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Chronique

« …Nous ne nous réveillerons pas, après le confinement, dans un nouveau monde ; ce sera le même, en un peu pire. » Michel Houellebecq

« El sueño de la razon produce monstruos. » Francisco de Goya

« You know what ? Fuck beauty contests. Life is one fucking beauty contest after another. School, then college, then work... Fuck that ! And fuck the air force academy. If I want to fly I’ll find a way to fly. You do what you love and fuck the rest… » Paul Dano / Dwayne in Little Miss Sunshine

C’est reparti pour un tour.   
Et si nous remettions les compteurs à zéro ? C’est la rentrée, l’instant s’y prête. En effet, n’avons-nous pas tous droit à plusieurs vies. Certes. Et pour en faire quoi ? Réitérer les mêmes âneries.  Inlassablement. Obstinément. Perseverare etc... Les faire mieux, les refaire en mieux. Le droit à l’erreur, en somme. Autant dire le droit à la résurrection. Métempsycose, karmas et toute cette sorte de choses. Comme dans un jeu vidéo. Supermario ou Jésus Christ Superstar, au choix. Le droit d’avoir sept vies, comme le chat à neuf queues et / ou l’inverse ? Et ça recommence encore et encore et encore. Toutes les rentrées, marronniers, tous les ans, les 1ers de l’An ou selon des cycles plus ou moins long, tous les matins (du monde), tous les sept ans (au Tibet), tous les millénaires… Noch einmal. Once more. Bis repetita et patati et patata. Long comme un jour sans fin. Le droit à plusieurs vies donc. Et le devoir, hein ? Le devoir ?
Le cinéma sera-t-il, d’ici peu, donné pour agonisant, mort-vivant, ectoplasme en devenir, pronostic vital engagé ? Tout doux, tout doux. Le Cinéma Bel-Air reste, têtu, ce vieux rêve qui bouge. Et qui bande. Mieux : il se projette. Joie et félicité, Hosanna au plus haut des cieux ? Pas encore. On le vérifie aujourd’hui après plusieurs mois de ce que vous savez : rien n’est définitivement gagné, rien n’est jamais acquis. En même temps, rien n’est perdu, le pire n’étant jamais certain. Sur le fil, toujours, funambule. Comme disaient nos ancêtres d’un autre siècle : ce n’est qu’un début, continuons le combat (car il s’agit d’un combat, n’est-ce pas, une façon de struggle for life sur lequel plane l’ombre redoutable du vae victis). Ceci étant, pour l’heure, jouissons du simple fait d’être en vie, une réussite déjà, au regard de ceux qui ne peuvent en dire autant. Modeste peut-être et alors ? Ephémère aussi ? Et alors ? Il en va ainsi de toi, de moi, de nous, de tout. Pour l’heure, réjouissons-nous donc de cet instant, de cette manière de petite éternité, de ce pas suspendu.
M.

PS : l’autre jour, un quidam de dire : « Bon, écoutez, on ne va pas faire de littérature … » Illico, in petto, j’ai déconnecté. En effet, et si au contraire on en faisait un peu, de la littérature ? Au bout du bout, est-ce que ce ne serait précisément pas du manque de lettres et de mots qu’on crèverait ? « Je suis l’halluciné de la forêt des nombres, le front fendu d’avoir buté, obstinément, contre leur fixité… » c’est de Verhaeren, Emile, le même que celui de nos poésies d’enfance. Il ne s’agit
pas de se payer de mots mais d’en faire, tant et plus, des phrases et des litotes et des ellipses et des métaphores et de la périphrase et de l’oxymore encore et de l’anaphore et de l’anacoluthe … Comme on enchainerait des répliques / dialogues, des images pour faire un plan, une scène, un film, un rêve et un souvenir, une belle compagnie, une chérie … Bien remplir, combler bien la béance de l’époque, le vertige, l’attrait du vide, la vacuité. Et zut aux tenants du chiffre roi qui se     diront adeptes du réalisme (qui est, disait Georges « Sous le soleil de Satan » Bernanos, la bonne conscience des salauds).

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