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Chronique

Top of the world ?

Mais tout cela reste, malgré tout, du cinéma, n’est-ce pas ? Tout cela. Fiction ou réalité, avec tout le nuancier qui les relie, la frontière ne peut qu’apparaitre ténue, si elle apparait. Et la guerre, même la guerre, les morts, l’horreur et l’abomination. Et le malheur, même le malheur, a sa cinégénie, son esthétique. Les plaisanteries les plus courtes étant les meilleures, cette mauvaise farce qu’est la guerre finit par connaitre son terme, sa chute. On en est revenu, comme on finit, in fine, par revenir de tout. Mort ou vif. Esquinté aussi.

On ferma donc la parenthèse de ce cauchemar, cette Apocalypse de poche, et l’on reprit, vite vite, le cours ordinaire des choses, le fil de la vie. William aussi. Et bien lui en prit. 1947. Deuxième Oscar de meilleur réalisateur avec « Les meilleures années de notre vie », écho de ses années de guerre. WW sortait de la WWII comme il y était entré  : avec les honneurs. « Made it, Ma !  Top of the world ! » aurait-il pu anachroniser. 45 ans dont quasi 25 de cinéma, une quantité de films, pléthore de distinctions, le succès, la gloire, l’été d’une vie. Accomplissement ? Consécration ? Est-on arrivé quand on en est arrivé là ? Rendu à ces hauteurs, reste-t-il encore l’appétit d’autres sommets, l’envie d’autres ivresses, la possibilité d’autres possibles ? En principe on ne peut que descendre, glisser, dégringoler, apprendre à mourir. Ashes to ashes, dust to dust. En principe.

Un homme sans projet est un homme mort. Le WW cinéaste, l’autre aussi du reste, conscient de la chose, entendait vivre encore. Les années 40 laissaient la place aux années 50. WW passait également de ses années 40 à ses années 50 marquées par « Vacances Romaines », œuvre légère comme un spritz en été, contrepoint élégant et mélancolique à l’épaisse ambiance maccarthyste qui régnait alors aux Etats-Unis. Pas de vacances pour WW : du mélo, du drame, du policier, du western avec en filigrane une réflexion, une critique sociale, un propos sur la marche du monde en général et sur celle de la société américaine en particulier, WW allait son chemin de cinéma. WW allait de la même manière sa vie privée, son existence d’homme, de mari, de père, d’amant, toutes choses qui ne regardaient que lui et dont il n’y a donc pas lieu de faire état. Guère de goût WW pour la pose, l’exhibitionnisme et le m’as-tu-vu, l’égo boursouflé et déplacé, plaies obscènes et chroniques de ce milieu du spectacle et du siècle à venir. Son cinéma était à l’avenant, sans fioriture, sans prétention, sans affèterie. Solide et vrai, fait pour durer. Et ainsi, patiemment, en artisan consciencieux, films après film, pierre après pierre, WW se construisait une route, posait des bornes, se bâtissait une œuvre qui culminerait, pour conclure en fanfare les années 50, en un monument : « Ben-Hur ».

M.

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