Logo Cinéma Bel Air
Abonnement à la newsletter

Films du mois

Vous pouvez préacheter (réserver) vos billets. CE N'EST PAS UNE OBLIGATION.

  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas
Sortie nationale

De Samuel Kishi avec Martha Reyes Arias, Leonardo Nájar Márquez, Maximiliano Nájar Márquez, Cici Lau, Celine R. Lopez
Drame - Mexique - 2019 - VOST - 1h35

Los lobos

Max, 8 ans et Leo, 5 ans quittent le Mexique pour les Etats-Unis avec leur mère Lucia à la recherche d'une meilleure vie. Ils passent leurs journées à l'intérieur d'un petit appartement en attendant le retour de leur mère qui travaille sans relâche. Lucia leur fait la promesse de les emmener à Disneyland, rêve auquel ils s'accrochent durant leurs longues journées de solitude.

Une jeune femme mexicaine entre aux États-Unis avec ses deux fils… et la surprise, pour le spectateur, est totale. Au cœur de l’âpre réalité à laquelle font face les migrants, ce film ouvre un espace intime inattendu. C’est un studio décati que Lucia trouve à louer auprès d’un vieux couple asiatique qui a tout l’air d’être dur en affaire. Mais la « dame chinoise », comme vont l’appeler les enfants, cache difficilement des yeux rieurs et un sourire attendri. Tout est difficile, les temps et les gens sont durs, et pourtant, la joie de vivre est toujours en embuscade. Déracinés, enfermés dans le studio pendant que leur mère travaille, les deux frères Max, 8 ans, et Leo, 5 ans, s’accrochent à leur rêve, voir Disneyland, se chamaillent et font les pitres. D’un bout à l’autre de ce film destiné au jeune public comme aux adultes, le réalisateur alterne notes graves et légères avec une sensibilité qui émerveille. Il montre la solitude, la fatigue, la tristesse de Lucia, qui semble avoir fui un mari violent, mais aussi l’autorité qu’elle essaie de maintenir sur ses fils, à qui elle veut apprendre à être des loups, car les « lobos » ne pleurent pas. Il faut tellement s’immuniser contre le malheur qu’il n’y a plus de place pour le bonheur. Alors les enfants l’inventent, ils bravent l’interdit, dessinent sur les murs de petits personnages qui, soudain, bougent comme dans un dessin animé. Les joies les plus modestes deviennent des miracles. Tout en prenant le parti de l’espoir, le film n’en banalise jamais la perspective. Un câlin avec une maman qui accepte de baisser la garde suffit à illuminer un monde où l’on n’a rien. Télérama
Sortie nationale / Séance à la demande pour les scolaires

De Vadim Perelman avec Nahuel Pérez Biscayart, Lars Eidinger, Jonas Nay, Leonie Benesch, Alexander Beyer
Drame - Allemagne/Russie/Biélorussie - 2020 - VOST - 2h07

Les Leçons Persanes

1942, dans la France occupée, Gilles est arrêté pour être déporté dans un camp en Allemagne. Juste avant de se faire fusiller, il échappe à la mort en jurant aux soldats qu'il n'est pas juif mais persan. Ce mensonge le sauve momentanément puisque l'un des chefs du camp souhaite apprendre le farsi pour ses projets d'après-guerre.

Terribles hasards du destin : un homme juif, conduit parmi d’autres dans un véhicule qui les amène vers la mort, échappe à une fusillade sauvage en offrant un bout de pain contre un livre écrit en langue farsi. Ce hasard de l’histoire est d’autant plus terrible que l’Iran aujourd’hui est désignée comme un pays qui exerce l’une des pires dictatures au monde. Le nouveau film de Vadim Perelman raconte, derrière la barbarie allemande à l’encontre du peuple juif, la continuation d’une vie sentimentale et sexuelle pour les mêmes bourreaux. Il narre aussi les efforts incroyables que ces vies miraculées ont déployés pour sauver leur peau, comme ici, ce jeune homme, Gilles. Ce dernier s’invente une langue perse auprès d’un capitaine qui voudrait lui-même réinventer sa vie après la guerre, en ouvrant un restaurant à Téhéran. Non, "Onordane" ne signifie pas restaurant ou رستوران. Gilles fabrique un langage comme une rhétorique de la salvation, un combat pour échapper à la mort injuste de millions de juifs. Il doit entretenir dans le silence des baraquements ces vocables imaginaires, qui ressemblent certes à une langue, mais surtout à un savant exercice de séduction d’un capitaine allemand, harceleur et arbitraire. On voit avec effroi combien la cruauté qu’il impose à ses propres sbires se répercute par ces derniers auprès des prisonniers juifs, condamnés à disparaître. Plus qu’un témoignage historique, Les leçons persanes décrit le jeu de dupes qui s’établit entre ce capitaine Koch et ce jeune déporté. Un duo allemand de soldats, subissant les décisions autoritaires de leur gradé, s’immisce dans cette relation pour mener son désir de vengeance. Vadim Perelman écrit donc un film psychologique qui, derrière le réalisme historique, détricote la mécanique de la perversion. Le spectateur est tout entier saisi par ce récit, dont on pressent en permanence le risque et la tension qui pèsent sur les personnages. Le film est plus complexe que le simple - si l’on peut dire cela - rappel de la barbarie nazie dans les camps de concentration. Le long métrage dit aussi comment on peut, par le mystère de la vie et des relations humaines, échapper à son destin. Il est difficile de terminer ce propos sans saluer l’interprétation impressionnante du comédien qu’on avait tant admiré dans 120 battements de cœur, Nahuel Pérez Biscayart, et son acolyte, le non moindre magnifique Lars Eidinger. Les deux acteurs densifient le récit avec une grande force. A voir à Lire
Les RDV d'ATTAC et de la LDH

De Clara López Rubio, Juan Pancorbo avec Baltasar Garzón, Julian Assange, Renata Avila, Sarah Harrison, Joseph Farrell
Documentaire - Royaume-uni / Etats-unis / Allemagne / Equateur / Suisse / Espagne - 2021 - VOST - 1h30

Hacking Justice - Julian Assange

Voici l’histoire glorieuse et bouleversante de Julian Assange et de sa traque menée par les États-Unis et leurs vassaux dans une nouvelle version de l’éternel combat de Spartacus contre l’Empire. Suivant pas à pas la défense du fondateur de WikiLeaks, coordonnée par l’avocat espagnol Baltasar Garzón, mondialement connu pour avoir fait interpeller l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, les réalisateurs ont parcouru le monde pendant neuf ans pour retisser cette histoire aux implications politiques profondes. Dans une démocratie, la liberté d’informer est un minimum vital et ne peut être une option, quelles que soient nos opinions politiques. Cette histoire concerne chacun d’entre nous.

Rencontre avec ATTAC et La Ligue des Droits de l'Homme

Quinzaine de la Danse

De Louis Wallecan avec Lil Buck
Documentaire - France / Etats-Unis - 2019 - VOST - 1h25

Lil' Buck: Real Swan

Lil’ Buck, jeune prodige de la street dance de Memphis baptisée « jookin’ » est rapidement devenu l’un des meilleurs danseurs de la ville avant de décider de prendre des cours de ballet. De cette alchimie va naître un mythe, celui d’un virtuose défiant la gravité, réconciliant deux styles et s’imposant comme une référence pour des artistes comme Yo-Yo Ma, Benjamin Millepied, Spike Jonze ou encore Madonna.

Séance dans le cadre de la Quinzaine de la danse.

En partenariat avec l'Espace 110 d'Illzach et la Filature Scène nationale.

Dans les quartiers pauvres de Memphis, le jeune Charles Riley, fasciné par les danseurs de "Jookin", tente d'imposer son propre style, marqué par une souplesse impressionnante. Vous avez tous dû voir un jour sur les réseaux sociaux ces quelques minutes de danse où le jeune homme (devenu Lil'Buck) réinvente la très classique "Mort du cygne" sur les pointes de ses sneakers. Ce documentaire, rythmé et passionnant, nous raconte le destin étonnant d'un gamin qui a osé croire en son talent. Le JDD
Sortie nationale / Séance à la demande pour les scolaires

De Christian Schwochow avec Ulrich Noethen, Tobias Moretti, Levi Eisenblätter, Tom Gronau, Johanna Wokalek
Drame - Allemagne - 2019 - VOST - 2h05

La Leçon d'allemand

Siggi Jepsen est enfermé dans une prison pour jeunes délinquants après avoir rendu copie blanche lors d'une épreuve de rédaction. Le sujet : "Les joies du devoir". Dans l'isolement de sa cellule, il se remémore la période qui a fait basculer sa vie. En 1943, son père, officier de police, est contraint de faire appliquer la loi du Reich et ses mesures liberticides à l'encontre de l'un de ses amis d'enfance, le peintre Max Nansen, privé d’exercer son métier. Siggi remet alors en cause l'autorité paternelle et se donne pour devoir de sauver Max et son œuvre.

Public scolaire lycéen

La Leçon d’allemand évoque à la fois une tragédie familiale et sa translation symbolique, qui documente l’âme d’un peuple tourmenté par les horreurs du nazisme. A cette aune, il n’est pas innocent que la rédaction sur les joies du devoir, contournée par le jeune héros au début du récit, annonce toute l’intention du film, comme une illustration des propos d’Hannah Arendt sur "la banalité du mal". La médiocrité du tyran se trouve disséminée dans autant d’actions quotidiennes dévolues à l’accomplissement d’une mission. Renonçant à son pouvoir de penser, le père de Siggi se concentre sur ce qu’il doit accomplir, au mépris des liens affectifs qui l’unissent à son ami d’enfance devenu peintre ou d’une forme de bienveillance vis-à-vis de ses proches. Le personnage multiplie les brutalités, tel un maître en son royaume, nie l’évidence, même lorsque la guerre s’achève. Si une certaine raideur de l’interprétation laisse parfois le spectateur à distance, la photographie, superbe, et la teneur du propos, rendent ce drame historique convaincant, à défaut d’être original dans son traitement cinématographique. Avoir-alire

De Pedro Costa avec Vitalina Varela, Ventura, Lina Varela, Manuel Tavares Almeida, Francisco dos Santos Brito
Drame - Portugal - 2019 - VOST - 2h04

Vitalina Varela

Vitalina Varela, une Cap-Verdienne de 55 ans, arrive à Lisbonne trois jours après les obsèques de son mari. Elle a attendu son billet d’avion pendant plus de 25 ans.

Dans un geste d’une radicale somptuosité, Pedro Costa arrache aux ténèbres des lambeaux de lumière pour construire, à Vitalina Varela, un monument plastique. Chaque plan met en scène une lutte de la lumière contre l’obscurité. L’image semble sculptée dans une matière charbonneuse d’où émergent, éclaboussures d’acier ou lueurs cuivrées, les décors et personnages. Les plans s’attardent afin de laisser à l’œil du spectateur le temps de distinguer leur composition. Il suffit d’un mouvement pour révéler une profondeur de champ insoupçonnée. Pedro Costa, et son chef opérateur Leonardo Simões tiennent ce régime de beauté, deux heures durant, et nous avec, en haleine. RETOUR AU PAYS FATAL C’est donc l’histoire de Vitalina, à la porte de laquelle Pedro Costa a frappé un jour de repérage pour son précédent film, Cavalo Dinheiro. Farouche opposant au documentaire, Costa travaille une matière vivante qu’il transmue dans une narration hiératique et sublime par une esthétique de lugubre féerie. Veuve, Vitalina abandonne son Cap-Vert d’adoption. Elle retrouve, pleine de ressentiment, le quartier de misère et le maison de fortune dans lesquelles vivait son mari. D’abord ses pieds nus dissonent sur le tarmac de l’aéroport où l’attend un groupe de compatriotes, parmi les réprouvés dévolus aux viles tâches d’entretien, qui la dissuade de rester ; puis elle se cogne contre le chambranle de la porte d’entrée de la maison. Trop petite ou trop grande, jamais adaptée. À cette inadaptation, la mise en scène répondra, une heure plus tard, par un des nombreux plans magistraux du film : trois pans de murs en béton transformés en cadre doré par la grâce d’un éclairage indirect, confèrent au visage de Vitalina la beauté d’un portrait de Géricault. BRILLANTISSIME REQUIEM Sorte de sépulcre païen, le film substitue à la spiritualité perdue, une beauté d’ange déchu. La figure du prêtre abandonné par la foi, ou indigne d’elle, incarne cette béance. Malade, les tremblements de son corps ne font que traduire le vacillement d’une flamme intérieure. Le récit apocryphe d’un épisode de la vie de Jésus, qu’il transmet à Vitalina, se conclut par ces mots : « C’est de ces ombres dont nous avons été faits ». En filmant les décombres d’une vie minuscule, Costa amplifie le hors-champ cap-verdien. C’est pour comprendre ce mystère – comment quitter une vie baignée de soleil – que Vitalina cherche à rétablir le dialogue avec le défunt. « Pour cela tu dois apprendre le portugais » lui dit le prêtre. La langue du colon prévaut par-delà océans et limbes. C’est sur le toit de la bicoque, par une nuit ventée que Pedro Costa réalise un plan fantastique, rappelant le Radeau de la Méduse (Géricault, à nouveau), frégate de la marine coloniale (française) échouée au large de la Mauritanie, non loin de l’archipel du Cap-Vert. Pedro Costa et ses images de fulgurance à longue traîne signe un brillantissime requiem. Sans concession, Vitalina Varela, Léopard d’Or à Locarno 2019, lui fera probablement gagner de nouveaux admirateurs tout en continuant à nourrir ses contempteurs. Nul ne pourra nier que, derrière nos yeux écarquillés, dans une partie du cerveau réservée à l’époustouflant, ce cinéma-là laisse des traces indélébiles. Le Bleu du Miroir
Sortie nationale

De Marie Amiguet avec Vincent Munier, Sylvain Tesson
Documentaire - France - 2021 - VF - 1h32

La Panthère des neiges

Au coeur des hauts plateaux tibétains, le photographe Vincent Munier entraîne l'écrivain Sylvain Tesson dans sa quête de la panthère des neiges. Il l'initie à l'art délicat de l'affût, à la lecture des traces et à la patience nécessaire pour entrevoir les bêtes.

Séances jusqu'au 22 février

L’un aime courir les chemins de traverse et le raconter dans des livres. L’autre a fait de l’affût, immobile et silencieux, sur la piste des bêtes sauvages, une raison de vivre. L’écrivain Sylvain Tesson et le photographe animalier Vincent Munier font cette fois route commune sur les hauts plateaux du Tibet, unis par une amitié de baroudeurs et l’obsession d’une rencontre. Celle de la panthère des neiges, créature furtive et insaisissable. Avec la ferveur de pèlerins espérant une apparition miraculeuse, filmés sobrement par Marie Amiguet, les deux hommes bravent la rigueur de l’hiver himalayen dans une longue quête des sommets. De plateaux en canyons, des steppes balayées par la poussière aux crêtes poudrées de neige, ces chasseurs tranquilles, armés seulement de paires de jumelles et d’un téléobjectif, se fondent dans le paysage à la manière des animaux qu’ils contemplent. Offrant le spectacle d’une poétique partie de cache-cache, ponctuée par les chuchotis du photographe initiant l’écrivain au déchiffrage des signaux ténus — empreintes, odeurs… —qui conduiront peut-être jusqu’à la bête fauve. De cette quête délicate, Tesson avait déjà tiré un récit étincelant, dans lequel il célébrait l’affût comme style de vie et déplorait le lien distendu de l’homme avec la nature. Bien plus qu’une adaptation de l’ouvrage à succès, le documentaire raconte avec son propre regard, aussi épuré que subtil, cette épopée. Entre observation amoureuse du vivant et récit d’aventures introspectif, l’itinérance est rehaussée par le spectacle hypnotique de paysages à la beauté primitive, graciles estampes minérales entre ciel et terre. Bête à fantasmes, la panthère des neiges apporte au récit son fil narratif et sert de moteur au suspense, objet d’une excitation quasi enfantine et contagieuse, qui évoque le yéti de Tintin au Tibet ou la baleine blanche de Moby Dick. Un animal de légende teintant de son aura de mystère ce manifeste de vie contemplative, qui est aussi une célébration de la beauté à l’état sauvage. Télérama
Sortie nationale

De Laura Wandel avec Maya Vanderbeque, Günter Duret, Karim Leklou, Laura Verlinden, Thao Maerten, Lena Girard Voss, Simon Caudry
Drame - Belgique - 2021 - VF - 1h12

Un monde

À son entrée à l’école, Nora est divisée entre la volonté d’aider son frère victime de harcèlement et la nécessité de s’intégrer à cette nouvelle communauté. Partagée entre son père qui l’incite à réagir et son frère qui lui demande de garder le silence, Nora est prise dans un conflit de loyauté. Dans un premier temps solidaire de son frère, Nora en vient à le trahir pour tenter de sauvegarder son propre lien au reste de la communauté.

Cette première journée d’école, Nora (Maya Vanderbeque) ne la sent pas du tout. Lovée dans les bras de son grand frère, Abel (Günter Duret), elle tremble et pleure à chaudes larmes. Il a beau lui dire qu’ils se verront à la récré, elle est paniquée et ne veut rien savoir. Mais lorsqu’elle tente de le rejoindre à midi, Abel la rabroue. Il ne peut pas s’occuper d’elle car sa bande de copains terrorise les nouveaux et si Nora passe par là… La fillette, têtue, ne l’écoute pas et le suit. Forcé de défendre sa sœur contre ses potes agresseurs, Abel bascule du camp des tortionnaires à celui des victimes. Et Nora, qui se sent fautive, ne sait pas du tout comment faire pour empêcher cela. Entièrement filmé à hauteur d'enfant, dans les pas de Nora, ce film de Laura Wandel (Les Corps étrangers) bouleverse et prend à la gorge. On vibre avec la petite fille, on tremble de son impuissance, de son mal-être, puis de sa rébellion face à des comportements qu'elle ne comprend pas. Écouter la parole des enfants Il suffit de peu de choses pour se retrouver exclu : des lacets qu'on ne sait pas faire, un pull "trop moche", un Papa "qui ne travaille pas", un frère qui se fait harceler et on se retrouve seul(e), ignoré(e). Sans copains ou copines sur qui compter… Avec des situations, en apparence banales, qui peuvent rapidement s'envenimer. Dans ce film, où les adultes sont souvent absents et, au mieux, aveugles ou totalement inefficaces, toute la violence de l’école et des relations entre enfants saute aux yeux. Toutes ces règles implicites qu’il faut rapidement intégrer et ce jugement social qui ne tarde pas à tomber, même lorsqu’on n’a que 6 ou 10 ans… Un monde incroyablement dur et hostile qui ne rassurera pas ceux qui ont des enfants dans leur entourage ou qui en côtoient quotidiennement. Mais qui les aidera peut-être à être davantage vigilants et à l’écoute. Un thème tristement universel Projeté dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes, le premier long métrage de la jeune cinéaste belge a été longuement applaudi et a été couronné du prix Fipresci, décerné par la critique cinéma. La Libre
Rencontre

De Stéphanie Pillonca avec Inès KALFSBEEK, Stéphane Munka, Fabrice Brault
Documentaire - France - 2020 - VF - 1h27

C'est toi que j'attendais

« C’est toi que j’attendais » suit le parcours de couples sur le chemin de l’adoption ainsi que le quotidien d’un homme né « sous X » à la recherche de ses origines et d’une « mère de l’ombre » désirant retrouver celui à qui elle a donné la vie...

Rencontre avec Enfance & Familles d'Adoption 68

Quatre histoires différentes nourrissent le propos de ce film délicat. Au-delà de l’adoption, le propos pose la question de l’identité, à la fois celle qui est donnée à l’enfant qu’on éduque et celle que l’on cherche à la travers la quête d’un parent biologique. Il y a d’abord deux couples que la caméra suit attentivement dans leur parcours difficile, dont l’issue sera heureuse, conformément à leur souhait d’élever un enfant. Les propos décrivent des situations douloureuses (fécondations in vitro infructueuses, mort d’un fœtus pendant la grossesse), générant des confessions émouvantes, où le regard de la réalisatrice s’efface devant les mots d’adultes impactés, parfois durablement marqués, mais opiniâtres dans leur désir sincère, inquiets à l’idée que les démarches débouchent sur un nouvel échec. Les séquences, jamais voyeuristes, documentent des moments de forte intensité : elles accompagnent la nervosité d’un couple dans l’attente de la visite d’une assistante sociale, suivent la découverte des photos d’une petite fille, qui prolongent l’agrément : le nourrisson a quelques mois et ses parents l’appelleront Rosalie, avant que la transition ne s’effectue en douceur. D’autres scènes savent aussi saisir des instants qui dépassent l’évidence d’un bonheur, quand les mouvements retenus d’un homme devenu père disent d’abord sa gêne, comme s’il demeurait les traces d’une illégitimité bientôt abolie par un premier geste affectif, fondateur. Plus douloureuses sont les histoires individuelles, à l’unisson d’une solitude tenace, même lorsqu’une famille aimante existe et ne retient pas ses sentiments, ou quand un conjoint signale sa présence par des attitudes empathiques. A voir à Lire
Rencontre

De Marco Gastine
Documentaire - France / Grèce - 2019 - VOST - 1h48

Jusqu'à la mer

Dans un grand hôpital public d'Athènes, de graves accidentés sont accueillis au sein d'un service spécialisé par une équipe soignante exceptionnelle. Épaulés par leurs familles et leurs voisins de chambrée, ils mènent un combat quotidien pour retrouver une vie fonctionnelle, une existence autonome. Durant plusieurs mois ils luttent pour réapprendre des gestes élémentaires à la vie en société, tout ce qui fait un homme.

Rencontre avec Marco Gastine, réalisateur.

Séance à la demande pour les scolaires

De Steven Spielberg avec Ansel Elgort, Rachel Zegler, Rita Moreno, Ariana DeBose, David Alvarez
Comédie Dramatique Musical - Etats-Unis - 2020 - VOST - 2h36

West Side Story

Un remake du film de 1961 sur deux jeunes appartenant à des gangs rivaux de la ville de New York qui tombent amoureux, mais les tensions entre leurs amis respectifs s'intensifient pour devenir une tragédie.

Public scolaire collégien et lycéen

Avertissement avant que le spectacle commence : amateurs de modernisation à tous crins, passez votre chemin, il n’y aura pas de rap à la place du mambo dans le quartier de la légendaire tragédie chantée et dansée. Si Steven Spielberg fait le pari fou de réadapter la comédie musicale créée à Broadway en 1957, il s’attaque à ce monument avec du respect pour le passé, et c’est délicatement qu’il actualise l’amour naissant entre Maria et Tony sur fond de rixes entre gangs rivaux new-yorkais, les Jets (descendants d’anciens émigrés européens) et les Sharks (Portoricains fraîchement arrivés). La présence de vrais requins (« sharks ») s’impose dès l’ouverture, avec ses mouvements de caméras vertigineux au milieu des gravats : les promoteurs immobiliers et leur énorme boule de démolition commencent à pulvériser le quartier de Lincoln Square et de San Juan Hill, dans l’Upper West Side, ce territoire pour lequel se battent les deux gangs. Faire couler le sang pour un fief condamné à disparaître : voilà qui rend encore plus absurde et tragique cette romance déjà condamnée par le racisme et la pauvreté. Quand Tony, le jeune Roméo des Jets rejoint Maria, la petite sœur de Bernardo, chef des Sharks, pour lui chanter son amour, leurs visages restent séparés par des grillages. Jusqu’au moindre détail, cette version envoie de tristes présages pour les tourtereaux enfermés contre leur gré dans des identités ennemies… Avec une direction artistique flamboyante, fidèle aux couleurs des années 1950, Spielberg ajoute une noirceur contemporaine et alerte sur l’exclusion et la haine qui rongent toujours l’Amérique. Dans une même volonté de réalisme, il déplace bon nombre de numéros musicaux en extérieur, dans les rues de New York. Ils sont enthousiasmants, ces numéros, comme celui qui confronte Tony et son pote Riff au sujet de la possession d’une arme qui se révélera fatale. Dans le film original, la scène se déroulait dans un parking. Spielberg et son très inspiré chorégraphe, Justin Peck, la réinventent, totalement, sur une jetée, selon une tension digne du Far West. Suivra la séquence folle, du Rumble cette bagarre qu’il débarrasse des rondeurs de la danse pour l’assécher en une chorégraphie sans merci. Quant à America, moment qui se devait d’être euphorisant, il se déploie, en plein jour, au carrefour de plusieurs rues d’où affluent tous les Portoricains. Si tous les interprètes ont l’âge de leurs jeunes personnages, cette merveille d’énergie est menée par la révélation Ariana DeBose. Elle compose une Anita explosive et émouvante qui réussit la prouesse de faire oublier Rita Moreno, créatrice du personnage à l’écran… À laquelle Spielberg et son scénariste ont l’idée, magnifique, de donner un autre rôle : la veuve de l’épicier de quartier, preuve vivante et douce que les mariages mixtes peuvent exister. C’est elle, cheveux neigeux et voix triste, qui chante Somewhere, ode à l’espoir en un monde meilleur, envers et contre tout. Sans doute le moment le plus bouleversant du film, comme une passerelle entre hier et aujourd’hui, et comme une séquence testamentaire de Spielberg l’humaniste enchanteur. Télérama
Rencontre

De LANG RACHEL avec Louis Garrel, Camille Cottin, Aleksandr Kuznetsov, Naidra Ayadi, Ina Marija Bartaitė
Drame - France / Belgique - 2020 - VF - 1h47

Mon légionnaire

Ils viennent de partout, ils ont désormais une chose en commun : la Légion Étrangère, leur nouvelle famille. Mon Légionnaire raconte leurs histoires : celle de ces femmes qui luttent pour garder leur amour bien vivant, celle de ces hommes qui se battent pour la France, celle de ces couples qui se construisent en territoire hostile.

Rencontre avec Yannick Karcher, assistant réalisateur, dans le cadre de La Quinzaine en actions en partenariat avec la Quinzaine des Réalisateurs.

Séance gratuite pour les groupes de structures sociales, d'insertion, de formation... Réservation : adodier@quinzaine-realisateurs.com

Où sont les femmes ? Mon Légionnaire de Rachel Lang répond à cette question en mettant l’accent sur la vie des épouses et des compagnes des militaires engagés dans la Légion étrangère. « On ne pense jamais à elles car elles restent discrètes mais leur rôle n’est pas anodin, ni facile : elles sont un socle pour les soldats », explique la réalisatrice de Baden Baden. Pendant que les hommes font une guerre montrée de façon haletante, les dames tiennent le fort. Elles prennent en charge maison, famille et guerriers fatigués, blessés voire traumatisés à leur retour du combat. « Elles sont unies par de nombreux points communs, dont le principal est l’attente », précise Rachel Lang. Certaines ne le vivent pas forcément très bien, comme l’avocate incarnée par Camille Cottin mariée à un officier joué par Louis Garrel Au combat et à la maison Découvert à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes et récompensé au Festival du Film Francophone d'Angoulême, Mon légionnaire sonne aussi juste quand Rachel Lang filme les soldats que leurs femmes. C’est peut-être parce que la réalisatrice est elle-même officier de réserve qu’elle parvient si bien à transmettre les sentiments que ressentent ses personnages. « Tout est venu de mon désir de comprendre comment on supporte la peur quotidienne, qu’on soit au combat ou à la maison, et comment on gère le retour chez soi quand on se retrouve face à la trivialité du quotidien », insiste-t-elle. Un jeune couple russe se brûle les ailes face à cette problématique. Lui ne parvient plus à communiquer avec son épouse, laquelle s’éloigne progressivement de lui. « Il faut beaucoup d’amour, de sagesse et de résistance pour tenir quand on vit des expériences aussi différentes », déclare la cinéaste. Contrairement à Claire Denis dans Beau travail, Rachel Lang se penche sur le métier de légionnaire dans ce qu’il a de concret, plutôt que de le magnifier. « C’est en cela que ma propre expérience sur le terrain m’a été utile », dit-elle. Les affrontements tournés dans une grande économie de moyens placent le spectateur au plus près des militaires. Du courage pour toutes et tous Les scènes déchirantes où les soldats sur le terrain font la queue pour appeler leurs proches sont aussi réussies que les séquences où les dames se retrouvent pour tromper leur angoisse. « Ce sont deux aspects complémentaires de la vie dans la Légion étrangère et les deux demandent du courage », souligne Rachel Lang qui signe un film aussi original que puissant. 20 Minutes
Festival Enfance et Nature

De Thibault Mazars
Documentaire - France - 2020 - 0min

DES RACINES POUR GRANDIR

«Des racines pour grandir» est un projet éducatif autour de l’arbre lancé par l’association Biloba depuis Septembre 2019 auprès de deux classes du territoire du Sancy. Enfants et enseignants travaillent ensemble autour de l’arbre et de sa place dans notre culture et notre environnement.

Rencontre le 1er février à 20h avec Muriel Duguet (association Biloba), Benjamin Erhard animateur spécialiste forêt et Frédéric Schenck animateur et moniteur grimpe d’arbres (CINE Lutterbach)

Dans le cadre du festival Enfance et Nature proposé par L'Académie de l'Enfance, l'Ecole de Praxis Sociale de Mulhouse, Terra Symbiosis et le CINE Lutterbach.

Rencontre, Festival Enfance et Nature

De DESBOIS Solène
Documentaire - France - 2020 - VF - 0min

CAP FANTASTIC

Quatorze jeunes français ambassadeurs, ambassadrices de leur école, de leur collège, de leur territoire se lancent dans une grande aventure humaine et scientifique en Islande : l’expédition Cap au Nord. En quête de réponses quant au dérèglement climatique, ils additionnent leurs dispositions singulières perçues par chacun, chacune comme une chance unique d’apprendre à vivre ensemble. Au fil de la vie en plein air, des missions scientifiques qui régissent le quotidien, ces jeunes tentent de répondre non seulement au formidable défi mondial de la crise climatique, mais aussi au défi de l’habitat durable et responsable en consentant à recouvrer l’harmonie avec la nature élargie à la notion de Vivant. Découvrons-les inscrire leur histoire personnelle dans la grande histoire du monde. Un film qui interroge l’impact des choix éducatifs sur les enfants et l’acceptation de la prise de risque. Jusqu’où peut-on aller dans la défense d’un idéal et de ses valeurs… ?

Rencontre avec la réalisatrice Solène Desbois, Antonio Carola, Sté de production BETAVITA, Véronique Mateus, directrice du CINE de Lutterbach et Malik Slimani, animateur nature

Dans le cadre du festival Enfance et Nature proposé par L'Académie de l'Enfance, l'Ecole de Praxis Sociale de Mulhouse, Terra Symbiosis et le CINE Lutterbach.

Sortie nationale

De Sean Baker avec Simon Rex, Bree Elrod, Suzanna Son, Brenda Deiss, Judy Hill, Brittany Rodriguez, Marlon Lambert, Ethan Darbone, Shih-Ching Tsou, Parker Bigham
Comédie Drame - Etats-unis - 2021 - VOST - 2h10

Red Rocket

Mikey Saber revient dans sa ville natale du Texas après des années de carrière de pornstar à Los Angeles. Il n'y est pas vraiment le bienvenu... Sans argent, sans emploi, il doit retourner vivre chez son ex-femme et sa belle-mère… Pour payer son loyer, il reprend ses petites combines mais une rencontre va lui donner l’espoir d’un nouveau départ.

Festival Les petites bobines

De Guillaume Lorin avec Jocelyne Beroard, Macéo Carole, Marie-Éva Phaan, Tricia Evy, Hippomène Léauva, Julien Béramis, Thierry Buenafuente
Animation - France - 2021 - VF - 31min

Vanille

Vanille, petite parisienne fraîchement débarquée en Guadeloupe, plonge dans une aventure teintée de mystère, à la rencontre de personnages pittoresques et d'une fleur magique. Voilà des vacances qui promettent d'être riches en rebondissements !

De Philip Barantini avec Jason Flemyng, Stephen Graham, Vinette Robinson
Thriller Drame - Royaume-uni - 2021 - VOST - 1h34

The Chef

« Magic Friday » : le vendredi avant Noël, la soirée la plus fréquentée de l’année. Dans un restaurant gastronomique de Londres, côté cuisine, à quelques minutes du coup de feu, tout le personnel est en ébullition. Mais les problèmes s’accumulent autour du chef étoilé Andy Jones et de sa brigade. S’ajoute à cela le pression constante d’une clientèle toujours plus exigeante qui menace de mener le restaurant à sa perte…

"The Chef" : le coup de feu d'un restaurateur filmé en un stupéfiant plan séquence Dans un incroyable plan séquence d’une heure trente-quatre, le jeune réalisateur britannique Philip Barantini filme comme un thriller le coup de chaud d’un chef. Un coup de maître. La cuisine est un sujet récurrent au cinéma et les médias n’en ont jamais autant fait leurs choux gras. Dans son deuxième film, The Chef qui sort mercredi 19 janvier, le réalisateur britannique Philip Barantini fait le portrait d’un homme étreint par son stress de restaurateur, dans un plan séquence d’une heure trente-quatre. Au-delà de la prouesse technique, un récit haletant filmé côté cuisine sous tension. Une prise Andy, chef étoilé, retrouve sa brigade avant le coup de feu dans son restaurant gastronomique le vendredi avant Noël, soirée phare de l’année. Les conflits s’accumulent : sa seconde est sur la sellette, des influenceurs commandent quatre steaks, un créditeur le sollicite pour devenir son associé, sans parler d’une clientèle exigeante qui ne cherche qu’à le descendre… Depuis son vélo, portable à l’oreille, jusqu’au final au pied de son fourneau, la caméra ne quitte pas Andy McLeod, ce chef empêtré entre son restaurant, sa vie de famille éclatée, sa brigade et des clients impossibles. Une prestation impressionnante de Stephen Graham habite tout le film, tourné dans des conditions comparables à une représentation théâtrale, puisque le plan séquence réclame une même continuité de jeu, en une seule prise, dans un plan sans coupure. Leçon d’humanité Au-delà de la prouesse technique, c’est l’écriture qui dynamise le film. La dramaturgie nourrit une progression minutée. La caméra portée n’est pas déstabilisante, tant les travellings sont fluides, les cadres ajustés au millimètre pour valoriser les acteurs. On est au cœur de l’action, de la salle aux cuisines, dans la ruelle des poubelles, sur le dos d’Andy qui gère son restaurant et sa vie privée. Jusqu’où tiendra-t-il ? L’envers du décor du restaurant donne lieu à une leçon d’humanité. Le professionnalisme d’un homme confronté à ses ambitions, la gestion d’une brigade pas toujours à l’heure et au niveau, un fiston à aller chercher à l’école, et des clients qui ne pensent qu’à eux crééent une tension qui part en vrille, à l'image du filmage, toujours mouvant. Un don de soi non perçu par les autres, sans retour, comme peuvent être les rapports humains d’aujourd’hui dans un individualisme, sinon un égoïsme, effréné. The Chef renvoie à notre cuisine personnelle, le choix du lieu n’est pas anodin : un menu de choix. Bouleversant. France Info
Festival Les petites bobines

De Denisa Grimmová Abrhámová, Jan Bubeníček avec Martha Issová, Ondřej Vetchý, Jiří Lábus, David Novotný, Ondřej Brousek
Animation - France / Tchéquie / Slovaquie / Pologne - 2021 - VF - 1h26

Même les souris vont au paradis

C’est l’histoire de deux ennemis mortels : une petite souris et un renard, qui après un malencontreux accident, se retrouvent au paradis. Ils ont perdu leurs instincts et deviennent les meilleurs amis du monde.Ils souhaiteraient rester ensemble en revenant sur terre, mais ils renaissent dans la peau de l’autre. Leur amitié sera assez forte pour surmonter ce qui paraît impossible.Le film Même les Souris vont au Paradis parle d’espoir, c’est une quête d’amour et de courage. Mais il est aussi question de surmonter les préjugés et les blessures anciennes. C’est l’histoire de deux marginaux, qui ne correspondent pas à ce qu’on attend d’eux et qui traversent le monde de manière plutôt inhabituelle : toujours en retard ou en avance, passant par des chemins de traverse et comptant sur la chance, plutôt qu’en respectant les règles. C’est peut-être la raison pour laquelle dans ce monde immense, ils finissent par se rencontrer, bien qu’aucun d’eux ne l’ait souhaité au départ. Seuls, ils sont très vulnérables, mais quand ils se tiennent par les pattes, ils peuvent révolutionner le monde, le paradis, et peut-être même changer les lois de la nature.

Rencontre avec Lucie Bannelier de la société de production Les Films du Cygne.
Présentation des marionnettes et du making-off du film.
Le mercredi 9 février à 14h

Nous irons tous au paradis, même les animaux. Après une confrontation avec un renardeau, un souriceau s’y retrouve propulsé dès les premières minutes de ce film d’animation qui réserve bien des surprises au public familial auquel il est destiné. Dans cet Éden animalier, les deux antagonistes se retrouvent sur une patte d’égalité. Ils doivent y apprendre à se débarrasser de leurs instincts et autres oripeaux de leur vie terrestre en suivant un cheminement introspectif et spirituel qui relève du récit initiatique classique du conte. Sauf que les étapes de leur parcours sont d’une originalité étonnante et d’une richesse visuelle assez bluffante. Enchanteur Adaptation d’un roman jeunesse d’Iva Prochazkova, ce long métrage d’animation en volume bénéfice du savoir-faire de l’école tchèque des films de marionnettes, d’Hermina Tyrlova (La révolte des jouets) à Lubomir Benes (Pat et Mat) en passant par Jiri Trnka (La main). Nos deux héros, la souris peureuse et le renard timide, passeront dans des décors faits à la main (il y en a près de 80 !) avec un luxe de détails impressionnant. Très joliment éclairés, ces bains du paradis, miroirs de l’éternité et entrailles de baleine sont proprement enchanteurs tout en restant ludiques. Le parc d’attractions, où les hères en devenir apprennent à exorciser leurs blessures anciennes, donne envie de faire quelques tours de manège. Il est d’autant plus regrettable que le doublage ne soit pas à la hauteur du soin apporté à la direction artistique et à l’animation… Évidemment, les ennemis d’hier deviendront les amis de demain, tirant de leur expérience une leçon de tolérance. L’occasion d’évoquer les grandes interrogations de l’enfance : l’amitié, la différence, la confiance en soi, la peur. Mais le film est moins prévisible qu’il en a l’air. Abordant sans détour le thème délicat de la mort, les scénaristes ont veillé à raconter leur histoire d’un ton léger et joyeux, invitant à penser le départ comme l’espoir d’une renaissance. La Croix
Rencontre, Festival Les petites bobines

De Laurent Geslin avec Laurent Geslin
Documentaire - France - 2020 - 1h22

Lynx

Au cœur des montagnes jurassiennes, alors que les brumes hivernales se dissipent, un appel étrange résonne à travers la forêt. La superbe silhouette d'un lynx boréal se faufile parmi les hêtres et les sapins. Il appelle sa femelle. Un couple éphémère se forme. C’est le début de l’histoire d’une famille de lynx...

rencontre avec Christelle Scheid, éthologue, chargée de l’information pour le programme Life Lynx en France, le jeudi 10 février à 14h, en partenariat avec l'ADRC

Festival Les petites bobines

De Anthony Roux, Jean-Jacques Denis avec Colette Veinard, Jean-Christophe Dollé
Animation - France - 2021 - VF - 1h14

Princesse Dragon

Poil est une petite fille élevée par un puissant dragon. Mais lorsque son père doit payer la Sorcenouille de son deuxième bien le plus précieux, c’est Poil qu’il offre, plongeant sa fille dans une infinie tristesse et l’obligeant à fuir la grotte familiale. Poil se lance alors dans un voyage à la découverte du monde des hommes. À leur contact, elle apprendra l’amitié, la solidarité, mais aussi la cupidité qui semble ronger le coeur des hommes.

Un pur bonheur made in France. Le film d'animation Princesse Dragon, issu du studio Ankama, raconte l’histoire de Poil, gamine aux cheveux verts et à l’allure humaine qui crache des flammes comme son papa dragon possède tous les atouts pour séduire les plus petits comme les adultes. « J’ai écrit ce film pour mes filles, explique l'un des deux réalisateurs Anthony Roux à 20 Minutes. Poil est une enfant courageuse, mi-fille, mi-dragon, mais elle se réfugie dans son œuf dès qu’on la sort de sa zone de confort. C’est là qu’elle apprend à grandir. » L’amitié que la fillette entretient avec une princesse humaine au caractère bien trempé les aide toutes deux à mûrir. Une héroïne pleine de vie Poil, c’est un nom orignal pour une héroïne et cela la rend encore plus attachante. « Son père dragon l’appelle ainsi à cause de sa crinière verte : il n’avait jamais vu de dragon avec des cheveux, explique Anthony Roux. Il ne sait que faire de cette enfant hybride qui ne ressemble pas à ses frères. » L’amour parental est l’un des sujets abordé par le film qui offre de beaux personnages secondaires comme une sorcière maline et un prétendant exaspérant que la princesse a tôt-fait d’envoyer promener. « Nous n’avons pas cherché à faire passer un message féministe, insiste le cinéaste, mais il est certain que les filles du film sont fortes. » Pour ce conte tonique, les réalisateurs de Mutafukaz (2018) et Dofus (2016) ont fait le choix judicieux de la 2D ou animation traditionnelle. « C’était risqué car le public est maintenant habitué à l’esthétique 3D des grands studios américains et il est difficile de l’attirer vers autre chose », reconnaît Anthony Roux. Il serait bien dommage de se priver du monde magique de Princesse Dragon qui évoque celui d’Hayao Miyazaki et de son mythique studio Ghibli. « C’est vrai que, quand elle est petite, Poil ressemble un peu à Ponyo », admet le cinéaste. L’enthousiasme constant de la charmante héroïne comme sa curiosité pousse aussi à la comparaison. Au moment des fêtes de fin d’année, alors que les films d’animation de qualité sont nombreux, l’adorable Princesse Dragon mérite de rencontrer le public pour sa vitalité et son charme. Ses auteurs préparent un nouveau film dans le même type d’univers, qui ne verra le jour que si celui-ci est un succès. On l'espère, bien évidemment. 20 Minutes
Les RDV d'ATTAC et de la LDH

De Emmanuel Carrère avec Juliette Binoche, Hélène Lambert, Léa Carne, Émily Madeleine, Patricia Prieur
Drame - France - 2020 - VF - 1h46

Ouistreham

Marianne Winckler, une écrivaine connue, décide d’écrire un livre sur le travail précaire en vivant concrètement cette réalité. Elle se retrouve femme de ménage et découvre la vie à quelques euros près, la condition d’invisible de la société. C’est une épreuve, mais pas seulement, car au fil de son immersion elle noue des vrais liens, des liens chaleureux et même joyeux avec quelques-unes de ses compagnes de galère.

Rencontre avec ATTAC et la Ligue des Droits Humains à l'issue de la projection.

Carrère invente un film ambigu, à la lisière de plusieurs mondes, sur le fil, un film-funambule ouvert à des perspectives vertigineuses. Mais ce qui est peut-être le plus sûrement documenté dans ce long métrage bouleversant et simple à la fois, c’est l’écart, l’étanchéité entre les milieux sociaux, l’écart entre le réel et sa mise en forme artistique, l’écart entre la précarité et ceux qui n’en souffrent pas, l’écart entre deux réalités parallèles, le monde des écrivains et celui des femmes de ménage. Positif
Festival Les petites bobines

De Vladimir Pikalik
Aventure Animation Comédie - Slovaquie - 1991 - 40min

Les Mésaventures de Joe

Joe est un enfant à la curiosité et l'imagination débordantes. Toujours prêt à faire des expériences, il entraîne avec lui ses amis dans des aventures exaltantes dans lesquelles le rire mais aussi les catastrophes ne sont jamais loin. Programme de 5 films : - Joe veut jouer avec ou sans jouet (6') : Joe veut jouer mais à quoi donc ? Exigeant, il prend une série de décisions infructueuses qui le conduisent à de petites et de grandes catastrophes. Mais il découvre au final que les jouets ne sont pas les seuls moyens de se distraire. - Joe à la pêche (6') : La pêche requiert du temps et de la patience. Mais, Joe arrive avec ses propres méthodes quelque peu originales. Elles ont de quoi faire honte aux pêcheurs expérimentés. Mais le succès va de pair avec l'envie. - Joe et la maison hantée (8') : Au milieu de la forêt se cache une maison abandonnée devant laquelle Joe et ses amis participent. À la recherche d'un ballon égaré à l'intérieur, ils y découvrent, dans l'obscurité et la poussière, bien d'autres choses… - Joe au zoo (8') : Joe et ses amis se rendent au zoo pour vivre la vie des singes. Mais ils perdent rapidement le contrôle de leur jeu qui va se transformer au final en véritable épreuve de survie. - Joe et les extra-terrestres (10') : La curiosité de Joe est sans limite. Son souhait est maintenant d’explorer l’espace mais attention aux rencontres du troisième type.

Festival Les petites bobines

De Arnaud Demuynck, Benjamin Botella
Animation Court-Métrage - France / Belgique - 2020 - VF - 42min

Le Quatuor à cornes Là-haut sur la montagne

Programme de 3 courts métrages d'animation. Temps de cochon Plic Ploc Plic Ploc! La pluie s’est invitée dans le champ du Quatuor à cornes. Marguerite, Aglaé, Clarisse et Rosine sont serrées les unes contre les autres sous l’abri. Quand il pleut, impossible de s’amuser! Mais impossible n’est pas Charly! Ce petit cochon plein de folie va apprendre aux quatre vaches que l’on peut faire rimer création avec précipitations Croc Marmottes C’est l’hiver. La neige tombe sur la montagne. Heidi, Lucie, Léonie et Nickie, les marmottes “vodleuses”, cherchent un abri pour leur hibernation. Dans leur pérégrination, elles rencontrent Denis, un bouquetin solitaire et taciturne, qui ne cherche qu’une chose : le calme et la tranquillité. Là-haut sur la montagne Après leur périple qui les a menées à la mer, Clarisse, Marguerite, Aglaé et Rosine cheminent maintenant vers la montagne. JB, l’animateur de l’écolo-pâturage, les a invitées à découvrir les sommets enneigés. Mais quand elles apprennent que le bélier a disparu lors d’une cueillette aux edelweiss, nos quatre héroïnes décident de partir à sa recherche.

Atelier Réalisation d’une carte pop-up le lundi 7 février à 14h (à partir de 5 ans)
sur inscription au 03 89 60 48 99 / cinebelair@wanadoo.fr.

C’est drôle à tous égards et dynamique de par le comique des chansons et l’avalanche des gags. Les Fiches du cinéma
Festival Les petites bobines

De Lena von Döhren, Galen Fott, Judit Orosz, Andrea Love, Phoebe Wahl, Déborah Cheyenne Cruchon, Nastia Voronina
Animation - France - 2021 - 44min

Jardins enchantés

Programme de 6 courts-métrages. Couchée Se coucher dans l’herbe, observer une libellule, puis un oiseau, ouvrir grand les yeux pour s’émerveiller de la magie qui nous entoure et surtout… rêver ! Le Roi et la poire Un jeune roi fort gourmand pense avoir trouvé la plus belle poire de son verger. Il hésite : est-ce le moment de la déguster ou vaut-il mieux la garder pour plus tard ? Et s’il la partageait ? Mais cela pourrait lui réserver bien des surprises… Cache-Cache Lors d’une partie de cache-cache, une petite fille déambule dans un jardin. Elle en explore les recoins secrets, observant les petites bêtes, et se retrouve bientôt entourée par un décor étrange et fascinant… Tulipe Tulipe, une petite fille haute d’un pouce née dans une fleur, part explorer le merveilleux jardin qui entoure sa maison, malgré les mises en garde de sa maman et les dangers qui la menacent. L'oiseau et les abeilles Un petit oiseau qui ne sait pas encore voler rencontre ses nouvelles voisines, une bande d’abeilles vrombissantes. Gare au renard qui rôde… mais qui, heureusement, est vraiment maladroit ! Du Iz Tak ? Un beau jour, une mystérieuse pousse verte apparaît dans la prairie. Les insectes s’interrogent : Du iz tak? Un peu de patience… Il faudra quatre saisons pour assister à la métamorphose de cette curieuse plante !

Festival Les petites bobines

De Svetlana Andrianova, Lenka Ivančíková, Raúl Robin Alejandro Morales Reyes, Chaïtane Conversat, Nina Bisyarina
Court-Métrage - France / Suisse / République Tchèque - 2015 / 2020 - 47min

En attendant la neige

C'est bientôt l'hiver… Une grand-mère amasse de drôles d'objets dans sa maison bientôt remplie jusqu'au toit… un chien perdu trouve enfin une amie, le petit tigre ses rayures… un lynx s'égare dans une ville inconnue pendant que doucement les flocons de neige recouvrent le sol d'une foret endormie par le froid… C’est bientôt l’hiver… Une grand-mère amasse de drôles d’objets dans sa maison… Un chien perdu trouve enfin une amie, le petit tigre ses rayures… Un lynx s’égare dans une ville inconnue pendant que doucement les flocons de neige recouvrent le sol d’une forêt endormie par le froid… Le tigre sans rayures : Un petit tigre décide d’entreprendre un long voyage dans l’espoir de retrouver ses rayures perdues. Le refuge de l’écureuil : Une vieille dame accumule chez elle des cartons remplis de souvenirs. Tous les mercredis, avec l’aide de ses amies les blattes, elle invente de fabuleux récits pour sa petite-fille. Ticket gagnant : Dans la ville en pleine agitation, la circulation des voitures s’ajoute à la précipitation des piétons. Personne ne fait attention à un pauvre chien errant jusqu’à ce qu’une petite fille pose son regard sur lui ! Première neige : Un petit hérisson se réveille un peu trop tôt de son hibernation. Les lumières de la nuit l’attirent irrésistiblement. Mais la neige se met à recouvrir tous les sentiers, comment retrouver le terrier ? Un lynx dans la ville : Attiré par les lumières du soir, un lynx un peu curieux s’ennuie dans sa forêt et décide d’aller faire un tour dans la ville voisine....

Festival Les petites bobines

De Eché Janga avec Tiara Richards, Felix de Rooy, Everon Jackson Hooi
Drame - Pays-Bas - 2020 - VOST - 1h26

Buladó

Kenza, 11 ans, vit sur l’île de Curaçao avec son père et son grand-père, deux hommes que tout oppose. Entre modernité et respect des traditions spirituelles ancestrales, la jeune fille tente de faire le deuil de sa mère qu’elle n’a jamais connue et de trouver son propre chemin.

Festival Les petites bobines

De Georges Melies
Court-Métrage - France - 1902/1911 - MUET - 0min

LES AVENTURES FANTASTIQUES DE GEORGES MELIES

Quatre films de Georges Méliès à découvrir en famille. - Les Aventures de Robinson Crusoë (1902,12 min, d'après Daniel Defoe) - Le Dirigeable fantastique ou le cauchemar d'un inventeur (1905, 3 min) - Le Raid Paris-Monte-Carlo en automobile (1905, 9 min) - À la conquête du Pôle (1911, 30 min, d'après Jules Verne)

Séances accompagnées d’une EPASTROUILLANTE CONFÉRENCE. Animation tout public autour de la magie (sans supplément de tarif).
Le vendredi 18 février à 14h et le samedi 19 février à 18h.

Festival Les petites bobines

De Enzo D'Alò avec Carlo Verdone, Luis Sepúlveda, Antonio Albanese, Melba Ruffo, Sofia Baratta
Animation - Italie - 1998 - VF - 1h15

La Mouette et le chat

Empoisonnee par une nappe de mazout, la mouette Kenah confie, juste avant d'expirer, son oeuf au chat Zorba et lui fait promettre qu'il ne mangera pas l'oeuf, qu'il en prendra soin jusqu'a son eclosion et qu'il apprendra a voler au nouveau-ne. Zorba s'execute et eleve ce chaton un peu insolite que la communaute des chats a baptise Felicite. Elle va apprendre a se connaitre, a comprendre et a accepter qu'elle n'est pas un chat avant de pouvoir voler. En attendant, elle se battra aux cotes de ses amis felins contre le grand rat qui les terrorise avec ses sbires.

Epuisée, couverte de goudron par la marée noire, une mouette s'effondre et pond son oeuf. Avant de mourir, elle soutire une triple promesse à Zorba, un matou qui passait par là : il ne mangera pas l'oeuf, il en prendra soin jusqu'à l'éclosion et il apprendra à voler au nouveau-né ! Voilà notre brave Zorba obligé de couver et bientôt papa d'un oisillon piailleur ! Inspiré d'un best-seller de la littérature enfantine signé Luis Sepúlveda, ce dessin animé italien a enthousiasmé les jeunes spectateurs. L'auteur, Enzo D'Alò, a travaillé pendant dix ans auprès d'enfants dans des ateliers d'animation. Son premier long (La Flèche bleue) a fait un tabac chez les moins de 10 ans. La Mouette et le Chat est plus drôle encore, avec son scénario farfelu et son graphisme chaleureux et épuré. Ce savant mélange d'humour, de gentillesse - et de suspense, avec une armée de rats affamés qui guettent l'oisillon - évite tout dérapage vers la niaiserie. Cela vaut aussi pour la bande-son. Pour une fois, les comédiens qui prêtent leur voix aux humains et aux animaux ne se croient pas obligés de bêtifier... Télérama
Festival Les petites bobines

De Hugo De Faucompret avec Céline Sallette, Yolande Moreau, Arthur H., Siam Georget Rolland
Animation - France / Russie - 2021 - VF - 50min

Maman pleut des cordes

Jeanne, huit ans, est une petite fille au caractère bien trempé. Sa mère, en revanche, traverse une dépression. Elle décide de se faire aider et doit envoyer sa fille passer les vacances de Noël chez sa Mémé Oignon. Jeanne, 8 ans, est une petite fille au caractère bien trempé. Sa mère, en revanche, traverse une dépression et doit envoyer sa fille passer les vacances de Noël chez sa Mémé Oignon... Mais Jeanne n’a pas compris ce qui arrive à sa mère et part en traînant les pieds : à la campagne, il n’y a rien à faire, et la maison de Mémé pue l’oignon ! Pourtant, contre toute attente, les vacances s’avèrent être une véritable aventure. En complément de programme : - Le Monde de Dalia de Javier Navarro Aviles (2020, 3') : Dalia découvre avec émerveillement la serre tropicale mais perd rapidement son père de vue. Un monde fantastique se déploie alors devant elle. - Tout sur maman de Dina Velikovskaya (2015, 7') : L’histoire d’une mère qui a déjà tant donné à ses enfants qu’il semble ne lui rester plus rien. Mais la vie lui offre soudain de nouvelles opportunités. - Le Réveillon des Babouchkas de Natalia Mirzoyan (2019, 8') : Maschunya reste à contre-coeur chez sa grand-mère pour fêter le réveillon. La soirée prend vite une autre tournure quand arrivent les invitées…

Ce florilège de courts métrages animés vaut surtout pour le dernier d’entre eux. Avec tendresse, Hugo de Faucompret raconte les vacances d’une petite fille pendant la dépression de sa mère, dans une Normandie féerique : superbes décors, peints à la main, où évoluent des personnages expressifs (telle cette grand-mère en cuisine), dignes du Studio Ghibli. Télérama
Avant-Première, Festival Les petites bobines

De Robin Shaw avec Benedict Cumberbatch, David Oyelowo, David Walliams, Tamsin Greig, Paul Whitehouse, Clara Ross
Animation - Allemagne / France / Royaume-Uni - 2021 - VF - 24min

Le Tigre qui s'invita pour le thé

Le tigre qui s’invita pour le thé (The Tiger Who Came to Tea) est un court-métrage d’animation de 2019. Il ressemble au dessin du livre de Judith Kerr, avec une animation très soignée qui se permet souvent des mouvements de caméra autour des personnages. Peu de décors, ce sont comme dans le livre des fonds blancs, les personnages sont bien mis en avant.

Sortie nationale

De Eskil Vogt avec Rakel Lenora Fløttum, Alva Brynsmo Ramstad, Sam Ashraf, Mina Yasmin Bremseth Asheim, Ellen Dorrit Petersen
Fantastique Thriller Drame - Norvège / Suède / Danemark / Royaume-Uni / France / Finlande - 2021 - VOST - 1h57

The Innocents

Dans la quiétude d’une banlieue assoupie par l’été nordique, quatre enfants se découvrent d’étonnants pouvoirs qu’ils convoquent innocemment dans leurs jeux, loin du regard des adultes. Alors qu'ils explorent leurs nouvelles aptitudes dans la forêt et le parc environnants, leurs distractions prennent peu à peu une tournure inquiétante.

Présentation de séance par Daniel Cohen, directeur artistique du FEFFS (Festival européen de films fantastiques de Strasbourg) le 10 février à 20h.

Quelques plans suffisent à Eskil Vogt pour accrocher le spectateur dans une ambiance à mi-chemin entre le conte merveilleux et un réalisme clinique voisin des premiers films de David Cronenberg. On pense aussi fortement au roman La Nuit des enfants rois de Bernard Lenteric (adapté en 2011 par le film d’animation The Prodigies), pour le lien puissant qui unit de jeunes surdoués bientôt entraînés dans une spirale de violence incontrôlable par les adultes, qui n’y voient que du feu. En marge de parents aimants, mais à des années-lumière de saisir le drame en marche, enclenché par la dérive maléfique de Ben, Tina, Anna et Aisha sont impliquées dans un combat de titans en culottes courtes, certes moins spectaculaire que chez Marvel mais dont l’issue sera tout sauf rose bonbon. C’était d’ailleurs l’intention du réalisateur : aborder l’enfance sous un angle plus réaliste, selon lui, que la vision joyeuse, nostalgique et idéalisée renvoyée le plus souvent au cinéma. Dans The Innocents – qui n’est paradoxalement pas spécialement une référence au classique de Jack Clayton – les plus petits n’ont justement rien d’innocent et, sous le crâne des chères têtes blondes et brunes, bouillonne une tempête d’angoisses et de peurs : « L’idée du film m’est venue après mon premier enfant, à l’âge de 35 ans », nous explique Eskil Vogt, père d’un garçon et d’une fille. « J’ai ressenti de nouveau ce que c’était qu’être un enfant, cette découverte maladroite du monde… Des souvenirs que j’avais complètement oubliés sont remontés et j’ai réalisé à quel point ce monde-là est différent du monde adulte. Je ne crois pas au cliché des enfants angéliques, blancs comme neige… Nous venons au monde sans code moral, sans sympathie, un peu comme des sociopathes narcissiques et il faut apprendre en grandissant les codes de socialisation. Mais en attendant, l’enfant vit dans son monde et, quand une chose impossible ou inexplicable se présente à lui, il se dit juste Okay ! et passe à autre chose. Parallèlement, on ressent à ces âges des angoisses, et je voulais aborder cette magie intérieure de l’enfance à travers un récit fantastique. » Mesurant mal la portée morale de certains de leurs jeux, les enfants de The Innocents vont en quelque sorte apprendre sur le tas, lors d’un inévitable point de rupture. Film typique d’une certaine narration scandinave épurée, exigeante et sans grandes embardées dramaturgiques, The Innocents n’en distille pas moins un savant malaise qui ne plaira pas à tout le monde, notamment lors d’une scène de cruauté envers un pauvre chat, qui a provoqué, lorsque de la projection du film ce dimanche, un très audible murmure d’effroi et de dégoût chez les spectateurs. Parfaitement dirigés, les enfants, tous âgés de 7 à 10 ans pendant le tournage, furent sélectionnés parmi 2 000 candidats auditionnés en écumant les écoles élémentaires de Norvège. Pour tous les quatre, The Innocents est leur première fois à l’écran. Il a donc fallu les entourer en permanence d’une coach de jeu et d’une conseillère psychologique, en amont et pendant le tournage, lequel s’étala sur 46 jours à l’automne 2019, en raison de journées raccourcies pour ménager ce jeune casting. À reculons, Vogt a dû aussi se frotter aux effets spéciaux, aussi bien exécutés en plateau que composés en images de synthèse et, malgré (ou grâce à ) leur sobriété, ils convainquent amplement. Dans son dernier acte, The Innocents prend une dimension cauchemardesque et, lors d’une confrontation finale tétanisante, Vogt recycle à dose infinitésimale les codes du film de super-héros, sans jamais dévier d’une ligne minimaliste et anxiogène à l’impact émotionnel maximal. Face à la maîtrise visuelle impressionnante du résultat et la méticulosité des plans, on ne serait pas étonné qu’un jour ou l’autre Marvel Studios ou Warner Bros/DC frappe à la porte du scénariste/réalisateur. Eskil Vogt, s’exprimant dans un français quasi parfait (héritage de ses années d’étude à la Femis), avoue regarder et apprécier les blockbusters à base de justiciers masqués, mais ne se sentirait pas pour autant à l’aise avec leurs innombrables contraintes pour rendre une copie tout public. Le Point
Avant-Première, Festival Les petites bobines

De RIDUZE Dace, BRINKMANIS Maris
Animation - Lettonie - 2020 - MUET - 48min

LE GRAND JOUR DU LIEVRE

Programme de 4 films d’animations en marionnettes par les Studios AB. Programme : - Les Petits pois de Dace Rīdūze (2020, 14') : Huit petits pois profitent de la chaleur de leur cosse toute douillette. Mais un ver affamé vient perturber leur tranquillité ! - Le Grand jour du lièvre de Dace Rīdūze (2015, 10') : Pâques approche à grands pas. Toute la famille Lapin travaille dur afin que les œufs soient prêts à temps ! - Vaïkiki de Māris Brinkmanis (2017, 10 ') : Un soir dans une pâtisserie, une truffe au chocolat tombe de son étagère et atterrit dans une assiette de sucreries. - Le Grain de poussière de Dace Rīdūze (2018, 13') : Dès qu’un petit garçon quitte sa chambre, des petits grains de poussière sortent de leur cachette et mènent la belle vie.

Festival Les petites bobines

De Anne-Laure Daffis, Léo Marchand avec François Morel, Arielle Dombasle, Valérie Mairesse, Elise Larnicol, Oliveri Saladin, Didier Gustin, Cyril Couton, Carlo Boso, Rosaria Da Silva
Animation - France - 2020 - VF - 1h13

Les Voisins de mes voisins sont mes voisins

Un ogre casse ses dents la veille de la Saint-Festin, la grande fête des ogres. Un magicien rate son tour de la femme coupée en deux en perdant les jambes de son assistante. Un randonneur suréquipé reste coincé plusieurs jours dans l’ascenseur. Un vieux monsieur tombe amoureux d’une paire de jambes en fuite. Une maman confie ses enfants au voisin le soir de la Saint- Festin... Dans un immeuble, les destins entremêlés de dix vrais voisins ou voisins de voisins aux prises avec les drames, les plaisirs, les surprises et les hasards de la vie quotidienne.

Sortie nationale

De Bertrand Mandico avec Paula Luna, Elina Löwensohn, Vimala Pons, Agata Buzek, Michaël Erpelding
Science-Fiction - France - 2021 - VF - 2h07

After Blue (Paradis sale)

Dans un futur lointain, sur une planète sauvage, Roxy, une adolescente solitaire, délivre une criminelle ensevelie sous les sables. A peine libérée, cette dernière sème la mort. Tenues pour responsables, Roxy et sa mère Zora sont bannies de leur communauté et condamnées à traquer la meurtrière. Elles arpentent alors les territoires surnaturels de leur paradis sale…

Présentation de séance le vendredi 18 février à 20h par Eric Peretti, programmateur du LUFF et des Hallucinations Collectives de Lyon.

  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas

Prochainement