De Ernst Lubitsch avec Carole Lombard, Jack Benny, Robert Stack, Felix Bressart, Lionel Atwill
Comédie - Etats-Unis - 1942 - VOST - 1h39
To Be or not to Be
En 1939, dans un théâtre de Varsovie, un jeune lieutenant aviateur quitte chaque soir sa place pour filer dans la loge de la belle Maria Tura, dès que Joseph Tura, le mari, attaque le grand monologue de Hamlet, « to be or not to be ». Mis dans la confidence, Tura accepte d’aider sa femme et le lieutenant dans sa délicate mission. Un agent nazi, le professeur Siletzky, a réussi à s’approprier la liste des familles des pilotes polonais cantonnés en Grande-Bretagne. Le lieutenant Sobinsky a pour mission d’intercepter cette liste avant qu’elle ne devienne une redoutable arme de chantage entre les mains de la Gestapo…
Juste avant, une troupe de théâtre repétait avec difficultés une pièce sur Hitler. Le metteur en scène reprochant à Bronski (Tom Dugan), qui incarne le dictateur, de ne pas être assez crédible, celui-ci était descendu dans la rue en uniforme pour vérifier. C’est le tout début d’une des comédies les plus culottées jamais tournées à Hollywood. En 1942, alors que la guerre bat encore son plein, elle montre des comédiens confrontés au nazis qui, entre-temps, ont envahi la Pologne, obligeant la troupe à abandonner leur pièce contemporaine pour reprendre le classique Hamlet. Le récit va tourner autour de cette troupe et de son couple vedette, les Tura, Maria et Joseph (Carole Lombard et Jack Benny), mariés à la ville. Un trouble est trouble causé par un jeune aviateur, Sobinski (Robert Stack), spectateur assidu de Madame. En effet, ce dernier se lève chaque soir en plein spectacle pour aller rejoindre Maria quand Joseph prononce la célèbre tirade : "To be or not to be" ! Mais le vaudeville prend une autre tournure quand Sobinski, lors d’une mission à Londres, découvre qu’un Polonais, le professeur Siletsky (Stanley Ridges), passé à l’ennemi, doit revenir en Pologne pour démanteler la résistance, avec la Gestapo. Sobinski et les comédiens, réutilisant les costumes de la pièce abandonnée, vont tout faire pour neutraliser le traître.S’ensuit une invraisemblable suite de quiproquos et de supercheries ponctués de bons mots, le tout sans aucun temps mort.Ernst Lubitsch, d’origine allemande, qui tourne à Hollywood depuis 1923, anti-nazi convaincu, n’hésite pas à ridiculiser les militaires allemands, alors que l’issue de la guerre est encore incertaine. En plus de cet aplomb, il propose un modèle du genre, la comédie parodique, où tout s’enchevêtre à merveille jusqu’à embrouiller le spectateur pour son plus grand plaisir au jeu du qui est qui. La séquence qui tourne autour d’une vraie/fausse moustache est à elle seule un véritable petit bijou de construction narrative. Le film fut tourné sans star, hormis Carole Lombard qui trouvait là son dernier rôle (elle disparut dans un accident d’avion le 16 janvier 1942, avant même la sortie du long métrage). To Be or Not to Be donne tout son sens à la notion de troupe, et rend hommage à plusieurs reprises aux comédiens de théâtre. Mais son plus grand mérite reste d’être l’un des films les plus anti-nazis tournés pendant la Seconde Guerre mondiale, en plus d’être une comédie exceptionnelle. Malheureusement, To Be or Not to Be ne connaîtra pas immédiatement le succès escompté, au point que Lubitsch est victime d’une crise cardiaque lors de la première. Une autre crise cardiaque l’emportera cinq ans plus tard, le 30 novembre 1947, à seulement 55 ans. À voir à Lire
