Films du mois

Vous pouvez, si vous le désirez, préacheter vos billets (bouton "Billetterie en ligne"). 

  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas
Projet Cinéma Bel Air

Cinéma Bel Air, Conseil d'administration, Bénévoles, spectateurs...
Aventure - France - 2026 -

UN NOUVEAU CINÉMA ART ET ESSAI À VENIR. ET SI C’ÉTAIT VRAI ?

🎬 IMAGINONS ENSEMBLE UN NOUVEAU CINEMA BEL AIR

Seule salle labellisée Art et Essai dans le Haut-Rhin, le cinéma Bel Air se heurte aujourd’hui à une contrainte : ne disposer que d’une unique salle de projection, ce qui réduit fortement le nombre de séances possibles et limite sa capacité à accueillir davantage de films et de publics.

C’est pourquoi l’association du cinéma Bel Air porte aujourd’hui un projet ambitieux et enthousiasmant : la création à Mulhouse d’un cinéma art et essai de trois salles.

Pour donner vie à ce projet, une première étape essentielle doit être franchie : financer, avec votre participation, une “Etude de faisabilité et de marché” pour laquelle nous avons besoin de réunir 10.000 euros.

En contribuant à cette campagne de financement participatif vous affirmez l’importance d’une offre cinématographique diversifiée et de qualité, vous soutenez le développement d’un cinéma associatif indépendant, engagé et accessible à tous.

Chaque contribution représente un encouragement précieux et participe à faire émerger ce nouveau lieu de cinéma à Mulhouse. Merci pour votre soutien !

Pour participer, cliquer sur le lien : Je participe

PS : n’hésitez pas à partager notre projet autour de vous !

Sortie nationale

De Marine Atlan avec Antonia Buresi, Colas Quignard, Suzanne Gerin, Mitia Capellier-Audat, Hadya Fofana
Comédie Dramatique - France - 2026 - VF - 2h25

La Gradiva

Un groupe de lycéens français part en voyage scolaire à Naples pour découvrir les ruines de Pompéi et ses corps pétrifiés par le Vésuve. C’est là que le vertige les saisit brutalement. L’un après l’autre, ils se laissent submerger par le désir et la colère jusqu’à s’y abandonner complètement.

Attention, film direct le dimanche 8/11 à 12h40 (sans bandes annonces)

Grand Prix de la Semaine de la critique Cannes 2026 - Film présélectionné pour les Oscars 2027

Quoi de mieux, pour capter l’essence d’une classe de lycéens, que de la filmer en plein voyage scolaire ? Souvent, les amitiés sont déjà formées ; les professeur·e·s, suffisamment présent·e·s pour imposer leur autorité, mais assez absent·e·s pour laisser les adolescent·e·s vivre de leur côté. Cheffe-op expérimentée mais nouvelle venue à la mise en scène, Marine Atlan l’a parfaitement compris avec La Gradiva. Ce choix judicieux s’inscrit dans une longue série d’idées inspirées qui témoignent autant de la vitalité du cinéma français que de celle des sélections parallèles du Festival de Cannes. Le premier exploit du film est de nous faire comprendre, presque instantanément, les dynamiques et les personnalités qui composent cette classe de lycéens. Nul besoin de dialogues explicatifs : nous prenons le train — littéralement — en marche et comprenons d’emblée que James et Tony sont les deux clowns du groupe, tandis que Suzanne en est la tête de turc. Le montage discontinu de l’œuvre offre à chacun·e un moment lui permettant d’exister pleinement. Loin de simples scénettes impressionnistes juxtaposées, chaque fragment participe à construire un tableau d’ensemble, nourrissant une représentation incarnée et naturaliste de la jeunesse contemporaine. Et quelle joie de retrouver des adolescent·e·s parlant comme des adolescent·e·s, sans caricature ni emphase forcée. Si l’image granuleuse de la pellicule rappelle constamment l’esthétisme du cinéma, la scène dans le train où Tony raconte l’histoire de sa grand-mère à son meilleur ami James et à un autre camarade semble presque relever du documentaire tant la parole circule librement et naturellement. La séquence continue d’exister même lorsque le train s’enfonce dans l’obscurité des tunnels et qu’il ne reste plus que les voix pour guider le récit de Tony. Au portrait social s’ajoute une dimension tragico-poétique. Si les adolescent·e·s ont encore besoin de croire en un idéal, iels ne sont déjà plus les enfants — âge que Marine Atlan observait dans son court métrage Les Amours vertes — encore épargnés par toute forme de fatalisme. Chez la cinéaste, notamment à travers le personnage de Tony, l’adolescence devient le rêve d’un ailleurs, d’un monde éloigné des difficultés familiales, des déceptions amoureuses ou des échecs scolaires. À la trajectoire mouvante du film s’oppose alors le décor figé de Pompéi. Ce musée à ciel ouvert sert de théâtre aux préoccupations des adolescent·e·s et, loin de les ridiculiser ou d’en minimiser l’importance, vient au contraire renforcer leur idéalisme. Simultanément, le lieu les confronte à une grande Histoire immobile, tandis que le film ne cesse, lui, de déployer leurs récits intimes. Cette coexistence de deux histoires constitue d’ailleurs la grande tragédie de Tony, qui se rêve membre d’une famille d’aristocrates italiens. L’un des premiers plans du film, dans lequel se déploie un jeu de regards qui se croisent et se télescopent, annonçait déjà ce tiraillement propre à l’adolescence : osciller entre fantasme, projection vers l’avenir et incapacité à inverser totalement les rôles, à prendre pleinement la place que l’on souhaiterait occuper dans la vie. Le Bleu du Miroir
Sortie nationale

De Olivier Clert avec Charlie Rosenzweig, Zach Valentin-Dattas, Jessica Monceau, Quentin Faure, Keanu Peyran
Aventure Animation - France - 2026 - VF - 1h25

Le Mystère Lucy Lost

Lucy vit avec sa famille dans un village sur une petite île isolée. Ses dons extraordinaires suscitent le rejet des habitants. Lorsqu'elle rencontre Milly - une petite fille qu'elle seule peut voir - Lucy embarque dans une grande aventure pour percer le secret de ses mystérieux pouvoirs.

Découvert en séance spéciale du Festival de Cannes et également présent côté compétition au Festival d’Annecy, le film d’animation "Lucy Lost" fut une des belles surprises de cette édition 2026. Doté d’une pointe de fantastique, l’intrigue, sur fond de Guerre Mondiale (le père de Milly est au front, Lucy a des visions avec un soldat ennemi…), tourne autour de la stigmatisation par des villageois d’une petite fille aux cheveux étrangement blancs pour son âge, les légendes locales sur de supposées sorcières n’arrangeant pas les choses. C’est aussi une histoire d’amitié entre deux gamines, ne sachant initialement pas très bien pourquoi l’une voit l’autre, alors qu’elles semblent vivre chacune d’un côté différent de l’Océan Atlantique. Un aspect fantastique qui a tendance à nimber l’histoire de Lucy de mystère, autour de sa supposée maladie, ses visions, qui ne se limitent pas à Milly, et ses élans soudains de liberté. Dans une animation soignée, aux aplats de couleurs soutenues, qui évoque entre autres l’esthétique des films de Miyazaki, Olivier Clert magnifie les paysages ventés de ces îles anglaises, dont les prairies paraissent mouvantes et les sables se traversent à cheval sur un filet d’eau, et imprime la rétine par le bleu d’un ciel pas toujours dégagé. Entre les singeries de Milly, la curiosité de la bande de gamins du village, dont fait partie le bienveillant frère de Lucy (Alfie), les plus petits auront de quoi s’amuser. Quant aux plus grands, ils apprécieront les variations graphiques adoptées, d’un noir et blanc aux ombres hachurées façon livre pop-up pour s’imaginer New York, à un cauchemar de noyade façon pastels grasses, en passant par du fusain noir et blanc pour découvrir un visage caché, ou un flash-back décisif aux couleurs ocres éteintes. Doté d’un solide scénario, adapté d'un roman de Michael Morpurgo (Listen to the Moon), dont "Cheval de Guerre" et "Le Royaume de Kensuké" ont déjà été portés à l'écran, espérons que cette histoire d’exclusion annoncée trouvera un bel échos au delà du jeune public. Abus de ciné
Sortie nationale

De Louis Clichy avec Gary Clichy, Rod Paradot, Dimitri Colas, Aurélie Vassort, Brune Moulin, Alexandre Astier, Jean-Pascal Zadi
Animation - France - 2026 - VF - 1h20

Le Corset

Dans une ferme au cœur de la Beauce, Christophe, 11 ans, règle ses pas sur ceux de son père. Mais à l’école, à la maison, sur le tracteur, Christophe penche... et tombe. Il est obligé de porter un corset pour filer droit. Tandis que la ferme traverse des moments difficiles, Christophe grandit comme il peut. Il découvre la musique et fait la rencontre de Clara, avec qui tout semble devenir possible.

Attention, film direct le dimanche 07/11 à 16h10 (sans bandes annonces)

Prix spécial du Jury Un certain regard Cannes 2026, Prix du Jury et Prix du Public Annecy 2026

"Tu parles d’un attirail !". C’est un corset métallique Milwaukee, l’engonçant jusqu’à la mentonnière et lui valant moult sarcasmes à l’école ("Robocop") et un véritable isolement, que Christophe doit désormais porter 24 heures sur 24. Un vrai boulet que le garçon (enfant de choeur à ses heures) supporte très mal, physiquement et psychologiquement, mais qui lui ouvre néanmoins une issue de secours inattendue : devenir le tourneur de pages de Michel, le bienveillant organiste de l’église de Neuvy-en-Beauce. Une échappatoire lui apportant une nouvelle manière de voir le monde et qui se transforme au fil de temps en un apprentissage approfondi de la musique, alors que l’absence totale de communication avec son père (dont la ferme, très endettée, est sur le fil du rasoir, à la merci du résultat de la moisson) atteint des sommets. Et puis, dans le quotidien de Christophe, à l’aube de ses 13 ans, il y a maintenant une étoile filante, Clara, qui fait battre son cœur… Et secrètement, le garçon s’est aussi découvert une sorte de super-pouvoir… Mais dans la vie, a-t-on toujours le choix ? Maîtrisant magistralement le tempo de son récit (un scénario écrit avec Franck Salomé) qui file droit et à vitesse constante, bien concentré sur son protagoniste, Louis Clichy met en scène un film savoureux, émouvant comme Le Requiem de Gabriel Fauré qui jouera son rôle dans l’intrigue et drôle comme peut l’être parfois l’entrée maladroite dans l’adolescence. Mais Le Corset déploie surtout, grâce à la pureté très simple de son animation, une fantastique poésie céleste et terrienne du réel, ce qui ne l’empêche pas de traiter par petites touches de sérieux sujets (la vocation, l’épée de Damoclès de la rentabilité agricole, les expérimentations sur les semences, les manœuvres des coopératives agricoles, les liens paternels et filiaux, la vie rurale avec ses vélos et ses arrêts de bus, etc.). Un ensemble de thématiques propices à la tristesse, mais que le cinéaste aborde avec tant de douceur empathique qu’il ouvre un horizon de lévitation à toutes les avanies. CinEuropa
Sortie nationale

De Malek Bensmaïl avec Ahmed Benaissa, Hiam Abbass, Dali Benssalah, Nabil Asli, Amina Ben Ismaïl
Drame - France/Algérie/Belgique/Suisse/Arabie Saoudite - 2025 - VOST - 1h46

L'Arabe (The Arab)

Haroun est un vieux célibataire, vivant depuis quelques années à Oran. Il mène une vie de reclus jusqu'au moment où il rencontre Kamel dans un bar. Il lui confie être le frère de "l'Arabe", tué dans une histoire rapportée par l'un des romans les plus célèbres du XXème siècle : L'Étranger d'Albert Camus. Un "Arabe" qui avait pour nom effacé Moussa…

Attention, film direct le lundi 09/11 à 15h30 (sans bandes annonces) et jeudi 12/11 à 16h

L’écrivain et philosophe français Albert Camus a reçu le Prix Nobel de littérature quinze ans après la publication de son roman le plus célèbre, L’étranger. Dans cette œuvre existentialiste racontée à la première personne, le héros, Meursault tue un Arabe anonyme sur la plage. Dans un roman paru en 2013, Meursault, contre-enquête, Kamel Daoud donne à cette histoire une réponse postcoloniale. Malek Bensmail, surtout connu pour ses travaux documentaires, livre à présent une libre adaptation du roman de Daoud, son premier long-métrage de fiction. CinEuropa
Film précédé du court métrage : Farida et la vigne (3’) de Sabine Allard et M.-Jo Long

De Andreï Zviaguintsev avec Дмитрий Мазуров, Ирис Лебедева, Varvara Chmykova, Juris Žagars, Анатолий Белый
Drame - France/Allemagne/Lettonie - 2026 - VOST - 2h20

Minotaure

Russie, 2022. Gleb, chef d’entreprise prospère, vit avec sa femme Galina et leur fils dans une ville de province. Il se retrouve confronté à des problèmes professionnels croissants, dans un monde de plus en plus instable. L’effondrement d’une vie soigneusement construite bascule rapidement dans la violence.

Grand Prix Cannes 2026 

La sélection cannoise a pris l’habitude de parler de films autour de la question ukrainienne. On pense entre autres au récent L’invasion. Sauf que jamais cet enjeu conflictuel n’avait pas été abordé côté de la Russie qui, on le sait, peine à trouver les recrues en nombre suffisant pour assumer la guerre. Et c’est ainsi qu’Andreï Zviaguintsev, le brillant réalisateur de Léviathan et Faute d’amour, montre, à travers la figure d’un chef d’entreprise, la manière dont les autorités mettent en demeure les entreprises de contribuer à la recherche de soldats en mettant à disposition des membres de leur personnel. L’enjeu éthique est absolument terrifiant, d’autant quand une structure économique a besoin de main-d’œuvre et qu’elle n’a pas à se mêler des affaires de l’État. Mais nous sommes en Russie, pays corrompu et autoritaire, où refuser des ordres venant du haut peut être dangereux. Deux récits s’entrecroisent dans long-métrage. On voit comment Gleb va trouver des personnels pour aller au front, pour répondre à la sollicitation de la mairie. L’homme le gère sans état d’âme, avec la froideur d’un bureaucrate, dans la mesure où il n’a aucun intérêt à s’y opposer. Et ce d’autant plus qu’une autre histoire plus intime s’invite, à savoir celle de son couple, en proie à l’effondrement, depuis que son épouse entretient une relation avec un photographe divorcé. Dans ce genre de problème, les services du maire pourraient se révéler utiles. Minotaure propose un scénario hautement malin. En effet, le cinéaste ne se focalise pas sur le positionnement d’indifférence des chefs d’entreprise qui contribuent à fournir des soldats : il introduit un récit de couple qui fait basculer le film dans le registre du polar. La tension est palpable d’un bout à l’autre, à la manière d’un thriller psychologique. Les personnages sont tous emportés dans des enjeux conflictuels, jusque l’adolescent de la famille, dont la seule issue demeure l’acceptation froide, au détriment de toute éthique. Le cadre paisible dans lequel évoluent Gleb et sa famille tranche avec le contexte tendu général en Russie, qui trouve son écho dans les grandes barres d’immeubles glaciales où vit le photographe. La mise en scène valorise une atmosphère relativement glaciale, où les émotions sont contrôlées, avec des plans d’une très grande beauté sur les paysages, la demeure de la famille et même la ville. Andreï Zviaguintsev procède toujours ainsi dans ses films, alternant une certaine opacité des personnages avec des paysages superbes. Le réalisateur parvient à ne ne pas verser dans le militantisme politique frontal, préférant équilibrer son propos avec un récit familial intimiste qui pourrait avoir lieu n’importe où dans le monde. Il cultive un goût du tragique consolidé par un scénario très bien ficelé. à Voir à Lire
Sortie nationale

De Jan Komasa avec Anson Boon, Stephen Graham, Andrea Riseborough, Kit Rakusen, Monika Frajczyk
Thriller Drame - Pologne/Grande-Bretagne - 2025 - VOST - 1h50

The Good Boy

Tommy, jeune délinquant insouciant et impulsif naviguant entre fêtes alcoolisées et violences incontrôlables, se réveille un matin enchaîné dans la cave d’une maison. Il est à la merci de ses occupants, une étrange famille qui s’est donnée pour mission de le remettre dans le droit chemin. Quelqu’en soit le prix.

Tommy a 19 ans et mène une vie débridée : alcool, drogue, sexe, injures, violence. À travers un montage ultra dense, on assiste à tous les méfaits qu'il accomplit en l’espace d’une soirée en boîte avec des amis. Tout ce qu'il fait est méprisable, de sorte qu'on finit par le détester après quelques minutes seulement. Ainsi s’ouvre Good Boy [+], le nouveau film du Polonais Jan Komasa (l'auteur de Corpus Christi [+], à l'époque choisi pour représenter son pays aux Oscars) : par la présentation de son incontrôlable héros, incarné avec une bonne dose d’arrogance et d’impudence par l’Anglais de 25 ans Anson Boon (vu dans Widow Clicquot et la serie criminelle Mobland). Après sa première à Toronto dans la section Centrepiece et un passage au Festival BFI de Londres, le film a été projeté en compétition à la 20e Fête du cinéma de Rome, où Boon a remporté le prix du meilleur acteur. Après cette présentation choc du personnage principal, l’attention se déplace sur un brave père de famille, Chris (Stephen Graham, récemment couvert de prix pour Adolescence [+]), qui embauche comme domestique une jeune femme macédonienne, Rina (Monika Frajczyk), en l’avertissant que dans sa belle maison nichée en pleine campagne, dans le Yorkshire, où il vit avec sa femme Kathryn (Andrea Riseborough) et leur fils de douze ans, Jonathan (Kit Rakusen), elle pourrait assister à quelque chose d’étrange mais ne doit pas s'en inquiéter, car tout est sous contrôle. La chose bizarre en question, c’est que dans la cave, il y a un garçon attaché avec une chaîne au cou, qui est justement Tommy. Chris l’a enlevé alors qu'il titubait dans la rue, au terme de sa folle soirée. À présent, son intention est de le garder prisonnier pour le rééduquer à grands coups de musique classique, de livres, de cours audio sur comment calmer sa rage, de vidéos de sensibilisation contre les drogues et la conduite en état d’ivresse, le tout additionné d'une sorte de "technique Ludovico" selon laquelle le garçon est obligé de revoir, jusqu’à la nausée, les vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux où il bat quelqu’un jusqu’au sang, ou harcèle un enfant. Tout est très inquiétant et ambigu dans ce film, qui compte parmi ses producteurs Jerzy Skolimowski (EO, Essential Killing). Ce qui fait initialement figure de méthode de punition/rééducation mise en œuvre dans les meilleures intentions du monde, bien que résolument extrême, commence à montrer son côté plus obscur. Cette famille a un passé douloureux. Elle se compose d’une mère déprimée, d'un fils qui, au contraire, sourit tout le temps (son surnom est "rayon de soleil") et d'un père attentionné qui cherche à trouver une manière de recoller les morceaux. Le point de départ initial (la critique sociale sur la dérive des jeunes, dépendants des réseaux sociaux, qui n'ont de respect pour rien et tendent à adopter une attitude victimaire, et doivent être rééduqués) évolue ainsi vers une sorte de thriller psychologique où l'on ne sait plus qui est la victime et qui le bourreau. La famille, de sang ou d’adoption, est un nid qui protège mais en même temps emprisonne, contrôle, manipule. L’amour peut devenir une cage, et ce n’est pas toujours un mal. Komasa confirme, avec ce nouveau film inconfortable, déroutant, mais aussi divertissant, qu'il n'est pas un cinéaste prévisible. Cineuropa
Les inclassables, Rencontre

De Ken Russell avec Vanessa Redgrave, Oliver Reed, Dudley Sutton, Max Adrian, Gemma Jones
Historique Horreur Drame - Royaume-Uni/Etats-Unis - 1971 - VOST - 1h51

Les Diables

Le film retrace les grandes lignes de l'affaire des possédées de Loudun. Au 17ème siècle, en France, Richelieu veut convaincre Louis XIII d'en finir avec les gouvernements autonomes des petites villes de province. Loudun est une ville fortifiée du Poitou, dans laquelle catholiques et protestants vivent en bonne entente sous l'autorité bienveillante de l'abbé Grandier, un curé catholique charismatique et progressiste. Sa popularité, ainsi que sa réputation de prêtre libertin et séducteur, lui vaut des inimitiés parmi les notables locaux. La mère supérieure du couvent tout proche développe une attirance obsessionnelle pour le personnage. Les sœurs ursulines sombrent dans une forme d'hystérie collective, se disant possédées par des démons et par l'esprit de Grandier qu'elles accusent d'être en commerce avec le Diable. Ce sera le point de départ d'une cabale, menée par les autorités religieuses et civiles, contre le prêtre qui s'était ouvertement opposé aux projets de Richelieu.

Rencontre avec Eric Peretti, programmateur du LUFF de Lausanne et des Hallucinations Collectives de Lyon. Il a notamment signé un dossier de six pages consacré au film dans les pages de Mad Movies, référence incontournable du cinéma de genre.

Interdit - 16 ans

Œuvre baroque, démesurée, parfois insupportable, toujours inspirée, Les Diables de Ken Russell constitue à ce jour l'un des meilleurs pamphlets contre le fanatisme, quelque soit sa forme. Clairement anticlérical, peuplé de visages grimaçants et de décors faramineux, Les Diables est de ces films qui rentrent sans vergogne dans le lard flasque de la bien-pensance bourgeoise. Visuellement superbe, presque expressionniste après l'heure, encore et toujours d'actualité pour un spectateur du XXIème siècle, le film-phare de Ken Russell se trouve à mi-chemin entre le discours retenu d'un Dreyer et l'outrance stylistique d'un Bertolucci... Bien qu'il puisse s'affranchir de toute comparaison, tant sa liberté de ton défie toute analogie réductrice. Le dernier quart d'heure vaut à lui seul le visionnage, sorte de chemin de croix évoquant le Golgotha de l'Homme de Nazareth, dénouement infernal mais finalement indispensable. Un film culte à découvrir absolument, percutant et virevoltant, à l'image de son réalisateur...Allo ciné
Festival Augenblick

Sandra Wollner, Marie Kreutzer, Volker Schlöndorff, Claudia Schaefer, Pawel Pawlikowski, Gotthart Kuppel, Jonas Ulrich...
Biopic Comédie Historique Romantique Thriller Drame - Allemagne/Suisse/Autriche... - 2026 - VOST -

Festival Augenblick 2026

Depuis 2005, AUGENBLICK explore le cinéma de langue allemande. Créé par l’association Alsace Cinémas (qui devient le RECIT en 2019), il fédère chaque année au mois de novembre tous les cinémas indépendants de la région.

L’objectif du Festival est de faire découvrir, par le regard de leurs cinéastes, la culture et la langue de nos pays voisins germanophones. Ainsi chaque année le public peut voir à travers tout le territoire une trentaine de films, inédits pour la plupart, diffusés en version originale.
AUGENBLICK propose ainsi des films de cinéastes souvent méconnus en France mais pourtant garants d’un cinéma de qualité, des plus récentes productions aux films de répertoire en passant par les courts-métrages d’école.

Tarifs au Cinéma Bel Air : tarifs habituels du cinéma, gratuité pour les étudiants avec le Pass Campus - Carte culture

Festival Augenblick - Compétition longs métrages

De Anna Roller avec Sylvaine Faligant, Jannis Niewöhner, Vera Flück, Luna Wedler, Wolfram Koch
Romantique Drame - Allemagne - 2026 - VOST - 1h40

Allegro Pastell

Été 2018, Berlin. Tanja est romancière, Jerome est webdesigner. La relation à distance que vivent les deux trentenaires semble, de par sa nature, quasi idyllique. Entre nuits blanches à Berlin et retraites paisibles dans une petite ville de Hesse, ils semblent avoir trouvé le juste équilibre entre distance et intimité. Le jour où, pour son anniversaire, Jerome offre la création d’un site web à Tanja, la première fissure apparaît dans leur relation...

Tarifs habituels du cinéma. Gratuité pour les étudiants avec Pass Campus - Carte culture

Voilà un film empreint d'une atmosphère vraiment très particulière, pastel, exactement. L’œuvre, à la fois réfléchie, divertissante et teintée de mélancolie, capture avec acuité les questionnements, les névroses et le malaise de la génération Y, les milléniaux, partagés entre hyper-réflexion, confort bourgeois et peur de l’engagement. Augenblick
Festival Augenblick - Compétition longs métrages

De Ann Oren avec Aenne Schwarz, Louis Hofmann, Simone Bucio, Nico Dinkel, Nilton Martins
Drame - Allemagne/Luxembourg/Grèce - 2026 - VOST - 1h36

Objet A

Ingeborg et Adam sont chirurgiens de la main. Elle est kleptomane. Il soutient son vice. Ils s’aiment. Elle se foule la cheville en fuyant après un vol et doit porter une orthèse en cuir de daim. Elle s’y attache. Contre la transpiration, Melanie se sert de champignons. Les deux femmes se rapprochent. Adam, jaloux, se casse une côte. Son corset de bois devient son objet fétiche. L’orthèse se couvre de poils de daim, le corset de champignons. La forêt envahit tout. L’éco-sexuelle Melanie les fait dialoguer avec la nature et questionne leur objectophilie.

Tarifs habituels du cinéma. Gratuité pour les étudiants avec Pass Campus - Carte culture

Festival Augenblick - Compétition longs métrages

De Marie Kreutzer avec Léa Seydoux, Catherine Deneuve, Jella Haase, Laurence Rupp, Sylvester Groth
Drame - Autriche/Allemagne/France - 2026 - VOST - 1h55

Gentle Monster

Lucy et Philip sont heureux, ils viennent d’emménager avec leur fils dans une maison de campagne près de Munich. Un matin, leur vie bascule lorsque la police se présente à leur domicile pour arrêter Philip et saisir ses ordinateurs. Bouleversée, Lucy cherche la vérité sur son mari. Qui est-il réellement ? Doit-elle l’éloigner de son fils ?

Tarifs habituels du cinéma. Gratuité pour les étudiants avec Pass Campus - Carte culture

Le « monstre doux » du titre n’est pas encagé dans quelque laboratoire ou zoo, mais dort nu, tout contre Lucy (Léa Seydoux), dans une paisible campagne allemande, non loin de Munich. C’est son mari, son amant, le père de son garçonnet. Un homme qu’elle croyait connaître, et dont elle apprend un matin, par la police, qu’il est impliqué dans un trafic d’images pédopornographiques. Le nouveau long métrage de la réalisatrice autrichienne Marie Kreutzer (après Corsage, relecture féministe d’un moment de la vie de Sissi, en 2022) s’inscrit dans le vaste mouvement, aussi bien littéraire que cinématographique, qui met au jour, depuis plusieurs années, tous les visages de la masculinité toxique. Dévoilé dans le contexte de la compétition cannoise, il peut rappeler le tranchant Anatomie d’une chute, de Justine Triet (Palme d’or 2023), probablement l’un de ses modèles. Car, ici, à nouveau, c’est au sein du couple et de la cellule familiale que l’altérité effrayante, l’inconnu vertigineux surgissent, entachant le passé et le présent, compromettant le futur. Parmi les qualités du film : la suggestion réussie d’un amour conjugal réciproque et charnel, avant la déflagration, et la précision des paliers psychologiques par lesquels passe ensuite l’héroïne. Lucy veut la vérité, que la police, s’abritant derrière la loi, lui cache en partie, et sa terreur concerne, d’abord, l’éventualité d’agressions sexuelles à l’encontre de l’enfant du couple. Mais la jeune femme, musicienne et idéaliste, s’accroche aussi, pour esquiver le pire, aux vagues espoirs que chaque nouveau mensonge de son mari (l’acteur autrichien Laurence Rupp, excellent) lui laisse. Léa Seydoux émouvante et captivante D’un volontarisme plus voyant sont les scènes de vie familiale de la jeune policière en charge de l’enquête. Cette dernière s’occupe d’un père dont la démence sénile a révélé la propension aux gestes outrageants envers les aide-ménagères qui se succèdent chez lui. Or sa fille, inflexible et clairvoyante sur ces sujets dans l’exercice de son travail, se montre plus aveuglée, voire négligente, dans la sphère intime. Autre mâle nocif du film, le vieil homme, à la fois irresponsable et coupable, sert surtout à parachever la démonstration de la réalisatrice. Les apparitions de Catherine Deneuve, en mère éclairée, à la fois distante et aimante, apportent, au passage, une plus-value cinématographique, tout comme les séquences où Lucy s’adonne à son art, qui devient son exutoire, chez elle ou en public : revisiter au piano, façon musique bruitiste, des standards de la pop… Léa Seydoux est sobre, émouvante et captivante, dans ce parcours qui mène de l’incrédulité au dessillement inconsolable. Gentle Monster, « monstre doux », voilà qui rappelle le titre d’un livre récent et majeur, signé Neige Sinno, sur un sujet voisin : Triste Tigre. Télérama
Festival Augenblick - Compétition longs métrages, Rencontre

De Thomas Stuber avec Aladdin Detlefsen, Kanji Tsuda, Bettina Stucky
Comédie - Allemagne/Suisse - 2025 - VOST - 1h53

Der Frosch und das Wasser

Le quotidien de Buschi dans une résidence médicalisée ne laisse aucune place à la surprise. En quête de changement, il saisit l’occasion de se détacher d’une sortie de groupe pour se joindre à des touristes japonais partis en voyage organisé en Allemagne. Au cours de cette virée insolite, il noue une amitié sans paroles avec Hideo, un homme lui aussi en quête de lui-même. Leur lien qui dépasse les mots donne alors lieu à une aventure inattendue.

Rencontre avec l'équipe du film

Tarifs habituels du cinéma. Gratuité pour les étudiants avec Pass Campus - Carte culture

Le film se passe d'artifices, misant sur l'alchimie organique et discrète entre le charismatique Detlefsen et le vétéran acteur japonais Tsuda. Stuber tisse un récit où l'improbabilité fantaisiste est érigée en vertu, permettant aux liens humains de s'épanouir par-delà les barrières culturelles. Porté par une bande-son enveloppante, marquée par le jazz feutré de Caleb Arredondo , le film privilégie l'émotion à la virtuosité formelle, se présentant comme une œuvre célébrant l'importance de dépasser les limites du connu. Cineuropa
Festival Augenblick - Compétition longs métrages

De Jonas Ulrich avec Bartosz Bielenia, Selma Kopp, Fabian Künzli, Anna Sauter-McDowell, Iso Merkli, Sebastian Vogt, Moritz Fabian
Drame - Suisse - 2026 - VOST - 1h40

Wolves

À 23 ans, Luana veut échapper à son quotidien d’éducatrice et aux tensions familiales. Quand son cousin lui présente son groupe de black metal et son chanteur Wiktor, fascinée, elle décide de les suivre en tournée. L’attitude erratique de Wiktor et les tensions qui naissent dans le groupe transforment le voyage initiatique en traversée turbulente d’une frontière qui se brouille entre liberté et fanatisme.

Tarifs habituels du cinéma. Gratuité pour les étudiants avec Pass Campus - Carte culture

Festival Augenblick , Rencontre

De Kilian Armando Friedrich avec Sabine Thalau, Nada Kosturin, Werner Posselt, Sadibou Diabang, Nigyar Velagich, Thomas Sprekelsen
Drame - Allemagne - 2026 - VOST - 1h30

Ich verstehe Ihren Unmut

Heike, la soixantaine, est cheffe de service dans une entreprise de nettoyage. Vu les sous-effectifs, elle n’est la cheffe de presque personne. Elle a d’ailleurs beaucoup plus de supérieurs, toujours prêts à lui rappeler sa place dans la hiérarchie. Quand un sous-traitant découvre qu’elle a tenté de débauché un de ses salariés, la voilà tenue de lui obtenir plus de contrats pour se faire pardonner...

Rencontre avec Killian Armando Friedrich, réalisateur,  le jeudi 12 novembre à 20h

Tarifs habituels du cinéma. Gratuité pour les étudiants avec Pass Campus - Carte culture

Longtemps après "Rosetta", portrait d’une jeune femme aux abois qui aurait tout fait pour obtenir un boulot (il y a maintenant déjà 20 ans), voila une dizaine d’années que les films sociaux mettant en avant la pression subie par des employés se sont multipliés. Un processus de filmage proche du documentaire, un sujet visant à dénoncer les conditions de travail et la déshumanisation des rapports humains, un scénario en forme de descente aux enfers testant les limites et l’humanité d’un personnage auquel la caméra colle, et cela donne : "À Plein Temps" avec Laure Calamy, "Deux Jours, Une Nuit", et rien que l’an dernier entre Berlin et Venise, "En Première Ligne" pour le milieu hospitalier, "Home Sweet Home" pour les aides à domicile ou "MADE in EU" pour les usines textiles. Alors bien entendu, l’intention est bonne et les sujets se déclinent sous divers angles (persécutions, clients mécontents, conséquences du Covid…), mais il devient difficile pour de nouveaux longs métrages de se distinguer. "Ich verstehe Ihren Unmut", film allemand présenté en la section Panorama de la Berlinale, s’il semble s’inscrire dans la droite lignée de cette mouvance, ne démérite pas pour autant, ni dans la forme ni sur le fond. Son actrice principale, Sabine Thalau, endosse avec justesse le rôle ingrat de celle qui truande pour vivre un peu mieux et qui va devoir reprocher cela à quelqu’un de pourtant honnête. La perversité du système est bien entendu mise en avant ici, au travers d’un scenario qui appuie la ou ça fait mal, et qui aborde également, au delà de la question du travail sous payé, celle des sans papiers, faisant le portrait d’une société où tout le monde galère et cherche à s’en sortir comme il peut. La question de l’indépendance ressort au final, dans un récit sans concession. Abus de ciné
Festival Augenblick - Compétition longs métrages, Rencontre

De Paweł Pawlikowski avec Sandra Hüller, Hanns Zischler, August Diehl, Anna Madeley, Devid Striesow
Biopic Drame - Pologne/Allemagne/Italie/France - 2026 - VOST - 1h22

Fatherland

En 1949, Thomas Mann, lauréat du prix Nobel de littérature, retourne pour la première fois en Allemagne depuis la fin de la guerre, accompagné de sa fille Erika, actrice, écrivain et pilote de rallye. Au volant d'une Buick noire, ils entreprennent un voyage éprouvant dans un pays qu’ils ont fui, seize ans plus tôt, lors de la prise de pouvoir du parti nazi. De Francfort, sous domination américaine, jusqu’à Weimar, contrôlée par les Soviétiques, père et fille traversent une Allemagne en ruines, coupée en deux par la guerre froide.

Rencontre avec Hanns Zischler, acteur principal du film.

Tarifs habituels du cinéma. Gratuité pour les étudiants avec Pass Campus - Carte culture

Les biopics sont toujours difficiles à mettre en scène, d’autant plus quand ils s’attaquent à des artistes pour le moins paradoxaux. Thomas Mann est de ceux-là. Il a fui l’Allemagne nazie, s’est fait naturaliser américain, et revient sur les traces de son pays, après plusieurs années d’absence, pour recevoir des mains du nouveau pouvoir communiste allemand un prix de littérature prestigieux. À chaque fois que Pawel Pawlikowski s’engage dans un film, il ne choisit pas la facilité. On se souvient de Cold War ou d’Ida qui déroulaient, dans une atmosphère glaçante, les contradictions des régimes nazi ou soviétique au sein desquels ses personnages se dépêtraient comme ils le pouvaient. De nouveau, Pawel Pawlikowski choisit le noir et blanc pour se centrer sur l’écrivain de La mort à Venise ou de La montagne magique. Accompagné de sa fille Erika, il doit se rendre à Weimar pour recevoir le prix Goethe. Ce choix plonge le spectateur dans l’ambiance même de l’époque, comme si le cinéaste forçait la posture d’observateur afin que chacun fasse sa propre idée sur l’ambiance post-nazie qui régnait en Allemagne. On est d’ailleurs oppressé par les ruines à travers lesquelles le véhicule s’infiltre, quand les deux voyageurs ne sont pas arrêtés par des militaires zélés au service de la barbarie communiste. Hanns Zischler et Sandra Hüller occupent la première place de la narration, avec des rôles de composition absolument impressionnants. Le premier incarne l’écrivain qui rejette toute forme de fascisme, tout en acceptant, avec une grande facilité, les exactions orchestrées par le régime communiste. Sa fille, jouée par Sandra Hüller, tente de raisonner le père, d’autant plus que son frère, Klaus Mann (August Diehl), vient de se suicider. Mais l’écrivain demeure droit dans ses bottes, imperturbable, habité par des discours qui ressemblent à des allégories d’un autre temps. Plusieurs scènes montrent l’avancée du véhicule à travers de ce qui reste de l’Allemagne. Quelques bâtiments historiques sont préservés. Mais Pawel Pawlikowski restitue surtout un paysage de guerre qui contraste avec les autoroutes ultralisses construites par Hitler. Pour autant, la guerre semble déjà loin pour une classe de privilégiés qui dégustent du champagne dans des atmosphères feutrées, après d’ailleurs pour certains une carrière déjà engagée au service d’un pouvoir dictatorial. On ressent encore le poids de la culpabilité allemande qui n’est jamais vraiment parvenue à se défaire du souvenir de ses dirigeants et des propagandistes nazis. Le long-métrage fait montre d’une maîtrise absolue de l’écriture et de la mise en scène. le jeu des acteurs principaux et secondaires (dont August Diehl, qui n’a qu’une seule scène) et la qualité technique (photo, décors...) s’inscrivent avec cohérence dans un dispositif millimétré. Si rien ne semble laissé au hasard, le film parvient à dégager un sentiment de vraisemblance absolument remarquable. Une grande réussite. à Voir à Lire
Festival Augenblick

De Sandra Wollner avec Birgit Minichmayr, Tristán López, Lotte Keiling, Carla Hüttermann, Hermann Beyer
Drame - Allemagne/Autriche - 2026 - VOST - 2h04

Everytime

Jessie est une adolescente pleine de vie. Son seul problème est qu’elle partage sa chambre avec sa petite sœur. Ella, leur mère, est débordée mais attentive. Quand l’une des trois disparaît, toute la famille est bouleversée et cherche un coupable. Ella décide alors d’un voyage vers le Sud. Sous les rayons du soleil de Tenerife, passé et présent se mêlent peu à peu.

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On se souvient du magnifique La chambre du fils (2001) de l’Italien Nanni Moretti, qui évoquait la disparition d’un adolescent. La réalisatrice autrichienne Sandra Wollner tente à son tour d’explorer les ravages d’un tel évènement dans une vie familiale et amoureuse. Le long-métrage aborde le thème du deuil dans un récit qui brouille les temporalités et les évènements, comme si perdre un enfant signifiait un arrêt de l’existence pour ceux qui restent, où présent passé et futur soudain se chevauchent. Everytime est donc un film complexe. Complexe parce qu’il refuse la linéarité du monde, la cohérence des choses écrite à l’avance. Le long-métrage visite le tsunami monstrueux que génère une telle perte, avec une explosion pour chacun des repères, normes, limites et perspectives. Pour autant, c’est aussi un film simple. Simple parce qu’il va au cœur des émotions, des sentiments balayés par le drame, sans jamais tomber dans la surenchère lacrymale et émotionnelle. Sandra Wollner réalise aussi un film sur l’amour. Toute la première partie décrit la relation amoureuse entre celle qui va disparaître, Jessie, et celui qui l’aime, Lux. La présence de la mère est permanente dans ce récit, offrant le portrait d’une femme apparemment désinvolte, gérant de multiples vies, mais aimante et présente. La réalisatrice filme ainsi avec beaucoup de douceur et d’élégance la symbiose familiale, entre la maman débordée, l’adolescente amoureuse et la petite sœur en recherche d’attention. Et cette douceur, cette élégance sont similaires, dès lors qu’il s’agit d’évoquer la disparition de Jessie. En ce sens, le récit est très habile. Il mêle les temporalités, les témoignages, obligeant le spectateur à ne plus savoir où il est et à lâcher prise. Ce lâcher-prise d’ailleurs est en miroir de celui que la maman et sa petite fille doivent accomplir, même quand on se croit encore en relation téléphonique avec l’être qui a disparu. On trouve dans ce récit une poésie évidente, qui trouve sa correspondance dans l’évocation de la mer. D’ailleurs, la réalisatrice va au-delà des mots puisqu’elle projette les spectateurs sur les rives de Tenerife, dévorées par l’écume, et qui ressemblent étrangement à ce jeu vidéo que Jessie pratiquait. La magie n’est plus loin, et puisqu’il s’agit de cinéma, il faut tout simplement en accepter le principe. à Voir à Lire
Festival Augenblick

De Volker Schlöndorff avec Lars Eidinger, Martina Gedeck, Ulrich Matthes, Michael Maertens, Susanne Wolff, Stella Denis-Winkler, Greta Ipfelkofer, Josefin Platt, Wigand Witting
Historique Drame - Allemagne/France - 2026 - VOST - 1h58

Le Bois de Klara

Une maison située au bord d'un lac près de Berlin devient le témoin d'un siècle d'événements qui ont remodelé le monde qui l'entoure : la montée du nazisme et les ravages de la guerre, l'occupation soviétique, la réunification de l'Allemagne et l'aube d'une ère nouvelle.

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Toutes nos maisons, sauf évidemment les plus neuves, sont porteuses d’une histoire qui s’étend sur plusieurs générations de familles et se confond aux aléas de la grande Histoire. C’est tout l’enjeu du film Le bois de Klara où le cinéaste allemand, Volker Schlöndorff, restitue l’histoire d’un petit bois qui borde un lac où, dès qu’il a été cédé à une famille de tisserands et d’architecte, subit la construction d’une cabane et d’une demeure qui vont connaître les mouvements tragiques de l’arrivée au pouvoir des nazis puis de celle des Soviétiques dans l’ex RDA. Volker Schlöndorff a non seulement marqué l’histoire du cinéma avec de grands noms comme Wim Wenders, mais son cinéma lui-même est marqué par le poids de l’histoire allemande. Son nouveau long-métrage se débat dans les contradictions de son pays qui est passés du régime barbare des nazis à celui, non moins autoritaire et délétère, des communistes. Klara est un jeune figure qui démarre le film ; pour des raisons autres que celle d’être tombée amoureuse, elle est privée de l’héritage de son bois qui est revendu. C’est à partir de cet évènement sorti du hasard de la vie que le destin de ce bout de terre paradisiaque bascule avec celle du pays dont on connaît l’arrivée au pouvoir d’Hitler, les arrestations sommaires des juives, puis la création d’un État communiste, la RDA. Il faut avant tout saluer le formalisme du film. La photographie est de toute beauté et restitue, à partir d’images d’époque, le lieu où les familles ont habité. Les fondus enchaînés traduisent le passage du temps, et donc des générations qui s’installent ou sont chassées de la demeure en bois. On trouve dans la mise en scène un choix de sobriété qui force les acteurs à une authenticité remarquable. On perçoit la responsabilité d’un tel film, dans la mesure où chacun compose à sa manière avec les aléas du temps et les évènements historiques, comme cette épouse de l’architecte qui assiste impuissante à l’arrestation d’une petite fille et sa mère, dont elle sait qu’elles seront conduites et exterminées dans des camps. En quelque sorte, ce bois perdu isole du reste du monde et préserve leurs habitants des agitations du monde. La télévision très présente, pourtant, servant de fil conducteur avec ce qui se passe dehors ; mais à chaque fois, qu’il s’agisse de la Seconde Guerre mondiale où les bombes semblent très loin ou de l’arrivée de soldats soviétiques, la demeure sert de bouclier à ses habitants. Elle devient le lieu de l’écriture, depuis les premières lettres de la petite juive Doris qui cherche à avoir des nouvelles de sa famille sans doute décédée jusqu’à cette écrivaine, revenue d’un exil forcé en Russie, et qui jusqu’à la fin de sa vie tente de conjuguer l’idéal communiste avec le bien-être de sa propre famille. Le bois de Klara est un film magistral, peut-être l’un des plus grands qui aura été projeté à Cannes en 2026. Tant dans la manière de filmer que de saisir le poids historique des choses, Volker Schlöndorff réalise ici un chef-d’œuvre universel et solaire, empreint d’une forme salutaire de résilience face à un destin allemand qui le hante. à Voir à Lire
Festival Augenblick

De Faraz Shariat avec Chen Emilie Yan, Julia Jentsch, Alev Irmak, Arnd Klawitter, Sebastian Urzendowsky
Thriller - Allemagne - 2026 - VOST - 1h53

Prosecution

Après avoir survécu à une attaque raciste, la procureure d'État Seyo Kim porte elle-même son affaire devant la justice – affrontant à la fois les auteurs et un système judiciaire qui ferme les yeux sur l'extrémisme de droite.

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C’est déjà à la Berlinale que le cinéaste allemand Faraz Shariat s’était fait repérer avec son premier long métrage, No Hard Feelings – Le monde est à nous. Lauréat du Teddy Award en 2020, le film articulait avec élégance les élans de ses personnages queer et racisés. Il revient aujourd’hui avec Prosecution, un film dont la dimension queer passe au second plan (voire au dixième, ne clignez pas des yeux ou vous raterez les sous-entendus sur la vie queer de l’héroïne) pour se concentrer sur la question du racisme de la société allemande contemporaine et notamment la complaisance de son système judiciaire envers l’extrême droite et les nostalgiques du Troisième Reich. Seyo Kim est procureure, et son jeune âge ne l’empêche ni de savoir bien faire son métier, ni d’avoir le soutien de sa hiérarchie, intégralement blanche. Seyo Kim punit les nazis et leurs fans, ce qui ne lui vaut aucun applaudissement mais au contraire des menaces. Victime d’une agression de la part de suprémacistes blancs, elle réalise que son entourage professionnel préférerait qu’elle ne fasse pas trop de vagues. Seule contre tous, elle va donc employer les grands moyens pour s’attaquer au racisme de l’institution pour laquelle elle travaille. Quels grands moyens ? Le temps d’une séquence alléchante, Seyo Kim se transforme presque en irrésistible justicière badass, flingue à la main, look androgyne et prête faire vrombir très fort le moteur de sa vengeance. Ce n’est pourtant pas là la piste privilégiée par Prosecution. Tant pis pour le fun, tant mieux pour le réalisme. Comme l’indique son titre international, Prosecution est un film de procès. Dans un souci de vraisemblance, Faraz Shariat en a d’ailleurs écrit le scénario en collaboration avec une juriste et une militante anti-raciste. Cela ne suffit pas à aider le film à trouver son rythme parfait et à éviter un ventre mou (on est davantage dans du drame que du pur film à suspens) mais cela donne à toutes les scènes situées à l’intérieur du tribunal un certain nerf. La caméra de Shariat s’autorisait davantage de choses dans No Hard Feelings – Le monde est à nous et ce manque d’ambition peut laisser un peu sur sa faim. Prosecution retombe néanmoins sur ses pattes grâce à la performance d’Emilie Yan et un dernier acte qui donne à partager la saine colère des laissés-pour-compte face à l’injustice. Rassembleur plus qu’éprouvant ou polémique, le film vient de remporter le prix du public dans la section Panorama. Le Polyester
Festival Augenblick

De Eva Trobisch avec Frida Hornemann, Eva Löbau, Rahel Ohm, Peter René Lüdicke, Max Riemelt
Drame - Allemagne - 2026 - VOST - 1h56

Home stories

Léa a 16 ans, un petit frère, une grande amie, des parents récemment divorcés, et une tante qu'elle admire. Au cœur des forêts majestueuses de l'ex-Allemagne de l'Est, ses grands-parents gèrent un hôtel au passé glorieux aujourd'hui menacé par la faillite. Dans cette famille, chacun cherche sa place et son horizon. Léa, elle, a un talent pour le chant, et se prépare à participer à une émission de téléréalité.

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Un grand hôtel avec des écuries, en Thuringe (ex-Allemagne de l’Est), à l’orée d’une forêt majestueuse. Ce décor pour séjour équestre, hier prestigieux mais aujourd’hui en déclin, est le lieu principal autour duquel gravite une famille éclatée : une adolescente réservée de 16 ans qui va participer à une émission de télé-crochet musical, son petit frère, des parents récemment divorcés, des grands-parents, une tante qui veut ouvrir un musée retraçant l’histoire industrielle locale. Chacun tente, dans ce film choral, de trouver sa place, sur fond d’héritage historique compliqué, entre idéal socialiste communautaire et marche forcée du capitalisme individualiste. Malgré son caractère filandreux et inégal — certains personnages sont plus étoffés que d’autres —, Home Stories offre une mosaïque instructive sur une région méconnue, encore marquée par la chute du Mur. Télérama
Sortie nationale

De Maxence Voiseux avec Gabin Jourdel, Patricia Jourdel, Dominique Jourdel, Lilou Duflos-Lamotte, Catherine Ranson
Documentaire - France/Allemagne/Suisse - 2026 - VF - 1h45

Gabin

Dans le nord de la France, Gabin, le petit dernier de la famille Jourdel, est destiné à reprendre la boucherie de son père. Tiraillé entre loyauté familiale et envies d’échappées, il a d’autres rêves : dresser une vache de concours, devenir éleveur canin, sauver la ferme de sa mère de la faillite. GABIN nous plonge dans la vie de ce jeune garçon, de ses 8 à ses 18 ans.

Présenté à la Quinzaine des Cinéastes 2026 où il a été très bien reçu, Gabin est le premier long métrage de Maxence Voiseux. Après des études scientifiques, ce dernier avait suivi la formation de cinéma documentaire de l’Université Paris VII, en réalisation et montage. Maxence Voiseux a fait la connaissance de la famille Jourdel en 2014, à l’occasion de son film de fin d’études. Cela avait donné le court métrage Des hommes et des bêtes, suivi du moyen métrage Les héritiers (2015), dans lequel apparaît le jeune Gabin. Des images de ce film sont d’ailleurs utilisées au début de Gabin. Le projet du réalisateur était de filmer divers membres de la famille. Il a finalement choisi de se focaliser sur Gabin, le benjamin de la parentèle, pour sa sincérité, sa complicité avec la caméra, et ce qu’il représentait : un enfant ordinaire mais attachant, essayant de résoudre le dilemme entre son attachement à sa famille et au monde rural et son désir de s’en affranchir. Nous suivons donc l’enfant, devenu ensuite adolescent, jusqu’à l’âge de sa majorité et son départ du domicile familial. La mère de Gabin est éleveuse et son père boucher. Si leurs difficultés professionnelles sont évoquées, Maxence Voiseux évite le piège inhérent aux films sur le milieu rural, à caractère documentaire ou de fiction, s’enlisant souvent dans le didactisme et le militantisme. Gabin est plus subtil, dans le sens où les difficultés des parents sont plutôt un moyen de montrer l’évolution de leur rapport avec le jeune homme. Que la caméra scrute des scènes de rires avec la mère ou de tensions avec le père, aucun jugement n’est porté sur le comportement de protagonistes forcément en interaction avec le processus filmique. Car Gabin se situe bien dans le registre du « documenteur » ou « docu-fiction », les dialogues et témoignages présentés étant clairement conditionnés par la présence du réalisateur, ce qui n’empêche pas, dans un tel cas, la sincérité de Gabin et ses proches. À ce propos, Maxence Voiseux déclare : « Sur le tournage, il se passait toujours quelque chose, il n’y avait jamais de carence de réel. En revanche, la préparation et l’écriture ont été plus complexes car le film leur appartenait tout autant qu’à moi et très rapidement, ils s’en sont servi pour faire avancer leur vie. Le film a opéré comme un catalyseur qui leur permettait de rêver. » Le film frappe par l’alternance d’ellipses (Gabin enfant qui devient subitement ado au gré d’un montage subtil) et ses plans d’une longue durée au cours desquels le réalisateur s’attarde sur des confessions ou des silences révélateurs des doutes ou certitudes de la famille Jourdel. Et l’on apprécie également le délicat dosage de sobriété et d’émotion, y compris lorsque Gabin n’apparaît pas à l’écran. C’est le cas lorsque M. Jourdel effectue une retraite dans un monastère du Gard, ou quand Mme Jourdel évoque le souvenir de sa belle-mère disparue. Si le suivi d’une famille sur dix ans n’est pas sans évoquer Boyhood de Richard Linklater, Gabin s’inscrit aussi dans la lignée du meilleur cinéma documentaire français, qui a donné naissance à des films aussi forts que le diptyque Farrebique et Biquefarre de Georges Rouquier ou la trilogie Profils paysans de Depardon. Davantage qu’une chronique rurale ou qu’un portrait d’adolescent, Gabin saisit l’instant fragile où l’attachement à son milieu requiert un arbitrage entre héritage et libre arbitre. à Voir à Lire
Vous avez dit culte ?

De Giuseppe De Santis avec Doris Dowling, Silvana Mangano, Vittorio Gassman, Raf Vallone, Checco Rissone
Drame - Italie - 1949 - VOST - 1h48

Riz amer

Après avoir volé un collier, un jeune voyou, Walter, et sa complice, Francesca, se mêlent à un convoi de travailleuses qui part vers les rizières. Reconnu par la police, Walter est contraint de se cacher tandis que Francesca réussit à passer pour une des femmes qui partent travailler. Mais Silvana, une travailleuse, va, pour son malheur et celui de Walter, s'intéresser à leur histoire.

Cette programmation proposée par Le RECIT, soutenue par la Région Grand Est et en partenariat avec l’ADRC, permet de découvrir ou redécouvrir des grands classiques du 7ème Art sur grand écran.

Un partenariat avec MIRA, cinémathèque régionale numérique, permet la projection en avant-programme de courtes séquences d’archives inédites, en lien avec le film.

Fiancée à Walter, un malfrat en fuite, Francesca se réfugie dans un camp d’ouvrières des rizières du Pô. L'une d'elles, Silvana, supporte difficilement l'arrivée de Francesca et la dénonce auprès de son amant, le sergent Marco... Dès les premières images, la frontière entre le pamphlet social et l'intrigue érotique est délicieusement floue : une voix propagandiste s'émeut ainsi des « plaines qui garderont sans cesse l'empreinte des mains des femmes », et la caméra s'attarde sur les formes replètes des travailleuses en petite tenue, leurs jambes nues et leur poitrine gonflée… Ces instants érotiques, qui émoustillèrent le public de l'époque et choquèrent la censure, oscillent aujourd'hui entre kitsch roublard et sensualité frémissante. De Santis passe magnifiquement du polar social à la comédie musicale. Mais le plus passionnant reste son traitement de la concurrence féminine. Les regards sont des coups de poignard, les sourires, de perfides morsures, que Silvana Mangano prend visiblement plaisir à infliger à ceux qui se hasardent sur son passage. Télérama
Rencontre

De Carol Sibony, Mathilde Detrez, Pauline Le Liard
Documentaire - France - 2025 - VOST - 1h06

Mayotte, île sous domination

2024, le cyclone Chido dévaste Mayotte, balayant les habitations précaires où vivent 100 000 personnes. Si la crise climatique a dopé la puissance du cyclone, elle ne suffit pas à expliquer l’ampleur des ravages. Depuis 1975, la France a arraché Mayotte au reste des Comores et un long processus de dépossession coloniale a transformé l’île en département-colonie marqué par la grande pauvreté, les inégalités et la répression d’État. Le documentaire part à la rencontre des habitants et habitantes de l’île, offrant un regard inédit, ancré dans une perspective anticoloniale et anti-impérialiste.. Il recueille leur parole : leurs colères, leurs résignations et leurs résistances quotidiennes, loin des récits dominants. Un an après Chido, dans la continuité des opérations Wuambushu et Place Nette, alors que la loi Mayotte et le nouveau régime d’exception sur le droit du sol renforcent la fonction de la laboratoire, la militarisation et l’impérialisme français dans la région.

Rencontre avec la Cimade dans le cadre du Festival Migrant'scène.

Film précédé du court métrage : Laszlo (4’) de Nicolas Lemée

De Claire Simon
Documentaire - France - 2025 - VF - 1h30

Ecrire la vie - Annie Ernaux racontee par des lyceennes et des lyceens

L'oeuvre d'Annie Ernaux vue par des lycéennes et des lycéens.

Réunies autour d’un banc, des adolescentes parlent fiévreusement des livres d’Annie Ernaux… Des moments inattendus et enthousiasmants comme celui-là, il y en a beaucoup dans ce documentaire, qui raconte une belle rencontre. Invités à parler, avec leurs professeurs, de différents écrits du Prix Nobel de littérature qu’ils ont dû lire, des lycéennes et des lycéens ont mis beaucoup d’eux-mêmes dans cet exercice, jusqu’à trouver dans ce devoir un pouvoir, une occasion d’affirmer ce qu’ils sont. Nous avions salué ce documentaire de Claire Simon au moment de sa diffusion sur France 5. Il arrive en salles à point nommé, redonnant foi en l’enseignement, dont le niveau ne baisse apparemment pas autant qu’on le dit ! Car, de la classe aux confidences en liberté, une très belle expérience pédagogique et humaine se raconte ici. Trouver des mots pour parler de soi De cette matière très vive, la caméra de la réalisatrice s’empare d’une manière à la fois brute et délicate : pas de commentaires, pas d’explications, nous voilà directement face à ces visages d’ados, filmés dans toute leur importance et leur quotidienneté, écoutés avec intensité. En réagissant à une écriture qu’ils jugent « vraiment intime », ils vont eux-mêmes trouver des mots pour livrer leurs impressions, leurs émotions. C’est là que la rencontre a lieu avec Annie Ernaux, qui n’est pas avec eux mais devient, pour beaucoup de ces lycéens et surtout de ces lycéennes, une sorte d’alliée. Dans ses livres, jamais sentimentaux, c’est un rapport à la vérité, à l’authenticité que ces jeunes, souvent secrets et plutôt timides, acceptent de reprendre à leur compte, en y faisant écho par leur sincérité pudique, mais impressionnante, sur des sujets souvent sensibles. Tout en devient très précieux dans ces échanges, qui donnent à réfléchir autant à ce qu’est la création littéraire qu’aux événements de l’existence. Et qui réhabilitent du même coup l’exercice de la lecture comme fondateur. Télérama

De Judith Godrèche avec Tess Barthélémy, Valérie Dréville, Victor Bonnel, Ariane Labed, Maïwène Barthélémy
Drame - France/Belgique - 2026 - VF - 1h57

Mémoire de fille

Annie Ernaux est sollicitée pour une signature de son dernier ouvrage dans la ville de son enfance, Rouen. Alors qu'elle s'y rend, elle est prise d'un vertige et replonge dans le souvenir de l'été 1958, celui de sa première nuit avec un homme. Nuit dont l'onde de choc s'est propagée violemment dans son corps et sur le reste de son existence.

Cette séance vous est proposée gratuitement par la Collectivité européenne d’Alsace.
Au-delà du film, cette action s’inscrit dans l’engagement de la Collectivité en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, thématique reliée à la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, chaque année le 25 novembre.
Un stand d’accueil sera disponible avant la séance pour sensibiliser et communiquer sur les dispositifs de signalement, ainsi que sur l’action de nos services pour accompagner les victimes de violences.
 
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Annie Ernaux (jouée par Valérie Dréville), de nos jours ou presque, revient à Rouen, cette ville où elle a commencé ses études de lettres en 1960, pour une lecture sur scène, et nous voilà projetés « cet été-là », devant cette « fille de 1958 », cette « autre » qu’elle fut avant tout le reste : sur son tourne-disque, la jeune et bouillonnante Annie, pas encore 18 ans, écoute une chanson de Brassens, en hurle les paroles, fait des mines devant son miroir, pique des meringues dans l’épicerie de sa mère au rez-de-chaussée de la maison familiale, ou reprend sa meilleure copine quand celle-ci fait des fautes grammaticales. Brusque, sûre d’elle-même et déjà amoureuse des mots, la jolie brunette à lunettes est euphorique à l’idée de quitter son « trou » à la campagne et son milieu populaire et catho pour être animatrice de colonie de vacances. « Tu ne connais pas les règles », la taquine son amie. Le menton fier, cette « ignorante sociale » répond : « Je ne suis pas gourde, j’apprendrai. » Ce qu’apprendra Annie ? Que la collectivité, y compris féminine, peut être le théâtre de micro-humiliations, mais, surtout que l’amour, celui dont on rêve grâce à la littérature, est loin, très loin, du sexe, surtout quand celui-ci se découvre, dans le mépris et la violence, avec H, le chef des animateurs qui aime beaucoup les « nouvelles ». Être une fille, à l’époque et aujourd’hui Précipité, au plus près du visage d’Annie, de quelques mois primordiaux dans une vie, et dans des années 1950 à la reconstitution certes précise, mais qui ressemblent aux années 1980 ou 2020 quand il s’agit d’être dépossédée de son corps et de ses illusions, puis, même désillusionnée, de se construire un avenir… Judith Godrèche n’adapte pas Mémoire de fille, d’Annie Ernaux, elle s’en empare avec une fièvre toute personnelle, et compréhensible au vu de sa propre histoire, en mettant puissamment en lumière les thèmes centraux du livre : la honte, la mémoire de cette honte, et le désir d’appartenance, de reconnaissance, jusqu’à l’aveuglement. Sa mise en scène, toute de fluidité, de ruptures, et en caméra subjective — ce que regarde Annie, ce qui lui servira bien plus tard, comme chair d’écriture — capte la vie de la colonie dans tous ses mouvements : séquences douces avec les enfants, petites complicités féminines vraies ou fausses (parfaites Louise Labeque, Maïwène Barthèlemy, et Anja Verderosa !), soirées festives et alcoolisées entre moniteurs. Autant de moments sous-tendus par le piège à venir, cette violence sèche d’une « première fois » où, sans même avoir besoin de nudité, la réalisatrice autopsie la brutalité masculine. D’autres « rapports » auront lieu, et rarement un film a été aussi franc et sensible sur une jeune fille qui veut se croire élue, et se donne dans une forme d’absence à son corps… Dire là combien Judith Godrèche a trouvé en sa propre fille, Tess Barthélemy, une interprète idéale, grands yeux écarquillés, tour à tour gauche, orgueilleuse, stupéfiée par son statut d’objet, puis libérée par des discours féministes, mais tragiquement pragmatique sur ce qu’elle peut devenir. Un magnifique film, jamais daté, sur le fait d’être une fille. Et de ne jamais l’oublier. Télérama
Sortie nationale

De Rafiki Fariala avec Bradley Fiomona Dembeasset, Christy Djomanda Louba, Pétruche Mbomba, Rosiana Kotozia, Gloria Ambacko
Drame - Congo/France/Italie - 2025 - VOST - 1h30

Congo Boy

Bangui. Robert a 17 ans et rêve de faire carrière dans la musique. Mais il n'est pas un Centrafricain comme les autres. Il est un réfugié congolais. Lorsque ses parents sont arrêtés, il doit s'occuper seul de ses quatre jeunes frère et sœurs. Il jongle alors entre petits boulots et révisions du bac, tout en évitant les milices qui font régner la terreur dans la ville. Un jour, il apprend qu'un concours musical est organisé. Gagner devient son seul espoir.

Remarqué avec le documentaire "Nous, étudiants !" (Berlin 2023, section Forum), Rafiki Fariala réalise son premier long métrage de fiction, en racontant sa propre success story. Un parcours d’immigré congolais en Centrafrique, parsemé d’embûches, qui est aussi l’occasion de souligner les dysfonctionnements d’un pays, l’impuissance de l’ONU ou l’UNICEF, les discriminations subies et les difficultés quotidiennes d’un garçon devant s’occuper de ses 3 sœurs et de son petit frère, en l’absence des parents, emprisonnés pour des questions de légalité. Bradley Fiomona incarne avec ferveur, une étincelle dans le regard et la persévérance chevillée au corps, le personnage central, justifiant pleinement son Prix d’interprétation masculine dans la section Un Certain Regard du dernier Festival de Cannes. Avec acuité, Rafiki Fariala capte les discriminations (le tarif différent pour les étrangers pour passer le bac…), montre les amitiés salvatrices, souligne avec humour les petits tracas quotidiens (ici on met un cailloux pour faire la queue à sa place quand la file est longue et en plein soleil…) et dépeint l’union et la débrouillardise de la fratrie (la vente de poches d’eau, l’épisode des serviettes hygiéniques…). Célébration d’un élan de jeunesse, récit d’une autre voie possible, cet autoportrait où le personnage prendra lui-même le pseudo de Congo Boy touche par sa ferveur comme sa capacité à rendre hommage au parcours de parents devenus migrants en raison de la guerre. Abus de ciné
Film précédé du court métrage : Les Indes galantes (5’) de Clément Cogitore

De Gessica Généus avec Gessica Généus, Beonard Monteau, Edouard Baptiste, Melissa Mildort, Ginou Jules, Eder Romeus, Gaëlle Bien-Aimé, Kevin Mesidor
Drame - Haiti/France/Belgique/Luxembourg/Canada - 2026 - VOST - 1h44

Marie Madeleine

À Jacmel, en Haïti, la mer, les églises et les esprits façonnent la vie. Marie Madeleine est une femme libre. Elle vit de la prostitution et traverse les nuits sans se soumettre aux règles de ceux qui sauvent les âmes. Sa route croise celle de Joseph, un jeune évangéliste. Une relation se noue entre ces deux êtres que tout oppose. Alors que Joseph vacille dans sa foi, Marie Madeleine l’entraîne vers un monde dans lequel désir et quête de liberté ouvrent un espace où tout peut être réinventé.

Après le très beau Freda, en 2021, sa réalisatrice haïtienne signe un film en forme de conte moral, où deux aspects de son île natale se frottent et se confrontent, littéralement, dans la même rue de la ville côtière de Jacmel. D’un côté, une maison de passe et ses prostituées. De l’autre, une église en construction et ses fidèles. Marie-Madeleine (interprétée avec fougue par l’autrice elle-même), vit — mal — du commerce de son corps, comme son homonyme de la célèbre parabole. Ce n’est pourtant pas Jésus qui vient à sa rencontre, mais Joseph, un jeune homme doux et introverti, membre du très puritain camp d’en face. Contre toute attente, ces deux-là s’attachent peu à peu l’un à l’autre… Entre immersion quasi documentaire et éclats oniriques, entre l’exploitation des corps et celle des âmes, Gessica Généus nous offre un voyage fort et touchant. Télérama
Maison commune, Rencontre

De Yann Samuell avec Alexandra Lamy, Julien Le Berre, Eric Métayer, Mélanie Doutey, Cyril Gueï, Malik Amraoui, Maëlle Vidou
Comédie - France - 2026 - VF - 1h53

Compostelle

Fred et Adam, un adolescent en rupture, ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, il tente de canaliser sa colère et son sentiment d’abandon. Au fil des kilomètres, entre affrontements et instants suspendus, un lien fragile se tisse. Face aux épreuves du chemin, chacun découvre en lui une force insoupçonnée. Inspiré d’une histoire vraie.

Rencontre avec l'Association Maison commune.

Inspirée d'une histoire vraie et d'un programme de réinsertion par la marche, magnifiée par les paysages traversés, cette aventure humaine, qui parle de transmission et de seconde chance, invite à contempler et à se reconnecter à l'essentiel. Closer
Les RDV d'ATTAC et de la LDH, Rencontre

De Akio Fujimoto avec Muhammad Shofik Rias Uddin, Shomira Rias Uddin
Drame - Japon/France/Malaisie/Allemagne - 2025 - VOST - 1h39

Les Fleurs du manguier

Dans l'espoir de retrouver leur famille dispersée, Shafi, 4 ans, et sa sœur Somira, 9 ans, quittent un camp Rohingyas du Bangladesh pour rejoindre la Malaisie. Guidés par leur regard d’enfant, ils entreprennent une traversée périlleuse.

Rencontre avec la Cimade dans le cadre du Festival Migrant'scène.

Les pressions internationales n’y ont pas fait grand-chose : les Rohingyas, une minorité musulmane du Myanmar (l’ancienne Birmanie), privés de citoyenneté depuis 1982, continuent d’être discriminés dans ce pays d’Asie du Sud-est à la population majoritairement bouddhiste. L’été 2017, la persécution a viré au nettoyage ethnique et forcé sept cent cinquante mille Rohingyas à l’exil pour fuir les viols et les massacres perpétrés par l’armée. Travaillant au Myanmar depuis douze ans, le cinéaste japonais Akio Fujimoto a été sensibilisé au sort tragique, et longtemps tabou, du peuple rohingya. Il lui rend un hommage d’une vibrante empathie dans une fiction très documentée. Les Fleurs du manguier débute dans un camp de réfugiés surpeuplé au Bangladesh, où Shafi, 4 ans, sa sœur Somira, 9 ans, et leur mère préparent leur départ clandestin en bateau pour une vie qu’ils espèrent meilleure. Objectif : la Malaisie, où s’est déjà exilée une partie de leur famille. Un pays dont la religion officielle est l’islam, mais où ils ne sont pas forcément les bienvenus. Rayons de soleil dans l’obscurité Traversée maritime périlleuse sur un navire surpeuplé, violence cynique des passeurs, longues marches erratiques dans la forêt, traque féroce des policiers… C’est peu dire que le réalisateur ne ménage pas ses spectateurs. Sur le fond comme sur la forme : une bonne partie des scènes nocturnes, éclairées à la seule lueur fragile de lampes de poche, sont difficilement lisibles. Mais cette âpreté narrative et esthétique a le mérite de préserver le film du pathos. La force des Fleurs du manguier, sa beauté malgré tout tiennent à son point de vue inlassablement fixé à hauteur d’enfants. Le regard distancié de Shafi et Somira sur des événements dont ils ne comprennent pas toutes les implications permet, sans adoucir les horreurs traversées ni tomber dans le cliché de l’innocence perdue, d’éviter, au sortir de la projection, d’avoir un moral totalement plombé. Le refuge dans les jeux que les deux petits parviennent à préserver, la complicité entre leurs deux formidables jeunes comédiens — frère et sœur dans la vie — sont comme des rayons de soleil dans l’obscurité. Et la mise en scène parvient à transcender son naturalisme par une envolée presque fantastique dans une bouleversante séquence finale. Télérama
Rencontre

De Helene Pineau
Documentaire - France - 2023 - VF - 45min

ETRES VIVANTS INTERROGER NOS LIENS

Un groupe d’éleveurs qui exercent leur métier avec conviction mais qui se posent des questions, qui ressentent comme une gêne, un caillou dans la chaussure. Pourquoi exercer cette activité souvent mal connue, parfois décriée, qui implique des gestes loin d’être anodins au contact de la vie, de la mort, et des humeurs des corps animaux ? Ce film retrace le parcours de ces femmes et des ces hommes, de leurs échanges entre eux et avec d’autres : citoyens, praticiens, chercheurs.

Dans le cadre du Festival Alimenterre, rencontre avec les  Amis de la confédération paysanne et Maxime Rosenblatt de la ferme du Rutzenbach. 

Stand de vente (farines bio de la ferme Okoniewski, articles en laine fabriqués par Maxime Rosenblatt)

Rencontre

De Valerie Veatch avec Emily M. Bender, Douglas Rushkoff, McKenzie Wark, Krystal Huffman, Ezekiel Dixon-Román, Brett Zehner, Thema Monroe-White, Maureen Chiveri, Tiera Tanksley, Ana Valdivia, Sophia Goodfriend
Documentaire - Etats-Unis - 2025 - VOST - 1h50

Ghost in the Machine

Les origines méconnues de l'intelligence artificielle ne résident pas dans les machines, mais dans le pouvoir ; elles révèlent les fantasmes qui se cachent derrière le battage médiatique qui nous a menés là où nous en sommes aujourd'hui et qui nous indiquent la voie à suivre.

Rencontre avec le collectif "IA pas moyen".

Les jeudis de l'art contemporain

De Heather Lenz avec Yayoi Kusama
Documentaire - Etats-Unis - 2018 - VOST - 1h16

Kusama : Infinity

Une ode au parcours semé d’embuches de celle qui est devenue aujourd’hui l’artiste femme la plus reconnue au monde.

Nouveau cycle proposé par Mulhouse Art contemporain. Chaque séance est suivie d'un éclairage de l'artiste par Dominique Bannwarth, Robert Cahen ou autre connaisseur.

C'est toute cette complexité, cette matière insaisissable, gorgée de paradoxes, que sonde le documentaire de Heather Lenz. Le formatage de Kusama: Infinity lui permet pourtant de s'effacer discrètement derrière l'artiste et d'en saisir l'intimité, notamment lors de très belles séquences avec elle, face caméra. Les Inrocks
Ciné-relax

De Vincent Munier avec Michel Munier, Simon Munier, Vincent Munier
Documentaire - France - 2025 - VF - 1h33

Le Chant des forêts

Un homme marche, sac au dos, bâton à la main, veste lourde et chaude sur les épaules, vers les profondeurs d’une vieille forêt moussue. Ni le vent, ni la brume, ni même la neige ne l’arrêteront dans son élan pour rejoindre son affût, sa planque : un sapin. En se glissant sous ses branches basses, l’homme s’efface et un monde s’éveille. Celui des bêtes. Le vieux sage nous invite à partager des émotions puissantes à ses côtés, celles qu’il a ressenties au cours de milliers d’affûts. Le moment est venu pour lui d’ouvrir son savoir, ses souvenirs de ses plus belles rencontres sauvages. Au cours d’un voyage dans nos forêts proches, il nous éveillera au "sensible", ou plus précisément à la poésie du monde sauvage, celle qu’il a transmise à son fils dès l’âge de 12 ans et qu’il transmettra peut-être à son petit-fils.

«Pour le plaisir d’aller enfin au cinéma sans craindre d’être rejetés », c’est ce que propose l’association Culture-relax, parrainée par Sandrine Bonnaire. Des séances de cinéma tout public, aménagées pour les rendre accessibles à des personnes exclues des loisirs culturels à cause d’un comportement parfois inattendu. Chaque spectateur est accueilli de sorte qu’il se sente le bienvenu et respecté tel qu’il est.

Entrée 5,50€ pour tous!

Un film intime, contemplatif, d’une puissance émotionnelle ahurissante, reposant sur deux transmissions. Celle de Michel Munier, père du cinéaste, à Simon, son petit-fils, qu’il va initier à l’affût, l’observation de la vie dans les bois. Et au-delà, celle de Vincent Munier au spectateur, auquel il montre ce qui lui échappe depuis trop longtemps, qui est mis à mal par une époque ne voulant plus s’en encombrer : le sauvage – animal, végétal, spirituel. Libération
  • Légendes des pictos :
  • Séance suivie d'une rencontre |
  • Sous-titrage sourds et malentendants |
  • VF Version française |
  • Séance précédée ou suivie d'un repas

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