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  • Jour de fête

    Ciné-ma différence / Une comédie burlesque à voir à partir de 7 ans dimanche à 14h15.


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  • Le diable n'existe pas

    Sortie nationale / Un hymne à la liberté et à l'insoumission par Mohammad Rasoulof


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  • La fièvre de Petrov

    Sortie nationale / Un film fiévreux entre fantasme et réalité par Kirill Serebrennikov


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  • Guermantes

    Le dernier film de Christophe Honoré lundi à 20h, en partenariat avec La Filature - Scène nationale.


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Chronique

Arrêt sur image(s).

… Même dans le flux vivant d’un film, une certaine image sera, à un moment ou un autre, plus que d’autres, la tienne, la nôtre. Une image, donc. L’Image. L’ultime persistance rétinienne.  La der des ders qui, avant de nous conclure, viendrait tenter une réponse à la question « Qu’y a-t-il entre nous ? ». On déterminera le nous plus tard et plus tard, nous y répondrons pour le présent, l’imparfait ou le passé simple.  En attendant, un cycle s’achève, comme un festival, une année, une enfilade de jours et de nuits (inégalement répartis, étrangement), qui va venir s’échouer en abandonnant ses rejetons sur la grève, quelques petites choses, peut-être déjà des indices, des signes, des images, les dernières, la tienne, la nôtre qui éclaireront peut-être le  «Qu’y a-t-il entre nous ?». Au présent, à l’imparfait ou au passé simple.

« Qu’y a-t-il entre nous ? » Un collage / montage / rap à la Godard (cf. Le livre d’image), des pièces de puzzle, un maelstrom de touches pointillistes qui formeraient in fine un tableau (L’Image), Satan tout le temps, un regard, des fièvres, des ombres, des jeunes filles en fleur, des ogres, des amants, des enfants, un père. On y trouverait aussi des disparus, des fruits mal défendus, un soleil, une porte, un mur, un autre mur et encore un mur et encore un autre, des fils barbelés aussi, un pont fragile, une traversée et des odyssées, des animaux, des bêtes immondes, des germes, Prévert, des équivoques / ambigüités / malentendus, autant de cailloux dans nos chaussures de lapidaires, des casus belli, de la tectonique et de la dérive, des cris, des crises et des hurlements, des pleurs et des grincements de dents, des no mans land. Y figureraient également et en quantité de la haine arrosée de peur(s) et de fantasme(s), de l’espace et du temps, plus assez d’espace et pas assez de temps, un monolithe jamais très loin, peut-être des pétroglyphes, une roulette russe mais pas que, une dent de lait, des questions qui parcourent l’infinie distance entre nos mondes, des Apocalypses de poche, les coordonnées GPS d’Armageddon, la fin d’une année avant la fin du monde et une parousie peut-être, encore une. Et la lumière dans tout ça ?

Et quand nous nous serons suffisamment retournés, quand nous aurons regardé en arrière tout notre saoul, quand nous aurons étanchée notre soif d’hiers et si nous avons la chance de ne pas nous retrouver pétrifiés, changés en statue de sel, peut-être pourrons-nous, sereins et souriants malgré tout et malgré certains, envisager les temps à venir, d’autres scènes, d’autres images, d’autres répliques, ne pas se faire les avocats des diables ni des dieux et affirmer que le pire n’est de loin pas certain et, à l’instar d’un prophète, de JPII ou d’une mère à son enfant, dire, se dire, confiant : n’aie pas peur, amour ! N’ayez pas peur ! N’ayons pas peur !

M.

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