Plein Air au Bel Air

De Vincent Paronnaud, Marjane Satrapi avec Chiara Mastroianni, Danielle Darrieux, Catherine Deneuve, Simon Abkarian, Gabrielle Lopes Benites, François Jerosme, Tilly Mandelbrot, Sophie Arthuys, Arié Elmaleh, Mathias Mlekuz
Animation Comédie Dramatique - France - 2007 - VF - 1h35

Persepolis

S'inspirant de son roman autobiographique, Marjane Satrapi a écrit et réalisé ce film d'animation qui raconte l'histoire d'une jeune Iranienne grandissant pendant la Révolution islamique. Envoyée dans un pensionnat autrichien, la précoce Marji découvre que son origine ethnique alimente les préjugés raciaux. Devenue adulte, la société iranienne la contraint à quitter à nouveau son pays pour la France, où elle espère enfin affirmer son identité culturelle dans un contexte de liberté et d'égalité bafouées.

Plat du jour : Mezzés persans

Concert : Bradley’s (rock)    

Gros succès – mérité – pour cette adaptation des quatre albums dessinés par Marjane Satrapi. Avec son complice, Vincent Parronaud, elle a visionné des films noirs – La Nuit du chasseur, de Charles Laughton, et La Soif du mal, d'Orson Welles – pour peindre le cauchemar des victimes du chah, d'abord, puis des islamistes. Dans de somptueux dégradés de gris, tous passent à la trappe, comme avalés par une diabolique machine à tuer. C'est Ubu dans l'univers expressionniste de Fritz Lang… En contrepoint, comme dans une comédie italienne, on suit l'itinéraire d'une fille de 8 à 18 ans qui prend conscience, peu à peu, que l'intolérance est toujours liée à la bêtise et à l'ignorance. Le film est peuplé de silhouettes sinistres ou drôles, croquées avec un humour rosse. Difficile d'oublier la brave Mme Nassrine, contrainte de presser du raisin pour l'oncle distillateur de Marjane, tout en murmurant, jupes retroussées : « Que Dieu me pardonne, que Dieu me pardonne... » Ou le pauvre Kia, amputé d'un bras et d'une jambe, lors de la guerre contre Saddam Hussein… Mais le plus beau personnage reste la grand-mère de Marjane. Danielle Darrieux lui prête sa voix, son insolence légère, et Marjane Satrapi lui offre les meilleures répliques : « Nom de Dieu, comme tu as grandi. Tu vas bientôt pouvoir attraper les couilles du Seigneur ! » dit-elle en revoyant Marjane, après son séjour autrichien. Cette vieille dame très indigne lui enseigne surtout le sens de l'honneur et l'engueule ferme lorsqu'il fléchit. À l'image de Karl Marx et de Dieu, un instant réunis dans l'esprit enfiévré de Marjane, qui, comme la grand-mère, lui assurent, en levant le poing : « La lutte continue ! » Télérama

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