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  • La vie invisible d'Euridice Gusmão

    Sortie nationale / Karim Aïnouz bouleverse avec un mélo sur deux soeurs séparées par la vie.


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    La vie invisible d'Euridice Gusmão
  • It must be heaven

    Le retour d'Elia Suleiman, le Buster Keaton palestinien.


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    It must be heaven
  • Seules les bêtes

    Un thriller signé Dominik Moll servi par un casting d'enfer.


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    Seules les bêtes
  • Blade runner

    Le cinéma regarde la psychanalyse avec Jean-Clet Martin et son regard sur Ridley Scott, vendredi à 19h15.


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  • Warrior women

    La lutte des femmes pour les droits des peuples autochtones. Rencontre avec Colette Rieg$hl, ethnologue.


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    Warrior women
  • Dans un jardin qu'on dirait éternel

    Avant-première suivie d'une dégustation de thé dimanche à 16h.


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    Dans un jardin qu'on dirait éternel
  • Lola vers la mer

    Sortie nationale / La difficile relation d'un père et sa fille trans. Salle Ciné K Kinepolis.


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    Lola vers la mer
  • Proxima

    Eva Green en astronaute et mère de famille, sur le départ pour une mission spatiale.


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  • Made in Bangladesh

    La lutte des ouvrières bangladaises du textile pour leurs droits.


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    Made in Bangladesh
  • Un monde plus grand

    Cécile de France rencontre la Mongolie et le chamanisme dans le dernier film de Fabienne Berthaud. En salle Ciné K Kinepolis.


    Un monde plus grand

Chronique

“La vie c’est ça, un bout de lumière qui finit dans la nuit.”
Louis-Ferdinand Céline

Winter is coming.

Il y a des années avec et des années sans. Avec quoi, avec qui, sans qui, sans quoi. A chacun de classer 2019 comme il l’entend et lui laisser prendre le poussière, ou pas.

Il y a des films qu’on aurait aimé n’avoir pas vus. Il en va également ainsi de certains mots qu’on souhaiterait n’avoir pas lus. Les derniers en date viennent de Tondu. Tondu c’est le complément d’objet direct de Tif. Vice-versa et réciproquement. Ça aurait pu être Nitro et Glycerine ou Bonnie and Clyde mais ça a été Tif et Tondu. L’origine, le pourquoi, c’est une blague, naguère. Naguère, c’est pour dire que ça fait quelques baux. Elle avait des cheveux et lui n’en avait pas. Elle avait le regard clair et brillant, lui l’aimait pour ça. Elle pouvait avoir la dent dure, lui ne pouvait pas ne pas sourire, une bonne nature que sa seconde nature.  Ensemble, ils ont, pendant des décennies, de leurs augustes postérieurs, usé les fauteuils de notre salle. Jamais l’un sans l’autre, jamais l’autre sans l’un. « Love and marriage, love and marriage, they go together like horse and carriage…» chantait Frank Sinatra. Un couple de cinéma. Tif et Tondu, donc.

Il y a des histoires, un jour, qui virent sépia. Celle-ci est de celles-là. Tif n’accompagnera plus Tondu. Elle est encore de ce monde mais la tête déjà pleine d’ombre, déjà ailleurs. On ne larmoiera pas, on ne s’apitoiera pas : ni l’un ni l’autre ne mange de ce pain-là. Elle ne viendra plus c’est sûr, lui peut-être un jour mais en espérant du coin de l’âme sa présence, son ombre à elle, l’ombre de son ombre à lui. Tif sans Tondu, dès lors.

Il y a et soudain il n’y pas, il n’y a plus. Nous nous sommes vus avancer dans le temps, grandir et vieillir. Oserons-nous dire qu’une forme d’amitié s’était installée ? Oui, osons le dire et c’est pour cela et pour tout le reste que l’un et l’autre, l’un sans l’autre nous manquera. Comme nous manquera de parler films, causer cinéma, parler de ceci, causer de ceux-là, de tout, de rien, du temps qui passe ou du temps qu’il fait, de la vie et du reste avec des gens qui aiment ça, simplement. What else ?  

Avant que je n’oublie : elle c’est Madame Annie et lui c’est Monsieur Paul.  

                    
M.


PS : Au moment de conclure cette chronique tombe une nouvelle, sombre comme ces jours de novembre. Les cuirs des uns et les cuirs des autres sont plus ou moins épais, plus ou moins tannés. Mon vieux camarade Fred Chaban, lui, l’avait fin, très fin, tellement fin qu’il a cédé : il a rendu les armes et rejoint l’armée des ombres. Ses images, ses rires et ses colères n’auront pas suffi. L’hiver arrive.

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