser ses bagages, enfin libre ? Odieux suspense. En attendant, sous l’œil bienveillant de la caméra et du primo-réalisateur iranien Diako Yazdani (réfugié politique en France), le voilà lancé dans une croisade, celle des mots et du dialogue qu’il veut à tout prix, désespérément et gentiment, instaurer entre lui (l’homosexuel) et ceux qui le rejettent tel un pestiféré (une bonne partie de la société). Lui et sa caméra se promènent et ne récoltent que des propos haineux, vindicatifs ou ignorants, de la bouche d’à peu près tout le monde. Mais le film ne se complaît pas dans le constat navrant d’un obscurantisme (qui serait un autre type d’œillères) et ouvre au contraire son spectre de nuances pour recueillir des voix magnifiquement dissonantes : anonymes éclairé·es, spécialiste de poésie orientale qui en dévoile toutes les coquineries, famille du réalisateur dont le traditionalisme consent pourtant à considérer la différence de Kojin, échangeant à plusieurs reprises avec lui, preuve qu’une entente est possible… Bien sûr, il y a la moue crispée de la mère, que les aveux du jeune homme défrisent et dégrisent. Il y a les sœurs, qui demandent à leur frère de cacher leurs cheveux à l’écran – dissimulés, séance tenante, par un gribouillis de feutre rose. On rit. A eux deux, ils font se tordre quelques langues, trembloter les lois, mettent à mal quelques doctrines Le charme de ce film, c’est la douceur résignée de Kojin ayant trouvé pour alliée l’indignation facétieuse de Diako. Sa force de subversion, c’est sa fraternité. A eux deux, ils font se tordre quelques langues, trembloter les lois, mettant à mal quelques doctrines aussi, en particulier celles d’un incroyable personnage de charlatan, faux médecin et imposteur – mais écrire cela, c’est déjà trop, trop possiblement à charge contre Toutes les vies de Kojin, qui doit nécessairement composer avec le risque d’être épinglé pour blasphème. En défendant le principe de liberté, du droit fondamental à être différent, Diako et Kojin prennent un risque immense, que le film ne tait pas, et on y pense sans cesse, tandis que les deux garçons – amis, jumeaux, alter ego – dégustent ensemble un plat de pâtes, la nuit de Noël. Ils vont ensuite dehors fumer une cigarette, grelottant dans leurs doudounes et la fraîche Allemagne, riant d'une absurdité jusqu’aux larmes en se rappelant que beaucoup, ici, se soucient plus de la santé de leurs chiens que de leur sort. Les Inrockuptibles
  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas

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