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Films du mois

Horaires du 9 au 29 septembre modifiés
  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas

De David Zonana avec Horacio Celestino, Luis Alberti, Francisco Díaz, Jonathan Sánchez, Hugo Mendoza
Drame - Mexique - 2019 - VOST - 1h22

Mano de Obra

Francisco et ses collègues de travail construisent, à Mexico City, une élégante villa. Eux vivent volontairement dans des taudis à l’autre bout de la ville. Bien que le jeune maçon soit travailleur et modeste, il tremble chaque semaine à l’idée de ne pas recevoir son maigre salaire, selon l’humeur du maître d’ouvrage. Depuis que son frère a fait une chute mortelle sur un chantier, Francisco semble poursuivi par la malchance: son domicile est inondé après des intempéries. Il décide alors d’établir son camp dans le chantier du manoir presque terminé, pour un temps du moins. Ou plus? C’est alors que sa détresse lui inspire une idée révolutionnaire qui changera sa vie.

Quand Parasite se déroule au Mexique, au sein d’un groupe d’ouvriers du bâtiment, cela produit un film absolument vertigineux, qui ne cède jamais à la facilité et au radicalisme. On est sous le choc. Ils construisent une maison splendide, dans une ambiance laborieuse et difficile. On imagine qu’ils sont mal payés, miséreux, pendant qu’ils offrent leur sueur et leur savoir-faire à des clients aisés. Puis, le corps tombe. Il s’écroule sur le sol depuis le balcon. Les ouvriers accourent. L’homme est mort. Et le destin de son frère, esseulé et meurtri par cette disparition accidentelle, s’en voit définitivement changé. On pourrait d’emblée supposer que cette première œuvre de cinéma s’inscrit dans une tradition marxiste des films de classe, venant dénoncer, à la façon d’un Ken Loach, la fracture financière et culturelle qui oppose les salariés aux propriétaires de capital. En fait, si évidemment on ne peut pas rester insensible à ces toits de taule qui inondent les logements de fortune de ces ouvriers, si on ne peut que compatir à ces conditions de travail et de rémunération inhumaines, Mano De Obra, littéralement "main d’œuvre", développe une sorte de thriller où toutes les tentatives de simplification d’un état de la société sont balayées d’un revers de la main. Car cette histoire est tout sauf caricaturale. Elle installe le spectateur, pendant toute la première moitié du film, dans une empathie immense à l’égard de ce jeune Francisco qui perd son frère, puis sa belle-sœur qui attendait un bébé. Faute de pouvoir récupérer une indemnité qui couvre l’accident de travail, l’argent manque. La misère lui colle la peau, comme si le destin s’acharnait à le poursuivre. Il est impossible pour lui d’échapper aux inondations régulières, qui s’abattent dans ce qu’au mieux on peut appeler un bidonville. L’homme paraît sain. Il tente de trouver un arrangement avec le propriétaire de la maison. En vain. Alors, il perd pied et échoue à rendre sa propre justice. Mano de obra raconte la folie de ces gens qui ont perdu confiance dans leurs lois et s’en remettent à leurs propres systèmes de légitimité. En quelque sorte, le film narre, comme un écho terrible, ce qui pourrait advenir de nombres de pays, si, un tant soit peu, leurs décideurs ne s’appliquent pas à mieux partager les richesses. Une fois la première partie passée, le trouble s’installe. On sort de l’empathie et le malaise devient omniprésent. On comprend que le combat de Francisco va trop loin. On saisit l’emballement de son esprit, tout en mesurant la légitimité du combat. Car Francisco ne lutte pas que pour lui-même. Sa bataille, il la met au service de ses collègues et leur famille, qu’il considère comme de véritables frères d’humanité. Mais l’enfer est pavé des meilleures intentions. Et malgré lui, le protagoniste emprunte à son tour les attitudes détestables de ceux qu’il combat, les attitudes redoutables d’un mafieux, usant de son ingéniosité et de son courage, au bénéfice du pire. David Zonana gère habilement l’ambivalence des sentiments. Tout le film repose sur un jeu émotionnel troublant où le spectateur se perd entre la pitié pour ce jeune homme et la détestation des comportements qu’il endosse. La mise en scène refuse le manichéisme. Le comédien, Luis Alberti, participe, avec un talent immense, à cette partition redoutable des émotions. Il est tout aussi solaire, sensuel, que noir et inquiétant. Sans jamais forcer le trait, la réalisation embarque le spectateur dans un tourbillon de colère et de tristesse. Il est impossible de nier la brutalité que subissent ces ouvriers, mal payés quand ils reçoivent leur salaire, déconsidérés, maltraités. Et en même temps, leur état de servitude ne peut pas légitimer leurs comportements odieux. On finit même par trouver en soi des relents exécrables de rejet pour eux et leur famille, que le récit réduit, non sans grimaces, à une troupe d’estropiés et de voleurs. Et pourtant, en creux, on voit les tout jeunes enfants jouer avec des poussins au milieu du jardin ou s’arroser d’eau, dans l’immensité de leur naïveté, et tout le jugement qu’on avait fondé contre ces gens s’effondre à la vue de ces petits. Mano de obra est un film d’une très grande maturité cinématographique. On lit dans la mise en scène autant les œuvres de Marx que celles d’un Perec, qui s’attache à démonter l’illusion du bonheur dans la matérialité. On ressort inquiet et troublé de cette expérience narrative. On ressort surtout avec le désir d’un nouveau monde, plus juste et plus soucieux de son petit peuple. Avoir-alire
Sortie nationale

De Sarah Gavron avec Bukky Bakray, Kosar Ali, D'angelou Osei Kissiedu, Shaneigha-Monik Greyson, Ruby Stokes
Drame - Grande-Bretagne - 2019 - VOST - 1h33

Rocks

Rocks, 15 ans, vit à Londres avec sa mère et son petit frère. Quand du jour au lendemain leur mère disparait, une nouvelle vie s’organise avec l’aide de ses meilleures amies. Rocks va devoir tout mettre en oeuvre pour échapper aux services sociaux.

Abandonnés par leur mère, une ado et son petit frère fuient les services sociaux. Un réalisme âpre et lumineux, pas si loin de Ken Loach. Le cinéma social anglais se renouvelle. Question d’âge (une quinzaine d’années pour les rôles principaux), de genre (des filles filmées par une femme) et de couleur de peau : ces lycéennes sont d’origine indienne, ou africaine comme l’héroïne, surnommée Rocks par ses amies, tant elle sait se montrer dure quand on s’en prend à qui elle aime. L’image d’un collectif féminin jeune et divers, y compris par les morphologies (Rocks est en surpoids) rejoint le courant incarné, de ce côté-ci de la Manche, par Divines (de Houda Benyamina, en 2016) ou le récent ­Mignonnes (de Maïmouna Doucouré). Mais c’est l’âpreté héritée du vétéran Ken Loach qui assure la réussite de cette histoire d’éclatement familial. Un jour, Rocks et son petit frère, encore ­enfant, ne trouvent plus leur mère à la maison. Elle a laissé un vague mot d’excuses, comme un adieu, et un peu d’argent. Elle n’avait plus de travail, prenait trop de médicaments. S’installe alors l’angoisse sourde d’un quotidien poursuivi tel quel, entre l’école et le domicile, mais en l’absence du seul parent qui restait. Les pires ennemis de la fratrie abandonnée deviennent, para­doxalement, les services sociaux, alertés et susceptibles de séparer la sœur et le frère. Une fugue s’improvise. Le film sonne terriblement contemporain quand, par exemple, un employé d’hôtel à bout de nerfs dérape dans le racisme — il est pourtant métisse. Rocks l’accuse en retour, tout aussi absurdement, de pédophilie. Les insultes et les menaces d’aujourd’hui se retrouvent ainsi mobilisées, comme par réflexe, et pour le pire, entre individus au pied du mur. Cela à deux pas du Londres riche et calme, où le film ne passe que par effraction… À la fuite dangereuse de ses deux héros, la réalisatrice trouvera pourtant une issue apaisée, dénuée de toute candeur, mais offrant à l’adolescente et à l’enfant la possibilité de vivre chacun son âge respectif, enfin. Télérama
Rencontre

De Anne Paulicevich, Frédéric Fonteyne avec Noémie Lvovsky, Sara Forestier, Annabelle Lengronne, Salomé Dewaels, Jonas Bloquet
Drame - France - 2019 - 1h31

Filles de joie

Lors d'un été caniculaire,  Axelle, Conso et Dominique traversent tous les jours la frontière franco-belge pour se prostituer en Belgique afin de continuer à vivre à Roubaix.

Rencontre le vendredi  18 septembre à 20h avec le Mouvement du Nid

Rencontre

De Gilles Weinzaepflen
Documentaire - France - 2019 - 1h14

LE LISERE VERT LA FRONTIERE DEPLACEE

De Mulhouse à Villerupt, Gilles Weinzaepflen recherche les bornes marquant la frontière franco-allemande de 1870, indiquée par un liseré vert sur les cartes anciennes. Dans cette déambulation poétique, il part aussi sur les traces de son histoire familiale, de celle de l’Alsace et de ses blessures. «Une frontière matérialisée par 4056 bornes, posées sur notre territoire après la défaite de 1870. Elles marquent la limite des provinces perdues de l’Alsace-Lorraine. Ces bornes forment aujourd’hui une cicatrice intérieure, un no man’s land de la mémoire que j’arpente. Que me disent-elles de mon histoire ? Des relations de voisinage franco-allemandes ? De notre horizon commun, l’Europe ? Suivre le bornage sur la crête des Vosges puis dans le bassin lorrain, à la rencontre des paysages et des habitants. Bâtir un itinéraire de pensée, pour offrir une visibilité et un statut à cette frontière oubliée, en faire un monument.»

Rencontre le dimanche 20 septembre à 17h avec Gilles Weinzaepflen, réalisateur, en partenariat avec le RECIT

Sortie nationale

De Olivier Babinet avec Ellen Dorrit Petersen, Jean-Benoît Ugeux, Gustave Kervern, India Hair, Sofian Khammes
Comédie - France/Belgique - 2019 - 1h29

Poissonsexe

Alors que Miranda, la dernière baleine au monde, fait la une des journaux, Daniel, physicien obstiné, tente de redonner aux poissons l’envie de copuler. Célibataire désabusé, il est lui-même hanté par le désir d’être père et compte bien traiter ce problème scientifiquement. Le hic c’est qu’à Bellerose il y a seulement 3 femmes en âge de procréer, soit une chance sur 6232,33 de rencontrer la mère de ses futurs enfants. Pourtant un jour, en sauvant de la noyade un étrange poisson à pattes, Daniel va réapprendre à tomber amoureux.

Attention, les séances initialement prévues les 12, 13, 18 et 21 septembre sont annulées

Olivier Babinet, le réalisateur de Poissonsexe, est un homme qui sait se faire désirer. Quatre ans après la sortie de Swagger (2016), documentaire musico-social plébiscité à la fois par la critique et le public, le nouvel opus du natif de Strasbourg sort cette semaine dans les salles de cinéma. Poissonsexe est un film ostensiblement engagé et passionnant. Refusant tout manichéisme facile, le metteur en scène propose sa vision du monde actuel. Avec ce long métrage, il dresse un bilan amer, sans concession, d’une société où l’homme a épuisé la nature, d’un monde sans avenir. En découvrant cette histoire, on ne peut manquer de songer au drame de Peter Brosens et Jessica Hope Woodworth, La Cinquième saison (2012). Pour rappel, les auteurs y décrivaient les habitants d’un petit village des Ardennes qui découvrent, impuissants, que le cycle de la nature est brisé : il n’y a plus d’abeilles, les arbres meurent, les poules ne donnent plus. Mais une différence fondamentale marque ces deux productions : dans La cinquième saison, les personnages, pour la plupart paysans, apparaissaient comme les victimes désarmées de cette mort de la nature. Avec Poissonsexe, l’homme ne semble jamais ni soumis, ni innocent. Dans la société évoquée par Olivier Babinet, il s’illustre en tant que Dieu omnipotent. C’est lui qui, à force de vouloir dominer son environnement, ne réussit qu’à le polluer et le détruire. C’est lui qui constate son échec, s’en attriste parfois, mais continue à vouloir agir sur son milieu. Dans cette perspective, il n’est sans doute pas anodin que le livre de chevet du personnage de Lucie soit Ainsi parlait Zarathoustra. En effet, c’est dans cet ouvrage que, pour la première fois, le concept de surhomme est abordé. Dans le film, le "surhomme", faussement interprété, tente de corriger les déséquilibres engendrés et il en crée d’autres, plus importants encore. En l’occurrence, il s’agit d’une équipe de chercheurs, incapable d’envisager la procréation animale, sans recours à la science. C’est aussi ce personnage de femme forte et émancipée, joué par Ellen Dorrit Petersen, qui veut gérer seule et de façon froide, dépassionnée, savante, toutes les étapes de sa grossesse. Et c’est également une proche de Daniel qui ne songe qu’à rationaliser les relations amoureuses et en améliorer l’efficacité, grâce aux sites de rencontre en ligne. Dans ce tableau peu reluisant, les créatures fictionnelles qu’incarnent Gustave Kervern et India Hair sont de véritables marginaux. Ce sont pourtant eux qui seront porteurs d’humanité et de lumière pour l’avenir. Un peu d’optimisme, c’est plutôt bienvenu dans cette période de crise environnementale. Avoir-alire

De Gianni Di Gregorio avec Gianni Di Gregorio, Ennio Fantastichini, Giorgio Colangeli, Galatea Ranzi, Roberto Herlitzka
Comédie - Italie - 2019 - VOST - 1h31

Citoyens du monde

Attilio, Giorgetto et le Professeur, trois sexagénaires romains dont les vies sont désastreuses décident tout quitter pour aller vivre à l'étranger. Mais où ? Voilà la question...

Séances supplémentaires les 12, 17, 18 et 21 septembre (non prévues initialement dans le programme Travelling)

Molto delizioso, veramente. Gianni Di Gregorio raconte les rêves fous de trois retraités qui voient leurs économies fondre et qui examinent l’idée d’un exil dans un pays accueillant. Nos vieux ragazzi hésitent entre Bali, le Vietnam et la Bulgarie, avant de jeter leur dévolu sur les Açores. L’ennui, c’est qu’ils n’ont jamais dépassé les limites de leur quartier de Rome… Gianni Di Gregorio, qu’on a découvert avec « le Déjeuner du 15 août » (2008) et « Gianni et les femmes » (2011), a un ton fait d’humour, de tendresse, de complicité, de légèreté. Il aime ses personnages d’un amour profond, les observe avec le sourire, et il est impossible de ne pas partager sa fantaisie bienveillante. C’est de la comédie italienne, et de la meilleure. Le Nouvel Obs
Sortie nationale

De Christian Petzold avec Paula Beer, Franz Rogowski, Jacob Matschenz, Maryam Zaree, Gloria Endres de Oliveira, Rafael Stachowiak, Anne Ratte-Polle, Julia Franz Richter
Conte Drame - Allemagne - 2019 - VOST - 1h30

Ondine

Undine est une diplômée en histoire qui travaille comme guide à Berlin. Son amant la quitte pour une autre femme. Immédiatement après la rupture, elle rencontre Christoph dont elle tombe amoureuse. Tous les deux passent des moments merveilleux ensemble jusqu'à ce que Christoph se rende compte que Undine fuit quelque chose. Il commence alors à se sentir trahi…

De Wang Quan'an avec Dulamjav Enkhtaivan, Aorigeletu, Norovsambuu Batmunkh, Gangtemuer Arild, B. Anujin, Silengge, Puribuzhabu, Talinqiqige, Menghesaihan
Comédie Policier - Mongolie - 2019 - VOST - 1h40

La Femme des steppes, le flic et l'oeuf

Une femme nue est retrouvée assassinée dans la steppe mongole. Du jour au lendemain, un jeune policier inexpérimenté doit sécuriser les lieux du crime. Comme il n'est pas au courant des dangers du site, une bergère locale est envoyée pour le protéger et sécuriser les lieux. Cette femme résolue dans la trentaine sait comment manier un fusil et faire fuir les loups. Elle allume un feu contre le froid. L'alcool les aide également à rester au chaud. À son instigation, les deux se rapprochent. Le lendemain matin, ils se sépareront.

Séances supplémentaires la semaine du 30 septembre.

Une intrigue noire dans une steppe blonde. De l’absurde, au milieu de nulle part et en plan large. Le film du Chinois Wang Quan’an (« le Mariage de Tuya ») s’ouvre par une séquence ubuesque : un vieux 4x4 de la police roule, la nuit, dans l’immensité de la plaine, en Mongolie-Extérieure, où galopent des chevaux sauvages et seraient enfouis des œufs de dinosaures. Soudain, les mauvais phares éclairent un cadavre allongé de femme. Après avoir réparé la voiture, tombée en panne, le chef des flics, proche de la retraite, laisse à un novice de 18 ans le soin d’empêcher les loups de dévorer la victime. Il charge ensuite une (vraie) bergère, qui se déplace armée et à chameau, de veiller sur celui qui veille sur le macchabée… Elle fera mieux, et plus, dans la chaleur d’un feu de bois. Quand le jour se lève sur un paysage où le ciel envahit toute l’image (signée du Français Aymerick Pilarski), les policiers viennent chercher le cadavre et l’enquête reprend son cours. Mais elle n’est pas le sujet de ce faux film noir, où même le prétendu criminel semble ne rien comprendre à ce qui se joue ici. C’est autre chose que, dans une lumière et un silence d’avant l’humanité, raconte Wang Quan’an, ce cousin chinois du Turc Nuri Bilge Ceylan : le passage de la vie à la mort, la réincarnation et l’immémoriale sagesse des femmes qui vivent seules sous des yourtes, dans une steppe où la nature est plus forte que la culture. C’est à la fois philosophique et comique, réaliste et abstrait, clair et obscur. C’est beau. L'Obs

De Judd Apatow avec Pete Davidson, Marisa Tomei, Bill Burr, Bel Powley, Maude Apatow
Comédie Dramatique - Etats-Unis - 2019 - VOST - 2h17

The King Of Staten Island

Il semblerait que le développement de Scott ait largement été freiné depuis le décès de son père pompier, quand il avait 7 ans. Il en a aujourd’hui 24 et entretient le rêve peu réaliste d’ouvrir un restaurant/salon de tatouage. Alors que sa jeune soeur Claire, raisonnable et bonne élève, part étudier à l’université, Scott vit toujours au crochet de sa mère infirmière, Margie, et passe le plus clair de son temps à fumer de l’herbe, à traîner avec ses potes Oscar, Igor et Richie et à sortir en cachette avec son amie d’enfance Kelsey. Mais quand sa mère commence à fréquenter Ray, un pompier volubile, Scott va voir sa vie chamboulée et ses angoisses exacerbées. L’adolescent attardé qu’il est resté va enfin devoir faire face à ses responsabilités et au deuil de son père.

Concert accoustique de Pierre Walch à 20h30 le 21 août suivie de la projection du film à 21h15

Fils d’un pompier mort en héros, un Tanguy accro à la fumette doit quitter le nid maternel… Une de ces comédies douces-amères où Judd Apatow excelle. À quel moment un drame bifurque-t-il vers la comédie ? Judd Apatow répond pied au plancher, dès l’ouverture de The King of Staten Island, par une tentative de suicide sur autoroute. Le drame, donc, c’est que son jeune héros, Scott (Pete Davidson, une révélation), décide d’en finir au volant de sa voiture. Il accélère, ferme les yeux, l’accident est inévitable. La comédie, elle, tient à ce qu’il se ravise à la dernière seconde, braque, froisse un peu de tôle, puis poursuit sa route en marmonnant des excuses et… en attachant sa ceinture. S’il n’est pas prêt à mourir, Scott n’est pas non plus équipé pour vivre. À 24 ans, ce Tanguy américain vivote donc chez maman, une infirmière énergique et aimante (merveilleuse Marisa Tomei), écrasé par le souvenir d’un père héroïque, soldat du feu décédé en intervention quand il avait 7 ans. Perdu entre l’enfance et l’âge adulte, ce grand dadais traînasse sans but entre les potes, les joints, sa liaison secrète avec une amie de toujours et son rêve absurde d’ouvrir un restaurant-salon de tatouages — il dessine comme un pied. Quand sa veuve de mère rencontre enfin un amoureux, elle envisage de le pousser hors du nid. « Tu me vires ? » Réponse géniale : « Non, je veux que tu trouves un logement avant l’été. » Intronisé « roi de la comédie potache » il y a quinze ans avec l’hilarant 40 Ans, toujours puceau, Judd Apatow a montré qu’il avait en fait le rire flou, entre deux eaux, grave et trivial à la fois. Il poursuit sur cette voie qui lui réussit, aidé par son coauteur et interprète, Pete Davidson. Largement autobiographique — le père du stand-upper, pompier, a disparu lors des attaques du 11 septembre 2001 —, The King of Staten Island brode un peu de fiction autour de sa personnalité étrange, son long corps maigre et tatoué, son air abêti par la fumette, mais aussi la douceur de son sourire plein de dents et son art de la vanne limite. Après Steve Carell et Seth Rogen, Davidson rejoint le club privilégié des hommes en cours de finition chéris par Apatow. Dans The King of Staten Island, Scott n’est le roi de rien du tout, même pas un petit prince de ce district oublié de New York, un coin ni cool ni gentrifié. « Même le New Jersey nous méprise », se lamente la bande de copains mi-dealers, mi-braqueurs, 100 % losers. Les filles, les femmes s’en sortent mieux, plus volontaires, plus dégourdies, inquiètes mais drôles, aussi — rien à voir avec des maîtresses d’école, quels progrès dans l’écriture depuis En cloque, mode d’emploi (2007) ! De toute façon, le problème est à chercher du côté du père. Comment se construire dans l’ombre d’un héros sans failles ? Faut-il marcher dans les pas de papa, quitte à flotter dans son costume ? Un brin trop long, ce film au rythme alangui distille un charme tenace, subtile alliance d’humour cru et de tendresse assumée, presque mièvre. Au royaume de la comédie triste, Judd Apatow conserve sa couronne. Télérama
Avant-Première

De Stéphane Aubier, Vincent Patar, Davy Durand
Animation - France/Belgique/Espagne - 2020 - 1h00

Chien Pourri, la vie à Paris !

Il était une fois un chien parisien, naïf et passionné appelé Chien Pourri. Avec Chaplapla, son fidèle compagnon de gouttière, Chien Pourri arpente les rues de Paris la truffe au vent. Peu importe les catastrophes qu’il provoque, Chien Pourri retombe toujours sur ses pattes ! Tant et si bien que les autres chiens commencent à trouver ça louche. La folle aventure de Chien Pourri et ses amis pour faire découvrir la poésie de Paris aux tout-petits !

Les RDV d'ATTAC et de la LDH, Rencontre

De Justin Pemberton, Thomas Piketty avec Thomas Piketty, Ian Bremmer, Lucas Chancel, Bryce Edwards, Rana Foroohar
Documentaire - France - 2019 - 1h43

Le Capital au XXIe siècle

LE CAPITAL AU XXIE SIECLE est l'adaptation d'un des livres les plus importants de ces dernières années.En mélangeant références à la pop culture et interventions d'experts parmi les plus influents de notre époque, le film est un voyage à travers l'histoire moderne de nos sociétés. Il met en perspective la richesse et le pouvoir d'un côté, et de l'autre le progrès social et les inégalités.

Rencontre avec ATTAC et La Ligue des Droits de l'Homme le 2 octobre à 20h

Signaler que ce documentaire est une adaptation du livre de Thomas Piketty est le plus sûr moyen de rebuter le spectateur, qui pourrait craindre un film austère et dogmatique. C’est tout le contraire. Sans rien perdre de l’acuité de son enquête sur le capitalisme moderne, ses racines ainsi que ses conséquences idéologiques et politiques, cet essai cinématographico-financier est passionnant, rigoureux, optimiste et pétillant de références pop. Vulgarisateur sans tomber dans la simplification, pédagogique sans jamais être doctrinaire, ce film est pétri de réflexions salutaires pour espérer sauver notre avenir. L'Obs

De Rémi Chayé avec Salomé Boulven, Alexandra Lamy, Alexis Tomassian, Jochen Hägele, Léonard Louf
Aventure Animation - 1h24

Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary

1863, États-Unis d’Amérique Dans un convoi qui progresse vers l’Ouest avec l’espoir d’une vie meilleure, le père de Martha Jane se blesse. C’est elle qui doit conduire le chariot familial et soigner les chevaux. L’apprentissage est rude et pourtant Martha Jane ne s’est jamais sentie aussi libre. Et comme c’est plus pratique pour faire du cheval, elle n’hésite pas à passer un pantalon. C’est l’audace de trop pour Abraham, le chef du convoi. Accusée de vol, Martha est obligée de fuir. Habillée en garçon, à la recherche des preuves de son innocence, elle découvre un monde en construction où sa personnalité unique va s’affirmer. Une aventure pleine de dangers et riche en rencontres qui, étape par étape, révélera la mythique Calamity Jane.

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