Sortie nationale
De Valentina Maurel avec Daniela Marín Navarro, Marina de Tavira, Mariangel Villegas, Reinaldo Amien Gutiérrez
Drame - Belgique/France/Mexique/Costa Rica - 2026 - VOST - 1h45
Ton animal maternel
De retour au Costa Rica après des études en Europe, Elsa retrouve sa petite sœur Amalia, seule dans la maison familiale. De plus en plus insaisissable, celle-ci semble enfermée dans des croyances ésotériques. Elsa essaie d’alerter leurs parents, mais ni le père, trop occupé par ses nouvelles conquêtes, ni la mère, absorbée par la réédition des poèmes érotiques de sa jeunesse, ne semblent prendre la mesure de la situation. Le retour d’Elsa engage les trois femmes à interroger leur lien indéfectible.
Les films qui traitent des relations maternelles sont nombreux. Or, Ton animal maternel prend le parti de dérouler le sujet dans un contexte des plus mystérieux. En effet, dans cette famille, la mère vit seule dans un appartement pour écrire, la fille ainée est à peine de retour de Belgique, le père est séparé, et la plus jeune sœur habite seule une maison qu’elle a condamnée pour empêcher la femme de ménage de rentrer. Bref, cette famille pour le moins particulière vit dans une sorte de bulle où elle cultive l’isolement, au point que la plus jeune des filles semble atteinte d’un mal qui ressemble à la schizophrénie. on animal maternel est un film costaricain. La réalisatrice assume un choix narratif qui va à l’encontre de ce qu’on imagine du cinéma latin. On échappe ainsi aux poncifs sur la nature ou la condition sociale pour aller à la rencontre d’une famille bourgeoise, recomposée, qui entretient entre ses membres des relations particulières. Le film s’attache surtout à décrire le comportement de mise en danger de la jeune sœur qui attire dans la maison où elle vit des SDF avec leur armée de chiens, et surtout est confrontée à des visions ésotériques de plus en plus inquiétantes. Elsa, qui revient d’Europe où elle fait ses études, ne parvient ni à la raisonner, ni à faire prendre conscience à ses parents de la gravité des choses. Ces derniers privilégient pour l’une son grand retour en littérature et pour l’autre ses conquêtes amoureuses. Valentina Maurel, la réalisatrice costaricaine cite jamais directement la question de la maladie psychiatrique, à l’exception d’un échange en voiture où la mère refuse catégoriquement de recourir à un psychiatre. Pourtant, c’est bien de cela dont le long-métrage parle. Le récit cultive l’ambiguïté d’un impensé social où l’on préfère admettre que les fantômes rentrent dans les maisons plutôt que d’enfermer les personnes dans un hôpital. Et c’est tout l’enjeu de cette exploration d’un univers familial en recomposition. On pressent l’implication émotionnelle très forte de la réalisatrice qui oblige à prendre son temps sur cette crise familiale permanente. Voici un long métrage où l’on ne pleure pas à longueur de temps et qui permet de regarder le Costa Rica autrement que dans ses acceptions normatives.
