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Films du mois

  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas
Sortie nationale

De Mounia Meddour Gens avec Marwan Zeghbib, Lyna Khoudri, Yasin Houicha, Nadia Kaci, Shirine Boutella, Amira Hilda Douaouda, Meryem Medjkane, Zahra Doumandji Drame - Algérie/France/Belgique/Qatar - 2019 - VOST - 1h46

Papicha

Alger, années 90. Nedjma, 18 ans, étudiante habitant la cité universitaire, rêve de devenir styliste. A la nuit tombée, elle se faufile à travers les mailles du grillage de la Cité avec ses meilleures amies pour rejoindre la boîte de nuit où elle vend ses créations aux " papichas ", jolies jeunes filles algéroises. La situation politique et sociale du pays ne cesse de se dégrader. Refusant cette fatalité, Nedjma décide de se battre pour sa liberté en organisant un défilé de mode, bravant ainsi tous les interdits

Le premier long-métrage de fiction de Mounia Meddour dénonce l’oppression du corps féminin par le fondamentalisme islamiste. Dans l’Algérie des années 1990, où le fondamentalisme islamiste étend insidieusement sa chape de plomb sur toute la société, Nedjma (Lyna Khoudri) mène des études de français à l’université d’Alger et fait parfois le mur pour sortir incognito en boîte avec ses copines. Son rêve serait de devenir couturière et d’organiser un défilé pour montrer ses créations, mais partout autour d’elle la pression religieuse s’intensifie : des affiches prosélytes sont placardées sur tous les murs, des bataillons de filles en hijab inspectent les chambres, les terroristes frappent, la méfiance se généralise et la peur gagne du terrain. Le tissu devient, pour l’étudiante, le terrain d’une résistance symbolique : coudre des robes qui glorifient la beauté des femmes plutôt que de les recouvrir d’un voile pudique. Jeunes actrices impétueuses. Premier long-métrage de fiction de la réalisatrice Mounia Meddour, née en 1978, Papicha (« jolie fille » en argot algérien) fait partie de ces films qui s’enrobent d’une idée de la liberté passant moins par un discours articulé, que par l’élan, la vitalité et la spontanéité de la jeunesse portraiturée. Dénonçant l’oppression du corps féminin, le film trace une ligne clairement délimitée entre partisans de la liberté et obscurantistes, scindant en deux son évocation du passé proche et troublé de l’Algérie. Mounia Meddour prend ainsi soin de discerner son héroïne de ce repli rigoriste qui emporte de larges pans de la société civile, pour faire d’elle une sorte de conscience éclairée, presque un symbole. A défaut de nuance, d’ambiguïté ou de recul historique, Papicha vaut surtout pour sa troupe de jeunes actrices impétueuses, qui donnent au film le visage de leur génération. Le Monde

De Nicolas Pariser avec Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier, Nora Hamzawi, Léonie Simaga, Antoine Reinartz, Maud Wyler, Alexandre Steiger, Pascal Rénéric, Thomas Rortais, Thomas Chabrol Comédie Dramatique - France - 2018 - - 1h43

Alice et le maire

Le maire de Lyon, Paul Théraneau, est dans une position délicate. Après 30 ans en politique, il est à cours d’idées, sentant comme un vide existentiel. Pour y pallier, Paul engage une jeune et brillante philosophe, Alice Heimann. S’ensuit un dialogue entre deux personnalités diamétralement opposées, qui chamboulera leurs certitudes.

La rencontre entre un maire à court d’idées et une jeune fille diplômée de philosophie. Un film brillamment écrit et mis en scène, sur le désarroi politique et l’essence de l’engagement. Il fut un temps, Paul Théraneau (Fabrice Luchini), homme politique et actuel maire socialiste de Lyon, se réveillait la tête débordante d’idées. Mais voilà, depuis peu, ces idées riches et stimulantes se sont taries - se sont-elles égarées ou ont-elles disparu à jamais ? L’équipe municipale, filmée comme un petit monde en ébullition, est confrontée à cet épineux problème et trouve, en une ravissante et brillante jeune femme (Anaïs Demoustier), diplômée de philosophie et ancienne enseignante à l’étranger, l’espoir de raviver l’esprit endormi de l’homme à court d’idées. C’est par ce postulat amusant que s’ouvre Alice et le Maire, deuxième long-métrage de Nicolas Pariser présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Après le mic-mac du Grand Jeu qui voyait un ancien écrivain star (Melvil Poupaud) embarqué dans l'univers trouble et dangereux de la politique, Pariser infiltre à nouveau les coulisses du pouvoir, cette fois-ci sans la noirceur du polar mais dans les lumières claires et caressantes de la presqu’île lyonnaise. N’attendez pas d’Alice et le maire qu’il aligne les coups bas et égraine les scandales croustillants à la façon d’un House of Cards made in France. Ce qui charme d’emblée dans ce film, c’est sa drôle d’intrigue minimale, que l’on pourrait croire naïve, presque enfantine mais qui est en réalité d’une pertinence et d’une complexité folle. En (re) plaçant les idées, au cœur de l’exercice politique, Pariser opère un retour aux choses concrètes, à l’action collective comme pour remettre du sens, dans ce grand bain politique où l’on ne sait plus distinguer les discours des actes et infuse ainsi une méditation profonde sur la comptabilité entre la pensée et la chose publique. Au cours des rendez-vous et des rencontres entre le maire et Alice, chargée de lui fournir des fiches thématiques censées le stimuler intellectuellement (la première - très drôle - étant focalisée sur la modestie), se noue une relation particulière. Entre les deux protagonistes l’une inexpérimentée, sans véritable vocation politique mais érudite, l’autre, homme d’engagement, rincé par trente années de mandat et de vadrouille, le lien se fait tendre, respectueux, amical. Les potions d’Alice inspirées, riches de mots et de concepts philosophiques ravivent, doucement, la foi politique - et au-delà - l’allant et l’énergie de Paul. C’est l’autre grande réussite de ce film brillamment écrit et mis en scène que de placer sur un pied d’égalité, deux générations, deux personnages, différents et semblables, l’une perdue dans les bouleversements existentiels d’une vie à peine commencée, l’autre lassé d’une carrière faite de promesses non tenues. Au centre de ces échanges entremêlés, où chacun est à la fois maître et élève, parent et enfant, (la géniale) Anaïs Demoustier et Fabrice Luchini, émouvant et rarement vu en si grande retenue, excellent. Chacun pétri de doutes, s’apprend mutuellement pour se connaître un peu mieux soi-même et ainsi croire au lendemain. Les Inrockuptibles
Sortie nationale

De Mati Diop avec Ibrahima Traore, Mame Bineta Sane, Aminata Kane, Fatou Sougou, Amadou Mbow, Abdou Balde Fantastique Drame - Sénégal/France/Belgique - 2019 - VOST - 1h44

Atlantique

Dans une banlieue populaire de Dakar, les ouvriers du chantier d’une tour futuriste, sans salaire depuis des mois, décident de quitter le pays par l’océan pour un avenir meilleur. Parmi eux se trouve Souleiman, l’amant d’Ada, promise à un autre. Quelques jours après le départ des garçons, un incendie dévaste la fête de mariage de la jeune femme et de mystérieuses fièvres s'emparent des filles du quartier. Ada est loin de se douter que Souleiman est revenu...

A voir également du 23 au 29 octobre au Kinepolis - Salle Ciné K. Horaires ici.

A écouter : Tous les cinémas du monde (RFI)

La Franco-Sénégalaise Mati Diop réalise un premier long métrage renversant, évocation fantastique d’une jeunesse dakaroise tentée par le départ. Et maintenant, le feu : Atlantique est un film magnifique. Dire exactement pourquoi et comment il l’est est une autre affaire, le jour même de sa première projection à Cannes en sélection et compétition officielles, auréolé d’une attention maximale. Mais une impression persiste : Atlantique brille sous ce grand jour d’un éclat aussi fort que celui dont il luirait au milieu d’une nuit profonde. Sa lumière n’est pas de l’extérieur mais tout à lui, c’est du film qu’elle s’échappe pour éclairer tout le reste, Festival de Cannes compris. Si le précédent film de Mati Diop, un moyen métrage distribué en salles en 2014, s’intitulait Mille Soleils - il faudra y revenir pour saisir certains des rayons qu’émet aujourd’hui ce premier long métrage -, Atlantique fait son apparition devant nous comme un astre unique, filmant d’ailleurs, comme un éternel revenant, le soleil en personne vu depuis les bords de la ville de Dakar, qui plonge chaque soir dans l’océan du titre pour laisser les vivants et les morts se rendre à leurs rendez-vous secrets. Ce soleil rouge serait le plus beau des personnages si Ada, Souleiman, Dior, Fanta, Issa et les autres ne lui volaient pas la vedette : or pour ces jeunes du quartier de Thiaroye, la lune noire reste la meilleure des alliés, complice des départs nocturnes en pirogue, des étreintes surnaturelles et des vengeances inflexibles. Va-t-on trop vite vers les étoiles, au lieu de décrire la terre ferme ? De la Croisette au cosmos en un éclair : c’est qu’Atlantique, tourné vers le large depuis cette côte dakaroise où il s’ancre absolument, est peut-être bien un film planétaire. Pirogue. Revenons à ce dont nous croyons être sûrs. Par exemple, qu’il n’y a pas beaucoup de Mati Diop dans l’histoire du cinéma. Cette rareté n’est pas seulement liée à ce qu’on peut savoir d’elle par ces traits que les portraits esquissent : qu’elle est une femme, et noire, et métisse, et cinéaste assumant l’héritage d’un beau pan d’histoire, puisqu’elle est la nièce d’un autre cinéaste, le grand Djibril Diop Mambéty - dont Mille Soleils continuait l’œuvre en inventant une suite à Touki Bouki, le film absolu du Dakar de 1973, et dont Atlantique poursuit à son tour le sillage thématique, esthétique, politique, et le poursuit haut et fort, sans s’en cacher et avec grâce. Mais il y a autre chose que ces repères : c’est le fait qu’un film aussi intensément chargé de son époque, et se mesurant, par les moyens de la fiction, aux formes et aux forces les plus centrales et les plus inquiétantes aujourd’hui à l’œuvre, pas seulement dans la vie quotidienne de la jeunesse dakaroise, pas seulement au Sénégal, ni en Afrique, mais dans tout le monde contemporain, qu’un tel film sorte victorieux de cette mêlée, pour n’être et ne rester que cela : un film, nous racontant les bribes de quelques vies, certes une grande histoire d’amour et de fantômes sur fond d’exil et de lutte des classes, mais après tout juste une histoire. Celle d’Ada (Mame Bineta Sané), 17 ans, promise au mariage avec Omar, un jeune homme riche qu’elle n’aime pas, et vivant un amour secret avec le beau Souleiman, ouvrier qui travaille sur le chantier de construction de la nouvelle tour Atlantique - un immense gratte-ciel dont la silhouette futuriste plane désormais sur Dakar. On découvre en quelques scènes les vies parallèles d’Ada, avec ses secrets et ses confidences, qui fréquente en douce, avec sa bande d’amies à la mode du quartier populaire de Thiaroye, le refuge d’une boîte de nuit au bord de l’océan, où viennent chaque soir Souleiman et ses amis. Quand les garçons, à qui les patrons refusent de payer trois mois de salaire en retard, prennent la mer sur une pirogue pour gagner l’Espagne, la vie de la petite communauté des filles bascule, avec celle d’Ada, quelques jours avant son mariage. Les marins inexpérimentés n’atteindront jamais Gibraltar, mais on raconte que le naufragé Souleiman a été aperçu à Thiaroye… La somptueuse entame diurne du film va vite, entrechoquant avec grâce éruptions documentaires, brisures romantiques cernées par le tumulte des rues et étreintes buissonnières, pour invoquer une ampleur, un vertige qui trompe l’œil, à l’image de la tour Atlantique - à la fois clone d’autres édifices construits sur d’autres rivages, arabiques ou asiatiques, monstre gris de modernité fantôme hérissant l’horizon coloré, et évocation d’une vague géante au déferlement figé au-dessus de la ville. Car, passé cette exposition et les cérémoniaux d’un mariage tamisés par un voile de réticences et de désarrois, le territoire du récit se resserre autour du double travail d’une traque et d’un deuil. Ombre. Le film fantastique, entrelacé à une enquête policière, peut commencer, prenant progressivement la place pour atteindre des pics d’intensité et de surprise, en même temps que l’amour entre les deux jeunes gens s’approfondit, par-delà la frontière de la mort. Le trajet vers le surnaturel d’Atlantique emprunte donc progressivement d’autres voies, plus étroites, plus intimes, mais singulièrement pas moins à vif que la tonitruante évocation des rues et chantiers du début. Lancés à la poursuite d’un mort sans repos, Ada et l’enquêteur d’élite d’une police locale soumise aux pressions des riches et puissants fraient la voie du film en des lieux très concrets, domestiques ou publics, dont la caméra de la cinéaste enregistre avec exactitude tout ce qu’ils décrivent d’une géographie sociale et politique, de rapports de forces genrés et friqués, des chambres miteuses des jeunes filles la tête pleine de rêves de richesse au tout-confort kitsch du palais grand bourgeois du mari d’Ada, en passant par une clinique, un commissariat, l’appartement générique du flic. Au rétrécissement des espaces au cours de l’intrigue répond l’immensité calme et sublime de l’océan, cimetière impavide qui ne veut pas dire ce qu’il couve, dont la scansion hante et entraîne le montage. L’économie de moyens et d’effets avec laquelle se manifeste le fantomatique dans le seul regard de celles restées à quai - et dans ces miroirs où les morts continuent de vivre bien -, l’absence de surplomb du film sur ses personnages, les notes térébrantes et synthétiques coulées dans la nuit dakaroise par la musique originale de Fatima Al Qadiri, tout cela aiguise une forme de minimalisme «noir wave», un trouble au lyrisme et à la rage décantés. Le feu allégorique qui brûle sourdement dans les plans-tableaux du film finit par révéler son cœur matérialiste : une histoire de possédants et de possession, de puissants corrompus dont les esprits de ceux emportés au loin par l’aspiration à un autre sort viendraient se venger par l’entremise des corps qu’ils ont aimés - à cette exception, magnifique, de l’enquêteur, peu à peu pénétré par l’ombre de celui qu’il traque. Par l’attention à des gestes simples, de rudimentaires jeux de lumières et des trucages aussi sobres que le divorce des voix et des êtres, Atlantique ouvre sur des abîmes de profondeur méditative à l’endroit de chaque figure et de chaque lieu, dont il enregistre d’abord la matérialité avant d’en visiter les multiples vies possibles. Alors, toutes les assignations peuvent se réécrire, comme le rituel d’une aube recouvre l’héritage de la nuit. C’est qu’il nous dit : plutôt la vie. Libération
Sortie nationale

De Juliano Dornelles, Kleber Mendonça Filho avec Bárbara Colen, Sônia Braga, Udo Kier, Jonny Mars, Chris Doubek Thriller Western Drame - Brésil/France - 2019 - VOST - 2h12

Bacurau

Dans un futur proche… Le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte.

Un western sous acide pour dire sa colère et combattre la montée du fascisme au Brésil. Impressionnant. Entre la sortie du précédent film de Kleber Mendonça Filho (Aquarius, en 2016, en pleine destitution de Dilma Rousseff, dont le cinéaste avait pris le parti lors d’un happening sur les marches) et celui-ci, un événement de taille s’est produit : l’élection d’un président fasciste à la tête du Brésil. Aquarius était un film de colère rentrée, qui attendait ses tout derniers plans pour laisser exploser sa rage, symbolisée par du bois infesté de termites, renversé sur le bureau d’un promoteur immobilier tout aussi véreux que les poutres. Bacurau prolonge ce geste, mais cette fois-ci la colère est immédiate, manifeste, sans entrave. Plus le temps de tergiverser, il faut combattre. Un film impressionniste autant qu'expressionniste. L’ennemi est tôt identifié : un préfet en campagne qui a décidé de rayer littéralement un village récalcitrant de la carte, et qui pour ce faire a engagé de sanguinaires mercenaires américains (menés par le méphistophélique Udo Kier). Ses motivations demeurent hélas trop floues (quelques précisions n’auraient pas été superflues) et le commando est assez caricatural, mais qu’importe : Bacurau est un film impressionniste autant qu’expressionniste, un western sous acide où les plans se dessinent au couteau, où la sensation compte davantage que la raison. Un peu comme si Glauber Rocha avait mêlé sa furie marxiste à celle, nihiliste, d’un Sam Peckinpah, le tout revisité par Tarantino (et ses samplings vintage), avec un zeste de Carpenter (pour le côté film de siège, ainsi que pour la musique, un des morceaux du master of horror himself, l’entêtant Night, recouvrant une séquence). Às Armas. Les Inrocks
Sortie nationale / Rencontre

de Danille Lessovitz avec Fionn Whitehead, Leyna Bloom, McCaul Lombardi Drame - Etats-Unis - 2018 - VOST - 1h42

Port Authority

C’est l’histoire d’une rencontre, entre un jeune homme blanc qu’on prend pour un loser et qui tente de survivre dans un New York qui ne veut pas de lui, et une « famille » de danseurs noirs et queer de Harlem adeptes du « voguing ». Parmi eux, il y a une fille superbe. Mais voilà, elle n’est pas seulement une fille superbe.

Jusqu' au 15 octobre au Kinépolis, salle Ciné K (Salle 3). Horaires ici.

Ce premier long métrage est une vibration de couleurs et d’émotions, dans un New York lumineux et fascinant. Danielle Lessovitz donne à voir un film généreux, sensible, raconté comme un hymne à la tolérance. Paul débarque en pleine nuit à New York. Il est censé retrouver sa sœur, dont il n’a qu’une photo sur son téléphone mobile, et qui, évidemment, ne viendra pas. Il se réfugie dans le métro, où après s’être fait agresser, il reçoit l’aide d’un jeune homme, pour son malheur et son bonheur à la fois, qui le conduit dans un foyer d’hébergement en plein Brooklyn, à la station Port Authority. Pour son malheur, car on ne sait pas trop bien qui est cette personne qui le secourt, tant il apparaît autant charitable que manipulateur. Pour son bonheur, car l’histoire nous invite dans ce quartier de Brooklyn où cohabitent des communautés attachantes et éclectiques, dont cette troupe de jeunes danseurs, gays et transsexuels noirs, qui partagent, plus ou moins légalement, un appartement où ils s’adonnent à leur art. Cette communauté très fraternelle organise des sortes de concours de danse hip-hop, qui constituent une forme de rituel de passage pour se faire admettre dans leur famille. Il s’agit de ce qu’on appelle la culture du Ballroom. Pour autant, Danielle Lessovitz, qui signe là un premier film bluffant, ne se contente pas de décrire cette communauté culturelle. Elle pose sa caméra sur des visages qui disent la dureté de l’existence. Mais ces corps traduisent également, à travers leur art, le principe même de résilience. Port Authority est le nom de la station de bus où se passe ce conte urbain. Il y a d’ailleurs dans la photographie et la façon de filmer, une manière qui évoque les romans de Paul Auster. La réalisatrice nous invite dans cette partie de la ville, finalement comme si nous en avions toujours été des hôtes privilégiés. Son point de vue est en effet empreint de générosité, de douceur, en même temps qu’il dénonce, sans tapage, un système d’autorégulation sociale où la débrouille se substitue à ce qui devrait être le rôle de l’Etat. Les gens survivent dans cette existence-là, composant avec leur passé, leurs rêves d’avenir et leurs désillusions. Paul, qui est le héros principal de ce récit, débarque dans cet univers avec, derrière lui, une enfance en famille d’accueil et des années d’incarcération. Il a vingt ans. Danielle Lessovitz n’en rajoute pas dans la complaisance sociale. Tout se joue dans la manière dont ce comédien hors pair, Fionn Whitehead, communique. Ses yeux trahissent la douceur, la colère, la souffrance et la force tout à la fois. Il donne la voix à Wye, une jeune femme magnifique, interprétée avec grâce par une Leyna Bloom solaire. La réalisatrice laisse a priori ses comédiens composer avec les émotions, et le couple que tous les deux incarnent semble avoir toujours existé. La musique est un personnage à part entière, dans cette chronique douce amère d’un New York du désenchantement et de l’espérance en même temps. Elle offre la vie à cette communauté de jeunes Noirs, dont le combat est autant celui qui donne corps à leur fraternité, qu’une lutte en faveur de la tolérance. Les identités sont multiples chez tous les personnages, particulièrement chez Paul et Wye qui, à travers leur relation amoureuse, tentent de s’assumer dans leur moi composite. La réalisatrice évite avec brio les poncifs de l’identité sexuelle. Au contraire, elle fabrique des personnages avec plusieurs vies, plusieurs identités. La photographie, qui accompagne New York et les personnages, participe à faire de ce récit un hymne poignant et chaleureux, à la jeunesse et au droit à être. Avoir-alire
Sortie nationale / Séance à la demande pour les scolaires

de Gilles de Maistre Documentaire - France - 2019 - VF / VOST - 1h23

Demain est à nous

Ce sont des enfants venus des quatre coins du monde, des enfants qui se battent pour défendre leurs convictions. Ils s’appellent José Adolfo, Arthur, Aïssatou, Heena, Peter, Kevin et Jocelyn... Jamais ils ne se sont dit qu’ils étaient trop jeunes, trop faibles, trop isolés pour se lever contre l’injustice ou les violences. Au contraire, grâce à leur force de caractère et à leur courage, ils inversent le cours des choses et entraînent avec eux des dizaines d’autres enfants. Exploitation d’êtres humains, travail des enfants, mariages forcés, destruction de l’environnement, extrême pauvreté... Ils s’engagent sur tous les fronts. Si petits soient-ils, ils ont très tôt pris conscience des inégalités et des dysfonctionnements, soit parce qu’ils en ont subi eux- mêmes, soit parce qu’ils en ont été témoins, et ils ont décidé d’agir. Tel José Adolfo, parvenu à l’âge de 7 ans à créer une banque coopérative permettant aux enfants de son quartier de gagner de l’argent en collectant des déchets recyclables. De l’Inde au Pérou, de la Bolivie à la Guinée, en passant par la France et les États-Unis, ce long métrage documentaire part à la rencontre de ces enfants qui ont trouvé la force de mener leurs combats, pour un avenir meilleur.

Diffusion au Kinépolis - Salle 3. Horaires ici.

Séances scolaires au Cinéma Bel Air. Rencontre avec Gilles de Maistre le 17 octobre pour les scolaires uniquement, à 9h au Bel Air, et à 14h au Kinépolis.

Sortie nationale / Rencontre

de John Chester Documentaire - Etats-Unis - 2018 - VOST -

Tout est possible / The biggest little farm

John et Molly décident de quitter Los Angeles pour se lancer dans le développement d’une ferme écoresponsable.

Diffusion en salle Ciné K au Kinépolis. Horaires ici. Attention, les horaires sont modifiés par rapport aux horaires initiaux.Horaires ici.

Rencontre avec ANV-COP21 et Alternatiba le vendredi 18 octobre à 20h30 au Kinépolis.

"The Biggest Little Farm" se démarque et emballe [...] Sans doute parce qu’il repose sur des ressorts narratifs puissants, de ceux qui ont modelé nos cerveaux dès l’enfance, de ceux à l’oeuvre dans les contes et les mythes fondateurs. Positif [...] une heure et demie de cinéma qui revigore, qui émeut, qui enthousiasme, qui épate. L'Express
Sortie nationale

De Patrick Mario Bernard, Pierre Trividic avec Jean-Christophe Folly, Isabelle Carré, Golshifteh Farahani, Sami Ameziane, Claudia Tagbo, Tella Kpomahou, Peter Bonke Fantastique Drame - France - 2019 - 1h44

L'Angle mort

Dominick Brassan a le pouvoir de se rendre invisible mais ne s’en sert pas beaucoup. Il a fait de ce don un secret honteux qu’il dissimule même à sa fiancée, Viveka. Mais vient un jour où le pouvoir se détraque et échappe à son contrôle, ce qui bouleversera sa vie, ses amitiés et ses amours.

Remaniant avec brio le thème de l’homme invisible, Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic révèlent le fantastique Jean-Christophe Folly. Peut-on être à la fois visible et invisible ? Peut-on être encore autre chose ? Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic ont l’habitude de se poser de bonnes questions, et pas seulement de bonnes questions de cinéma. Après Dancing et l’Autre, leur troisième long métrage s’inscrit dans la veine de fantastique social qui leur est propre au sein du cinéma français, et qui allie un sens distancié de la description des vies quotidiennes à des intuitions inquiétantes sur les forces qui s’agitent dans les sous-sols de notre monde virtuel. L’Angle mort est à la fois une folle histoire d’homme invisible et l’histoire d’un homme ordinaire, en une seule et même personne, avec un nom et un prénom. Dominick Brassan (Jean-Christophe Folly) a la faculté de se rendre invisible depuis l’enfance, et continue, adulte, de ne pas faire grand-chose de ce don, devenu moins maniable avec l’âge. Car tout passe par le corps chez ce couple de cinéastes, y compris le plus incorporel des pouvoirs, destiné à décliner avec le temps. Et ce corps a aussi un travail, dans un magasin de guitares, une famille, de musiciens, une copine, blanche, une voisine, mystérieuse, un ami d’enfance, qui aurait mieux fait d’y rester, tout ce qui fait une vie, un scénario ou un film. Tout ce qui fait des problèmes, quand notre homme, qui aime apparaître et disparaître, n’aspire qu’à ce qu’on foute la paix à ses allées et venues. L’Angle mort est un film gonflé. Il joue beaucoup avec ses bonnes questions, leur laisse le temps de jouer entre elles tout en continuant son histoire. En effet, Dominick est noir, une manière comme une autre d’avoir un corps, sinon que cette chose étrange qu’on appelle le regard de la société a le don d’y voir autre chose, ou bien de n’y voir que cela. Etre à la fois visible et invisible, ce qui est donné à tout le monde, est aussi une ubiquité octroyée en particulier aux Noirs, sous la forme d’une double violence. Et pouvoir être encore autre chose, c’est tout ce que Dominick désire, au lieu de se torturer à savoir s’il est l’un ou l’autre. Questions de cinéma que le film résout à sa manière, tantôt fable, tantôt récit, s’attachant à explorer la zone d’ombre qui lui donne son titre : aller voir ce que les caméras laissent en général de côté. Libération

De Ayumu Watanabe avec Mana Ashida, Hiiro Ishibashi, Airu Kubozuka, Gorô Inagaki, Yū Aoi, Tôru Watanabe, Sumiko Fuji, Win Morisaki, Min Tanaka Animation - Japon - 2018 - VF / VOST - 1h50

Les Enfants de la mer

Ruka, jeune collégienne, vit avec sa mère, avec qui elle ne s’entend pas toujours très bien. Elle se consacre à sa passion du handball. Hélas, elle se fait injustement exclure de son équipe le 1er jour des vacances. Furieuse et désoeuvrée, elle erre dans la ville et décide de rendre visite à son père à l’aquarium où il travaille . Elle y rencontre un étrange garçon, Umi...

Ce film d'animation japonais entraîne deux adolescents dans un voyage océanique et cosmique des plus extraordinaires. Un récit envoûtant rythmé par la musique du compositeur de Miyazaki. Adapté d'un manga, multi-primé au Japon, de Daisuke Igarashi, Les Enfants de la mer est un objet non identifié de l'animation japonaise, où l'on passe sans préavis du portrait naturaliste d'une adolescente japonaise à une odyssée sous-marine psychédélique. S'y raconte l'histoire de Ruka, jeune fille solitaire un brin rebelle qui, au début des vacances d'été, se fait expulser de l'équipe de handball à laquelle elle se consacrait avec passion. Désœuvrée, elle passe le plus clair de son temps au grand aquarium de Tokyo, où travaille son père océanographe. C'est là qu'elle rencontre Umi, un garçon énigmatique doté d'étranges pouvoirs, capable de vivre en harmonie avec le monde marin. S'ensuit une série d'événements climatiques plus ou moins surnaturels : l'arrivée imminente d'un typhon et une mystérieuse pluie de comètes, qui semblent étrangement liés au destin d'Umi et de son frère Sora (qu'elle rencontrera plus tard), lui aussi doté de propriétés amphibiennes. Rendre visible l'invisible Difficile à résumer de par la trajectoire inattendue que prend son récit, qui nous aspire progressivement dans sa mythologie ésotérique, Les Enfants de la mer transforme son exposition intimiste – où quelques touches impressionnistes suffisent à chroniquer le quotidien trouble de Ruka – en trip hallucinatoire. Rendre visible l'invisible, voilà l'ambition infuse de ce film d'animation un peu fou. De la matière noire qui sculpte secrètement l'univers aux ténèbres mystérieuses qui tapissent le fond de la mer, Ruka va s'embarquer dans un voyage visionnaire à travers le temps et l'espace, jusqu'aux confins de l'océan, où lui seront révélés mystères cosmiques et cataclysmes à venir. Le fond de l'océan devient un panthéon holistique, peuplé de créatures bizarroïdes, et la conscience secrète de notre planète, détentrice de ses secrets les plus opaques. Une sorte de “2001 : l'odyssée de l'espace” subaquatique On ne comprend pas forcément tout, et on sent qu'Ayumu Watanabe a dû digérer la mythologie touffue du manga original, mais on se laisse porter par le flot du film, son feu nourri de visions fantasmagoriques qui l'apparente parfois à une sorte de 2001 : l'odyssée de l'espace subaquatique, ou de Monde de Nemo sous psychotrope. Loin d'émuler la poésie arachnéenne du cinéma d'Hayao Miyazaki, Watanabe trouve sa propre voie, mais peut néanmoins compter sur une partition de haut vol signée Joe Hisaishi, compositeur attitré du réalisateur de Mon voisin Totoro. Récit d'apprentissage aspiré dans un vortex hallucinatoire, Les Enfants de la mer est une bizarrerie envoûtante, un plongeon cosmique dans les tréfonds de l'océan, sublimée par une direction artistique singulière, savant mélange de dessins à la main et de 3D au rendu bluffant. Une nouvelle perle du cinéma d'animation japonais. Les Inrockuptibles

De Hiroyasu Ishida avec Kana Kita, Yū Aoi, Rie Kugimiya, Miki Fukui, Megumi Han, Misaki Kuno, Hidetoshi Nishijima, Mamiko Noto, Naoto Takenaka Animation - Japon - 2019 - VF / VOST - 1h47

Le Mystère des pingouins

Quand des pingouins apparaissent partout dans sa petite ville, semant au passage une joyeuse pagaille, le jeune Aoyama se dit qu’il y a là une enquête à mener. Ce studieux élève de CM1, accompagné de son meilleur ami, enrôle également sa rivale aux échecs et une énigmatique assistante dentaire pour percer le secret des pingouins. Mais ces petites bêtes ne sont que le premier signe d’une série d’événements extraordinaires. Commence alors pour le jeune garçon une aventure pleine de surprises… et de pingouins !

Les pingouins envahissent la ville. Un élève studieux enquête… et se laisse troubler par une jeune femme. Un beau récit, initiatique et écologique. Aoyama, studieux élève de CM1, est un garçon intelligent, et il le sait. Persuadé d’être promis à un brillant avenir, il ne cesse de réfléchir sur le monde, schémas scientifiques à l’appui, et compte les jours jusqu’à l’âge adulte. Quand des pingouins envahissent sa petite ville, il décide de mener l’enquête avec son meilleur ami et sa rivale au jeu d’échecs. Il découvre alors la face cachée d’une jolie assistante dentaire qui le trouble… Adapté d’un roman à succès de ­Tomihiko Morimi, ce premier long métrage est un « anime » (selon l’expression consacrée) exemplaire, destiné autant aux enfants qu’aux adultes. Avec son esthétique franche et délicate en 2D et 3D, il chronique le quotidien, pour mieux y laisser surgir événements surnaturels et atmosphère surréaliste. L’enfance et la préadolescence y sont exaltées comme le moment absolu de la curiosité et de l’apprentissage du danger, assortis à l’éveil maladroit du désir sexuel. Car même Aoyama n’a pas de formule de maths pour comprendre son émoi ­devant les courbes d’une beauté féminine… Et cette ode insolite au mystère féminin se teinte enfin d’écologie, comme toute bonne animation ­nippone contemporaine : ce sont des ­objets de consommation qui se métamorphosent en pingouins, invitant ingénument à une réflexion sur le matérialisme. Télérama

De Keiichi Hara avec Mayu Matsuoka, Anne Watanabe, Kumiko Aso, Nao Touyama, Keiji Fujiwara, Akiko Yajima, Masachika Ichimura Animation Fantastique - Japon - 2019 - VF / VOST - 1h55

Wonderland, le royaume sans pluie

Akané est une jeune fille rêveuse. La veille de son anniversaire, elle se rend chez sa tante antiquaire pour récupérer son cadeau. Dans l'étrange bric-à-brac de la boutique, elle pose sa main sur une pierre magique. S'ouvre soudain un passage secret d'où surgit Hippocrate, un alchimiste venu d'un autre monde. 

Akané doit sauver de la sécheresse un royaume fantastique, dont elle ignorait l’existence. Un superbe manga initiatique aux dialogues pleins d’esprit. Akané, adolescente un brin maussade, se rend dans la boutique de sa tante antiquaire, qui se réjouit d’aller prochainement chiner « à L’Isle-sur-la-Sorgue, dans le sud de la France » (sic). Parce qu’elle pose la main sur une drôle de pierre dans le bric-à-brac de sa tatie délurée, une trappe s’ouvre soudain sous un tapis. En surgit un alchimiste venu d’un autre monde, annonçant à Akané qu’elle est la déesse du Vent vert et qu’elle seule peut éviter une terrible sécheresse. Début, pour ces deux héroïnes, d’une trépidante traversée d’un royaume aux régions plus disparates et fantastiques les unes que les autres… Keiichi Hara est loin d’être un nouveau venu dans l’animation, et l’on se souvient de son si gracieux Miss Hokusai (primé au festival d’Annecy en 2015) ou de Colorful, en 2011, qui, sous ses couleurs pimpantes, osait aborder le thème du suicide. Avec cette adap­tation d’un roman pour enfants de ­Sachio Kashiwaba, L’Etrange Voyage depuis la cave, il revient au manga pour jeune public, mais avec de vrais traits d’esprit (certains dia­logues sont très drôles) et un talent toujours aussi ­enchanteur pour la cou­leur. Si la narration chemine au rythme classique du voyage initiatique, chaque décor traversé est une nouvelle surprise ­visuelle : jardins ­extraordinaires d’un vert vibrant, plaines désertiques com­me pigmentées de rose, ville rétrofuturiste ou pont suspendu entre deux monta­gnes à faire trembler Indiana Jones lui-même… L’eau jaillira-t-elle pour réhydrater le monde ? En tout cas, ce film d’un Japonais qui, décidément, semble aimer la France se termine sur la musique de Parlez-moi d’amour ! Télérama
Sortie nationale

De Kiyoshi Kurosawa avec Atsuko Maeda, Shota Sometani, Tokio Emoto, Ryo Kase, Adiz Radjabov Drame - Japon/Ouzbekistan/Qatar - 2019 - VOST - 2h00

Au bout du monde

Reporter pour une émission populaire au Japon, Yoko tourne en Ouzbékistan sans vraiment mettre le cœur à l’ouvrage. Son rêve est en effet tout autre… En faisant l'expérience d’une culture étrangère, de rencontres en déconvenues, Yoko finira-t-elle par trouver sa voie ?

Les Jeudis de l'ArchitectureRencontre

de Gérard Thurnauer et Allan Wisniewski Documentaire - France - 2012 - 1h

La ville autrement

À l’heure où le paysage urbain du Grand Paris fait l’objet de toutes les conjectures, le devenir de la ville du XXIème siècle commence à faire débat d’autant que plus de la moitié de la population mondiale et 80% de Français vivent dans des aires urbaines. Étalement urbain, dépendance automobile, crise du logement, ségrégation urbaine sont autant de symptômes qui caractérisent de plus en plus la plupart des villes. Pourtant depuis une dizaine d’années, quelques urbanistes, architectes, élus et habitants, se sont investis dans des réalisations architecturales qui préfigurent peut-être le visage de la ville du futur. A l’échelle de différents quartiers du Nord, de Bretagne et du Languedoc-Roussillon, nous nous proposons donc de mettre en regard trois réalisations qui présentent une image singulière de l’urbanisme de demain. L’opportunité d’explorer d’autres voies d’un développement urbain, parfois qualifié d’urbanisme vert mais qui néanmoins questionne la notion de «ville durable». Nous pourrons ainsi apprécier comment la ville se reconstruit sur elle-même à Lille, se développe par la création d’un nouveau centre ville à Saint Jacques de la Lande, près de Rennes, se structure autour d’un réseau de transports collectifs à Montpellier.

Rencontre avec Mathieu Winter et Rémy Claden, architectes, animée par Charles Henner, architecte, et Sarah Favrat, dessinatrice, le jeudi 24 octobre à 20h.

de Guillaume Nicloux avec Gérard Depardieu, Michel Houellebecq Comédie Dramatique - France - 2019 - 1h33

Thalasso

Cinq années ont passé depuis L'Enlèvement de Michel Houellebecq. Michel et Gérard Depardieu se rencontrent en cure de Thalasso à Cabourg. Ils tentent ensemble de survivre au régime de santé que l’établissement entend leur imposer. Alors que Michel est toujours en contact avec ses anciens ravisseurs, des événements imprévus viennent perturber leur programme…

Diffusion du 16 au 22 octobre au Kinépolis - Ciné K (Salle 3). Attention, les horaires sont modifiés par rapport aux horaires initiaux.Horaires ici.

Guillaume Nicloux signe un film décalé sur la fin de vie, sur la vieillesse, sur la foi, sur la superstition, sur la résurrection des corps et les passions de l’âme qui accompagnent tous ses mouvements. Enthousiasmant au sens étymologique de "transport divin". Les professionnels du corps sont aux petits soins : Michel Houellebecq et Gérard Depardieu ne trouvent pas grand chose à leur dire mais le hasard de leur rencontre fait mouche. Entre eux, immédiatement, c’est une complicité de « vieux routards », de « vieilles canailles » qui doivent autant au modèle de Laurel et Hardy qu’à celui d’Astérix et Obélix voire de Don Quichotte et Sancho Panza. C’est dire combien l’histoire est ancienne et sans cesse renouvelée, renouvelable, recyclable devrait-on dire… Puisqu’il s’agit bien de ça... La thalasso, ses rites, ses valeurs, ses exigences, ça se mérite. Dans un sidérant renversement des représentations et des rapports de force, les deux stars sont mis au pas de la norme suprême de la diététique, de l’hygiénisme et de l’aseptisation de l’existence. Une existence dans laquelle Houellebecq se plaît à rêver que la mort est une illusion et que, comme l’écrivait André Bazin sur le cinéma, il s’agit de momifier son corps pour l’éternité. On a l’éternité qu’on mérite. Cette interrogation sur l’esthétique de la plastique physique du corps est bien inspirée dès lors qu’il s’agit de mettre en image différemment, de mettre à nu les corps de monstres sacrés tels que Sylvester Stallone. Ces miracles de la médecine et de la science laissent à penser qu’on peut refuser, contourner, rencontrer la mort et passer son chemin sans s’y arrêter. Cette course en avant autorise le rêve d’une jeunesse éternelle qui paraît possible au prix du renoncement à une jouissance « épicurienne » et hédoniste de la vie. Michel et Gérard ne sont ni tout à fait de taille pour lutter contre ce carcan, ni vraiment soumis à lui… Tels des chenapans immatures, ils se cachent pour fumer dans leur chambre, sur leur balcon, puis dans le parc, comme si leurs espaces de confort et de liberté se réduisaient en peau de chagrin et surtout les excluaient… Ni sédentaires, ni nomades, les compères s’évadent autrement. Par exemple, Depardieu écoute avec un silence gêné un scénariste aux idées délirantes et inconfortables dont le diagnostic est incertain. Houellebecq rêve tout haut qu’il a été kidnappé pour ne pas pouvoir se présenter aux présidentielles. Ils évoquent leurs faiblesses, usures, fragilités et se confrontent à une réalité dont ils sont sensés être protégés dans de telles institutions…Le cinéaste décortique son obsession des «institutions totales» analysées en leur temps par le sociologue de l’interaction américain Erwing Goffman. Avec son adaptation du livre brûlot de Denis Diderot La Religieuse Nicloux affine cette peinture au vitriol de divers types de conditions de réclusion et de la question des consentements, des libres arbitres et des volontés qui animent les mouvements de ses personnages. Regardez le générique jusqu’au bout et vous comprendrez combien cette vacuité de la recherche de l’éternité, sinécures et autres élixirs de jeunesse tourne en dérision notre société du spectacle. Avoir-alire
Sortie nationale

de George A. Romero avec Duane Jones, Judith O'Dea, Keith Wayne Fantastique Horreur - Etats-Unis - 1968 - Copie restaurée en 2019 - VOST - 1h36

La nuit des morts-vivants

Chaque année, Barbara et Johnny vont fleurir la tombe de leur père. La route est longue, les environs du cimetière déserts. Peu enclin à prier, Johnny se souvient du temps où il était enfant et où il s'amusait à effrayer sa soeur en répétant d'une voix grave : "Ils arrivent pour te chercher, Barbara."
La nuit tombe. Soudain, un homme étrange apparaît. Il s'approche de Barbara puis attaque Johnny, qui tombe et est laissé pour mort. Terrorisée, Barbara s'enfuit et se réfugie dans une maison de campagne. Elle y trouve Ben, ainsi que d'autres fugitifs. La radio leur apprend alors la terrible nouvelle : des morts s'attaquent aux vivants.

Diffusion de la trilogie Romero du 23 au 29 octobre en salle Ciné K du Kinépolis. Horaires ici.

A voir : Blow up Arte Lettre à George Romero et Les zombies au cinéma

Sortie nationale

de George A. Romero avec Ken Foree, Scott H. Reiniger, David Emge Fantastique Horreur - Etats-Unis - 1978 - VOST - 1h55

Zombie

Des morts-vivants assoiffés de sang ont envahi la Terre et se nourrissent de ses habitants. Un groupe de survivants se réfugie dans un centre-commercial abandonné. Alors que la vie s'organise à l'intérieur, la situation empire à l'extérieur...

Diffusion de la trilogie Romero du 23 au 29 octobre en salle Ciné K du Kinépolis. Horaires ici.

de George A. Romero avec Lori Cardille, Terry Alexander, Joseph Pilato Fantastique Horreur - Etats-Unis - 1985 - VOST - 1h43

Le jour des morts-vivants

Les morts-vivants se sont emparés du monde. Seul un groupe d'humains, composé de militaires et de scientifiques, survit dans un silo à missiles. Deux solutions se présentent : fuir ou tenter de contrôler les zombies...

Diffusion de la trilogie Romero du 23 au 29 octobre en salle Ciné K du Kinépolis. Horairesici.

Sortie nationale

De Marco Bellocchio avec Pierfrancesco Favino, Maria Fernanda Cândido, Fabrizio Ferracane, Fausto Russo Alesi, Luigi Lo Cascio Drame - Italie/France/Brésil/Allemagne - 2019 - VOST - 2h32

Le Traître

Au début des années 80, la guerre entre les parrains de la mafia sicilienne est à son comble. Tommaso Buscetta, membre de Cosa Nostra, fuit son pays pour se cacher au Brésil. Pendant ce temps, en Italie, les règlements de comptes s’enchaînent, et les proches de Buscetta sont assassinés les uns après les autres. Arrêté par la police brésilienne puis extradé, Buscetta, prend une décision qui va changer l’histoire de la mafia : rencontrer le juge Falcone et trahir le serment fait à Cosa Nostra.

Marco Bellocchio met en scène avec force et sobriété la relation entre un fameux repenti de la Cosa Nostra et le juge Falcone. L’Église, la politique, le terrorisme : Bellocchio n’a jamais eu peur de se mesurer à de grands symboles tout en les analysant toujours à l’aune d’éléments intimes, infimes, inconscients. C’est encore le cas à travers cette « étude » d’un repenti fameux de Costra Nostra, Tommaso Buscetta, dont les révélations furent décisives dans la lutte contre la mafia, provoquant la condamnation de 475 personnes. Après avoir fui la Sicile au début des années 80, pressentant que la guerre qui sévissait alors entre plusieurs parrains ne l’épargnerait pas, Tommaso s’installe au Brésil avec sa femme et ses enfants. Il y passe du bon temps, mais il est arrêté par la police brésilienne, qui le torture – une scène hallucinante le montre dans un hélicoptère, où on l’oblige à parler tandis qu’un autre hélico vole juste à côté, avec sa femme suspendue dans le vide ! Extradé en Italie, fatigué, rescapé d’une tentative de suicide et voulant protéger sa famille, Tommaso rencontre le juge Falcone et décide de collaborer avec lui, trahissant donc son serment d’allégeance à Cosa Nostra fait très tôt dans sa jeunesse. Ce qu’il commence à révéler est d’une importance capitale puisqu’il décortique tout le système, à savoir le mode d’organisation pyramidal de Cosa Nostra, avec, à la base, ses simples soldats travaillant pour le compte d’un chef de commission. Courageux sans doute, loyal par certains côtés, tartuffe par d’autres, ce Buscetta est fascinant. Pour autant, Bellocchio prend soin de ne jamais en faire un héros, ni un traître charismatique. Ce personnage qui ne se dit pas « repenti » et qui reste fidèle à l’esprit originel de Cosa Nostra, selon lui dévoyé par la course au profit devenue démoniaque, ne confesse jamais ses crimes, ne réclame pas pardon. Il est prudent, parcimonieux, avisé, c’est ce qui plaît au juge Falcone, lequel séduit son interlocuteur par son intelligence. Le film saisit sobrement leur lien, fondé sur un respect mutuel, à bonne distance. Mais c’est surtout la reconstitution du maxi-procès de Palerme (de février 1986 à 1987) qui marque le plus. Dans les confrontations des accusés, l’ambiance tumultueuse de la salle du tribunal, le cantonnement des mafieux derrière les barreaux comme des fauves en cage, on assiste là à un étrange théâtre, entre l’opéra-comique et les jeux du cirque, où l’arène suinte la bestialité. Sur le caractère agreste et arriéré des caïds, sur l’obsession sexuelle de Buscetta qui a toujours « préféré baiser que commander », sur la Sicile en général (le dialecte, le poids de la famille, les codes d’honneur de Cosa Nostra), Bellocchio sème avec rigueur ses indices, comme les pièces d’un puzzle. Celui d’une tragédie sourde, secrète, étrangère aux effets spectaculaires comme au réalisme trop criant. On y devine la parano forcément galopante du traître une fois qu’il a parlé, on y voit aussi le côté délirant du cocon mis en place. Tout le monde est aux petits soins avec lui, le surprotège. Il est logé dans le Palais de Justice, un peu comme s’il était à l’hôtel. Une cage dorée à l’intérieur de laquelle on le voit faire du vélo ! Aussi le film baigne-t-il dans une atmosphère parfois irréelle, où les cauchemars et la hantise font surface. Un phénomène inéluctable dans ce monde dominé par des hommes sanguinaires et suicidaires, soudés à leur arme, enfermés dans une logique folle, qui les entraîne à sacrifier leurs propres fils. Télérama
Sortie nationale

De Jérémy Clapin avec Hakim Faris, Victoire Du Bois, Patrick d'Assumçao Animation - France - 2019 - 1h21

J'ai perdu mon corps

À Paris, Naoufel tombe amoureux de Gabrielle. Un peu plus loin dans la ville, une main coupée s’échappe d’un labo, bien décidée à retrouver son corps. S’engage alors une cavale vertigineuse à travers la ville, semée d’embûches, et des souvenirs de sa vie jusqu’au terrible accident. Naoufel, la main, Gabrielle, tous trois retrouveront, d’une façon poétique et inattendue, le fil de leur histoire...

Un film d’animation d’une rare originalité, à la fois éloge du mouvement et de la sensualité. J’ai perdu mon corps, premier long métrage d’animation de Jérémy Clapin, semble assez simple à résumer : échappée d’un laboratoire où elle attendait d’être disséquée, une main humaine cherche son corps. L’héroïne de ce film est pour le moins surprenante. Pourtant, elle parvient à susciter une profonde et sincère empathie chez les spectateurs, tentant de traverser les rues encombrées de voitures, obligée de se battre contre des rats voraces dans les égouts de la ville. Le récit est cependant plus complexe, car il joue sur deux temporalités qui se font écho : l’avant et l’après main coupée. Mais passé et présent sont toujours teintés d’une superbe sensualité. Avant, il y avait Naoufel, jeune homme à lunettes issu d’une famille maghrébine, passionné par la musique et les sons, assoiffé de liberté et d’indépendance. Après la mort de ses parents, Naoufel fait fortuitement la connaissance d’une jeune femme au travers d’un interphone. Une rencontre des plus surprenantes où, alors que nous sommes au cinéma, le regard ne joue aucun rôle, puisque tout se passe grâce la voix. A l’ouïe. Un jeu de séduction qui, par son anticonformisme, fait naître une jolie émotion. La jeune femme en question s’appelle Gabrielle, qui compense son introversion en usant d’un sens de la répartie et d’un franc-parler à toute épreuve. Bibliothécaire, elle aime à contempler, de ses yeux profonds, les paysages déserts de l’Antarctique, rêvant, comme Naoufel, d’indépendance et de liberté. Ou quand l’oreille et l’œil apprennent à s’aimer. Par l’introduction de la pizza, au début et à la fin de l’intrigue, c’est l’odorat et le goût qui se trouvent manifestés à l’écran, d’une manière moins importante, mais tout aussi remarquable que la vue et l’ouïe. C’est surtout le sens du toucher qui occupe une place de choix, par la mise en scène de cette main en mouvement. La main, c’est le toucher, le contact de la paume et des doigts de Naoufel sur le bois qu’il travaille. La main, c’est aussi le prolongement du bras, et donc, c’est le mouvement, comme les images du cinématographe. C’est un double hommage que Jérémy Clapin rend au septième art : non seulement la main coupée célèbre l’image-mouvement, le mouvement filmé, mais elle célèbre aussi l’animation comme art cinématographique par excellence. En effet, contrairement à la prise de vue réelle, le cinéma d’animation ne se contente pas de saisir et restituer le mouvement. Il fabrique un mouvement et une temporalité uniques, propres au récit et au film. Par ailleurs, le réalisateur pose un regard sombre mais optimiste sur une société déchirée, culturellement divisée et qu’il faut raccommoder, à l’image de la main orpheline partie à la recherche de son corps. Singulier, sensible et émotionnellement puissant, J’ai perdu mon corps est bien parti pour être l’un des meilleurs films d’animation de 2019. Avoir-alire
Festival Augenblick - Compétition

De Mehmet Akif Büyükatalay avec Zejhun Demirov, Deniz Orta, Cem Göktas, Mikael Bajrami, Firat Baris Ar Drame - Allemagne - 2019 - VOST - 1h40

Oray

Lors d’une dispute, Oray répète trois fois le mot talâq à sa femme Burcu ce qui, dans la loi islamique, signifie la répudiation. Fervent pratiquant, il va chercher conseil auprès de l’imam de sa ville qui lui impose une séparation de trois mois. Il profite de cette décision pour partir vivre à Cologne et y construire une nouvelle vie pour Burcu et lui. L’imam de sa nouvelle communauté a une vision plus rigoriste de la loi islamique, pour lui le divorce doit être prononcé. Oray se retrouve alors tiraillé entre son amour pour sa femme et sa ferveur religieuse.

Rencontre avec le réalisateur

Festival Augenblick - Compétition

De Markus Goller avec Lars Eidinger, Bjarne Mädel, Sandra Hüller, Franka Potente, Alexandra Maria Lara Comédie Road Movie - Allemagne - 2018 - VOST - 1h56

25 km/h

Les deux frères Christian et Georg ne se sont pas vus depuis 30 ans et se retrouvent à l'enterrement de leur père. Au début, le silence règne toujours entre les deux frères. Georg s’est occupé du père jusqu’à sa mort, mais Christian n’était plus venu à la maison depuis des années. Mais l’alcool entre alors en jeu. Les deux quarantenaires décident donc de rattraper une expédition en vélomoteur à travers l’Allemagne qu’ils voulaient entreprendre à leur adolescence. De la Forêt-Noire à Rügen, le voyage à 25 km/h sera jalonné d’aventures et leur permettra de se rapprocher.

Festival Augenblick - Compétition

De Anatol Schuster avec Ahuva Sommerfeld, Kara Schröder, Nirit Sommerfeld, Robert Schupp, Murat Seven, Jule Böwe, Katharina Leonore Goebel, Pit Bukowski, David Hugo Schmitz, Gina Haller, Max Roenneberg Comédie Dramatique - Allemagne - 2019 - VOST - 1h18

Frau Stern

“Il faut tirer sa révérence tant qu’on le peut”. Madame Stern, berlinoise de 90 ans, survivante de l’holocauste et fumeuse compulsive a décidé qu’il était temps de mourir. Sauf qu’un revolver, cela ne s’achète pas au tabac du coin. Alors en attendant de trouver une arme et l’audace de passer à l’acte, elle se laisse guider par sa petite-fille Elli au fil de ses sorties nocturnes, et chaque nouvelle surprise que lui apporte la vie vient contrarier son entêtement.

Festival Augenblick - Compétition

De Marie Kreutzer avec Valerie Pachner, Pia Hierzegger, Mavie Hörbiger, Michelle Barthel, Marc Benjamin Drame - Autriche - 2019 - VOST - 1h48

Der Boden unter den Füßen

Lola contrôle sa vie personnelle avec la même rigueur que lui impose son travail de consultante en entreprise. Elle n’a que très peu de temps à consacrer à sa sœur Conny atteinte de schizophrénie paranoïde. Suite à un événement tragique, ses responsabilités envers elle viennent bouleverser son équilibre précaire et peu à peu, la réalité semble lui échapper.

Festival Augenblick - Compétition

De Carlos Morelli Drame - Allemagne - 2019 - VOST - 1h19

L'ANNIVERSAIRE

Divorcés depuis un moment, Mathias et Anna parviennent à mettre leurs différends de côté pour organiser à leur fils, Lukas, une fête d’anniversaire inoubliable. À la fin de la journée, reste Julius, un copain d’école que sa mère n’est pas revenue chercher. Commence alors pour Mathias et le petit garçon un périple nocturne où il prend conscience de ses propres faiblesses en tant que père.

Festival Augenblick - Jeunesse

De Hayo Freitag avec Joachim Król, Bela B., Charly Hübner, Katharina Thalbach, Elena Kreil, Konstantin Seldenstücker, Maximilian Roca Jungfer, Erwin Leder, Hayo Freitag, Tomi Ungerer Animation - Allemagne - 2007 - VO non sous-titrée - 1h19

Les Trois brigands

Trois méchants brigands passent leur temps à détrousser les voyageurs en diligence, à détruire les attelages… Leurs forfaits commis, ils accumulent leurs butins dans une caverne retirée en haut de la montagne. Sans cœur, sans scrupule, rien ne les arrête jusqu'au jour où l'unique occupant de la diligence est Tiffany, une petite fille orpheline. Surpris, ils emmènent l'enfant dans leur repaire. « Que faites-vous de tout cet or ? » demande-t-elle. Les 3 hommes ne s'étaient jamais posé la question… Grâce à une merveilleuse alchimie, la petite fille réussit à attendrir les redoutables bandits. Leur vision sombre, violente du monde change du tout au tout, ils arrêtent les pillages, libèrent les enfants d'un orphelinat dont la directrice s'adonne à un trafic de confiseries, décident d'acheter un château pour y héberger tous les orphelins du pays. De trois redoutables méchants, ils deviennent, au contact de la petite fille, des pères de famille tendres, attentionnés !

A partir de la MS de maternelle

(...) On a rarement vu adaptation aussi réussie : tout l'univers graphique du dessinateur est présent, ainsi que l'esprit du livre.(...) On est charmé par tant d'audace visuelle, émerveillé par un film d'animation capable de séduire petits et grands (...) Le Parisien
Festival Augenblick - Compétition

De Nora Fingscheidt avec Helena Zengel, Gabriela Maria Schmeide, Albrecht Schuch, Lisa Hagmeister, Imke Büchel, Victoria Trauttmansdorff, Jana Julia Roth, Gisa Flake, Peter Schneider Drame - Allemagne - 2019 - VOST - 1h58

Benni

Bernadette, ou Benni, comme elle préfère qu'on l'appelle, est une fille à l'air délicat, à l'énergie débridée. C’est une "systémique". Ce terme est utilisé pour décrire les enfants qui enfreignent chaque règle. Ces enfants refusent toute forme de structure et échouent peu à peu dans les services de protection de l’enfance et de protection sociale allemands. Peu importe où cette fillette de neuf ans est accueillie, elle est renvoyée au bout d'un moment. Et c’est exactement ce qu’elle recherche, car elle ne souhaite qu'une chose : pouvoir vivre avec sa mère, une femme totalement incapable de faire face au comportement imprévisible de sa fille.

Festival Augenblick - Coup de coeur - 30 ans de la chute du mur

De Franziska Meletzky avec Marc Benjamin, Devid Striesow, Josefine Preuß, Jacob Matschenz, Jörg Schüttauf Comédie - Allemagne - 2017 - VOST - 1h38

Vorwärts immer!

Berlin Est, 1989 : Anne est enceinte et veut passer à l’Ouest où l’attend sa mère. Elle se rend aux fameuses Montagsdemo (manifestations du lundi) de Leipzig pour s’y procurer de faux papiers. Tout cela bien entendu sans l’approbation de son père Otto Wolf, acteur de théâtre qui tente de rester dans les petits papiers du gouvernement. Il a ouï dire qu’à la prochaine manifestation, des chars allaient être dirigés contre les manifestants… pour sauver sa fille, il se risque à interpréter le rôle le plus audacieux et culotté de sa carrière. On ne peut s’empêcher de penser au To Be or Not to Be d’Ernst Lubitsch devant cette troupe de théâtre au sang-froid et à l’interprétation magistrale lorsqu’il faut sauver sa vie !

De Romuald Karkamar Documentaire - Allemagne - 2017 - VOST - 1h45

IF I THINK OF GERMANY AT NIGHT

Le nouveau documentaire de Romuald Karmakar dresse le portrait de cinq pionniers de la musique électronique pour qui le travail est leur raison d'être. Le film commence avec une nature morte d'équipement électronique dans lequel on se met à découvrir au bout de plusieurs minutes un plan large de câbles, de consoles, d'amplificateurs, de claviers et "des contrôleurs" comme Ricardo Villalobos - qui était le personnage principal du film de Karmakar en 2009 - et qui allumera plus tard les tableaux étincelants de distribution à l'arrière-plan. Entre les pensées éloquentes des musiciens durant les interviews, les observations posées d'eux à leur platine de DJ et les images de foules suantes aux raves, une image sélective, progressive et très calme émerge d'une scène musicale en transition. Ata décrit la scène de musique actuelle comme un énorme tapis densément tissé, dont la fin est invisible. C'est une scène qui depuis les années 90 s'est différenciée et a évolué en quelque chose de plus complexe et difficile à saisir. Karmakar n'essaye pas de fournir une enquête historique homogène, il permet plutôt à ses images et à ses protagonistes de parler pour eux-mêmes.

De Claus Rafle Documentaire Drame - Allemagne - 2017 - VOST - 1h50

LES INVISIBLES

Février 1943, les Nazis déclarent Berlin « libérée des Juifs ». Pourtant, 7000 Juifs survivent dans la clandestinité et deviennent « invisibles » pour l’administration nazie. Seuls quelques proches sont au courant de leurs véritables identités. Malgré l’aide d’Allemands résistants, peu d’entre eux réussissent à garder secrète leur identité et à échapper à la Gestapo. Les Invisibles retrace le parcours de quatre rescapés : Cioma Schönhaus, Hanni Lévy, Eugen Friede et Ruth Arndt en se basant sur leurs interviews. Alternant extraits de ces rencontres et scènes reconstituées, le film raconte avec force et intensité l’histoire de la résistance juive.

Festival Augenblick - Jeunesse

De Mark Schlichter avec Alexandra Maria Lara, Devid Striesow, Katharina Thalbach, Stephanie Stumph, Axel Ranisch Comédie - Allemagne - 2019 - VOST - 1h32

Alfons Zitterbacke: Das Chaos ist zurück

Alphonse Frissonnard a une imagination débordante et rêve d’une chose : devenir astronaute. Ses parents aimeraient que leur fils ait un peu plus les pieds sur terre et soit plus studieux. Mais traité injustement par un de ses professeurs de collège et moqué par ses camarades de classe, Alphonse n’a pas toutes les chances de son côté. Avec ses amis, Benni et Emilia, il décide de s’inscrire à une compétition d’objets volants pour enfin montrer au monde ce dont il est capable.

Festival Augenblick - Jeunesse

De STEFFEN Angela, BINIADAKI Nancy, VON DOHREN Lena, SCHIEHSL Johannes, ROHLENDER Sonja Animation Court-Métrage - Allemagne/Suisse - 2014-2019 - VO non sous-titrée - 0min

LA TAUPE AMOUREUSE AUTRES PETITES HISTOIRES

Ce programme de courts est constitué de 9 petites histoires d’animaux et s’adresse aux enfants dès 3 ans. On y rencontre une taupe à la poursuite d’un étrange ver de terre, un oiseau qui parade, un paresseux mangeur de glace, un ours fanfaron, une lune espiègle et plein d’autres animaux attachants. Liste des courts métrages : Der Seehund auf meiner Schmusedecke de Angela Steffen (DE - 2019 - 3min24s), Faultier de Julia Ocker (DE - 2019 - 3min37s - muet), Der Mond und ich de Nancy Biniadaki (DE - 2015 - 8min21s - musical), Der Elefant auf meiner Schmusedecke de Angela Steffen (DE - 2015 - 3min24s), Kleiner großer Bär de Sarah Schulz (DE - 2018 - 4min48s), Der Maulwurf und der Regenwurm de Johannes Schiehsl (DE - 2015 - 4min - muet), Der kleine Vogel und das Eichhörnchen de Lena von Döhren (CH - 2014 - 4min20s - muet), Der Hund auf meiner Schmusedecke de Angela Steffen (DE - 2019 - 3min24s), Nest de Sonja Rohlender (DE - 2019 - 4min - muet/ musical)

Ecoles maternelles

Festival Augenblick - Jeunesse

De Michael Herbig avec Karoline Schuch, Friedrich Mücke, Alicia von Rittberg, David Kross, Jonas Holdenrieder Historique Thriller - Allemagne - 2018 - VOST - 2h06

Le Vent de la liberté

1979. En pleine guerre froide, deux familles ordinaires d’Allemagne de l’Est rêvent de passer à l’Ouest. Leur plan : construire une montgolfière et survoler la frontière. Une histoire incroyable. Une histoire vraie.

A partir de 13 ans - Collèges et Lycées

A la fin de la dernière guerre, l’Allemagne vaincue est divisée en deux États qui symbolisent la séparation entre les démocraties occidentales et le monde communiste. La RFA (République Fédérale d’Allemagne) regroupe les forces alliées américaines, anglaises et françaises. La RDA (République Démocratique d’Allemagne) correspond à la zone occupée depuis 1945 par les Soviétiques qui y installent un régime dictatorial. Les moindres faits et gestes des habitants sont surveillés par la Stasi, une police de sinistre mémoire qui n’hésite pas à éliminer les élèments réfractaires, traqués en permanence par son réseau d’informateurs. Pour endiguer la fuite de la population vers l’Allemagne de l’Ouest, le gouvernement de l’Est fait construire « le Mur de Berlin » qui, à partir du 13 aout 1961, interdit tout passage d’un pays à l’autre. Les Allemands de l’Est redoublent alors d’imagination pour tenter de s’échapper. Ils se cachent dans des coffres de voitures, creusent des tunnels, essaient de détourner des avions ou traversent des rivières à la nage, mais hélas la plupart des fugitifs sont assassinés par leurs geôliers. Le réalisateur allemand Michaël Bully Herbig, spécialiste des divertissements télévisuels et des comédies à succès, sidéré par le peu d’intérêt de la jeunesse pour l’histoire de l’Allemagne de l’Est, s’appuie sur les témoignages des membres encore vivants des deux familles qui ont vécu il y a tout juste quarante ans ces événements, pour faire revivre tout un pan de l’histoire de son pays en relatant, non sans humour, les péripéties rocambolesques de citoyens bien décidés à retrouver leur liberté à l’Ouest. Après avoir lu un reportage sur un festival de montgolfières, Peter et Doris Strelzyk et leurs amis Petra et Günter Wetzel envisagent de s’évader en ballon. Construire une montgofière ne paraît pas si difficile pour Peter, qui a reçu une formation de technicien aéronautique et possède de bonnes notions de physique et de mathématiques. Plus téméraires que leurs amis, les Strelzyk et leurs enfants tentent seuls un premier décollage qui se solde par un échec et laisse assez de traces pour lancer la Stasi à leur trousse. Si elle parvient à remonter jusqu’à eux, ce sera la prison pour les parents et le placement en foyer pour les enfants. Il faut donc trouver très très vite le moyen de renouveler l’expérience. Pour cela, leurs amis décident de les aider et de partir avec eux. Certes, le dénouement est connu. Pourtant, on tremble avec ces malheureux emprisonnés suffocant sous leur couvercle, malgré quelques longueurs ou ellipses difficilement crédibles, mais que l’on admet comme telles au nom de l’authenticité annoncée et de l’aspect rocambolesque recherché. Le récit reste vif de bout en bout et nous bouscule sans drame ni minauderie entre aventure historique, thriller et film policier. Pour nous faire vivre au plus près cette évasion considérée comme la plus spectaculaire de l’Allemagne de l’Est, le réalisateur s’attache à restituer les moindres détails de cette oppression permanente à laquelle il faut échapper, de la peur qui pousse à se méfier de tout le monde, y compris de ses enfants, mais aussi de la tension qui entoure les préparatifs du départ. Une histoire authentique qui, à l’heure de la montée des extrêmes et du repli sur soi, rappelle qu’il est impératif de veiller à ce que jamais le souffle de la liberté ne se détourne de nos démocraties. Avoir-alire
Festival Augenblick - Invité d'honneur Christian Petzold

De Christian Petzold avec Julia Hummer, Barbara Auer, Richy Müller, Bilge Bingul, Katharina Schüttler Drame - Allemagne - 2000 - VOST - 1h45

Contrôle d'identité

Au Portugal. Coincée entre l'amour fou de ses parents et leur lourd passé, Jeanne vit dans la clandestinité depuis sa plus tendre enfance. Elle ne peut avoir de secrets ni de liens avec personne, car ce serait la sécurité du trio qui s'en trouverait aussitôt menacée. En attente d'immigration pour le Brésil, elle rencontre un jeune surfeur sur la plage. Alors qu'ils viennent d'être cambriolés, les parents décident, la mort dans l'âme, de repartir pour l'Allemagne, où ils sont recherchés, mais Jeanne réussit à trouver une planque. En attendant l'argent de leur ami Heinrich, elle doit faire les courses tous les jours et, en secret, rencontre à nouveau le surfeur...

Contrôle d'identité, un film politique et poétique de Christian Petzold sur la vie clandestine d'une famille dont les parents sont d'anciens membres de la Fraction Armée Rouge. Le titre français n'est pas terrible. Le double sens ­ policier et existentiel ­ de "contrôle d'identité" laisse présager une certaine lourdeur de propos. Alors que Die innere Sicherheit ("la sécurité intérieure") joue sur l'expression employée par l'Allemagne fédérale pour justifier la férocité de la lutte antiterroriste pendant les "années de plomb". A la fameuse sûreté de l'Etat répond la mise en péril de la cellule familiale par les imprudences de Jeanne, la fille unique d'un couple en cavale perpétuelle, anciens membres de la Fraction Armée Rouge (RAF). Rien de tout ça n'est dit aussi explicitement. Le film débute comme une banale chronique d'adolescence, avec flirt sur une plage portugaise sinistre, devoirs de vacances et ennui profond. Un sentiment de désolation et d'étouffement renforcé par une belle écriture antonionienne, avec des cadres très tenus et une durée étale qui enserrent des lieux sans qualités. A cette rigueur de regard s'ajoute une parfaite maîtrise de l'information nécessaire à la mise en branle du récit : tout ça est louche, on finit par comprendre l'anormalité de la situation, par petites touches, très subtilement. Cette clandestinité n'est pas gaie. Les idéaux d'autrefois se sont transformés en routine cauteleuse, les derniers amis se défaussent, et le romanesque attendu n'est qu'une suite de situations sordides. Presque plus de liens, une solitude absolue, hors du monde. Le film est le mouvement empêché de Jeanne pour sortir de cette bulle. "Quand on ne vit nulle part, on en reste à ses souvenirs...", résume le dernier allié du couple. Jeanne, elle, veut rentrer dans le rang, changer de monotonie, passer d'une marge subie à une norme ô combien attrayante, paradoxalement synonyme d'aventure. S'il sait se faire remarquablement efficace quand il utilise le suspense d'une éventuelle arrestation, ou celui d'un casse désespéré, Contrôle d'identité impressionne par la richesse diffuse qui s'en dégage. Sur le même thème de départ que le très correct A bout de course de Sidney Lumet (sur des insoumis du Vietnam), il s'attache aux plus petits détails afin de décrire une voie sans issue et réussit à varier les registres sans jamais perdre son fil conducteur : Jeanne, entre révolte et déchirement, soumission et trahison, attachement filial et irrépressible besoin de liberté. Dans une Allemagne aussi aseptisée et désertique que réunifiée, où les liasses de billets enterrées sous un pont ne sont plus que des vestiges sans valeur, la jeune fille parvient à infiltrer son désir dans l'ordre paranoïaque de ses parents. Si elle leur trouve une planque, c'est pour rejoindre son surfeur des premières séquences, et elle n'hésite pas à utiliser son savoir-faire de clandestine forcée pour tenir tête aux interrogatoires familiaux. Le vrai sujet du film (coécrit par Harun Farocki, cinéaste "expérimental" et conceptuel) est évidemment la perpétuation et le retournement des mêmes structures oppressives : en gros, ses parents font subir à Jeanne dans la sphère intime ce que l'Etat allemand ­ ou l'Histoire, ou la politique, comme on voudra ­ leur a infligé. Une fois que la révolution s'est évanouie comme un mirage, le piège n'a plus qu'à se refermer sur les plus chétifs de ses orphelins. Les idéaux partis en fumée, reste le carcan. Mais s'il ne renonce jamais tout à fait à cette tentation métaphorique, le film évite tout simplisme didactique et se garde bien de charger le père et la mère, qui n'ont d'autre choix que de se transformer en cerbères : "Pour le vol et les garçons, attends un peu..." Bien que particulièrement menacée et close sur elle-même, cette entité en état de siège n'est jamais qu'une famille, pas si différente des autres. Et la plus amère victoire de Jeanne est d'obtenir de ses parents qu'ils finissent par se comporter comme des parents normaux, crises et claques comprises, et non comme des éducateurs-copains. Mais comment se fait-il que le film résiste si bien à des éléments aussi lourds de sens ? Sans doute parce que Petzold ne surinvestit pas le personnage de Jeanne et accorde à tous une même distance, certes bienveillante mais qui ne force pas l'empathie. Il alterne les moments de contemplation, nombreux, qui donnent au film son climat de tristesse ouatée, et les séquences dramatiquement fortes, comme celle où Jeanne est obligée de renier publiquement son petit ami pour protéger la fuite de ses parents. Cette alternance permet à Contrôle d'identité de respirer librement sans perdre sa tension. Souvent sur le fil du trop explicite, le film n'y tombe jamais, car il sait décaler la gravité inéluctable de son discours et son apparente rigidité formelle au profit d'un véritable bonheur de récit, joliment incarné dans une sensualité non agressive qui sied aux initiations comme aux fins de partie. Les Inrockuptibles
Festival Augenblick - Invité d'honneur Christian Petzold

De Christian Petzold avec Julia Hummer, Sabine Timoteo, Benno Fürmann, Marianne Basler, Aurélien Recoing, Anna Schudt, Claudia Geisler, Philipp Hauß, Victoria Trauttmansdorff, Peter Kurth, Annika Blendl, Rosa Enskat Drame - Allemagne/France - 2005 - VOST - 1h25

Fantômes

Françoise part à Berlin à la recherche de sa fille, qui a été enlevée depuis plusieurs années. Un jour elle rencontre deux jeunes femmes, Toni, une voleuse, et Nina, qui semble entièrement dévouée à Toni. Françoise croit reconnaître sa fille en Nina.

Festival Augenblick - Invité d'honneur Christian Petzold

De Christian Petzold avec Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Jasna Fritzi Bauer, Mark Waschke, Rainer Bock Drame - Allemagne - 2012 - VOST - 1h40

Barbara

Été 1980. Barbara est chirurgien-pédiatre dans un hôpital de Berlin-Est. Soupçonnée de vouloir passer à l'Ouest, elle est mutée par les autorités dans une clinique de province, au milieu de nulle part. Tandis que son amant Jörg, qui vit à l'Ouest, prépare son évasion, Barbara est troublée par l'attention que lui porte André, le médecin-chef de l'hôpital. La confiance professionnelle qu'il lui accorde, ses attentions, son sourire... Est-il amoureux d'elle ? Est-il chargé de l'espionner ?

Le chef de file du nouveau cinéma d’auteur allemand plonge dans l’Allemagne de l’Est, dix ans avant la réunification. Un thriller froid et coupant. En remettant à Barbara l’Ours d’argent de la mise en scène, le jury de la dernière Berlinale, présidé par Mike Leigh, a eu le nez fin. Barbara est le film d’un metteur en scène, un vrai, d’un agenceur de plans, d’un fin directeur d’acteurs, bref d’un cinéaste capable de donner de la tension à la moindre image. A vrai dire, on le savait déjà de Christian Petzold, qui depuis Contrôle d’identité en 2001 a été le précurseur de la nouvelle vague allemande, marquant le retour de la rigueur formelle dans le cinéma d’outre-Rhin. Après une petite période de doute, son retour, avec Jerichow (2008) et surtout Yella (2007), tous deux sortis en même temps en France, creusait un peu plus le sillon d’un cinéma passionnant, haletant, attaché à l’écriture cinématographique comme celui d’Hitchcock, et posant sur la société de l’Allemagne de la postréunification un regard critique, voire ironique. Des films qu’il serait bon de montrer à tous les germano-béats libéraux qui pullulent dans certaines de nos factions de droite. Pourtant, apparemment, Barbara se situe loin de tout cela. L’action du film se déroule en 1980 en Allemagne de l’Est. Barbara (interprétée par Nina Hoss, égérie de Petzold depuis cinq films et véritable actrice de génie) est pédiatre. Originaire de Berlin-Est, elle est soupçonnée de vouloir passer à l’Ouest : les autorités viennent de la muter dans une clinique de province proche de la mer au moment où débute le film. Ses premiers contacts avec ses collègues sont très distants, sur le mode uniquement professionnel. Car Barbara a un amant de l’Ouest (qui a la possibilité de passer la frontière sans problème), Jörg (Mark Waschke), avec lequel elle est en train d’organiser son propre passage vers la “liberté”. Mais très vite le médecin-chef de l’hôpital, André (Ronald Zehrfeld), un bon gros nounours, d’abord admiratif devant ses qualités de médecin, va manifester des signes d’intérêt, d’affection à l’égard de la belle mais sombre Barbara. Peut-elle lui faire confiance ? A qui peut-on faire confiance, dans ce pays ? Ou même ailleurs ? Ou même dans l’amour ? La qualité du film de Petzold repose sur l’équilibre créé entre les deux forces qui le traversent, l’amour et le politique (la vie dans une dictature), dont la commune problématique repose donc sur la confiance. Le cinéaste apporte à son sujet une intelligence qui tranche avec la masse des films consacrés à l’Allemagne de l’Est, dont la commune mesure est le manichéisme et la moquerie facile (Goodbye Lenin!, La Vie des autres). Sans vanter le moins du monde les mérites du passé communiste (le climat de méfiance généralisé du film ne cherche à tromper personne), la mise en scène s’arroge le droit d’en montrer aussi les aspects positifs, avec ses propres armes – d’abord par l’image, aux couleurs vives qui mettent en valeur les paysages, les visages des personnages. Finie la grisaille généralisée des pays de l’Est qui était la norme choisie uniformément par les productions de l’Ouest – sans doute pas par hasard… Le film de Petzold montre avec une réelle subtilité d’analyse, en évitant soigneusement de jamais tomber dans la métaphore, que la défiance entreles citoyens d’une même dictature s’accompagne d’une vertu insoupçonnée : l’attention aux autres. Certes, tout un chacun peut être un agent de la Stasi (nom qui n’est d’ailleurs jamais prononcé dans le film) mais cette autosurveillance généralisée engendre aussi parfois une solidarité inattendue entre victimes d’un même régime. Un peu comme Ingrid Bergman dans Les Enchaînés d’Hitchcock, Barbara va bientôt se retrouver face à un dilemme : réaliser son rêve de s’évader de son pays (car il est possible) ou assumer la responsabilité de rester dans le sien pour tenter, à son niveau, d’améliorer la société comme elle ne va pas (Barbara sauve plusieurs de ses jeunes malades du pire). Or ces deux décisions contradictoires coïncident justement avec les hésitations, les va-et-vient de ses sentiments. Qui aime-t-elle réellement ? Son amant passionné de l’Ouest plein aux as ou le Dr André, en qui la confiance s’installe au gré de leurs réussites médicales, mais aussi de leurs discussions ? La réponse que ce beau personnage de femme donnera aux mille questions qui l’écartèlent sera magnifique, courageuse, ouverte, poignante. Et surtout habilement amenée par une succession de scènes à l’agencement réglé comme du papier à musique, au premier abord mystérieuses (la très belle séquence où Barbara rencontre la maîtresse d’un collègue de Jörg, son amant de l’Ouest), et qui pourtant rendent peu à peu compréhensibles les hésitations de Barbara, sa compréhension d’un monde toujours plus compliqué que ne le disent les idéologues de tous bords. “Oh, Barbara, quelle connerie la guerre”, disait une chanson de Prévert. La Barbara de Petzold ne résout pas le conflit entre l’Ouest et l’Est. Mais elle incarne à elle seule les errements, les haines et les douleurs passées, profondes, souvent tues, de tout un peuple. Les Inrockuptibles
Festival Augenblick - Invité d'honneur Christian Petzold

De Christian Petzold avec Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Nina Kunzendorf, Trystan Pütter, Michael Maertens Drame - Allemagne - 2015 - VOST - 1h38

Phoenix

En juin 1945, Lene Winter aide son amie Nelly Lenz à revenir à la vie. Nelly a perdu toute sa famille dans les camps. Défigurée, elle subit une opération de chirurgie réparatrice qui lui donne un nouveau visage, sensiblement différent. Toujours amoureuse de son mari Johnny, un pianiste, cette ancienne chanteuse part à sa recherche et le retrouve dans un cabaret berlinois. Il ne la reconnaît pas mais trouve néanmoins qu'elle ressemble à sa femme qu'il croit morte. Il lui propose un étrange marché : Nelly, qui se fait appeler Esther, doit se faire passer pour la défunte. Il pourra ainsi récupérer son héritage. Nelly accepte de se prêter à cette mystification, contre l'avis de Lene...

Rencontre avec Christian Petzold, réalisateur, le mardi 19 novembre à 20h.

Petzold reforme le couple de Barbara pour un Vertigo après Auschwitz en donnant le rôle moteur au personnage féminin. Brillant et mieux encore. Dans le douzième long métrage de Christian Petzold (téléfilms compris), Phoenix est le nom d’un bar pour soldats américains dans l’Allemagne occupée de l’immédiat après-guerre. On y chante, contre toute vraisemblance, des chansons de Kurt Weill. Cela suffit pour signaler qu’exactitude de la reconstitution historique et stylisation font ici bon ménage. Phoenix (Arizona) est aussi la ville américaine où se déroulent les premières séquences de Psychose. Ce n’est probablement pas un hasard. Commentant son film lors de la séance d’ouverture du 19e Festival du cinéma allemand de Paris, le cinéaste signalait, pour l’anecdote, que l’œil écarquillé de Janet Leigh dans la fameuse scène de la douche de Psychose était reproduit en couverture de l’édition allemande du roman de Hubert Monteilhet Le retour des cendres (Denoël 1961) qui a servi de point de départ au scénario de son film. La filiation hitchcockienne ne surprendra pas les familiers du cinéma de Petzold qui, outre son admiration déclarée pour le maître, partage avec celui-ci la précision maniaque d’une mise en scène à la fois classique et organisée autour de choix formels tranchés, ainsi qu’une capacité à donner une importance déterminante à des détails et gestes a priori anodins, et à transformer n’importe quel décor en lieu du crime et de la réminiscence. Mais Phoenix c’est d’abord le Phénix, l’oiseau qui renaît de ses cendres. Le film est donc le récit d’un retour d’entre les morts, d’une renaissance suivie d’un cheminement douloureux vers l’âge adulte à l’issue duquel l’héroïne pourra se libérer d’un passé, d’une vie et d’une identité antérieures qu’elle est obligée d’abord de reconstruire, de ressusciter pour pouvoir s’en défaire, depuis ses premiers pas chancelants dans la chambre d’hôpital, le visage enveloppé de bandelettes telle une frêle momie (on pense forcément aux Yeux sans visage), jusqu’à sa sortie de champ finale, lorsqu’elle s’échappe du film (Petzold interdisant tout simplement à son opérateur de faire le point sur elle lorsqu’elle s’éloigne). Cette renaissance passe par le biais d’une opération de reconstitution qui, Hitchcock toujours, vient tout droit de Vertigo, c’est à dire du mythe de Pygmalion et Galatée, le cinéaste et son co-scénariste Harun Farocki ayant décidé de reproduire l’histoire de la transformation de la femme vivante en sosie d’une femme (crue) morte qui n’est autre qu’elle même, mais en adoptant son point de vue à elle et non plus celui de l’homme. Ce changement de perspective permet de donner un relief particulier au mari metteur en scène interprété par un Ronald Zehrfeld fébrile qui, jouant pour la première fois un rôle de méchant, réussit à rendre touchant un personnage auquel le scénario se refuse d’accorder des circonstances atténuantes et dont l’aveuglement (il est évident qu’il ne veut pas la reconnaître), l’obstination à dissocier le corps et la voix jusqu’au moment de leur irréfutable réunion dans le chant, relève du déni pur et simple, de l’impossibilité d’assumer sa culpabilité. Il permet surtout au personnage féminin de devenir le véritable moteur du film, celle qui observe et très vite prend les choses en main, dirigeant celui qui croit la diriger, cherchant à lui faciliter les choses, à provoquer une reconnaissance, un aveu d’amour (ou de culpabilité) impossible. Nina Hoss est simplement extraordinaire et réussit à ne pas réduire l’évolution, le lent cheminement de son personnage à une simple (et époustouflante) performance. En reformant le couple de Barbara pour accompagner cette fois ci, non la naissance progressive d’un amour mais la tentative d’un recommencement (im)possible, Petzold a assurément fait le bon choix, tant l’alchimie entre ces deux là fonctionne à fond. Par ailleurs, et tout en assumant le côté un peu conceptuel (et, on l’a vu, fortement référentiel) de sa démarche, il parvient de mieux en mieux à incarner son cinéma, à en intensifier l’impact émotionnel et dramatique. S’aventurant en terrain périlleux (associer Auschwitz et le roman de gare, ce qu’il appelle lui-même le pulp) avec une audace contrôlée, visant l’effet maximum sans verser dans la complaisance (par exemple en gommant en partie la dimension érotique du roman pour éviter de tomber, comme tant d’autres, dans l’amalgame inepte entre nazisme et perversion sexuelle, rien n’étant, comme il tient à le rappeler, plus aseptisé et désérotisé que cette idéologie dont l’horizon serait la clinique désinfectée et l’élevage de poulets en batterie), il réussit un film qui garde une dimension ludique mais avec de véritables enjeux dramatiques, moraux, existentiels. Avoir-alire
Festival Augenblick - Invité d'honneur Christian Petzold

De Christian Petzold avec Franz Rogowski, Paula Beer, Godehard Giese, Lilien Batman, Barbara Auer Drame - Allemagne/France - 2018 - VOST - 1h40

Transit

De nos jours, à Marseille, des réfugiés de l'Europe entière rêvent d'embarquer pour l'Amérique, fuyant les forces d'occupation fascistes. Parmi eux, l'Allemand Georg prend l'identité d'un écrivain mort pour profiter de son visa. Il tombe amoureux de Marie, en quête désespérée de l'homme qu'elle aime et sans lequel elle ne partira pas...

Georg n’est d’abord qu’un errant sans identité, à peine inquiet, alors qu’autour de lui le monde s’affole. Des gens se cachent pour échapper à des forces fascisantes qui ­occupent Paris. Serait-ce l’année 1940 ? Non : une époque plus incertaine, qui pourrait être la nôtre. Ballotté par les événements, Georg est contraint de s’enfuir avec un ami moribond, en train, vers le sud. Il a pris l’identité d’un écrivain allemand qui s’est suicidé, dont il a récupéré un manuscrit inachevé et deux lettres. L’une est signée par son épouse, désespérée, qui l’attend à Marseille. Belle idée, c’est en lisant ces écrits que Georg (Franz Rogowski) devient quelqu’un : un personnage romanesque, un passeur qui va faire des rencontres décisives dans Marseille, ville de transit. L’auteur de Barbara et de Phoenix adapte le roman d’Anna Seghers, publié en 1944, qui retraçait la situation de réfugiés fuyant la persécution nazie et se retrouvant coincés sur le Vieux-Port, en attente d’un hypothétique visa et d’un bateau pour les Etats-Unis ou le Mexique. Histoire que la romancière avait elle-même vécue et dont René Allio avait déjà signé une adaptation, presque réaliste, en 1991. Le regard de Christian Petzold est plus allégorique et mystérieux. L’intérêt du film est de conjuguer la menace et le calme, l’alarme et l’attente. On évolue dans un temps et un lieu intermédiaires, provisoires : une niche qui vire à la souricière. Mais aussi un sas ouvert au désir et à l’imaginaire, ­appuyé par la voix off d’un narrateur (Jean-Pierre Darroussin) à la fois ­clairvoyant et retenu. Télérama
Festival Augenblick - Jeunesse

De Verena Fels avec - Animation - Allemagne - 2019 - VO non sous-titrée - 1h13

PETIT CORBEAU 3 LA QUETE DU TRESOR PERDU

- Le petit corbeau Chaussette est puni et doit nettoyer le grenier de Madame Blaireau. En rangeant, il fait une grande découverte : dans une pièce cachée, il découvre une véritable carte au trésor ! Celui qui parviendra à vaincre tous les dangers et à résoudre les énigmes qui mènent au trésor sera proclamé Roi de la forêt ! Chaussette et son ami l’ours Eddi se lancent dans une grande aventure. Mais les deux compères ne sont pas les seuls à partir à la recherche du mystérieux trésor…

Festival Augenblick - Jeunesse

De Sarah Winkenstette Comédie Drame - Allemagne - 2019 - VOST - 1h28

ZU WEIT WEG

Le village de Ben, 11 ans, sera bientôt englouti par une mine de charbon à ciel ouvert. Sa famille et lui déménagent dans la ville d’à côté mais Ben ne parvient pas à s’intégrer dans sa nouvelle école, ni même dans sa nouvelle équipe de football, son seul plaisir. L’arrivée d’un autre nouvel élève, réfugié syrien prénommé Tariq va venir bouleverser son quotidien morose. Les deux enfants déracinés ont plus en commun qu’ils n’osent l’admettre.

Festival Augenblick - Jeunesse

De Wolfgang Lauenstein, Christoph Lauenstein avec Axel Prahl, Alexandra Neldel, Erik Borner Animation Comédie - Allemagne - 2019 - VO non sous-titrée - 1h24

La Grande cavale

Marnie, une chatte naïve, qui ne connait le monde qu’à travers la télévision, est témoin des préparatifs d’un cambriolage. Chassée de sa maison par le malfaiteur, elle trouve de l’aide auprès de trois animaux extravagants, un chien de garde peureux, un âne qui rêve d’être une star de cirque et un coq zen. Accusés à tort d’être les voleurs, les quatre compères vont se lancer dans une aventure cocasse pour prouver leur innocence.

Festival Augenblick - Focus documentaire - 30 ans de la chute du mur

De Bartosz Konopka avec - Documentaire - Allemagne/Pologne - 2009 - VOST - 51min

Rabbit à la berlin

Chassés de partout, les lapins de garenne se retrouvent enfermés entre 2 hauts grillages lors de la création du Mur de Berlin en 1949. Un vrai refuge : préservés des prédateurs par des sentinelles qui les surveillent 24 heures sur 24, ils ont à leur disposition de l’herbage à foison et des abris antichars pour se protéger du soleil. Les hommes, même s’ils ont un comportement étrange, ne leur tirent plus dessus. Jusqu’au jour où quelques rebelles décident de creuser sous le Mur. Film précédé d’un court métrage de Thomas Heise : À quoi bon faire un film sur ces gens-là ? (1980, 32’, VOST). Thomas Heise filme pour ce premier documentaire d’étude une mère et ses fils qui, au cours d’un goûter, ne parviennent pas à se souvenir de la première fois où ils ont eu à faire à la police. Le naturel avec lequel les protagonistes vivent leurs vies de petits délinquants hors de toute idéologie, et la position de l’auteur, qui accepte leur mode de vie sans le juger, lui a valu une interdiction de projection publique jusqu’à la Chute du Mur.

Durée Rabbit à la Berlin : 38 mn + À quoi bon faire un film sur ces gens-là ? 32 mn = Durée totale : 1h10

Festival Augenblick - Focus documentaire - 30 ans de la chute du mur

De Werner Herzog, André Singer avec Mikhail Gorbachev, Werner Herzog, Ronald Reagan, Margaret Thatcher, James A. Baker Documentaire - Allemagne/Autriche/USA/Royaume-Uni - 2018 - VOST - 1h30

Meeting Gorbachev

Sur une période de six mois, Werner Herzog s’entretient à plusieurs reprises avec Mikhaïl Gorbatchev, ancien président de l’Union Soviétique désormais âgé de 87 ans. Ils parlent de politique, immanquablement, des six ans durant lesquels l’homme russe a siégé à la tête de l’URSS, de perestroïka et de glasnost, et de la réunification également, puisque c’est un aspect plus étroitement lié à la biographie du cinéaste ayant grandi dans l’Allemagne d’après-guerre. Entrelaçant les conversations avec des images d’archives – dont le choix même est inévitablement emblématique – André Singer et Werner Herzog brossent le portrait de l’un des hommes ayant marqué le XXe siècle, et avec lui, sans doute d’une certaine âme russe.

Festival Augenblick - Films de l'année

De Florian Henckel von Donnersmarck avec Tom Schilling, Sebastian Koch, Paula Beer, Saskia Rosendahl, Oliver Masucci Thriller Drame - Allemagne - 2018 - VOST - 1h31

L'Oeuvre sans auteur - Partie 1

À Dresde en 1937, le tout jeune Kurt Barnet visite, grâce à sa tante Elisabeth, l'exposition sur "l'art dégénéré" organisée par le régime nazi. Il découvre alors sa vocation de peintre. Dix ans plus tard en RDA, étudiant aux Beaux-arts, Kurt peine à s'adapter aux diktats du « réalisme socialiste ». 

Le jeune Kurt visite avec sa tante, Elisabeth, un musée qui, malgré les commentaires terribles du guide, naturellement converti au national-socialisme, fonde ses espoirs dans un art résolument moderne et personnel. Le ton est donné à cette saga dense, qui raconte presque vingt-cinq ans de la vie d’un peintre, dans une Allemagne de l’Est, accablée par son histoire nazie et communiste. Car L’œuvre sans auteur est tout à la fois l’histoire de ce jeune homme, peintre au grand talent, que celle de son pays dont on saisit, dès les premières séquences, le poids de la culpabilité face aux yeux du monde. Florian Henckel von Donnersmarck récidive avec un film à la forte empreinte romanesque et historique. On lui connaît le très brillant La vie des autres qui disait déjà la difficulté de l’Allemagne à panser ses plaies avec le communisme. Le cinéaste élargit sa propre défiance vis-à-vis de son pays, en faisant partir son récit de l’avant Seconde Guerre mondiale, où, entre autres, des médecins sans scrupule, participaient à la disparition d’aliénés mentaux, au nom d’une race aryenne à cultiver. Bien sûr, le film souffre de sa réalisation très convenue. La mise en scène classique ne cherche pas l’originalité. Parfois même, les procédés cinématographiques comme cette caméra qui tourne autour de la jeune tante, dans une musique entêtante, font verser le récit dans le pathos et le romantisme suranné. Pour autant, la forme se dépasse très vite tant, d’une part, l’interprétation des comédiens est excellente, et d’autre part, l’histoire emporte le spectateur dans un florilège de sentiments et d’émotions. Heureusement, le cinéaste ne force pas sur le tragique. Le scénario évite l’écueil du tire-larmes grâce notamment à la psychologie de son personnage principal, Kurt, tout entier pétri de détermination et de pudeur. On peut évidemment, sans excès, critiquer le manichéisme qui oppose notamment le père de la compagne de Kurt, un gynécologue sans scrupule et profondément antipathique, et les autres personnages qui ne sont que bonté et dévotion. Néanmoins, le récit est si dense, si beau qu’on en oublie les ficelles d’un scénario qui choisit peut-être la facilité. On ne peut pas regarder ce film sans se révolter contre le sort qui était réservé aux malades mentaux et aux handicapés, sous l’Allemagne nazie. Certes, on sait que si, les gens voulaient avoir une place dans la société, ils devaient adhérer au parti de Hitler, mais force est de constater que les auteurs de pareils crimes étaient animés de pulsions psychopathiques. Le cinéaste nuance sa vision radicale de l’Allemagne en illustrant aussi la force de la manipulation de la dictature. Il montre combien le peuple s’était lui-même enfermé dans cette politique de la terreur, sans parvenir à en sortir. Surtout, le long métrage prouve que la barbarie nazie n’a pas fait que traumatiser les pays occupés, mais qu’elle a concerné avant tout la population allemande, qui a subi les bombardements des voisins européens et la tyrannie du régime d’Hitler. L’œuvre sans auteur est un film brillant et intelligent, qui donne la part belle à l’acte de création. Les peintures que le jeune Kurt exécute devant le spectateur sont d’une incroyable beauté, au point que l’on se demande, pendant tout le film, s’il s’agit de la reconstitution de la vie d’un peintre réel, dont les œuvres auraient été retrouvées. On ne saura pas, mais peu importe. Il y a la démonstration que l’art sauve de tout, même de la peur et de la bêtise. Avoir-alire
Festival Augenblick - Films de l'année

De HENCKEL VON DONNERSMARCK Florian avec Tom Schilling, Sebastian Koch, Paula Beer, Saskia Rosendahl, Oliver Masucci Thriller Drame - Allemagne - 2018 - VOST - 1h39

L'Oeuvre sans auteur - Partie 2

Désormais installés en RFA, Kurt et Ellie tentent de se reconstruire loin de leur famille, tout en découvrant les joies de la liberté à l'Ouest. Accepté dans une prestigieuse école d'art berlinoise où il n'est plus contraint aux diktats du « réalisme socialiste », Kurt s'épanouit et affirme son style jusqu'à en repousser les limites. 

Le jeune Kurt visite avec sa tante, Elisabeth, un musée qui, malgré les commentaires terribles du guide, naturellement converti au national-socialisme, fonde ses espoirs dans un art résolument moderne et personnel. Le ton est donné à cette saga dense, qui raconte presque vingt-cinq ans de la vie d’un peintre, dans une Allemagne de l’Est, accablée par son histoire nazie et communiste. Car L’œuvre sans auteur est tout à la fois l’histoire de ce jeune homme, peintre au grand talent, que celle de son pays dont on saisit, dès les premières séquences, le poids de la culpabilité face aux yeux du monde. Florian Henckel von Donnersmarck récidive avec un film à la forte empreinte romanesque et historique. On lui connaît le très brillant La vie des autres qui disait déjà la difficulté de l’Allemagne à panser ses plaies avec le communisme. Le cinéaste élargit sa propre défiance vis-à-vis de son pays, en faisant partir son récit de l’avant Seconde Guerre mondiale, où, entre autres, des médecins sans scrupule, participaient à la disparition d’aliénés mentaux, au nom d’une race aryenne à cultiver. Bien sûr, le film souffre de sa réalisation très convenue. La mise en scène classique ne cherche pas l’originalité. Parfois même, les procédés cinématographiques comme cette caméra qui tourne autour de la jeune tante, dans une musique entêtante, font verser le récit dans le pathos et le romantisme suranné. Pour autant, la forme se dépasse très vite tant, d’une part, l’interprétation des comédiens est excellente, et d’autre part, l’histoire emporte le spectateur dans un florilège de sentiments et d’émotions. Heureusement, le cinéaste ne force pas sur le tragique. Le scénario évite l’écueil du tire-larmes grâce notamment à la psychologie de son personnage principal, Kurt, tout entier pétri de détermination et de pudeur. On peut évidemment, sans excès, critiquer le manichéisme qui oppose notamment le père de la compagne de Kurt, un gynécologue sans scrupule et profondément antipathique, et les autres personnages qui ne sont que bonté et dévotion. Néanmoins, le récit est si dense, si beau qu’on en oublie les ficelles d’un scénario qui choisit peut-être la facilité. On ne peut pas regarder ce film sans se révolter contre le sort qui était réservé aux malades mentaux et aux handicapés, sous l’Allemagne nazie. Certes, on sait que si, les gens voulaient avoir une place dans la société, ils devaient adhérer au parti de Hitler, mais force est de constater que les auteurs de pareils crimes étaient animés de pulsions psychopathiques. Le cinéaste nuance sa vision radicale de l’Allemagne en illustrant aussi la force de la manipulation de la dictature. Il montre combien le peuple s’était lui-même enfermé dans cette politique de la terreur, sans parvenir à en sortir. Surtout, le long métrage prouve que la barbarie nazie n’a pas fait que traumatiser les pays occupés, mais qu’elle a concerné avant tout la population allemande, qui a subi les bombardements des voisins européens et la tyrannie du régime d’Hitler. L’œuvre sans auteur est un film brillant et intelligent, qui donne la part belle à l’acte de création. Les peintures que le jeune Kurt exécute devant le spectateur sont d’une incroyable beauté, au point que l’on se demande, pendant tout le film, s’il s’agit de la reconstitution de la vie d’un peintre réel, dont les œuvres auraient été retrouvées. On ne saura pas, mais peu importe. Il y a la démonstration que l’art sauve de tout, même de la peur et de la bêtise. Avoir-alire
Rencontre

De Waad al-Kateab, Edward Watts avec - Documentaire - Royaume-Uni/Etats-Unis - 2019 - VOST - 1h33

Pour Sama

Waad al-Kateab est une jeune femme syrienne qui vit à Alep lorsque la guerre éclate en 2011. Sous les bombardements, la vie continue. Waad tombe amoureuse, se marie avec Hamza et donne naissance à sa fille, Sama. Elle filme au quotidien les pertes, les espoirs et la solidarité du peuple d’Alep. Son mari médecin sauve des centaines de vies dans un hôpital de fortune. Le couple est déchiré entre la protection de leur enfant et leur combat pour la liberté.

Rencontre avec Amnesty International et l'association franco-syrienne de Mulhouse le dimanche 17 novembre à 17h.

«For Sama» tient en Alep. Plongée avec les rebelles au cœur du conflit syrien jusqu’à la chute de la ville. Plus encore qu’un documentaire, For Sama, réalisé par le Britannique Edward Watts et la Syrienne Waad al-Khateab, essentiellement à partir d’images tournées par Al-Khateab à Alep entre 2011 et 2016, est un manifeste. Il embrasse les cinq années qu’auront duré le soulèvement contre Bachar al-Assad, puis le long et tragique siège de la ville par le régime syrien et l’aviation russe. Etudiante lors des premières manifestations contre Al-Assad, Al-Khateab s’engage dans la rébellion et se met à tourner pour témoigner de la situation - ses reportages ont souvent été primés à l’international. Des premiers élans de liberté au pilonnage de la ville et ses civils, elle a beaucoup filmé (à quoi s’ajoutent des plans réalisés au drone) et mis en forme For Sama telle une lettre à l’attention de sa fille née au milieu du conflit. Le début du film est particulièrement marquant : en gros plan, le bébé babille joyeusement, attrape ses pieds, sourit à ce que l’on devine être sa mère, lorsque fait irruption une violence totalement inattendue, des fortes détonations, puis une fuite éperdue, caméra affolée à la main, dans un hôpital, des flammes s’échappant au fond d’un couloir. C’est parmi ce qu’on a vu de plus poignant sur l’horreur d’un tel conflit pour des civils, sans doute car la caméra n’est pas là pour prendre acte, comme généralement, d’une tragédie advenue, mais qu’elle la vit dans ce qu’elle a de plus proche et quotidien. En l’occurrence, la chute d’un obus sur l’hôpital autonome créé par le mari d’Al-Khateab, le dernier en zone rebelle avant la reprise d’Alep, où le couple s’était installé pour être proche des blessés. C’est depuis ce point de vue, aux premières loges de la souffrance, qu’Al-Khateab a tourné, s’échappant parfois dans la ville, chez des amis, dernier carré de résistants jusqu’au-boutistes abandonnés par le monde. Si le film s’adresse à Sama, afin d’expliciter la décision de ne pas fuir malgré le danger, il vise très certainement aussi le public occidental resté bras croisés devant le massacre. On pourrait faire pas mal de reproches - scénarisation excessive, voix off écrite a posteriori, musique grandiloquente dont les images se seraient bien passées - et peut-être sont-ils à adresser à ses nombreux producteurs anglo-saxons. Mais son orientation marquée fait aussi de For Sama, en creux, une fascinante étude sur l’héroïsme, sa nécessaire part d’autopersuasion militante incluse, telle que l’on n’en voit plus par ici depuis la chute des grandes utopies. Sur un conflit déjà très documenté, il présente la rare qualité, chère à Walter Benjamin, d’être écrite non pas du point de vue des victimes (ni a fortiori des vainqueurs), mais de celui des vaincus. Libération
Rencontre

De Eva Husson avec Golshifteh Farahani, Emmanuelle Bercot, Zübeyde Bulut, Behi Djanati Atai, Evin Ahmad, Erol Afsin, Arabi Ghibeh Drame - France - 2018 - VOST - 1h55

Les Filles du soleil

Au Kurdistan, Bahar, commandante du bataillon Les Filles du Soleil, se prépare à libérer sa ville des mains des extrémistes, avec l’espoir de retrouver son fils. Une journaliste française, Mathilde, vient couvrir l’offensive et témoigner de l’histoire de ces guerrières d’exception. Depuis que leur vie a basculé, toutes se battent pour la même cause : la femme, la vie, la liberté.

Rencontre avec le planning familial le vendredi 22 novembre à 19h.

La cinéaste allie un récit de guerre beau et original et un portrait passionné de combattante kurde, porté par la rayonnante Golshifteh Farahani qui crève l’écran. CultureBox
Sortie nationale

De Jessica Hausner avec Emily Beecham, Ben Whishaw, Kerry Fox, Phénix Brossard, Kit Connor, Sebastian Hülk, Lindsay Duncan, Leanne Best, David Wilmot, Goran Kostić, Andrew Rajan, Jessie Mae Alonzo, Jason Cloud Science-Fiction Drame - Royaume-Uni/Autriche - 2019 - VOST - 1h40

Little Joe

Alice créé une nouvelle plante en faisant des croisements et la nomme "Little Joe", surnom qu'elle donne à son jeune fils. Mais soudain, toutes les personnes qui entrent en contact avec les plantations échangent leur corps...

  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas

Prochainement