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Chronique

Même pas peur.

 …dire, se dire, confiant :  n’aie pas peur, amour ! N’ayez pas peur ! N’ayons pas peur ! Conclure avec ces mots. Introduire avec les mêmes.  

N’ayons pas peur. C’est certainement sur cette pensée que William décida, pile il y a un siècle, d’aller voir aux Amériques s’il y était, s’y trouver ou tout du moins s’il pourrait y être, tout court. La vraie vie est ailleurs, se souvint-il.

N’ayons pas peur, s’est-il dit pour s’encourager. Avait-il, au demeurant, besoin de s’encourager ? Peut-être un peu quand même. Il n’est pas toujours aisé d’abandonner ce que l’on connait et laisser derrière soi ses repères, une vie, les siens. On n’est pas sérieux quand on a 17 ans. L’est-on davantage à 20 ans ? Non, fort heureusement. Quoi qu’il en soit, il n’a pas eu peur, non, même pas peur d’aller orbi se trouver des rimes sinon riches au moins meilleures à son nom : Wyler. Ailleurs. Leurre ? Malheur ? Bonheur ? Qu’importe, dans tous les cas : même pas peur. Pas peur d’aller y voir, aller s’explorer l’ailleurs précisément, traverser un océan ou des continents, des milliers de kilomètres, autant de mondes, prendre le risque d’une autre vie, meilleure, adhoc. Le choix de l’inconfort, d’abord. Migrer, donc.

Et il n’a pas eu peur de se projeter loin, plus loin, ce qu’il n’avait pas ici, des horizons, la possibilité d’autres possibilités, des pages blanches, des histoires non écrites donc à inventer, à commencer par la sienne.

Et il a bien oublié d’avoir peur de tout, de rien, de l’ombre de son ombre, de l’ombre des lendemains.  

Il s’est dit ne craignons pas la tangente, le déséquilibre, le pas de côté, esquissé ou abouti, la chorégraphie du vertige et la perpendiculaire et, s’il le faut, la chute, l’humeur vagabonde me va et les trains qui partent aussi et les singes d’ici ou de là-bas, en été comme en hiver, sauront m’être de bons compagnons.

Pas plus nous faut-il, s’est-il dit, nous défier des langues ésotériques ou étrangères, des pauvres hères, du laid, du sale et du danger, ne fuyons ni les métèques, les juifs errants et les pâtres grecs (et levantins de manière générale), les rastaquouères, les crève-la-faim, les va-nu-pieds (et même les traîne-savates), les épouvantails, les miséreux et les pouilleux, les sans-dents (toujours préférable aux crocs de boucher), les sans rien, les moins-que-rien. Non, rien ne vaut vraiment d’avoir peur sauf la mort, les cons et la boite de Pandore, et encore.

Au seuil d’une année comme d’une nouvelle maison ou d’une nouvelle vie, une nouvelle aventure, un autre défi, il faut savoir faire un pas en avant pour aller habiter tout cela avec ce que nous sommes, des mains tendus (plutôt qu’un médius), l’esprit libre et ouvert et l’âme de bien qui sied aux hommes (et femmes et tout le camaïeu de l’entre-deux) de bonne volonté.

Sans doute (ou pas) s’est-il dit tout cela, William, sans doute s’est-il dit tout cela et bien des choses encore avant de conclure par un « Ainsi soit-il » tout d’espoir et de conviction et Jetzt geht’s los (ou Let’s get lost, au choix), tout ira bien, oui tout ira bien et, sans trembler, il s’en est allé…
                                                                                                               

M.

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Prochainement