Sortie nationale
De Phuong Mai Nguyen avec Rio Vega, Lyna Khoudri, Paul Kircher, Birane Ba, Gauthier Battoue
Animation
Drame - France/Belgique - 2026 - VF - 1h35
In Waves
À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.
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In Waves confirme que l’animation française continue d’être l’un des espaces les plus libres pour raconter l’intime. Adapté du roman graphique autobiographique d’AJ Dungo, le premier long métrage de Phuong Mai Nguyen aurait pu sombrer dans le mélodrame lacrymal. Il choisit au contraire la pudeur, la douceur et le mouvement perpétuel de l’océan pour raconter le deuil, l’amour et la mémoire. À Los Angeles, AJ rencontre Kristen. Lui dessine et skate, elle surfe avec une énergie solaire. Ils tombent amoureux, grandissent ensemble, jusqu’à ce que la maladie vienne fracturer leur avenir commun. Mais ce qui touche dans In Waves, c’est précisément son refus de réduire Kristen à la souffrance ou au statut de victime, préservant « la lumière » du personnage, son humour et son élan vital. Et cette lumière traverse toute la mise en scène. Là où le roman graphique semblait privilégier une bichromie minimaliste, Phuong Mai Nguyen déploie un univers de couleurs mouvantes et de lumières californiennes qui rappellent les peintures de David Hockney. Les vagues ressemblent aux états émotionnels des personnages, éclatantes dans les premiers émois amoureux, blanchies et presque fantomatiques à mesure que la maladie progresse, puis plus troubles encore dans les séquences de deuil. L’ animation mêlant 2D et textures numériques donne au film une fluidité sensorielle remarquable, comme si les souvenirs eux-mêmes se dissolvaient dans l’eau. Le plus beau, c’est la manière dont In Waves filme la disparition sans jamais effacer la vie. Le film parle de la mort, évidemment, mais il est surtout hanté par une urgence de vivre, de créer, d’aimer et de transmettre. La musique aérienne d’Oklou et Rob accompagne ce mouvement mélancolique sans jamais l’écraser. Par sa délicatesse obstinée, son attention aux corps, aux silences et aux paysages, In Waves réussit à transformer un récit autobiographique profondément douloureux en expérience lumineuse et apaisée. Un joli film, triste, mais traversé jusqu’au bout par le ressac obstiné de la vie. Le Bleu du Miroir
