• Festival Augenblick

    C'est parti pour 2 semaines et demie de films en langue allemande dans de nombreux cinémas d'Alsace - au Cinéma Bel Air, 26 films en séances uniques. Achtung, fertig, los !


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    Festival Augenblick
  • Grill point

    Augenblick / Hommage à Andreas Dresen. Rencontre avec le réalisateur mercredi à 20h


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    Grill point
  • Carmen et Lola

    Sortie nationale / Une histoire d'amour entre femmes dans la communauté tzigane madrilène


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    Carmen et Lola
  • Rafiki

    Une histoire d'amour entre femmes mal accueillie au Kenya. Un film pop, énergique et energisant.


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    Rafiki
  • Le grand bal

    Et si on allait guincher au bal de Gennetines avec Laetitia Carton ? Concert de Quat' Quart samedi à 20h30. Dernière semaine


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    Le grand bal
  • Styx

    Augenblick / Compétition. Rencontre avec La Ligue des Droits de l'Homme, ATTAC 68 et ATTAC Freiburg vendredi à 20h


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    Styx

Chronique

«Als das Kind Kind war,
ging es mit hängenden Armen,
wollte der Bach sei ein Fluß,
der Fluß sei ein Strom,
und diese Pfütze das Meer… »  
Peter Handke (Der Himmel über Berlin / Wim Wenders)

Une question de temps et de lumière.
… Et, disions-nous, sauf à être dévot / suppôt / apôtre de l’obscurantisme, qui souhaiterait, in fine, que se ferme un cinéma, une fenêtre aux étoiles ? Reposons la question, encore et encore. Car, en vérité, je vous le dis, une bonne fois pour toutes : un seul écran, un écran seul, un monoecran, fut-il uniplexe (ou monoplexe, au choix) sans complexe, l’écran unique, voilà ce qui nous empêche et nous condamne. Truisme : n’avoir qu’un écran est économiquement intenable, point. Insistons : notre salle à écran unique (dans tous les sens du terme) d’art et d’essai ne pourra pas indéfiniment échapper au rouleau compresseur des mammouths de l’image qui écrasent les prix, le choix et la diversité. Une question de temps, donc.  
Alors, qui voudrait voir la lumière s’éteindre sur l’écran d’un cinéma qui se maintient (période du 1.1 au 30.9) dans ses entrées quand d’autres accusent des baisses de leur fréquentation de 10% (Kinépolis) voire de 17% (cinéma du centre-ville) ? Qui voudrait voir la lumière s’éteindre sur l’écran d’un cinéma qui draine des milliers (1/3 de nos entrées, rien de moins) de jeunes gens vers sa programmation jeunes publics faite exprès pour eux, pour leur apprendre les images et la grammaire adhoc, leur ouvrir des fenêtres vers le haut et l’ailleurs, leur proposer, pour les changer un peu, du beau et du bon et du vrai (garanti sans OGM ni glyphosate)? Qui voudrait voir la lumière s’éteindre sur l’écran d’un cinéma acteur et agissant ouvert tant et plus aux débats, aux échanges, à la contradiction (60 rencontres en 2017), luttant contre la désertification de l’animation sociale et culturelle ? Qui voudrait voir la lumière s’éteindre sur l’écran d’un cinéma qui accueille, assure avec un engagement proche du sacerdoce, en bon service public, un accès à la culture aussi égal que possible à  tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ou de CSP ou d’appartenance philosophique ? Qui voudrait voir, etc… Bref.
Alors... le projet. On ne saurait le réduire à des considérations exclusivement physiques, architecturales. Non. Le projet du Cinéma Bel-Air repose sur  le lien particulier construit depuis des lustres avec les spectateurs, sur sa volonté de proposer le mieux et le plus (qualitativement plutôt que quantitativement), de faciliter à tous (empêchés ou non) l’accès à tous les films possibles. Le projet du Cinéma Bel-Air, son crédo et son créneau consiste à vouloir (et devoir) satisfaire tous les publics, travailler avec les associations et les écoles et les acteurs culturels et les centres socio-culturels et les maisons de retraite et … et …. et toutes celles et ceux, de bonne volonté, de bonne esprit, de bonne intelligence qui y aspireraient. Il est là précisément notre rôle de cinéma : être une pulsation, un des cœurs battants d’une ville et de ses gens, une volonté de faire que chacun, que tous s’y retrouvent, selon leurs aspirations, leurs goûts, leurs affinités, leurs inclinaisons, une ambition de faire se côtoyer, se rencontrer tous les milieux sociaux, faire se côtoyer, se rencontrer des habitués et ceux qui ne se connaissaient pas, lui, elle, toi et moi. Il ne s’agit définitivement pas que d’une simple question de murs et de mètres carrés. Mais nous y reviendrons, encore et encore.  

M.

PS : « Lorsque l’enfant était enfant,
Il marchait les bras ballants,
Il voulait que le ruisseau soit une rivière
Et la rivière un fleuve,
Et que cette flaque d’eau soit la mer… »
Peter Handke (Les ailes du désir / Wim Wenders)

Brèves

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