• Ayka

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  • L'heure de la sortie

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  • Qui a tué Lady Winsley ?

    Une comédie policière turque par Hiner Saleem. Dernière semaine.


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    Qui a tué Lady Winsley ?
  • Filles du feu

    Les Vagamondes / Dernière séance mardi.


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  • Une affaire de famille

    Une merveille, à la fois drôle et bouleversante. Palme d'Or 2018


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    Une affaire de famille

Chronique

« Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la ville... allez vous faire foutre ! »
Jean Paul Belmondo / Michel Poiccard in A bout de souffle

Huis.

Bon. Nous y voilà. Une autre année. Un seuil à passer. C’est drôle, il n’y a jamais qu’une lettre de différence entre seuil et deuil. Un seuil, donc. Et une porte à refermer derrière soi.  Ou à prendre, à claquer. Et s’il s’agissait d’enfiler un imper mastic, se coiffer d’un feutre et emboiter le pas de Lemmy Caution / Eddie Constantine, dans Alphaville donc,  qui cherche on ne sait quoi, on ne sait qui en parcourant un corridor labyrinthique qui distribue des portes derrière lesquelles se trouve on ne sait quoi, on ne sait qui ?

Des portes, des portes, et encore des portes, machines à monter / remonter une infinité de temps,  à ouvrir les unes après les autres, à la volée, dans tel ordre ou tel autre, ou au hasard. Ou à ne pas ouvrir. D’une porte l’autre.

Et si d’aventure, nous les poussions ces portes, qu’y (qui y) qui trouverions-nous ? La mémoire obsédante d’un disparu que la mémoire n’a pas encore enterré. Une bibliothèque habitée de livres lus qu’on relit (l’assassin revient toujours sur les lieux de son crime) ou à lire. Des films vus qu’on revoit (l’assassin revient toujours sur les lieux de son crime) ou à voir. Un cinéma, des cinémas. L’objet cinéma, le lieu cinéma. Un Michel Poiccard d’aujourd’hui qui dirait « Si vous n’aimez pas le cinéma, si vous n’aimez pas les auteurs, si vous n’aimez pas les gens … Allez vous faire foutre ! ». Une manière de famille et / ou qui a en l’air, une qui ferait l’affaire. Une chambre d’enfance éclairée d’une lanterne magique. Des flacons vides, du vin, des bouteilles pleines, des verres qui tintent, une tablée, de la vie qui chanterait les lendemains.

Une porte qui ouvrirait sur un miroir où, à la lumière d’une chandelle, nous pourrions, imitant Ferdinand Griffon, nous peindre le visage en bleu. Et y (re)trouver Marilyn Chambers. Il pourrait y avoir un vieux pote, encore là, toujours, comme un singe qui, en toutes saisons, veille, mais un qui verrait, entendrait et dirait. Ou telle autre porte derrière laquelle nous pourrions, dans une multitude, nous choisir un masque, un autre. Retourner dans une salle de classe pleine de la sage concentration de gamins à l’étude. Des mots aussi, tapis, au coin des bois et qui nous remontent aux larmes en passant par le ventre, dans lequel se niche quelque terreur, encore. Une vieille histoire qui vestige, prend le lierre (ou l’inverse) et rappelle que je meurs ou / où je m’attache.  Des paroles qu’on mâche, remâche, ratiocine et qui n’ont rien perdu de leur saveur, aigre ou douce.

Nous pourrions tomber  aussi, derrière certaines de ces portes, sur la crasse et la bêtise et le mal et leur banalité. Mais peut-être aussi d’amples horizons, Samarkand, les plaines de Mongolie, qui invitent aux voyages. Et derrière d’autres, ou peut-être une seule, la dernière peut-être, le bout de la nuit, une lumière. Ou pas. Et il y aura aussi des portes derrière lesquelles subsisteraient du mystère, des points d’interrogation et toute cette sorte de choses qui aiguisent la curiosité, aiguillonnent et poussent à chercher plus loin ailleurs, autre chose, encore. Quoi ?
                                                                                             M.

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