Rencontre

De Aurélien Vernhes-Lermusiaux avec Alexis Tafur, Miguel Ángel Viera, Ángela Rodríguez, Laura Valentina Quintero, Virgelina Gil Saénz
Drame - France/Colombie/Brésil - 2026 - VOST - 1h25

La Couleuvre noire

Après des années d’absence, Ciro revient chez lui, au chevet de sa mère. Dans ce désert colombien de la Tatacoa, il retrouve ceux qu’il avait fuis et affronte les derniers gardiens d’un territoire aussi fragile qu’envoûtant.

Rencontre avec Aurélien Vernhes-Lermusiaux, réalisateur, le lundi 18 mai à 20h15, en partenariat avec l’ACID, association du cinéma indépendant pour sa diffusion.

Il part au bout du monde pour chercher l’intime… Un étonnant désir de cinéma guide le réalisateur découvert avec Vers la bataille (2021), où un photographe français suivait des soldats de Napoléon III au Mexique, en 1863, emportant avec lui le souvenir de son fils, mort dans une autre guerre. Un nouveau voyage commence avec Ciro, jeune Colombien ouvrier à Bogotá aujourd’hui, appelé au chevet de sa mère, qui vit ses derniers jours dans la très modeste maison familiale, aux portes du désert de la Tatacoa. Une immensité que Ciro a fuie, dix ans plus tôt, abandonnant sa place de fils et renonçant à celle du père qu’il allait devenir. De retour au village, ce déserteur va avoir rendez-vous avec lui-même, dans le désert… Si Aurélien Vernhes-Lermusiaux se confirme en cinéaste explorateur, il donne mieux à comprendre qu’il est d’abord l’aventurier du cheminement intérieur. Dans les paysages extraordinaires de la Tatacoa, qui semblent l’invention d’un artiste halluciné, il a trouvé une matière rocheuse, minérale et presque mentale, dont il fait un langage sensible. L’aridité géographique se révèle la richesse d’un film qui évite tout folklore sud-américain et s’ouvre au mystère. Terrain familial et familier Les retrouvailles sont faites du silence du père, dur comme la pierre, et du souffle ténu de la mère, dans lequel semble passer le sifflement d’une couleuvre noire (la signification de « Tatacoa ») dont elle transmet l’histoire à Ciro. Ce serpent porteur d’eau, capable de faire renaître la vie, se glisse ici, resurgit là, relance une magie possible et devient le symbole de ce que le film raconte : une mue. En s’acclimatant à cet ailleurs troublant, on se trouve peu à peu en terrain non seulement familial mais familier. Avec le beau personnage de la fille de Ciro, présence timide et essentielle du haut de ses 10 ans, une autre façon d’être au monde se dessine, en renouant avec ses racines tout en gardant sa liberté, en trouvant sa place. La Couleuvre noire avance vers la fin d’une bataille avec des ruptures, des peurs, des regrets. De la nuit des premières scènes à la belle journée finale, c’est le film lumineux de l’apaisement, d’une réconciliation avec l’immensité de l’histoire dont chacun de nous hérite. Télérama

Prochainement