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Sortie nationale / Rencontre

de Bruno Romy
Documentaire - France - 2021 - 1h10

Ecoliers

Pendant plusieurs mois, en 2016/2017, Bruno Romy a suivi une classe de CM2 en banlieue de Caen. Sous l’autorité de leur maître, M. Franc, les 24 élèves vont se dévoiler à travers leurs réflexions, leurs questions, mais aussi leurs petites bêtises. Surtout, on n’est pas à l’abri qu’au détour de ce qui semble être une conversation banale, ils nous surprennent de pensées assez profondes, ou nous fassent éclater de rire…

Séances e-cinema sur la plateforme La 25ème heure. du 5 au 11 mai (5 €).

Rencontre avec Bruno Romy, réalisateur, et Mika, protagoniste, le mardi 11 mai à 20h (6€).

Séances traditionnelles. Séances sous-titrées pour Sourds et Malentendants (SME)

Écoliers profite d’une sortie particulière en e-cinema, et l’on serait plutôt mal avisé de la rater. Ce film, Bruno Romy l’a couvé pendant plusieurs années. Après les mois passés dans la classe, deux longues années de montages suivirent. Il faut bien cela pour condenser une année d’apprentissages, de rires, d’espoirs, donner tout son liant et sa cohérence au récit. Tout ce travail aboutit à une réussite : tendre et bienveillant, Écoliers propose de belles réflexions et de jolies rigolades. Si l’on peut regretter un choix d’habillage visuel très stéréotypé, avec les titres de parties écrits comme sur un cahier d’élève, ce n’est qu’une goutte d’eau face au plaisir de voir se développer sous nos yeux ces embryons de citoyens. Car c’est ainsi que Romy les filme : des citoyens en devenir. A cet effet, il construit son propos en trois temps. Tout d’abord, il filme la classe dans son ensemble et tente de capter la naissance d’une vie en groupe, en communauté. Ensuite, il focalise son attention sur des effectifs plus restreints et observe l’évolution des enfants dans des discussions plus resserrées, à deux ou à trois. Enfin, il isole chaque écolier et le filme seul, au sein du groupe qu’il a pris le temps de configurer auparavant. Grâce au montage astucieux, à partir de dizaines d’heures de rushes à sa disposition, Romy évite de donner la sensation qu’il a simplement posé sa caméra devant des élèves de CM2 et attendu qu’un miracle se produise. S’il arrive que les enfants offrent de très beaux moments avec naturel, on est bien face à un film savamment et patiemment construit. L’auteur, par ses choix, met joliment les réflexions des jeunes en relation, leur conférant une dimension tantôt comique, tantôt profonde, toujours profondément attendrissante. Il existe par ailleurs une volonté de ne pas véritablement détacher de protagoniste principal, bien que certains élèves marquent plus l’audience que les autres, car très identifiables par leurs frasques. Impossible d’ailleurs de ne pas se reconnaître parmi tous les profils proposés. Il est assez fort de réaliser qu’on disait bien ces choses-là à leur âge, qu’il s’agisse de bêtises ou de pensées a priori loufoques. En fin de compte, une impression de simplicité se dégage d’Écoliers, renforcée par une composition au piano de Pierre David, discrète et charmante, qui n’oublie pas l’essentiel du temps de laisser sa place aux aux écoliers. C’est ce qu’on appellera la juste mesure. Finalement, Romy apporte sa pierre à l’édifice d’un cinéma pour enfants, léger et riche de différents niveaux de lecture, qui permettent à tous les âges de se sentir impliqués. Avoir-alire
Sortie nationale

De Thomas Vinterberg avec Mads Mikkelsen, Maria Bonnevie, Thomas Bo Larsen, Magnus Millang, Susse Wold
Comédie Dramatique - Danemark - 2020 - VOST - 1h57

Drunk

Quatre amis décident de mettre en pratique la théorie d’un psychologue norvégien selon laquelle l’homme aurait dès la naissance un déficit d’alcool dans le sang. Avec une rigueur scientifique, chacun relève le défi en espérant tous que leur vie n’en sera que meilleure ! Si dans un premier temps les résultats sont encourageants, la situation devient rapidement hors de contrôle.

César du Meilleur film étranger, Oscar du Meilleur film étranger, BAFTA du Meilleur film non anglophone 2021

La vie serait-elle plus belle avec 0,5 gramme d’alcool dans le sang ? Le réalisateur de Festen s’amuse, ni moralisateur, ni inconséquent. Thomas Vinterberg n’a jamais fait dans la dentelle. Depuis Festen, son coup d’éclat cannois (Prix du jury 1998), et son immonde patriarche incestueux cloué au pilori par ses victimes en plein repas de famille, le Danois s’est dispersé tous azimuts, du mélodrame victorien en costumes au film de sous-marin russe. Il revient en son royaume, forcément « pourri », avec un précis de soûlographie à l’amoralité détonnante en ces temps de dictature sanitaire. Rongés par la routine de leur métier de profs au lycée et leurs déboires conjugaux de plus ou moins jeunes pères de famille, quatre mâles en peine décident de mettre en pratique la théorie farfelue d’un psychologue norvégien selon laquelle la vie est plus belle avec 0,5 gramme d’alcool dans le sang, du matin au soir… Ragaillardi par sa mirifique découverte (le saviez-vous, ­l’alcool rend gai, comme l’eau mouille et le feu brûle ?), le quatuor exulte, avant de déchanter devant la difficulté de tenir la posologie. « Les hommes naissent égaux et puis ils se mettent à boire », disait Coluche, autre théoricien du bonheur. Une saillie qu’on peut interpréter différemment selon que l’on considère la boisson comme un poison ou un bienfait. Face au film, on peut privilégier une lecture politiquement incorrecte et, même, dénoncer les risques de l’abstinence, qui empêche d’atteindre ce degré d’éveil éphémère procuré par l’ivresse. De toute évidence, Thomas Vinterberg choisit ce camp-là, lui qui n’aime rien tant que mettre à nu les vices enfouis sous le vernis de la bonne société. Sans jamais nier les ravages de l’alcoolisme (un des protagonistes finira mal à force de ne pas respecter les doses prescrites), le réalisateur refuse de verser dans le discours culpabilisateur. Le prof d’histoire interprété par Mads Mikkelsen prend un malin plaisir à mettre en avant les grands hommes portés sur la bouteille (Churchill, Tchaïkovski, Hemingway…) devant des élèves enfin captivés par son cours, auparavant hautement soporifique. Certains pourront juger pareil film bas de plafond ou inconséquent, mais Vinterberg est, jusqu’au bout, davantage dans le constat que dans l’apologie. Au Danemark comme ailleurs, la consommation d’alcool est un rituel, pour le pire et parfois le meilleur. La scène finale, une danse improvisée, libérée par la bière, sur les quais du port de Copenhague, témoigne de la beauté fragile qui peut surgir de l’état d’ébriété. Télérama
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