Films du mois

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  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas
Sortie nationale

De Park Chan-Wook avec Lee Byung-hun, Son Ye-jin, Park Hee-soon, Lee Sung-min, 염혜란
Thriller Drame - Corée du Sud - 2025 - VOST - 2h19

Aucun autre choix

Cadre dans une usine de papier You Man-su est un homme heureux, il aime sa femme, ses enfants, ses chiens, sa maison. Lorsqu’il est licencié, sa vie bascule, il ne supporte pas l’idée de perdre son statut social et la vie qui va avec. Pour retrouver son bonheur perdu, il n’ a aucun autre choix que d’éliminer tous ses concurrents…

Quatre ans après Decision to Leave, le virtuose Park Chan-wook est de retour avec Aucun autre choix, se présentant comme une satire noire et sanglante du monde du travail. Adapté du roman The Ax de Donald Westlake, le film relate les mésaventures de Yoo Man-su, l’employé modèle d’une papeterie qui voit sa vie s’effondrer après un licenciement et pour qui la course à l’emploi s’avère si ardue qu’il décide d’assassiner ceux qui peuvent le concurrencer. Ce qui marque dans un premier temps, c’est la capacité du film à jongler avec les tons et ambiances pour offrir des séquences particulièrement mémorables. Tantôt comique, puis dramatique, puis particulièrement glauque, puis tout à la fois, Aucun autre choix effectue parfaitement une danse risquée sans jamais ni relâcher sa tension, ni amoindrir ses enjeux. On reste toujours terriblement attaché aux péripéties de Man-su, dont les crimes et mensonges apparaissent comme justifiés face à la violence symbolique qu’il subit. La sympathie que l’on éprouve envers ce personnage émane également de sa maladresse : ce n’est pas un tueur dans l’âme, il n’est pas froid, pas méthodique ni très courageux ; c’est un homme forcé à tuer pour sa famille et maintenir son train de vie. Il est mis au pied du mur et agit. Dans le film de Park Chan-wook comme dans la réalité, le mépris et la violence professionnelle mènent au pire, à toujours plus de haine entre les êtres. Car les meurtres de Man-su apparaissent bel et bien comme des fratricides : il tue des hommes dans la même situation que la sienne, eux aussi passionnés par le papier et désireux d’être dignes de leurs familles ; il massacre ceux qui auraient pu être ses amis, dont les enfants auraient pu jouer avec les siens puisque la logique du marché ne laisse aucune place aux sentiments humains. Cependant, le réalisateur ne se méprend pas sur la nature de son personnage : sa violence n’est jamais une arme politique, sa colère ne s’oriente pas sur les véritables responsables de ses malheurs mais bien sur ceux qui subissent autant que lui. À l’instar de la famille pauvre de Parasite de Bong Joon-ho, le cadre au chômage d’Aucun autre choix n’a pas pour but de faire s’effondrer le système, mais bien d’être celui qui en profite mieux que les autres. L’acteur incarnant ce trouble et pathétique personnage principal, Lee Byung-hun, participe grandement à la réussite du film : sa performance toujours sur le fil du rasoir entre intense stress et prétendue maîtrise est pleine de subtilité mais n’en reste pas moins comique et jouissive. La réalisation est, sans grande surprise, parfaitement maîtrisée, et Park Chan-wook ne semble jamais à court d’idées pour insuffler à ses films un cachet visuel indéniable : il joue au sein de ses cadres, brise la verticalité de ses plans et offre d’amples mouvements de grue ainsi que des surimpressions toujours élégantes, mais possède également un sens aigu du découpage qui transforme le film en une véritable partition. Park Chan-wook réussit ainsi merveilleusement ce film touche-à-tout et brillamment exécuté qui peut enthousiasmer autant qu’il horrifie. Il nous offre une comédie sociale mordante, élégante et parfois grotesque, où la violence symbolique trouve une conséquence concrète mais où il s’amuse aussi des petites vies des classes moyennes coréennes occidentalisées sans jamais leur refuser une dose d’empathie. à Voir à Lire
Sortie nationale

De Erige Sehiri avec Aïssa Maïga, Laëtitia Ky, Déborah Naney, Mohamed Grayaâ, Foued Zaazaa, Estelle Dogbo, Touré Blamassi, Sophie Tankou
Drame - France/Tunisie/Qatar - 2025 - VOST - 1h32

Promis le ciel

Marie, pasteure ivoirienne et ancienne journaliste, vit à Tunis. Elle héberge Naney, une jeune mère en quête d'un avenir meilleur, et Jolie, une étudiante déterminée qui porte les espoirs de sa famille restée au pays. Quand les trois femmes recueillent Kenza, 4 ans, rescapée d'un naufrage, leur refuge se transforme en famille recomposée tendre mais intranquille dans un climat social de plus en plus préoccupant.

C’est un trio d’actrices remarquables qui tient à bout de bras le nouveau film de la réalisatrice tunisienne Erige Sehiri ("Sous les figues", "La Voie normale"), dont l’action se situe dans la communauté subsaharienne installée en Tunisie. Rapidement la situation de chacun des trois personnage est posée, le temps pour le scénario, assez implacable, de ce film présenté en ouverture d’Un Certain Regard, de mieux remettre chacune face à la réalité de sa situation et donc des certitudes que traduit son comportement. Il y a Marie (nouveau nom de Aminata), à laquelle Aïssa Maiga donne une allure légèrement hautaine, cachant bien quelques fêlures derrière son aplomb de prêcheuse à l’église de la persévérance. Il y a Naney, interprétée par l’époustouflante Deborah Christelle Naney, qui aime faire la fête et multiplie les idées de combines, aidée d’un ami tunisien, entre trafic d’alcool, de sucre et autres petits larcins. Et il y a Jolie, au prénom prédestiné, pétrie de la certitude d’être dans son droit, jouée par l’impeccable Laetitia Ky. En toile de fond, l’intelligent scénario pose les jalons d’un galopant sentiment d’insécurité, forgé dans les rumeurs sur les arrestations des subsahariens, les conseils donnés de « se faire discret », le refus de taxis de prendre Naney et Jolie alors qu’elles sortent de boite et sont loin de porter le voile, une agression d’hommes noirs qui ramassent du plastique à recycler… Progressivement, Erige Sehiri fait monter la tension autour de ces trois femmes résolument vivantes, enveloppées dans la douceur des coloris bleus et blancs (la photographie et le choix des couleurs sont absolument envoûtants) et s’occupant malgré leurs problèmes, de la petite Kenza, regard innocent de l’histoire. Évoquant le racisme ambiant, allant parfois de paire avec le sentiment de certains maghrébins de ne pas être « africains », "Promis le ciel", s’il est ponctuellement un poil trop explicite, se pare d’une percutante symbolique quant à la situation de ces personnes coincées dans une sorte d’entre-deux, entre ce qu’elles voudraient et ce à quoi elles ne peuvent accéder, et parfois abîmées par la vie. L’un des plans du début, où la jeune Kenza joue avec la balustrade de l’escalier, passant les mains dans les motifs en fer forgé, évoque discrètement les chaînes d’une éternelle esclave ou prisonnière. Un reflet même de la situation de ces trois femmes, qui fait qu’au final le film se pare d’une belle émotion, dressant le portrait inédit d’une communauté persécutée, phénomène malheureusement généralisé en ces temps. Abus de ciné
Sortie nationale

De Namir Abdel Messeeh avec Daniel Savoie, Steve Bégin, Daniel Brière, Maxime Talbot, Stéphane Matteau, Bruno Gervais, Pascal Dupuis
Documentaire - France/Egypte - 2025 - VOST - 1h16

La Vie après Siham

Au moment de la disparition de Siham, Namir n’a pas compris qu’elle était partie pour toujours. Dans l’esprit d’un enfant, les mamans sont immortelles… Pour garder sa mémoire vivante, Namir enquête sur son histoire familiale entre l’Égypte et la France. Avec le cinéma de Youssef Chahine comme compagnon, une histoire d’exil et surtout d’amour se dessine.

Différentes archives personnelles, anciens films, séquences qu’il a réalisées après la mort de sa mère, au cimetière, à la maison, avec ses enfants, forment la matière de ce documentaire émouvant. Ce qui rend l’ouvrage particulièrement attachant réside dans le tournage, à la fois doux et insistant, et l’effort du père à participer au projet pendant son deuil. (...) Tout cela prend corps dans un ensemble tourné pendant huit ans. On ne saurait trop recommander ce documentaire sensible et drôle qui ne craint pas de tâtonner en famille. A la différence de bien d’autres projets documentaires, rien ici ne semble joué d’avance. Entre Pantin et un petit village égyptien, le cinéaste se confie, partage ses peines, ses doutes, avoue ses obsessions et fait du public son confident le plus compréhensif. à Voir à Lire
Séance à la demande pour les scolaires / périscolaires

De Vincent Munier avec Vincent Munier
Documentaire - France - 2025 - VF - 1h33

Le Chant des forêts

Un homme marche, sac au dos, bâton à la main, veste lourde et chaude sur les épaules, vers les profondeurs d’une vieille forêt moussue. Ni le vent, ni la brume, ni même la neige ne l’arrêteront dans son élan pour rejoindre son affût, sa planque : un sapin. En se glissant sous ses branches basses, l’homme s’efface et un monde s’éveille. Celui des bêtes. Le vieux sage nous invite à partager des émotions puissantes à ses côtés, celles qu’il a ressenties au cours de milliers d’affuts. Le moment est venu pour lui d’ouvrir son savoir, ses souvenirs de ses plus belles rencontres sauvages. Au cours d’un voyage dans nos forêts proches, il nous éveillera au "sensible", où plus précisément à la poésie du monde sauvage, celle qu’il a transmise à son fils dès l’âge de 12 ans et qu’il transmettra peut-être à son petit-fils.

Le réalisateur du superbe "La Panthère des Neiges" nous revient avec un film documentaire plus intime, dans lequel il se met en partie en scène, avec son père Michel, guetteur à l’affût, et son fils Simon. Le lieu d’observation est cette fois-ci la forêt vosgienne, entre conifères, sous-bois, lichens et animaux divers, d’abord perceptibles par leurs bruits, cris ou chants, avant que leur majesté ne s’étale à l’écran. Mais une partie du film a aussi été filmée en Norvège, le Grand Tétra de l’enfance de Vincent ayant « disparu de nos forêts », comme l'indique à un moment donné son père. Pourtant l’émerveillement face à une nature vierge, d’où l’homme apprend à s’effacer, devenant invisible, silencieux, mais pas inodore selon le vent, est bien là, prêt à envoûter un nouvel être, et pourquoi pas le spectateur. Ouvrant sur le ballet des brumes au dessus d’une sombre forêt vallonnée, Vincent Munier joue avec la lumière de l’aube comme du crépuscule, avec les ombres des feuillages, qui cachent certains animaux, comme avec la mise au point, laissant certains en arrière-plans, fantomatiques, comme les hommes, trappeurs évoluant entre le vert, le blanc et le noir. Suffisamment sobre en échanges ou en leçons de vie, "Le Chant des Forêts" donne aussi son importance au son, qui façonne un environnement, comme il laisse percevoir la fébrilité des animaux eux-mêmes, sortant de leur terrier, marchant sur des branchages, émettant un cri d’alerte ou de ralliement. Positionné comme le jeune Simon, le spectateur découvre émerveillé toutes sortes d’espèces, saisies tantôt par bribes (comme le fameux Tétra, ou les cerfs…), ou dans une plus lointaine entièreté. La photographie est tout juste sublime, marquant durablement la mémoire avec certains plans : un renard seul sur la neige entre des ombres immenses, une biche et son faon traversant un lac à hauteur de brume, deux bébés grand duc cherchant leur pitance, deux hiboux se fondant dans un arbre mort habité également par un écureuil, un immense tronc d’arbre au sol, recouvert de mousse… Le bruit marque par moment tout autant, des premiers cris entendus par Simon au début du film, aux cris des grues posées au sol, en passant par le brame du cerf et les bois qui s'entrechoquent lors de leurs affrontements. L’intention de montrer que le beau et l’extraordinaire sont souvent à quelques pas est parfaitement incarnée dans ce film à l’ambiance de conte, que les moments entre humains dans le chalet, éclairés à la bougie, viennent renforcer. Un documentaire à découvrir sur le plus grand écran possible. Abus de Ciné
Vous avez dit culte ?

De Arthur Penn avec Dustin Hoffman, Faye Dunaway, Chief Dan George, Martin Balsam, Richard Mulligan
Western - Etats-Unis - 1970 - VOST - 2h19

Little Big Man

Âgé de cent vingt et un ans, Jack Crabb se souvient de son passé au temps de la conquête de l'Ouest. Enfant, il a trouvé amour, amitié et ennemi parmi les indiens, sa famille adoptive. Adolescent, il est revenu parmi les Blancs, mais l'éducation indienne ne s'oublie pas...

Cette programmation proposée par Le RECIT, soutenue par la Région Grand Est et en partenariat avec l’ADRC, permet de découvrir ou redécouvrir des grands classiques du 7ème Art sur grand écran.

Avant-programme proposé par MIRA: "Les indiens de l'Illwald" 1970/80- 2mn-  Fond Schneeberger

Jack a 121 ans. Il veut corriger quelques idées fausses sur l’Ouest. À 10 ans, orphelin, il est adopté par des Cheyennes, qui le baptisent Little Big Man. De retour chez les Blancs, il découvre qu’il a du talent pour manier les armes. Au moment des guerres indiennes… Arthur Penn revisite le western sur le mode de la fresque picaresque, alternant humour (les déboires successifs de Jack, séducteur malgré lui ou gunfighter incapable de tuer) et lyrisme dramatique (les massacres perpétrés par les Tuniques bleues). L’ironie et le tragique se succèdent sans cesse, comme pour dire qu’il est impossible d’avoir un unique point de vue sur l’histoire du Far West, que celle-ci a été davantage subie — c’est le cas du héros, dépassé par les événements — que voulue. Seules certitudes, l’horreur de la guerre et la culpabilité de Custer — scènes qui interpellaient alors sur la présence américaine au Vietnam. Dustin Hoffman est parfait tout au long de ses métamorphoses, et il est bien entouré, notamment par Faye Dunaway, irrésistible. Télérama
Les inclassables

De Avery CROUNSE
Horreur - Etats-Unis - 1983 - VOST - 1h26

LES YEUX DE FEU

1750. Un groupe de pionniers, dirigés par un révérend idéaliste, sont chassés de leur village, et partent s'installer dans une autre région inexplorée de l'Amérique du Nord. Ils s'y établissent, inconscients des épouvantables secrets qu'abritent les bois environnants. Une mystérieuse petite fille connait les menaces de la forêt et le destin horrible qui attend ceux qui se risqueront dans les bois...

Autodidacte passionné et passionnant, Eric Peretti, programmateur du LUFF de Lausanne et des Hallucinations Collectives de Lyon, présente le film et poursuit la discussion à l’issue de la projection.

Première réalisation (sur trois) du photographe Avery Crounse, Les Yeux de Feu a du surprendre les quelques amateurs de cinéma d’horreur qui se sont aventurés dans les salles obscures pour assister à ses projections (qui n’ont pas du être nombreuses, le petit budget n’ayant eu droit à l’époque qu’à une sortie très limitée deux ans après la fin de la post-production). Dans un paysage de séries B américaines largement dominées par les tueurs de slashers et les monstres divers, Les Yeux de Feu se distingue par son appartenance à ce sous-genre qui a été désigné rétrospectivement sous l’appellation folk horror, dont l’origine remonterait à un article sur le long métrage La Nuit des Maléfices 3 de Piers Haggard. L’histoire se déroule en 1750. Dans un petit village, le nouveau pasteur, Will Smythe, est soupçonné d’avoir une relation avec deux femmes, sa protégée Leah, une adolescente mutique que tout le monde prend pour une folle, et l’adultère Eloise. Sur le point d’être pendu, Smythe est sauvé lorsque la corde se rompt mystérieusement, première preuve des capacités de Leah (dont la mère a été brûlée pour sorcellerie). Avec ses rares fidèles, Smythe s’enfuit pour s’enfoncer profondément dans une région inexplorée. Le voyage ne sera pas de tout repos puisque les colons vont devoir échapper aux flèches des indiens Shawnee et c’est grâce à la magie de Leah qu’ils ne compteront qu’une seule victime… Finalement rejoints par le mari de Eloise, un trappeur qui délaisse depuis longtemps sa femme et sa fille, le groupe trouve enfin un camp abandonné, un lieu que même les natifs évitent. Mais leurs ennuis ne sont pas terminés car cette terre est maudite…et c’est par le regard de Leah que seront d’abord dévoilés les esprits qui hantent la forêt. Avery Crounse prend d’abord son temps pour décrire les relations qui unissent les personnages principaux. Certains sont mieux développés que d’autres et l’interprétation est parfois un peu trop théâtrale mais ce premier acte prépare bien à l’étrangeté de ce qui va suivre…La représentation du mal ancré dans ce sol ensanglanté par la violence des conflits entre les indiens et les pèlerins venus les déposséder de leurs territoires passe par des effets qui n’ont pas tous supporté le poids des ans (comme les couleurs saturées des images qui annoncent l’arrivée des fantômes) mais Avery Crounse a composé minutieusement de très beaux plans, à l’atmosphère troublante et saisissante. Les arbres ornés de plumes, les visages des esprits prisonniers des troncs noueux, la présence même de Leah (que l’on peut comparer à une fée d’un conte bien sombre) sont autant d’éléments à la puissance visuelle évocatrice qui font la force du film. Sanctuary
Vous avez dit justice(s) ?, Rencontre

De Thibaud Croisy
Documentaire - France - 2025 - VF - 1h00

QUARTIER MINEUR

Quartier mineur est une immersion inédite dans l’aile d’une prison, où sont incarcérés trente détenus mineurs. Des longs couloirs aux salles d’entretien exiguës, le film suit les éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse, des agents du Ministère de la Justice qui accompagnent les mineurs tout au long de leur détention. Grâce à des échanges réguliers, ces professionnels tentent de tisser des liens avec les jeunes, cherchent à comprendre leur parcours et élaborent avec eux un projet de sortie susceptible d’être accepté par leur magistrat.

Rencontre avec Thibaud Croisy, réalisateur, animée par le collectif Walden, en partenariat avec La Filature - Scène nationale

En lien avec le spectacle La Maison de Bernarda Alba de Federico García Lorca, mise en scène par Thibaud Croisy à La Filature-Scène nationale du 4 au 6 mars.

Rencontre

De Claude Schmitz avec Francis Soetens, Rodolphe Burger
Comédie Policier - France/Belgique - 2025 - VF - 1h36

Sainte-Marie-aux-Mines

Les deux inspecteurs de la police judiciaire de Perpignan, Alain Crab et Francis Conrad, se retrouvent mutés à Saint-Marie-aux-Mines en Alsace. Fraîchement débarqués, ils commencent à mener une enquête autour du vol d’une opale de grande valeur, intervenu lors du salon Minéral & Gem.

Rencontre avec le réalisateur Claude Schmitz

"Rodolphe et Francis n’ont cessé d’inventer une alchimie miraculeuse, autant sincère que burlesque, apportant à l’intrigue de L’Autre Laurens un contrepoint comique essentiel. En soit, ce duo n’avait pas besoin d’être dirigée, il fallait juste parvenir à l’accompagner afin de capter ses fulgurances. Après avoir réalisé un film ambitieux comme L’Autre Laurens, il pouvait paraître surprenant de vouloir revenir à une forme plus légère. En réalité, ma démarche vise à alterner des projets libres - des essais, au sens noble du terme - à d’autres, plus complexes et romanesques. Il y a dans ces allers-retours une volonté farouche de continuer à expérimenter les formes et les formats." Claude Schmitz

De Maira Schmitt avec Sarah Bramms, Muriel Combeau, Florent Hill, Diane Dassigny et Stéphane Metzger
Court-Métrage Drame - France - 2025 - VF - 26mn

L'Embryon

Susan, 25 ans, se rend a un déjeuner dans la maison familiale après une longue absence. A son arrivée elle découvre son frère avec une invitée surprise : Claire, sa nouvelle belle-sœur enceinte. Susan va être de nouveau aspirée par cette famille dysfonctionnelle.

Projection précédée de courts métrages.

Entrée libre dans la limite des places disponibles. Le 19 février à 20h30.

En partenariat avec L'Agence d'attractivité Mulhouse Sud Alsace.

RencontreLes RDV d'ATTAC et de la LDH

De Dominik Moll avec Léa Drucker, Jonathan Turnbull, Mathilde Riu, Guslagie Malanda, Stanislas Merhar
Policier - France - 2025 - VF - 1h56

Dossier 137

Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité. Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.

Rencontre avec le collectif Walden, Attac et la Ligue des Droits de l'Homme.

L’ambiance est à la fête. Dans la voiture qui la mène à Paris, la famille Girard chante du Joe Dassin à tue-tête. Il y a la mère, aide-soignante, ses deux enfants, à peine sortis de l’adolescence, et un de leurs copains. Partis de Saint-Dizier à l’aube, ils s’apprêtent à participer à leur première manifestation des Gilets jaunes, dont les « épisodes » rythment et déchirent la capitale en cette fin d’année 2018. Aucune intention d’en découdre, juste celle d’exprimer un ras-le-bol face au mépris des élites pour la France des ronds-points. Et puis ce sera aussi l’occasion de visiter les beaux quartiers. La nuit précoce, un mouvement de foule, les lacrymos, une ville inconnue : la famille est dispersée du côté des Champs-Élysées et les deux garçons se retrouvent seuls face à des policiers. Le fils s’écroule, touché à la tête par un tir de Flash-Ball. Laissé pour mort, il survivra, avec d’importantes séquelles neurologiques. Dépression, migraines, une vie gâchée. La mère porte plainte. Stéphanie (Léa Drucker), inspectrice de l’IGPN, la police des polices, ouvre un nouveau dossier, numéro 137. Après l’immense carton de La Nuit du 12, son suffocant film-enquête sur fond de féminicide — 545 000 entrées en France, sept césars —, Dominik Moll revient gonflé à bloc avec cette « nuit du 8 décembre 2018 », disséquée avec le même souci de didactisme et de nuance dont il s’est fait, avec son scénariste, Gilles Marchand, le modeste artisan. Ce nouveau film-dossier, au sens littéral, à la fois noble et bureaucratique du terme, est moins l’autopsie d’une bavure policière que la démonstration que la vérité judiciaire est, plus que jamais, soumise aux affects de ceux qui sont chargés de la rendre. Et que cette vérité ne vaut rien face à la raison d’État. L’un des biais de l’enquête, invalidant pour certains, de part et d’autre de l’écran, vient de l’improbable coïncidence géographique entre le personnage de Léa Drucker et la famille de la victime, tous deux originaires de la même ville sinistrée du Grand Est. Mais sans ce point commun, le film n’existerait simplement pas. Cette proximité humanise l’enquête et l’enquêtrice, comme cette dernière l’explique dans le long et beau monologue final : à l’IGPN comme ailleurs, on parle toujours « de » quelque part. Fuyant le manichéisme, Dossier 137 n’est pas un film anti-flic, il ne dénonce rien, il démontre, preuves à l’appui, la difficulté de faire reconnaître les violences policières dans un pays où les ministres de l’Intérieur successifs refusent jusqu’à employer l’expression. Solidement documenté, le scénario nomme les choses et joue habilement du contraste entre la sécheresse du jargon administratif dans les dialogues et le désordre de son application dans les images. Comme l’avouent ses membres incriminés par l’enquête, la BRI, réquisitionnée en urgence, n’avait aucune compétence en maintien de l’ordre. Elle en a en revanche beaucoup dans le maintien de l’omerta. Haletant comme un polar, sec comme un coup de matraque, ce film courageux sur un sujet inflammable ne réconciliera pas la France. Les partisans d’une police ontologiquement irréprochable crieront à la manipulation. Les autres y trouveront sans doute matière à raviver leur colère, légitimer leur indignation ou confirmer leur désenchantement. Télérama
Les Mardis de l'Architecture

de Nora Schnitzler
Documentaire - France - 2021 - VF - 1h04

Le vaisseau

Construite au milieu de la forêt par l’architecte Le Corbusier, entre Metz et le Luxembourg, la Cité Radieuse de Briey a connu plusieurs vies : inaugurée en 1961, elle a été murée en 1983 suite au départ des familles américaines de l’OTAN et des travailleurs après la crise sidérurgique. Le bâtiment a alors failli disparaître. Mais il renaît de ses cendres en 1987 et compte aujourd’hui près de mille habitants.

Projection suivie d’un temps d’échanges avec Sarah Favrat, chargée de projet - FUAA

Sortie nationale

De Saeed Roustaee avec Parinaz Izadyar, Payman Maadi, Soha Niasti, Maziar Seyedi, Fereshteh Sadr Orafaee, حسن پورشیرازی, Sinan Mohebi, Arshida Dorostkar, Sahar Goldust, Javad Pourheidari, Mansour Nasiri, Maziar Seyedan
Drame - Iran - 2025 - VOST - 2h11

Woman And Child

Mahnaz, une infirmière de 45 ans, élève seule ses enfants. Alors qu'elle s'apprête à épouser son petit ami Hamid, son fils Aliyar est renvoyé de l'école. Lorsqu'un un accident tragique vient tout bouleverser, Mahnaz se lance dans une quête de justice pour obtenir réparation...

Mahnaz n’est pas une mère idéale, loin de là. Elle peine à élever seule ses deux enfants, notamment le plus grand, Aliyar, qui cumule les passages à l’acte à l’école et en dehors de l’enceinte scolaire. Le mari de Mahnaz est décédé et, pays patriarcal oblige, la tutelle des enfants a été confiée au beau-père. Et justement, le drame arrive avec cet homme inconsistant, irresponsable et surtout totalement inapte à la garde des enfants qu’elle lui a confiés, le temps seulement de négocier avec une autre famille, un nouveau mariage. Comme souvent dans le cinéma de Saeed Roustaee, les femmes sont mises au premier plan d’un combat sociétal, où s’opposent en permanence l’application de la loi, la légitimité à y désobéir et le poids des traditions qui empêchent toute forme d’avancée sociale. La position de la femme, en tant qu’épouse, mère, et veuve, est centrale dans le propos militant du réalisateur qui brave avec courage le conservatisme général. Son héroïne est confrontée à l’injustice sous toutes ses formes : celle de ne pas se voir reconnaître les fautes du beau-père, celle de n’avoir pas son mot à dire sur la garde des enfants et le maintien de l’autorité parentale, celle d’un procès qui est rendu exclusivement par des hommes occupés à protéger leurs privilèges. L’adolescent est présenté comme un garçon turbulent, mal élevé, sans repère, qui ne cesse de braver les limites et les interdits. Ce que ce comportement raconte d’abord, c’est l’impossibilité pour une mère de poser des limites à un fils dont l’autorité est confiée au beau-père en l’absence de père, et dans une société qui prépare les jeunes hommes à un modèle sociétal qui repose uniquement sur le patriarcat. Le jeune cinéaste de trente-cinq ans a déjà deux monuments cinématographiques reconnus mondialement derrière lui : La loi de Téhéran et Leila et ses frères. L’œuvre qu’il propose est encore plus aboutie que les deux dernières, dans une mise en scène très épurée, plutôt bavarde, où le spectateur assiste avec effroi et admiration à l’effondrement et l’élévation d’une mère que l’existence confère à l’inimaginable. En plus des sentiments complexes du deuil qu’elle doit gérer, elle doit rentrer dans un combat pour faire droit à la Raison au sens philosophique du terme, à l’affirmation de droits qui pour nous, Occidentaux, ne sont pas discutables. La bataille de Mahnaz est intimiste, c’est-à-dire restreinte au champ de la cellule familiale, sociale, donc en butte avec les institutions scolaires, juridiques et politiques, avec le débat qu’elle engage sur la place des femmes, a fortiori veuves et mères. La formidable réussite du long-métrage tient à l’interprétation admirable de Parinaz Izadyar qui avait déjà été dirigée par Roustaee dans La loi de Téhéran. L’actrice prend des risques certains en endossant cette figure maternelle et féminine qui, après les larmes, choisit la rébellion. Sa bataille passe par l’éducation, la connaissance et la détermination. Elle montre un visage multiple dans ce rôle, entre une femme esseulée qui se débat avec les comportements déviants de son fils, une amante trompée puis éprouvée par le deuil et une guerrière qui va tenter de réclamer justice. La force de ce personnage est en miroir avec la médiocrité des autres protagonistes autour d’elle, lesquels s’abaissent à des compromissions absurdes et s’abandonnent à la lâcheté. Au contraire, le personnage joué par Parinaz Izadyar ne renonce à rien, presque à la manière Leila qui, par tous les moyens voulait sauver sa famille du désastre annoncé d’un héritage injuste. La transformation physique de la comédienne est perceptible dans tout le long-métrage, passant de la pure victime, à une héroïne déterminée. La fin qui est sublime réconcilie ces deux contraires, montrant que le miracle de la vie peut aussi donner raison à la Vérité. Alors, oui, on est dans un film iranien où les sanglots sont nombreux, où parfois les comédiens en font des tonnes. Mais on est surtout dans une œuvre universelle qui nous rappelle à chaque minute que la liberté adviendra toujours depuis le regard d’une femme, d’une mère qui acceptera de se sacrifier au nom du respect des droits et non de la tyrannie arbitraire. à Voir à Lire
Sortie nationale

De Maryam Touzani avec Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane, Miguel Garcés, María Alfonsa Rosso
Comédie Dramatique - Maroc - 2025 - VOST - 1h56

Rue Málaga

Maria Angeles, une Espagnole de 79 ans, vit seule à Tanger, dans le nord du Maroc, où elle profite de sa ville et de son quotidien. Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu. Déterminée à rester dans cette ville qui l'a vue grandir, elle met tout en œuvre pour garder sa maison et récupérer les objets d'une vie. Contre toute attente, elle redécouvre en chemin l’amour et le désir.

Après le troublant "Le Bleu du Caftan", Maryam Touzani ("Adam") nous revient avec un drame dans lequel elle a su insuffler de beaux moments comédies, évitant de se focaliser uniquement sur le conflit central. Il s'agit de l'histoire d’une mère espagnole qui est restée vivre à Tanger, malgré la perte de son mari il y a une vingtaine d’années et le départ de sa fille pour Madrid, où elle élève désormais seule ses deux enfants. Confrontée au souhait de cette dernière de vendre leur appartement marocain, qui est en réalité à son nom, elle va devoir choisir entre affrontement et collaboration. Carmen Maura, dans lequel rôle principal, entre crispation et regains de malice, interprète une femme dont le naturel avenant (exposé brièvement dans la scène d’ouverture au marché, où elle connaît tout le monde) prend rapidement le dessus après un moment de résignation. Opposant le quotidien régulé d’une maison de retraite pour nationaux espagnols (la journée type exposée par le directeur peut être vu comme un parallèle de l’enfermement au couvent de son amie religieuse) et liberté retrouvée en fantôme dans son propre appartement, le film expose la renaissance, sensuelle comme sociale de cette femme vieillissante. Offrant de vrais moments de comédie, où justement les petites joies de la vie s’opposent au retrait du monde (les moments de confession à son amie nonne…) ou aux règles trop strictes (le plan malin lié aux matchs de foot et à la consommation de bière…). Sans autre prétention que de donner voix au chapitre à une personne âgée trop facilement considérée comme sans perspective d’existence ou sans importance, "Rue Malaga" est au final une jolie ode à la vie, celle qui trouve sa voie, quel que soit l’âge. Abus de Ciné
Festival Les petites bobines

JJ García Galocha, P. Solis García, Steve Hudson, Toby Genkel, Antoine Lanciaux, Jean-Claude Rozec, Patrik Pass, Léon Vidmar, Ugo Bienvenu, Baptiste Deturche...
Animation Documentaire Science-Fiction - Europe - 2026 - VF / VOST -

FESTIVAL LES PETITES BOBINES

Ce festival programme des films européens récents, anciens, en avant-première et à partir de 3 ans. La 14ème édition aura lieu du 14 février au 1er mars 2026.  Outre les projections de films, il propose des ateliers, des ciné-goûters et des rencontres avec des équipes de films ou autres intervenants.

Le festival est soutenu par La DRAC Grand Est, la Collectivité Européenne d'Alsace, Passeurs d'images.

En partenariat avec l'ADRC, la librairie Le Liseron, et les cinémas Gérard Philipe de Wittenheim, Le Palace d'Altkirch, La Coupole de Saint-Louis

Festival Les petites bobines

De DEMUYNCK Arnaud, JADOUL Paul, DURIN Remi
Animation - France/Belgique - 2025 - VF - 45min

La Princesse et le rossignol

Trois histoires douces et pleines de poésie, où de jeunes héros prennent leur envol. Un tout petit oiseau qui défie un plus grand que lui, un jeune moine qui suit un moineau au-delà du temple, une fillette curieuse qui rêve de liberté… Chacun, à sa façon, écoute son cœur et part à la découverte du monde. Un programme tendre et inspirant pour les tout-petits, qui célèbre la curiosité, la liberté et l'enfance.

Ciné-goûter et atelier Fabrique ton jeu de cartes à l’issue de la séance du jeudi 19 février à 15h15.

Trois histoires douces et pleines de poésie, où de jeunes héros prennent leur envol. Chacun, à sa façon, écoute son cœur et part à la découverte du monde. Un programme tendre et inspirant pour les tout-petits, qui célèbre la curiosité, la liberté et l’enfance. Les Fiches du Cinéma
Festival Les petites bobines, Avant-Première

De VAN DEN BOSCH Joost
Animation - Pays Bas/Belgique - 2026 - VF - 1h02

Le merveilleux hiver de Tom le chat

Les enfants, vous vous souvenez de Tom, le petit chat roux, toujours accompagné de son amie Chat-Souris ? Imaginez un peu : cet hiver, ils vont découvrir la neige pour la première fois ! Mais les deux compères vont aussi faire la connaissance de leur nouveau voisin : un énorme chien tout poilu, qui se lance très vite à leur poursuite… Que la course en luge commence !

Le samedi 28 février à 15h + Ciné-goûter.

A voir également le vendredi 20 février à 13h45 à La Coupole de Saint-Louis

Festival Les petites bobines

De Lucy Izzard
Animation - Royaume-Uni - 2021/2022 - VF - 38min

Les Toutes Petites Créatures 2

Le retour tant attendu de nos petites boules de pâte hautes en couleur ! Nos cinq petites créatures sont de retour pour explorer davantage l'aire de jeux : faire du train, dessiner sur des tableaux noirs et nourrir les animaux de la ferme – le plaisir, la positivité et l'acceptation étant au cœur de chaque épisode.

Ciné-goûter et atelier coloriage à l’issue de la séance du vendredi 20 février à 15h.

Festival Les petites bobines

De PEUFFIER Aurore, BISYARINA Nina
Animation - France/Russie - 2023 - VF - 41min

L'Ourse et l'oiseau

Quatre ours, quatre contes, quatre saisons : qu'ils soient immenses, ensommeillés ou gourmands, les ours savent aussi être tendres. À leurs côtés, un oisillon malicieux, un petit lapin friand de noisettes ou encore un oiseau sentimental vivent des aventures extraordinaires. Tout doucement, ils découvrent le bonheur d'être ensemble.

Ciné-goûter le samedi 14 février après la séance de 15h

A voir également le mercredi 18 février à 10h au cinéma Gérard Philipe de Wittenheim et le mercredi 25 février à 16h à La Coupole de Saint-Louis

Une grande poésie se dégage de l’ensemble. D'abord, parce que deux des courts métrages sont issus de la collection En sortant de l’école, et associent des poèmes (un de Paul Éluard dans Animal rit, et un de Renée Vivien dans Émerveillement) à ces courtes histoires animées. Les mots nous enchantent également dans L’Ourse et l’Oiseau, notamment au travers de ses beaux passages en voix off et de ses chansons. C'est aussi tout un univers, propre au conte, qui se déploie dans ce programme, renforcé par les partitions musicales et sonores des films et leurs graphismes. Une invitation au rêve, à la joie et à la douceur… ainsi qu’au voyage, tant nous traversons d’atmosphères et de paysages. Débutant par les couleurs chaudes et chatoyantes d’Animal rit, le programme se poursuit avec les noirs, gris et blancs mélangés aux touches de teintes vives dans Chuuut !, pour arriver à la lumière nocturne et bleutée d’Émerveillement, puis aux multiples nuances particulièrement stylisées de L’Ourse et l’Oiseau. Ce dernier film, véritable road-movie, nous éblouit par ses multiples décors, évoquant parfois les estampes, ou même le surréalisme. Que de merveilles et de magie ! Benshi
Festival Les petites bobines

De Dace Rīdūze
Animation - Lettonie - 2010/2024 - VF - 40min

Sens Dessus Dessous

En plein cœur de la nature se trouvent des êtres vivants, qui certes n’ont pas la taille d’un humain, mais qui chacun à leur façon ont un rôle à jouer dans notre écosystème. Promenons-nous dans les bois et rencontrons au fil de ces quatre histoires des personnages aussi petits que gentils : un petit gland qui apprend à marcher grâce à une communauté d’insectes ; une famille de mouches qui doit protéger sa maison, laquelle n’est autre qu’un champignon convoité par un chien et son maître ; des lièvres qui vont sauver leur peau en trompant involontairement un blaireau et enfin une petite chauve-souris curieuse qui découvre le monde (à l’endroit ?) d’une famille de petite souris.

Oubliez les histoires prévisibles et les gags poids lourds si fréquents dans les films à destination du « jeune public ». Dans ce programme de quatre courts-métrages venus de Lettonie (le pays de Gints Zibalodis, le créateur de « Flow »), les metteurs en scène rivalisent d’idées saugrenues et d’humour dévastateur. Une merveille. Marianne
Festival Les petites bobines

De OCKER Julia, RYABOV Sergei, BAIN Alex, MARTIN Andy, OPP Daniela
Animation - All./ R.-Uni/Russie - 2007/2024 - VF - 40min

Timioche

Le petit poisson qui racontait des histoires… Timioche, un petit poisson toujours en retard, adore inventer des excuses, souvent plus grosses que lui ! Jusqu'au jour où une mésaventure lui arrive vraiment…

A voir également le mercredi 18 février à 14h au Palace d'Altkirch

Des aventures pleines de tendresse. Comme tout conte, il y a bien un petit côté répétitif (et prévisible), mais c’est pour la bonne cause : il faut laisser les choses s’installer pour que la routine soit ensuite brisée. Le récit aurait pu n’être qu’un énième conseil à ne pas crier constamment au loup au risque de ne pas être cru quand un véritable danger arrive, mais la leçon est finalement moins manichéenne. Abus de Ciné
Festival Les petites bobines

De Gerrit Bekers, Massimo Fenati avec Alexandra Lamy
Animation - Royaume-Uni - 2025 - VF - 52min

Jack et Nancy - les plus belles histoires de Quentin Blake

C'est quand le vent se lève que naissent les meilleures histoires ! C'est ainsi que Jack et Nancy s'envolent, accrochés à un parapluie magique, et qu'Angèle rencontre un minuscule oisillon tombé du ciel lors d'une tempête. Deux contes pleins de charme et d'humour adaptés des albums de Quentin Blake, où l'on parle d'amitié, de découvertes et de départs… mais aussi du bonheur de rentrer chez soi.

A voir également le vendredi 20 février à 14h30 au cinéma Gérard Philipe de Wittenheim et le samedi 21 février à 16h à La Coupole de Saint-Louis

Un délicieux ensemble de deux histoires à la fois cocasses et poétiques. Abus de Ciné.
Festival Les petites bobines

De MONTCHAUD Eric, DURIN Remi, ALGOED Bram
Animation - France/Belgique - 2023/2025 - VF - 45min

La Grande Rêvasion

Avoir le trac avant de monter sur scène et s’inventer un monde, découvrir un objet bien mystérieux ou ce qui se cache dans une grande boîte, ces trois court-métrages éveilleront l’imaginaire et aideront les jeunes spectateurs à trouver la confiance en soi.

La jeune Andréa est tétanisée à l’idée de monter sur scène pour le spectacle de son école. Aussi se dissimule-t-elle sous une cape de fortune dans l’espoir d’y échapper. Quand elle se décide enfin à en sortir, elle se retrouve dans un palais perché sur les nuages. Dans un dessin proche des croquis de certains albums jeunesse, cette jolie histoire pleine de fantaisie invite les tout-petits à se dépasser et à affronter leur peurs, avec, si possible, l’aide de ses amis. Le court-métrage est accompagné de deux pépites animées fort sympathiques : le belge Qu’y a-t-il dans la boîte, au graphisme minimaliste sur les aventures d’une énorme et mystérieuse caisse dont le contenu interroge chacun de ses porteurs ; et du français J’ai trouvé une boîte où un jeune oiseau assez maladroit tombe sur une étrange boîte dont il ne sait pas bien que faire. Mais sur laquelle il veille comme une poule sur son premier œuf. Première
Festival Les petites bobines

De Reinis Kalnaellis
Animation - Lettonie - 2025 - VF - 1h11

Thelma du pays des glaces

Thelma, une jeune fille pingouin, défie les règles de son monde glacial qui n'autorise pas les célébrations personnelles, et se lance dans une aventure fantaisiste qui lui apprend ce que signifie devenir soi.

Un joli conte sur l’importance des anniversaires et la persévérance. Les Fiches du Cinéma
Festival Les petites bobines

De Juan Jesús García Galocha, Pedro Solís avec Mia Pérez Ullod, Jaume Solà, Javier Cassi Gimeno, Federico Bote Bubaila, Isabel Valls
Animation - Espagne - 2025 - VF - 1h23

Buffalo Kids

En 1886 en Amérique, Mary et Tom, une sœur et un frère âgés de 9 ans et 12 ans, arrivent dans la cohue new-yorkaise à bord d'un paquebot. Ils sont là pour rencontrer leur oncle Niall et assurer leur héritage. Mais quand Oncle Niall manque leur rendez-vous, ils décident d'embarquer sur le Transcontinental dans l'espoir de parvenir jusqu'en Californie pour le retrouver.

A voir également le mardi 24 février à 13h45 à la Coupole de Saint-Louis

Une merveille d’animation qui mêle habilement aventure et solidarité, paysages grandioses et couleurs éclatantes, personnages attachants et hymne à la tolérance. à Voir à Lire
Festival Les petites bobines

De Steve Hudson avec Asa Butterfield, Joel Fry, Alison Steadman, Rob Brydon, Seth Usdenov, Fern Brady, Tia Bannon, Jamali Maddix, Paul Tylak, Ruth Gibson, Rasmus Hardiker, Ryan Sampson, Steve Hudson, Gemma Saunders, Sway Clarke II
Animation - Allemagne - 2025 - VF - 1h29

La Fabrique des monstres

Dans son laboratoire de fortune au cœur du château Grotteskew, le plus fou des savants fous donne (presque) vie à sa toute dernière création monstrueuse. Tapi dans l'ombre, son tout premier cobaye, longtemps oublié, observe : Stitch Head, un petit être étrange composé de morceaux, de bric, de broc et de pièces détachées. Un jour, une troupe de monstres fatigués arrive en ville, menée par son propriétaire, Fulbert Freakfinder. Le spectacle a besoin d'une nouvelle attraction… et lorsque Freakfinder rencontre le modeste Stitch Head, il sait qu'il vient de trouver sa vedette.

A voir également le jeudi 19 février à 13h45 à La Coupole de Saint-Louis

Inspiré des mythes de Frankenstein et de Pinocchio, « La Fabrique des monstres » est un film plein d’humour et d’énergie aux dessins originaux. Ces monstres qui ont peur des humains et ne cherchent qu’à être aimés sont irrésistibles. Abus de Ciné
RencontreFestival Les petites bobines

De Antoine Lanciaux
Animation - France - 2025 - VF - 1h06

Le Secret des Mésanges

Lucie, petite fille dégourdie de 10 ans, vient passer quelques jours de vacances avec sa mère, Caroline. Celle-ci est archéologue et participe à des fouilles à la campagne avec Pierrot, un collègue débonnaire. Très vite, Lucie découvre que sa mère a vécu enfant dans cette région et qu’elle cache un secret sur son histoire familiale. Encouragée dans sa quête par un couple de mésanges et d’autres amis à quatre pattes, Lucie entraîne dans ses aventures Yann, un nouveau copain qui, bien malgré lui, va se retrouver au coeur des évènements. Tous les deux vont aller de surprises insolites en découvertes fabuleuses.

Le mercredi 18 février à 14h, rencontre avec Didier Falk, bruiteur et compositeur de la musique du film.

Poétique et mystérieux, "Le Secret des mésanges" ménage son suspense avec intelligence, offrant un spectacle d’une rare beauté à chaque scène, et prouve que l’animation artisanale a encore de beaux jours devant elle, pour émerveiller petits comme grands. Un trésor de l’animation en papier découpé. Abus de Ciné
Festival Les petites bobines, Avant-Première

De Patrick Pass
Animation - Slovaquie/Slovénie/Rép Tchèque/Fr. - 2025 - VF - 1h10

Les Contes du pommier

Lors d'un séjour chez leur grand-père, Suzanne (8 ans) s'improvise conteuse pour illuminer la maison d'histoires imaginaires et merveilleuses qu'elle raconte à ses deux frères afin de combler l'absence de leur grand-mère.

Le samedi 21 février à 14h + Ciné-goûter.

A voir également le mercredi 18 février à 14h30 au cinéma Gérard Philipe de Wittenheim, le mercredi 25 février à 14h au Palace d'Altkirch et le samedi 28 février à 16h à La Coupole de Saint-Louis

Film d’animation tchèque, réalisé en Stop Motion constitué de 3 histoires que raconte une enfant, Suzanne, à ses deux frères, l’un plus grand, Tom, l’autre plus petit, Derek, alors qu’ils viennent passer quelques jours chez leur grand père, veuf. Tous aussi impactants, ces petits récits, teintés de fantastique et d’une petite dose d’humour, permettent de traiter de la perte de manières différentes ou depuis différentes perspectives, tout en affirmant la permanence des êtres aimés au côté des vivants, par la mémoire ou par les objets. (...) Un remarquable film d’animation à la technique impeccable. Abus de ciné
Festival Les petites bobines

De Ugo Bienvenu avec Alma Jodorowsky, Swann Arlaud, Vincent Macaigne, Louis Garrel, Oxmo Puccino, William Lebghil, Margot Ringard Oldra, Oscar Tresanini
Aventure Animation - France - 2025 - VF - 1h28

Arco

En 2075, une petite fille de 10 ans, Iris, voit un mystérieux garçon vêtu d'une combinaison arc-en-ciel tomber du ciel. C'est Arco. Il vient d'un futur lointain et idyllique où voyager dans le temps est possible. Iris le recueille et va l'aider par tous les moyens à rentrer chez lui.

Ciné-goûter et atelier Le jeu des métiers du cinéma à l’issue de la séance.

La rédaction connaît bien Ugo Bienvenu pour ses activités de dessinateur de BD. Cette fois, il tente l’aventure du cinéma en s’engageant dans cette œuvre totalement féérique Arco, où il est question de voyage dans le temps, d’amitié, de solidarité et d’écologie. Le début s’ouvre sur un monde magnifique suspendu au-dessus des nuages, où les individus vivent sur des sortes soucoupes avec des jardins luxuriants et des maisons tout aussi belles. Les parents et la sœur du héros, Arco, reviennent d’un voyage en-dessous des nuages, semble-t-il, d’où ils ont apporté une fougère et ont aperçu des dinosaures. Le petit garçon est fasciné et profite du sommeil de ses parents pour se lancer seul dans l’aventure, avec sur le dos une cape arc-en-ciel et un diamant qui équipe le bonnet. Il se retrouve alors propulsé sur la Terre, mais à une époque qui n’a rien à voir avec celle des bêtes préhistoriques. Une nouvelle aventure s’ouvre pour lui et Iris, une habitante, afin qu’il puisse retourner auprès des siens. Arco est un film absolument magnifique, des images naturellement à la musique. L’inventivité est permanente, tout en favorisant une entrée qui pourrait dans cinquante ans devenir la réalité. Les êtres humains composent avec l’Intelligence Artificielle qui est incarnée par des robots bienveillants, capables de remplacer les nounous, les professeurs et les policiers. C’est dire que l’IA est aujourd’hui bien intégrée dans l’imaginaire des réalisateurs tant le nombre de films sur le sujet deviennent nombreux sur les écrans et particulièrement cette année à Cannes 2025, avec notamment le surprenant Dalloway. C’est évidemment pour eux une manière de penser le monde de demain, et de prévenir des dérives évidentes qui pourraient survenir. On imagine bien que la technologie avançant, le cinéma n’aura plus du tout le même visage dans quelques années. Nous avons là à faire avec un petit joyau de poésie, d’imagination et de beauté. Chaque image est travaillée au détail près, sans tomber dans des fioritures inutiles ou des surcharges narratives. La réalisation va à l’essentiel pour parler d’un monde, le nôtre dans cinquante ans, où, si l’on n’y prête pas garde, les possibles seront certes illimités, mais sans doute au mépris des besoins humains primaires. Iris est en effet gardée par un robot certes inoffensif et protecteur, mais l’image virtuelle de ses parents trop absorbés par le boulot n’apporte pas l’affection dont un enfant a besoin. Trois drôles de personnages, taxés de fous, assistent à la rencontre entre Iris et Arco. Ils sont certains d’avoir enfin la preuve que les gens volent et tentent par tous les moyens de faire reconnaître l’évidence, comme quoi même les techniques les plus avancées n’empêchent pas, et c’est heureux, le doute. Ugo Bienvenu réalise une fable philosophique et mystique, ouverte à tout public. Enfants et adultes se retrouveront dans cette farandole d’imagination qui ne se censure jamais. En même temps, le propos échappe à l’intellectualisme suranné, et les délires perchés. Le cinéaste invite le spectateur à se projeter dans un temps à venir, et surtout à comprendre en un instant, la logique quantique. Et c’est là le plus bluffant du film. En une heure trente, en invitant les spectateurs dans le voyage à travers la forêt des deux enfants, on comprend la notion même de temps, si difficile à énoncer quand on n’est pas scientifique. Ugo Bienvenu donne à penser qu’une fraction de seconde peut être une existence entière, suivant le point de vue où l’on se situe. Ainsi, au-delà du plaisir, ce film est une magnifique fenêtre pédagogique sur les questions complexes du temps qui passe, de la nature humaine et de la nécessaire conservation des plantes et des animaux. Ugo Bienvenu nous invite au rêve, à l’enchantement, mais aussi à la réflexion et à la connaissance à travers ce petit miracle du cinéma d’animation. Force est de constater que si liste des films s’allonge tous les ans sur la Croisette, l’animation demeure encore un cinéma de niche. On se souvient pourtant l’an dernier de Flow, qui était juste merveilleux et puissant. Voilà donc un long-métrage dont il ne faudra pas se priver, qu’on soit seul, en couple ou en famille. L’imaginaire sera mis à bonne épreuve. A voir à Lire
Festival Les petites bobines, Avant-Première

De Marjolijn Prins
Documentaire - Belgique/France/Pays-Bas - 2025 - VOST - 1h11

Fantastique

Fanta, une contorsionniste de 14 ans, vit à Conakry, en Guinée. À force de jongler quotidiennement entre l'école, le soutien à sa famille et ses entraînements au sein de la troupe où elle est l'une des rares filles, Fanta commence à douter de son rêve le plus cher : participer à la prochaine grande tournée du cirque acrobatique Amoukanama.

Au départ de ce documentaire lumineux, il y a la rencontre de la réalisatrice avec le groupe de cirque de renommée mondiale Amoukanama. Cela lui a donné envie de remonter à la source, et comprend comment tout a démarré en Afrique de l‘Ouest où elle va rencontrer la jeune gymnaste guinéenne Fanta, héroïne de ce film documentaire. Fantastique est une œuvre passionnante, accessible aux plus jeunes dès 8 ans. Le film mêle habilement le récit documentaire et des séquences mystiques qui convoquent l’esprit de Mami Watta, déesse africaine de l’eau.
Festival Les petites bobines

De Joy Batchelor, John Halas avec Gordon Heath, Maurice Denham
Animation - Royaume-Uni - 1954 - VF / VOST - 1h13

La Ferme des animaux

Lassés des mauvais traitements, les animaux de la Ferme du manoir se révoltent contre Mr Jones, le fermier. Ils le chassent et proclament une nouvelle société où tous les animaux sont égaux. Mais quelques-uns dans la ferme décident bientôt que certains sont plus égaux que d'autres…

En VF le dimanche à 15h et lundi à 11h, en VOST le mardi

A voir également le vendredi 20 février à 14h au Palace d'Altkirch

Pamphlétaire, il enchante enfants comme adultes, ce qui n’est pas des plus courants sur un sujet difficile au prime abord. Grands et petits enfants, unissez-vous ! France Info Culture
RencontreFestival Les petites bobines, Avant-Première

De Baptiste Deturche, Adrien Lesaffe
Documentaire - France - 2025 - VF - 1h00

Le Secret du Loup d'Éthiopie

Sur le continent africain, en Ethiopie, il existe une région où la terre s’est soulevée à plus de 3600m d’altitude. Là-haut, il y a un plateau, l’Abyssinie. Et sur ces hauteurs vie l’espèce de canidé la plus rare du monde : le Loup d’Éthiopie. Dans le sillage d’un photographe engagé pour la préservation de cette espèce nous partons à la rencontre de ce monde d’altitude où les derniers loups vivent. En plus d’être rare, d’avoir évolué loin de ses cousins canidés et dans un environnement isolé, ce loup adopte un comportement inédit et encore jamais filmé : il butine des fleurs ! Porté par la passion d’Adrien Lesaffre, le photographe, nous découvrons un monde discret, intime et le travail nécessaire de documentation photographique pour la conservation.

Rencontre avec Baptiste Deturche, réalisateur, le mercredi 25 février à 20h30 et le jeudi 26 février à 10h

A voir également le mercredi 25 février à 18h au cinéma Gérard Philipe de Wittenheim + Rencontre avec Baptiste Deturche, et le dimanche 1er mars à 16h à la Coupole de Saint-Louis + Rencontre avec Baptiste Deturche

RencontreFestival Les petites bobines

De Irene Iborra Rizo
Animation - Espagne/France /Belgique/Chili - 2025 - VF - 1h11

Olivia

À 12 ans, Olivia voit son quotidien bouleversé du jour au lendemain. Elle va devoir s’habituer à une nouvelle vie plus modeste et veiller seule sur son petit frère Tim. Mais, heureusement, leur rencontre avec des voisins chaleureux et hauts en couleur va transformer leur monde en un vrai film d’aventure ! Ensemble, ils vont faire de chaque défi un jeu et de chaque journée un moment inoubliable.

Rencontre avec Marion Truchaud, intervenante jeune public, le lundi 16 février à 14h.

A voir également le lundi 16 février à 16h à La Coupole de Saint-Louis + Rencontre avec Marion Truchaud et le jeudi 26 février à 13h45. 

En partenariat avec l’Agence national pour le Développement Régional du Cinéma (ADRC).

La réalisatrice espagnole Irene Iborra Rizo est une spécialiste reconnue de la stop motion dans son pays. Elle a donc utilisé cette technique d’animation de marionnettes filmées mouvement par mouvement pour réaliser son premier long métrage, Olivia. Adaptation de La vie est un film, roman de sa compatriote Maite Carranza, autrice à succès pour enfants, le film aborde un sujet difficile. Il raconte l’expulsion d’une mère de famille de son appartement avec ses deux enfants, Olivia et Tim. Pour protéger son petit frère, l’aînée lui fait croire qu’ils sont filmés, sur un plateau de tournage… Un drame vécu à hauteur d’enfant mis en scène en stop motion, voilà qui rappelle le merveilleux film de Claude Barras, Ma vie de courgette (2015). Olivia en a la trempe. Avec leurs cheveux faits de laine et leurs vêtements en tissus, les marionnettes apportent de l’humanité dans un récit âpre. À l’instar de la fillette, dont l’enfance est frappée de plein fouet par la précarité, mais qui découvre, dans le même temps, la solidarité. Le film fait montre d’une grande ingéniosité pour évoquer la débrouille, sans omettre la grande anxiété provoquée par la situation et figurée par des tremblements de terre. Olivia évoque aussi le problème contemporain du logement dans les grandes villes, et notamment à Barcelone, où se situe l’action, théâtre de mobilisations contre les locations d’appartements réservées aux touristes, au détriment des habitants locaux. Un thème a priori éloigné de l’imaginaire des petits spectateurs potentiels, mais traité avec conviction et ce qu’il faut de fantaisie pour qu’ils acceptent de prendre la main tendue par Olivia. Télérama
Festival Les petites bobines, Avant-Première

De Momoko Seto
Animation Science-Fiction - France/Belgique - 2025 - VF - 1h15

Planètes

Dendelion, Baraban, Léonto et Taraxa, quatre akènes de pissenlit rescapés d’une succession d’explosions nucléaires qui détruisent la Terre, se trouvent projetés dans le cosmos. Après s’être échoués sur une planète inconnue, ils partent à la quête d’un sol propice à la survie de leur espèce. Mais les éléments, la faune, la flore, le climat, sont autant d’embûches qu’ils devront surmonter.

Rencontre avec Baptiste Deturche le vendredi 27 février à 14h au Palace d'Altkirch

D’abord réalisatrice de documentaires pour le CNRS, Momoko Seto a réalisé plusieurs courts-métrages d’animation. Planètes, qui a fait sensation à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2025, apparaît, au regard de ses différentes productions, comme un aboutissement artistique… et politique. Les films documentaires et d’animation de Momoko Seto ne font évidemment pas mystère de son engagement écologique et de son combat pour la préservation de la biodiversité. Mais au lieu de simplement pointer ses semblables du doigt, la cinéaste tire de ses inquiétudes une inspiration esthétique abasourdissante. L’animation brille ici par une forme de photoréalisme que Seto semble vouloir pousser toujours plus loin de séquence en séquence. Les prises de vues réelles de l’eau, des plantes, les textures des minéraux, des sols, de la faune (grosses limaces, terrifiante, mante religieuse extraterrestre…) sont impressionnantes, empruntant largement aux codes du documentaire. Malgré l’absence de dialogues, Momoko Seto a choisi d’animer ses akènes de pissenlit comme des êtres doués d’intelligence et d’empathie, en ce sens qu’ils réagissent aux événements et montrent en permanence des signes d’affection et de solidarité les uns envers les autres alors que leur parcours pour retrouver un sol propice à leur développement est semé d’embûches. Là où le film aurait pu tomber dans le piège de la lenteur, du silence et de la métaphore visuelle excessive, il est au contraire rythmé par de nombreuses péripéties, tandis que le son est également d’une importance capitale : de petits gémissements enregistrés achève la personnification des akènes de pissenlit, permettant au spectateur d’éprouver une grande empathie à leur égard. Les bruits de la nature (souffle de vent, cris d’animaux, activité géologique…) sont toujours cohérents avec les milieux montrés à l’image. Enfin, la musique envoûtante et percutante de Quentin Sirjacq et Nicolas Becker accompagne superbement le rythme soutenu du métrage. À l’heure où nous rédigeons ce papier, le Festival d’Annecy 2025 n’est pas terminé et le palmarès n’est, de fait, pas dévoilé. Il apparaît très clairement que Planètes, qui concourt en compétition officielle, a toutes ses chances d’obtenir le Cristal du long-métrage : il s’agit d’un film à l’animation éblouissante, dont le caractère hybride tranche assez radicalement avec ce que nous avons l’habitude de voir. Avec sa très belle esthétique et son propos politique fort, cette œuvre singulière à la grande puissance onirique a toutes les chances de séduire le jury… et le public. à Voir à Lire
  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas

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