• The Rider

    Chloé Zhao poursuit dans la même veine et réussit une touchante fiction documentaire, vibrant hommage au peuple amérindien


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    The Rider
  • Rester vivant - méthode

    Un feel good movie


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    Rester vivant - méthode
  • Mary et la fleur de la sorcière

    Le somptueux film d’animation de Hiromasa Yonebayashi renoue avec l’innocence et la joie des premières œuvres du studio de Miyazaki. Libération


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    Mary et la fleur de la sorcière
  • Les anges portent du blanc

    Sortie Nationale


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    Les anges portent du blanc
  • Argent Amer

    Immersion documentaire dans une ville industrielle vouée à la confection de masse.


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    Argent Amer
  • La révolution silencieuse

    Lars Kraume nous livre un récit historique magnifique, à la fois intelligent et boulversant, sur l'acte de résistance de lycéens est-allemands en 1956. Ciné-Europa


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    La révolution silencieuse

Chronique

« La marge, c’est ce qui fait tenir les pages ensemble.» Jean-Luc Godard

La marge et le plain-pied.

Des supermarchés de l’image qui métastasent dans nos périphéries. Un multiplexe ici (Cernay), un multiplexe là (Wittenheim), un autre en gestation ailleurs (Saint Louis). Et dans notre bonne ville, une artère qui se sclérose tant qu’elle menace d’un infarctus avec, à la clé, un pronostic vital qui risque d’être engagé. Dit autrement, un cinéma de centre-ville qui rejoue le Hollandais volant, bateau ivre avec, au timon, un capitaine fantôme tout à son naufrage. L’état de santé du paysage cinéma de Mulhouse (et environ) laisse un brin songeur sinon inquiet.

Et, en marge et en même temps que de plain-pied : le Cinéma Bel Air. Ni ciné-club, ni intellectuel ni hermétique, il travaille sans relâche à faire œuvre de salubrité publique en proposant des films intelligents et sensibles, légers aussi. Des cinématographies  qui n’ont de cesse que de se battre pour dire et proposer quelque chose de vraiment différent, où l’être humain dans toutes ses altérités, est considéré, pris en compte avec ses complexités, ses contradictions, ses grandeurs et ses décadences. Dans une société qui ne tient qu’à la peur, dans une société qui ne tient que par la peur, cela requiert une bonne dose de courage et de foi pour affirmer cela et, ce faisant, s’affirmer.

Le Cinéma Bel-Air, donc. Aux avant-postes de la défense d’un cinéma curieux qui apparait, pour beaucoup, comme un des rares moyens accessibles d’ouverture sur le monde, d’ouverture au monde, qui autorise le voyager ensemble. Cinéma omnibus. Transports en commun. Un art accessible à tout un chacun, qui appelle la cristallisation, l’agrégation, les liens des idées, des désirs, des uns, des autres, du plus grand nombre voire de tous. Le contre-pied, en somme, de l’étriqué esprit nombril de l’époque. Un cinéma tout prêt à graver sur son fronton, comme d’autres en d’autres temps, d’autres lieux : «cinéma non élitiste mais bandant».

Le Cinéma Bel Air, encore. Avec ses murs trop petits où la projection physique et métaphorique lui est devenue étroite. Avec ses élans auxquels aucune faux lancée ne saurait couper les jarrets. Avec son armée des ombres, ses petites gens de bonne volonté qui ho et hissent et poussent et fondent l’édifice. Toutes prêtes à donner de la voix et du geste pour se manifester, pour dire haut, pour dire fort la nécessité d’espace, de plus de place(s), d’autres salles.

Le Cinéma Bel Air, toujours. Qui s’interroge. Que faudrait-il faire ? Chercher un protecteur puissant ? Prendre un patron, et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce, grimper par ruse au lieu de s’élever par force ? Etc… Qui peut-être s’interroge mais ne doute pas d’être à même de prendre des risques et de relever des paris / défis. Comme celui de faire vivre, croître et prospérer  un ensemble cinéma de plusieurs salles. N’a-t-il pas déjà, en matière d’exploitation cinéma, prouvé son expertise, son savoir-faire, sa pertinence ? N’a-t-il pas déjà bravés quelques vents contraires, grains, et autre coups du sort ? N’est-il pas toujours là, toujours prêt, toujours gai ? Piaffant. Avec sous le bras son beau projet de miniplexe sans complexe Art et Essai qui saura trouver / être la réponse adhoc à la question « Mais qu’arrive-t-il donc au paysage cinéma de Mulhouse ? ».

M.

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