• Sauvage

    Sortie nationale le 29 août / Un premier film remarquable sur la prostitution masculine, tourné à Strasbourg


    Voir la fiche
    Sauvage
  • De chaque instant

    Sortie nationale le 29 août / Immersion dans une école d'infirmières par Nicolas Philibert


    Voir la fiche
    De chaque instant
  • Une valse dans les allées

    Une romance contrariée dans les allées d'un supermarché, avec Sandra Hüller ("Toni Erdmann") et Franz Rogowski ("Transit")


    Voir la fiche
    Une valse dans les allées

Chronique

«… And all we have, in the end, are the choices we make.»  
Disobedience / Naomi Alderman
« … et le 13 février 1944, Philippe Gerbier décida, cette fois-là, de ne pas courir. » L’Armée des ombres / Jean-Pierre Melville  
« I would prefer not to. » Bartleby / Hermann Melville

Choix.
Point de situation… Le projet aberrant de supermarché de l’image Cinéville Wittenheim a été enterrée. De profundis. La défaite de l’intelligence ne semble donc pas une évidence. Cela n’ôte rien à la nécessité de notre projet d’agrandissement. En même temps, le cinéma de centre-ville se meurt à petit feu. En même temps, le cinéma Colisée Colmar est en mort clinique. Ni fleur ni couronne. En même temps, à qui le tour ?
Il n’y a pas plus de fatalité que de certitude du pire. L’existence même du Cinéma Bel-Air en est la preuve. Malgré les aléas, les Charybde, les Scylla, malgré ceci, malgré ceux-là…. C’est pourquoi nous nous emploierons à rappeler tout ce sur quoi nous nous appuyons pour nous projeter et inventer un avenir pour notre cinéma. Car il y a un avenir pour ce cinéma, avenir qui passera par une extension quelle que soit la forme qu’elle prendra. Urbi ou orbi. Et nous continuerons (impératif catégorique) aujourd’hui et demain et au-delà à porter un projet dont l’ambition, l’aspiration n’est pas que physique (des salles et des écrans en plus) mais aussi culturelle (toutes les cinématographies pour tous les publics) et humaniste (le plaisir collectif de partager des films).
Nous avons un projet. Comme disait l’autre, celui qu’on invoque quand on a oublié la source, le nom, l’autre donc disait : un homme sans projet est un homme mort. Il en va, nous semble-t-il, de même pour toute aventure humaine, ainsi notre cinéma. Nous avons un projet qui, au bout du bout, n’est jamais qu’on projet de vie, un vieux rêve à continuer de faire bouger. Un projet, donc.
Pour faire avancer ce projet (avant que de le faire aboutir…), nous avons… Nous avons sollicité des gens (de fonctions, de statuts, de pouvoirs divers), nous avons rencontré ces gens, nous leur avons parlé, nous avons travaillé à les convaincre, nous avons écrit à d’autres gens encore, nous en avons interpellé d’autres, nous avons, nous avons, nous avons… Et in fine ? In fine, entre écoute (plus ou moins) attentive, intérêt (plus ou moins) affirmé, soutien (plus ou moins) accordé, nous nous interrogeons…

Que nous faudra-t-il faire ? Nous faudra-t-il devenir sauvage ? Danser, déments, une valse dans les allées ? Chercher / trouver la carte de l’ile au trésor et son emplacement et le butin ? Fuir cette sorte d’Absurdistan, cette manière de Nef des Fous d’aujourd’hui et de chaque instant ? S’exiler, partir pour Sofia (ou Hambourg ou ailleurs), s’y perdre and leave no trace ? Caresser l’espoir fol de la finale ? Se raconter des histoires, des fables, des contes de juillet (pendants solaires d’un Winter’s tale?) ?  S’en remettre à la chance, au sort, à la providence ? Ô Fortuna ? Demander conseil à un Monsieur Je-sais-tout, un gourou ? Ou, au contraire de tout cela, libre, choisir de continuer de porter  un projet non comme on porte une croix mais plutôt comme une vision, un étendard, sûrs d’être du bon côté, celui de la sincérité, de la conviction, du courage, de la persévérance, du juste.  Comme traverser une mer sur un canot gonflable. On pourrait voir de l’emphase et une forme de lyrisme dans ce qui précède, il conviendrait plutôt d’y entendre l’affirmation d’un désir, d’une volonté, d’un engagement. D’un projet, donc.
                                                                                                        M.

Brèves

Prochainement