icone Programmation du 25 mai au 21 juin

Chronique

"…J'ai bon caractère mais j'ai le glaive vengeur et le bras séculier. L'aigle va fondre sur la vieille buse.

- C'est chouette ça, comme métaphore.

- C'est pas une métaphore, c'est une périphrase.

- Oh fait pas chier !

- Ça, c'est une métaphore…"

(Bernard Blier / M.Charles dit «Le Téméraire»  in Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages…) 

« Aux uns le silence et la mort. Aux autres la transhumance du verbe… » René Char

Bouche(s) à oreille(s).   

Des enfants, que les échos anciens des histoires racontées habitent toujours. Des ogres, des belles, des bêtes, et des ogres encore. Et des loups. Des enfants devenus plus ou moins grands et qui recherchent sans cesse dans des cinémas, des livres, des musiques ou des bordels  le miracle, l’étincelle, l’émotion, le mystère. L’origine du monde. De ces mots, de ces paroles des jours d’avant, nous ne  saisissions pas toujours tout du détail mais nous en savions le ton (celui qui fait la musique) et l’harmonie, nous savions sans savoir l’unisson des choses qui vibrent et qui palpitent. Des voix. Enchâssées en nous comme autant de Rosebud. Avant que nous attrapent les ballets sans musique, sans personne, sans rien.

Des femmes dont Fabrice Lucchini, avec gourmandise, affirme, citant Marguerite Duras,  qu’elles jouissent d’abord par l’oreille. Il ne s’agit pas, on l’aura compris, de pratiques érotiques sinon fétichistes,  perverses. Encore que.  Par l’oreille, il faut, si j’ose dire, entendre l’ouïe. Et toute l’affaire se trouve là : nous parler, nous glisser dans le creux de l’oreille ce qui saura susciter les images, les scènes, les films, le vertige et le goût du risque et ce qui s’ensuit, surtout ce qui s’ensuit. Du pornographique. Du cinéma en 70mm, du Panavision, Technicolor Panorama. De l’ample, du flamboyant, de l’épique. Nous donner envie d’avoir envie comme s’époumone  le vieux Johnny.  

Des chevaux aux oreilles desquels murmurent des hommes les histoires, de mots et d ‘images, qui réduiront les fêlures sinon les fractures,  déferont des nœuds, tiendront et chaud et compagnie, bonne ou mauvaise, des Indes ou au clair de lune, et les promesses de l’aube.

Voilà ce à quoi, quidams lambda, il semble que nous aspirions à travers un rectangle de lumière : que quelqu’un nous dise des choses… « Parlez-moi d’amour …» chantait  Lucienne Boyer. Parlez-moi d’amour et de tout ce que vous voudrez, des humeurs et du sentiment, parlez-moi du temps qui fait et du temps qui passe, parlez-moi d’avant, d’après, parlez-moi de maintenant, parlez-moi des autres, de moi, des étoiles, de Dieu, de tout, de rien. Parlez-moi. Et ainsi nous pourrons trouver les clefs (de sol, d’ut, de ciel, de voûte, …), déchiffrer (des lettres), le ton (ton flingueur) et peut-être approcherons-nous la magie, l’énigme, l’opération du saint esprit, le mystère. Peut-être.                                M.

PS : parler, oui. Se faire entendre, c’est pas mal non plus. Ce n’est pas toujours le cas. Alors, il faut monter dans les octaves. C’est ce à quoi s’emploiera le Cinéma Bel-Air afin que passe le message : nous sommes définitivement à l’étroit dans notre salle et faute d’un espace complémentaire / un autre écran, c’est la mort assurée…

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  • projection & rencontre

    Le potager de mon grand-père de Martin Esposito

    + rencontre avec Martin Esposito, réalisateur

    le lundi 30 mai à 20h15
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    Nous trois ou rien de Kheiron

    + rencontre avec la commission cinéma du diocèse de Strasbourg sur le thème : Migrants/réfugiés : un débat d'une douloureuse actualité"

    le vendredi 3 juin à 19h45
  • ciné-ma différence

    le dictateur.jpgLe dictateur de Charles Chaplin

    suivi d'un goûter offert par Pat'à sel et Les Papillons Blancs

    Tarif : 5 € pour tous

    le dimanche 5 juin à 14h15

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