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  • L'amour flou

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  • Silent voice

    Mulhouse loves Japan / A voir dès 10 ans à 10h en VOST lundi et en VF mardi


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    Silent voice

Chronique

«I’ve seen things you people wouldn’t believe. Attack ships on fire off the shoulder of Orion. I watched C-beams glitter in the dark near the Tannhäuser Gate. All those… moments will be lost… in time, like tears… in rain. Time… to die.»
«J’ai vu tant de chose que vous humains ne pourrez pas croire. De grands navires en feu surgissant de l’épaule d’Orion. J’ai vu des rayons fabuleux, des rayons C, briller dans l’ombre de la Porte de Tannhäuser. Tous ces... moments se perdront... dans l’oubli, comme les larmes... dans la pluie. Il est temps... de mourir.»

Rutger Hauer / Roy Batty in Blade Runner

Astronomie.
In principio erat Verbum. Au commencement était le Verbe, dit-on. Et les étoiles, alors ? A tout le moins une, l’Alpha, celle du big bang, la mère de toutes les étoiles, celle du commencement de tout, l’éjaculation primordiale, qui a donné toutes les Voies Lactées de l’univers. Depuis, il n’est question que de cela : les étoiles. Innombrables. Qui nous servent de repères au Nord, au Sud, partout, des constellations, Cassiopée et  Andromède, ou Persée, ou Orion,  ou encore Antarès ou Betelgeuse et celles que nous ne savons pas nommer. Que pourtant nous connaissons même si elles, lointaines et superbes, nous ignorent. Qui nous font lever les yeux aux ciels (cieux, si on a la foi), les ouvrir grand dans le noir (les ténèbres, si on a la foi), scruter et, à tâtons, tenter des théories, des explications, chercher des réponses, une lumière (sans ou avec majuscule, si on la foi). Exercice rendu singulièrement délicat, de nos jours, quand on sait les pollutions lumineuses terrestres (au propre, les éclairages urbains, comme au figuré, télévision et autres écrans de fumée) qui nous gâchent la nuit, parasitent la vue et brouillent l’écoute nous rendant ainsi les étoiles hors de portée et du regard et du reste.   
On aurait voulu être une étoile, soleil ou satellite, bleue, blanche ou rouge, supernova ou même naine, briller, incandescente, brûler, incandescente, se consumer. Aspirer aux étoiles comme un retour à la source, retrouver la mémoire de l’origine du monde, une sorte d’Omega. Ces étoiles et leurs poussières pour lesquelles nous ferions bien des choses simplement pour les voir briller, brûler dans les yeux de l’autre, petit ou grand, inconnue ou amant. Et en moissonner des brassées, s’en orner les souvenirs, s’en garder sur l’oreille, pour plus tard, pour quand ce sera pire. Des étoiles comme bonne compagnie. Ainsi celles des histoires du soir à certains contées naguère, étoiles de mère(s).
On taira ici les étoiles à bas coût, astres de supermarché, stars discount. On ne dira rien du strass, de la paillette et de la pacotille. Ni de la boule à facettes. De tout ce qui brille, factice, et qui n’est pas or(s). Non, on n’en dira rien. En revanche, on dira le cinéma comme télescope, fenêtre toujours ouverte sur le stellaire, d’une étoile l’autre, le miracle rendu possible d’une course de la Grande à la Petite Ourse. On dira la nécessaire évidence d’en offrir d’autres de ces ouvertures, de mettre les myriades infinies à la portée du plus grand nombre, grand ou petit. On redira l’évidence, le nécessaire d’un projet d’agrandissement, le nôtre, le besoin cruel d’écrans en plus, le manque criant de place(s), tout l’espace qui nous fait défaut. On redira encore et encore «TINA !» (There Is No Alternative !) On redira encore et toujours que c’est cela ou s’éteindre, comme une étoile, doucement pour mourir, sûrement. Et, sauf à être dévot / suppôt / apôtre de l’obscurantisme, qui souhaiterait, in fine, que se ferme un cinéma, une fenêtre aux étoiles ?
                                                                                                        M.

Brèves

Prochainement