De Ken Russell avec Vanessa Redgrave, Oliver Reed, Dudley Sutton, Max Adrian, Gemma Jones
Historique
Horreur
Drame - Royaume-Uni/Etats-Unis - 1971 - VOST - 1h51
Les Diables
Le film retrace les grandes lignes de l'affaire des possédées de Loudun. Au 17ème siècle, en France, Richelieu veut convaincre Louis XIII d'en finir avec les gouvernements autonomes des petites villes de province. Loudun est une ville fortifiée du Poitou, dans laquelle catholiques et protestants vivent en bonne entente sous l'autorité bienveillante de l'abbé Grandier, un curé catholique charismatique et progressiste. Sa popularité, ainsi que sa réputation de prêtre libertin et séducteur, lui vaut des inimitiés parmi les notables locaux. La mère supérieure du couvent tout proche développe une attirance obsessionnelle pour le personnage. Les sœurs ursulines sombrent dans une forme d'hystérie collective, se disant possédées par des démons et par l'esprit de Grandier qu'elles accusent d'être en commerce avec le Diable. Ce sera le point de départ d'une cabale, menée par les autorités religieuses et civiles, contre le prêtre qui s'était ouvertement opposé aux projets de Richelieu.
Rencontre avec Eric Peretti, programmateur du LUFF de Lausanne et des Hallucinations Collectives de Lyon. Il a notamment signé un dossier de six pages consacré au film dans les pages de Mad Movies, référence incontournable du cinéma de genre.
Interdit - 16 ans
Œuvre baroque, démesurée, parfois insupportable, toujours inspirée, Les Diables de Ken Russell constitue à ce jour l'un des meilleurs pamphlets contre le fanatisme, quelque soit sa forme. Clairement anticlérical, peuplé de visages grimaçants et de décors faramineux, Les Diables est de ces films qui rentrent sans vergogne dans le lard flasque de la bien-pensance bourgeoise. Visuellement superbe, presque expressionniste après l'heure, encore et toujours d'actualité pour un spectateur du XXIème siècle, le film-phare de Ken Russell se trouve à mi-chemin entre le discours retenu d'un Dreyer et l'outrance stylistique d'un Bertolucci... Bien qu'il puisse s'affranchir de toute comparaison, tant sa liberté de ton défie toute analogie réductrice. Le dernier quart d'heure vaut à lui seul le visionnage, sorte de chemin de croix évoquant le Golgotha de l'Homme de Nazareth, dénouement infernal mais finalement indispensable. Un film culte à découvrir absolument, percutant et virevoltant, à l'image de son réalisateur...Allo ciné
