Films du mois
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- Légendes des pictos :
- Séance suivie d'une rencontre |
- Sous-titrage sourds et malentendants |
- VF Version française |
- Séance précédée ou suivie d'un repas
De Rodrigo Sorogoyen avec Javier Bardem, Victoria Luengo, Raúl Arévalo, Marina Foïs, Mourad Ouani
Drame - Espagne - 2026 - VOST - 2h15
L'Etre Aimé
Réalisateur mondialement célèbre, Esteban Martínez revient en Espagne pour tourner son nouveau film. Il en offre le rôle principal à une jeune actrice inconnue, sa fille, qu’il n’a pas vue depuis treize ans. La jeune femme accepte cette formidable opportunité, mais sait qu’à l’occasion de ce tournage, elle va se confronter à un homme qu’elle n’a jamais pu considérer comme un père. Le poids du passé menace de rouvrir leurs blessures.
Ce film est présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026.
Propulsé dans une reconnaissance internationale en 2016 avec son thriller psychologique Que Dios nos perdone porté par Antonio de la Torre, le réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen, avec l’aide de son inséparable coscénariste Isabel Peña, trace une filmographie éminemment politique au style très personnel où s’imposent angoisse et regard objectif sur le monde. Après El Reino (2018), toujours avec Antonio de la Torre, et Madre (2020), porté par Marta Nieto, il réalise As bestas (2022), dans lequel brillent Denis Ménochet et Marina Foïs. Parallèlement au cinéma, Sorogoyen réalise des séries, dont Los años nuevos, à voir sur la plateforme d’Arte.
De Damien Faure
Documentaire - France - 2012 - VF - 56min
Espaces intercalaires
Au début, le champ urbain se voit comme un espace à trois dimensions, puis en prolongeant le regard, de nouveaux lieux apparaissent. Tokyo se métamorphose et nous révèle une vision différente de la cité, peuplée d'architectures singulières et de personnages qui habitent la ville autrement. Nous découvrons d'étranges petits bâtiments qui s'immiscent entre les interstices de la mégalopole.
Projection suivie d'un échange avec Sarah Favrat, chargée de projet, Formats Urbains Architectes.
De Baptiste Deturche, Adrien Lesaffe
Documentaire - France - 2025 - VF - 1h00
Le Secret du Loup d'Éthiopie
Sur le continent africain, en Ethiopie, il existe une région où la terre s’est soulevée à plus de 3600m d’altitude. Là-haut, il y a un plateau, l’Abyssinie. Et sur ces hauteurs vie l’espèce de canidé la plus rare du monde : le Loup d’Éthiopie. Dans le sillage d’un photographe engagé pour la préservation de cette espèce nous partons à la rencontre de ce monde d’altitude où les derniers loups vivent. En plus d’être rare, d’avoir évolué loin de ses cousins canidés et dans un environnement isolé, ce loup adopte un comportement inédit et encore jamais filmé : il butine des fleurs ! Porté par la passion d’Adrien Lesaffre, le photographe, nous découvrons un monde discret, intime et le travail nécessaire de documentation photographique pour la conservation.
Dans Le secret du loup d’Éthiopie, le cinéaste Baptiste Deturche révèle un comportement fascinant : un grand prédateur qui butine. Tourné en 20 jours au cœur des montagnes éthiopiennes, le documentaire allie images rares et message écologique fort, invitant à repenser notre lien au vivant. Un tournage inédit sur les hauts plateaux d’Afrique Rencontré lors d’un festival photo, Baptiste Deturche et le photographe animalier Adrien Lesaffre ont rapidement noué une complicité autour de leur passion commune : la nature sauvage. « On a commencé à discuter sur l’éventualité de réaliser un film sur le loup d’Éthiopie », raconte le réalisateur. Cette espèce, endémique des hauts plateaux, ne compte plus que 500 individus. Le film a été tourné en mai dernier, sur une période de 20 jours. « Adrien connaît l’espèce très bien, cela fait sept ans qu’il la suit trois fois par an », précise Baptiste. Malgré la sécheresse et une épidémie de maladie de Carré ayant décimé plusieurs meutes, l’équipe a réussi à capturer des images exceptionnelles. Un loup qui butine : une découverte scientifique Le documentaire met en lumière une découverte récente publiée dans la revue Ecology : le loup d’Éthiopie butine des fleurs, un comportement jamais observé chez un grand prédateur. « Il ne butine qu’un seul type de fleurs, les Kniphofia foliosa, et repart le museau plein de pollen », explique Baptiste Deturche. Ce comportement inédit laisse penser que ce loup pourrait être un prédateur pollinisateur, une première dans le règne animal. « On ne sait pas si c’est inné ou acquis, mais c’est complètement dingue », ajoute le réalisateur, encore fasciné par ce spectacle naturel. Sensibiliser sans moraliser Comme dans ses précédents films, Baptiste Deturche veut éveiller les consciences sans donner de leçons. « Mon but, c’est de partager des informations et d’élever un peu les consciences sur l’environnement. Je ne fais pas de films moralisateurs », dit-il. Pour lui, préserver la planète revient avant tout à « conserver le vivant » et à maintenir un équilibre viable pour l’avenir. France Inter
De Aurélien Vernhes-Lermusiaux avec Alexis Tafur, Miguel Ángel Viera, Ángela Rodríguez, Laura Valentina Quintero, Virgelina Gil Saénz
Drame - France/Colombie/Brésil - 2026 - VOST - 1h25
La Couleuvre noire
Après des années d’absence, Ciro revient chez lui, au chevet de sa mère. Dans ce désert colombien de la Tatacoa, il retrouve ceux qu’il avait fuis et affronte les derniers gardiens d’un territoire aussi fragile qu’envoûtant.
Rencontre avec Aurélien Vernhes-Lermusiaux, réalisateur, le lundi 18 mai à 20h15, en partenariat avec l’ACID, association du cinéma indépendant pour sa diffusion.
Il part au bout du monde pour chercher l’intime… Un étonnant désir de cinéma guide le réalisateur découvert avec Vers la bataille (2021), où un photographe français suivait des soldats de Napoléon III au Mexique, en 1863, emportant avec lui le souvenir de son fils, mort dans une autre guerre. Un nouveau voyage commence avec Ciro, jeune Colombien ouvrier à Bogotá aujourd’hui, appelé au chevet de sa mère, qui vit ses derniers jours dans la très modeste maison familiale, aux portes du désert de la Tatacoa. Une immensité que Ciro a fuie, dix ans plus tôt, abandonnant sa place de fils et renonçant à celle du père qu’il allait devenir. De retour au village, ce déserteur va avoir rendez-vous avec lui-même, dans le désert… Si Aurélien Vernhes-Lermusiaux se confirme en cinéaste explorateur, il donne mieux à comprendre qu’il est d’abord l’aventurier du cheminement intérieur. Dans les paysages extraordinaires de la Tatacoa, qui semblent l’invention d’un artiste halluciné, il a trouvé une matière rocheuse, minérale et presque mentale, dont il fait un langage sensible. L’aridité géographique se révèle la richesse d’un film qui évite tout folklore sud-américain et s’ouvre au mystère. Terrain familial et familier Les retrouvailles sont faites du silence du père, dur comme la pierre, et du souffle ténu de la mère, dans lequel semble passer le sifflement d’une couleuvre noire (la signification de « Tatacoa ») dont elle transmet l’histoire à Ciro. Ce serpent porteur d’eau, capable de faire renaître la vie, se glisse ici, resurgit là, relance une magie possible et devient le symbole de ce que le film raconte : une mue. En s’acclimatant à cet ailleurs troublant, on se trouve peu à peu en terrain non seulement familial mais familier. Avec le beau personnage de la fille de Ciro, présence timide et essentielle du haut de ses 10 ans, une autre façon d’être au monde se dessine, en renouant avec ses racines tout en gardant sa liberté, en trouvant sa place. La Couleuvre noire avance vers la fin d’une bataille avec des ruptures, des peurs, des regrets. De la nuit des premières scènes à la belle journée finale, c’est le film lumineux de l’apaisement, d’une réconciliation avec l’immensité de l’histoire dont chacun de nous hérite. Télérama
De 橋本一 avec 柳楽優弥, 田中泯, Hiroshi Abe, 永山瑛太, 玉木宏, Munetaka Aoki, 瀧本美織, 浦上晟周, Haruka Imou, Chiyo Takahashi, Hitoshi Nonomura, Koichi Koshinaka, 辻本祐樹, Jyo Kairi
Biopic
Drame - Japon - 2020 - VOST - 1h30
Hokusai
Japon, XVIIIème siècle. Alors que le pouvoir impérial impose sa censure sur les artistes, le jeune Shunrô, apprenti peintre, est exclu de son école à cause de son tempérament impétueux et du style peu conventionnel de ses estampes. Personne n’imagine alors qu’il deviendra Hokusai, célèbre auteur de la Grande vague de Kanagawa.
Présentation de l’artiste et de son oeuvre avant la projection par Catherine Koenig, historienne de l’art.
Après un Caravage peu mémorable de Michele Placido, le biopic de Hajime Hashimoto retrace le parcours du célèbre peintre d’estampes japonais Hokusaï, avec plus de bonheur. Ses Trente-six vues du mont Fuji (1831 – 1833) et La Grande Vague de Kanagawa (1831) ont été reproduites des millions de fois. L’on comprend moins aujourd’hui les réprobations que son art provoqua dans la capitale japonaise d’Edo quand il s’imposa comme artiste majeur. Pour le savoir, Hokusaï sort en salles mercredi 26 avril. Film en aplat Au début du XVIIIe siècle dans la capitale d’Edo au Japon, l’empereur impose une censure drastique aux artistes. Peintre étudiant, Shunrô est exclu de son école pour son impétuosité et son style marginal. Soutenu par un galériste qui détecte son génie, Shunrô va devenir Hokusaï, l’un des plus célèbres peintres d’estampes japonaises, mais aussi la cible à abattre de ses détracteurs. Hajime Hashimoto opte pour un biopic non chronologique, en passant de l’étudiant réfractaire dans son école ingrate, au vieillard accompli, puis en revenant à l’adulte, sans oublier la tentative d’assassinat dont il fut victime. La mise en images renvoie au style d’Hokusaï dans les cadres très composés des plans, leur impression d’aplat et la prédilection donnée aux visages. Un bel effet d’identification qui se sent à l’œil, sans ostentation, mais accompli. Composition éclatée Issu de l’école paysagiste du "monde flottant", Hokusaï s’est dirigé vers les portraits d’acteurs et de courtisanes. Ses maîtres et artistes concurrents critiquaient la galvanisation des deux dimensions de ses compositions. En avance sur son temps, c’est là, toute la modernité d’Hokusaï. Elle s’expatriera dans l’impressionnisme, le fauvisme et l’abstraction géométrique en influençant toute la culture occidentale. Hajime Hashimoto choisit pour son film une construction qui rappelle celle de Bird, le biopic de Charlie Parker par Clint Eastwood, en passant d’une époque et d’un épisode à l’autre sans transition. Ils émergent de réminiscences, d’un événement, d’un paysage, ou d’un visage qui évoquent les souvenirs. Celui de la galerie saccagée par les forces de l’ordre, de la censure de ses écrits - Hokusaï étant également écrivain -, ou celui d’une geisha. Filmé comme dans un "monde flottant", Hokusaï lève le voile sur un artiste parmi les plus populaires, mais encore mystérieux pour plus d’un. France Info Culture
De Jean-Gabriel Leynaud
Documentaire - France/Allemagne - 2024 - VF - 1h34
Le Sang et la boue
Le quotidien de Numbi, une petite ville du Congo où des mineurs extraient à mains nues le coltan, « or gris » de nos appareils électroniques, des creuseurs aux policiers qui traquent les trafiquants, aux femmes qui trient les minerais ou vendent leurs corps, aux enfants tiraillés entre l’école et la mine.
Rencontre avec CCFD-Terre solidaire, ATTAC et la Ligue des Droits de l'Homme.
On est à Numbi, ce gros village ou cette petite ville construite autour de l’exploitation de la montagne où, dans sa boue, on trouve du coltan ; matière indispensable à la construction des appareils électroniques utilisée dans les smartphones ou les ordinateurs pour ne citer qu’eux. Les montagnes sont douces, entourées d’une nature verdoyante : un paysage magnifique. Comme le dit l’un des protagonistes de ce film si tragique qu’il semble fictionnel : « Le Congo, c’est un paradis : on a tout ! Mais nous vivons en enfer ». L’enfer, Jean-Gabriel Leynaud le montre sous toutes ses coutures. En suivant le quotidien des habitants de cet endroit où l’on atterrit dans l’espoir de survivre plutôt que de vivre, Leynaud parvient à raconter la réalité de cette exploitation aux enjeux mondiaux. Ici, les prix d’achat et de revente sont fixés par les marchés internationaux, ne permettant pas une rémunération fixe pour les locaux. Pas de grosses machines ni d’industrie, les creuseurs « mangent la montagne » avec leurs pelles comme tout outil, dans l’espoir de décrocher un filon leur permettant de nourrir leur famille sur le long therme. La caméra de Leynaud suit la vie d’un des creuseurs, un bonnet bleu constamment vissé sur la tête, comme pour l’identifier comme le personnage principal de ce film tragique. Ancien enfant soldat, il creuse maintenant pour nourrir sa fille et sa femme, que ses frères kidnappent bientôt car il n’a pas eu les moyens de payer sa dot. L’injustice frappe à toutes les portes et de nouveaux personnages se rajoutent petit à petit à l’histoire : un acheteur/revendeur forcé de payer la police corrompue pour aller vendre le coltan jusqu’à la ville, une femme chassée de chez elle après être tombée enceinte suite à un viol, se prostituant pour vivre, un professeur tentant de faire comprendre l’importance des études et la dangerosité d’aller travailler comme creuseurs à des enfants auxquels on ne laisse guère le choix à la maison… Injustices venues du gouvernement congolais, injustices dictées par les multinationales étrangères exploitant le coltan pour fabriquer des appareils électroniques vendus en Europe et partout dans le monde. En mettant des images, et surtout des vies et des visages, sur ce que l’on sait déjà de l’exploitation des ressources dans les pays d’Afrique, Leynaud touche en plein cœur. On se demande combien de temps il a dû passer sur place pour gagner la confiance de ceux qu’il filme et pour réussir à obtenir ces images si délicates : la corruption et la violence de la police, un accident mortel au cœur de la montagne... En mettant l’accent sur les personnes, leurs problématiques, leurs quotidiens et leurs rêves, le metteur en scène permet de toucher au plus profond le spectateur. Que faire quand on est le dernier maillon d’un système bien huilé dont le monde entier est complice ? Sans donner de leçon et avec humanité, ce documentaire puissant dénonce cet état de fait et nous amène à réfléchir à notre propre complicité passive. Un film à visionner pour mieux voir le monde. Abus de ciné
De Philippe Béziat avec Klaus Mäkelä, Orchestre de Paris
Documentaire - France - 2025 - VF - 1h30
Nous l'orchestre
Comment jouer ensemble à 80 sans se sentir disparaître dans la masse ? Comment contribuer à quelque chose de plus grand que soi ? Comment cohabiter des dizaines d’années sans que le groupe explose ? Quel rôle joue vraiment le chef d’orchestre ? Pour la première fois, caméras et micros se faufilent entre les musiciens de l’Orchestre de Paris, sous la baguette de leur jeune chef prodige, Klaus Mäkelä. Une immersion totale pour partager leurs expériences, l’émotion et la beauté, au cœur de la musique en train de se faire.
Séances supplémentaires le lundi 25 mai et la mardi 26 mai à 14h
Nous, l’orchestre est une incursion fascinante au cœur d’un univers que l’on imagine souvent figé, mais qui, sous le regard patient et minutieux de Philippe Béziat (Indes galantes, Traviata et nous), révèle toutes ses pulsations intimes. Le documentaire dissèque avec une sensibilité aiguë la vie d’une formation symphonique (répétitions, raccords, concerts, concours, conservatoire…), dévoilant non seulement la rigueur de la discipline orchestrale, mais aussi les émotions et les tensions qui se nouent dans les coulisses de ce grand temple aux courbes futuristes qu’est la Philharmonie de Paris. Gracieuse et attentive, la caméra circule entre les pupitres avec une discrétion respectueuse, épouse le mouvement des archets, capte les frissons des cordes pincées, mais saisit surtout le silence qui précède la note, cette attente suspendue où se joue la tension entre maîtrise technique et émotion vraie. Philippe Béziat filme l’orchestre dans sa vérité brute : une machine magnifique mais exigeante, qui ne pardonne pas l’à-peu-près ; un ballet silencieux où chaque musicien détient sa partition, mais où l’harmonie ne peut s’obtenir qu’au prix d’une écoute et d’un abandon réciproques. Le réalisateur suit, entre autres, le charismatique Klaus Mäkelä, jeune chef prodige finlandais de vingt-neuf ans que toutes les salles de concert s’arrachent. À travers lui, Nous l’orchestre explore la fonction protéiforme du directeur musical — à la fois guide, médiateur et gardien d’un espace sonore altruiste, le maestro inspire, apaise, modifie la texture ou la couleur d’un morceau sans jamais imposer de hiérarchie verticale –, et rend palpable l’équilibre entre exigence artistique et écoute respectueuse, cette phase de recherche lorsque chacun tâtonne, décale son geste, réajuste sa position. Mais la grande réussite de cette mise en scène limpide et enveloppante réside dans sa capacité, toujours modeste mais très maîtrisée, à humaniser l’écosystème musical. En effet, Philippe Béziat ne nous livre pas seulement la virtuosité de la discipline orchestrale mais donne aussi la parole aux instrumentistes qui, tour à tour, expriment leurs failles, leurs doutes, les rivalités et les joies partagées, composant ici une mosaïque de sensibilités et de tempéraments parfois incompatibles. Rappelant que derrière chaque performance éblouissante se cachent des heures d’exigence et de compromis, cette plongée dans l’intimité collective met donc en lumière un paradoxe : pour transcender ensemble les œuvres de Stravinsky, Bartok, Rimski-Korsakov, Chostakovitch ou encore Mahler, il faut avant tout accepter les fragilités individuelles. Ainsi, Nous l’orchestre capture avec une acuité rare la respiration d’un corps collectif en quête d’une harmonie absolu. Orfèvre du documentaire musical, Philippe Béziat magnifie l’alchimie qui circule entre l’estrade et les pupitres, offrant une partition visuelle d’une grande justesse, où les silences pèsent autant que les fortissimos. Sans surplomb ni emphase, il signe ici un vibrant hommage à l’Orchestre de Paris et une magnifique méditation sur ce que signifie “jouer ensemble” dans un monde où l’individu est sans cesse valorisé. Car la musique n’est pas qu’un spectacle, mais aussi une vie partagée. Le Mag du Ciné
De Pálfi György avec Maria Diakopanayotou, Argyris Pandazaras, Yannis Kokiasmenos
Comédie
Dramatique - Hongrie/Allemagne/Grèce - 2025 - VOST - 1h37
Cocotte
À grand pouvoir, grandes responsabilités - mais si l’héroïne était une poule ? Échappée d’un élevage industriel, elle trouve refuge dans la cour d’un restaurant en ruine. Là, elle découvre l’amour, défie la loi du bec et se bat pour protéger ses œufs. Sa quête, tendre et ironique, résonne avec les combats silencieux et petits arrangements de la vie humaine.
De Cédric Klapisch avec Garance Clavel, Zinedine Soualem, Renée Le Calm, Olivier Py, Simon Abkarian
Comédie - France - 1996 - VF - 1h25
Chacun cherche son chat
A travers une histoire de chats et d'une jeune fille qui a perdu le sien, évocation de la vie d'un quartier parisien où plusieurs mondes cohabitent, se confrontent, se rencontrent, organisés en réseaux de communication complexes.
Rencontre avec l’asociation La Maison commune
Une jungle de béton. On déboise, on ratisse, on démolit. Paris change de visage. Perdue dans cette jungle, la frêle voix d’une jeune fille résonne… Enervée et inquiète : « J’ai arrosé tes fleurs pendant tes vacances, tu pourrais bien t’occuper de mon chat… » Eh bien non ! Dans une ville aussi grande, aussi peuplée, pas facile de trouver de l’aide. On entre dans un immeuble, un appartement, un salon, on s’approche du visage de la « désespérée ». Rassurez-vous, Chloé, qui aime tant son chat (parce qu’elle n’a pas d’homme dans sa vie ?), va très vite trouver, grâce à ses relations de voisinage, une vieille dame complaisante. Pourtant, madame Renée n’a pas l’air commode : haute comme trois pommes, vive comme l’éclair, un franc-parler de parigote « rentre-dedans »… « Vous lui voulez quoi à madame Renée ? », grogne-t-elle en entrouvrant sa porte avec méfiance. Madame Renée n’a pas son pareil pour di- re à Chloé, à toute allure et de sa voix cassée, ses quatre vérités : « Quoi, vous payez votre café 10 francs ? Vous êtes folle !… Et votre chat, il s’appelle Gris-Gris et il est noir, fallait l’appeler Noiraud… Et qu’est-ce qu’il est gras ! » On a graffité sur sa porte « fuck la vioque »… mais la vioque, elle, crie de sa fenêtre au joueur de batterie d’en face qui l’abrutit : « Ferme ta gueule… ou ferme ta fenêtre ! » Avec elle, Gris-Gris est sous bonne garde. L’impossible arrive tout de même : il disparaît. La vieille dame est bouleversée. Elle nous fait même une déprime. Logique, elle qui assure avoir « été souvent déçue par les hommes, jamais par les bêtes ! ». L’idée forte de Cédric Klapisch est d’avoir pris prétexte de cette histoire de chat pour explorer un village : le 11e arrondissement de Paris. Rue de la Roquette, rue des Taillandiers, rue de Lappe, rue Keller… Un vrai quartier et ses vrais habitants. Madame Renée… est bel et bien madame Renée. Cédric Klapisch l’a filmée dans son appartement, telle qu’il l’avait trouvée (elle aurait préféré passer chez le coiffeur), et les mots qu’elle prononce sont les siens. Comme madame Odile ou madame Ménard… Car la moitié des acteurs de ce film n’en sont pas. Les décors non plus. Du déjà-vu, peut-être. Mais pas à ce degré d’osmose entre amateurs et professionnels, de sorte qu’il est impossible de déceler les vraies concierges des fausses. Pas au point qu’une petite dame de la rue soit l’égale de la jeune première (Garance Clavel, une découverte). Madame Renée n’est pas de toutes les scènes, mais on ne voit qu’elle. Pourtant, dans ce film-mosaïque, il y a une sacrée galerie de personnages, tous savoureux. On se promène des uns aux autres, de la minette à la ménagère. Mais aussi d’un lieu à un autre, du branché au vieillot, du studio de photos de mode au bistrot à l’ancienne. On entend aussi bien une chanson de Portishead que « Paris, rei-neu du mon-deu… ». Pour notre plus grand plaisir. On a le sourire jusqu’aux oreilles à voir les uns cohabiter avec les autres. Sacré Gris-Gris ! Son nom l’emporte sur sa couleur, et pour une fois le chat noir porte bonheur. On ne quitte pas le quartier, mais on emprunte des chemins compliqués. Car l’itinéraire n’est pas fléché. Un chat peut en cacher un autre. Sur une petite place, on se retrouve, on se croise, mais on ne se rencontre pas vraiment. Une ruelle se jette dans une rue qui elle-même débouche dans une autre et donne forme à un parcours labyrinthique… comme les sentiments. Parfois, on tourne en rond. Et puis, l’impasse : les baisers ne se posent pas toujours sur la bouche désirée. Paris est, ici, une carte du Tendre dont nous avons souvent en main le « mauvais plan ». Après Riens du tout et Le Péril jeune, Cédric Klapisch confirme ses dons pour un cinéma comique et humaniste, plein de vie et de vitalité. Au début, tout le monde cherche le chat de Chloé. Prétexte ! Chacun ne fait que chercher un peu d’amitié, et certains, même, l’amour. Ici, la ville a un cœur qui bat. Les hommes peuvent tomber des toits comme les chats, et les femmes se perdre dans Paris quand elles ont perdu leur mari. Tous ont besoin de câlins. Miaou…Télérama
De Johanna Moder avec Marie Leuenberger, Hans Löw, Claes Bang, Julia Franz Richter, Nina Fog
Thriller
Drame - Autriche/Suisse/Allemagne - 2025 - VOST - 1h48
Mother's Baby
Une mère n'arrive pas à établir un lien avec son nourrisson.
Rencontre animée par Ludovic Haas et Philippe Verry avec Isabelle Lainé, directrice d’établissement médico-social, et, sous réserve, Johanna Moder, réalisatrice. En partenariat avec Augenblick.
ALLÔ BÉBÉ ICI MAMAN Julia et Georg sont dans une attraction à sensations dans une fête foraine – s’y envoyer en l’air est aussi excitant qu’effrayant. Le couple expérimente les mêmes sentiments sur la terre ferme, alors que Julia s’apprête à mettre au monde leur bébé tant attendu. La réalisatrice autrichienne Johanna Moder n’a pas peur des archétypes dans ce film aux ingrédients classiques sur la maternité (ainsi que sur tout l’imaginaire paranoïaque et menaçant qui y est lié, dans la vie comme au cinéma). Qu’avez-vous fait à mon bébé ? L’étincelle du doute chez Julia devient un gouffre lorsque celle-ci soupçonne que, définitivement, quelque chose cloche. Dans le cinéma fantastique ou horrifique, on loue souvent la maestria d’une mise en scène ou les surprises d’un scénario malin, mais l’une des clefs du succès est l’interprétation. On croit au trouble de Mia Farrow car Mia Farrow y croit. On croit à l’horreur dont est témoin Ellen Burstyn car Ellen Burstyn y croit aussi. De la même manière, l’Allemande Marie Leuenberger, au jeu dénué d’artifices, nous fait croire à ses doutes car elle y croit elle-même dur comme fer. De manière surprenante et avec une ironie certaine, Johanna Moder et son coscénariste Arne Kohlweyer parviennent à nous convaincre que quelque chose ne va pas en faisant répéter à leurs personnages « tout va bien » comme un mantra. Tout va bien devient la phrase la plus angoissante du film et voilà un excitant pari scénaristique : créer de la tension et de l’inquiétude alors que rien d’explicitement anxiogène n’arrive à l’écran (à part, excusez du peu, le fait d’être mère). Les péripéties sont quasi absentes, il règne un profond silence – c’est précisément dans la retenue dramatique et dans le silence que Moder laisse rentrer toutes les questions et angoisses. Si être mère éveille 1001 doutes chez Julia, la première concernée, le sujet est un non-sujet pour la quasi-intégralité de son entourage. C’est là que Mother’s Baby se raccroche à un drame tout ce qu’il y a de plus réaliste : tout le monde a son mot à dire, tout le monde a un droit de regard, et Julia peut, avec condescendance, être évoquée à la troisième personne même en sa présence. Plus qu’un thriller médical, Mother’s Baby est aussi un drame féministe sur le gaslighting. Tôt dans le film, l’accouchement est filmé à l’aide d’un travelling circulaire. C’est étourdissant, mais c’est aussi un cercle formé sur son sujet, qui ne devrait laisser aucun doute. Johanna Moder fissure ce cercle parfait avec habileté – mais aussi avec générosité. Le dénouement spectaculaire qui pioche dans des sous-genres moins respectés ne sera peut-être pas au goût de tout le monde – tant mieux : c’est là l’un des délices d’un film qui, programmatique sur le papier, parvient finalement à nous emmener avec efficacité là où il le désire. Le Polyester
De Charlie Polinger avec Everett Blunck, Kayo Martin, Joel Edgerton, Kenny Rasmussen, Lucas Adler
Thriller - Etats-Unis - 2025 - VOST - 1h35
The Plague
États-Unis, 2003. À son arrivée dans une nouvelle ville en compagnie de sa mère et de l'homme avec qui elle a refait sa vie, Ben, 13 ans, est inscrit à un camp de water-polo. Discret et insécure, il cherche l'approbation de Jake, qui semble être le meneur parmi les joueurs. Celui-ci le met en garde contre Eli, un marginal réputé pestiféré en raison de sa maladie de peau. Quand Ben, par compassion pour Eli, lui frictionne le dos dans le vestiaire, Jake le prend pour cible, faisant de sa vie un enfer.
Grand Prix , Festival de Deauville 2025.
Il y a des films qui vous glacent le sang et dont l’effroi ne vous lâche plus d’un bout à l’autre. The Plague est de ceux-là. Il se passe lors d’un séjour d’apprentissage sportif qui réunit le temps d’un stage des jeunes qui pratiquent le water-polo. Les filles, elles, dans une autre classe, s’entraînent à la gymnastique aquatique. Ces compositions mono-sexuées des groupes pourraient faire hurler les opposants aux théories du genre, mais d’emblée, cette situation pose un cadre réactionnaire et implacable qui n’a pas bougé depuis que l’univers des sports de haut niveau existe. Trois personnages intéressent particulièrement le jeune et talentueux cinéaste Charlie Polinger : Jack qui se pose en leader du groupe ; le héros Ben récemment parti de Boston et souffrant de troubles de l’élocution ; et Eli qui, en plus de difficultés apparemment mentales ou cognitives, a le corps couvert d’eczéma. Ce dernier fait l’objet de moqueries et d’un rejet violent par l’ensemble du groupe à l’exception du protagoniste, du fait de sa différence physique et comportementale, et surtout du bruit que les jeunes sportifs font courir qu’il serait atteint par la peste. "La peste" donne le titre au film en anglais. Cette peste n’est pas seulement biologique, elle est surtout l’expression d’un harcèlement qui se répand très vite entre les enfants et dont les victimes ne peuvent plus sortir. Le réalisateur n’emprunte pas la question des réseaux sociaux pour décrire le problème, ce qui est très malin, car finalement dans l’enceinte fermée du club fermé, le fonctionnement de cette communication hostile et maltraitante procède des mêmes ressorts. On sait hélas les ravages que provoque le harcèlement scolaire en matière de dépression, de suicide ou de passages à l’acte agressifs graves. En l’occurrence, sans sombrer dans une leçon de psychologie de cuisine, ces plaques rouges qui colorent la peau d’Eli sont l’expression de sa douleur et sa détresse immenses, le conduisant à s’enfermer dans des comportements étranges, ritualisés, qui apparaissent comme des paravents efficaces contre sa solitude. The Plague alterne thriller et drame social. Dès l’entrée, grâce à une musique glaçante et la position de la caméra dans la piscine, l’apparition des corps des jeunes nageurs semble sortis de nulle part : ils sont semblables à des requins qui viendraient se défouler sur de pauvres victimes. La pression est permanente, et on perçoit notamment chez Jack les tics du pervers narcissique, qui monte le groupe contre la victime qu’il a désignée et fait en sorte de retourner la culpabilité sur ceux qu’il persécute. Son sourire narquois, sa position sur les tables de déjeuner, sa prestance augurent une force à manipuler et à rendre fous les individus qu’il a désignés comme mauvais. Mais les victimes hélas ne sont pas non plus étrangères à ce dispositif sournois et insidieux, elles-mêmes justifiant presque les comportements toxiques par manque de confiance en elles. The Plague est un film intelligent et fort. Il emporte le spectateur jusque la fin dans la mécanique désastreuse du harcèlement scolaire. On regarde les victimes s’effondrer sans être capables du moindre geste de secours, à la façon du seul adulte du film confondant de lâcheté et de maladresse. Voilà une œuvre forte, dont on espère qu’elle sera remarquée par les jurys cannois d’un Certain Regard. Assurément, Charlie Polinger est un réalisateur à suivre. à Voir à Lire
De Jean-François Leblanc avec Fabien Cloutier, Pier-Luc Funk, Anne-Elisabeth Bossé
Comédie - Canada - 2024 - VF - 1h54
Vil & Misérable
Lucien est un diable morose descendu sur Terre il y a plus de 350 ans. Libraire passionné par son métier, il voit sa tranquillité perturbée par l'arrivée de Daniel, un collègue humain et enthousiaste. Contraints de faire équipe pour sauver leur librairie, ils se retrouvent malgré eux au cœur d'une mission improbable…
Rencontre avec la librairie Canal BD - Tribulles
Sous ses airs de comédie (profondément) absurde et (ostentatoirement) loufoque, le résultat est non seulement plus drôle que toute la filmo de Philippe Lacheau, mais s'avère aussi pertinent lorsqu'il scrute nos petites faiblesses et lâchetés que touchant quand il ausculte ce qui nous rend si humains dans notre rapport à l'autre. Mad Movies
De Johan Grimonprez avec Patrice Lumumba, Louis Armstrong, Никита Хрущёв, Dizzy Gillespie, Andrée Blouin
Documentaire - France/Belgique/Pays-Bas - 2023 - VOST - 2h30
Soundtrack to a Coup d'Etat
En 1960, les Nations unies : le Sud déclenche un séisme politique, les musiciens Abbey Lincoln et Max Roach s'incrustent au Conseil de sécurité, tandis que les États-Unis envoient l'ambassadeur du jazz Louis Armstrong au Congo pour détourner l'attention de leur premier coup d'État post-colonial africain.
Rencontre avec ATTAC & la Ligue des Droits de l'Homme.
Pour évoquer les circonstances diplomatiques et politiques qui menèrent en 1961 à l’assassinat de Patrice Lumumba, Premier ministre de la jeune République du Congo, ce documentaire (diffusé sur Arte en mars dernier) use du montage avec une dextérité digne des musiciens qu’il met à l’honneur. Tel Louis Armstrong, envoyé en Afrique par Washington en tant qu’« ambassadeur du jazz », et qui comprit tardivement l’instrumentalisation dont il était le jouet… Conçu comme un collage d’archives et de musiques, ponctué de citations dûment référencées, cet essai « kaléidoscopique » donne à comprendre ce qui se joua quand l’entrée de seize nouveaux membres aux Nations unies fit pencher l’organisation internationale vers le Sud global, au grand dam des États-Unis. Et comment la Belgique œuvra contre le plein exercice de l’indépendance congolaise. Télérama
De Simone Fluhr
Documentaire - France - 2025 - VF - 1h19
Dis moi où sont les fleurs
Petite fille grandie dans une famille ordinaire, plutôt aimante où je ne manque de rien. Et pourtant ça va mal, très mal. Et j’ai du mal à devenir… Explorer ma petite histoire, tenter d’en saisir quelque chose ouvre une voie singulière où des voix plurielles, tues, mal entendues, voix lointaines, parfois mortes, se font entendre. Une lente traversée de la mémoire, du corps, de la langue et de l’Histoire. Quand l’héritage fait mal, comment l’assumer sans se confronter au mal lui-même ? Et ainsi peut-être s’en acquitter, s’en délivrer ?
Rencontre avec la réalisatrice, Simone Fluhr.
De Serge Avédikian, Jacques Kébadian
Documentaire - France - 1983 - VOST - 1h48
Sans retour possible
« Sans retour possible » : ces trois mots barrent les papiers d'identité des Arméniens partis de Turquie après les massacres de 1915.
Rencontre avec le réalisateur, Jacques Kebadian. En partenariat avec la librairie 47° Nord.
Ce très beau documentaire tourné au début des années 1980, et resté inédit en salles, est le portrait d’une génération aujourd’hui disparue, celle des Arméniens rescapés du génocide de 1915, en Turquie. Ils racontent leur exil « sans retour possible » — ce sont les mots inscrits par l’administration turque sur leurs papiers d’identité –, leur arrivée en France, et comment une communauté se recomposa à Marseille, Nice ou Valence. Ils évoquent aussi ce pays dont ils furent chassés, les jours lointains du bonheur, et ceux de l’horreur, toujours si présents, si douloureux. En retenant ainsi une mémoire arménienne pleine de vie et d’émotion, Jacques Kebadian et Serge Avédikian ont fait œuvre utile. Télérama
De Yanis Mhamdi
Documentaire - France - 2025 - VOST - 1h45
Alice au pays des colons
Alice Kisiya a 30 ans. Elle est originaire de Bethléem et possède, fait rare, la nationalité israélienne. Cela n’a pourtant pas empêché les colons de s’emparer de son terrain, là où se dressaient la maison familiale et le restaurant de ses parents. Chaque jour, Alice revient sur place pour défier cette dépossession, seule face à l’armée israélienne qui protège les colons.
Rencontre avec l'AFPS, ATTAC & la Ligue des Droits de l'Homme.
Ce documentaire nous offre un point de vue primordial sur la situation en Palestine : il montre la vie de la population palestinienne sous le joug de certains colons israéliens qui s’approprient depuis des années leurs terres, en menant une politique agressive d’occupation. Le phénomène n’est pas nouveau, mais résonne particulièrement aujourd’hui, au milieu d’une guerre qui semble sans issue. On suit Alice, qui a la nationalité israélienne et qui lutte pour récupérer le terrain de son père, sur lequel étaient construits le restaurant et la maison de la famille. Sa lutte est pacifique, patiente, en essayant de s’appuyer sur les ressorts légaux à sa disposition. Sa plus grande arme ? La visibilité, accrue par les réseaux sociaux, les politiques locaux de son côté, ou encore les amis venant toujours plus nombreux sur place pour faire valoir leur droit. Du côté d’Alaa, la vie s'écoule dans une attente sourde, celle du jour où les colons finiront par occuper son village, entouré de deux colonies. Lui et d’autres résistent en restant sur place, dans leurs maisons à peine construites, subissant chaque jour pour se déplacer des contrôles abusifs aux check-points, et chaque nuit la crainte d’une nouvelle descente de colons venus pour brûler des voitures ou des oliviers centenaires, symboles de la vie économique du village et de la région. Les deux le disent : ils pourraient partir, mais ils sont chez eux, et resteront coûte que coûte. Le documentaire leur donne la parole, dans leur quotidien, sans chichis : des moments de tensions aux rires entre amis, c’est leur vie, la vraie, et parfois une lueur d’espoir permet de continuer le lendemain. L'injustice de leur situation nous éclate aux yeux, et spectateurs de ce documentaire, nous ne pouvons qu’espérer faire porter leurs voix un peu plus loin, dans l’espoir d’un lendemain meilleur. Abus de ciné
De Jamil DEHLAVI avec Peter FIRTH, Suzan Crowley
Fantastique
Horreur - Royaume-Uni - 1987 - VOST - 1h24
BORN OF FIRE
Un jeune musicien anglais s'aventure au cœur de la Turquie mystique à la recherche du Maître Flûtiste, dont on raconte qu'il a le pouvoir de détruire le monde par la musique.
Rencontre avec le réalisateur Jamil Dehlavi et Eric Peretti, programmateur du LUFF de Lausanne.
De Antoine Fromental
Documentaire - France - 2026 - VF - 1h23
Retour au collège
Sarah et Yasmine, élèves de 3ème dans un collège de banlieue, risquent de passer devant le conseil de discipline. À quelques semaines de son départ en retraite, Christian Comès, un principal pas comme les autres, a une décision difficile à prendre : va-t-il devoir risquer une exclusion qui ne serait pas sans conséquence pour leur avenir ? Retour au collège nous invite à rencontrer toute une galerie de personnages qui gravitent au quotidien autour de l'étonnant principal du collège Auguste Renoir, en banlieue parisienne, et donne la parole au personnel de l'établissement, du principal au responsable du CDI, en passant par la CPE ou le personnel chargé de l'entretien.
Rencontre avec Antoine Fromental, réalisateur.
Loin des clichés du collège et de la banlieue, ce film nous offre une vision de l’éducation d’une incroyable diversité, bienveillante et ouverte, remplie d’espoir. Sans éluder les problèmes quotidiens auxquels sont confrontés les personnages, ni leur regard critique sur le fonctionnement de l’Éducation nationale. À la fois enthousiasmant et émouvant, ce documentaire nous réconcilie avec nos propres souvenirs. Ce retour au collège, c’est aussi le nôtre.
De Charlie Chaplin avec Charlie Chaplin, Virginia Cherrill, Florence Lee, Harry Myers, Al Ernest Garcia
Comédie
Dramatique - Etats-Unis - 1931 - Version sous-titrée Sourds et Malentendants (SME) - 1h27
Les Lumières de la ville
Un vagabond s’éprend d’une belle et jeune vendeuse de fleurs aveugle qui vit avec sa mère, couverte de dettes. Suite à un quiproquo, la fleuriste s’imagine le misérable, qui vient de lui acheter une fleur, en milliardaire…
«Pour le plaisir d’aller enfin au cinéma sans craindre d’être rejetés », c’est ce que propose l’association Culture-relax, parrainée par Sandrine Bonnaire. Des séances de cinéma tout public, aménagées pour les rendre accessibles à des personnes exclues des loisirs culturels à cause d’un comportement parfois inattendu. Chaque spectateur est accueilli de sorte qu’il se sente le bienvenu et respecté tel qu’il est.
Tarif unique : 5,50€
C’est toujours un bonheur de retrouver le personnage de Charlot ! Les Lumières de la ville met en scène un coup de foudre réciproque entre « the tramp » (« le vagabond » en anglais) et une jeune fille. Cependant, un détail non sans importance scelle toute l’intrigue : la belle est aveugle ! La question des apparences devient dès lors centrale. Le claquement d’une portière va induire la jeune fille en erreur, qui pense que Charlot est un homme riche. L’élégant et courtois clochard va donc rentrer dans la peau d’un homme fortuné chaque fois qu’il est en présence de la femme aimée. Il va se sacrifier pour aider financièrement la jeune aveugle à vivre et à guérir de sa cécité. On passe donc de situations comiques à de grands moments d’émotion. Le génie du film tient également aux rencontres que fait Charlot. Elles vont lui permettre de récolter de l’argent pour sa douce : un millionnaire qui reconnaît uniquement Charlot lorsqu’il est ivre (situations suscitant de nombreux rires) mais également un boxeur qu’il va devoir combattre. La virilité de ce boxeur trapu à côté d’un Charlot frêle et innocent fait naitre une séquence magique, dans laquelle la précision des mouvements du corps est impressionnante ! A travers les nombreux gags qu’il met en scène, Charlie Chaplin dresse également un portrait critique de l’époque. On s’attache aux personnages en marge de la société et à leur quotidien : la vie dans la rue, les boulots précaires. Le film de Chaplin est muet alors que la majorité des films sont déjà sonores à l’époque. Toutefois, le son tient une place très importante dans le film. La séquence d’ouverture tourne en ridicule la parole des personnalités publiques, en les doublant au kazoo. Charlie Chaplin fait ainsi un pied de nez à l'arrivée du son au cinéma. En effet, cette petite révolution technique constitue un virage compliqué dans l'oeuvre de Chaplin, puisque la dimension universelle de la pantomime provient principalement du muet. Le grand artiste intègre quand même des effets de son qui lui ont permis de créer l’une des scènes qui fait le plus rire les enfants (et les grands !) : Charlot qui a avalé un sifflet ! Les Lumières de la ville met en scène, à travers des plans fixes, des relations humaines profondes. Vous apprécierez avec vos enfants de rire et pleurer en regardant ce personnage d’une grande humanité. Benshi
De 団塚唯我 avec 黒崎煌代, Ken'ichi Endō, Mai Kiryu, 井川遥, Akiko Kikuchi, 中村蒼, Shingo Nakayama, Mutsuo Yoshioka, 蘇鈺淳, 服部樹咲, Riko Ishida, Rintaro Arao
Drame - Japon - 2025 - VOST - 1h55
Des Fleurs pour Tokyo
Dans le paysage en perpétuelle transformation de Shibuya, à Tokyo, Ren travaille comme livreur d’orchidées papillon. Hanté par la disparition lorsqu’il était enfant de sa mère, Yumiko, il est depuis longtemps en froid avec son père, Hajime, un architecte-paysagiste. Jusqu’au jour où, lors d’une livraison ordinaire, père et fils se retrouvent face à face…
Temps d'échange avec Sarah Favrat, chargée de projet - FUAA.
En partenariat avec la Maison Européenne de l'Architecture.
De Laetitia Masson avec Élodie Bouchez, Stanislas Merhar, Romane Bohringer, Sebastien Judea, Thomas Badinot, Alphonse Roberts, Gringe
Comédie
Dramatique - France - 2026 - VF - 1h37
Ulysse
Alice, chercheuse en sociologie découvre qu’elle est enceinte. Luc, son mari, exulte. Ce sera un garçon ! Ils l’appelleront Ulysse. Sauf qu’à un an, Ulysse ne rentre pas dans les courbes. Trop petit, trop maigre. Les pédiatres s’interrogent et le verdict tombe : syndrome génétique. Ulysse ne sera pas comme les autres. Mais comment sera-t-il ? Mystère. Commence alors la très particulière odyssée d’Ulysse : marcher, parler, apprendre, comprendre, s’épanouir. Alice se lance dans l’aventure, déterminée à ce qu’Ulysse trouve sa place dans le monde.
De William Wyler avec Barbra Streisand, Omar Sharif, Kay Medford, Anne Francis, Walter Pidgeon
Comédie
Musical - Etats-Unis - 1968 - VOST - 2h35
Funny Girl
Fanny Brice est engagée comme comédienne et chanteuse dans la revue Keeney's Music Hall. Elle y fait la connaissance de Nick Arnstein, un gentleman, et de l'imprésario Florenz Ziegfeld. Ce dernier la choisit comme vedette de ses fameuses Ziegfeld's Follies. Mais la gloire ne dure qu'un temps.
Séance proposée en écho à la programmation de Gypsy, présenté par l'Opéra National du Rhin à la Filature - scène nationale, les 21 et 23 juin.
- Légendes des pictos :
- Séance suivie d'une rencontre |
- Sous-titrage sourds et malentendants |
- VF Version française |
- Séance précédée ou suivie d'un repas


