Chronique
14 octobre 2026 : 5, 4, 3, 2, 1…
« Ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le commencement de la fin. Mais c’est peut-être la fin du commencement… » M.
PS :
Le Cinéma Bel Air a un projet. Un projet de Cinéma Art et Essai de 3 salles. Appelons-le ainsi, pour le moment : « 3 salles sinon rien ». Et il s’engage sur la rampe de lancement. Si l’histoire a commencé en 2016, l’idée, elle, était dans l’air depuis bien des lustres. Puis, il y eut 2020, le Covid, le confinement, le coup de frein. Et, après cela, le long travail de reconquête de notre public. Nous y sommes parvenus.
Alors, aujourd’hui, nous pouvons à nouveau nous projeter.
Pendant longtemps, nous avons eu le sentiment de prêcher dans le désert. Nous avons défendu notre projet auprès des uns, des autres, urbi et orbi, voire au-delà, avec parfois le sentiment de ne pas être prophètes en notre propre pays, car Mulhouse est un beau et grand pays. Pourtant, le projet était là. Bien là. Vivant. Et notre travail était reconnu par les professionnels du métier, notamment au niveau national et par le CNC. Mais, jusqu’à présent, nos ambitions rencontraient surtout une écoute polie, quelques signes d’intérêt, beaucoup de questions… et encore davantage d’incertitudes, d’atermoiements et de calendes grecques.
Bref, nous avions un projet, mais il semblait buter contre un plafond de verre. Where there is no will, there is no way. Et inversement. Eh bien, bonne nouvelle : à ce plafond apparaît une fêlure, que nous espérons bientôt fissure. Et, à travers elle, une lumière commence à poindre. Notre projet « 3 salles sinon rien » avance donc d’un pas. Un petit pas pour l’homme… vous connaissez la suite.
Concrètement, ce qui pouvait encore récemment sembler hypothétique, voire chimérique, commence aujourd’hui à prendre les contours d’une perspective possible et concrète : faire évoluer notre cinéma pour lui donner enfin les moyens de répondre encore mieux aux attentes des spectateurs et aux ambitions culturelles, sociales et économiques de notre territoire. Et, dans l’élan, contribuer à faire vivre l’un de ses espaces emblématiques : DMC, Décors de Mémoires et de Cinéma.
Pourquoi trois salles ? Parce que trois salles, c’est pouvoir proposer davantage de films, davantage de diversité, davantage de découvertes. C’est mieux défendre le cinéma Art et Essai tout en conservant une programmation populaire, accessible et ouverte à tous. C’est multiplier les occasions de rencontres, de débats, d’événements et d’éducation à l’image. Bref, c’est faire du cinéma un lieu encore plus vivant, plus ouvert, plus ambitieux. Et contribuer à irriguer de vie bienvenue un lieu qui en a besoin. Et s’offrir un réel futur.
Bien sûr, le chemin ne fait que commencer. It’s a long way to Tipperary. Il reste des étapes à franchir, des obstacles à lever et beaucoup, beaucoup de travail à accomplir. Mais après avoir longtemps frappé à la porte, nous avons aujourd’hui le sentiment qu’elle commence enfin à s’entrouvrir. À nous maintenant d’y coincer un pied et de la pousser. Et, passé la porte, une fois le plafond de verre définitivement brisé, nous ne nous contenterons pas d’apercevoir la lumière. Nous comptons bien l’atteindre. Et, tant qu’à faire, allumer, au passage, quelques étoiles. Car un projet de cinéma, au fond, c’est aussi cela : donner à voir ce qui n’existe pas encore et avoir suffisamment d’imagination pour croire que cela peut devenir réalité. Alors oui, nous allons continuer. Avec nos compagnons de route de toujours : zèle, courage et persévérance. Avec nos partenaires. Et surtout avec vous, Ami.e.s du Bon Cinéma. « 3 salles sinon rien » : ce n’est plus seulement une ambition. Il s’agit désormais d’un projet qui se met en branle. Une force qui va. Suite au prochain épisode…

