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Chronique

 « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » Les fourberies de Scapin, II, 7.

Lupanar.

Je passe, le dépasse, je repasse devant. J’hésite, je flotte (en mot : je suis femme). Je jette un petit regard par en dessous. Alors, j’y vais, j’y vais pas. Je me tâte. Je veux, je veux pas. Que choisir ? Celui-ci, celle-ci ? Ou un(e) autre peut-être? M’offrir un(e) manière de partenaire, m’enfermer dans le noir pour me livrer à des ébats (et me délivrer de quoi ?). Et à plusieurs, de surcroît. Dieu du ciel. C’est quoi ce bordel ?

A quels plaisirs coupables m’adonné-je en ces lieux ? Là, dans ce bouge, ce claque, ce clandé ?  Où vais-je (d’où viens-je) quand je me rends dans ce boxon ? Dans quel giron ? Peut-être est-il question d’errer dans un autre temps, me trouver une fumerie d’opium afin d’y  chevaucher un dragon. Faire des courbettes à Courbet, le saluer comme il se doit. Honorer qui (c’est quoi le pluriel de qui ?) de droit. Retrouver des connaissances, une reconnaissance. M’en faire d’autre(s) et développer, approfondir ainsi mon sens du commerce de l’Autre.  Peut-être me perdre de vue dans des miroirs et des labyrinthes, me prendre pour la Dame de Shanghai, me bercer d’illusions.

Que viens-je donc y chercher dans ce Luna Park ? Le fameux  temps perdu qu’on ne rattrape plus ou qu’on tente en vain de tuer, comme une vieille attente, pour tromper une camarde, qui, au demeurant, n’est dupe de rien. Ou de si peu. Quelle quête donc ? Quel tête-à-tête ? Rosebud et des choses inconnues. Les yeux d’avant, le goût des fraises sauvages et des premiers baisers. En ce temps-là la vie était plus belle et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui… Tiens donc. Ne serait-ce pas plutôt lire les lignes de ma main, diseur de ma propre bonne aventure, caresser une boule de cristal, déchiffrer le marc de café pour entrevoir les jours d’après.

Y est-il question de solder des comptes avec  de (trop, très, peu) cher(e)s disparu(e)s ? Explorer quelle Apollonide ? Ou alors n’y cherché-je qu’une simple compagnie, quelque inconnu(e), et que j'aime, et qui m'aime et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait le/la même ni tout à fait un(e) autre, et m'aime et me comprend ?

A quelle paix des sens (ou de la raison) asperge, pardon, aspiré-je que cet endroit serait supposé  m’offrir ? Quelles vieilles bêtes assoupies aux tréfonds  vais-je de ce pas réveiller ? Dans quel ancien chaudron vais-je touiller pour faire remonter à la surface un peu de fond ? En somme et sans ambages, qu’est-ce que je fais / fous là ? Dans cette salle, dans ce film, dans cet isoloir, ce confessionnal, dans ce ici et ce maintenant et, au passage, dans tout ce qu’on voudra ? Trouver des questions face aux  réponses

Voilà, in fine, l’affaire d’un cinéma : jouer la mère maquerelle, le tenancier de bordel, rabatteurs de concupiscence, intercesseurs  entre un désir plus ou moins avoué et un plaisir moins ou plus tarifé et ce faisant, suggérer des questions possibles aux réponses nombreuses. Allez venez Milord…  

                                                                                                                                                                                            M.

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