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  • Mary et la fleur de la sorcière

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  • Les anges portent du blanc

    Sortie Nationale


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  • Argent Amer

    Immersion documentaire dans une ville industrielle vouée à la confection de masse.


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  • La révolution silencieuse

    Lars Kraume nous livre un récit historique magnifique, à la fois intelligent et boulversant, sur l'acte de résistance de lycéens est-allemands en 1956. Ciné-Europa


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    La révolution silencieuse

Chronique

«I did it for me. I liked it. I was good at it. And I was really... I was alive.» Walter White, Breaking bad

Chronique d’une mort annoncée ?

Il est vrai, les premiers jolis jours de mai pouvaient inviter à la légèreté, à l’entrain et à l’optimisme. En même temps (c’est d’époque)...
Les implantations programmées des deux grandes surfaces commerciales de l’image (Multiplexes de Wittenheim et Cernay) illustrent parfaitement la tendance lourde à l’éradication de tout ce qui manifeste un tant soit peu une velléité de singularité.

L’ «exception culturelle française», via divers dispositifs législatifs, a vocation à protéger le domaine culturel en lui permettant d’échapper pour tout ou partie à la logique totalitaire de la loi du marché. Elle est notamment supposée rééquilibrer le jeu des forces en présence (David vs Goliath, gros groupes de l’industrie de l’image vs petites salles indépendantes). En principe.

Dans le monde (plus Dallas que Bisounours, plus PSG que Les Herbiers) de l’exploitation cinématographique, rien ne protège les petits exploitants de la fameuse «concurrence libre et non faussée» (expression équivalente à «guerre sans merci» ou «pas de quartier») que peuvent leur livrer les gros groupes.

L’enjeu majeur réside dans l’accès aux copies de films (le cœur du réacteur). Pour bien appréhender le risque / la menace / le danger que ces groupes font peser sur les petites salles telles que la nôtre, il faut savoir trois choses.

Un. Les distributeurs de films sont rémunérés au pourcentage (environ 50%). Donc plus la place est chère et plus le distributeur en tire de bénéfice, ce qui explique aisément que les distributeurs soient parfois réticents à confier leurs films à des salles comme la nôtre. Et ce, même si, au final, des salles telles que la nôtre défendent mieux ces films que les multiplexes qui, en les noyant dans la masse, condamnent à l’anonymat.

Deux. Rien n’oblige les distributeurs à confier leurs films à telle ou telle salle. Les groupes d’exploitation peuvent très facilement faire valoir leur poids (une forme de chantage qui repose sur le nombre important d’écrans mobilisables). On comprend là que la logique strictement commerciale oriente rapidement le choix du distributeur et que les victimes risquent de se trouver aussi bien chez les distributeurs que chez les petits exploitants.

Trois. Une salle comme la nôtre équilibre ses comptes grâce à un petit nombre de films qui drainent un public important (à tous les points de vue) et permettent à une infinité de films plus modestes d’exister, d’être malgré tout programmés (donc visibles et vus). Effet mécanique : une pression accrue de la concurrence amène inévitablement les distributeurs à ne plus louer ces films dits « porteurs » aux salles telles que la nôtre. Ce n’est pas une vue de l’esprit, un effet élucubratoire de notre imagination ou, plus prosaïquement, de la paranoïa que de dire, redire et affirmer cela. En effet, l’accès à ces films porteurs constitue déjà une bagarre de tous les jours pour notre cinéma, et la présence d’une quatorzaine d’écrans supplémentaires (Wittenheim + Cernay) sur l’agglomération va immanquablement accentuer cette logique mortifère.

Bref. Le danger est là. L’inquiétude aussi. Sauf à trouver une alternative, considérons, sans dramatiser, cette chronique (et celles qui suivront) comme celle, douloureuse, d’une mort annoncée.
Celle du Cinéma Bel-Air.

M.

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