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Chronique

Le temps des cerises.

Quand reverrais-je, hélas, de mon petit ciné revenir la lumière, et en quelle saison reverrais-je l’écran de ma pauvre salle, qui m’est un continent, et beaucoup davantage ? Voilà donc quelques vers, une comptine que nous avons fredonnée longtemps, trop sans aucun doute.

D’un confinement l’autre, d’un couvre-feu l’autre, plus de 200 (longs voire interminables) jours ont vu notre cinéma portes closes. Nous nous interrogions : à quand la sortie du tunnel ? A quand le printemps ? Pas pour le printemps, pas pour le 20 mars, pour sûr. En avril ? En mai ? A la Saint-Glinglin ? Sine die ? Allez savoir, nous disions-nous, allez savoir. Nous ne savions pas. Au demeurant, qui l’eut su ? Remarquez, faute de grives n’est-ce pas, il restait les grandes surfaces pour se cultiver et se distraire. Ça et la télévision. Et des lieux de culte. Ce qui revenait, quelque part, au même. Cependant, le cœur du cinéma n’a pas cessé de battre, encore et toujours. Au ralenti, certes, mais il battait, loin du coma. Et avec lui son âme. Et tant qu’il y de la vie, n’est-ce pas…. Et nous y voici. Pas de résurrection non, Pâques est passée, plutôt un réveil après un grand sommeil peuplé de rêves. Nous y voici donc, avec une foi intacte en ce mystère qu’est le cinéma, nous y voilà enfin, habités encore d’une foi inébranlable en notre cinéma, prêts à repartir à l’assaut du ciel.

L’année 2020 a été dure, très dure (-20 000 entrées par rapport à 2019), et, même si le pire n’est jamais certain, 2021 le sera probablement tout autant, sinon plus. A voir.

Un cinéma sans spectateurs a autant de raisons d’exister qu’une Juliette sans Roméo, un Charlie sans Chaplin, une Thelma sans Louise, un pain sans copain, un vin sans ivresse, un fromage sans effluves, une nuit sans étoiles… Bref, on l’aura compris : les spectateurs ont manqué, manquent au cinéma comme le cinéma a manqué, manque aux spectateurs. Loin des yeux, loin du cœur ?  Rien n’est moins sûr. Ce manque se conjugue au présent, encore. L’enjeu sera qu’il ne se conjugue pas au futur. Dit autrement, retrouverons-nous nos spectateurs ? Les spectateurs retrouveront-ils le chemin de notre cinéma ? Nous retrouverons-nous les uns les autres, les uns avec les autres ? La question est posée.

Ceci étant, toute cette affaire n’est pas qu’histoire de cinéma, il s’agit également, nous semble-t-il, de vision du monde : tous ensemble face à un grand écran et de la lumière ou chacun pour soi et tous contre tous devant de petits écrans et du vide. Dieu, ou le Diable, reconnaitra les siens.

Le pessimisme étant d’humeur comme l’optimisme de volonté, alors, contraint pour contraint, nous nous sommes employés à faire de ce temps suspendu un moment particulier pour imaginer, réfléchir et travailler à ce que nous voulons pour notre cinéma (de l’espace, encore de l’espace, toujours de l’espace…) d’aujourd’hui et de demain, parce qu’il y a un aujourd’hui et qu’il y aura des demains et les jours qui viennent nous le diront.

M.

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