Festival Augenblick

 

Le Festival Augenblick aura lieu du 6 au 23 novembre 2018.

Organisé par le RECIT (ex Alsace Cinémas), ce festival accueille le grand public et le public scolaire.

Au Cinéma Bel Air, les séances scolaires ont lieu le matin ou l'après-midi du lundi au samedi matin, dès le lundi 5 novembre. Le tarif est de 4 € par élève.

Vous pouvez d'ores et déjà réserver vos séances au 03 89 60 48 99 ou cinebelair@wanadoo.fr.

  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas
Collège au Cinéma

De Joseph L. Mankiewicz avec Gene Tierney, Rex Harrison, George Sanders
Fantastique Romantique Drame - Etats-Unis - 1947 - VOST - 1h44

L'aventure de Madame Muir

Faisant fi de l'opinion de sa belle-famille, Lucy Muir décide, peu après la mort de son époux, d'aller s'installer sur la côte anglaise. Elle découvre un cottage isolé et l'achète, sans se soucier de sa réputation de maison hantée. La jeune femme ne tarde pas à recevoir la visite de l'ancien propriétaire, un fantôme, le capitaine Daniel Gregg, un vieux loup de mer bourru et maladroit, dont elle occupe l'ancienne chambre à coucher. Le capitaine s'est mis en tête de chasser Lucy de ce qu'il considère encore comme sa maison. Lucy s'obstine et résiste. Petit à petit, une étrange complicité naît entre le marin et la jeune veuve. Peu après, Lucy tombe sous le charme de Miles Fairley, un séducteur que le capitaine perce à jour aisément...

3ème trimestre - 4èmes/3èmes

Un chef-d'œuvre bouleversant sur la désillusion et la fuite du temps. L'histoire du cinéma hollywoodien est parsemée de rêveries et de récits d'amour teintés de fantastique, de Peter Ibbetson d'Henry Hathaway à Edward aux mains d'argent de Tim Burton, en passant par le Portrait de Jennie de William Dieterle. Mais L'Aventure de Madame Muir reste en ce domaine onirique et précieux un must indépassable. Mankiewicz, peintre de la femme, dresse le portrait d'une jeune veuve indépendante et moderne qui, dans l'Angleterre du début du siècle, décide d'aller vivre seule avec sa petite fille et sa domestique dans une maison au bord de la mer. La demeure est hantée par le fantôme du capitaine Glegg, mais la perspective de partager son toit avec un spectre excite davantage Madame Muir qu'elle ne l'épouvante. Le fantôme du marin bourru et séduisant devient le confident de la jeune femme, et une relation amicale s'installe entre eux, à peine voilée par leur différence de condition (l'une vit, l'autre pas). Hélas, Madame Muir se laisse prendre par les sirènes du réel et tombe dans le piège d'un coureur de jupons (le toujours délectable George Sanders). Jaloux et déçu, le fantôme préfère s'éclipser et effacer son souvenir de la mémoire de celle qu'il aime. Il faudra attendre une vie entière et la venue de la mort pour que les amoureux se retrouvent enfin. Et le spectateur, à chaque nouvelle vision, de retenir ses larmes. Mankiewicz, scénariste de renom avant de passer à la réalisation, préféra pour ses premiers films se concentrer sur le travail de la mise en scène, et filmer les scénarios des autres. On sait pourtant que ce cinéaste de la parole procéda à la réécriture de nombreux dialogues, qui portent la signature de son humour ironique et de son immense culture. L'Aventure de Madame Muir n'est que son quatrième long métrage. Pour un cinéaste censé faire ses gammes, le résultat évoque pourtant l'idée de chef-d'œuvre parfait, tant par la beauté visuelle que par les thèmes abordés (la fuite du temps, la solitude, la désillusion, les chimères du rêve mais aussi de la réalité). Le cinéaste sublime la photogénie de Gene Tierney et trouve en Rex Harrison le complice idéal avec qui partager le plaisir du verbe, tandis que la splendide partition de Bernard Herrmann parvient à elle seule à créer une atmosphère fantastique et mélancolique. On est même en droit de préférer ce film à la suite de l'œuvre du cinéaste, certes plus personnelle, décidée et écrite par lui, mais dont la brillance et l'intelligence laissent souvent moins de place à l'émotion et au romantisme. Les Inrockuptibles

de Tomm Moore, avec Jean Stan Du Pac, Patrick Bethune, Nathalie Homs (voix françaises)
Aventure Animation Fantastique - Irlande, Danemark, Belgique, Luxembourg, France - 2014 - VF - 1h33

LE CHANT DE LA MER

Ben et Maïna vivent avec leur père tout en haut d'un phare sur une petite île. Pour les protéger des dangers de la mer, leur grand-mère les emmène vivre à la ville. Ben découvre alors que sa petite soeur est une selkie, une fée de la mer dont le chant peut délivrer les êtres magiques du sort que leur a jeté la Sorcière aux hiboux. Au cours d'un fantastique voyage, Ben et Maïna vont devoir affronter peurs et dangers,  et combattre la sorcière pour aider les êtres magiques à retrouver leur pouvoir.

Pour les enseignants souhaitant organiser leurs projections au Cinéma Bel Air, ce programme sera visible entre le 01/04 et le 03/05/2019.  Merci de bien vouloir réserver votre séance dans ces dates dès votre inscription validée à la rentrée, par téléphone au 03 89 60 48 99 ou par mail à l'adresse cinebelair.amandine@orange.fr

Plus de cinq ans après Brendan et le secret de Kells, Tomm Moore est de retour sur les écrans pour célébrer les océans, avec toute la sensibilité et l’esthétique plastique qui l’ont fait connaître. Pour son second film, le jeune réalisateur irlandais revisite la mer, à travers un conte de fée plein de poésie et de merveilleux. Comme le petit Ben, le spectateur se laisse bercer, dès les premières minutes du film, par les chants mélodieux et les légendes celtiques que racontent si bien les grandes personnes. Mais toujours la chimère est brisée par les adultes qui ne rêvent plus, arrachent les enfants à leur monde et les conduisent de force dans une réalité qu’ils n’ont pas envie de voir, et encore moins de connaître. Mais quand la magie choisit d’entrer dans votre petite vie bien rangée, quoi que vous fassiez pour vous en éloigner, elle finit toujours par vous rattraper. C’est ainsi que Ben découvre une chose extraordinaire : Maïna, sa petite sœur, est une selkie : son chant redonne espoir et joie de vivre aux esprits et au peuple de la mer. Mais la désolation règne sur les eaux du monde. D’effrayants hiboux, envoyés par une méchante sorcière, rodent dans le ciel, pour changer les êtres magiques en pierre. Conscient que seule Maïna peut délivrer les océans de cet épouvantable sortilège, Ben s’enfuit avec sa sœur. Ensemble, ils entreprennent un formidable voyage initiatique, où ils découvriront les raisons pour lesquelles la mer a perdu tout éclat. L’intrigue se noue, les séquences s’enchaînent, et l’on se retrouve happé dans un flot d’images, toutes plus belles les unes que les autres, envoûtantes, dessinant une véritable chorégraphie qui, pareille aux vagues écumeuses, nous porte et nous emporte dans des paysages marins d’une sublime beauté. Par-delà une esthétique graphique singulière et impeccable, Moore met en scène des personnages attachants. L’on sent, de plus, l’influence remarquable de Hayao Miyazaki qui, lui aussi, met en scène, dans ses films, des enfants confrontés à des situations délicates, qui les poussent à agir en adulte et les font grandir, mûrir, évoluer psychologiquement. La sorcière du film, notamment, n’est pas sans rappeler la diabolique Yubaba, du Voyage de Chihiro. L’on ne peut donc tarir d’éloges pour cette petite perle d’animation, empreinte de féérie et de fantastique. Cet hiver, Le Chant de la Mer, une fable contemporaine, si tendre et pourtant, parfois, si cruelle, donnera à voir, aux petits et aux grands, les mystères de l’océan tels qu’ils ne les ont jamais vus. (Avoir-Alire.com)
Séance à la demande pour les scolaires

Pièce de Jean Racine Mise en scène de Stéphane Braunschweig avec Dominique Blanc
France - 2018 - 2h

BRITANNICUS

Véritable tissu d'intrigues entre professionnels de la politique où se mélangent histoires intimes, amoureuses et familiales, cette tragédie est le récit d’une prise de pouvoir et la métamorphose d'un homme, Néron, en tyran….
Avec cette pièce de Racine, maître de la tragédie classique, Stéphane Braunschweig revisite le passé à l’aune du présent : regard affûté qui renouvelle la lecture des textes pour nous les faire réentendre, respect absolu des mots et de l’auteur, vision de l’espace où se déploie le verbe. a

Séance à la demande pour les scolaires

Pièce de Marivaux - Mise en scène de Clément Hervieu-Léger
France - 2018 -

LE PETIT MAITRE CORRIGE

L’histoire est celle d’un jeune Parisien à qui ses parents ont trouvé un bon parti, fille de comte, en province. Mais à son arrivée chez eux, le beau garçon – dont les codes parisiens sont à mille lieues des règles de bienséance en vigueur dans cette famille – refuse d’ouvrir son coeur à la charmante personne qui lui est destinée. Piquée, cette dernière décide de le corriger de son arrogance…


« La notion de petit-maître peut nous sembler bien étrangère, mais ne connaissons-nous pas, nous aussi, de jeunes élégants et élégantes, aux manières affectées ou prétentieuses, pour qui la mode est le seul guide ? Si on le caricaturait un peu, c’est ce que l’on appellerait aujourd’hui un fashion addict. » À travers cette pièce de Marivaux dont la langue est toujours « aussi fine, juste et pleine d’humour », Clément Hervieu-Léger met ici le XVIIIe siècle en résonance avec notre époque…

Séance à la demande pour les scolaires

Pièce de William Shakespeare - Mise en scène de Eric Ruf avec Claude Mathieu, Christian Blanc, Christian Gonon
France - 2018 - 3h

ROMEO ET JULIETTE

À Vérone, une rivalité ancestrale oppose Capulet et Montaigu. Lorsque Roméo Montaigu rencontre Juliette Capulet naît immédiatement entre eux un amour dont ils savent l’éternité et pressentent la fin tragique…

 

Roméo et Juliette est sans doute l’œuvre la plus connue de Shakespeare. Elle est devenue, au fil du temps et des multiples adaptations dont elle a été l’objet, l’incarnation de l’histoire d’amour absolue. Cette tragédie qui recèle de savoureux moments de comédie est une pièce de contrastes entre la naïveté d’adolescents éperdus et la violence programmée des Montaigu et des Capulet qui ensanglantent Vérone.

Sortie nationale

De Bong Joon-ho avec Song Kang-ho, Lee Sun-kyun, Jo Yeo-jeong, Choi Woo-shik, Park So-dam, Jang Hye-jin, Lee Jung-eun, Park Seo-jun, Lee Eun-sung
Thriller Drame - Corée du Sud - 2019 - VOST - 02h15

Parasite

Toute la famille de Ki-taek est au chômage. Elle s’intéresse particulièrement au train de vie de la richissime famille Park. Mais un incident se produit et les 2 familles se retrouvent mêlées, sans le savoir, à une bien étrange histoire…

Palme d'Or  Cannes 2019

A écouter : Bong Joon-ho sur France Inter

Diffusion du film prolongée jusqu'à fin juillet.

Bong Joon-ho réinvente le classique "film de maison", avec ses relations vénéneuses entre servants et employeurs, et fabrique un thriller au rythme fou, sans rien perdre de son regard attentif sur la société coréenne. Un coup de génie. La représentation de notre civilisation, telle que la donnait déjà Bong Joon-ho dans Snowpiercer, est celle d’un schéma pyramidal, dont le but de chacun serait d’en franchir les limites et ainsi atteindre un niveau de vie supérieur. La symbolique science-fictionnelle n’a désormais plus lieu et c’est bien au sein d’une famille de laissés-pour-compte dans le Séoul d’aujourd’hui qu’il pose sa caméra. Dans cette vision dictée par le déterminisme social, la famille de Ki-taek n’a pas d’autre espoir, pour survivre, que de voler leurs voisins plus riches. On les découvre ainsi en train de profiter gratuitement de leur wi-fi, sans le moindre scrupule. Et pourtant, il est difficile de condamner ces individus. Le seul fait de les voir en famille les rend inévitablement sympathiques (la bouille affable de Song Kang-ho y participe). De fait, on ne s’inquiète pas de voir se monter l’arnaque, puisque celle-ci se construit de manière assez classique, rappelant le récent Mademoiselle de Park Chan-wook, qui lui-même était une variation du classique La Servante (Kim Ki-Young, 1960). Il faut attendre, tout en profitant de cette mécanique délicieusement machiavélique, au moins une demi-heure avant que l’entreprise ne commence à se montrer suspecte. Autant dire que le public a largement le temps de s’attacher à ces personnages avant de s’inquiéter de leurs limites morales. Mais les choses continuent à s’aggraver peu à peu, et le suspense du film ne fait qu’augmenter, jusqu’à atteindre un niveau que l’on peut aisément qualifier d’horrifique. Tout le génie de Bong Joon-ho réside dans ce mélange de genres qu’il organise subtilement, là où beaucoup de réalisateurs auraient créé des points de ruptures brutaux (c’est notamment le cas de Jordan Peele, aux Etats-Unis). S’embarquer dans Parasite, c’est accepter de se perdre dans ses repères cinéphiliques et moraux. C’est accepter de s’amuser d’une comédie sociale, sans avoir peur d’assister en même temps à un thriller cruel et haletant, tout en ne l’ayant pas vu venir. C’est sans doute lorsque la violence sociale, qui apparaît au début comme le véritable antagoniste de cette banale histoire d’arnaque, devient violence physique que le film connaît sa première variation. Et pourtant, la violence semble alors comme une pièce du divertissement, presque jouissive. Le spectateur est déjà acquis à la cause des arnaqueurs. Plus tardif sera le moment où il va s’en apercevoir, plus le retour de bâton sera brutal. L’allégorie du train à plusieurs wagons a, en fait, laissé place à un jeu plus habile encore, qui nous confronte à un thriller social ultra violent et nous laisse face à nos réactions. Tout est malicieusement pensé pour nous faire douter de nos propres sentiments vis-à-vis de ces personnages : doit-on s’attacher à eux parce qu’ils ne font qu’essayer de sortir d’un carcan social ou doit-on les détester parce qu’ils laissent derrière eux des victimes ? La seule certitude, c’est qu’il ne faut pas compter sur Bong Joon-ho pour nous offrir un happy end moralisateur, afin de se donner bonne conscience. Avoir-alire

De João Salaviza, Renée Nader Messora avec Henrique Ihjãc Krahô, Raene Kôtô Krahô
Drame - Brésil / Portugal - 2018 - VOST - 01h54

Le chant de la forêt

Ce soir, dans la forêt qui encercle ce village au nord du Brésil, le calme règne. Ihjãc, un jeune indigène de la tribu Krahô marche dans l'obscurité, il entend le chant de son père disparu qui l'appelle. Il est temps pour lui d'organiser la fête funéraire qui doit libérer son esprit et mettre fin au deuil.

La première séquence s’ouvre sur le visage d’un jeune chasseur indien. La lumière matinale éclabousse les feuilles et son corps. On le regarde chasser à travers la verdure dense, équipé d’une arme rudimentaire. En réalité, Ihjãc ne chasse pas les animaux sauvages. Il poursuit l’esprit de son père, récemment décédé, qui attend d’accéder au village des morts, à condition que son jeune fils fasse le deuil de sa disparition et revienne à sa propre vie. On connaît ces traditions ancestrales, largement décrites par la littérature ethnographique, où le deuil se règle dans la richesse et l’euphorie, permettant ainsi à la personne disparue d’accéder à la vie éternelle et à la paix. Mais Le chant de la Forêt est bien plus que la description minutieuse des rites mortuaires dans une société tribale. C’est d’abord un récit initiatique, celui de ce très jeune couple qui doit maintenant prendre toute sa place dans le village forestier, qui doit cultiver ses propres terres et faire grandir leur jeune bébé, mystérieusement couvert de tâches noires sur le front. Ihjãc dont le nom reconnu par l’état brésilien est Henrique, souffre. Il souffre d’un mal invisible qu’on nommerait dépression dans nos sociétés dites modernes. Il rapporte ce mal à son Maître Perroquet qui hanterait son esprit. Sous les conseils du guérisseur, il doit fuir en ville pour que l’esprit le laisse tranquille. Mais là-bas, on guérit. On rationalise. On aide les indigènes, certes, mais sans doute plus par culpabilité qu’intérêt profond pour la culture de ce peuple. D’ailleurs, les deux réalisateurs montrent avec brio les ruptures qui opposent ces deux univers. D’un côté, on est dans le monde des croyances animistes ; de l’autre, on est dans le monde de la technique, où, si on peut certes se laisser aller à quelques festivals déguisés, la rationalité de la pensée prime. Pendant toute la durée du film, on est bluffé par le travail de réalisation. Les personnages de ce village jouent leur propre rôle. Mais ils oublient miraculeusement la caméra et s’adonnent à leur propre destin avec la force et la beauté qui les caractérisent. Pour autant, la photographie est très soignée. Les deux réalisateurs ne lésinent pas sur l’esthétique de l’image et la mise en scène. Le récit est très écrit et les comédiens s’y engagent avec tendresse et vérité. Le chant de la forêt , c’est aussi la mise en scène des sonorités profondes de la forêt. Les oiseaux accompagnent le récit d’un bout à l’autre. Il s’agit presque d’un film écologique, au sens d’un écosystème presque parfait entre les êtres humains, les animaux, les arbres et les cascades. Avoir-alire
Rencontre

De Fabien Moine
Documentaire - France - 2019 - - 01h31

LE JEUNE, A LA CROISEE DES CHEMINS

Le jeûne questionne beaucoup et est un sujet tendance. Le documentaire Le Jeûne, aux croisées des chemins propose un tour d'horizon du jeûne en France en allant à la rencontre de ceux qui font le jeune (accompagnateur, médecins, biologistes, nutritionnistes) et de ceux qui le vivent : les jeûneurs.

rencontre avec Lena Korchak de Jeûne Nature le jeudi 20 juin à 20h.

Sortie nationale / Rencontre

De Carine Coisman
Documentaire - France - 2018 - - 01h08

Permaculture, la voie de l'Autonomie

La permaculture est bien plus qu'une alternative à l'agriculture moderne, c'est un mode de vie, équitable et durable. Pour mieux la comprendre, une réalisatrice et un éducateur à l'environnement ont parcouru 30 000 kilomètres par voies terrestres et traversé dix pays.

Rencontre avec Carine Coisman, réalisatrice, le mardi 18 juin à 20h, en partenariat avec le RECIT.

Depuis un demi-siècle, le modèle intensif s’est imposé comme la clef des champs, la panacée pour produire plus et plus vite. Le constat de la destruction des paysages et des écosystèmes amène à défricher des méthodes alternatives. Approche holistique, la permaculture (contraction de permanent culture) entend prendre soin de la terre et des hommes, en imaginant des systèmes agricoles circulaires et vertueux qui empruntent souvent aux pratiques ancestrales. De la Mongolie à la Thaïlande, de l’Inde au Val de Loire, ce road movie terrien va à la rencontre de ceux qui inventent de nouvelles manières de produire mais aussi de concevoir un monde plus « résilient ». Des graines d’espoir semées dans le sillon du galvanisant documentaire Demain. Télérama
Sortie nationale / Shalom Europa

De Yona Rozenkier avec Yona Rozenkier
Drame - Israël - 2018 - VOST - 01h30

Un havre de paix

Trois frères se retrouvent pour enterrer leur père dans le kibboutz de leur enfance. Avishai, le plus jeune, doit partir deux jours plus tard à la frontière libanaise où un nouveau conflit vient d’éclater. Il sollicite les conseils de ses frères qui ont tous deux été soldats. Itai souhaite endurcir le jeune homme tandis que Ioav n’a qu’une idée en tête : l’empêcher de partir. Dans ce kibboutz hors du temps, le testament du père va réveiller les blessures secrètes et les souvenirs d’enfance...

 

Un film coup de poing contre la guerre, à travers le portrait sensible et solaire de trois frères, qui luttent contre leurs démons. Un tour de force, de grâce et de profondeur, dans ce havre de paix apparent, où la violence des hommes est tout aussi puissante que celle qui se joue sur les champs de bataille. Ils sont trois frères, et ils se retrouvent dans ce kibboutz hors du temps, presque évidé de sa population, où les quelques survivants vivent d’une étrange façon. Ces trois frères se retrouvent dans leur village d’enfance, à l’occasion de l’enterrement de leur père, que des étudiants en médecine ont savamment désarticulé. Il y a quelque chose de totalement improbable dans ce village qui résiste à l’assaut des bombes, des avions de chasse, et qui refuse de remettre en état de marche la sirène d’alerte, afin de protéger le sommeil des anciens ! C’est comme une scène de théâtre où va se jouer le drame obscur et intimiste de ces trois hommes. Les seuls signes perceptibles de la guerre qui bat son plein au Liban, demeurent la radio qui annonce les morts, les alertes de bombardements sur les téléphones portables, et la peur qui étreint le jeune frère, Avishaï, qui s’apprête à son tour à rejoindre le front. Ce havre de paix apparent devient une sorte de caisse de résonance d’un conflit terrible, où les fils meurent ou alors, s’ils ne succombent pas au front, reviennent, la tête chargée des pires atrocités. Voilà donc un film d’une grande intelligence, qui vient dénoncer les horreurs de la guerre, sans jamais les nommer directement. Yoav (interprété par un Yoel Rozenkier tout de grâce et de mystère) arrive de Tel Aviv. Il a fui sa famille pendant plus d’un an, et on pressent immédiatement qu’il transporte avec lui un secret qui pourrait ébranler l’équilibre déjà très précaire de sa propre famille. L’aîné, Itaï, met toute son énergie à contraindre le petit frère à endosser l’habit du soldat, avec les honneurs qui lui sont dûs. Le récit ne donne aucune clé politique ou sociale sur les raisons qui conduisent les jeunes gens à prendre les armes et à partir se battre au Liban. A la limite, cette question est tout à fait hors sujet. Yona Rozenkier, cinéaste et comédien à la fois, dénonce toutes les formes de guerre, dont la première, la plus évidente est celle qui oppose ces trois frères, incapables de se comprendre, de s’écouter, tant le poids du père décédé continue de les poursuivre dans leur présent. La mise en scène prend en permanence le parti pris de l’ellipse et du mystère. Elle refuse la démonstration. Les trois frères sont hantés par une sorte de démon, symbolisé par une grotte dans la mer où le défunt a exigé qu’on y dépose ses membres. Les explications demeurent rares, le cinéaste laissant au spectateur le soin de décoder l’abîme de souffrance qui habite ces gens. Le réalisateur assume un manière très décalée dans sa façon de regarder ces gens qui survivent dans le kibboutz, jusqu’à, pour certains, s’enfoncer tout le corps dans le sable de la plage. Il ne faut pas chercher la vraisemblance dans ces comportements. Ce havre de paix décuple la douleur des survivants qui s’adonnent à d’étranges habitudes, pour échapper à l’emprise de la peur et de la mort. Bien sûr, ce n’est pas un film gai. Mais assurément, il s’agit d’une expérience de la vie, de la douleur et de la mort que la magie du cinéma parvient à transcender. Avoir-alire

De Jonas Åkerlund avec Rory Culkin, Emory Cohen, Jack Kilmer, Sky Ferreira, Valter Skarsgård
Thriller Drame - Royaume-Uni/Suède - 2018 - VOST - 01h52

Lords of Chaos

Øystein Aarseth alias Euronymous est obsédé par la création d’un véritable black metal norvégien avec son groupe Mayhem et créé un phénomène avec des coups de pub choquants pour faire parler du groupe. Mais à mesure que les limites entre la publicité et la réalité se floutent, des incendies criminels, de la violence et des meurtres brutaux choquent la nation.

Diffusion en partenariat avec Horns up.

Difficile de trouver un réalisateur mieux qualifié pour faire un film sur le célèbre groupe de black métal norvégien Mayhem que le Suédois Jonas Åkerlund, et c'est ce qu'il vient de faire avec le film Lords of Chaos. En effet, dans les années 1980, il était le batteur du groupe de metal suédois Bathory. Après avoir quitté ce poste, Åkerlund s'est fait connaître pour la dextérité visuelle de ses formidables clips musicaux, qui lui ont valu une flopée de prix parmi les plus prestigieux de la planète dans le domaine de la musique. Son récent documentaire Rammstein: Paris a gagné le UK Music Video Award du meilleur film de concert. Il a filmé Madonna et Paul McCartney, et réalisé des clips pour les plus grands noms de ces dernières décennies, notamment U2, Beyoncé et Lady Gaga. Jusqu'ici, ses longs-métrages de fiction ont été extrêmement expérimentaux, mais pas du tout réussis. En 2002, l'aventure Spun, dont le principe était de donner au public l'impression d'être sous méthamphétamine, s'est avéré peut-être un peu trop efficace pour son bien. Horseman (2009) a été un colossal échec, et Small Apartments (2002) est passé quasiment inaperçu. Pour Lords of Chaos, Åkerlund a choisi une structure plus traditionnelle, en trois parties, de sorte qu'il livre ici son film le plus regardable à ce jour. En guise d'introduction, une inscription apparaît sur l'écran : "Inspiré de faits et de mensonges". En effet, cela décrit si bien les différents récits que le film propose sur la relation entre les membres du groupe Mayhem, Dead (Jack Kilmer), Euronymous (Rory Culkin) et Varg (Emory Cohen), qu'il ne peut lui-même être qu'une vaste conjecture. Malgré un procès très médiatisé les impliquant, la plus grosse partie de ce qui s'est passé au sein du groupe au début des années 1990 restera à jamais un mystère. Åkerlund a choisi de faire d'Euronymous le personnage le plus attachant de cette histoire, qui parle de garçons qui veulent se rebeller, jouer du metal et vivre de manière extrême. L'ensemble est narré par une voix off qui semble tout droit sortie de Sunset Boulevard, et délectera quiconque est passé à côté du suicide de 1991 ou du meurtre de 1993 en proposant un dénouement surprise. Plus de deux décennies se sont écoulées depuis les événements décrits dans le film, de sorte que c'est un bon moment pour voir arriver sur les écrans cette histoire qui permet de remettre en contexte les privilèges des blancs, la masculinité toxique et le massacre d'Utøya, récemment au centre de deux films très différents : le titre en un seul plan-séquence U – July 22 d'Erik Poppe, et l'amas de clichés 22 July de Paul Greengrass. L'objectif d'Åkerlund est de comprendre comment un enfant de la classe moyenne aisée a pu finir en sataniste autoproclamé mettant le feu aux églises. Son film parle d'une bande d'idiots, et bien que prendre une photo avec des bouffons comme personnages centraux soit ô combien difficile, il s'en sort très bien. On voit ici, d'abord, comment l'apparition du groupe Mayhem a été un événement charnière dans le développement de la scène du black métal norvégien, après quoi on assiste à sa rupture houleuse puis au moment clef du meurtre, le tout formant un récit classique en trois parties, quoique le réalisateur n'oublie pas de parsemer son travail de quelques unes de ces séquences réalisées par montage qui sont devenues sa signature, ainsi que d'épisodes de violence gore. Le résultat est un récit intrigant, bien joué et d'une facture qui impressionne. CinEuropa

De Bertrand Bonello avec Adilé David, Katiana Milfort, Louise Labèque, Mackenson Bijou, Ninon François, Wislanda Louimat
Fantastique Drame - France - 2019 - VOST - 01h43

Zombi Child

Haïti, 1962. Un homme est ramené d’entre les morts pour être envoyé de force dans l’enfer des plantations de canne à sucre. 55 ans plus tard, au prestigieux pensionnat de la Légion d’honneur à Paris, une adolescente haïtienne confie à ses nouvelles amies le secret qui hante sa famille. Elle est loin de se douter que ces mystères vont persuader l’une d’entre elles, en proie à un chagrin d’amour, à commettre l’irréparable.

A écouter : Bertrand Bonello sur France Inter

Bertrand Bonello explore brillamment la culture vaudoue, des origines haïtiennes à sa manifestation dans un pensionnat de jeunes filles françaises. Les zombies, encore eux… De The Dead Don’t Die de Jim Jarmusch à Atlantique de Mati Diop, en passant par Little Joe de Jessica Hausner, on aura croisé beaucoup de zombies, morts-vivants, possédés et envoûtés cette année sur la Croisette (sans compter tous ceux, anonymes ou célèbres, provisoirement épuisés ou définitivement bistourisés, qui n’entrent pas officiellement dans cette catégorie mais qui en ont acquis les traits et les allures). De tous ces films, Zombi Child est celui qui explore le plus consciemment et systématiquement la généalogie et la dimension éminemment cinématographique de toutes ces figures. On pourrait même dire que c’est son principal sujet, alors qu’ailleurs les non-morts ou les âmes vengeresses se réincarnant dans des vivants apparaissent essentiellement comme des allégories politiques et poétiques. Du côté des zombies mélancoliques de Jacques Tourneur (I Walked With a Zombie) plutôt que de celui des morts-vivants putrides et affamés de chair de George Romero, Bertrand Bonello reprend le mythe à ses origines : le vaudou. Son film met en parallèle deux histoires qui vont s’entrecroiser. La première, racontant le «cas réel» de Clairvius Narcisse, s’attache à une zombification à Haïti en 1962, dont la victime, tenue en esclavage, va peu à peu se libérer. Dans le second récit, se déroulant cinquante-cinq ans plus tard, quatre lycéennes pensionnaires de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur de Saint-Denis accueillent dans leur bande une Haïtienne de leur âge, petite-fille de ce même Clairvius Narcisse, dont les parents sont morts dans leséisme ayant touché l’île en 2010 et qui vit à Paris chez sa tante, une prêtresse vaudoue. Ce qui donnera l’idée à l’une de ses camarades, la romantique Fanny, d’utiliser les pouvoirs du vaudou pour exorciser un douloureux chagrin d’amour. La partie haïtienne expose très efficacement et sobrement la réalité rituelle, sociale et politique du vaudou, en abordant sa magie comme une vérité qui n’a pas à être remise en cause. Ce vaudou-là, complexe et profond, a rarement été abordé sérieusement au cinéma - on n’en connaît que trois exemples, aussi étranges que remarquables : Divine Horsemen (1947-1954) de Maya Deren, Souvenance (1991) de Thomas Harlan et Royal bonbon (2001) du regretté Charles Najman, l’un des dédicataires de Zombi Child. Bonello met en évidence la façon dont cette religion syncrétique, mélange de divers cultes animistes africains parfois teinté de christianisme, et qui fut notamment une réponse à la traite négrière, une forme radicale de libération et de réappropriation des corps et des âmes pour les esclaves et leurs descendants, a pu aussi être retournée en instrument de soumission par la pratique de la zombification. On voit ici comment l’Occident impérialiste et capitaliste résonne dans le vaudou. Dans le second récit, c’est l’inverse : comment le vaudou résonne dans l’imaginaire occidental. Si cette seconde partie est la plus éclatée, risquée et inégale, c’est que l’imaginaire dont il s’agit ici est essentiellement adolescent. C’est celui du rock devenu rap, de la bande dessinée et du cinéma fantastique hollywoodien, dont Bonello n’hésite pas à frôler parfois la part de folklore et le mauvais goût assumé. A travers ces jeunes filles qui se retrouvent la nuit dans la salle d’arts plastiques pour se raconter des histoires ou comploter à la lueur des bougies, il se souvient des sororités et des réunions clandestines étudiantes du giallo italien des années 70 et du cinéma d’horreur américain des années 80 - notamment les films de Wes Craven, par ailleurs auteur de l’excellent l’Emprise des ténèbres (1988), qui mêlait tortionnaires Tontons Macoutes et terrifiants sortilèges vaudous dans une Haïti cauchemardesque. Bonello reprend en partie les codes et les figures de ce cinéma qu’il connaît très bien en les déplaçant dans une France à la fois intemporelle et très actuelle, tout en envisageant, via la première partie, le paranormal vaudou comme un retour des refoulés de l’histoire, colonisatrice et esclavagiste, au sein d’un établissement dont l’existence même s’inscrit dans l’histoire officielle française. Comme toujours avec Bonello, le film est à la fois brillant et un peu trop théorique, mais ici l’absence de star et la modestie du budget apportent une simplicité nouvelle, une dimension de série B qui s’accorde bien au cinéma auquel il rend hommage. Sa façon habituelle de coller entre eux différents imaginaires et différentes époques, d’amalgamer de nombreuses références, rejoint le syncrétisme vaudou dans une forme de syncrétisme cinéphilique où, par exemple, Robert Bresson pourrait s’acoquiner avec Dario Argento. Libération

De PAGES LEILA AUDREY
Documentaire - France - 2018 - 01h12

SANS ATTACHE

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Depuis des millénaires, les chevaux fascinent et inspirent. Comme beaucoup d'autres, Leïla s’est toujours sentie attirée par ce grand et puissant animal, symbole de liberté. Elle a toujours cherché une autre approche que celle de l'équitation classique qu’elle trouvait brutale et trop contraignante. Dans le milieu équestre en France, les pratiques et croyances venant de la tradition militaire sont encore très présentes : les chevaux sont enfermés, muselés, soumis à notre volonté par la force. Pourtant, ils possèdent un merveilleux pouvoir de guérison pour l’humain pour peu que nous les laissions s’exprimer librement.

Projection en partenariat avec la Société Hippique de Mulhouse le mercredi 19 juin à 20h suivie d'un verre de l'amitié.

Rencontre

De MOHAMED SIAM
Documentaire - Egypte/Liban/Europe/Qatar - 2018 - VOST - 01h23

AMAL

Amal est une chipie : elle souffle les bougies des autres, tient tête à des policiers en manifestation, elle fume si elle veut, elle grandit si elle veut. Elle se cherche. Si être une femme dans une Egypte post-révolutionnaire signifie renoncer à sa liberté, alors à quoi bon ?

Rencontre avec Jacques Pelissier, distributeur du film, le vendredi 28 juin à 20h en partenariat avec le RECIT

"J'ai essayé le voile, mais je trouve qu'il me restreint." Cette phrase résume à elle seule Amal, l'héroïne de ce documentaire. Dans l'Egypte actuelle, sur plusieurs années et de manifestations en manifestations, le cinéaste suit le parcours de cette jeune fille sans père, rétive à l'autorité policière, politique, religieuse. Une pasionaria frondeuse, forte en gueule, insatiable insoumise dont la caméra, complice et intimiste, saisit les fêlures et les angoisses derrière l'infatigable militantisme et l'humour rageur. Sans oublier de filmer en contrechamp un pays en proie à toutes les contradictions idéologiques. L'Obs

De Raphaël Balboni, Méryl Fortunat-Rossi, Pablo Muñoz avec Ingrid Heiderscheidt, Vincent Lecuyer, Jean Lepeltier, Jean-Jacques Rausin, Catherine Salée, Georges Siatidis, Jean-Benoît Ugeux, Wim Willaert
Comédie Court-Métrage - Belgique - 2018 - 01h16

Trop Belge pour toi

Un poulailler qui provoque un incident diplomatique, une enfant qui tombe du ciel, un père noël capitaliste, un plombier déluré à l'accent flamand et un ours tueur : Le meilleur de la Comédie belge. Cinq courts métrages multi-primés dans le monde.

Rencontre

De Stéphane Haskell avec Stéphane Haskell
Documentaire - France - 2018 - VOST - 01h25

Debout

A 40 ans, Stéphane Haskell, photographe reporter, est victime d’une maladie fulgurante et se retrouve paralysé. Alors que la médecine le condamne au handicap à vie, le yoga lui ouvre le chemin vers la guérison. Il se lance alors dans un tour du monde à la rencontre de pratiquants malades du sida dans les prisons africaines ou de la sclérose en plaques en Californie qui ont ont renoué avec la vie grâce au yoga. Un voyage touchant, des couloirs de la mort à San Francisco, au plus grand bidonville africain, des guerriers Massais, jusqu’à la rencontre avec le maître hindou B.K.S. Iyengar, où le yoga aide à surmonter toutes les barrières.

Sortie nationale

De Wang Xiaoshuai avec Wang Jingchun, Yong Mei, Qi Xi, Du Jiang, Wang Yuan, Liya Ai, Li Jingjing, Xu Cheng
Drame - Chine - 2019 - VOST - 03h05

So long, my son

Au début des années 1980, Liyun et Yaojun forment un couple heureux.Tandis que le régime vient de mettre en place la politique de l’enfant unique, un événement tragique va bouleverser leur vie. Pendant 40 ans, alors qu’ils tentent de se reconstruire, leur destin va s’entrelacer avec celui de la Chine contemporaine.

  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas

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