• La chute de l'empire américain

    Sortie nationale / Denys Arcand de retour avec une comédie policière sur le pouvoir de l'argent


    Voir la fiche
    La chute de l'empire américain
  • Les petites bobines

    Les petites bobines, c'est maintenant !!!  Des films pour enfants à partir de 2/3 ans pendant toutes les vacances.


    Les petites bobines
  • Les ritournelles de la chouette

    Les petites bobines / A voir à partir de 4 ans jeudi à 10h


    Voir la fiche
    Les ritournelles de la chouette
  • Mango

    Les petites bobines /  A voir dès 4 ans jeudi à 11h


    Voir la fiche
    Mango
  • L'illusion verte

    Un documentaire sur le greenwashing des grandes entreprises.


    Voir la fiche
    L'illusion verte
  • Tout ce qu'il me reste de la révolution

    Premier film de Judith Davis, comédie légère et politique sur la perte des idéaux.


    Voir la fiche
    Tout ce qu'il me reste de la révolution

Chronique

«J’aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d’église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l’enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs...» Arthur Rimbaud / Alchimie du verbe

«You know someone said that the world’s a stage
And each must play a part…»
Elvis Presley / Are lonesome tonight ?


Masques.

Le cinéma n’est que masques. Il en joue, il s’en joue. Aussi prompt à s’en saisir qu’à s’en défaire. Un jeu, donc. Et les masques, c’est d’époque, au cœur de l’hiver, de toutes les époques, en fait. Carnaval, Mardi Gras. Venise, les Dogons, celui de fer, le Fantôme de l’Opéra. Généralement ils servent à cacher (ou à montrer tout ce qu’on veut cacher), à se cacher, un refuge. Ils protègent (du regard de l’autre), ils (dis)simulent (au regard de l’autre), ils libèrent (du regard de l’autre). Ils enferment aussi. Ainsi chacun s’en choisit un ou plusieurs et se le(s) traîne toute la vie. Ou alors, ils nous sont assignés et portés comme un héritage, un fardeau. On les superpose, en strates, des mille-feuilles, tant et plus qu’au final on s’y perd. Qui suis-je ? Celui-ci ou celui-là ? Tel autre, peut-être. Et quand on les enlève (si on les enlève un jour), ces masques, comme on s’effeuille, et quand on les enlève, pelures d’oignon, quand on les enlève comme on se dessape, on en pleurerait, perdu comme un enfant.

Des masques. A arborer, pour (se)dérober, se déborder, se passer outre. A la manière d’un acteur aussi, à la manière des acteurs que nous sommes, tout à leur acharnement à vouloir se refaire une perpétuelle virginité, à ne pas être démasqués. Un masque, un rôle. Un autre masque, un autre rôle. Et ainsi de suite, au gré des temps, au gré des lieux, des courants, au gré du vent. Au point de perdre d’avec soi le contact, éparpillé, épars et pillé, aux quatre points cardinaux.

Alors, pour se retrouver, recouvrir la vue, l’entendement, se mêler de démêler le vrai du faux  et inversement, on observe des autres le(s) masque(s). Comme on regarderait un film, un jeu d’ombres, une comédie humaine. Que me veut-il ? Que cherche-t-il à me dire ? Ou pas. Qui est-il ? Celui-ci ou celui-là ? Tel autre, peut-être. Spectateurs de ces masques comme autant de labyrinthes, de jeux de miroir savants. Comme dans la scène fameuse de la Dame de Shanghai d’Orson Welles. Et voilà comment on glisse du masque au miroir. Alice n’est pas loin qui passe au travers, de l’autre côté. Miroir, mon beau miroir. Masque, mon beau masque, dis-moi : qui de nous est le plus beau ? Toi ou moi ?
                                                                        M.

PS I : A ceux qui s’interrogent… Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les constats initiaux (pour faire vite : manque de place(s)  bloquant les possibilités de développement donc, à court terme, de pérennisation de l’activité) restant d’actualité, le Cinéma Bel Air poursuit le travail sur son projet. On y reviendra.
PS II : Un qui se fichait des masques comme d’une guigne, c’était Denis Scheubel qui s’est éclipsé discrètement à l’entame de l’hiver et dont nous devrons désormais parler à l’imparfait.  Une pensée pour lui.
PS III : au cas où… M@cinebelair.org

 

Brèves

Prochainement