Films à la demande pour les scolaires

Nous contacter au 03 89 60 48 99 ou cinebelair@wanadoo.fr
pour réserver les séances.

Sortie nationale / Séance à la demande pour les scolaires

De Samuel Collardey avec Anders Hvidegaard, Asser Boassen, Thomasine Jonathansen, Gert Jonathansen, Julius B. Nielsen
Comédie Dramatique - France - 2017 - VOST - 01h34

UNE ANNEE POLAIRE

Pour son premier poste d’instituteur, Anders choisit l’aventure et les grands espaces: il part enseigner au Groenland, à Tiniteqilaaq, un hameau inuit de 80 habitants. Dans ce village isolé du reste du monde, la vie est rude, plus rude que ce qu’Anders imaginait. Pour s’intégrer, loin des repères de son Danemark natal, il va devoir apprendre à connaître cette communauté et ses coutumes.

Anders Hvidegaard était programmé pour reprendre la ferme de ses parents au Dane­mark — n’est-elle pas dans la famille ­depuis huit générations ? Mais, à 20 ans et des poussières, le grand gaillard rêve d’une autre vie, du grand large. Il se porte candidat à un poste d’instituteur au Groenland. Le rectorat lui propose une classe à Nuuk, la capitale du ter­ritoire. Mais quand on part vivre à 3 500 kilomètres de chez soi, autant profiter du dépaysement au maximum. Anders demande donc sa mutation sur la côte est de l’île, plus sauvage, dans le village de Tiniteqilaaq, quatre-vingts habitants, dont une quinzaine d’écoliers turbulents… Samuel Collardey avait fait sensation dès son premier long métrage, L’Apprenti (prix Louis-Delluc du premier film 2008), tourné dans une ferme de Franche-Comté. Une année polaire confirme son attirance pour les communautés isolées, au contact de la nature. Et pour le mélange fécond entre documentaire et fiction. Anders est interprété (plutôt bien) par le vrai « instit » de « Tinit », qui revit, devant la caméra, son installation mouvementée et sa première année scolaire au bord de la banquise. Ses élèves et les autres villageois, eux aussi dans leur propre rôle, lui donnent la réplique avec un naturel étonnant. La découverte d’un mode de vie si éloigné du confort européen et la difficulté d’enseigner à des enfants dont on ne parle pas la langue produisent de savoureux effets comiques. Mais Samuel Collar­dey sait aussi se montrer plus grave pour rappeler, à travers quelques répli­ques bien senties, que le Groenland reste une colonie. Avec tous les rapports de domination et d’humiliation que cela implique pour les Inuits, privés de tous les postes à responsa­bilité sur leur terre natale au profit des Danois. Belle idée de scénario, l’apprentissage de l’instituteur se double d’un autre récit initiatique. On suit le quo­tidien d’Asser, adorable gamin qui fait l’école buissonnière pour apprendre à pêcher le saumon ou à chasser le pho­que avec son grand-père. Le ­réalisateur filme cette transmission d’une culture traditionnelle menacée par la modernité avec beaucoup de tendresse et de complicité. Avec émotion aussi, quand la fiction pure prend le pas sur la réalité, le temps de deux scènes d’en­terrement très fortes. Sur la fin, la chronique paisible se transforme même en grand film d’a­ventures. Anders, Asser et leurs deux guides partent plusieurs jours en traîneau à chiens pour chasser l’ours blanc dans les montagnes. Le convoi traverse des paysages somptueux, fran­chit, péniblement, un col recouvert d’une neige immaculée, avant de se ­retrouver bloqué par la tempête : il faut de toute urgence construire un igloo dans la fureur du blizzard. Ce n’est plus, alors, un Etre et avoir chez les Inuits, façon Nicolas Philibert, que propose Samuel Collardey, mais un hommage réussi à Nanouk l’Esquimau, la première « fiction du réel » de l’histoire du cinéma. Télérama
Séance à la demande pour les scolaires

De Lars Kraume avec Leonard Scheicher, Tom Gramenz, Lena Klenke
Dramatique - Allemagne - 2017 - VOST - 1h51

LA RÉVOLUTION SILENCIEUSE / DAS SCHWEIGENDE KLASSENZIMMER

Allemagne de l'est, 1956.

Kurt, Theo et Lena ont 18 ans et s'apprêtent à passer le bac. 
Avec leurs camarades, ils décident de faire une minute de silence en classe, en hommage aux révolutionnaires hongrois durement réprimés par l'armée soviétique. Cette minute de silence devient une affaire d'Etat. Elle fera basculer leurs vies. 
Face à un gouvernement est-allemand déterminé à identifier et punir les responsables, les 19 élèves de Stalinstadt devront affronter toutes les menaces et rester solidaires.

Lycées - Allemand/histoire

Sortie nationale / Séance à la demande pour les scolaires

De Nora Twomey avec Saara Chaudry, Soma Bhatia, Ali Kazmi, Laara Sadiq, Reza Sholeh
Animation - Etats-Unis/Canada/Irl./Lux./Egypte - 2017 - VF / VOST - 01h34

PARVANA

En Afghanistan, sous le régime taliban, Parvana, onze ans, grandit à Kaboul ravagée par la guerre. Elle aime écouter les histoires que lui raconte son père, lecteur et écrivain public. Mais un jour, il est arrêté et la vie de Parvana bascule à jamais. Car sans être accompagnée d’un homme, on ne peut plus travailler, ramener de l'argent ni même acheter de la nourriture. Parvana décide alors de se couper les cheveux et de se travestir en garçon afin de venir en aide à sa famille. Risquant à tout moment d'être démasquée, elle reste déterminée à trouver un moyen de sauver son père.  Parvana est un conte merveilleux sur l'émancipation des femmes et l'imagination face à l'oppression.

Savant cocktail d’humour et de gravité, de dureté et de tendresse, jamais moraliste ou complaisant, le second long-métrage de Nora Twomey est une réussite tant dans la forme que le fond. La censure, les interdictions de tournage, de distribution, d’exploitation de certains films nous rappellent que le monde du cinéma n’échappe pas aux dictatures des pays rigoristes. Au dernier Festival de Cannes, Jafar Panahi est parvenu, une nouvelle fois, à inscrire son dernier film, Trois visages, en compétition, malgré son interdiction de tourner et de quitter le territoire iranien. Mais en s’attaquant directement au cinéma, à la littérature, à l’art en général, c’est contre la Culture tout entière que ces régimes autoritaires mènent une guerre sans merci. Guerre contre laquelle s’engage le film de Nora Twomey, Parvana, une enfance en Afghanistan, adapté du roman de l’écrivaine canadienne Deborah Ellis. À travers le combat de sa jeune héroïne adolescente, obligée de se travestir en garçon pour travailler et subvenir aux besoins de sa famille après que son père ait été arrêté par les talibans, c’est un bien plus grand combat pour lequel cette œuvre s’engage : celui de la culture contre la barbarie et l’ignorance. Parvana, son père Nurullah, sa mère Jan, sa grande sœur Soraya et son petit frère Zaki forment une famille heureuse, soudée et… instruite. Nurullah s’emploie depuis toujours à raconter à ses enfants l’Histoire de leur pays, leur apprend à écrire et à lire des contes pour s’émanciper. Grossière erreur ! Les talibans préfèrent les femmes soumises, peu éduquées, bonnes à servir leur mari et à s’occuper des enfants et du foyer. Les couleurs du dessin ont beau être chaudes, le jaune pâle prédominant, la ville de Kaboul n’en est pas moins gangrénée par l’islamisme radical, et la douce lumière du soleil se trouve bien souvent cachée, ternie et assombrie par des couleurs froides et sombres, du kaki au gris en passant par le marron. Nurullah est arrêté et emprisonné pour possession de livres interdits et pour avoir éduqué les femmes de son foyer. Digne héritière de la philosophie humaniste et pacifiste de son père, oppressée socialement, maltraitée physiquement, Parvana n’en est pas moins libre dans sa tête et son corps. Le récit glisse peu à peu dans la subversion de genre et de l’identité lorsqu’elle décide de se couper les cheveux et d’enfiler les vêtements de son frère aîné Suleyman, mort il y a des années, pour travailler et gagner de l’argent, aidée par son amie d’école Shauzia, devenue elle aussi un garçon. Ainsi, plutôt que de le dénoncer directement et ouvertement, le film contourne le machisme et la misogynie islamiques pour mieux les frapper au cœur, prônant le féminisme et l’émancipation du deuxième sexe. Si Parvana est un garçon à la ville, seul moyen pour elle de se libérer de l’oppression patriarcale, elle redevient une fille une fois rentrée chez elle. Et surtout, une sœur. Le soir, pour apaiser son petit frère Zaki, elle lui raconte à voix haute les aventures de Suleyman, un jeune garçon bravant tous les dangers pour aller récupérer les récoltes de son village dérobées par un méchant roi éléphant. Cette histoire nous est contée à l’écran, comme celles de Nurullah au début du film. Le traditionnel dessin en 2D laisse alors sa place à des séquences d’animation en papier découpé, qui font basculer la diégèse dans un monde bien plus onirique, bien moins dangereux, où tout est possible puisqu’il suffit de l’imaginer et de le raconter, en même temps qu’elles traduisent visuellement, matériellement, la frontière entre le rêve et la réalité, entre la guerre et la paix, entre la soumission et la liberté. L’imagination et la culture forment ici un refuge sûr et fort contre la violence et la barbarie. Plantant une étoile au milieu du réel comme les grands écrivains surréalistes, un pied sur la terre ferme, l’autre dans les nuages, Parvana, une enfance en Afghanistan est un beau film d’animation, réaliste, lucide, mais aussi politique, poétique, et empreint d’espoir. Avoir-alire

Prochainement