Sortie nationale
De Кантемир Балагов avec Talha Akdogan, Barry Keoghan, Riley Keough, Harry Melling, Jaliyah Richards, Monica Bellucci, Zaramok Bachok, Michael Kupisk, Princesstorm Woody, Chloe Leigh King, Barry Varoqua
Drame - France/Etats-unis - 2026 - VOST - 1h42
Butterfly Jam
Dans le New Jersey, un adolescent de 16 ans surnommé « Pyteh » partage son temps entre les tapis de lutte et le petit restaurant tcherkesse de sa famille, au bord de la faillite. Mais une décision impulsive de son père, éternel opportuniste, vient bouleverser sa trajectoire — façonnant peu à peu un récit de fierté, d’héritage et de masculinité.
Pour son troisième film, présenté en ouverture de la Quinzaine des cinéastes, le réalisateur russe Kantemir Balagov (« Tesnota », « Une grande fille ») s’installe aux Etats-Unis pour filmer sa propre communauté exilée. Et oscille brillamment entre le réalisme magique et le drame familial. En 2017, il avait 26 ans et pris tout le monde de court. Kantemir Balagov présentait Tesnota, son premier film, au Festival de Cannes, dans la sélection Un certain regard. Bilan : une révélation et un prix FIPRESCI. Après Une grande fille en 2019, voici ce natif de Naltchik, petite ville du Caucase qui abrite la communauté tcherkesse, de retour en ouverture de la Quinzaine des cinéastes. Entre les deux, Balagov, opposé à l’invasion de l’Ukraine, s’est réfugié aux États-Unis, et il raconte précisément cela, l’exil dans le New Jersey – difficile de ne pas penser aux débuts de James Gray et les Ukrainiens de Little Odessa. Un jeune lutteur, Temir, vit avec Azik et Zalya, qui tiennent un petit restaurant. Leurs liens exacts sont flous et il est beau de les découvrir pour relire alors leur tendresse ou leur rugosité à l’aune de ce que l’on ne soupçonnait pas. Le vol d’un pélican fait basculer l’équilibre fragile du groupe, comme un lutteur retournerait son adversaire. Butterfly Jam parle des dynamiques qui s’inversent subitement et des jeunes générations qui rompent avec la violence des précédentes. À la beauté des lumières et la virtuosité des cadrages s’ajoute un scénario d’une précision remarquable, dans lequel tout est rappelé pour de magnifiques pas de côté – une machine à barbe à papa, des alarmes de voiture. Et Kantemir Balagov de rappeler surtout que les légendes qu’on invente servent moins à célébrer les morts qu’à aider les vivants à survivre. Trois Couleurs
