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    Une mère croit reconnaitre son fils dix ans après sa disparition. Du grand Sorogoyen.


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Chronique

«J’aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d’église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l’enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs...»        
Arthur Rimbaud / Alchimie du verbe


«You know someone said that the world’s a stage
And each must play a part…»
Elvis Presley / Are lonesome tonight ?

 

Masques (ou les yeux sans visage).

Le cinéma ne serait-il que masques ? Il en joue certes, il s’en joue même. Aussi prompt à s’en saisir qu’à s’en défaire. Un jeu, donc. Et les masques, c’est d’époque, au cœur de l’été, au fond de l’hiver, de toutes les époques, en fait. Carnaval, Mardi Gras. Venise et Bergame, les Dogons, celui de fer, le Fantôme de l’Opéra, Rio. Généralement ils servent à cacher (ou à montrer tout ce qu’on veut cacher), à se cacher, un refuge. Ils protègent (du regard de l’autre), ils (dis)simulent (au regard de l’autre), ils libèrent (du regard de l’autre). Ils enferment aussi. Ainsi chacun s’en choisit ou plusieurs et se le(s) traine toute la vie. Ou alors, ils nous sont assignés et portés comme un héritage, un fardeau, une punition. On les superpose, en strates, des mille-feuilles, tant et plus qu’au final on s’y perd. Qui suis-je ? Celui-ci ou celui-là ? Tel autre, peut-être. Et quand on les enlève (si on les enlève un jour), ces masques, comme on s’effeuille, et quand on les enlève, pelures d’oignon, quand on les enlève comme on se dessape, on en pleurerait, perdu comme un enfant dans une forêt.

Des masques. A arborer, pour (se)dérober, se déborder, se passer outre. A la manière d’un acteur aussi, à la manière des acteurs que nous sommes, tout à leur acharnement à vouloir se refaire une perpétuelle virginité, à ne pas être démasqués. Un masque, un rôle. Un autre masque, un autre rôle. Et ainsi de suite, au gré des temps, au gré des lieux, des courants, au gré du vent et des humeurs. Faux-semblants. Au point de perdre d’avec soi le contact, éparpillé, épars et pillé, aux quatre points cardinaux.                

Alors, pour se retrouver, recouvrer la vue, l’entendement, se mêler de démêler le vrai du faux et inversement, on observe des autres le(s) masque(s). Comme on regarderait un film, un jeu d’ombres, une commedia dell’arte, une comédie humaine. Que me veut-il ? Que cherche-t-il à me dire ? Ou pas. Qui est-il ? Celui-ci ou celui-là ? Tel autre, peut-être. Spectateurs de ces masques comme autant de labyrinthes, de culs-de-sac, de jeux de miroir savants. Comme dans la scène fameuse de la Dame de Shanghai d’Orson Welles. Et voilà comment on glisse du masque au miroir. Alice n’est pas loin qui passe au travers, de l’autre côté. Miroir, mon beau miroir. Masque, mon beau masque, dis-moi : qui de nous est le plus beau ? Toi ou moi ?

M.

PS : A ceux qui s’interrogent…  Disons : le futur a un avenir. Nous y reviendrons à la rentrée.

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