icone Programmation du 26 avril au 16 mai


Chronique

- Donc Tata Fifi a retrouvé ton épée dorée grâce à sa baguette magique ?!

- Oui.

- Tu en es sûr ?

- Oui.

- Et tu crois qu’elle pourrait retrouver d’autres choses ?

- Oui.

- Et quoi par exemple ?

- Il faut que je réfléchisse.

 « …Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes. » Henri Calet

Voix.

Plus qu’une présence physique : une voix. Qui annone, un enfant, qui chantonne, une amante, qui résonne, un ami. Une voix qu’on entend comme on veut entendre des voix, de l’intérieur, quand on est seul. Une voix du temps d’avant le temps du Dernier des Mohicans. Qui tient, allez savoir pourquoi, de l’indéfectible. Qui file et qui valse et qui tient éveillé, qui porte aussi et rassure et nous emplit, nous remplit  on ne saurait dire de quoi, de qui. Des voix qui vont leur chemin, nous traversent, y laissent des traces et nous laissent des fois sans voix. Hahaha. Jeanne « j’ai la mémoire qui flanche » Moreau.  Antoine « l’amour en fuite » Doinel. Nanni « la plage d’Ostie » Moretti. Et tous les autres, la multitude  en cortège,  procession chorale, qui nous bordent le chemin.

Des êtres sont là, qui nous apprennent des choses jolies, nouvelles, et les mots charmants qui vont avec. D’autres choses et d’autres mots aussi : amylase (tiens : ami / Laze), myélome (tiens : miel / homme). Un délice. On s’en passerait, non ? Des mots dont surgissent comme des diables des capharnaüms d’images. Laides. Bruyantes des bruits qui précèdent les limbes. Le Colonel Kurtz n’est pas loin, il n’est jamais très loin, au demeurant. Le silence après la musique de Mozart, dit-on. Alors, du bruit, de la fureur comme du silence, on s’accommode, on compose, on fait avec….

De mémoire, c’est au début de «  Puissances des ténèbres / Earthly powers » d’Anthony Burgess (celui de « A Clockwork Orange / Orange mécanique») que son héros, Kenneth Toomey, arrivé au soir de sa vie, se trouve au bord des larmes (et inversement) à la simple évocation de certains mots. Nous y voici rendus, ou presque. La peau, la vraie et l’autre, fatiguée, apparait plus fragile, plus perméable, ou poreuse. Les nerfs affleurent, tendus comme des strings (cordes, en anglais). Et voici des mots, et voilà des images. Qui dansent autour de nous, comme des Peaux-Rouges, scandant dans une langue de nous inconnue des chants inquiétants. Qui nous renvoient à ce qui restera quand plus rien ne restera : nos voix. Au hasard…

                                                                                                                                                                                            M.

PS : voir les gens à voir, convaincre les gens à convaincre, décider ceux qui décident. Il peut y avoir  loin de la coupe aux lèvres, certes. Néanmoins, where there is will there is a way. Nous arrivons à une croisée des chemins. D’ici peu, les gens à voir, ceux à convaincre et ceux qui décident (souvent les mêmes) seront vus, se verront convaincus et décideront ce qu’ils doivent décider.

 

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    L'éveil de la permaculture de Adrien Bellay

    + rencontre avec Adrien Bellay, réalisateur, et Marc Kaufmann, président de l'association Zone Verte, en partenariat avec Alsace Cinémas et Biocoop

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