Soirée Halloween

De Kane Parsons avec Chiwetel Ejiofor, Renate Reinsve, Finn Bennett, Lukita Maxwell, Mark Duplass
Horreur
Science-Fiction - Etats-Unis - 2026 - VOST - 2h06
Backrooms
Une étrange porte apparaît dans le sous-sol d'un magasin de meubles.
Pour BACKROOMS, on vous propose un petit défi : venez déguisés ! 🎭. Plus c’est étrange, flippant ou improbable, mieux c’est… Rendez-vous au cinéma pour une séance qui risque de vous faire regarder les couloirs autrement. 👀
Les temps changent. On ne devient plus cinéaste après des années douloureuses dans une école de cinéma. Il suffit d’être un petit génie de l’audiovisuel pour se faire remarquer sur YoutTube avec une série qui va devenir virale. Kane Parsons reproduit ainsi l’univers fermé et angoissant d’une autre dimension, cachée à l’intérieur d’un magasin de meubles, auquel on accède à travers les murs, et qu’une bande de scientifiques étranges étudie. En réalité, ce monde souterrain où sévit un monstre ressemble à une incursion angoissante dans le fonctionnement psychologique de ceux qui y parviennent. Les pièces sont vides, et les quelques meubles qui s’y trouvent rappellent l’histoire des victimes qui sont rentrées. Backrooms se démarque du film d’horreur par une esthétique et un imaginaire hors du commun. Par certains aspects, on pense au cinéma de Vincenzo Natali, avec notamment Cube, même si très vite le scénario s’écarte du seul dessein d’échapper au piège de pièces meurtrières. Le récit en effet s’invite dans l’angoisse des personnages qui se sont retrouvés dans ce monde et descendent de façon irrésistible toujours plus bas à l’intérieur de leur cauchemar. Le jeune réalisateur fait la démonstration d’une maîtrise complète du sujet, qu’il a maintes fois filmé dans ses séries, et de la mise en scène. On ne comprend pas tout, et il faut se replonger dans la mini-série car l’on retrouve, non sans une certaine émotion, ces grandes pièces jaunes qui s’enchaînent à l’infini, telles un labyrinthe. Dans le tout premier épisode, le héros malheureux est un jeune réalisateur. La caméra subjective filme de nouveau cette plongée infernale dans des espaces clos et effrayants où l’inhumanité règne. Le long-métrage est fortement imprégné de la culture du jeu vidéo. Toutes les dimensions se mélangent et l’on ne sait plus où se situent le réel et le fantasmagorique. Équipé de moyens relativement importants, le film parvient à recréer les multiples points de vue de ce monde où l’envers rejoint l’endroit. La caméra subjective rappelle les courses macabres de héros pixelisés que le joueur conduit vigoureusement avec sa manette. À cela s’ajoutent des références traditionnelles du film d’épouvante avec les hôpitaux psychiatriques, les faux gentils et les monstres qui semblent tout droit sortis d’une peinture de Francis Bacon. Backrooms est une réussite certaine. À lui seul, le long-métrage renouvelle le genre de l’horreur, trop souvent réduit à des chasses à l’homme sanglantes. Ici, pas d’hémoglobine excessive. Juste la sensation d’un enfermement permanent et d’un piège qui se referme sur les victimes. La fin appelle des suites que l’on espère aussi riches et inventives que ce premier épisode. Kane Parsons s’affiche comme un petit génie du septième art, pétri d’un sens de l’imagination et de l’horreur absolu. Les acteurs, plutôt inconnus, s’impliquent avec talent et un souci de la nuance dans cette macabre descente en enfer. Rimbaud disait avoir horreur des mains à la charrue, leur préférant celles à la plume. Toujours est-il que le réalisateur restitue avec brio le cauchemar des bureaux insipides où nombre d’agents s’épuisent en silence. Backrooms ne se raconte pas. C’est d’abord une expérience inédite de cinéma qui trouve toute sa puissance sur grand écran. Le passage de YouTube au cinéma grandit assurément Kane Parsons, qui a la possibilité d’exprimer pleinement son talent. Le spectateur est captivé par ces décors gigantesques en enfilade, qui font traverser aux personnages mille et une atmosphères. Voilà un film qui se laisse regarder, non sans une certaine admiration pour le réalisateur, et qui fera assurément couler beaucoup d’encre à sa sortie en salles. à Voir à Lire
