Films à la demande pour les scolaires

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Séance à la demande pour les scolaires

De Nora Twomey avec Saara Chaudry, Soma Bhatia, Ali Kazmi, Laara Sadiq, Reza Sholeh
Animation - Canada/Irlande/Luxembourg - 2017 - VF / VOST -

PARVANA

En Afghanistan, sous le régime taliban, Parvana, onze ans, grandit à Kaboul ravagée par la guerre. Elle aime écouter les histoires que lui raconte son père, lecteur et écrivain public. Mais un jour, il est arrêté et la vie de Parvana bascule à jamais. Car sans être accompagnée d’un homme, on ne peut plus travailler, ramener de l'argent ni même acheter de la nourriture. Parvana décide alors de se couper les cheveux et de se travestir en garçon afin de venir en aide à sa famille. Risquant à tout moment d'être démasquée, elle reste déterminée à trouver un moyen de sauver son père.  Parvana est un conte merveilleux sur l'émancipation des femmes et l'imagination face à l'oppression.

A partir du CM1

6èmes : EMC ("Les inégalités face à l'éducation") et Français ("Contes et récits merveilleux")

5èmes : Géographie ("Les inégalités devant l'alphabétisation", "La question de l'accès l'eau").

Sacrée audace que de vouloir raconter la tragédie de l’Afghanistan sous le régime des talibans par le biais d’un film d’animation pour jeune public. L’Irlandaise Nora Twomey — coauteur du superbe Brendan et le secret de Kells, en 2009 — relève brillamment le défi dans son premier long métrage réalisé en solo. Une fable bouleversante, qui trouve toujours la bonne distance entre réalisme et merveilleux. Parvana, 11 ans, est une petite fille aux grands yeux ouverts sur le monde, avide de lectures et de savoir. Son malheur est de vivre en 2001 à Kaboul, alors sous le contrôle des sinistres « étudiants en religion » (signification de « talibans ») du mollah Omar. Au nom d’une prétendue loi de Dieu, les Afghanes n’ont pas le droit de sortir sans être accompagnées par un homme… Un jour, le père adoré de Parvana, ancien professeur devenu vendeur à la sauvette et écrivain public pour survivre, est arrêté sans motif par les « barbus ». Dès lors, impossible pour la fillette de travailler ni même d’aller sur le marché pour acheter de la nourriture. Parvana décide de se couper les cheveux et de se travestir en garçon pour venir en aide à sa famille… Le scénario, basé sur les témoignages de réfugiés afghans rencontrés au Pakistan, chronique la vie sous le joug taliban avec une âpreté inattendue. La tension est permanente — une action aussi banale qu’aller chercher de l’eau au puits se transforme en danger mortel. Les traces de la guerre sont partout, avec les maisons en ruine, les carcasses de chars, et une poussière omniprésente qui recouvre Kaboul comme un linceul. Les rondeurs du dessin, aux traits volontairement naïfs, contrastent intelligemment avec la violence des situations vécues par Parvana. La belle idée de Nora Twomey est d’ouvrir ce récit, parfois éprouvant, vers la fantaisie. Pour s’évader de sa maison devenue prison, Parvana raconte à son petit frère la légende de Souleymane, un prince chevaleresque aux prises avec un roi éléphant cruel — un combat fantasmagorique qui fait écho à la propre lutte des Afghans contre l’oppression. La réalisatrice l’illustre à la manière des enluminures persanes, avec une frénésie de couleurs qui triomphe de la noirceur du quotidien. Elle signe un plaidoyer pour la culture et pour la mémoire, sources de résistance à l’obscurantisme. Et un éloge vibrant de l’imaginaire qui nous console de la réalité, tout en nous inspirant pour la rendre meilleure…Télérama
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De Juan Antin avec Andrea Santamaria, India Coenen, Saïd Amadis, Marie-Christine Darah, Alex Harrouch
Animation - France - 2018 - VF -

Pachamama Juan Antin

Tepulpaï et Naïra, deux petits indiens de la Cordillère des Andes, partent à la poursuite de la Pachamama, totem protecteur de leur village, confisqué par les Incas. Leur quête les mènera jusqu’à Cuzco, capitale royale assiégée par les conquistadors.

En plus de sortir des sentiers battus sur les plans esthétique et culturel, Pachamama délivre un message écologiste sincère et humaniste, sans prendre les enfants pour des crânes à bourrer, ni les adultes pour des pollueurs invétérés, mais en faisant au contraire appel à leur intelligence et à leur sensibilité. Remarquable. Les studios Folivari avaient déjà frappé fort en 2017 avec leur premier long-métrage, Le Grand Méchant Renard et autres contes, qui obtint le César du meilleur film d’animation l’année suivante. Ce qui fait toute l’originalité et toute la singularité des productions Folivari, c’est cette capacité à dépasser la nature, d’ordinaire très enfantine, des dessins animés destinés à divertir le jeune public, pour leur faire emprunter un chemin plus philosophique et moraliste, mais pas moralisateur. Pachamama s’inscrit dans ce même principe : ce conte initiatique raconte la persécution d’un petit village précolombien par l’Empire Inca. Les villageois, guidés par un chaman, vivent une vie d’agriculture, rendant une partie de leurs récoltes à Pachamama, leur divinité, priant leurs ancêtres qui veillent sur eux, tandis que les Incas, qui n’ont d’intérêt que pour l’or et les biens matériels, viennent piller leurs terres à la recherche de fortune, allant jusqu’à confisquer la Huaca, l’idole du village. N’écoutant que leur courage, Tepulpaï, un jeune garçon arrogant et égocentrique, et Naïra, une fille un peu trop sage, se lancent à sa recherche. La dualité spiritualisme/matérialisme est signifiée par l’intrigue et l’image : les villageois sont représentés tout en rondeur, parlent très calmement. À l’inverse, les visages et les habitations des Incas apparaissent triangulaires, carrés, rectangulaires, des formes géométriques plus rigides. Pachamama n’est pas qu’un film menant une réflexion sur le respect de la Nature et les excès du matérialisme et du productivisme. C’est aussi une œuvre en forme de quête de soi pour les deux héros qu’il met en scène : au contact du chaman, des Incas et de l’Observateur des ombres, Tepulpaï apprend la bravoure, la sagesse et l’humilité ; de son côté, Naïra apprend à désobéir et à penser et agir par elle-même. Dans Pachamama, les enfants grandissent et s’émancipent, comme seront amenés à le faire les jeunes spectateurs venus assister à leurs aventures. Difficile de déterminer, a priori, là où les techniques d’animation utilisées pour donner forme aux images. Est-ce de l’animation 2D traditionnelle ? De l’animation en volume ? De l’animation 3D ? De papier découpé ? Il s’agit en fait d’animation 3D à rendu 2D, pour conserver la rondeur et l’authenticité des poteries et statues précolombiennes, ainsi que la dimension artisanale du cinéma d’animation. Le réalisateur argentin Juan Antin alterne habilement séquences réalistes, tendres, sages, parfois dures, et d’autres oniriques, contemplatives, pour le plaisir des yeux… mais aussi des oreilles. La musique originale de Pierre Hamon, spécialiste des musiques anciennes, médiévales, baroques et de la Renaissance, est jouée directement avec des instruments de lère précolombienne : des flûtes de pan et des vases à eau en terre vieux de deux ou trois mille ans, rythment de mélodies chaudes et envoûtantes, aux accents latino-américains, les péripéties de ce film court et cependant très riche, fort d’un scénario simple et efficace, d’un discours pertinent, et d’une animation techniquement éclatante. Avoir-alire
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De DAMON GAMEAU avec Damon Gameau,Brenton Thwaites,Isabel Lucas,Stephen Fry,Jessica Marais,Hugh Jackman
Documentaire - Australie - 2014 - VF / VOST -

SUGARLAND

Le sucre est partout ! Toute notre industrie agroalimentaire en est dépendante. Comment cet aliment a pu s’infiltrer, souvent à notre insu, au cœur de notre culture et de nos régimes ?  Damon Gameau se lance dans une expérience unique : tester les effets d’une alimentation haute en sucre sur un corps en bonne santé, en consommant uniquement de la nourriture considérée comme saine et équilibrée.  A travers ce voyage ludique et informatif, Damon souligne des questions problématiques sur l’industrie du sucre et s’attaque à son omniprésence sur les étagères de nos supermarchés !  SUGARLAND changera à tout jamais votre regard sur votre alimentation.

Lycées

Sur le modèle de Super size me, de Morgan Spurlock, qui avait mangé au McDo matin, midi et soir pendant un mois, l’athlétique réalisateur australien de Sugarland s’est infligé un régime riche en sucre pendant soixante jours. Sans sodas, glaces ou confiseries. En avalant uniquement des aliments considérés comme sains : yaourts 0 %, barres de muesli, céréales peu sucrées, smoothies, jus de fruits, plats cuisinés light… Suivi par une équipe de médecins et de scientifiques qui témoignent, astucieusement incrustés sur les emballages ou du fond de son frigo, le cobaye prend 11 centimètres de bide et dénonce, avec humour mais virulence, les ravages de l’industrie sucrière sur notre santé. Servi par une mise en scène très ludique, jamais culpabilisant malgré ses révélations anxiogènes, ce documentaire d’un citoyen éclairé mériterait d’être classé d’utilité publique. Télérama
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De Cyril DION
Documentaire - France - 2015 - VOST -

DEMAIN

Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ? Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l'éviter. Durant leur voyage, ils ont rencontré les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain…

Lycées

De l'écologie sur grand écran, on a longtemps connu des visions cataclysmiques — cris d'alarme et discours culpabilisants. Demain, documentaire cosigné par Mélanie Laurent et Cyril Dion, cofondateur du mouvement Colibris (avec Pierre Rabhi), adopte le parti inverse. Sus au sentiment d'impuissance né de la multiplication des constats dramatiques — raréfaction des ressources, crise des écosystèmes, péril du réchauffement climatique ! Il est, pour une fois, question de redonner espoir, d'inspirer, de semer des grai­nes dans les esprits car « partout dans le monde, des solutions existent » : monnaies locales, jardins communautaires, entreprises coopératives, nouveaux types de gouvernance démocratique ou d'éducation bienveillante... Chacun a sa place dans le changement social. ­ Passons sur une esthétique pub parfois agaçante, l'efficacité du propos l'emporte. Et ses « héros » : pas de bon documentaire sans bons personnages. Parmi eux, le Britannique Rob Hopkins impose son humour et son esprit incisif. Professeur de permaculture, il a lancé, en 2006, le mouvement Villes en transition à Totnes, dans le sud de l'Angleterre, pour sensibiliser ses habitants au problème du pic pétrolier et organiser, sur place, un basculement dans une autre ère énergétique et économique. Sorte de détox à l'usage de citoyens abreuvés à l'idéologie de la croissance, une telle « transition », aujourd'hui présente dans plus de cinquante pays, répand un nouvel optimisme autour de délibérations locales, de révolutions minuscules et de micropolitiques qui permettent d'avancer, loin des radars... Autant de « Nous pouvons le faire ! » qui infusent le film de bout en bout. — Télérama
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De Lars Kraume avec Leonard Scheicher, Tom Gramenz, Lena Klenke
Historique Drame - Allemagne - 2017 - VOST - 1h51

LA RÉVOLUTION SILENCIEUSE / DAS SCHWEIGENDE KLASSENZIMMER

Allemagne de l'est, 1956.

Kurt, Theo et Lena ont 18 ans et s'apprêtent à passer le bac. 
Avec leurs camarades, ils décident de faire une minute de silence en classe, en hommage aux révolutionnaires hongrois durement réprimés par l'armée soviétique. Cette minute de silence devient une affaire d'Etat. Elle fera basculer leurs vies. 
Face à un gouvernement est-allemand déterminé à identifier et punir les responsables, les 19 élèves de Stalinstadt devront affronter toutes les menaces et rester solidaires.

Lycées - Allemand/histoire

C’est une histoire vraie et édifiante sur fond de guerre froide. 1956, à Berlin-Est. Grâce à une radio clandestine écoutée chez un vieil oncle, un lycéen découvre que l’insurrection de Budapest a été réprimée dans le sang par les troupes soviétiques. Ses copains et lui décident d’organiser une minute de silence, pour rendre hommage aux insurgés abattus. Le geste est fort, si fort qu’il provoque la colère de leur professeur, lequel alerte les plus hautes instances de l’appareil d’Etat. Une émissaire implacable du pouvoir est-allemand est dépêchée sur place pour tirer l’affaire au clair et sanctionner, le cas échéant. Le film montre les pressions exercées sur des élèves aux convictions, d’ailleurs, divergentes. Il insiste sur les différentes façons d’être socialiste et de croire en la liberté. On est en Allemagne, rappelons-le, à une époque où le nazisme est encore dans toutes les mémoires et où les communistes, qui en ont triomphé, sont au pouvoir. Les personnages reçoivent en héritage les actes plus ou moins héroïques de leurs pères pendant la guerre, les reproduisent ou cherchent à s’en détacher. Kurt et Theo (Tom Gramenz, Leonard Scheicher, charmeurs sans être mièvres) sont les leaders de cette révolution silencieuse. Ils vont, de temps à autre, à Berlin-Ouest, ont vu quel visage avait la liberté, loin de la surveillance à tous les étages. Aussi sont-ils plus déterminés que leurs camarades. Et puis, il y a Lena (Lena Klenke), vive d’esprit, qui vient remettre en question leur amitié. Et leur stratégie dans cette lutte. Car c’en est une. Exaltante et éprouvante. Un engagement fort, en symbiose avec la fougue politique, l’élan idéaliste propres à la jeunesse. Le film épouse cette énergie, sans manquer, pour autant, d’ironie, notamment à travers l’évocation, surprenante, de Ferenc Puskás, footballeur mythique hongrois, surnommé, jadis, le « major galopant ». Le film est adapté du livre de l’un des lycéens concernés, qui a retracé en 2006 ces événements. Lars Kraume en a tiré un récit captivant. On connaissait ce cinéaste à travers Fritz Bauer, un héros allemand, très académique. La mise en scène, ici, reste convenue, mais le scénario illustre brillamment des thèmes passionnants : le sacrifice, la trahison — d’un idéal, d’un groupe ou d’un amour. Les rebondissements, inattendus, suscitent l’intérêt. Et même l’émotion. Télérama
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Pièce de Jean Racine Mise en scène de Stéphane Braunschweig avec Dominique Blanc
France - 2018 - 2h

BRITANNICUS

Véritable tissu d'intrigues entre professionnels de la politique où se mélangent histoires intimes, amoureuses et familiales, cette tragédie est le récit d’une prise de pouvoir et la métamorphose d'un homme, Néron, en tyran….
Avec cette pièce de Racine, maître de la tragédie classique, Stéphane Braunschweig revisite le passé à l’aune du présent : regard affûté qui renouvelle la lecture des textes pour nous les faire réentendre, respect absolu des mots et de l’auteur, vision de l’espace où se déploie le verbe. a

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Pièce de Marivaux - Mise en scène de Clément Hervieu-Léger
France - 2018 -

LE PETIT MAITRE CORRIGE

L’histoire est celle d’un jeune Parisien à qui ses parents ont trouvé un bon parti, fille de comte, en province. Mais à son arrivée chez eux, le beau garçon – dont les codes parisiens sont à mille lieues des règles de bienséance en vigueur dans cette famille – refuse d’ouvrir son coeur à la charmante personne qui lui est destinée. Piquée, cette dernière décide de le corriger de son arrogance…


« La notion de petit-maître peut nous sembler bien étrangère, mais ne connaissons-nous pas, nous aussi, de jeunes élégants et élégantes, aux manières affectées ou prétentieuses, pour qui la mode est le seul guide ? Si on le caricaturait un peu, c’est ce que l’on appellerait aujourd’hui un fashion addict. » À travers cette pièce de Marivaux dont la langue est toujours « aussi fine, juste et pleine d’humour », Clément Hervieu-Léger met ici le XVIIIe siècle en résonance avec notre époque…

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Pièce de William Shakespeare - Mise en scène de Eric Ruf avec Claude Mathieu, Christian Blanc, Christian Gonon
France - 2018 - 3h

ROMEO ET JULIETTE

À Vérone, une rivalité ancestrale oppose Capulet et Montaigu. Lorsque Roméo Montaigu rencontre Juliette Capulet naît immédiatement entre eux un amour dont ils savent l’éternité et pressentent la fin tragique…

 

Roméo et Juliette est sans doute l’œuvre la plus connue de Shakespeare. Elle est devenue, au fil du temps et des multiples adaptations dont elle a été l’objet, l’incarnation de l’histoire d’amour absolue. Cette tragédie qui recèle de savoureux moments de comédie est une pièce de contrastes entre la naïveté d’adolescents éperdus et la violence programmée des Montaigu et des Capulet qui ensanglantent Vérone.

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De Célia Rivière avec Alexia Chicot
Animation - France - 2018 -

La Cabane aux oiseaux

Quel plaisir de se laisser raconter des histoires ! Quelle joie de voir les illustrations des albums prendre vie au fur et à mesure de la lecture. Neuf histoires de la littérature pour la jeunesse sont rassemblées pour 45 minutes d'images animées, virevoltant à tire d'ailes, piaillant, roucoulant et même pigeonnant !

Sept épisodes d'une jolie ­série TV, où quatre enfants perchés dans une cabane ­lisent des albums pour la jeunesse... Les prises de vues réelles sont un peu ternes. La magie vient de l'animation — les livres prennent vie —, qui respecte le style graphique de chaque illustrateur. Mention spéciale à l'histoire d'une brebis intrépide et d'un mouton malchanceux, réjouissante initiation à l'humour noir. — Télérama
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De divers
Animation - Royaume-Uni/Biélorussie - 2018 - VF -

LA CHASSE A L'OURS

Programme de 3 courts métrages d'animation. Chaussons nos bottes et partons à l’aventure ! Attraper des ours, parcourir des forêts, traverser des rivières… Même en hiver, tout est possible pour nos petits héros intrépides !

Les trois courts métrages qui composent ce recueil (qui emprunte son titre au dernier d’entre eux), mettent tous trois en avant des personnages d’enfants, courageux, près à braver le danger que représentent parfois des animaux, pour aider un frère, retrouver le printemps, ou prouver leur bravoure. Ils ont en commun aussi de faire la part belle aux saisons, magnifiant la sortie de l’hiver comme facteur de guérison, ou symbole de vie. "Un printemps en automne" ouvre la bal, avec un garçon malade, alité, dont la sœur tente de réveiller le soleil, en se faisant aider par des animaux, eux-mêmes en état de léthargie hivernale. Un film en forme de rêve, aux décors crayonnés et aux personnes de papiers articulés, qui rappelle qu’après la maladie revient l’envie de jouer. S’en suit "Le rêve de l’ours", aux décors simples peints et aux personnages de papiers articulés, met en scène des villageois tentant de réveiller un ours, blotti dans sa tanière, afin de faire revenir le printemps. Un film plein de malice et de poésie, avec quelques jolies idées tel le gâteau en forme de petit oiseau. "La chasse à l’ours" vient enfin clore le recueil, avec un dessin plus classique, aux décors mélangeant crayon et peinture, sur lesquels évoluent des personnages aux à plats de couleurs, sans ombrage, et aux pommettes bien roses. L’histoire de ces cinq enfants partis en douce à la chasse à l’ours, accompagnés par leur chien Rufus, n’est pas des plus passionnantes. Elle convoque cependant une ambiance bucolique, les personnages traversant divers paysages aux potentiels dangers : prairies emplies de bestioles, marécages, forêt inquiétante, prairie enneigée, plage ensoleillée ou grotte sombre. Un joli catalogue complété par des chansons enfantines aussi datées que le graphisme, entre ode à la « peur de rien » et refus de l’oublie. C’est sur le moins original des trois récits que se clôt donc ce recueil, qui a le mérite de dépayser et de donner aux plus petits l’envie de tenter l’aventure, tout en posant le rôle fondamental du printemps dans le rythme de vie des animaux, comme des humains. Abus de ciné
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De MICHEL OCELOT avec Doudou Gueye Thiaw, Maimouna N'Diaye, Awa Sene Sarr, Robert Liensol, William Nadylam
Animation - France - 1998 -

KIRIKOU ET LA SORCIERE MICHEL OCELOT

La sorcière Karaba a jeté un terrible sort sur le village : la source est asséchée, les villageois rançonnés, les hommes disparaissent mystérieusement. Mais le minuscule Kirikou, sitôt sorti du ventre de sa mère, veut délivrer le village et découvrir le secret de sa méchanceté.

Un enchantement animé, d'une poésie visuelle rare. Assise dans sa case, une femme africaine entend une voix ferme et décidée sortir de son ventre rond : « Mère, enfante-moi ! – Un enfant qui parle dans le ventre de sa mère s’enfante tout seul », répond calmement la femme. D’entre ses jambes jaillit alors un minuscule bébé, agile et pressé de vivre, qui coupe lui même le cordon ombilical et l’assaille de questions. Où est son père ? « Il a disparu, comme tous les hommes du village », répond la femme. Pourquoi ? « Une sorcière nommée Karaba affame la région. Elle a fait main basse sur les richesses du pays. On dit aussi qu’elle a mangé ses captifs… » A naissance exceptionnelle, destin exceptionnel : ni une ni deux, Kirikou galope vers le domaine de la sorcière pour délivrer les siens… Michel Ocelot, qui s’est inspiré de contes africains, nous livre un dessin animé coloré, drôle et vif. Il donne à cette histoire des résonances intemporelles, en évitant pesanteur et didactisme. Son petit personnage n’a jamais peur, il réfléchit et agit avec plus de sagesse qu’un « grand ». Il incarne bien sûr le courage, la raison, la persévérance… Mais ce message n’est jamais appuyé. Au contraire : le ton est à la légèreté. L’image joue des contrastes, s’amuse à opposer la taille du gamin à celle de ses aînés, puis à l’immensité de la savane. De la même manière, c’est dans le balancement entre la fantaisie de l’aventure et la grandeur éternelle de l’Afrique que ce film trouve son originalité. Avec ses plages d’émotion : avant de retourner au combat, Kirikou se blottit sur les genoux de son grand père devin. C’est tout simple et très beau. Les décors semblent sortis de l’imagination d’un Douanier Rousseau africain. Parfois, le graphisme va jusqu’à la stylisation extrême : quand Kirikou entre dans le terrier d’une famille d’écureuils, l’écran est presque entièrement noir et l’enfant apparaît en ombre chinoise dans un boyau lumineux. Tant de jeux graphiques, de fraîcheur et de sensualité mêlés donnent à ce dessin animé un souffle magique. La sorcière vous ensorcellera ; Kirikou vous enchantera. Télérama
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De Jeroen Jaspaert avec Rob Brydon, David Tennant, Nina Sosanya, Tom Hollander, Frances de la Tour, Husaam Kiani
Animation - Royaume-Uni/Suède/Nouvelle-Zélande - 2018 - VF -

Le Rat scélérat

“ Je suis le Rat scélérat et tout ce qui me convient me revient... Le Rat scélérat était un vilain. Le Rat scélérat était un gredin. Il ravissait ce qui lui chantait et mangeait ce qu'il ravissait. Sa vie se résumait à un long festin. Ses dents étaient jaunes, mais bien aiguisées... Ses manières étaient brusques et pas très distinguées. Ainsi voyageait le Rat scélérat... Galopant, chevauchant, filant comme le vent, Dérobant leurs victuailles aux voyageurs qu'il croisait sur sa route.”

A voir aussi au Palace d'Altkirch le jeudi 21 février à 16h15

Un petit rat fait les poches à tous les animaux à la ronde. Pas de quoi angoisser les petits, les crimes de ce film d’animation se font tout en douceur. Un récit inspiré, accompagné de deux autres courts métrages tout aussi réussis. Voleur, gourmand, égoïste : le « rat scélérat », de Jeroen Jaspaert, mérite bien son nom, lui qui écume les campagnes pour piquer leurs maigres pitances à tous les animaux à la ronde. Lesquels seront bien les seuls à être terrifiés, tant ce court métrage d’animation n’est que douceur et reliefs douillets. À force de méfaits, le vilain rongeur est pris à son propre piège, et forcé d’envisager une reconversion… savoureuse. Suite de saynètes cocasses – de l’écureuil qui tente désespérément de sauver ses noisettes à l’oie futée qui, elle, fait de la résistance – ces aventures concoctées par le studio indépendant britannique Magic Light (Le Gruffalo, La sorcière dans les airs…) ressemblent à une fable de La Fontaine reconstituée dans un magasin de jouets. Elles sont complétées par deux autres petits films joliment inspirés : Une pêche fabuleuse (signé Uzi Geffenblad), étrange voyage sans paroles venu de Suède, vogue dans les eaux troubles du rêve, à bord du bateau de fortune d’un chaton aux grands yeux mélancoliques. Du chapeau troué à l’ampoule magique, c’est toute une poésie du recyclage et de la récup que déploie cette animation en collages aux teintes sourdes. Au moins aussi farfelu, mais beaucoup plus joyeux, Musique-Musique, du néo-Zélandais Ned Wenlock, nous présente une bande de cerfs fiérots. Des nuées d’oiseaux gazouillent dans leurs bois, ça swingue dans la forêt et à l’écran, grâce à une pimpante ligne claire, humour stylisé et couleurs printanières… En trois petits films, ce joli programme d’animation est un véritable zoo imaginaire, idéal pour les petits. Télérama
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De Filip Diviak, Krishna Chandran A. Nair, Alexey Ale
Animation - France/Rép tchèque/Russie - 2018 - VF -

Petits contes sous la neige

L’entraide et la créativité sont au rendez-vous dans ce programme de sept courts métrages à destination des plus petits. D’une montagne enneigée en passant par une mer étoilée, d’une ville tranquille à un océan agité, les héros de ces films transportent le spectateur dans leurs histoires joyeuses et poétiques, pour la plupart empreintes d’une magie toute hivernale.

Si certains programmes de courts métrages destinés aux tout-petits s’avèrent inégaux, ce n’est pas le cas de celui-ci, composé par le distributeur Folimage, qui compile sept œuvres artistiquement accomplies. Parfaitement rythmé, Petits contes sous la neige alterne films-haïkus et histoires d’une vie. Les premiers, très brefs, reposent sur une pure idée poétique (Pêcheurs d’étoiles, de Han Zhang) ou sur un gag (Biquettes, d’Ekaterina Filippova). Dans ce registre, La Luge et le dragon (2017), d’Eugenia Zhirkova, où l’imaginaire d’une jeune fille métamorphose le paysage – une colline à gravir devient château fort à conquérir –, est sans doute le plus réussi. Les merveilleux La Famille Tramway (2016) et Le Réveilleur (2017) appartiennent, eux, à la deuxième catégorie. Dans le premier, Svetlana Andrianova raconte, tout en anthropomorphisme, l’apprentissage d’un jeune tram fougueux auprès de son papa, puis la déliquescence matérielle de ce dernier. L’animation en stop-motion, avec des humains de papier, y est remarquable. Dans le second, également très émouvant, Filip Diviak relate le vieillissement d’un homme dont la tâche quotidienne, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, est de frapper aux portes des maisons de son village pour réveiller les habitants à l’heure. Enfin, à mi-chemin entre haïku et mini biopic, Krishna Chandran A. Nair retrace, dans Drôle de poisson (2017), l’itinéraire d’un ballon de baudruche échoué sur l’eau, qui intrigue la faune aquatique. Réalisés entre 2016 et 2017, ces courts permettent de constater la virtuosité technique inaltérée des créateurs issus de l’école russe, formés aux studios Pilot ou Shar. Auteurs de quatre films sur sept, ils sont aussi à l’aise en animation 2D par ordinateur (le très cartoon Sceptre du Père Noël, d’Alexey Alekseev) qu’en volume (La Famille Tramway) ou en papier découpé (Biquettes). Télérama
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De Benjamin Botella, Emmanuelle Gorgiard, Pascale Hec avec Anaëlle Manquest, Maia Baran, Raphaelle Bruneau, Charlotte Campana
Animation - France/Belgique - 2018 - VF -

Le Quatuor à cornes

Trois courts métrages : La clef des champs, Dorothy la vagabonde & Aglaé la pipelette. La clef des champs - Au cours d’un pe´riple fantaisiste jusqu’au bord de la mer, quatre vaches vont de´couvrir la liberte´ dans le monde inconnu qui s’e´tend au-dela` de leur pre´. Dorothy la vagabonde - Rosine, Marguerite, Clarisse et Aglae´ de´couvrent avec surprise une cre´ature poilue dans leur prairie ! Aglaé la pipelette - Aglae´ est une pipelette qui aime par dessus-tout faire la conversation a` ses petites camarades. L’ennui, c’est qu’elle oublie de leur laisser la parole...

“Le Quatuor à cornes”, un film pour enfants qu’on aimeuh bien. Quatre vaches aux personnalités affirmées croisent des moutons rigolos, un taureau vantard, un chien borné… De l’animation bien ficelée, idéal pour les petits. Adaptée des albums jeunesse d’Yves Cotten, cette sympathique collection de trois courts métrages met en scène quatre vaches aux robes et aux personnalités bien distinctes : une bavarde, une coquette, une peureuse et une tête en l’air. Leurs explorations sont l’occasion, pour les jeunes spectateurs, de découvrir différentes techniques d’animation. Réalisé en 2D numérique par Arnaud Demuynck et Benjamin Botella, La Clef des champs raconte le périple du quatuor à la découverte de la mer. En chemin, elles croisent un troupeau de moutons rigolos, un taureau vantard, un chien borné. Les papotages incessants, le trait vif et le rythme soutenu évoquent, en plus modeste, Le Grand Méchant Renard (2017). Avec Dorothy la vagabonde (en stop-motion, par Emmanuelle Gorgiard), il s’agit également de « sortir du pré » – moins littéralement cette fois. Cantonnées dans leur enclos, les quatre vaches reçoivent la visite d’une consœur highland d’Ecosse. Elles commencent par se moquer de ses longs poils et de ses grandes cornes, avant de découvrir les joies de la tolérance. Dommage que l’animation soit ici un peu moins pêchue. Enfin, Aglaé la pipelette (en papier découpé numérique, par Pascale Hecquet) fait l’éloge de l’amitié, dans une forme qui épouse la volubilité de l’héroïne. Pour elle, parler de choses futiles est une manière d’exister. Les mots s’affichent à l’écran, se télescopant jusqu’au non-sens. Télérama
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De Matthieu Auvray avec Sebastien Pierre (II), Sören Prévost, Laurent Morteau, Cindy Lemineur, Kim Schwark
Animation - France - 2018 -

La Grande aventure de Non-Non

A Sous-Bois-Les-Bains, les jours s’écoulent dans la bonne humeur et ce n’est pas une histoire de glace à la carotte, un voyage (raté) sur la Lune ou une inondation qui changeront les choses ! Rien ne semble pouvoir arrêter cette drôle de bande de copains, tous si différents, mais toujours solidaires.

Sorti de l’imaginaire de l’illustratrice Magali Le Huche, Non-Non l’ornithorynque est la vedette de ces trois courts métrages. Autour de lui gravitent un ours bricoleur, une grenouille artiste, une tortue casse-cou, un lapin maraîcher et un crabe hyperactif. Dans le biblique Déluge à Sous-Bois-les-Bains, morceau de bravoure, la troupe s’embarque sur un rafiot pour échapper à des inondations. Une aventure précédée par deux autres (Non-Non et la glace à la carotte, Grocroc mal luné), issues de la série diffusée à la télévision, où le héros se plie en quatre pour ses potes. La force du programme est une animation 3D par ordinateur aux couleurs pétillantes, qui reproduit numériquement les effets de la pâte à modeler animée image par image. Cette prouesse technique rend les personnages et les décors presque tangibles. Télérama
Séance à la demande pour les scolaires

De ANAIS SORRENTINO, FRITS STANDAERT, JEREMIE MAZUREK
Animation - France - 2018 - VF -

LES RITOURNELLES DE LA CHOUETTE

La Chouette du cinéma a rassemblé dans ce nouveau programme cinq histoires à ritournelles. La petite fourmi qui a plein d'amis, l'escargot farceur démasqué, la sage tortue d'or, l'humble tailleur de pierre et le candide Basile nous invitent à ne pas nous croire les plus forts ni les plus malins, et à rester modestes.

Au programme de ce quatrième opus présenté par la Chouette du cinéma, cinq fabuleux courts métrages, célébrant l’humilité ou la solidarité. A partir de 4 ans. Après trois programmes sortis entre 2016 et 2017, la Chouette du cinéma revient jouer les speakerines pour présenter, cette fois, cinq fabuleux courts métrages qui célèbrent l’humilité ou la solidarité. Avec l’édifiant Tortue d’or (2018), où un modeste couple de pêcheurs est atteint de folie des grandeurs, Célia Tisserant et Célia Tocco livrent leur version d’un célèbre conte populaire. Une histoire déjà portée à l’écran par Emanuele Luzzati et Giulio Gianini, maîtres italiens du papier découpé, dans le flamboyant Polichinelle et le poisson magique (1981). Eloge de l’entraide, Un travail de fourmis (Anaïs Sorrentino et Arnaud Demuynck, 2017) rappellerait plutôt Donald et les fourmis, génial cartoon de 1948 signé Jack Hannah. Le florilège tire sa force d’une grande cohérence visuelle (peps des couleurs, vitalité de l’animation 2D) et thématique. Tous les films reposent sur une narration en ritournelles – une souris demande l’aide d’un écureuil, puis d’un lapin, etc. –, où le comique de répétition tourne à plein, jusqu’à la morale, salutaire. Au-delà des mises en garde contre l’individualisme ou la consommation effrénée, les auteurs font découvrir aux plus petits les multiples formes des contes traditionnels : fables animalières (Un travail de fourmis, L’Arbre à grosse voix), apologues humains (La Tortue d’or, L’Humble tailleur de pierre) et chanson (Où vas-tu Basile ?). Télérama
Séance à la demande pour les scolaires

De Trevor Hardy
Animation - Royaume-Uni - 2018 - VF -

Mango Trevor Hardy

Mango, une jeune taupe, doit suivre la tradition familiale et aller travailler à la mine locale. Joueur de football doué, son rêve est de participer à la Coupe du Monde. Mais quand un gangster menace de s'accaparer la mine et ruiner la ville, Mango doit trouver un moyen de protéger sa famille et de réaliser son rêve.

Mango est un film d’animation en volume réussi, à quoi la laine apporte une jolie valeur ajoutée. C’est un secret de polichinelle, les Britanniques sont les champions de l’animation en volume. Le studio Aardman, notamment, a rendu très populaire cette technique artisanale vieille comme le cinématographe, depuis Chicken Run et Wallace et Gromit. Si la pâte à modeler, la silicone ou la plasticine sont les matériaux privilégiés, Mango innove en mettant en scène des personnages entièrement faits de laine. L’intrigue rappelle beaucoup Cro-Man de Nick Park, à ceci près que ce ne sont pas des hommes des cavernes mais des taupes qui sont les protagonistes de l’histoire. Le rythme effréné et l’humour décapant rendent le suivi de cette intrigue footballistico-marxiste très agréable à suivre. Dans le village de Diggington, après un acte de vandalisme qui a vu mourir son patron, le père de Mango, la mine est menacée de rachat par un homme d’affaires véreux : le Boss, un gros chat blanc aux yeux bleus. Pour tenter de sauver les emplois et l’indépendance de ses camarades mineurs, Mango, aidé de ses amis, décide de cultiver ses talents de footballeur et d’intégrer l’équipe nationale pour défier l’équipe supportée par le Boss. Que les spectateurs qui ne sont pas amateurs de football se rassurent, ils trouveront matière à rire et à se divertir. Si les décors sont très bien construits, avec nombre de détails iconographiques, les personnages ne sont pas en reste : une petite femelle blaireau bricoleuse à la répartie redoutable, une lapine au fort caractère et à l’accent québécois prononcé, ou encore une belette à la voix ridiculement sensuelle ; on a rarement vu une galerie aussi éclectique et originale, même si le jeu des accents, bien que très drôles, n’est pas forcément justifié. La voix off du héros, qui ne fait que raconter ce que nous voyons à l’écran, est inutile. Toutefois, plus l’intrigue progresse, plus le rythme de l’action et les gags vont crescendo : l’évasion de Mango et de ses amis du repaire du Boss à bord d’un engin de chantier, est surprenante, très bien réalisée, et surtout hilarante. On aurait donc tort de bouder son plaisir en découvrant le premier long-métrage de Trevor Hardy. Avoir-alire
Séance à la demande pour les scolaires

De MICHEL OCELOT avec Sofia Boutella, Hiam Abbass, Patrick Timsit, Cyril Mourali, Karim M'Ribah
Animation - France - 2006 - -

AZUR ET ASMAR MICHEL OCELOT

Il y a bien longtemps, deux enfants étaient bercés par la même femme. Azur, blond aux yeux bleus, fils du châtelain, et Asmar, brun aux yeux noirs, fils de la nourrice. Elevés comme deux frères, les enfants sont séparés brutalement.Mais Azur, marqué par la légende de la Fée des Djins que lui racontait sa nourrice, n'aura de cesse de la retrouver, au-delà des mers. Les deux frères de lait devenus grands partent chacun à la recherche de la Fée. Rivalisant d'audace, ils iront à la découverte de terres magiques, recelant autant de dangers que de merveilles...

Intelligent, grandiose et foisonnant, l’art du sublime revu par Michel Ocelot, le papa de Kirikou. Si vous ne deviez voir qu’un film d’animation cette année, assurez-vous que cela soit Azur et Asmar. Cette ode à la réconciliation des peuples, généreuses dans ses propos, se veut contemporaine en ces temps de frictions exacerbés entre le Moyen-Orient et l’Occident, et ce malgré ses allures de conte ancestral féerique. Didactisme humaniste et merveilleux s’épousent dans un récit d’aventure riche en rebondissements et enchantements. Azur et Asmar réinvente la magie au cinéma. Celle-ci est de chaque plan, poétique, épique, majestueuse et divine. Elle imprègne chaque image du métrage dont la pureté esthétique et narrative nous renvoie aux aux plus grands conteurs de l’histoire (Walt Disney, l’homme, en étant le représentant le plus éminent au cinéma). Cet infini voyage dans le sublime exalte ses couleurs et la noblesse d’âme de ses deux protagonistes adolescents, puisant son inspiration dans le meilleur des contes des Mille et une nuits. Déployant une foison de décors grandioses et imposants à la texture et à la composition alambiquées, Michel Ocelot, à qui l’on doit les deux Kirikou, semble avoir dompté l’animation 3-D pour en faire un outil d’artisan, qui a su lui apporter minutie et pureté à une échelle encore inédite à l’écran. Cette grande fresque du désert, peuplée de princesses, de djinns, de fées, d’un lion flamboyant et d’un oiseau fabuleux, ne trahit donc en rien son œuvre et constitue même une étape logique dans la carrière d’un homme allant jusqu’au bout des techniques pour exprimer ses ambitions, aussi onéreuses soient-elles. En résumé, Ocelot nous convie au spectacle le plus inoubliable et le plus magique de l’année, et à une sérénité merveilleuse qui fera date dans l’histoire de l’art animé. Un succès royal à voir et revoir impérativement sur grand écran pour pouvoir profiter de son incroyable luxuriance et de ses exquises splendeurs. Avoir-alire
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De Michel Ocelot
Aventure Animation - France - 2018 - -

DILILI A PARIS

Dans le Paris de la Belle Epoque, en compagnie d'un jeune livreur en triporteur, la petite kanake Dilili mène une enquête sur des enlèvements mystérieux de fillettes. Elle va d'aventure en aventure à travers la ville prestigieuse, rencontrant des hommes et des femmes extraordinaires, qui l'aident, et des méchants, qui sévissent dans l'ombre. Les deux amis feront triompher la lumière, la liberté et la joie de vivre ensemble.

César du meilleur film d'animation

Toujours en quête d’innovations visuelles et esthétiques, Michel Ocelot suit les aventures mouvementées d’une fillette Noire à la Belle Époque avec un travail pictural en hommage aux tableaux de maîtres. On le connaît bien, Michel Ocelot. C’est le septuagénaire qui nous a offert quelques-uns des plus beaux films d’animation français : Kirikou et la sorcière, Azur et Asmar, Princes et princesses… C’est celui qui n’a eu de cesse de renouveler en permanence son cinéma, explorant de nouveaux horizons esthétiques. Kirikou et la sorcière témoignait le premier de sa formidable capacité de jouer avec la géométrie des espaces et la profondeur des décors dans lesquels il fait évoluer ses personnages. Dans Azur et Asmar, Ocelot joue de textures et de couleurs dans une esthétique irréprochable. Dans Princes et princesses, c’est la beauté des profils et des ombres qu’il fait surgir aux yeux des spectateurs par l’utilisation du papier découpé. Dilili à Paris réserve aussi son lot d’autoréférences, de surprises et d’innovations. Nous sommes dans le Paris de la Belle Époque. Tout semble aller pour le mieux. Enfin pas tout à fait pour Michel Ocelot. Quelque chose le gêne dans cette « belle époque » : il n’y a que des Blancs et, comme en témoigne la séquence d’ouverture du film, le racisme est omniprésent puisque les Noirs sont exhibés au public dans le cadre de musées anthropologiques. Pourtant, lorsque Dilili ouvre la bouche, force est de reconnaître que certains parisiens identitaires et nationalistes peuvent aller se rhabiller, comme le découvre Orel, jeune conducteur de triporteur : « Toi comprendre moi ? » lui demande-t-il. Et Dilili de lui répondre par l’affirmative avec une syntaxe parfaite. Rien d’étonnant à cela puisqu’elle a eu Louise Michel comme professeure (sans blague). Mais sa condition de Noire ne lui a jamais permis de vivre en petite fille libre, aussi intelligente soit-elle. Dilili rêve de découvrir Paris, Orel décide donc de lui faire visiter la ville à l’aide de son triporteur. Une complicité joyeuse, pleine d’humour et de tendresse, va naître et grandir entre ces deux-là. En réunissant à l’écran un adolescent issu des classes populaires et une petite fille noire, Ocelot, comme à son habitude, transcende les tensions culturelles pour les réunir dans leur diversité et leur communauté. Les classes sociales se rencontrent et se mélangent : voir la complicité entre Dilili et la cantatrice Emma Calvé. Des hommes remplis de préjugés finissent par revoir leur jugement vis-à-vis des personnes de couleur, comme Lebœuf, le chauffeur d’Emma Calvé. Mais Dilili à Paris se veut également un film féministe, à l’heure où les débats s’enchaînent sur la cause des femmes, les questions de harcèlement sexuel et de violences conjugales. En effet, quelque part dans les égouts de Paris se trame un terrifiant complot : des petites filles sont enlevées pour servir le terrible dessein d’une bande de suprématistes masculins : les Mâles-Maîtres. N’écoutant que son courage, son audace et son culot, Dilili décide de mener l’enquête, aidée par Orel, Emma Calvé et bien d’autres. C’est que Michel Ocelot met en scène son film à une époque où le machisme et le patriarcat dominaient le paysage sociétal, renvoyant par là-même aux thèmes et à l’esthétique du cinéma classique français – celui de Jean Renoir et de Marcel Carné –, plantant une étoile au milieu d’un réel dont les violences et les inégalités se parent de beaux habits, de voitures confortables et de vastes appartements. En grand innovateur, Ocelot surprend une fois encore, les plans de Dilili à Paris étant composés à la fois de dessins originaux et de véritables photographies en prises de vues réelles, qui rappellent au spectateur que le cinéma est fondamentalement un art de lumières, d’images, de montage et de trucages. Il y a fort à parier que ce road trip policier, techniquement très maîtrisé et teinté de poésie et d’humanité, sera considéré, à juste titre, comme le film d’animation événement de ce début d’automne. Avoir-alire
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De Mats Grorud
Animation Historique Drame - France/Suède/Norvège/Palestine - 2018 - VF / VOST -

Wardi Mats Grorud

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Beyrouth, Liban, aujourd’hui. Wardi, une jeune palestinienne d’onze ans, vit avec toute sa famille dans le camp de réfugiés où elle est née. Sidi, son arrière-grand-père adoré était l’un des premiers à s’installer dans le camp après avoir été exproprié de son village en 1948. Le jour où Sidi lui donne la clé de sa vieille maison en Galilée, elle s’attriste à l’idée qu’il ait perdu l’espoir d’y retourner un jour. En partant à la quête de l’espoir perdu de Sidi à l’intérieur du camp, elle collectera les témoignages de sa famille, d’une génération à l’autre.

Le premier long du Norvégien Mats Grorud retrace avec intelligence et tendresse l’histoire d’une famille d’un camp de réfugiés palestiniens au Liban. Al-Nakb", autrement dit "La catastrophe". Quand le 15 mai 1948 fut fondé l’État d’Israël, deux tiers de la population palestinienne se retrouva déplacée de ses foyers ancestraux, un événement encore d’actualité 70 plus tard puisque des camps de réfugiés nés à cette époque existent toujours, comme celui de Bourj el Barajneh, à Beyrouth, au Liban, qui a inspiré au Norvégien Mats Grorud la trame de Wardi [+], dévoilé en première mondiale hors compétition au 42e Festival International du Film d'Animation d'Annecy. Un contexte historique et géopolitique noué par le conflit empoisonnant depuis des décennies le quotidien au Proche-Orient, qui fait évidemment du premier long métrage du cinéaste une oeuvre à message, mais qu’il a su aborder avec suffisamment de délicatesse et d’humanité pour éviter les pesanteurs de la propagande guerrière, préférant tisser un fil émouvant reliant les générations et mettre en lumière la valeur de la transmission. A 11 ans, Wardi est une petite fille comme une autre, habituée à son environnement, un enchevêtrement de bâtiments délabrés au milieu desquels serpentent des ruelles parsemées de câbles électriques tirés dans tous les sens. Mais elle prend soudainement conscience de la précarité de l’existence car Sidi, son arrière-grand-père adoré, a un cœur de plus en plus fatigué et décide de lui donner une clé qu’il portait autour de son cou ("prends-en soin pour moi"). Un passage de témoin que certains voisins voient comme une perte d’espoir et qui pousse Wardi à poser des questions aux membres de sa famille. Une enquête à la fois naïve et insistante qui lui permettra de connaître le passé, de comprendre où et quelles sont ses racines, et de clarifier les comportements du présent qui oscillent entre la persistance du rêve de retour (par la force de l’esprit ou par le choix des armes) et le désespoir de condamnés à perpétuité à l’exil et la pauvreté. Autant de découvertes que Wardi effectue en grimpant les étages d’un immeuble en forme de tour construit chaotiquement par les quatre générations successives de réfugiés du camp. De la genèse de l’exode en 1948 en Galilée quand les opérations militaires israéliennes contraignent Sidi à fuir avec son père (qui conserve précieusement la clé de la petite maison familiale et des graines pour replanter des arbres), en passant par l’installation à Bourj el Barajneh dans un campement de tentes qui durera des années avant de se transformer en une sorte de bidonville, puis en quartier bâti dans l’anarchie, jusqu’aux tentatives de révoltes armées qui seront finalement écrasées en 1982 et 1986, Wardi est une passionnante leçon d’histoire, à sens unique certes, mais qui pose avec une grande acuité la question du statut cruel de ces éternels réfugiés. Un sujet que le film décortique avec une belle adresse à coup de flashbacks et avec quelques images d’archives (un scénario du réalisateur avec Trygve Allister Diesen et Ståle Stein Berg), tout en tenant intelligemment son cap axé sur la relation affective de Wardi et de Sidi. Une approche emballée dans une animation maîtrisée et expressive associant marionnettes et 2D qui permet d’ouvrir une thématique à priori très adulte sur le papier à un public d’enfants (de l’âge de l’héroïne), ce qui est en soi une prouesse assez remarquable, et qui véhicule, au-delà des parti-pris politiques, de solides valeurs humanistes ("quelle que soit la profondeur de l’obscurité, essaye toujours de trouver le plus petit rayon de lumière"). CinEuropa
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De Denis Do avec Bérénice Bejo, Louis Garrel
Animation Drame - Cambodge/France/Luxembourg/Belgique - 2016 - VF -

Funan Denis Do

La survie et le combat d'une jeune mère, durant la révolution khmère rouge, pour retrouver son fils de 4 ans, arraché aux siens par le régime.

A écouter, Tous les cinémas du monde sur RFI, émission spéciale sur Funan et l'animation française

Esthétiquement et émotionnellement puissant, Funan est un film d’animation profondément humaniste, en ce sens qu’il place cinématographiquement les personnages au centre de son récit. Funan, c’est le nom donné à un ancien royaume localisé sur les actuelles terres cambodgiennes entre le Ier et le VIIème siècle. Dès le titre, la nostalgie des temps anciens, de la paix et de la sérénité, semble planer au-dessus du premier long-métrage de Denis Do, narrant avec force et rage les ravages de la dictature totalitaire des Khmers rouges. Quatre années durant, ces illuminés d’extrême gauche, farouchement opposés à l’Occident, firent régner la terreur sur le Cambodge, assassinant près de deux millions de civils. Funan, c’est l’histoire d’une famille séparée par les armes, qui, avec courage et détermination, ne recule devant aucun risque afin d’être à nouveau réunie. Le décor est idyllique : une forêt abondante, des marécages, des rizières, le lit du Mékong ; une nature luxuriante à quoi le graphisme de Michael Crouzat, directeur artistique du film, donne des allures mystiques, de jour comme de nuit. Beauté sauvage qui contraste avec la violence de l’action, les menaces, le travail forcé et les coups de feu. Au cœur de Funan est un peuple opprimé mais divisé face à l’autocratie Khmer rouge : de jeunes téméraires appellent à la résistance, les plus âgés se montrent dociles sans être pour autant résignés ; certaines femmes, fustigées par d’autres, se laissent aller au pouvoir de la séduction pour obtenir les faveurs des militaires. Le réalisme visuel et historique, l’animation fragmentée, rappellent la filmographie intellectuelle et onirique du regretté Isao Takahata (notamment son chef-d’œuvre : Le tombeau des lucioles). En ces temps sombres, ce sont bien les hommes, les femmes, les enfants et les rapports humains qui sont au cœur du film. Ce qui frappe, par ailleurs, c’est l’engouement avec lequel le réalisateur saisit en gros plans les visages et, de fait, les émotions des personnages. C’est ce que Gilles Deleuze appelle, dans son essai L’image-mouvement, l’image-affection : « L’image-affection c’est le gros plan et le gros plan c’est le visage. », écrit-il. Ainsi, tout au long de l’œuvre, Denis Do explore les processus de visagéification – apposant sur le champ des visages qui, souvent, débordent du cadre –, et de visagéité – saisissant au vol, dans des fragments d’images, des éléments des visages : nez, œil, bouche. Cet exercice, complexe et précis, permet au cinéaste de concentrer les expressions, émotions et sentiments des protagonistes : dans leurs regards attristés ou enragés, leurs lèvres qui se pincent, leurs larmes qui coulent, se lisent la colère et l’affliction, mais aussi l’espoir pour Chou, l’héroïne, et son mari, de retrouver leur fils Sovanh qui, de son côté, vit ses premières amours, comme une échappatoire à ses bourreaux en uniforme. Quand les extrémistes font les génocides, les petits ruisseaux de la désobéissance font les grandes rivières de l’espérance et de la réconciliation. Avoir-alire
Séance à la demande pour les scolaires

De Werner Boote avec Werner Boote, Kathrin Hartmann, Noam Chomsky, Raj Patel
Documentaire - Autriche - 2018 - VOST -

L'Illusion verte Werner Boote

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Aujourd’hui, les industriels investissent beaucoup de temps et d’argent à «verdir» leur image : voitures électriques, huile de palme labellisée bio, ou encore produits issus du commerce équitable… tout est fait pour nous déculpabiliser et expliquer que nous pourrions sauver le monde en consommant ces produits. Une pratique dangereusement populaire nommée greenwashing ou éco-blanchiment. Mais si à défaut de sauver le monde, ces achats responsables ne faisaient qu’enrichir les multinationales ? Werner Boote et Kathrin Hartmann parcourent le monde pour révéler l’envers du décor.

Un film dans l’air du temps. L’écologie est devenue une des préoccupations principales des humains. Mais allons-nous dans le bon sens ? La voiture électrique est-elle plus écolo que la voiture diesel ? Et une pate à tarte bio à l’huile de palme ? La réponse est non mais c’est ce qu’on essaie de nous faire croire. Les industriels se sont engoufrés dans cette filière, très rémunératrice. Le film se propose de nous montrer l’envers du décor, non sans humour.

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