Sortie nationale / Rencontre, Les RDV de l'UDAF

De ND avec ND
Comédie - France - 2018 -

ND

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Les Rebbot-Bohringer, une famille de dingues géniaux. Elle, brune piquante bourrée d’énergie, lui grand gus dégingandé, barbe en bataille, cheveu hirsute. Tous deux arborent le même tee-shirt blanc. Au recto l’inscription « L’AMOUR FLOU ». Les lettres du mot « flou » sont… floues. Au verso « Une famille formidable ». Elle parle vite, avec fougue, porte un soin précieux à choisir chacun de ses mots. Lui affiche une apparence plus détendue. Ils se complètent, se contredisent, s’accrochent, se marrent sans cesse. Ces deux-là sont en tout point conformes aux personnages qu’ils incarnent à l’écran, Romane, et Philippe. Et pour cause. L’amour flou, c’est leur histoire. Celle d’une séparation… réussie. Qui invente un nouveau moyen de vivre la famille. Romane Bohringer et Philippe Rebbot se sont connus voilà douze ans sur un tournage de série, Nos enfants chéris. Se sont aimés, ont donné naissance à deux enfants… chéris, Rose et Raoul. Puis se sont moins aimés. Puis plus du tout. Et ont cherché par tous les moyens du monde à vivre au mieux cette séparation, pour leur fils et leur fille. Romane Bohringer confie à Marianne: « L’image d’Epinal de la famille, c’était le rêve de ma vie : rencontrer quelqu’un qui devienne le père de mes enfants, et mener le voyage jusqu’à son terme avec lui. Par ailleurs, j’étais totalement bouleversée à chaque fois que je voyais un petit garçon, une petite fille, traverser une rue avec un sac sur le dos pour aller de chez papa à chez maman. J’ai toujours trouvé ça assez barbare, inenvisageable. Ça a donc été très dur de me faire à l’idée que c’était terminé. » Philippe Rebbot lui emboîte le pas : « Oui c’était terrible que l’histoire capote. Mais encore pire, l’idée de me décoller de mes enfants ». Une seule question qui vaille donc : « Comment on fait ? » Alors qu’ils mettent en vente la maison familiale de Montreuil, ils tombent sur un projet immobilier de construction d’immeuble neuf, composé de plateaux nus. Ils décident d’y poser leurs valises… et de devenir voisins. Chacun son appartement et, au milieu, un « sas », une partie commune, celle des enfants, qui passeront de l'un à l'autre au gré de l'organisation consignée sur un grand panneau - mais pour le moins anarchique. Ou "comment se séparer ensemble" ! Un projet qu'ils reconnaissent volontiers "cinglé", mais génial… et tellement cinématographique ! Des copains leur suggèrent d’en faire un film. Ils font venir à eux une bande de proches, chef opérateur, ingénieur du son, et se mettent à l’écriture. Tous ont vu le début de leur histoire, sur un plateau, ils filmeront la fin de cette histoire. « Je trouvais cette idée géniale, s’enflamme Romane Bohringer. Je voyais une histoire formidable, une grande comédie. » « Et moi à la rigueur un DVD souvenir pour nos gosses, un objet où nos enfants pourraient continuer de voir leurs parents en vie», glisse Philippe Rebbot. Une caméra les suivra donc dans chaque étape de cette séparation/ reconstruction, de ce déménagement/ réemménagement. Depuis les cartons de la maison commune jusqu'à la réinstallation. Mieux qu’un documentaire, un carnet de bord à distance, où tout, ou presque, est vrai. « Un objet inspiré de la réalité mais voulant sans cesse s’en extirper dans la drôlerie, la joie, la fantaisie », clame Romane. Une trace précieuse. Voici donc l’histoire d’un type de 53 ans, « marxiste lennoniste », qui se balade en skate flanqué de son basset hound, et d’une grande amoureuse de 44 ans. Celle « d’une affective et d’un cérébral, qui n’ont pas la même façon de voir la vie et ont mis dix ans à s’en rendre compte ». Une comédie fine, bourrée de fantaisie et aux dialogues joliment troussés. Elle mêle scènes d’une drôlerie folle (la compét des parents, armés de porte-voix, pour attirer leurs enfants à table à coups de « pasta à papa » et de glaces, les conquêtes de l’un qui croisent celles de l’autre...) et d’une émotion à vous tordre la gorge. Tout en évitant l’impudeur ou l’exhibition, même si chacun y joue son propre rôle : lui, elle, leurs enfants, mais aussi leurs parents, frères et sœurs (mention spéciale aux scènes d’annonce de leur séparation à leurs familles respectives : Lou, Richard Bohringer, la maman de Romane d’un côté, Jean-Claude Rebbot son père et les frères de Philippe de l’autre). Dans une séquence finale, à Romane Bohringer qui sanglote : « On a tout raté », Philippe Rebbot répond : « Mais pas du tout ! On a été amis, amoureux, amants, partenaires, et maintenant on est une famille ». Marianne
Film précédé du court métrage : Règlement de contes (2’20) de Matthieu Ponchel et Julien Cheminade

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