Films du mois

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  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas
Sortie nationale

De Phuong Mai Nguyen avec Rio Vega, Lyna Khoudri, Paul Kircher, Birane Ba, Gauthier Battoue
Animation Drame - France/Belgique - 2026 - VF - 1h35

In Waves

À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.

In Waves confirme que l’animation française continue d’être l’un des espaces les plus libres pour raconter l’intime. Adapté du roman graphique autobiographique d’AJ Dungo, le premier long métrage de Phuong Mai Nguyen aurait pu sombrer dans le mélodrame lacrymal. Il choisit au contraire la pudeur, la douceur et le mouvement perpétuel de l’océan pour raconter le deuil, l’amour et la mémoire. À Los Angeles, AJ rencontre Kristen. Lui dessine et skate, elle surfe avec une énergie solaire. Ils tombent amoureux, grandissent ensemble, jusqu’à ce que la maladie vienne fracturer leur avenir commun. Mais ce qui touche dans In Waves, c’est précisément son refus de réduire Kristen à la souffrance ou au statut de victime, préservant « la lumière » du personnage, son humour et son élan vital. Et cette lumière traverse toute la mise en scène. Là où le roman graphique semblait privilégier une bichromie minimaliste, Phuong Mai Nguyen déploie un univers de couleurs mouvantes et de lumières californiennes qui rappellent les peintures de David Hockney. Les vagues ressemblent aux états émotionnels des personnages, éclatantes dans les premiers émois amoureux, blanchies et presque fantomatiques à mesure que la maladie progresse, puis plus troubles encore dans les séquences de deuil. L’ animation mêlant 2D et textures numériques donne au film une fluidité sensorielle remarquable, comme si les souvenirs eux-mêmes se dissolvaient dans l’eau. Le plus beau, c’est la manière dont In Waves filme la disparition sans jamais effacer la vie. Le film parle de la mort, évidemment, mais il est surtout hanté par une urgence de vivre, de créer, d’aimer et de transmettre. La musique aérienne d’Oklou et Rob accompagne ce mouvement mélancolique sans jamais l’écraser. Par sa délicatesse obstinée, son attention aux corps, aux silences et aux paysages, In Waves réussit à transformer un récit autobiographique profondément douloureux en expérience lumineuse et apaisée. Un joli film, triste, mais traversé jusqu’au bout par le ressac obstiné de la vie. Le Bleu du Miroir
Séance à la demande pour les scolaires / périscolaires

De Daniel Chong avec Piper Curda, Bobby Moynihan, Jon Hamm, Kathy Najimy, Dave Franco
Animation - Etats-Unis - 2025 - VF - 1h44

Jumpers

Mabel, une amoureuse des animaux, utilise une nouvelle technologie pour "transférer" sa conscience dans un robot-castor réaliste et communiquer directement avec les animaux. Alors qu'elle découvre des mystères du monde animal dépassant tout ce qu'elle aurait pu imaginer, Mabel se lie d'amitié avec Roi Georges, un charismatique castor, et doit rallier tout le règne animal pour faire face à une menace humaine majeure et imminente : le maire Jerry Generazzo, un beau parleur.

Un Pixar délirant et trépidant comme un vrai film d’aventures. Grâce à la technologie, une ado se met dans la peau d’une jeune castor… et découvre la vraie vie des animaux. Un film d’animation drôle et émouvant, avec des castors craquants et un message écolo très radical ! Télérama
Sortie nationale

De Danielle Arbid avec Hiam Abbass, Mahamat Amine Benrachid, Shaden Fakih, Charbel Kamel, Alexandre Paulikevitch, Sami Dekhissi, Rubis Ramadan
Drame - France/Liban/Emirats Arabe-Unis - 2026 - VOST - 1h38

Seuls les rebelles

Suzanne, veuve d’une soixantaine d’années, fait la connaissance d’Osmane, un soir à Beyrouth… Il est jeune, noir, soudanais, migrant sans papiers. Elle est blanche, libanaise d’origine palestinienne, a le double de son âge … Ils tombent amoureux. Le Liban est au bord du précipice. Journaux télévisés, réseaux sociaux déversent en continu de terrifiantes nouvelles. Peu importe, Osmane s’installe chez Suzanne. Alors que leur amour déclenche une levée de boucliers, au cœur du chaos ambiant, Suzanne et Osmane résistent…

Hiam Abbass interprète le personnage principal de ce film libanais, tourné en France étant donné le contexte actuel dans le pays, et découvert en ouverture de la section Panorama du Festival de Berlin. Le scénario fait s’entrecroiser, à travers de la rencontre entre Osmane, sans papier soudanais pour qui le Liban n’est qu’une étape sur le chemin de l’Europe, et Suzanne, veuve libanaise d'origine palestinienne, ayant ici deux enfants, une fille et un garçon, des destins de migrants et des questions de communautés, sur fond de crise. De réputation il sera donc question, tout comme de pression sociale en général, alors que la faute, en temps de crise, est régulièrement reportée sur les immigrés, censés « vivre sur notre dos », comme le dit l’une des collègues de Suzanne, dans le magasin de tissu. Opposant à toutes les insultes, les aprioris, les tentatives d’exploitations diverses, la douceur d’une femme et des moments où les personnages se rapprochent, Danielle Arbid ("Beyrouth Hôtel", "Passion Simple") parvient à un délicat équilibre, convoquant quelques scènes en état de grâce, malgré la pesanteur du contexte. Sans angélisme aucun, elle affirme aussi l’indépendance de personnages féminins devant faire face à la violence des hommes, qu’il s’agisse de Suzanne elle-même ou de sa fille. Plaidoyer contre la déshumanisation des immigrés, "Seuls les rebelles" adopte au final une tonalité optimiste, les coloris exacerbés de certains passages venant souligner la capacité de chacun à embrasser son destin. Abus de Ciné
Séance à la demande pour les scolaires / périscolaires

De ALDASHIN Mikhail, SAEYEON Park, SYNKEVICH Ruslan, MANRI Kim, JAFFE Adrien, RUMYANTSEVA Masha, SEO EUN Ju, SEUNG MIN Nam, SUA Cho, YE RIM Cheon
Animation Court-Métrage - Allemagne/Russie/Corée du Sud - 2026 - VF - 33min

Entre ciel et terre

Un oisillon se lance dans les airs. Un petit chiot découvre la matière. Un enfant savoure une soupe cosmique. Une chouette au sommeil chaotique. Une souris veut voir le soleil. Et une autre renvoie les étoiles dans le ciel. Sept histoires vues de la Terre comme du Ciel.

Un délicieux et poétique recueil de courts métrages animés propre à stimuler l’imagination des plus petits. Abus de ciné

De Pete Ohs avec Charli xcx, Lena Góra, Will Madden, Jeremy O. Harris, Agata Trzebuchowska
Drame - Etats-Unis/Pologne - 2026 - VOST - 1h11

Eruption

Nel est une jeune femme qui mène une vie épanouie à Varsovie comme fleuriste. Mais la venue de son ancienne amie britannique Bethany, en visite avec son nouveau petit ami, fait ressurgir une connexion profonde et complexe entre elles qui va troubler son quotidien.

Quand des chanteuses ou des chanteurs à la mode s’essaient au cinéma, le résultat est la plupart du temps loin d’être mémorable. À peine un an après sa sortie, qui se souvient encore, par exemple, de Hurry Up Tomorrow de Trey Edward Shults avec The Weeknd ? Il est encore trop tôt pour déterminer de quelle matière sera faite la potentielle carrière cinématographique de Charli XCX. En tout cas, ses débuts dans Eruption ont l’immense avantage de la traiter comme n’importe quelle actrice et non comme l’idole mondiale d’une certaine génération de fans. Elle se glisse avec aisance dans ce récit de voyage aussi bref qu’enjoué, sans jamais tirer la couverture vers elle. Cette place, celle qui cherche à attirer toute la lumière et toute l’attention vers elle, est de toute manière déjà prise par la mise en scène de Pete Ohs, un peu trop prétentieuse à notre goût, quoique pas non plus indigeste. Malgré tous les écrans de couleur qui découpent le récit et la voix off très souvent sollicitée afin de fournir du relief aux personnages et à leur passé commun, la narration sait préserver une certaine fraîcheur à cette histoire d’amour / de désamour dans la capitale polonaise. Car chaque fois que la coupe de la prétention esthétique risque de déborder, Pete Ohs et ses acteurs, qui ont activement participé à l’écriture improvisée du scénario, ont su trouver une pirouette susceptible de ramener ce délire de touristes à un niveau plus sobre et accessible. À l’image des sentiments qui s’y épanouissent et s’y braquent à tour de rôle, le sixième long-métrage du réalisateur se distingue donc par une certaine imprévisibilité. Cette dernière est certes très travaillée. Mais elle est habitée par le charme que procure sans faute la découverte d’un nouvel univers filmique, domiciliée de surcroît dans un décor urbain dont il sait capter la singularité est-européenne. Critique Film

De Georgi M. Unkovski avec Arif Jakup, Agush Agushev, Dora Akan Zlatanova, Aksel Mehmet, Selpin Kerim
Comédie Musical Drame - Macédoine/République tchèque/Serbie/Croatie - 2025 - VOST - 1h39

Le garçon qui faisait danser les collines

Ahmet, 15 ans, grandit au milieu des montagnes de Macédoine, où il garde les moutons de son père tout en prenant soin de son petit frère. Mais lui, ce qui le fait rêver, c'est la musique. Entre les attentes de son entourage et ses envies d'ailleurs, Ahmet pourra-t-il un jour suivre son propre chemin ?

Ce récit d’apprentissage très original nous parvient d’un petit pays d’Europe de l’Est créé lors de l’éclatement de l’ancienne Yougoslavie : la République de Macédoine du Nord. Dans ses montagnes vivent les Yörük, des bergers semi-nomades d’origine turkmène longtemps restés à l’écart du reste de la population, avant que les plus jeunes, réseaux sociaux aidant, se rapprochent du monde extérieur. Ahmet, l’attachant héros du film, a 15 ans et garde les moutons de son père, tout en s’occupant de son petit frère… et en rêvant de s’affirmer grâce à la musique. Il n’est pas insensible non plus aux charmes de sa voisine, Aya, qui a un plan secret pour échapper à un mariage arrangé avec un travailleur immigré en Allemagne. Le conflit entre tradition et modernité est chroniqué avec vivacité et drôlerie dans ce feel good movie qui déjoue souvent les clichés sur la représentation de la vie rurale dans les Balkans. Les jeunes filles yörük s’affichent bien en costumes hyper colorés et richement brodés — « folkloriques » pourrait-on dire —, mais elles s’entraînent d’arrache-pied sur une chorégraphie digne d’un girls band et destinée à faire le buzz sur TikTok. La bande originale mélange habilement les instruments traditionnels et les rythmes électro. Et, dans la scène la plus étonnante du film, Ahmet puis son troupeau se retrouvent dans une rave party surprise au fond des bois — images insolites, à l’onirisme bienvenu, de ces moutons égarés sous les stroboscopes au milieu des « teufeurs » qui sautent dans tous les sens. Chœur Ce n’est pas la seule trouvaille heureuse de ce premier long métrage maîtrisé. Le réalisateur a ainsi malicieusement scandé son récit par des plans récurrents d’un groupe de femmes réunies sous un arbre pour commenter la vie et les actions d’Ahmet. L’allusion au chœur des tragédies grecques est évidente. Mais Georgi M. Unkovski n’en fait pas mystère, ces mères et grands-mères à la langue bien pendue sont aussi un clin d’œil aux deux papys narquois qui, depuis leur loge, se moquent des prestations des marionnettes du Muppet Show ! Télérama

De Sophy Romvari avec Eylul Guven, Iringó Réti, Ádám Tompa, Edik Beddoes, Amy Zimmer, Liam Serg, Preston Drabble, Lucy Turnbull, Jecca Beauchamp, Georgia Blake
Drame - Canada/Hongrie - 2025 - VOST - 1h31

Blue Heron

À la fin des années 1990, Sasha, huit ans, s'installe avec ses parents et ses frères sur l'île de Vancouver. À travers ses yeux, sous le soleil d'un été en apparence paisible, quelque chose se fissure. Leur nouvelle vie est troublée par le comportement de plus en plus imprévisible de l'aîné, Jeremy.

Regarder une photo de famille est un voyage. C’est à la fois se promener dans des souvenirs plus ou moins enfouis et parcourir des visages familiers dont les traits ont changé avec les années. Pour la cinéaste canadienne Sophy Romvari, ce voyage dans le passé se double d’une quête de compréhension : pourquoi ses parents ont-ils décidé de confier son beau-frère, Jeremy, aux services sociaux ? Pour sonder ce mystère familial, la réalisatrice déploie trois méthodes qui, si singulières soient-elles, donnent l’impression de voir coexister trois films en un seul. La première est assurément la plus réussie. Plutôt que d’exhumer des archives, Romvari reconstitue, à l’aide de sa caméra, le dernier été passé avec son beau-frère, d’une dizaine d’années son aîné. Nous découvrons le rapport conflictuel de cet adolescent — lunettes imposantes, tignasse blonde, au sein d’une fratrie brune — avec le monde. Présenté comme auteur de bêtises, il se révèle aussi capable d’une grande tendresse avec ses frères et sœurs. La scène où Jeremy joue avec eux dans la cuisine appartient à ces moments de grâce qui rappellent le pouvoir féerique du cinéma. Comme Carla Simón avec son magnifique Romería, Romvari recourt à des caméras analogiques pour émuler la technologie de l’époque de son enfance. Chez l’une comme chez l’autre, cette image texturée vient renforcer l’écrin nostalgique dans lequel s’inscrivent les films, tout en accompagnant leur perspective. Dans Blue Heron, à plusieurs reprises, le père photographie sa famille, avant de montrer à ses enfants comment développer les clichés dans la chambre noire. Les plans du film finissent ainsi par se confondre avec la réalité : nous savons ces images fictionnelles, mais pouvons aisément imaginer qu’un double réel existe. Cette première partie, qui épouse simultanément la perception de Sophy et celle de ses parents, recèle un charme fou, dû en grande partie à sa retenue et au regard pudique que la cinéaste porte sur cette tranche de son enfance. Le basculement du film dans son deuxième tiers rompt cependant cette magie en explicitant davantage ses intentions. Mise en abyme de la cinéaste sous les traits d’une autre (Amy Zimmer), entretiens avec des assistants sociaux autour du manque de soins apportés à Jeremy : les élans nostalgiques laissent place à une forme de déballage émotionnel plus frontal. Le film retrouve ensuite poésie et justesse dans une troisième partie aussi trouble que touchante. Romvari y accomplit ce que les photos de famille ne peuvent atteindre : instaurer un dialogue entre l’observateur et les fantômes des images. Si ce premier long métrage demeure perfectible, il laisse entrevoir une véritable aptitude à créer un espace à la fois cathartique pour son autrice et profondément émouvant pour les spectateurs. Le Bleu du Miroir
Séance à la demande pour les scolaires / périscolaires

De Andrew Stanton avec Tom Hanks, Tim Allen, Joan Cusack, Greta Lee, Conan O'Brien
Animation - Etats-Unis - 2026 - VF - 1h42

Toy Story 5

Buzz, Woody, Jessie et le reste de la bande verront leur travail remis en question lorsqu'ils découvriront que ce qui obsède les enfants d'aujourd'hui s’appelle... l'électronique !

(...) Tous les jouets, quels qu'ils soient, n’ont qu’un but : accompagner leur enfant le plus longtemps possible et le voir épanoui et heureux. C’est LA vraie trouvaille de ce Toy Story 5. Une idée esquissée dans les films précédents mais ici pleinement exploitée. Stanton ose mettre les “toys” de côté pour offrir de vraies scènes à Bonnie et Blaze (une autre fille chez qui Jessie et Pile poil atterrissent par erreur). "Toy Story" devient "Bonnie Story" par instants, et lorgne presque du côté de Vice-Versa. Mais l’équilibre est toujours maintenu, notamment quand l’animation change de style pour matérialiser avec brio les moments de jeu où elle imagine le mariage de Jessie et Buzz. Buzz, justement, parlons-en. Il est bien là, tout comme Woody, qui interrompt son exil pour venir lui aussi filer un coup de main. Les deux héros incontournables sont à la bonne place, en retrait mais pas trop, moins présents que la promo ne pouvait le laisser penser. Et on valide cette autre idée brillante : incorporer dans l'histoire une cargaison de Buzz nouvelle génération, qu’on découvre dans la scène d’ouverture échoués sur une île déserte. Un fil rouge rafraîchissant et nostalgique, qui nous permet de retrouver la candeur perdue du ranger de l’espace, et pleinement justifié par le dénouement de l’intrigue. Première
Sortie nationale

De Cole Webley avec John Magaro, Molly Belle Wright, Talia Balsam, Rachel Alig, Lisa Carswell, Daniel Edward Mora, Ketrick "Jazz" Copeland, Christina Cooper, Wyatt Solis
Drame - Etats-Unis - 2025 - VOST - 1h23

Sur la route d'Omaha

Après une tragédie familiale, Ella et Charlie, deux frères et sœurs, sont réveillés par leur père et emmenés dans un voyage à travers le pays, à la découverte d'un monde nouveau. Au fil de leur aventure, Ella commence à comprendre que les choses ne sont peut-être pas ce qu'elles semblent être.

Ce road movie familial va nous faire traverser une bonne partie des États-Unis dans le but de rejoindre le Nebraska, la ville d’Omaha en l’occurrence. Tout le long du récit de plus en plus inquiétant quant à son but, on va s’interroger sur l’attitude énigmatique du père. La voiture a connu des jours meilleurs : elle démarre mal et Ella (Molly Belle Wright), la fille aînée, habituée, va spontanément aider à la pousser dans la descente pour la faire partir. À chaque question posée par Ella inquiète, ou par son petit frère Charlie (Wyatt Solis), pour qui ce n’est qu’une balade, le père élude ou répond à côté. Lors des arrêts, ce dernier dépense à minima en se privant à l’occasion pour les enfants. Épouse décédée, emploi perdu (on l’imagine) et maison saisie, quel est l’objectif réel de ce long et fatigant voyage ? John Magaro, perdant silencieux, dont le jeu rappelle celui de Dustin Hoffman, est impeccablement entouré de deux enfants acteurs remarquables, particulièrement Molly Belle Wright, dont le personnage, sans en dire un mot, mais tout en regards, perçoit le malheur qui se profile. Tel un huis clos concentré dans l’habitacle d’une vieille voiture, ce film poignant souligne la dure réalité sociale que peuvent vivre des familles américaines en difficulté. Le dénouement, qui dévoile au tout dernier moment les vraies raisons de ce voyage, est totalement déchirant. À voir à Lire
Séance à la demande pour les scolaires / périscolaires

De Edouard Nazarov
Animation Court-Métrage - Russie - 2026 - VF - 42min

La Princesse, l'ogre et la fourmi

Cinq fables où les héros jonglent entre surprises, solidarité, amitié, amour. Racontées et chantées par Philippe Katerine. 5 courts métrages d’animation réalisés entre 1975 et 1987 : – P’tit Hippo : Un hippopotame solitaire envie les fourmis, les abeilles et les lapins, qui vivent en communauté. Jusqu’à ce qu’il rencontre... – Martinko : Un jeune soldat trouve un jeu de cartes magique et s’enrichit jusqu’à parvenir au palais du roi. La princesse en tombe amoureuse, mais enrage en constatant que lui ne l’aime pas. Elle va chercher à se venger... – La Princesse et logre : Un temps admirable, une princesse insupportable. Une clairière merveilleuse et une grotte affreuse. Un ogre l’y invite à déjeuner, mais devant sa beauté, se sent embarrassé. A moins que ce ne soit l’inverse ? – Il était une fois un chien : Il était une fois un vieux chien, trop fatigué pour effrayer les voleurs. Chassé de son foyer, le pauvre animal trouve refuge dans la forêt, où il fait la connaissance d’un loup sage et plein d’expérience, qui va l’aider à reconquérir le cœur de ses maîtres. – Le Voyage de la fourmi : Par la faute d’une chenille, une fourmi est emportée par le vent. Elle se retrouve perdue à l’autre bout du jardin. Blessée, elle va devoir compter sur la solidarité des autres insectes pour rentrer chez elle avant le coucher du soleil...

Folklore, comédie et critique sociale sont subtilement imbriqués, avec le langage propre à l’animation. Oui, l’URSS a produit des films d’animation et ce n’est pas de la propagande. Oublier vos a priori sur l’austérité soviétique. Edouard Nazarov a offert des court-métrages d’animation aux couleurs et aux tons chatoyants. Une part mélancolique toujours envahie par un élan révolutionnaire sans oublier le ton humoristique. (... ) Avoir-alire
Sortie nationale

De Sang-Ho Yeon avec Jeong Min Park, Hae-hyo Kwon, Shin Hyon Bin
Thriller Drame - Corée du Sud - 2025 - VOST - 1h42

The Ugly

Aveugle de naissance, un maître artisan, admiré pour la beauté des sceaux qu'il grave, vit reclus avec son fils unique. Mais cette paix vole en éclats lorsque les autorités exhument les ossements de sa femme, disparue quarante ans plus tôt. Son fils entreprend alors de mener l'enquête sur ce passé. Cette quête de vérité va dévoiler de lourds secrets, de ceux qui touchent à la laideur humaine.

Le harcèlement scolaire, la religion comme système d’oppression aliénant, une société entière dont les membres se transforment en zombies : en trois brillants films d’animation (The King of Pigs, The Fake et Seoul Station), le Coréen Yeon Sang-ho s’est fait un nom et a imposé une patte d’une noirceur insensée. Néanmoins, c’est surtout son film suivant, Dernier train pour Busan, qui l’a consacré à l’international. Un efficace film de zombies en prises de vues réelles, mais malgré cela, ce blockbuster n’était peut-être pas, à nos yeux, aussi percutant que ses films d’animation radicaux et sauvages. Après quelques grosses machines qui ont globalement déçu, Yeon Sang-ho revient à ses premières amours avec The Ugly. Certes, ce n’est pas un film d’animation, et non, le film n’est pas aussi explicitement violent que ses premiers longs métrages. Mais c’est une plus petite production à budget plus léger, et dont l’esprit radicalement sombre renoue avec les excès de ses débuts. Les restes de l’épouse disparue d’un maître artisan (brillant Kwon Hae-hyo, visage familier du cinéma de Hong Sangsoo) sont retrouvés, et une enquête s’ensuit. Très vite, l’absence de tact, d’éducation et d’intelligence émotionnelle de la famille de la défunte interroge – on sait le cinéma coréen plus habile que les autres avec les ruptures de ton, mais dire d’une morte « elle était d’une laideur monstrueuse » n’est pas précisément l’éloge funèbre attendu. The Ugly du titre, c’est elle, cette femme visiblement d’une spectaculaire mocheté, que son compagnon aveugle n’a jamais pu constater, et qui était la risée de celles et ceux qui la côtoyaient. Pour qui a déjà vu des films de Yeon Sang-ho, the ugly, c’est aussi et surtout la société coréenne elle-même. Dans le long métrage, la laideur est une disgrâce pire que tous les défauts – ce qui trouve un écho allégorique particulier quand on connaît le poids du marché de la beauté en Corée. La mocheté présumée de celle qu’on ne voit jamais semble être un motif suffisant pour moquer, harceler et disqualifier celle qui finira en tas d’ossements. Noir c’est noir, et on reconnaît bien là le regard critique du cinéaste coréen. Structuré en différents entretiens, The Ugly réussit le pari d’être un thriller efficace dont la tension réside exclusivement dans des scènes de dialogues. Le cinéaste fait preuve d’un savoir-faire appréciable pour découper et articuler ses scènes parlées, tout en incorporant ses flashbacks avec fluidité. Dans son dénouement qu’on ne dévoilera évidemment pas, The Ugly va plus loin que la simple efficacité et touche du doigt un vertige absurde qui donne un relief particulier au long métrage. Le polyester
Plein Air au Bel Air

Six soirées en plein air - Restauration/Concerts/Projections

Plein Air au Bel Air #30

Où ?  31 rue Fénelon (entrée à gauche du bâtiment)

Quand ? 
19h : ouverture du site et de la caisse
19h30 : plat du jour **
20h45 : concert
21h45 : séance de cinéma (22h : début du film)

Combien ? 
Tarif plein : 9,50 €
Tarif réduit : 7,50 € (adhérents CSC Bel Air, étudiants, Pass’temps)
Tarif - 26 ans, ABC (adhérents Association du cinéma), Pass Culture : 6 €
Carte d’abonnement 10 places : 65 € valable 1 an
Carte d’abonnement 5 places : 37 € valable 1 an
Préachat possible en caisse ou via notre site cinebelair.org

Plat du jour ** : 12 €
Buvette, sandwichs merguez/knacks, pâtisseries maison/glaces

** réservation impérative par internet sur Helloasso à partir du 20 juillet (lien sur cinebelair.org). Nous contacter en cas de difficulté.
Aucun remboursement ne pourra intervenir (aucune annulation de soirée).

Avec le soutien de :

crédit mutuel Universite.jpg    CSC-Bel-Air.png     LogoMulhouse2022_ssBaseline_NOIR.png

Plein Air au Bel Air

De Claude Schmitz avec Francis Soetens, Rodolphe Burger
Comédie Policier - France/Belgique - 2025 - VF - 1h20

Sainte-Marie-aux-Mines

Mutés à titre disciplinaire à Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace, les inspecteurs Crab et Conrad se voient confier une enquête apparemment sans difficulté : la disparition d’une bague. Mais ce qui devait être une simple formalité se transforme rapidement en affaire complexe, bouleversant la tranquille routine de ce duo de célibataires endurcis.

Plat du jour : Couscous clan (sur réservation via HelloAsso. Lien à venir)

Concert : Solaris Great Confusion (indie folk)

Minerais, pierres précieuses et malfrats qui rôdent… Ah, Sainte-Marie-aux-Mines et sa bourse aux cailloux, la troisième plus importante du monde ! Les inspecteurs Crab (Rodolphe Burger, excellent) et Conrad (Francis Soeten, pareil) y sont dépêchés — à titre disciplinaire — comme extras, pour surveiller. Et voilà qu’ils enquêtent sur une gemme manquante… L’arme redoutable de ce film policier, où l’on invite les copains bikers du Sud pour une filature « discrète » et où l’on conte fleurette plutôt que de mener l’enquête, reste sa cocasserie à toute épreuve. Surtout quand le récit vire à la comédie romantique entre les deux briscards. Côté naturalisme, on pense à Jacques Rozier, mais aussi à Bruno Dumont — les silhouettes plus vraies que nature, et le duo de flics de P’tit Quinquin. Et parfois, tout simplement, à un épisode de Strip-tease. C’est l’Alsace en été, c’est doux et drôle. Vous reprendrez bien un schlouk avant la choucroute chez Martine ? Télérama
Plein Air au Bel Air

De Gus Van Sant avec Bill Skarsgård, Dacre Montgomery, Cary Elwes, Myha'la, Colman Domingo
Thriller - Etats-Unis - 2025 - VOST - 1h45

La Corde au cou

Indianapolis, 1977. Ruiné par une faillite immobilière, Tony Kiritsis prend en otage Richard Hall, le courtier qu’il tient responsable de tous ses malheurs. L'entrepreneur lie autour du cou de sa victime un fil métallique attaché à un fusil de chasse, lequel fera feu si la police tente d'intervenir. L’incident attire l’attention des médias, puis la faveur de l'opinion publique américaine, alors que le kidnappeur exige une énorme somme d’argent et une excuse publique du grand patron de la Meridian Mortgage Company. Alors que la prise d’otage se transforme en un gigantesque cirque médiatique, Kiritsis perd lentement mais sûrement le contrôle de la situation.

Plat du jour : American barbecue

Concert : One way (rock blues 70’s)

Retour en beauté de Gus Van Sant avec ce thriller sur la vengeance d’un homme endetté. Entre saillies drolatiques et ce sens de la tragédie que Gus Van Sant maîtrise toujours à la perfection, le cinéaste retrouvé d’« Elephant » cisèle une capsule spatio-temporelle qui dessine en creux notre époque peuplée de bourreaux obscènes et de Narcisses pathologiques. L'Obs
Avant-Première , Plein Air au Bel Air

De Louis Clichy avec Gary Clichy, Rod Paradot, Dimitri Colas, Aurélie Vassort, Brune Moulin, Alexandre Astier, Jean-Pascal Zadi
Animation - France - 2026 - VF - 1h20

Le Corset

Dans une ferme au cœur de la Beauce, Christophe, 11 ans, règle ses pas sur ceux de son père. Mais à l’école, à la maison, sur le tracteur, Christophe penche... et tombe. Il est obligé de porter un corset pour filer droit. Tandis que la ferme traverse des moments difficiles, Christophe grandit comme il peut. Il découvre la musique et fait la rencontre de Clara, avec qui tout semble devenir possible.

Prix spécial du Jury Un certain regard Cannes 2026, Prix du Jury et Prix du Public Annecy 2026

Plat du jour : Frichti beauceron

Concert : Panda Drumaschine (électro acid rock)

"Tu parles d’un attirail !". C’est un corset métallique Milwaukee, l’engonçant jusqu’à la mentonnière et lui valant moult sarcasmes à l’école ("Robocop") et un véritable isolement, que Christophe doit désormais porter 24 heures sur 24. Un vrai boulet que le garçon (enfant de choeur à ses heures) supporte très mal, physiquement et psychologiquement, mais qui lui ouvre néanmoins une issue de secours inattendue : devenir le tourneur de pages de Michel, le bienveillant organiste de l’église de Neuvy-en-Beauce. Une échappatoire lui apportant une nouvelle manière de voir le monde et qui se transforme au fil de temps en un apprentissage approfondi de la musique, alors que l’absence totale de communication avec son père (dont la ferme, très endettée, est sur le fil du rasoir, à la merci du résultat de la moisson) atteint des sommets. Et puis, dans le quotidien de Christophe, à l’aube de ses 13 ans, il y a maintenant une étoile filante, Clara, qui fait battre son cœur… Et secrètement, le garçon s’est aussi découvert une sorte de super-pouvoir… Mais dans la vie, a-t-on toujours le choix ? Maîtrisant magistralement le tempo de son récit (un scénario écrit avec Franck Salomé) qui file droit et à vitesse constante, bien concentré sur son protagoniste, Louis Clichy met en scène un film savoureux, émouvant comme Le Requiem de Gabriel Fauré qui jouera son rôle dans l’intrigue et drôle comme peut l’être parfois l’entrée maladroite dans l’adolescence. Mais Le Corset déploie surtout, grâce à la pureté très simple de son animation, une fantastique poésie céleste et terrienne du réel, ce qui ne l’empêche pas de traiter par petites touches de sérieux sujets (la vocation, l’épée de Damoclès de la rentabilité agricole, les expérimentations sur les semences, les manœuvres des coopératives agricoles, les liens paternels et filiaux, la vie rurale avec ses vélos et ses arrêts de bus, etc.). Un ensemble de thématiques propices à la tristesse, mais que le cinéaste aborde avec tant de douceur empathique qu’il ouvre un horizon de lévitation à toutes les avanies. CinEuropa
Plein Air au Bel Air

De Kirk Jones avec Robert Aramayo, Maxine Peake, Peter Mullan, Shirley Henderson, Scott Ellis Watson
Biopic Comédie Dramatique - Grande-Bretagne - 2025 - VOST - 2h01

Plus fort que moi

Brillant et passionné de football, avec un avenir prometteur devant lui, la vie de John Davidson, 15 ans, semble s'effondrer en 1983 lorsqu'il est subitement atteint du syndrome de Gilles de La Tourette. Un film drôle, touchant, profondément humain, qui célèbre l’amitié et la vie tout en nous éclairant sur une maladie largement méconnue et incomprise.

Plat du jour : Scottish meatbread et compagnie végétale

Concert : Nadejda (rock)

En 2019, John Davidson est décoré de l’ordre de l’Empire britannique par Élisabeth II en personne. La cérémonie se passe dans le meilleur des mondes protocolaires jusqu’à ce que l’heureux récipiendaire adresse un tonitruant « Fuck the Queen ! » à Sa Majesté. Contrairement aux apparences, ce sympathique Écossais n’est pas un antimonarchiste enragé : sa propension à insulter son prochain est, en fait, un symptôme du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) dont il souffre depuis son adolescence. Après une scolarité chaotique, John Davidson a grandement contribué à faire connaître et mieux comprendre au Royaume-Uni cette maladie neurologique caractérisée par des tics moteurs, et donc vocaux, en participant à plusieurs documentaires et en animant des groupes de soutien aux enfants et aux adultes atteints du SGT. Son parcours de résilient est reconstitué dans une comédie sociale comme savent si bien les réaliser les Britanniques, où, à la manière de The Full Monty et de Billy Elliot, les existences les moins glamours deviennent la matière d’une fiction euphorisante portée par une énergie et une bande-son d’époque (New Order, Pulp, Oasis, Fatboy Slim, etc.) qui déménagent. La leçon de vie de Plus fort que moi (titre moins percutant que le I Swear, « Je jure », original) pourra paraître un peu trop édifiante, et la dernière demi-heure aurait gagné à être raccourcie. Mais la grande réussite du film est de parvenir à faire rire des malheurs de son personnage tout en le respectant grâce à une empathie et à une bienveillance jamais mièvres. Si la coprolalie de John déclenche souvent des moments hilarants (un entretien d’embauche où les manifestations du SGT sont décuplées par le trac, une rencontre avec une jeune « Tourette » qui vire au concours d’insultes), elle a, aussi, des conséquences tragiques — une scène glaçante de lynchage après une agression verbale mal comprise. L’équilibre entre humour, tension et émotion est parfaitement dosé, Kirk Jones parvenant même à mêler les trois dans une formidable séquence de procès. Robert Aramayo, vainqueur surprise du Bafta du meilleur acteur au détriment de Leonardo Di Caprio et Timothée Chalamet, y est bluffant, capable de nous tirer des larmes de rire… et des larmes tout court, quand son regard exprime la douleur d’un homme qui rêve d’avoir une vie normale tout en sachant que ce ne sera jamais vraiment possible. Fuck, quel comédien ! Télérama
Plein Air au Bel Air

De Hirokazu Kore-eda avec Lily Franky, Sakura Ando, Mayu Matsuoka, Jyo Kairi, Miyu Sasaki
Comédie Dramatique - Japon - 2018 - VOST - 2h01

Une Affaire de famille

Au retour d’une nouvelle expédition de vol à l’étalage, Osamu et son fils recueillent dans la rue une petite fille qui semble livrée à elle-même. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant pour la nuit, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu‘elle comprend que ses parents la maltraitent. En dépit de leur pauvreté, survivant de petites rapines qui complètent leurs maigres salaires, les membres de cette famille semblent vivre heureux, jusqu’à ce qu’un incident révèle brutalement leurs plus terribles secrets…

Plat du jour : Nippon ramen

Concert : La radicale (hip hop jazz)

On ne la séquestre pas et on ne réclame pas de rançon. » La question est réglée : la petite voisine, 5 ans, et une collection de bleus et de brûlures, vient de trouver un nouveau foyer. Osamu l’a quasiment ramassée dans la rue. Il l’a croisée, livrée à elle-même, alors qu’il revenait d’un raid de ravitaillement au supermarché (sans passer à la caisse) avec son fils préado. L’adorable Cosette ne perd pas au change : sa nouvelle « famille » est un cocon, encore qu’elle ne corresponde pas aux normes classiques en matière d’éducation… Hirokazu Kore-eda a décroché la Palme d’or en 2018 grâce à ce tendre portrait de groupe dans un angle mort de la société. La vie déborde, dans la baraque encombrée qui abrite la tribu. Ce décor surchargé ressemble à une dérisoire caverne aux trésors – le butin de la misère, à peine mieux que le contenu d’un chariot de clochard. Le cinéaste lui donne un aspect presque organique, il le construit comme un nid fait de bribes et de brindilles chapardées, à la fois protecteur et fragile, inconfortable et douillet. Les délinquants lumineux qui habitent ce capharnaüm lui ressemblent : vies émouvantes, cocasses, agglomérées, bricolées, mais étrangement solides. La matière vivante d’un chef-d’œuvre. Télérama
Plein Air au Bel Air

De Vincent Paronnaud, Marjane Satrapi avec Chiara Mastroianni, Danielle Darrieux, Catherine Deneuve, Simon Abkarian, Gabrielle Lopes Benites, François Jerosme, Tilly Mandelbrot, Sophie Arthuys, Arié Elmaleh, Mathias Mlekuz
Animation Comédie Dramatique - France - 2007 - VF - 1h35

Persepolis

S'inspirant de son roman autobiographique, Marjane Satrapi a écrit et réalisé ce film d'animation qui raconte l'histoire d'une jeune Iranienne grandissant pendant la Révolution islamique. Envoyée dans un pensionnat autrichien, la précoce Marji découvre que son origine ethnique alimente les préjugés raciaux. Devenue adulte, la société iranienne la contraint à quitter à nouveau son pays pour la France, où elle espère enfin affirmer son identité culturelle dans un contexte de liberté et d'égalité bafouées.

Plat du jour : Mezzés persans

Concert : The Bradley’s (rock)    

Gros succès – mérité – pour cette adaptation des quatre albums dessinés par Marjane Satrapi. Avec son complice, Vincent Parronaud, elle a visionné des films noirs – La Nuit du chasseur, de Charles Laughton, et La Soif du mal, d'Orson Welles – pour peindre le cauchemar des victimes du chah, d'abord, puis des islamistes. Dans de somptueux dégradés de gris, tous passent à la trappe, comme avalés par une diabolique machine à tuer. C'est Ubu dans l'univers expressionniste de Fritz Lang… En contrepoint, comme dans une comédie italienne, on suit l'itinéraire d'une fille de 8 à 18 ans qui prend conscience, peu à peu, que l'intolérance est toujours liée à la bêtise et à l'ignorance. Le film est peuplé de silhouettes sinistres ou drôles, croquées avec un humour rosse. Difficile d'oublier la brave Mme Nassrine, contrainte de presser du raisin pour l'oncle distillateur de Marjane, tout en murmurant, jupes retroussées : « Que Dieu me pardonne, que Dieu me pardonne... » Ou le pauvre Kia, amputé d'un bras et d'une jambe, lors de la guerre contre Saddam Hussein… Mais le plus beau personnage reste la grand-mère de Marjane. Danielle Darrieux lui prête sa voix, son insolence légère, et Marjane Satrapi lui offre les meilleures répliques : « Nom de Dieu, comme tu as grandi. Tu vas bientôt pouvoir attraper les couilles du Seigneur ! » dit-elle en revoyant Marjane, après son séjour autrichien. Cette vieille dame très indigne lui enseigne surtout le sens de l'honneur et l'engueule ferme lorsqu'il fléchit. À l'image de Karl Marx et de Dieu, un instant réunis dans l'esprit enfiévré de Marjane, qui, comme la grand-mère, lui assurent, en levant le poing : « La lutte continue ! » Télérama
  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas

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