Films à la demande pour les scolaires

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Sortie nationale / Séance à la demande pour les scolairesRencontre

De GILLES PORTE,NICOLAS CHAMPEAUX avec Winnie Mandela
Documentaire - France - 2018 - VOST -

LE PROCES CONTRE MANDELA ET LES AUTRES GILLES PORTE,NICOLAS CHAMPEAUX

Nelson Mandela aurait eu 100 ans en 2018. Il s’est révélé au cours d’un procès historique qui a duré 9 mois (1963-1964). Mais il n’était pas seul : sept co-accusés (cinq Noirs, un Blanc, un Indien) ont été condamnés avec lui au bagne à perpétuité. Pour faire revivre ce "procès du siècle", jamais filmé, le journaliste Nicolas Champeaux (ex-RFI) et le cinéaste Gilles Porte ont puisé dans 256 heures d’archives sonores numérisées et restaurées par l’INA en 2016 à la demande de l’Afrique du Sud. Un film constitué également d’images d’archives, de séquences d’animations et de témoignages d’anciens compagnons de Nelson Mandela restés plus d’un quart de siècle en prison...

Rencontre avec La Ligue des Droits de l'Homme le vendredi 26 octobre à 20h

Un documentaire exhume les enregistrements du procès emblématique de l’Afrique du Sud de l’apartheid, en 1963-1964, et donne la parole aux derniers survivants. Il y a les voix de ces hommes dans la salle d’audience, sur lesquels plane la mort. Ces voix si proches, étonnamment chaudes. Leur ton déterminé. Leur calme. Dans L’Etat contre Mandela et les autres, documentaire très applaudi lors du dernier festival de Cannes et qui doit être projeté dans les salles françaises en octobre, il est question de violence, de racisme, de lutte armée. A la fin, c’est pourtant l’humanité et la résolution des accusés qui l’emportent. Ces accusés sont ceux du procès de Rivonia, dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. Ils sont dix, dont Nelson Mandela, jugés en raison de leur engagement contre le pouvoir blanc. Certains appartiennent au Congrès national africain (ANC), d’autres pas. Ils savent qu’ils risquent la peine capitale. Ils savent aussi qu’ils sont « du bon côté de l’histoire », comme le dira l’un d’entre eux. Alors ils répondent soigneusement aux accusations. Ils décrivent une partie de leurs intentions (essentiellement des actes de sabotage), admettent vouloir combattre le pouvoir raciste par les armes mais sans faire de victimes, préférant les dynamitages d’infrastructures, la nuit, aux bombes placées au milieu des foules. Ils ont peaufiné, ensemble, leur stratégie pour le prétoire. Ils savent que la pendaison est sans doute au bout du verdict, mais d’ici là, la parole ne leur est pas ôtée. Alors autant faire du banc des accusés une plateforme politique. L’année est 1963. Le procès de Rivonia, du nom d’une ferme au nord de Johannesburg, achetée par des sympathisants communistes pour y établir le quartier général clandestin des partisans de la lutte armée et où la police a effectué un coup de filet ravageur l’année précédente, vient de commencer. Il durera neuf mois et sera enregistré par un procédé technique en vogue à l’époque et disparu depuis, le Dictabelt. Il en subsiste 591 bandes en vinyle bleu, soit 256 heures d’enregistrements, enfermées pendant un demi-siècle au fond des archives, puis sauvées. Cette montagne sonore permet de rendre palpable de façon presque troublante l’intensité de ce moment historique. Les voix, la bande-son de Rivonia, voilà le matériau premier du documentaire de Nicolas Champeaux et Gilles Porte, sa « colonne vertébrale », comme ils disent. Il a fallu une bonne dose de hasards et d’imprévus pour que ce film parvienne à voir le jour. Il a fallu, notamment, que ces enregistrements sortent de la poussière des archives. Les bandes étaient devenues illisibles, faute de machines pour les lire. Une première tentative pour les transcrire sur d’autres formats en avait abîmé certaines. Puis Henri Chamoux, historien et inventeur de l’archéophone, un appareil mis au point pour lire ce matériau fragile sans l’endommager, s’est attaqué au sauvetage des voix de Rivonia. Les bandes bleues sont même devenues un enjeu de coopération entre la France (qui s’est impliquée dans l’opération technique) et l’Afrique du Sud, qui s’est vu transmettre, peu à peu, les heures numérisées de débats, interrogatoires et plaidoiries. Les réalisateurs sont venus plusieurs fois en Afrique du Sud pour interviewer les derniers accusés (ils étaient trois au début du film, puis deux lorsque Ahmed Kathrada est décédé, en mars 2017), leurs avocats et leurs proches. Nicolas Champeaux a été correspondant pour Radio France internationale (RFI) à Johannesburg. Il s’était déjà plongé dans l’histoire saisissante de ces figures de la lutte anti-apartheid. L’enjeu était aussi de voir, à présent, ce que pouvait signifier, pour les survivants de Rivonia, le frisson du retour à ces neuf mois d’épreuves survenues cinq décennies plus tôt. Il s’est alors passé des choses étonnantes. Lors du verdict, en 1964, l’épouse de Nelson Mandela, Winnie, portait ce chapeau cloche bien comme il faut qu’on ne lui verra plus jamais. Rivonia sera sa mutation, sa transformation en héroïne de la lutte, la première fois qu’elle criera « Amandla ! » (« tout le pouvoir »). Elle le raconte, le mime, le vit. Lorsque Nicolas Champeaux et Gilles Porte lui font écouter des bouts d’enregistrement de ce procès qui changea sa vie, elle se met à parler, fiévreusement. A l’écran, on la voit lever le poing avec cette énergie, sa force de conviction solaire. Elle découvre aussi le témoignage à huis clos de Bruno Mtolo, un « sell out » (vendu), camarade retourné par la police, venu témoigner contre les siens. Et elle conclut, avec une tristesse infinie : « Ce fut un choc terrible pour nous. On pensait qu’on pouvait faire confiance à tout le monde. » Ce sera l’un des grands drames de sa vie, également, et, lors de son décès, le 2 avril, l’un des thèmes de discussion autour de son héritage. L’Etat contre Mandela et les autres, où elle fait l’une de ses toutes dernières apparitions, apparaît aussi, au passage, comme un petit traité d’histoire humaine. Ainsi, que penser de Percy Yutar, l’implacable procureur, décédé depuis longtemps dans la honte et l’oubli ? Sa voix est inoubliable. Dure, précise, appliquée. Son fils a accepté, avec courage, d’entendre ce père qui s’était fait la voix de l’apartheid. Il tente de le défendre, explique qu’il était juif, en proie à l’antisémitisme ordinaire de cette époque, qu’il voulait briller. Les arguments s’effondrent. Peut-être David Yutar n’a-t-il jamais saisi ce que l’époque avait fait à des hommes comme son père, ni ce que des hommes comme son père avaient fait à l’époque. Il n’est pas le seul à être submergé par l’émotion. Il y a aussi des larmes dans les yeux des vieillards valeureux qui étaient sur le banc des accusés, confrontés à la douleur-fantôme de ces moments lointains, soudain si proches. Des souvenirs émergent, ils brûlent. Il faut entendre l’interrogatoire d’Ahmed Kathrada, invité à raconter son voyage en Angleterre, avant d’être arrêté, et son émotion le jour où il entra dans un restaurant de Londres et put faire cette chose inédite pour lui : « Commander une tasse de thé. » C’est dans ce procès destiné à déshumaniser les accusés en en faisant des « terroristes » que, justement, éclate leur humanité. Finalement, une fissure s’opère dans la coque des récits héroïques. Car les grands événements de la lutte contre l’apartheid, avec le temps, se sont ossifiés, codifiés, et font partie du discours national. Mais en regardant L’Etat contre Mandela et les autres, on comprend mieux comment les accusés ont fonctionné. Du début jusqu’à la fin du procès, ils ont été soudés en collectif, choisissant de faire de Nelson Mandela leur représentant parce qu’il était le plus brillant orateur, l’autodidacte Walter Sisulu étant moins à l’aise en public alors que sa pensée politique était sans doute le véritable moteur du groupe. George Bizos, l’avocat de Mandela, devenu lui aussi, par effet de proximité, une célébrité de l’histoire sud-africaine, résume : « C’était l’homme sage de l’ANC. Mandela ne prenait aucune décision sans le consulter. » Ce sera donc la vedette Mandela, habitué des salles d’audience, qui prononcera la célèbre déclaration de Rivonia : « Pendant toute ma vie, j’ai combattu la domination blanche et j’ai combattu la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique, dans laquelle tous puissent vivre en harmonie et avec les mêmes opportunités. C’est l’idéal auquel je souhaite consacrer ma vie et voir se réaliser de mon vivant, mais, Votre Honneur, si nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. » Ahmed Kathrada, réfléchissant plus de cinquante ans plus tard à la portée de leur ligne de défense, laquelle ne déviera pas d’un iota pendant tout le procès, a ces mots : « Nous n’étions pas une minorité, nous n’étions pas menacés d’extermination. Cela faisait toute la différence et cela nous donnait de la force. » Pour accompagner les enregistrements sonores avec délicatesse, les réalisateurs ont opté pour une animation à la fois forte, suggestive et toujours discrète. Les lignes de l’illustrateur Oerd van Cuijlenborg tracent des suggestions, des envolées de robe noire de procureur comme le fond de la nuit de l’apartheid. On entend des papiers qu’on rassemble sur un bureau, le bruit de l’eau qui emplit, lentement, un verre sur la table du procureur en train d’attaquer, sans relâche, ces hommes qui ne rompent pas. Le Monde
Séance à la demande pour les scolaires

De divers
Animation - Royaume-Uni/Biélorussie - 2018 - VF -

LA CHASSE A L'OURS

Programme de 3 courts métrages d'animation. Chaussons nos bottes et partons à l’aventure ! Attraper des ours, parcourir des forêts, traverser des rivières… Même en hiver, tout est possible pour nos petits héros intrépides !

Maternelles

Séance à la demande pour les scolaires

De Nora Twomey avec Saara Chaudry, Soma Bhatia, Ali Kazmi, Laara Sadiq, Reza Sholeh
Animation - Canada/Irlande/Luxembourg - 2017 - VF / VOST -

PARVANA

En Afghanistan, sous le régime taliban, Parvana, onze ans, grandit à Kaboul ravagée par la guerre. Elle aime écouter les histoires que lui raconte son père, lecteur et écrivain public. Mais un jour, il est arrêté et la vie de Parvana bascule à jamais. Car sans être accompagnée d’un homme, on ne peut plus travailler, ramener de l'argent ni même acheter de la nourriture. Parvana décide alors de se couper les cheveux et de se travestir en garçon afin de venir en aide à sa famille. Risquant à tout moment d'être démasquée, elle reste déterminée à trouver un moyen de sauver son père.  Parvana est un conte merveilleux sur l'émancipation des femmes et l'imagination face à l'oppression.

A partir du CM1

6èmes : EMC ("Les inégalités face à l'éducation") et Français ("Contes et récits merveilleux")

5èmes : Géographie ("Les inégalités devant l'alphabétisation", "La question de l'accès l'eau").

Sacrée audace que de vouloir raconter la tragédie de l’Afghanistan sous le régime des talibans par le biais d’un film d’animation pour jeune public. L’Irlandaise Nora Twomey — coauteur du superbe Brendan et le secret de Kells, en 2009 — relève brillamment le défi dans son premier long métrage réalisé en solo. Une fable bouleversante, qui trouve toujours la bonne distance entre réalisme et merveilleux. Parvana, 11 ans, est une petite fille aux grands yeux ouverts sur le monde, avide de lectures et de savoir. Son malheur est de vivre en 2001 à Kaboul, alors sous le contrôle des sinistres « étudiants en religion » (signification de « talibans ») du mollah Omar. Au nom d’une prétendue loi de Dieu, les Afghanes n’ont pas le droit de sortir sans être accompagnées par un homme… Un jour, le père adoré de Parvana, ancien professeur devenu vendeur à la sauvette et écrivain public pour survivre, est arrêté sans motif par les « barbus ». Dès lors, impossible pour la fillette de travailler ni même d’aller sur le marché pour acheter de la nourriture. Parvana décide de se couper les cheveux et de se travestir en garçon pour venir en aide à sa famille… Le scénario, basé sur les témoignages de réfugiés afghans rencontrés au Pakistan, chronique la vie sous le joug taliban avec une âpreté inattendue. La tension est permanente — une action aussi banale qu’aller chercher de l’eau au puits se transforme en danger mortel. Les traces de la guerre sont partout, avec les maisons en ruine, les carcasses de chars, et une poussière omniprésente qui recouvre Kaboul comme un linceul. Les rondeurs du dessin, aux traits volontairement naïfs, contrastent intelligemment avec la violence des situations vécues par Parvana. La belle idée de Nora Twomey est d’ouvrir ce récit, parfois éprouvant, vers la fantaisie. Pour s’évader de sa maison devenue prison, Parvana raconte à son petit frère la légende de Souleymane, un prince chevaleresque aux prises avec un roi éléphant cruel — un combat fantasmagorique qui fait écho à la propre lutte des Afghans contre l’oppression. La réalisatrice l’illustre à la manière des enluminures persanes, avec une frénésie de couleurs qui triomphe de la noirceur du quotidien. Elle signe un plaidoyer pour la culture et pour la mémoire, sources de résistance à l’obscurantisme. Et un éloge vibrant de l’imaginaire qui nous console de la réalité, tout en nous inspirant pour la rendre meilleure…Télérama
Séance à la demande pour les scolaires

De Bonni Cohen, Jon SHENK avec Al Gore
Documentaire - Etats-Unis - 2017 - VF / VOST -

UNE SUITE QUI DERANGE : LE TEMPS DE L'ACTION

L’ex vice-président Al Gore poursuit infatigablement son combat en voyageant autour du monde pour former une armée de défenseurs du climat et exercer son influence sur la politique climatique internationale.  Les caméras le suivent en coulisse, saisissent des moments publics et privés, drôles et émouvants :  alors que les enjeux n’ont jamais été aussi importants, il défend l’idée que les périls du changement climatique peuvent être surmontés par l’ingéniosité et la passion des hommes.

Lycéens

Un sequel plus abouti, qui ne transige jamais sur l’importance politique et citoyenne dans la lutte contre le réchauffement climatique, tout en offrant à la pédagogie l’émotion qui manquait à la première mise en garde cinématographique d’Al Gore. Après ses débuts à Sundance, en janvier 2017, puis son passage à Cannes, le documentaire Une suite qui dérange : le temps de l’action entreprend un tour du monde des salles qui tombe à point pour redorer le blason de la COP21 aux yeux des sceptiques, et ainsi éclabousser un peu plus l’opportunisme et la vision à court terme du président Donald Trump. Ce dernier ne s’est-il pas empressé, à son arrivée au pouvoir, de mettre un climato-sceptique à la tête de l’agence environnementale ? De défaire les décisions de son prédécesseur, notamment en imposant la soustraction américaine de l’accord de Paris, allant à l’encontre d’un consensus des chefs d’État de la planète inédit sur ces questions environnementales ? Décidé avant l’avènement du clown de la télé-réalité, ce sequel d’Une Vérité qui dérange (2006), qui faisait suite aux deux désastreux mandats de George W. Bush, sur les questions écologiques (on évitera de parler du reste), invite le spectateur à se réapproprier les enjeux citoyens universels, qu’aucun ogre au monde ne peut, ou du moins ne doit contrecarrer. Il est donc temps de passer à l’action. Al Gore, respectable narrateur de ce film, que l’on voyait encore en novembre 2016 auprès de Leonardo DiCaprio, son jeune apôtre, dans le docu Before the Flood, assène une fois de plus son discours d’action, et non plus de prévention, celui qu’il brandit depuis le début des années 90, avec ferveur, mais aussi avec la retenue des grands hommes politiques, c’est-à-dire jamais dans l’excès, la désinformation ou le sensationnalisme. No Fake News, c’est promis, juré, craché sur la tombe des imposteurs. Celui qui fut vice-président de Clinton et promis au poste de président des USA (l’ancien homme politique perdit à quelques voix près dans un État clé, défaite que l’on peut estimée a posteriori comme l’une des plus funestes pour l’histoire des XXe et XXIe siècles), a rangé ses habits de politicien pour ceux de ponte de l’écologie, moins gourou qu’influenceur essentiel qui a su garder des connexions avec les grands de ce monde, dans les domaines qui comptent : la politique, l’industrie, l’humanitaire. a méthode ? Le mot, la pédagogie. Il prêche la bonne parole écologique d’État en État, de pays en pays, lors de séminaires aux quatre coins du monde, où ses élèves sont chargés de trouver les arguments à répandre et semer au gré du vent, pour vaincre l’obscurantisme d’une vision passéiste du capitalisme qui place forcément les énergies fossiles au cœur du moteur économique. Véritable ode à Al Gore, Une suite qui dérange pourrait presque s’apparenter à l’apologie d’un illuminé religieux si, la personnalité mesurée, mais néanmoins extrêmement obstinée dans sa dévotion, du Démocrate n’évitait pas les parallèles lourds avec la Bible (ici-et-là, une référence, mais rien de bien chargé). Gore est américain, mais avant tout un citoyen du monde qui comprend les enjeux géo-politiques, la complexité des problématiques liées à l’industrialisation (voir ses efforts en coulisses, dans la dernière partie du film, lors de la COP21, pour convaincre l’Inde d’adhérer au projet de réduction des émissions de CO2). Son cours ne se résume pas à rabâcher des leçons ; son talent d’orateur, il le place dans une réflexion personnelle où chacun est amené à redéfinir son comportement à la planète et à l’autre. Contrairement au film de 2006, plutôt rasoir, Une Suite qui dérange trouve cette fois-ci le ton juste, manifestant de l’émotion quand il le faut. Les nombreux inserts de vidéos spectaculaires démontrant la multiplication des catastrophes naturelles ne versent pas dans la pornographie du bon sentiment, ils sont toujours accompagnés des termes justes pour replacer les grands désastres de ce XXIe siècle dans leur contexte (la crise des migrants, par exemple, avec un retour providentiel sur la crise climatique en Syrie). L’émoi d’Al Gore, le soir d’une intervention à Paris, un vendredi 13 novembre 2015, n’est pas feinte. Lui, à l’instar des documentaristes Bonni Cohen et Jon Shenk, ne se situe pas dans le pathos, ni dans la naïveté qui entachait le discours de son compatriote Leonardo DiCaprio, dont on avait l’impression qu’il découvrait le monde en 2016. Nourri de ses échecs politiques et face à la perspective d’un basculement inexorable vers des décisions politiques toujours plus suicidaires, Al Gore, plus combatif que jamais, convainc dans un film qui, s’il n’apprendra rien de nouveau à ceux qui adhéraient déjà à ses thèses, permet une incursion inédite dans la conférence de Paris et ses confidences. Il permet également de mieux appréhender l’obstacle Donald Trump par ceux qui agissent de l’intérieur. Remarquablement équilibrée dans son dosage entre pédagogie et émotion, cette invitation à l’action est surtout le manifeste d’un homme de l’establishment, mais néanmoins insoumis dans sa cause, qui saura convaincre les plus dubitatifs et les plus récalcitrants, tout en offrant une sérieuse base de réflexion pour les générations à venir. Avoir-alire
Séance à la demande pour les scolaires

De DAMON GAMEAU avec Damon Gameau,Brenton Thwaites,Isabel Lucas,Stephen Fry,Jessica Marais,Hugh Jackman
Documentaire - Australie - 2014 - VF / VOST -

SUGARLAND

Le sucre est partout ! Toute notre industrie agroalimentaire en est dépendante. Comment cet aliment a pu s’infiltrer, souvent à notre insu, au cœur de notre culture et de nos régimes ?  Damon Gameau se lance dans une expérience unique : tester les effets d’une alimentation haute en sucre sur un corps en bonne santé, en consommant uniquement de la nourriture considérée comme saine et équilibrée.  A travers ce voyage ludique et informatif, Damon souligne des questions problématiques sur l’industrie du sucre et s’attaque à son omniprésence sur les étagères de nos supermarchés !  SUGARLAND changera à tout jamais votre regard sur votre alimentation.

Lycées

Sur le modèle de Super size me, de Morgan Spurlock, qui avait mangé au McDo matin, midi et soir pendant un mois, l’athlétique réalisateur australien de Sugarland s’est infligé un régime riche en sucre pendant soixante jours. Sans sodas, glaces ou confiseries. En avalant uniquement des aliments considérés comme sains : yaourts 0 %, barres de muesli, céréales peu sucrées, smoothies, jus de fruits, plats cuisinés light… Suivi par une équipe de médecins et de scientifiques qui témoignent, astucieusement incrustés sur les emballages ou du fond de son frigo, le cobaye prend 11 centimètres de bide et dénonce, avec humour mais virulence, les ravages de l’industrie sucrière sur notre santé. Servi par une mise en scène très ludique, jamais culpabilisant malgré ses révélations anxiogènes, ce documentaire d’un citoyen éclairé mériterait d’être classé d’utilité publique. Télérama
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De Cyril DION
Documentaire - France - 2015 - VOST -

DEMAIN Cyril DION

Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ? Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l'éviter. Durant leur voyage, ils ont rencontré les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain…

Lycées

De l'écologie sur grand écran, on a longtemps connu des visions cataclysmiques — cris d'alarme et discours culpabilisants. Demain, documentaire cosigné par Mélanie Laurent et Cyril Dion, cofondateur du mouvement Colibris (avec Pierre Rabhi), adopte le parti inverse. Sus au sentiment d'impuissance né de la multiplication des constats dramatiques — raréfaction des ressources, crise des écosystèmes, péril du réchauffement climatique ! Il est, pour une fois, question de redonner espoir, d'inspirer, de semer des grai­nes dans les esprits car « partout dans le monde, des solutions existent » : monnaies locales, jardins communautaires, entreprises coopératives, nouveaux types de gouvernance démocratique ou d'éducation bienveillante... Chacun a sa place dans le changement social. ­ Passons sur une esthétique pub parfois agaçante, l'efficacité du propos l'emporte. Et ses « héros » : pas de bon documentaire sans bons personnages. Parmi eux, le Britannique Rob Hopkins impose son humour et son esprit incisif. Professeur de permaculture, il a lancé, en 2006, le mouvement Villes en transition à Totnes, dans le sud de l'Angleterre, pour sensibiliser ses habitants au problème du pic pétrolier et organiser, sur place, un basculement dans une autre ère énergétique et économique. Sorte de détox à l'usage de citoyens abreuvés à l'idéologie de la croissance, une telle « transition », aujourd'hui présente dans plus de cinquante pays, répand un nouvel optimisme autour de délibérations locales, de révolutions minuscules et de micropolitiques qui permettent d'avancer, loin des radars... Autant de « Nous pouvons le faire ! » qui infusent le film de bout en bout. — Télérama
Séance à la demande pour les scolaires

Pièce de Jean Racine Mise en scène de Stéphane Braunschweig avec Dominique Blanc
France - 2018 - 2h

BRITANNICUS

Véritable tissu d'intrigues entre professionnels de la politique où se mélangent histoires intimes, amoureuses et familiales, cette tragédie est le récit d’une prise de pouvoir et la métamorphose d'un homme, Néron, en tyran….
Avec cette pièce de Racine, maître de la tragédie classique, Stéphane Braunschweig revisite le passé à l’aune du présent : regard affûté qui renouvelle la lecture des textes pour nous les faire réentendre, respect absolu des mots et de l’auteur, vision de l’espace où se déploie le verbe. a

Séance à la demande pour les scolaires

Pièce de Marivaux - Mise en scène de Clément Hervieu-Léger
France - 2018 -

LE PETIT MAITRE CORRIGE

L’histoire est celle d’un jeune Parisien à qui ses parents ont trouvé un bon parti, fille de comte, en province. Mais à son arrivée chez eux, le beau garçon – dont les codes parisiens sont à mille lieues des règles de bienséance en vigueur dans cette famille – refuse d’ouvrir son coeur à la charmante personne qui lui est destinée. Piquée, cette dernière décide de le corriger de son arrogance…


« La notion de petit-maître peut nous sembler bien étrangère, mais ne connaissons-nous pas, nous aussi, de jeunes élégants et élégantes, aux manières affectées ou prétentieuses, pour qui la mode est le seul guide ? Si on le caricaturait un peu, c’est ce que l’on appellerait aujourd’hui un fashion addict. » À travers cette pièce de Marivaux dont la langue est toujours « aussi fine, juste et pleine d’humour », Clément Hervieu-Léger met ici le XVIIIe siècle en résonance avec notre époque…

Séance à la demande pour les scolaires

Pièce de William Shakespeare - Mise en scène de Eric Ruf avec Claude Mathieu, Christian Blanc, Christian Gonon
France - 2018 - 3h

ROMEO ET JULIETTE

À Vérone, une rivalité ancestrale oppose Capulet et Montaigu. Lorsque Roméo Montaigu rencontre Juliette Capulet naît immédiatement entre eux un amour dont ils savent l’éternité et pressentent la fin tragique…

 

Roméo et Juliette est sans doute l’œuvre la plus connue de Shakespeare. Elle est devenue, au fil du temps et des multiples adaptations dont elle a été l’objet, l’incarnation de l’histoire d’amour absolue. Cette tragédie qui recèle de savoureux moments de comédie est une pièce de contrastes entre la naïveté d’adolescents éperdus et la violence programmée des Montaigu et des Capulet qui ensanglantent Vérone.

Sortie nationale / Séance à la demande pour les scolaires

De Juan Antin avec Andrea Santamaria, India Coenen, Saïd Amadis, Marie-Christine Darah, Alex Harrouch
Animation - France - 2018 - VF -

Pachamama Juan Antin

Tepulpaï et Naïra, deux petits indiens de la Cordillère des Andes, partent à la poursuite de la Pachamama, totem protecteur de leur village, confisqué par les Incas. Leur quête les mènera jusqu’à Cuzco, capitale royale assiégée par les conquistadors.

En plus de sortir des sentiers battus sur les plans esthétique et culturel, Pachamama délivre un message écologiste sincère et humaniste, sans prendre les enfants pour des crânes à bourrer, ni les adultes pour des pollueurs invétérés, mais en faisant au contraire appel à leur intelligence et à leur sensibilité. Remarquable. Les studios Folivari avaient déjà frappé fort en 2017 avec leur premier long-métrage, Le Grand Méchant Renard et autres contes, qui obtint le César du meilleur film d’animation l’année suivante. Ce qui fait toute l’originalité et toute la singularité des productions Folivari, c’est cette capacité à dépasser la nature, d’ordinaire très enfantine, des dessins animés destinés à divertir le jeune public, pour leur faire emprunter un chemin plus philosophique et moraliste, mais pas moralisateur. Pachamama s’inscrit dans ce même principe : ce conte initiatique raconte la persécution d’un petit village précolombien par l’Empire Inca. Les villageois, guidés par un chaman, vivent une vie d’agriculture, rendant une partie de leurs récoltes à Pachamama, leur divinité, priant leurs ancêtres qui veillent sur eux, tandis que les Incas, qui n’ont d’intérêt que pour l’or et les biens matériels, viennent piller leurs terres à la recherche de fortune, allant jusqu’à confisquer la Huaca, l’idole du village. N’écoutant que leur courage, Tepulpaï, un jeune garçon arrogant et égocentrique, et Naïra, une fille un peu trop sage, se lancent à sa recherche. La dualité spiritualisme/matérialisme est signifiée par l’intrigue et l’image : les villageois sont représentés tout en rondeur, parlent très calmement. À l’inverse, les visages et les habitations des Incas apparaissent triangulaires, carrés, rectangulaires, des formes géométriques plus rigides. Pachamama n’est pas qu’un film menant une réflexion sur le respect de la Nature et les excès du matérialisme et du productivisme. C’est aussi une œuvre en forme de quête de soi pour les deux héros qu’il met en scène : au contact du chaman, des Incas et de l’Observateur des ombres, Tepulpaï apprend la bravoure, la sagesse et l’humilité ; de son côté, Naïra apprend à désobéir et à penser et agir par elle-même. Dans Pachamama, les enfants grandissent et s’émancipent, comme seront amenés à le faire les jeunes spectateurs venus assister à leurs aventures. Difficile de déterminer, a priori, là où les techniques d’animation utilisées pour donner forme aux images. Est-ce de l’animation 2D traditionnelle ? De l’animation en volume ? De l’animation 3D ? De papier découpé ? Il s’agit en fait d’animation 3D à rendu 2D, pour conserver la rondeur et l’authenticité des poteries et statues précolombiennes, ainsi que la dimension artisanale du cinéma d’animation. Le réalisateur argentin Juan Antin alterne habilement séquences réalistes, tendres, sages, parfois dures, et d’autres oniriques, contemplatives, pour le plaisir des yeux… mais aussi des oreilles. La musique originale de Pierre Hamon, spécialiste des musiques anciennes, médiévales, baroques et de la Renaissance, est jouée directement avec des instruments de lère précolombienne : des flûtes de pan et des vases à eau en terre vieux de deux ou trois mille ans, rythment de mélodies chaudes et envoûtantes, aux accents latino-américains, les péripéties de ce film court et cependant très riche, fort d’un scénario simple et efficace, d’un discours pertinent, et d’une animation techniquement éclatante. Avoir-alire
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De Katarína Kerekesová avec Jeanne Lichou, Eric Lichou, Eddy Frogeais, Anouck Montreuil, Geneviève Le Meur
Animation - Slovaquie - 2018 - VF -

Mimi & Lisa, les lumières de Noël Katarína Kerekesová

Timide et non-voyante, Mimi perçoit le monde différemment grâce à ses autres sens. Lisa, sa voisine délurée, est toujours prête à provoquer des situations amusantes. Les deux petites filles reviennent dans ce nouveau programme de 4 courts métrages afin de nous faire vivre la magie de Noël, avec l'imagination pour seule frontière.

Quatre courts-métrages pédagogiques à destination du jeune public. Deux ans après la sortie de leurs premières aventures au cinéma, la timide Mimi, non-voyante, et son extravagante amie Lisa sont de retour pour quatre nouvelles aventures. On y retrouve un univers visuel riche et très travaillé, où le mouvement du dessin animé en 2D est esthétiquement très proche du papier découpé. C’est épuré et coloré. À l’approche des fêtes de fin d’année, c’est principalement autour de la thématique de Noël que se structure principalement ce petit programme. Nos héroïnes fêtent la fin de l’automne avec une étrange course de vers de terre, s’exercent à la pâtisserie – peut-être pour faire une bûche – en mettant un peu trop de Monsieur Levure dans leur préparation, faisant gonfler leur gâteau jusqu’à ce qu’il remplisse toute la cuisine, et s’en vont au pays des jouets pour sauver un vieux chien abandonné, qui pourrait bien servir de guide à Mimi. Enfin, le dernier film, Les Lumières de Noël, donne à voir joliment et tendrement ce qu’est la fête de Noël, à travers l’odeur du pain d’épice, la décoration du sapin, la lumière des guirlandes électriques et les batailles de boules de neige. L’habile mélange entre le réalisme et l’imaginaire loufoque des deux petites filles embarquant dans de surprenantes péripéties permet d’apprendre la tolérance, le vivre ensemble et la solidarité tout en s’amusant. Tout en s’évadant. Avoir-alire
Séance à la demande pour les scolaires

De Michel Ocelot
Aventure Animation - France - 2018 -

DILILI A PARIS

Dans le Paris de la Belle Epoque, en compagnie d'un jeune livreur en triporteur, la petite kanake Dilili mène une enquête sur des enlèvements mystérieux de fillettes. Elle va d'aventure en aventure à travers la ville prestigieuse, rencontrant des hommes et des femmes extraordinaires, qui l'aident, et des méchants, qui sévissent dans l'ombre. Les deux amis feront triompher la lumière, la liberté et la joie de vivre ensemble.

A noter : hommage à Michel Ocelot pendant le festival Les petites bobines du 9 au 24 février. L'occasion de voir ou revoir Kirikou et la sorcière, Azur et Asmar, Dilili à Paris et quelques autres.

Toujours en quête d’innovations visuelles et esthétiques, Michel Ocelot suit les aventures mouvementées d’une fillette Noire à la Belle Époque avec un travail pictural en hommage aux tableaux de maîtres. On le connaît bien, Michel Ocelot. C’est le septuagénaire qui nous a offert quelques-uns des plus beaux films d’animation français : Kirikou et la sorcière, Azur et Asmar, Princes et princesses… C’est celui qui n’a eu de cesse de renouveler en permanence son cinéma, explorant de nouveaux horizons esthétiques. Kirikou et la sorcière témoignait le premier de sa formidable capacité de jouer avec la géométrie des espaces et la profondeur des décors dans lesquels il fait évoluer ses personnages. Dans Azur et Asmar, Ocelot joue de textures et de couleurs dans une esthétique irréprochable. Dans Princes et princesses, c’est la beauté des profils et des ombres qu’il fait surgir aux yeux des spectateurs par l’utilisation du papier découpé. Dilili à Paris réserve aussi son lot d’autoréférences, de surprises et d’innovations. Nous sommes dans le Paris de la Belle Époque. Tout semble aller pour le mieux. Enfin pas tout à fait pour Michel Ocelot. Quelque chose le gêne dans cette « belle époque » : il n’y a que des Blancs et, comme en témoigne la séquence d’ouverture du film, le racisme est omniprésent puisque les Noirs sont exhibés au public dans le cadre de musées anthropologiques. Pourtant, lorsque Dilili ouvre la bouche, force est de reconnaître que certains parisiens identitaires et nationalistes peuvent aller se rhabiller, comme le découvre Orel, jeune conducteur de triporteur : « Toi comprendre moi ? » lui demande-t-il. Et Dilili de lui répondre par l’affirmative avec une syntaxe parfaite. Rien d’étonnant à cela puisqu’elle a eu Louise Michel comme professeure (sans blague). Mais sa condition de Noire ne lui a jamais permis de vivre en petite fille libre, aussi intelligente soit-elle. Dilili rêve de découvrir Paris, Orel décide donc de lui faire visiter la ville à l’aide de son triporteur. Une complicité joyeuse, pleine d’humour et de tendresse, va naître et grandir entre ces deux-là. En réunissant à l’écran un adolescent issu des classes populaires et une petite fille noire, Ocelot, comme à son habitude, transcende les tensions culturelles pour les réunir dans leur diversité et leur communauté. Les classes sociales se rencontrent et se mélangent : voir la complicité entre Dilili et la cantatrice Emma Calvé. Des hommes remplis de préjugés finissent par revoir leur jugement vis-à-vis des personnes de couleur, comme Lebœuf, le chauffeur d’Emma Calvé. Mais Dilili à Paris se veut également un film féministe, à l’heure où les débats s’enchaînent sur la cause des femmes, les questions de harcèlement sexuel et de violences conjugales. En effet, quelque part dans les égouts de Paris se trame un terrifiant complot : des petites filles sont enlevées pour servir le terrible dessein d’une bande de suprématistes masculins : les Mâles-Maîtres. N’écoutant que son courage, son audace et son culot, Dilili décide de mener l’enquête, aidée par Orel, Emma Calvé et bien d’autres. C’est que Michel Ocelot met en scène son film à une époque où le machisme et le patriarcat dominaient le paysage sociétal, renvoyant par là-même aux thèmes et à l’esthétique du cinéma classique français – celui de Jean Renoir et de Marcel Carné –, plantant une étoile au milieu d’un réel dont les violences et les inégalités se parent de beaux habits, de voitures confortables et de vastes appartements. En grand innovateur, Ocelot surprend une fois encore, les plans de Dilili à Paris étant composés à la fois de dessins originaux et de véritables photographies en prises de vues réelles, qui rappellent au spectateur que le cinéma est fondamentalement un art de lumières, d’images, de montage et de trucages. Il y a fort à parier que ce road trip policier, techniquement très maîtrisé et teinté de poésie et d’humanité, sera considéré, à juste titre, comme le film d’animation événement de ce début d’automne. Avoir-alire

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