Rencontre Avant-Première
De Joël Akafou avec Maman Jo
Documentaire - Côte-d'Ivoire/Burkina Faso/France - 2024 - VF - 1h23
Loin de moi la colère
À Ziglo, un village de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, Josiane a perdu plusieurs membres de sa famille dans la crise post électorale de 2011. Aujourd’hui, la paix a encore de la peine à s’imposer dans les esprits, mais Josiane veut tout faire pour que sa commune retrouve le vivre ensemble qu’elle a connu quand elle était petite. Au cœur de son village, elle a réuni les femmes de toutes les communautés, pour faire émerger la parole et chercher les moyens de travailler à nouveau ensemble.
Rencontre avec L'Association La Maison commune.
Ici, il est question de crimes et de survie à ces crimes. Pas la survie immédiate, mais la survie sur le long terme, celle des chairs et des mémoires. La survie pour la liberté, sans doute. Comment se réparer et retrouver sa liberté à Zéaglo ? Ce village de Côte d’Ivoire doit survivre au massacre de Duékoué advenu lors de la crise postélectorale de 2010-2011. Le village demeure depuis dans une souffrance dans laquelle nombre d’habitantes et d’habitants sont enfermés. Les victimes et leurs bourreaux cohabitent, les deuils sont nombreux et lourds et la parole ne circule plus. C’est à cette parole que Josiane fait confiance pour trouver la paix, qui selon elle peut advenir à condition de se réunir. Passant de case en case, le film l’accompagne dans sa collecte de témoignages. Découlent de là les récits, d’une violence effroyable, d’une multitude de vies réduites. Les femmes parlent d’elles comme des fantômes, séparées par l’appartenance à des communautés différentes et réunies par leur silence et leur solitude. Alors, des restes d’une maison brûlée lors des massacres, se bâtit une maison pour se rassembler. On n’abandonne pas les fantômes, on les habite. Des enchaînements de récits individuels à un cadre élargi où siégera tout le monde : le mouvement du film est celui de la réunion. Les histoires convergent vers cette maison où s’élabore une justice réparatrice qui ne prêche pas le pardon inconditionnel mais cherche la reconnaissance des torts. D’histoires isolées en récits partagés, la parole fabrique un espace commun, dans la maison on fait présence. Pas de retour sur l’Histoire, pas de fresque ou de faits politiques, ce qui compte c’est juste être là, physiquement, politiquement : écouter, faire tomber les séparations et tenter de réparer. Les Yeux Doc
