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Films à la demande pour les scolaires

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    Séance à la demande pour les scolaires

    De MICHEL OCELOT avec Sofia Boutella, Hiam Abbass, Patrick Timsit, Cyril Mourali, Karim M'Ribah Animation - France - 2006 - - 1h39

    AZUR ET ASMAR

    Il y a bien longtemps, deux enfants étaient bercés par la même femme. Azur, blond aux yeux bleus, fils du châtelain, et Asmar, brun aux yeux noirs, fils de la nourrice. Elevés comme deux frères, les enfants sont séparés brutalement.Mais Azur, marqué par la légende de la Fée des Djins que lui racontait sa nourrice, n'aura de cesse de la retrouver, au-delà des mers. Les deux frères de lait devenus grands partent chacun à la recherche de la Fée. Rivalisant d'audace, ils iront à la découverte de terres magiques, recelant autant de dangers que de merveilles...

    Intelligent, grandiose et foisonnant, l’art du sublime revu par Michel Ocelot, le papa de Kirikou. Si vous ne deviez voir qu’un film d’animation cette année, assurez-vous que cela soit Azur et Asmar. Cette ode à la réconciliation des peuples, généreuses dans ses propos, se veut contemporaine en ces temps de frictions exacerbés entre le Moyen-Orient et l’Occident, et ce malgré ses allures de conte ancestral féerique. Didactisme humaniste et merveilleux s’épousent dans un récit d’aventure riche en rebondissements et enchantements. Azur et Asmar réinvente la magie au cinéma. Celle-ci est de chaque plan, poétique, épique, majestueuse et divine. Elle imprègne chaque image du métrage dont la pureté esthétique et narrative nous renvoie aux aux plus grands conteurs de l’histoire (Walt Disney, l’homme, en étant le représentant le plus éminent au cinéma). Cet infini voyage dans le sublime exalte ses couleurs et la noblesse d’âme de ses deux protagonistes adolescents, puisant son inspiration dans le meilleur des contes des Mille et une nuits. Déployant une foison de décors grandioses et imposants à la texture et à la composition alambiquées, Michel Ocelot, à qui l’on doit les deux Kirikou, semble avoir dompté l’animation 3-D pour en faire un outil d’artisan, qui a su lui apporter minutie et pureté à une échelle encore inédite à l’écran. Cette grande fresque du désert, peuplée de princesses, de djinns, de fées, d’un lion flamboyant et d’un oiseau fabuleux, ne trahit donc en rien son œuvre et constitue même une étape logique dans la carrière d’un homme allant jusqu’au bout des techniques pour exprimer ses ambitions, aussi onéreuses soient-elles. En résumé, Ocelot nous convie au spectacle le plus inoubliable et le plus magique de l’année, et à une sérénité merveilleuse qui fera date dans l’histoire de l’art animé. Un succès royal à voir et revoir impérativement sur grand écran pour pouvoir profiter de son incroyable luxuriance et de ses exquises splendeurs. Avoir-alire
    Séance à la demande pour les scolaires

    de Gilles de Maistre Documentaire - France - 2019 - VF / VOST - 1h23

    Demain est à nous

    Ce sont des enfants venus des quatre coins du monde, des enfants qui se battent pour défendre leurs convictions. Ils s’appellent José Adolfo, Arthur, Aïssatou, Heena, Peter, Kevin et Jocelyn... Jamais ils ne se sont dit qu’ils étaient trop jeunes, trop faibles, trop isolés pour se lever contre l’injustice ou les violences. Au contraire, grâce à leur force de caractère et à leur courage, ils inversent le cours des choses et entraînent avec eux des dizaines d’autres enfants. Exploitation d’êtres humains, travail des enfants, mariages forcés, destruction de l’environnement, extrême pauvreté... Ils s’engagent sur tous les fronts. Si petits soient-ils, ils ont très tôt pris conscience des inégalités et des dysfonctionnements, soit parce qu’ils en ont subi eux- mêmes, soit parce qu’ils en ont été témoins, et ils ont décidé d’agir. Tel José Adolfo, parvenu à l’âge de 7 ans à créer une banque coopérative permettant aux enfants de son quartier de gagner de l’argent en collectant des déchets recyclables. De l’Inde au Pérou, de la Bolivie à la Guinée, en passant par la France et les États-Unis, ce long métrage documentaire part à la rencontre de ces enfants qui ont trouvé la force de mener leurs combats, pour un avenir meilleur.
    Séance à la demande pour les scolaires

    De Denis Podalydès, Dominique Thiel avec Benjamin Lavernhe, Adeline D'Hermy France - 2019 - 2h10

    LES FOURBERIES DE SCAPIN

    Octave et Léandre voient leurs amours contrariées face à deux pères autoritaires qui rentrent de voyage avec la ferme intention de les marier à des inconnues. Ils remettent leur destin entre les mains du rusé Scapin pour les aider…

    Séance à la demande pour les scolaires

    De Bertrand Tavernier avec Mélanie Thierry, Lambert Wilson, Gaspard Ulliel, Grégoire Leprince-Ringuet, Raphaël Personnaz Romantique Drame - France - 2010 - 2h19

    La Princesse de Montpensier

    1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage…Depuis son plus jeune âge, Marie de Mézières aime Henri, Duc de Guise. Elle est contrainte par son père d’épouser le Prince de Montpensier. Son mari, appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants, la laisse en compagnie de son précepteur, le Comte de Chabannes, loin du monde, au château de Champigny. Elle tente en vain d’y oublier sa passion pour Guise, mais devient malgré elle l’enjeu de passions rivales et violentes auxquelles vient aussi se mêler le Duc d’Anjou, futur Henri III.

    Tandis que les guerres de Religion font rage, l’amour joue bien des tours à Marie de Mézières, future épouse du prince de Montpensier. Quatre soupirants différents — passionnel, raisonnable, libertin avant l’heure, platonique — se la disputent… Tavernier enchaîne les séquences dans un rythme de feuilleton. En s’appuyant sur la puissance du récit, la course d’obstacles et les déplacements incessants — comme sur un échiquier. D’où la séquence formidable du cache-cache dans le château, où le duc de Guise force les différents barrages menant à Marie, recluse dans sa chambre. Le passeur, c’est Chabannes. Personnage ­secret, auquel Lambert Wilson donne de la profondeur avec sobriété. C’est un film de cape et d’épée, mais surtout de cape. Velours, broderies, pierreries et tapisseries ressortent avec netteté. Tavernier se fait fin portraitiste. Et fin paysagiste — la terre, les arbres, la brume paraissent eux aussi d’époque. Servi par des dialogues vifs et épurés, il redonne toutes ses lettres de noblesse au classicisme, littéraire comme cinématographique. Télérama
    Séance à la demande pour les scolaires

    De Christian Petzold avec Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Jasna Fritzi Bauer, Mark Waschke, Rainer Bock Drame - Allemagne - 2012 - VOST - 1h40

    Barbara

    Été 1980. Barbara est chirurgien-pédiatre dans un hôpital de Berlin-Est. Soupçonnée de vouloir passer à l'Ouest, elle est mutée par les autorités dans une clinique de province, au milieu de nulle part. Tandis que son amant Jörg, qui vit à l'Ouest, prépare son évasion, Barbara est troublée par l'attention que lui porte André, le médecin-chef de l'hôpital. La confiance professionnelle qu'il lui accorde, ses attentions, son sourire... Est-il amoureux d'elle ? Est-il chargé de l'espionner ?

    A écouter : Interception sur France Inter : Berlin, derrière le mur, la liberté

    A écouter : On aura tout vu sur France Inter : La chute du mur de Berlin racontée par le cinéma (avec entre autres Christian Petzold)

    Le chef de file du nouveau cinéma d’auteur allemand plonge dans l’Allemagne de l’Est, dix ans avant la réunification. Un thriller froid et coupant. En remettant à Barbara l’Ours d’argent de la mise en scène, le jury de la dernière Berlinale, présidé par Mike Leigh, a eu le nez fin. Barbara est le film d’un metteur en scène, un vrai, d’un agenceur de plans, d’un fin directeur d’acteurs, bref d’un cinéaste capable de donner de la tension à la moindre image. A vrai dire, on le savait déjà de Christian Petzold, qui depuis Contrôle d’identité en 2001 a été le précurseur de la nouvelle vague allemande, marquant le retour de la rigueur formelle dans le cinéma d’outre-Rhin. Après une petite période de doute, son retour, avec Jerichow (2008) et surtout Yella (2007), tous deux sortis en même temps en France, creusait un peu plus le sillon d’un cinéma passionnant, haletant, attaché à l’écriture cinématographique comme celui d’Hitchcock, et posant sur la société de l’Allemagne de la postréunification un regard critique, voire ironique. Des films qu’il serait bon de montrer à tous les germano-béats libéraux qui pullulent dans certaines de nos factions de droite. Pourtant, apparemment, Barbara se situe loin de tout cela. L’action du film se déroule en 1980 en Allemagne de l’Est. Barbara (interprétée par Nina Hoss, égérie de Petzold depuis cinq films et véritable actrice de génie) est pédiatre. Originaire de Berlin-Est, elle est soupçonnée de vouloir passer à l’Ouest : les autorités viennent de la muter dans une clinique de province proche de la mer au moment où débute le film. Ses premiers contacts avec ses collègues sont très distants, sur le mode uniquement professionnel. Car Barbara a un amant de l’Ouest (qui a la possibilité de passer la frontière sans problème), Jörg (Mark Waschke), avec lequel elle est en train d’organiser son propre passage vers la “liberté”. Mais très vite le médecin-chef de l’hôpital, André (Ronald Zehrfeld), un bon gros nounours, d’abord admiratif devant ses qualités de médecin, va manifester des signes d’intérêt, d’affection à l’égard de la belle mais sombre Barbara. Peut-elle lui faire confiance ? A qui peut-on faire confiance, dans ce pays ? Ou même ailleurs ? Ou même dans l’amour ? La qualité du film de Petzold repose sur l’équilibre créé entre les deux forces qui le traversent, l’amour et le politique (la vie dans une dictature), dont la commune problématique repose donc sur la confiance. Le cinéaste apporte à son sujet une intelligence qui tranche avec la masse des films consacrés à l’Allemagne de l’Est, dont la commune mesure est le manichéisme et la moquerie facile (Goodbye Lenin!, La Vie des autres). Sans vanter le moins du monde les mérites du passé communiste (le climat de méfiance généralisé du film ne cherche à tromper personne), la mise en scène s’arroge le droit d’en montrer aussi les aspects positifs, avec ses propres armes – d’abord par l’image, aux couleurs vives qui mettent en valeur les paysages, les visages des personnages. Finie la grisaille généralisée des pays de l’Est qui était la norme choisie uniformément par les productions de l’Ouest – sans doute pas par hasard… Le film de Petzold montre avec une réelle subtilité d’analyse, en évitant soigneusement de jamais tomber dans la métaphore, que la défiance entreles citoyens d’une même dictature s’accompagne d’une vertu insoupçonnée : l’attention aux autres. Certes, tout un chacun peut être un agent de la Stasi (nom qui n’est d’ailleurs jamais prononcé dans le film) mais cette autosurveillance généralisée engendre aussi parfois une solidarité inattendue entre victimes d’un même régime. Un peu comme Ingrid Bergman dans Les Enchaînés d’Hitchcock, Barbara va bientôt se retrouver face à un dilemme : réaliser son rêve de s’évader de son pays (car il est possible) ou assumer la responsabilité de rester dans le sien pour tenter, à son niveau, d’améliorer la société comme elle ne va pas (Barbara sauve plusieurs de ses jeunes malades du pire). Or ces deux décisions contradictoires coïncident justement avec les hésitations, les va-et-vient de ses sentiments. Qui aime-t-elle réellement ? Son amant passionné de l’Ouest plein aux as ou le Dr André, en qui la confiance s’installe au gré de leurs réussites médicales, mais aussi de leurs discussions ? La réponse que ce beau personnage de femme donnera aux mille questions qui l’écartèlent sera magnifique, courageuse, ouverte, poignante. Et surtout habilement amenée par une succession de scènes à l’agencement réglé comme du papier à musique, au premier abord mystérieuses (la très belle séquence où Barbara rencontre la maîtresse d’un collègue de Jörg, son amant de l’Ouest), et qui pourtant rendent peu à peu compréhensibles les hésitations de Barbara, sa compréhension d’un monde toujours plus compliqué que ne le disent les idéologues de tous bords. “Oh, Barbara, quelle connerie la guerre”, disait une chanson de Prévert. La Barbara de Petzold ne résout pas le conflit entre l’Ouest et l’Est. Mais elle incarne à elle seule les errements, les haines et les douleurs passées, profondes, souvent tues, de tout un peuple. Les Inrockuptibles
    Séance à la demande pour les scolaires

    De Michael Herbig avec Karoline Schuch, Friedrich Mücke, Alicia von Rittberg, David Kross, Jonas Holdenrieder Historique Thriller - Allemagne - 2018 - VOST - 2h06

    Le Vent de la liberté

    1979. En pleine guerre froide, deux familles ordinaires d’Allemagne de l’Est rêvent de passer à l’Ouest. Leur plan : construire une montgolfière et survoler la frontière. Une histoire incroyable. Une histoire vraie.

    A partir de 13 ans - Collèges et Lycées

    A écouter : Interception sur France Inter : Berlin, derrière le mur, la liberté

    A écouter : On aura tout vu sur France Inter : La chute du mur de Berlin racontée par le cinéma (avec entre autres Christian Petzold)

    A écouter : Foule continentale : A Cologne, filmer la communauté musulmane et fêter la réunification (avec Mehmet Akif Büyükatalay, réalisateur de Oray)

    A la fin de la dernière guerre, l’Allemagne vaincue est divisée en deux États qui symbolisent la séparation entre les démocraties occidentales et le monde communiste. La RFA (République Fédérale d’Allemagne) regroupe les forces alliées américaines, anglaises et françaises. La RDA (République Démocratique d’Allemagne) correspond à la zone occupée depuis 1945 par les Soviétiques qui y installent un régime dictatorial. Les moindres faits et gestes des habitants sont surveillés par la Stasi, une police de sinistre mémoire qui n’hésite pas à éliminer les élèments réfractaires, traqués en permanence par son réseau d’informateurs. Pour endiguer la fuite de la population vers l’Allemagne de l’Ouest, le gouvernement de l’Est fait construire « le Mur de Berlin » qui, à partir du 13 aout 1961, interdit tout passage d’un pays à l’autre. Les Allemands de l’Est redoublent alors d’imagination pour tenter de s’échapper. Ils se cachent dans des coffres de voitures, creusent des tunnels, essaient de détourner des avions ou traversent des rivières à la nage, mais hélas la plupart des fugitifs sont assassinés par leurs geôliers. Le réalisateur allemand Michaël Bully Herbig, spécialiste des divertissements télévisuels et des comédies à succès, sidéré par le peu d’intérêt de la jeunesse pour l’histoire de l’Allemagne de l’Est, s’appuie sur les témoignages des membres encore vivants des deux familles qui ont vécu il y a tout juste quarante ans ces événements, pour faire revivre tout un pan de l’histoire de son pays en relatant, non sans humour, les péripéties rocambolesques de citoyens bien décidés à retrouver leur liberté à l’Ouest. Après avoir lu un reportage sur un festival de montgolfières, Peter et Doris Strelzyk et leurs amis Petra et Günter Wetzel envisagent de s’évader en ballon. Construire une montgofière ne paraît pas si difficile pour Peter, qui a reçu une formation de technicien aéronautique et possède de bonnes notions de physique et de mathématiques. Plus téméraires que leurs amis, les Strelzyk et leurs enfants tentent seuls un premier décollage qui se solde par un échec et laisse assez de traces pour lancer la Stasi à leur trousse. Si elle parvient à remonter jusqu’à eux, ce sera la prison pour les parents et le placement en foyer pour les enfants. Il faut donc trouver très très vite le moyen de renouveler l’expérience. Pour cela, leurs amis décident de les aider et de partir avec eux. Certes, le dénouement est connu. Pourtant, on tremble avec ces malheureux emprisonnés suffocant sous leur couvercle, malgré quelques longueurs ou ellipses difficilement crédibles, mais que l’on admet comme telles au nom de l’authenticité annoncée et de l’aspect rocambolesque recherché. Le récit reste vif de bout en bout et nous bouscule sans drame ni minauderie entre aventure historique, thriller et film policier. Pour nous faire vivre au plus près cette évasion considérée comme la plus spectaculaire de l’Allemagne de l’Est, le réalisateur s’attache à restituer les moindres détails de cette oppression permanente à laquelle il faut échapper, de la peur qui pousse à se méfier de tout le monde, y compris de ses enfants, mais aussi de la tension qui entoure les préparatifs du départ. Une histoire authentique qui, à l’heure de la montée des extrêmes et du repli sur soi, rappelle qu’il est impératif de veiller à ce que jamais le souffle de la liberté ne se détourne de nos démocraties. Avoir-alire
    Sortie nationale / Séance à la demande pour les scolaires

    De Nicolas Pariser avec Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier, Nora Hamzawi, Léonie Simaga, Antoine Reinartz, Maud Wyler, Alexandre Steiger, Pascal Rénéric, Thomas Rortais, Thomas Chabrol Comédie Dramatique - France - 2018 - 1h43

    Alice et le maire

    Le maire de Lyon, Paul Théraneau, est dans une position délicate. Après 30 ans en politique, il est à cours d’idées, sentant comme un vide existentiel. Pour y pallier, Paul engage une jeune et brillante philosophe, Alice Heimann. S’ensuit un dialogue entre deux personnalités diamétralement opposées, qui chamboulera leurs certitudes.

    La rencontre entre un maire à court d’idées et une jeune fille diplômée de philosophie. Un film brillamment écrit et mis en scène, sur le désarroi politique et l’essence de l’engagement. Il fut un temps, Paul Théraneau (Fabrice Luchini), homme politique et actuel maire socialiste de Lyon, se réveillait la tête débordante d’idées. Mais voilà, depuis peu, ces idées riches et stimulantes se sont taries - se sont-elles égarées ou ont-elles disparu à jamais ? L’équipe municipale, filmée comme un petit monde en ébullition, est confrontée à cet épineux problème et trouve, en une ravissante et brillante jeune femme (Anaïs Demoustier), diplômée de philosophie et ancienne enseignante à l’étranger, l’espoir de raviver l’esprit endormi de l’homme à court d’idées. C’est par ce postulat amusant que s’ouvre Alice et le Maire, deuxième long-métrage de Nicolas Pariser présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Après le mic-mac du Grand Jeu qui voyait un ancien écrivain star (Melvil Poupaud) embarqué dans l'univers trouble et dangereux de la politique, Pariser infiltre à nouveau les coulisses du pouvoir, cette fois-ci sans la noirceur du polar mais dans les lumières claires et caressantes de la presqu’île lyonnaise. N’attendez pas d’Alice et le maire qu’il aligne les coups bas et égraine les scandales croustillants à la façon d’un House of Cards made in France. Ce qui charme d’emblée dans ce film, c’est sa drôle d’intrigue minimale, que l’on pourrait croire naïve, presque enfantine mais qui est en réalité d’une pertinence et d’une complexité folle. En (re) plaçant les idées, au cœur de l’exercice politique, Pariser opère un retour aux choses concrètes, à l’action collective comme pour remettre du sens, dans ce grand bain politique où l’on ne sait plus distinguer les discours des actes et infuse ainsi une méditation profonde sur la comptabilité entre la pensée et la chose publique. Au cours des rendez-vous et des rencontres entre le maire et Alice, chargée de lui fournir des fiches thématiques censées le stimuler intellectuellement (la première - très drôle - étant focalisée sur la modestie), se noue une relation particulière. Entre les deux protagonistes l’une inexpérimentée, sans véritable vocation politique mais érudite, l’autre, homme d’engagement, rincé par trente années de mandat et de vadrouille, le lien se fait tendre, respectueux, amical. Les potions d’Alice inspirées, riches de mots et de concepts philosophiques ravivent, doucement, la foi politique - et au-delà - l’allant et l’énergie de Paul. C’est l’autre grande réussite de ce film brillamment écrit et mis en scène que de placer sur un pied d’égalité, deux générations, deux personnages, différents et semblables, l’une perdue dans les bouleversements existentiels d’une vie à peine commencée, l’autre lassé d’une carrière faite de promesses non tenues. Au centre de ces échanges entremêlés, où chacun est à la fois maître et élève, parent et enfant, (la géniale) Anaïs Demoustier et Fabrice Luchini, émouvant et rarement vu en si grande retenue, excellent. Chacun pétri de doutes, s’apprend mutuellement pour se connaître un peu mieux soi-même et ainsi croire au lendemain. Les Inrockuptibles
    Séance à la demande pour les scolaires

    De Roman Polanski avec Louis Garrel, Jean Dujardin, Emmanuelle Seigner, Mathieu Amalric, Olivier Gourmet, Melvil Poupaud, Grégory Gadebois, Vincent Grass, Didier Sandre, Hervé Pierre, Eric Ruf, Théo Hellermann Historique Drame - France/Pologne/Royaume-Uni - 2019 - 2h12

    J'accuse

    Pendant les 12 années qu'elle dura, l'Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme. L'affaire est racontée du point de vue du Colonel Picquart qui, une fois nommé à la tête du contre-espionnage, va découvrir que les preuves contre le Capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées. À partir de cet instant et au péril de sa carrière puis de sa vie, il n'aura de cesse d'identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus.

    5 janvier 1895. Dans la cour froide de l’École militaire, à Paris, présentée comme une étendue de désolation, se déroule une cérémonie solennelle. Celle de la dégradation militaire d’Alfred Drey­fus. On est saisi par ce qui est décrit, en détail. Un militaire s’approche de Dreyfus, exsangue, et lui arrache ses épaulettes, ses insignes, les piétine, puis casse son épée en deux. Des gens, amassés au loin derrière des grilles, crient leur haine. Par le biais de cette mise en scène semblable à une exécution publique, Polanski concentre l’humiliation subie par le capitaine juif innocent. L’affaire Dreyfus, on la connaît tous. Mais pas forcément en profondeur, pas forcément en ayant en tête le nom de Marie-Georges Picquart. C’est pourtant lui, un lieutenant-colonel, anti­sémite déclaré, qui a largement con­tribué à innocenter Alfred Dreyfus, condamné, rappelons-le, en 1894 pour intelligence avec l’ennemi, et déporté sur l’île du Diable, au large de la Guyane. Où on le voit, détenu dans des conditions effroyables. Ce supplice nous arrive par bribes. Car c’est ailleurs, à Paris, dans une ambiance ­cafardeuse, sans couleur vive sinon celle du sang, que se situe le cœur de l’action, portée par ce Picquart, donc, ­célibataire et amant d’une femme mariée. Officier consciencieux et émérite, il est présent le jour de la dégradation. Comme tous ses confrères de l’état-major, il se félicite alors de la condamnation du traître Dreyfus. Rondement menée, l’enquête offre à Picquart l’occasion d’une promotion. Il se retrouve ainsi à la tête du Bureau des statistiques, autrement dit dans le service du renseignement français. Cette nouvelle tâche, à dire vrai, lui déplaît. Et lorsqu’un officiel subalterne, Hubert Henry (Grégory Gadebois, formidable en bloc de rancœur prêt à se sacrifier), lui fait visiter « la maison », rien n’est fait pour dissiper son malaise. Le bâtiment est sale et ­malodorant, vieillot, oppressant, et les hommes qui y travaillent sans grande discipline ressemblent à des cloportes. Polanski fait de ce lieu étriqué l’antre, fascinant, de la cabale. Où une part de la vérité se niche au fond des tiroirs, sur des documents archivés, des bouts de papier dérisoires, fines pellicules parfois en miettes. C’est dans sa minutie opiniâtre que J’accuse fait mouche, dans sa manière de sonder un univers étriqué, de décrire précisément les ­éléments matériels de la machination, ­tripatouillage grossier en réalité, digne d’une sinistre farce. La reconstitution méticuleuse des faits n’empêche pas Polanski de donner du souffle à son récit. La petite (voire microscopique !) histoire et la grande se combinent ici à merveille. Après avoir fait le ménage et imposé de nouvelles règles de conduite au sein de son service, Picquart est alerté par des indices troublants. Les investigations secrètes qu’il mène alors, en détective scrupuleux, rapprochent le film du thriller d’espionnage. Savamment construit, en recourant parfois à des flash-back, Polanski parvient à condenser les multiples rebondissements judiciaires et politiques d’une affaire qui s’étendit sur douze années. Entre les filatures et les procès, la réunion secrète avec Zola et Clemenceau, l’assassinat d’un avocat et un duel à l’épée, J’accuse rassemble énormément d’éléments qui en font aussi un film d’aventures. Palpitant. Servie par de grands comédiens de théâtre, la galerie de portraits y est remarquable : les ministres et les plus hauts gradés de l’état-major rivalisent d’infamie, de bêtise autosatisfaite, de bouffonnerie. À travers eux se dessine le portrait d’une France traumatisée par la défaite de 1870 et rongée par l’antisémitisme de salon. Certains ne manqueront pas de pointer une instrumentalisation fâcheuse de l’affaire, Polanski projetant ici une bonne part du harcèlement dont lui-même se sent victime. Ce ­serait oublier que ce sentiment de persécution, de paranoïa, de claustration, traverse la plupart de ses films. Méconnaissable, Louis Garrel inquiète en Dreyfus tout raide, rendu fantomatique par l’injustice criante. Au premier plan, Jean Dujardin est plus en chair, mais lui aussi garde une forme d’indépendance opaque. On ne peut pas dire qu’il soit attachant. Ce qui le caractérise tient uniquement, ou presque, dans sa quête obsessionnelle de la vérité. En plaçant ainsi ces deux personnages en miroir mais à distance loin l’un de l’autre, J’accuse valorise le sens de l'honneur militaire. Télérama
    Séance à la demande pour les scolaires, Festival Augenblick - Jeunesse

    De Wolfgang Lauenstein, Christoph Lauenstein avec Axel Prahl, Alexandra Neldel, Erik Borner Animation Comédie - Allemagne - 2019 - VO non sous-titrée - 1h24

    La Grande cavale

    Marnie, une chatte naïve, qui ne connait le monde qu’à travers la télévision, est témoin des préparatifs d’un cambriolage. Chassée de sa maison par le malfaiteur, elle trouve de l’aide auprès de trois animaux extravagants, un chien de garde peureux, un âne qui rêve d’être une star de cirque et un coq zen. Accusés à tort d’être les voleurs, les quatre compères vont se lancer dans une aventure cocasse pour prouver leur innocence.

    Une sympathique initiation au polar en milieu rural, où une chatte détective enquête sur une série de cambriolages. Après Léo et les Extraterrestres (2018), les frères Lauenstein signent un nouveau long métrage joliment animé en 3D : un polar ludique en milieu rural, truffé de références à Hitchcock – l’héroïne s’appelle Marnie. En dépit d’un humour un peu rustaud sur le monde paysan, le film séduit par ses personnages d’animaux attachants. L’histoire en deux mots : Dans la campagne allemande, une chatte détective et ses trois acolytes (un chien de garde peureux, un étrange zèbre, un coq adepte du yoga) enquêtent sur une série de cambriolages. Les voleurs s’introduisent dans les maisons du village, sans effraction, pour dérober des bijoux et des tableaux apparemment sans valeur… L’argument pour leur donner envie : La Grande Cavale est une sympathique initiation au polar, qui multiplie les clins d’œil aux classiques de Hitchcock : des acrobaties de cambrioleurs sur les toits, comme dans La Main au collet (1955) ; une chaise roulante en référence à la Fenêtre sur cour (1954) ; les héros dans un champ, poursuivis par un biplan, façon La Mort aux trousses (1959). Ce qu’ils vont apprendre : Ne jamais se fier aux apparences, telle pourrait être la morale du film. Le personnage le plus élégant, le plus intelligent, le plus cultivé y est aussi le plus retors. Le moment qu’ils vont vraiment aimer : Au début de l’histoire, sa propriétaire interdit à Marnie de sortir de la maison. Gavée de gâteaux et de séries policières, elle transforme son domicile en terrain d’investigations, équipée d’un périscope et accompagnée par deux peluches inanimées en guise d’adjoints. Merveilleuse ode à l’imagination. Télérama
    Séance à la demande pour les scolaires

    De Jean-Michel Bertrand Documentaire - France - 2019 - 1h28

    Marche avec les loups

    Après avoir disparu pendant près de 80 ans et malgré les obstacles, les loups sont en train de retrouver leurs anciens territoires. Ce film raconte le grand mystère de la dispersion des loups : comment les jeunes loups quittent le territoire qui les a vus naître, et la façon dont ces aventuriers partent à la conquête de nouveaux territoires. Deux années durant, Jean-Michel Bertrand a mené une véritable enquête pour tenter de comprendre le fonctionnement complexe et erratique de ces jeunes loups, leurs rencontres avec leurs semblables et les opportunités de se mettre en couple. Dans le sillage des loups nomades, le film nous raconte comment ceux-ci doivent traverser des territoires hostiles déjà occupés par leurs semblables et dans lesquels ils ne sont pas les bienvenus, ou d’autres, plus nombreux, colonisés par les humains. Heureusement, subsistent des territoires sauvages connus seuls de ces aventuriers... Après « La Vallée des Loups » sorti en 2017 et qui a enregistré plus de 200.000 entrées, « Marche avec Les Loups » poursuit l’aventure de Jean-Michel Bertrand avec la nature.

    Séance à la demande pour les scolaires

    De STEPANOVA Maria, KATCHANOV Roman, HYEON-JIN Yi, RUBY Lee, VYKHODSEVA Katerina Animation - Corée du Sud/Russie/Lituanie/Irlande - 2019 - VF - 40min

    Pirouette et le sapin de Noël

    Un programme de courts-métrages pour fêter la magie de Noël avec les tout-petits, dès 2 ans.

    Séance du 7 décembre à 14h en partenariat avec le Lerchenberg
    Marché de Noël du Lerchenberg le 7 et 8 décembre de 10h à 19h. Exposants d’artisanat local  animations. Réduction d’1 € sur une boisson sur présentation du ticket de cinéma.

    Tarif unique : 5 €

    “Pirouette et le sapin de Noël” : quatre films d’animation pour réchauffer l’hiver des enfants. Sur le thème de saison des fêtes de Noël, cette guirlande de quatre courts métrages d'animation distribués par KMBO propose des histoires d’amitié et d'entraide. À partir de 3 ans. Les histoires en deux mots : Un petit garçon se lie d’amitié avec un lièvre facétieux dans Lapin des neiges (Lee Ruby et Yi Hyeon-Jin, 2018). Un pauvre chaton esseulé tente d’amadouer un homme qui l’ignore dans Conte d’une nuit (Maria Stepanova, 2018). Une petite fille voit sa moufle se transformer en chiot pour son plus grand bonheur dans La Moufle (Roman Katchanov, 1967). Pirouette le poney, Lili le cochon, Gaston le chat, Mateo la vache, Jules le coq partent en quête d’un sapin pour leur amie Mirabelle la brebis dans Pirouette et le sapin de Noël (Katerina Vykhodseva, 2018) L’argument pour leur donner envie : À la fin du programme, dans la dernière scène de Pirouette et le sapin de Noël, enfin il apparaît, sur son traîneau chargé de cadeaux et tiré par un renne : l’ours de Noël en personne. Ce qu’ils vont apprendre : Que la solitude n’est pas une fatalité. Que l’amitié se construit en faisant un pas désintéressé vers l’autre. Qu’un petit rien peut rendre heureux. Une paire de chaussettes offerte à un lapin, par exemple. Qu’au cinéma les dialogues sont parfois inutiles : les trois premiers courts métrages en sont dépourvus, la communication passe par les regards, les gestes, les attentions. Que le cinéma d’animation regroupe plusieurs techniques : papier découpé, marionnettes, dessin animé... Le court qu’ils vont vraiment aimer : Celui qui donne son titre au programme, le dernier, et aussi le plus long (24 mn), Pirouette et le sapin de Noël, dans lequel une bande d’animaux échoue à trouver le sapin de Noël qui devait orner la maison. Après réflexion, ils réalisent que la place d’un sapin est dans la forêt, pas dans un salon. Décoré de boules et de guirlandes, le pommier du jardin de la brebis fera un arbre de Noël de substitution. Et hop, un peu d’écologie en prime. Télérama
    Séance à la demande pour les scolaires

    De Arnaud Demuynck, Anaïs Sorrentino, Pascale Hecquet, Rémi Durin, Hugo Frassetto Animation Court-Métrage - France/Belgique - 2019 - 52min

    Loups tendres et loufoques

    Des loups, en veux-tu, en voilà ! Ils roulent des mécaniques, s'imaginent régner sur tous les autres animaux, mais au fond, c'est bien connu : les loups ont tous un cœur d'artichaut ! Six courts métrages pour découvrir toutes leurs facettes, dans une large palette de techniques d'animation !

    Sûr de lui, le loup se croit au sommet de l’échelle alimentaire. Mais il découvre dans ce réjouissant programme d’animation qu’il a perdu de sa splendeur carnivore. Humilié, moqué et même protégé, le canidé est l’anti-héros de courts-métrages dont l’humour cocasse et le second degré sont aussi affûtés que les canines du prédateur. Relecture politiquement non correcte des contes de notre enfance et message écolo bienvenu sur la protection de cette race pourchassée. Le but est ici de changer les mentalités tout en faisant rire. Mission accomplie. L'Obs
    Séance à la demande pour les scolaires

    De Alexis Michalik avec Thomas Solivérès, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, Tom Leeb, Lucie Boujenah Comédie Historique - France - 2018 - 1h53

    Edmond

    Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de coeur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit. Pour l’instant, il n’a que le titre : Cyrano de Bergerac.

    Alexis Michalik avait réussi une pièce alerte (et au succès triomphal) sur la création effrénée du Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Le voilà encore plus virtuose dans l’auto-adaptation très cinématographique de son spectacle de théâtre sur le théâtre. Virevoltante, drôle, cette comédie hommage aux feux de la ram­pe est pleine de panache. Elle est portée par une troupe éclectique et gourmande, des plus jeunes (Thomas Solivérès, parfait dans le rôle-titre) aux briscards, Mathilde Seigner en capricieuse drolatique, et surtout Olivier Gourmet, inénarrable en Coquelin aîné, l’acteur cabot qui porta le premier le nez de Cyrano. Télérama
    Séance à la demande pour les scolaires

    De Pierre-François Martin-Laval avec Ahmed Assad, Gérard Depardieu, Isabelle Nanty, Minazur Rahaman, Pierre Gommé, Emmanuel Menard Comédie Dramatique - France - 2019 - 1h48

    Fahim

    Fahim Mohammad, un jeune clandestin de 9 ans qui a dû quitter le Bangladesh et qui a atterri par erreur à Créteil pour devenir en très peu de temps champion de France d’échecs alors qu’il était sans papiers.

    Menacés dans leur pays, Fahim (Assad Ahmed), un jeune Bangladais, et son père s’exilent en France, pour une vie meilleure. SDF, sans-papiers, ils voient leur sort bouleversé grâce au don de Fahim pour les échecs et à l’obstination de son professeur (Gérard Depardieu), qui l’emmène jusqu’au Championnat de France. L’histoire vraie a inspiré un livre, « Un roi clandestin ». La voici filmée par PEF, ancien membre des Robin des Bois, réalisateur navrant des « Profs » et de « Gaston Lagaffe », qui renoue avec la tendresse enfantine de ses premiers films. Passons sur le manque de cinéma et les maladresses niaiseuses de la mise en scène. Le film touche par sa modestie, sa pudeur face à la tragédie des réfugiés et grâce à Depardieu. En roue libre et en ogre bourru, il reprend goût au jeu grâce à un enfant. Il émeut. L'Obs

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