Rencontre

De Anat Even
Documentaire - France - 2026 - VOST - 1h18

Collapse (Face à Gaza)

Peu après le 7 octobre 2023, Anat retourne dans ce qui était autrefois sa maison. Elle erre et filme pendant plus de deux ans dans ce kibboutz incendié et sur des terres agricoles transformées en machines de destruction. Au-delà de la clôture, Gaza est anéantie.

Rencontre avec Georges Yoram Federmann, psychiatre et Bassel Haidar de la Passerelle des Talents. En partenariat avec l'AFPS et la Ligue des Droits de l'Homme.

Nir Oz fut l’un des territoires les plus touchés par les attaques terroristes du 7 octobre 2023. En cette journée tragique, le petit kibboutz situé à quelques mètres de la bande de Gaza a vu quarante et un des siens assassinés et quatre-vingt-deux autres enlevés (1) par les miliciens du Hamas. L’artiste et cinéaste Anat Even a vécu plusieurs années à Nir Oz et son retour sur les lieux suppliciés de sa jeunesse, quasi déserts à l’exception de quelques militaires, compose d’abord un tombeau poignant pour ses amis disparus. Mais, au-delà de l’effondrement exprimé par le titre anglais de son nouveau film, Collapse s’affirme, aussi, comme un documentaire de résistance à l’indifférence face à l’horreur et à la politique de vengeance sans merci du gouvernement israélien d’extrême droite. Autocritique La réalisatrice, qui parle d’« un désastre sans fin », donne ainsi lecture, en voix off, au témoignage glaçant d’un jeune médecin gazaoui sur le chaos orchestré par Tsahal. Elle s’approche aussi, avec courage, de la frontière gardée par des soldats israéliens souvent hostiles. Et intègre à son travail sa propre critique en ponctuant le récit par ses échanges épistolaires avec son ami Ariel Cypel, installé en France depuis quarante ans, un militant pro-Palestiniens, comme elle, mais plus radical dans sa dénonciation de l’État hébreu — il considère que les kibboutz, même dirigés par des progressistes comme l’était Nir Oz, sont l’emblème du colonialisme israélien. L’ancien directeur du théâtre parisien Confluences pointe notamment l’impasse de parler de Gaza sans y être présent. Anat Even répond en substance qu’elle fait de son mieux. Et c’est déjà beaucoup. De formidables moments de cinéma Collapse contient ainsi de grands moments de réel saisis sur le vif, comme ce meeting de colons qui affirment au grand jour leur volonté de « chasser les rats » pour « judaïser » Gaza. Ou cette visite au pas de charge du Premier ministre Benyamin Netanyahou à Nir Oz sous les huées d’un opposant qui l’accuse d’être un « destructeur d’Israël ». Ce documentaire, qui stimule la pensée, offre aussi de formidables moments de cinéma. Il y a ces vues saisissantes de véhicules agricoles qui récoltent des carottes alors que la fumée des bombardements israéliens se devine au loin ; ces plans très larges sur Gaza, par-delà les barbelés, où la guerre ne se voit pas mais s’entend, le bruit assourdi des explosions se mélangeant au chant paniqué des oiseaux. Il y a, enfin, cette image à peine croyable d’un paon qui chemine en majesté dans le kibboutz dévasté, comme un symbole du sentiment de toute-puissance d’Israël et de son armée…Télérama

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