Programmation du 18 octobre au 28 novembre





  • A partir du 11 octobre

    un conte peut en cacher un autre

    de Jakob Schuh et Jan Lachauer
    Animation - Royaume-Uni - 2016 - VF - 1h01

    Comment réinventer les contes de fées avec humour et intelligence...
    Imaginons que Le Petit Chaperon Rouge et Blanche-Neige soient de vieilles copines... Elles feraient alliance pour se débarrasser de prédateurs affamés ou d’une belle-mère meurtrière. Et que ferait Jacques (celui du haricot magique) s’il avait Cendrillon pour charmante voisine ? Un loup aux allures de dandy nous raconte...

    Toute l’inventivité et la singularité de Roald Dahl (Charlie et la chocolaterie) se retrouvent dans ce film. Il est produit par l’équipe du «Gruffalo», dont on retrouve ici l’animation toute en rondeur et en couleurs.
    Tous ces talents additionnés pour un résultat drôle et original qui ravira les enfants mais aussi leurs accompagnants adultes.

    Forts d’un univers visuel très riche et de personnages hauts en couleur, ces contes revisités sont un véritable régal !
    Un petit chaperon rouge qui chasse les loups au lieu de les fuir et se fait un manteau de leur peaux ; un cochon banquier corrompu qui vole l’argent de ses clients ; une Blanche-Neige blonde ; une Cendrillon qui se fait draguer par son jeune voisin mais ne peut s’échapper de la demeure crasseuse où la séquestrent ses deux sœurs ; un Jack qui a deux mains gauches mais parvient tout de même à grimper au sommet du haricot magique pour sauver sa ferme et séduire Cendrillon ; un prince charmant emphatique et sûr de lui prêt à tout pour retrouver la propriétaire de la pantoufle de verre ; un grand méchant loup prêt à tout pour venger sa famille. Voilà les personnages que vous rencontrerez au détour d’une rue ou d’un sentier du film Un conte peut en cacher un autre, cinquième film et premier long-métrage de la société de production Magic Light Pictures. 
    Adaptation cinématographique du livre de Roald Dahl (auteur de Charlie et la chocolaterie, James et la grosse pêche ou encore Le Bon Gros Géant), ce superbe petit film d’animation britannique revisite brillamment quelques contes traditionnels ayant bercé notre enfance. Petits et grands spectateurs retrouveront ici l’humour noir et cruel du célèbre écrivain pour enfants, qui est aussi celui du grand Walt Disney. Et si vous êtes sûr de passer un bon moment grâce à cet humour décapant, sans doute apprécierez-vous aussi le graphisme et l’animation soignés du film.
    Les personnages aux grosses têtes et aux corps très fins, les animaux aux traits tantôt ronds, tantôt carrés, voire rectangulaires (regardez bien la silhouette du grand méchant loup) s’inspirent directement des dessins de Quentin Blake, illustrateur attitré des œuvres de Roald Dahl. Les décors colorés, aux aspects de toiles peintes et de carton-pâte (notamment ceux des scènes d’intérieur) achèvent de donner toute leur dimensions surréalistes aux images – images aussi surréalistes que l’intrigue qu’elles racontent.
    Vous l’aurez compris, avec ses dialogues incisifs et sa réalisation très aboutie, Un conte peut en cacher un autre est assurément le film d’animation qu’il convient d’aller voir en famille en ce début d’automne. Amusez-vous bien. Avoir-alire

    Sortie nationale

  • Du 18 octobre au 7 novembre

    la belle et la meute / aala kaf ifrit

    de Kaouther Ben Hania avec Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Noomane Hamda
    Drame - Tunisie/France/Suède/Norvège/Liban/Qatar/Suisse - 2017 - VOST - 1h40

    Mariam est belle et insouciante. Pour une fête étudiante, cette jeune Tunisienne s’habille comme une bombe, prête à s’amuser avec ses copines, au milieu de jeunes hommes qui n’ont rien à redire devant cette liberté féminine. Mais quelques heures plus tard, voilà la jeune fille, débraillée, sans chaussures et sans sac, qui erre dans la rue, en état de choc. Mariam a été violée. Youssef, qui l’accompagne, la convainc de porter plainte. Commence une longue nuit de lutte, d’hôpital en commissariats, pour faire respecter ses droits…

    Il y a quelque chose des Accusés dans La Belle et la Meute. Une femme qui se fait violer, elle l’a bien cherché, avec sa robe courte. Quand les violeurs sont policiers et qu’on se trouve en Tunisie, où de nombreuses femmes sont voilées, le regard de la société se fait impitoyable. La caméra de Kaouther Ben Hania nous emmène au plus près de Mariam, nous sommes avec elle, impuissants face à l’injustice.


    Plongée violente et fascinante au royaume du machisme institutionnel.
    Même si l’action se situe dans la Tunisie actuelle, la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hama s’attache à dénoncer davantage les diktats des états (quel qu’ils soient) que les conséquences du viol lui-même. Du documentaire à la fiction, son cinéma conserve toujours un lien fort avec la réalité sociale. En 2014 avec Le challat de Tunis elle s’attaque entre dérision et burlesque au machisme. Avec La belle et la meute inspirée du livre au titre évocateur « Coupable d’avoir été violée », elle intensifie d’un cran la lutte contre « la banalisation du mal » avec cette œuvre qui prend aux tripes.
    Mariam semble à peine sortie de l’enfance. Elle a un visage rond, de grands yeux rieurs. Ses amis et elle choisissent soigneusement leurs tenues pour aller à la fête où elles doivent retrouver des filles et des garçons de leur âge. Quelques plans plus tard, on retrouve Mariam en larmes, hagarde dans la rue, les vêtements déchirés, sans chaussures ni sac. Elle vient d’être violée, elle est désemparée. Ce brusque changement d’ambiance créé immédiatement un trouble destiné à faire partager au spectateur le sort de cette jeune femme qui non seulement doit surmonter le traumatisme de son agression mais aussi se justifier auprès de policiers peu enclins à l’écouter quand ils ne sont pas carrément menaçants. Elle a la chance de retrouver Youssef, un garçon qu’elle a croisé à la fête et qui se propose de l’aider à faire valoir ses droits. D’hôpitaux en commissariats, de mépris en intimidations, on suit sans en perdre une miette le parcours de cette jeune femme naïve qui découvre l’envers d’une réalité qu’elle imaginait toute autre et de ce jeune journaliste militant bien décidé à se battre face à un ordre social qui dénie totalement le respect des droits élémentaires des citoyens. C’est d’ailleurs cette « audace » qui poussera les policiers à user d’un méchant subterfuge pour les séparer. L’espoir du soutien de quelques bonnes volontés, elles-même révoltées par tant de violence, ne fait pas long feu. Ni le vieux policier compréhensif et paternel qui tente de se démarquer au milieu de ses collègues arrogants et brutaux, ni l’infirmière au regard compatissant, ni la femme-flic prête à écouter les doléances de cette soeur de combat n’ont assez de pouvoir pour épauler celle qui de victime de viol se transforme peu à peu en citoyenne agissante. Mariam « la belle » se retrouve isolée face à « la meute » et elle est contrainte de s’en sortir seule. Confrontée à des circonstances inhumaines, elle se révèle à elle-même et fait dès lors basculer une impunité que tout le monde connaît et accepte.
    Le récit découpé en neuf épisodes comme autant de fragments du réel, filmés en plan-séquence, nous plonge sans garde-fou dans une réalité effrayante et démonte avec force les rouages d’un système perverti où les lois censées protéger les citoyens sont détournées en toute immoralité.
    S’il reste cruel et âpre, ce film n’en demeure pas moins un bel espoir pour la jeune république tunisienne, car il est bien évident qu’il n’aurait pu exister avant 2011. Bien qu’il ne fasse pas un portrait tendre des garants de l’ordre dans le pays, il a été soutenu par les autorités culturelles, symbole d’un réel changement de mentalité dans un pays encore en proie à un régime autoritaire il y a peu. Avoir-alire

    Sortie nationale

    «Thriller féministe étonnant, La Belle et la meute est, avant tout, la chronique haletante de la naissance d’une conscience politique.»Télérama

  • Du 18 octobre au 14 novembre

    the square

    de Ruben Östlund avec Claes Bang, Elisabeth Moss
    Comédie dramatique - Suède/Fr./Dan./Etats-Unis - 2017 - VOST - 2h22

    Christian est le conservateur apprécié d’un musée d’art contemporain, il fait aussi partie de ces gens qui roulent en voiture électrique et soutiennent les grandes causes humanitaires. Il prépare sa prochaine exposition, intitulée «The Square», autour d’une installation incitant les visiteurs à l’altruisme et leur rappelant leur devoir à l’égard de leurs prochains. Mais il est parfois difficile de vivre en accord avec ses valeurs : quand Christian se fait voler son téléphone portable, sa réaction ne l’honore guère…

    Le réalisateur de «Snow therapy» s’en prend de nouveau aux lâchetés humaines, plus précisément, masculines. C’est drôle, sarcastique, grinçant. Claes Bang est tout simplement superbe dans ce rôle d’un homme méprisant qu’on aimerait gifler mais qui évolue malgré tout.

    Bel objet étrange aux antipodes de l’académisme, ce film mélange les genres avec audace et échappe au ton consensuel, proposant une réflexion subtile sur le rôle de l’intellectuel dans des sociétés inégalitaires.
    « Le Carré est un sanctuaire de confiance et de bienveillance. En son sein, nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs. » (Inscription sur l’œuvre d’art The Square)
    Ruben Östlund avait été remarqué avec l’excellent Snow therapy, prix du Jury Un Certain Regard en 2014, conte sarcastique sur la désagrégation d’un couple suite à un différend dans une station de ski. The Square est moins dépouillé et opte pour une narration avec des personnages plus nombreux, imbriqués dans une double intrigue révélatrice de la confusion des valeurs. Comme le père de famille de Snow Therapy, Christian mène une vie paisible et harmonieuse dont le fleuve tranquille va être perturbé. Esthète intègre, défendant la liberté d’expression et l’humanisme, il va se trouver d’abord piégé par deux golden boys du marketing, dont le projet de promotion du musée s’avérera politiquement incorrect. La perte de son mobile va par ailleurs l’amener à côtoyer les habitants d’une cité populaire à qui il va jouer un bien mauvais tour : en distribuant dans chaque boîte à lettres un message les accusant individuellement de vol, il espère récupérer son trophée numérique.
    Mais quand un enfant du quartier vient le sommer de présenter des excuses à ses parents, notre brillant bourgeois bohème défenseur de l’humanisme va se trouver coincé. Le dernier opus de Ruben Östlund démarre sur un ton de comédie légère mais l’ambiance devient vite oppressante et l’humour de plus en plus noir au fil de la narration. Des digressions insolites mènent souvent sur de fausses pistes, comme cette scène d’aventure sexuelle avec une journaliste américaine souhaitant conserver le préservatif usagé de son amant, ou cette séquence avec une « bête humaine » exposée lors d’un repas mondain, plaçant les convives et le spectateur dans une situation de malaise réel. The Square se présente dès lors comme un bel objet filmique non identifié, à l’instar du cinéma d’un Alex van Warmerdam (Borgman) ou d’un Ulrich Seidl (Import/Export). L’étrangeté et l’atmosphère pince-sans-rire sont au cœur d’un dispositif auquel le public adhérera… ou pas. Mais on peut lui faire confiance.
    Ruben Östlund déclare dans le dossier de presse : « Je voulais faire un film élégant en me servant de dispositifs visuels et rhétoriques pour bousculer le spectateur et le divertir. Sur le plan thématique, le film aborde plusieurs sujets, comme la responsabilité et la confiance, la richesse et la pauvreté, le pouvoir et l’impuissance, l’importance croissante que l’on accorde à l’individu par opposition à la désaffection vis-à-vis de la communauté et la méfiance à l’égard de l’État en matière de création artistique et de médias ». Il faut aussi souligner la qualité de l’interprétation : Dominic West, que l’on avait croisé dans Pride et Money monster, déploie un jeu subtil, quand Elisabeth Moss met en avant une fantaisie qui contraste avec l’image mélancolique qui était la sienne dans la série Top of the lake. Au final, The Square est une proposition de cinéma intellectuellement et esthétiquement séduisante, qui ne caresse pas le spectateur dans le sens du poil, et confirme l’importance d’un cinéaste sur qui l’on doit désormais compter. Avoir-alire

    Palme d'Or Cannes 2017-Sortie nationale

    «Sympathique, franc et énervé, «The Square» est avant tout une expérience, le portrait d’un quinqua occidental finement cultivé, parfois ridicule et un peu négligent. Le cinéaste sarcastique Ruben Östlund filme en sautillant comme on distribue des gifles qui réveillent.» Arte

  • Du 21 octobre au 7 novembre

    dans un recoin de ce monde

    de Sunao Katabuchi 

    Animation – Japon – 2017 – VOST et VF – 2h05

    Suzu Urano est née à Hiroshima. Après son mariage elle va vivre dans la famille de son mari à Kure, une ville qui dispose d’un port militaire. La guerre s’installe et le quotidien devient de plus en plus difficile pour Suzu. Malgré cela, la jeune femme garde une certaine joie de vivre. Gestion de la maison, ravitaillement, vie de famille et de couple… autant de paramètres à prendre en compte dans ces conditions difficiles qui ne semblent pas s’améliorer avec les premiers bombardements. Ces épreuves permettront-elles à Suzu de préserver la joie de vivre qui la caractérise ?

    Après Mamoru Hosoda, Makoto Shinkai ou l’incontournable Miyazaki, voici Sunuo Katabuchi, qui n’est pas un total inconnu. Il avait réalisé en 2010 «Mai Mai Miracle», inédit au cinéma mais disponible en vidéo, une petite merveille. Il revient ici avec un film tout en délicatesse qui s’adresse aux grands enfants et aux adultes.

    Prix du jury Festival d’Annecy 2017

    «Sunao Katabuchi insuffle dans cette époque sanglante, dont il a fait une reconstitution historique rigoureuse, une part de rêve et de poésie, rendant par ailleurs un superbe hommage à l’art de l’animation.» Avoir-alire dès 12 ans

  • Du 25 octobre au 14 novembre

    corps et âme/ a testrol és lélekrôl

    de Ildiko Enyedi

    avec Alexandra Borbély, Morcsányi Géza, Zoltán Schneider

    Drame – Hongrie – 2017 – VOST – 1h56

    Dans un abattoir, Endre, directeur financier, est intrigué par l’arrivée d’une employée, la nouvelle contrôleuse de qualité Marika. Elle ne se mêle pas aux autres et ses manières de travail, tout comme sa façon de s’exprimer, laissent supposer une grande rigidité d’esprit et de coeur. Suite à un vol dans l’armoire à pharmacie de l’entreprise, la police préconise une évaluation psychologique généralisée. Lors de la question sur les rêves faits par les personnes interrogées la nuit précédant l’entretien, les réponses de Marika et d’Endre présentes de troublantes similitudes.

    Voici un film original et étonnant. La mise en scène est absolument fabuleuse, pleine d’inventivités, le scénario parfaitement écrit. L’atmosphère glaciale, l’attitude robotique de Marika, sont contrebalancés par des pointes d’humour ou des revirements surprenants et bienvenus.

    «Une histoire d’amour à la fois poétique et grinçante, dans le décor d’un abattoir où le directeur financier s’éprend de la nouvelle contrôleuse qualité, chargée d’étiqueter de la viande aussi froide qu’elle.» Télérama

    Avec patience, pugnacité et douceur, la réalisatrice hongroise Ildiko Enyedi narre la rencontre et l’amour naissant de deux êtres complexes, marginaux malgré eux. Une belle réussite.
    Le film s’ouvre sur une forêt enneigée. Des arbres sombres barrent l’écran comme les barreaux d’une prison, découpant l’image en de multiples petits cadres. Un cerf vient gratter la neige à la recherche de nourriture. A quelques mètres de lui, une biche tente aussi de brouter sans vraiment y arriver. Le dispositif de mise en scène de Corps et âme est en place dès la première séquence. Dès la première image. Corps et âme est l’histoire de deux personnages : un homme et une femme. Endre et Maria, respectivement directeur financier et nouvelle responsable qualité d’un abattoir de bovins. Solitaires, prisonniers de leurs handicaps physique et mental (l’un souffre d’une paralysie du bras gauche, l’autre d’une forme d’autisme troublante), ils semblent condamnés à rester simples spectateurs de leurs vies, comme l’étranger de Camus.
    C’est en tout cas ce que tend à signifier la réalisation d’Ildiko Enyedi, aux partis pris esthétiques tenus et assumés, jouant sur de nombreux sur-cadrages et une très faible profondeur de champ pour signifier l’isolement et la détresse silencieuse des deux héros qui, chaque nuit, se retrouvent en rêve mais peinent à se retrouver ensuite au réveil.
    À la cantine, les regards de Maria et Endre se croisent. Quelques mots sont échangés – mais quelques mots seulement. Le jeu de séduction commence. Comment être aimé d’une femme si froide, si distante ? Comment être aimée d’un homme qui semble avoir baissé les bras, avoir perdu le goût de l’amour en même temps que sa motricité ? Il est vrai que bien que très professionnelle, Maria est peu chaleureuse avec ses collègues. Quant à Endre, son derrière enfoncé dans un fauteuil derrière son bureau, il semble mieux disposé à regarder par la fenêtre qu’à surveiller le bon fonctionnement de l’abattoir.
    Parfait. Si ces deux-là ne sont pas disposés à marcher l’un vers l’autre, l’entreprise dans laquelle ils travaillent et les hasards du destin se chargeront de les réunir. Ildiko Enyedi use alors de tous les stratagèmes scénaristiques pour tenter de réunir ses deux protagonistes : un bref déjeuner partagé ensemble au réfectoire, une fuite de poudre aphrodisiaque dans la nourriture des employés, un petit café en tout bien tout honneur. Rien n’y fait, et ce malgré un rythme lent et une photographie et un montage très doux.
    Endre et Maria se parlent, se regardent, tombent amoureux l’un de l’autre en silence, mais ne se touchent pas, n’échangent pas même une poignée de main strictement professionnelle. Et pourtant, leurs mains sont plus expressives que leurs bouches. Toutes leurs émotions, tous leurs sentiments, passent par elles. Deux séquences magnifiques montrent Maria, seule chez elle le soir, reproduisant les brèves conversations qu’elle a eue dans la journée avec Endre : d’abord avec une salière et une poivrière, puis avec des jouets Playmobil. Sa voix parle en hors-champ tandis que seules ses mains se meuvent dans le cadre. Endre peine à se faire un sandwich avec sa main valide mais parvient à porter deux tasses de café pour passer un moment agréable avec Maria, jusqu’à l’inviter dans son restaurant préféré. L’appel du toucher, de la caresse, se fait de plus en plus sentir au fur et à mesure que progresse l’intrigue.
    Mais le toucher n’est pas le seul sens à avoir une place de choix dans le film d’Enyedi : si beaucoup d’émotions et de sentiments passent par les mains, il en passe aussi beaucoup par les oreilles. Alors qu’elle sent son amour pour Endre grandir en elle, Maria s’offre pour la première fois un téléphone portable, pour garder contact avec lui, découvre la musique, apprend à être plus féminine, s’ouvre peu à peu au monde, portée par les sentiments pudiques mais bien réels d’un homme qui l’aime au-delà de sa différence. Et inversement proportionnelle : Endre réapprend à aimer, porté par une femme surprenante qui le tire hors de la banalité de son quotidien. Comme le cerf et la biche dans les forêts enneigées.
    Un beau plaidoyer cinématographique, autant pour le droit à l’amour que pour le droit à la différence. Avoir-alire

    Ours d’Or Berlin 2017

    Repas : Goulash le 28 octobre à 19h30 = 8 euros sur réservation au 03 89 60 48 99 / cinebelair@wanadoo.fr avant le 26 octobre

  • Sortie nationale le 1er novembre

    mise à mort du cerf sacré/The Killing of a Sacred Deer

    De Yórgos Lánthimos

    Avec Nicole Kidman, Colin Farrell, Barry Keoghan

    Drame/Fantastique – Grèce/Royaume-Uni – VOST – 2017 – 2h01

    Steven, brillant chirurgien, est marié à Anna, ophtalmologue respectée. Ils vivent heureux avec leurs deux enfants Kim, 14 ans et Bob, 12 ans. Depuis quelques temps, Steven a pris sous son aile Martin, un jeune garçon qui a perdu son père. Mais ce dernier s’immisce progressivement au sein de la famille et devient de plus en plus menaçant, jusqu’à conduire Steven à un impensable sacrifice.

     

    Prix du jury Cannes 2017

  • Sortie nationale le 1er novembre

    carré 35

    de Eric Caravaca
    Documentaire - France - 2017 - 1h40

    «Carré 35 est un lieu qui n’a jamais été nommé dans ma famille ; c’est là qu’est enterrée ma sœur aînée, morte à l’âge de trois ans. Cette sœur dont on ne m’a rien dit ou presque, et dont mes parents n’avaient curieusement gardé aucune photographie. C’est pour combler cette absence d’image que j’ai entrepris ce film. Croyant simplement dérouler le fil d’une vie oubliée, j’ai ouvert une porte dérobée sur un vécu que j’ignorais, sur cette mémoire inconsciente qui est en chacun de nous et qui fait ce que nous sommes.». Eric Caravaca

    Deuxième film de l’acteur Eric Caravaca, «Carré 35» est une histoire familiale intime et plus que ça. La petite histoire des Caravaca est inscrite dans la Grande, celle de la France et de l’Algérie. En véritable enquêteur, Caravaca va à la recherche d’un passé caché et exhume des tabous familiaux. Un très beau documentaire découvert en hors compétition à Cannes.

  • Le 3 novembre

    bienvenus ! / welcome to norway

    De Rune Denstad Langlo

    Avec Anders Baasmo Christiansen, Olivier Mukuta, Slimane Dazi

    Comédie dramatique – Norvège/Suède – VOST – 2016 – 1h30

    Quand on est propriétaire d’un hôtel quasiment en faillite dans les montagnes norvégiennes, est-ce que la solution ne serait pas de le transformer en centre d’accueil des réfugiés pour profiter de subventions bien opportunes ? C’est le bon plan de Primus, hôtelier peu aimable et pas vraiment ouvert aux autres cultures… Mais voilà, la bonne idée de Primus ne s’avère pas si simple.Accueillir 50 personnes d’origine diverses, quand il faut compter en plus avec une femme déprimée, une ado rebelle, et des préjugés racistes, ça promet bien des déconvenues mais aussi, des heureuses surprises ! BIENVENUS !

     

    Projection/débat avec Amnesty International le 3 novembre à 20h

  •  Le 6 novembre

    12 jours

    De Raymond Depardon

    Documentaire – France – 2017 – 1h27

    Avant 12 jours, les personnes hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement sont présentées en audience, d’un côté un juge, de l’autre un patient, entre eux naît un dialogue sur le sens du mot liberté et de la vie.

    L’approche judiciaire sied toujours à Raymond Depardon, dont le projet s’enrichit par la thématique psychiatrique. Le meilleur d’une certaine démarche documentaire.
    Le dispositif de Raymond Depardon est le même que celui déployé dans Délits flagrants, 10e chambre - instants d’audience et, à un moindre degré, Faits divers : l’équipe du tournage est installée dans le bureau de l’administration judiciaire et filme, avec leur accord, la déposition des personnes concernées, ici internées à l’hôpital Vinatier de Lyon, ainsi que leurs échanges avec le juge. La singularité de 12 jours est de donner la parole à des individus soumis à des soins psychiatriques, loin des infractions au code de la route ou des délits de droit commun relatés dans les précédents films, encore que la santé mentale des protagonistes a pu aussi les confronter à de multiples déviances. Comme à son habitude, le cinéma de Depardon ne se contente pas d’être outil de documentation au service de la connaissance de l’appareil juridique français, même si 12 jours comporte une mine d’informations sur l’hospitalisation d’une personne contre son gré. Jadis, celle-ci reposait seulement sur un psychiatre. Les « aliénés » sont désormais des patients, qui ont droit à un regard extérieur. Depuis la loi de 2013, l’hôpital dispose de douze jours, à compter de l’admission du patient, pour saisir le juge des libertés et de la détention qui doit valider ou non le programme de soins.
    Pour permettre au malade de parler librement, son psychiatre n’est pas présent à l’audience. Le patient peut en outre faire appel de la décision du juge. Ce dernier n’exerce en rien une contre-expertise psychiatrique, et a seulement pour mission de vérifier que le dossier médical est complet et argumenté. La force du film de Depardon est de ne pas porter de jugement condescendant, ni envers les malades, ni envers les juges, et de présenter une vision objective des faits. Dans ce but, trois caméras ont été installées dans la salle d’audience : l’une pour le magistrat, l’autre pour le patient, et la troisième pour les plans généraux. L’égale distance ainsi obtenue, et la récurrence de plans fixes qui en résulte, donnent au film une objectivité et une sérénité bienvenues. « Même si nos films peuvent laisser penser le contraire, nous ne sommes pas plus attirés par les institutions que d’autres ; notre moteur est notre curiosité, notre force est notre naïveté ; nous ne sommes spécialistes de rien, nous tentons simplement de rester à l’écoute, de restituer des moments, des paroles, des émotions », ont ainsi écrit Raymond Depardon et la productrice Claudine Nougaret dans une note d’intention.
    Cela n´empêche par Depardon de se livrer, en filigrane, à une touchante réflexion sur la complexité de la santé mentale, les dix témoignages sélectionnés donnant une image terrifiante de la vulnérabilité sociale. De la salariée d’Orange ayant craqué suite à un sentiment de harcèlement à ce loup solitaire demandant des nouvelles de son père… qu’il a assassiné quelques années plus tôt, en passant par cette quadragénaire ne songeant qu’au suicide pour mettre fin à son sentiment d’isolement, les auteurs mettent implicitement en exergue la responsabilité de la société dans la rupture psychique des plus vulnérables. Et c’est là que Raymond Depardon se montre humaniste et moral sans être moralisateur. Si une rétrospective de films était organisée sur le thème de la folie, 12 jours y aurait une place de choix, quelque part entre Vol au-dessus d’un nid de coucou et Shock corridor. Avoir-alire

    Avant-première avec la participation de Marion Primevère, magistrate et Nathalie Giloux, médecin psychanalyste, toutes deux présentent dans le documentaire. Le 6 novembre à 20h

  • Le 8 novembre

    souviens toi d'acapulco

    De Ludovic Bonleux

    Documentaire – France – 2013 – 1h22

    Une diva envoûtante, incarnation d’Acapulco, se souvient de quand elle était LA star du cinéma mexicain. Pendant ce temps, Marco, Javier, Félix, Alfonso et Yolanda se préparent pour la Semaine Sainte, période durant laquelle la ville renaît, retrouvant pour quelques jours sa grandeur passée. Chacun, à sa façon, cherche à survivre dans ce décor paradisiaque qui, de jour en jour, s'apparente plus à un enfer.

    Les Mercredis de l'Architecture

    Séance proposée par Mireille Kuentz, architecte, et La Maison Européenne d’Architecture, suivie d’un verre de l‘amitié

    Le mercredi 8 novembre à 20h

  • Le 10 novembre

    l'économie du couple

    De Joachim Lafosse

    Avec Bérénice Bejo, Cédric Kahn, Marthe Keller

    Drame – Belgique/France – 2016 – 1h41

    Après 15 ans de vie commune, Marie et Boris se séparent. Or, c'est elle qui a acheté la maison dans laquelle ils vivent avec leurs deux enfants, mais c'est lui qui l'a entièrement rénovée. A présent, ils sont obligés d'y cohabiter, Boris n'ayant pas les moyens de se reloger. A l'heure des comptes, aucun des deux ne veut lâcher sur ce qu'il juge avoir apporté.

    Le 10 novembre, soirée Ciné-débat, organisée par l'UDAF avec l'intervention de l'ASFMR et SOS PAPA 68.

    Soirée gratuite avec réservation obligatoire au 0782671257 ou sur funk@udaf-68.fr

  • Sortie nationale le 22 novembre

    thelma

    De Joachim Trier

    Avec Eili Harboe, Henrik Rafaelsen, Ellen Dorrit Petersen

    Drame/Science-fiction/Thriller – Norvège/Danemark/Suède/France – VOST – 2017 – 1h56

    Thelma, une jeune et timide étudiante, vient de quitter la maison de ses très dévots parents, située sur la côte ouest de Norvège, pour aller étudier dans une université d'Oslo. Là, elle se sent irrésistiblement et secrètement attirée par la très belle Anja. Tout semble se passer plutôt bien mais elle fait un jour à la bibliothèque une crise d'épilepsie d'une violence inouïe. Peu à peu, Thelma se sent submergée par l'intensité de ses sentiments pour Anja, qu'elle n'ose avouer - pas même à elle-même, et devient la proie de crises de plus en plus fréquentes et paroxystiques. Il devient bientôt évident que ces attaques sont en réalité le symptôme de facultés surnaturelles et dangereuses. Thelma se retrouve alors confrontée à son passé, lourd des tragiques implications de ces pouvoirs...

    Une belle proposition de cinéma, pleine de mystères et d'ambiguïtés. Joachim Trier filme à nouveau Oslo, multipliant les idées de mise en scène tout en révélant la jeune actrice Eili Harboe, incroyable dans le rôle-titre. Comme entre deux eaux Thelma s'inscrit à la fois dans le genre du drame intimiste et dans celui du fantastique, jouant constamment sur ses nombreuses zones d'ombre...

  • Sortie nationale le 22 novembre

    western

    De Valeska Grisebach

    Avec Meinhard Neumann, Reinhardt Wetrek, Syuleyman Alilov Letifov

    Drame – Allemagne/Bulgarie/ Autriche – VOST – 2017 – 2h01

    Un groupe de travailleurs allemands débute un travail difficile de construction sur un site de la campagne bulgare. Cette terre étrangère éveille le sens de l'aventure de ces hommes, confrontés à leurs préjugés et à la méfiance des locaux à cause de la barrière de la langue et des différences culturelles. Les hommes vont alors tout faire pour tenter de gagner la confiance des habitants.

    Remarqué au dernier festival de Cannes, produit par Coop99 la société de production de Maren Ade, Western dépeint avec une grande sensibilité l’éventail des rapports humains engendrés par l’arrivée d’un groupe d’hommes étrangers au sein d’un village. Après Toni Erdman, Western est la preuve que le cinéma d’auteur allemand existe bien !

  • Sortie nationale le 22 novembre

    Ernest et célestine en hiver

    De Julien Chheng, Jean-Christophe Roger

    Animation – France – 2017 – 44mn

    A partir de 3 ans

    Ernest est un gros ours de Charabie. Il aime jouer de la musique et manger de la confiture. Il a recueilli chez lui Célestine, une petite souris orpheline et ils partagent désormais une maison. Les deux compères ne s’ennuient jamais ! À l’approche des premiers flocons, ils se préparent à l’hibernation d’Ernest : il faut s’occuper de Bibi, leur oie sauvage, qui s’envolera avant les grands froids, se rendre au bal des souris et y fêter le premier jour de l’hiver. Enfin, il ne faut surtout pas oublier de cuisiner de bons gâteaux pour qu’Ernest s’endorme le ventre plein !

  • Sortie nationale le 22 novembre

    myrtille et la lettre au père noêl

    De Dace Riduze et Edmunds Jansons

    Animation/Famille – Lettonie – 2017 – 42mn

    Tandis que l’hiver étend son manteau de neige sur le paysage, une souris, un biscuit et une petite fille vont vivre d’étonnantes aventures. En trois tours, l’amitié se révèle là où on ne l’attend pas, la curiosité ouvre les portes d’un monde plein de surprises, et la magie de Noël nous offrirait presque un voyage sur la Lune !

  • Le 26 novembre

    La jeune fille et son aigle/ the eagle huntress

    De Otto Bell

    Avec Daisy Ridley

    Documentaire/Famille/Aventure – Mongolie/Royaume-Uni/Etats-Unis – 2017 – 1h27

    Dresseur d’aigles, c’est un métier d’hommes en Mongolie. Depuis l’enfance, Aisholpan assiste son père qui entraîne les aigles. L’année de ses 13 ans, elle décide, avec la complicité de son père, d’adopter un aigle pour en faire un chasseur de renards. Parviendra-t-elle à briser les traditions et à se faire accepter par les anciens du village?

    Dans le cadre de Ciné-ma différence, la séance est suivie d'un goûter avec gâteaux et biscuits confectionnés viaSourds.png le réseau Pat'à Sel et boissons. Le dimanche 26 novembre à 14h15

    En VF sous-titrée Sourds et Malentendants

  • Le 27 novembre

    food coop

    De Tom Boothe

    Documentaire – Etats-Unis/France – VOST – 2016 – 1h37

    En pleine crise économique, dans l’ombre de Wall Street, une institution qui représente une autre tradition américaine est en pleine croissance. C’est la coopérative alimentaire de Park Slope, un supermarché autogéré où 16 000 membres travaillent 3 heures par mois pour avoir le droit d’y acheter les meilleurs produits alimentaires dans la ville de New York aux prix on ne peut moins chers.

  • Le 28 novembre

    de sas en sas

    De Rachida Brakni

    Avec Samira Brahmia, Zita Hanrot, Fabienne Babe

    Drame – France – 2017 – 1h22

    En une brûlante journée d’été 2013, Fatma et sa fille Nora prennent la route pour la prison de Fleury-Mérogis. Sur le parking, une petite foule de visiteurs attend déjà. La porte de l’établissement s’ouvre. Une première porte, un premier sas, un premier couloir... C’est le début d’un trajet infernal jusqu’au parloir, mené par un petit groupe d’individus composites.

    Projection/débat avec l'association des Visiteurs de Prison, le 28 novembre à 20h

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