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Lycéens et apprentis au cinéma

Un dispositif national d’éducation à l’image

Créé en 1998, Lycéens et apprentis au cinéma s’adresse aux élèves de  lycées d’enseignement général, de lycées professionnels et agricoles et de centres de formation des apprentis (CFA).

Lycéens et apprentis au cinéma est soutenu par la Région Grand Est, le Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC, CNC) et le Ministère de l’Education Nationale.

Le RECIT (Réseau Est Cinéma Images Trnasmission, ex-Alsace Cinémas) met en œuvre et coordonne le dispositif en partenariat avec l’Académie de Strasbourg.

La Région Alsace a été pionnière en finançant l’opération dès la rentrée scolaire 1999/2000.

Objectifs

  • Amener les élèves à une pratique culturelle du cinéma
  • Développer leur regard critiqueface à l’image
  • Acquérir et enrichir une culture cinématographique

     

     

    Programmation

    Le choix des films se veut représentatif de la diversité des œuvres, des formats, des genres, des thèmes qu’offre le 7ème art.

    Pour cela, la programmation est composée d’un film de patrimoine , d’un film français au choix et d’un film étranger choisis parmi une liste d’œuvres de qualité soumise par le CNC.

    Programmation 2019/2020 :

    - Film français au choix : Les combattants ou Petit paysan (film soutenu par la Région Grand Est)

    - Film de patrimoine : Certains l'aiment chaud

    - Film étranger : Mustang

    Lycéens et Apprentis au Cinéma

    De HUBERT CHARUEL avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners, Isabelle Candelier, Valentin Lespinasse, Clément Bresson, India Hair Drame - France - 2017 - 1h30

    PETIT PAYSAN

    Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver.

    Du 25 novembre au 28 janvier

    Pour Pierre, rien ne compte plus que ses vaches. Levé à l’aube tous les matins pour la traite, il trime toute la journée entre la pâture et les mille et une tâches de la ferme, sans compter les réveils en pleine nuit pour la mise bas d’un veau… Ce jeune éleveur consacre chaque minute de son existence à son troupeau. L’amour ? Pas le temps — ni même l’envie — de répondre aux avances de l’avenante boulangère du village. Les seules visites qu’il accepte sont celles de sa sœur, puisqu’elle est vétérinaire. Surtout, Pierre a peur : les premiers cas d’une épidémie viennent de se déclarer en France. Des troupeaux sont abattus par mesure de précaution. Découvrant que l’une de ses laitières est infectée, il est prêt à tous les mensonges pour empêcher qu’on tue ses vaches… Hubert Charuel, lui-même fils d’éleveur, mais qui préféra la Fémis à la ferme familiale, signe un premier long métrage enthousiasmant sur un sujet qu’il connaît intimement. On est d’abord frappé par sa capacité à convertir son matériau documentaire (des difficultés économiques aux lois sanitaires, jusqu’à la question épineuse de la robotisation de la traite) en fiction passionnante. Mais, en plus, son film échappe au naturalisme et tourne au thriller. C’est d’ailleurs annoncé dès la séquence d’ouverture, superbement onirique : Pierre se fraye difficilement un chemin dans sa chambre et sa cuisine, au milieu des vaches. Et il deviendra un héros de polar paranoïaque pour faire disparaître, la nuit, le cadavre d’un ruminant, bien plus difficile à enterrer que celui d’un homme chez Scorsese… Swann Arlaud, impressionnant, comme habité, devient l’incarnation d’un sacerdoce qui peut virer à l’enfer. Télérama
    Lycéens et Apprentis au Cinéma

    De THOMAS CAILLEY avec Adèle Haenel, Kevin Azais, Antoine Laurent, Brigitte Roüan, William Lebghil Comédie - France - 2014 - 1h38

    LES COMBATTANTS

    Entre ses potes et l’entreprise familiale, l’été d'Arnaud s’annonce tranquille… Tranquille jusqu'à sa rencontre avec Madeleine, aussi belle que cassante, bloc de muscles tendus et de prophéties catastrophiques. Il ne s’attend à rien ; elle se prépare au pire. Jusqu'où la suivre alors qu'elle ne lui a rien demandé ? C’est une histoire d’amour. Ou une histoire de survie. Ou les deux.

    D’un naturel pessimiste, Madeleine se prépare aux catastrophes qui ne manqueront pas de se produire dans un avenir proche : réchauffement climatique, pollution chimique, surpopulation… ­Dotée d’une carrure de videur, elle exerce sur toute chose un pragmatisme rugueux. « Pour quoi faire ? » demande-t-elle à l’imprudent qui lui propose une soirée en tête à tête. L’imprudent, c’est Arnaud, un jeune type un peu flottant qui s’apprête à reprendre l’entreprise de son père, tout juste décédé. Madeleine et Arnaud n’ont rien à faire ensemble et se retrouvent pourtant dans le même stage de survie de l’armée de terre… En observant le télescopage de ces deux personnages parfaitement opposés, Thomas Cailley s’amuse avec les codes de la comédie romantique, mais pas seu­lement. Ce jeune cinéaste glisse d’un genre à l’autre avec une aisance bluffante : du film de potes au récit catastrophe, en passant par la comédie militaire. Surprenant de bout en bout, Les Combattants aborde des sujets graves — la destruction de l’homme par l’homme, l’ultra-individualisme contemporain — avec un humour acide. La douceur et la sensualité ­surgissent comme par inadvertance. Ainsi, le moment splendide où, dans la caserne, Arnaud et Madeleine se maquillent mutuellement pour un exercice de camouflage. Au fur et à mesure que les visages disparaissent sous la peinture, les cœurs se mettent à nu. L’amour désarme et la survie passera, aussi, par la solidarité. Télérama
    Lycéens et Apprentis au Cinéma

    De BILLY WILDER avec Marilyn Monroe, Tony Curtis, Jack Lemmon, George Raft, Pat O’Brien Comédie - Etats-Unis - 1959 - VOST - 2h01

    CERTAINS L'AIMENT CHAUD

    Deux musiciens de jazz au chômage, mêlés involontairement à un règlement de comptes entre gangsters, se transforment en musiciennes pour leur échapper. Ils partent en Floride avec un orchestre féminin. Ils tombent illico amoureux d'une ravissante et blonde créature, Alouette, qui veut épouser un milliardaire.

    Du 6 janvier au 27 mars

    On connaît la réplique qui clôt ce superbe film : « Personne n’est parfait. » Et moins celle qui résume une grande partie de la philosophie de Billy Wilder, que prononce un Jack Lemmon travesti, sidéré, soudain, par le monde incroyable qu’il découvre : « Les femmes, dit-il alors à son pote Tony Curtis, sont un sexe tout à fait différent. » On n’a jamais si bien mesuré, et de manière si concise, une des grandes évidences de la vie… En pleine prohibition, deux musiciens, poursuivis par des gangsters pour avoir assisté à un massacre, rejoignent, maquillés et pomponnés, un orchestre féminin dont la vedette est une adorable paumée qui joue de l’ukulélé, tombe amoureuse de tous les saxophonistes mâles qu’elle rencontre et chante « I wanna be loved by you, pooh pooh pee dooh » à la Betty Boop. Le scénario, d’une audace et d’un humour ravageurs, baigne dans une sensualité gouailleuse (Lemmon et les girls dans sa couchette) et rigolote (Curtis, qui prétend être impuissant, est trahi par la buée de ses lunettes, alors que Marilyn l’embrasse savamment). Le film est une merveille de rythme, d’invention et de gaieté. Si Marilyn est magique, c’est Lemmon dont on se souvient avec le plus d’enthousiasme, dansant un tango érotico-comique avec son soupirant milliardaire et pestant contre un groom qui, dans l’ascenseur, lui a pincé les fesses, alors qu’il (elle) n’est même pas joli(e). Télérama
    Lycéens et Apprentis au Cinéma

    De DENIZ GAMZE ERGUVEN avec Günes Nezihe Sensoy, Doga Zeynep Doguslu, Elit Iscan, Tugba Sunguroglu, Ilayda Akdogan Drame - Turquie - 2015 - VOST - 1h37

    MUSTANG

    C'est le début de l'été. Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues. La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger. Les cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, détournent les limites qui leur sont imposées.

    Premier film de la réalisatrice Deniz Gamze Ergüven, Mustang suit la course à la liberté de cinq sœurs entre l’enfance et l’adolescence. Un long-métrage d’une grâce et d’une fougue lumineuses. Il suffit d’un instant pour que le jardin d’Eden, fait de rires, d’innocence et de fruits frais, disparaisse et se transforme en arrière-cour hostile gardée par un voisin patibulaire qui vous en chasse en vous menaçant de son fusil. Début de l’été mais fin de l’insouciance pour les cinq sœurs de Mustang, premier long-métrage de la réalisatrice Deniz Gamze Ergüven. La réalisatrice examine ici un passage à l’âge adulte forcé, explorant à travers ses personnages adolescents autant d’élans vers l’émancipation. Une aura émane de ce groupe de filles dont on ne distingue pas les individus au premier abord. Élancées, les traits fins, la même peau halée et leur longue chevelure brune agitée par le vent, les jeunes filles apparaissent comme un tout, un organisme tentaculaire dont les membres vivent en symbiose. Les premières scènes les montrent réagissant de la même façon et semblant faire front aux mœurs passéistes dans un même mouvement de révolte. C’est toutefois comme conséquence et non comme cause de la dissolution du groupe que naît la volonté d’émancipation la plus farouche, celle de Lale, cadette de la fratrie interprétée par l’attachante Güneş Nezihe Şensoy et dont l’intrigue adopte le point de vue. La réalisatrice parvient avec finesse à esquisser le portrait de chaque jeune fille dans la manière par laquelle chacune réagit et résiste aux règles qui leur sont imposées : Sonay (Ilayda Akdoğan), figure solaire à la sensualité en pleine éclosion, Selma (Tuğba Sunguroğlu), réservée et sans illusions sur son sort, Ece (Elit Işcan), à la tendance autodestructrice, Nur (Doğa Zeynep Doğuşlu), à peine entrée dans l’adolescence et qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Si aucune des aînées n’ose effectivement renverser le système patriarcal dans lequel elles sont prises au piège, le personnage de Lale, le plus jeune mais aussi le plus audacieux et subversif, apparaît comme vecteur de changement et espoir d’une nouvelle perception de la féminité. La réalisatrice prend par ailleurs soin de montrer une figure masculine positive en la personne de Yasin (Burak Yiğit), livreur en camionnette qui, intrigué et amusé par l’obstination de Lale à vouloir rejoindre Istanbul, commence à lui apprendre à conduire. Une manière d’indiquer en douceur une voie de communication et d’entraide entre les êtres, par-delà leur genre et leur appartenance à une génération. Mustang sème des indices vers l’issue la plus efficace contre l’emprisonnement physique et intellectuel de ces jeunes filles : l’éducation. Déscolarisée après le scandale du début du film, ce n’est pas un hasard si Lale se tourne finalement vers son ancienne institutrice afin de trouver de l’aide dans son évasion. A la fois questionnement sur la place et la perception de la femme dans la société turque et réflexion sur le passage à l’âge adulte, choisi ou non, Mustang s’avère être un premier long-métrage riche et bien mené qui célèbre la fougue de la jeunesse et la liberté. Avoir-alire

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