Lycéens et apprentis au cinéma

 

Un dispositif national d’éducation à l’image

Créé en 1998, Lycéens et apprentis au cinéma s’adresse aux élèves de  lycées d’enseignement général, de lycées professionnels et agricoles et de centres de formation des apprentis (CFA).

Lycéens et apprentis au cinéma est soutenu par la Région Grand Est, le Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC, CNC) et le Ministère de l’Education Nationale.

Le RECIT (Réseau Est Cinéma Images Trnasmission, ex-Alsace Cinémas) met en œuvre et coordonne le dispositif en partenariat avec l’Académie de Strasbourg.

La Région Alsace a été pionnière en finançant l’opération dès la rentrée scolaire 1999/2000.

 

 

 

Objectifs

  • Amener les élèves à une pratique culturelle du cinéma
  • Développer leur regard critique face à l’image
  • Acquérir et enrichir une culture cinématographique

Programmation

Le choix des films se veut représentatif de la diversité des œuvres, des formats, des genres, des thèmes qu’offre le 7ème art.

Pour cela, la programmation est composée d’un film de patrimoine, d’un film français au choix et d’un film étranger choisis parmi une liste d’œuvres de qualité soumise par le CNC.

Programmation 2018/2019 : Fatima ou Je suis le peuple, Blow out, Les oubliés

Lycéens au Cinéma

de Martin Zandvliet avec Roland Møller, Mikkel Boe Folsgaard, Joel Basman
Drame - Allemagne/Danemark - 2015 - VOST - 1h41

Les oubliés / Under Sandet

1945. Danemark.
Fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Plusieurs soldats allemands, à peine sortis de l’adolescence, sont faits prisonniers par l’armée danoise et envoyés en première ligne pour désamorcer les mines enfouies le long de la côte. Pour eux, la guerre est loin d’être terminée. Inspiré de faits réels, Les Oubliés raconte cet épisode tragique de l’Histoire.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
En relatant un épisode peu connu de l’histoire du Danemark, Martin Zandvliet nous livre un brillant plaidoyer sur l’inutilité de la vengeance. Une longue file de soldats hagards et dépenaillés marchent dans une rue. Un soldat danois frappe l’un d’entre eux jusqu’à le mettre à terre, pour la seule raison qu’il est allemand. La guerre vient de se terminer mais la haine de l’occupant est encore criante. Les victimes d’hier vont devenir les bourreaux d’aujourd’hui. Suivant la proposition des Anglais, les grands vainqueurs de cette guerre, les Danois utilisent de jeunes prisonniers de guerre allemands pour déminer leurs côtes, bafouant les accords de la Convention de Genève de 1929 qui interdisent de contraindre des prisonniers de guerre à effectuer des travaux dangereux ou pénibles. C’est ainsi que quatorze gamins âgés de 15 à 18 ans qui ne rêvaient que de retrouver leurs familles et de commencer enfin leur vie sont jetés dans un enfer explosif. Optant pour un style épuré, le réalisateur évite toute lourdeur guerrière. Il installe son décor sur une plage idyllique au sable blanc éclairée par un soleil permanent qui tranche avec la noirceur du sujet. La caméra s’attarde avec précision sur la beauté et la vulnérabilité de ces jeunes garçons. Elle nous fait partager leur effroi sans en occulter aucun détail mais nous transmet aussi la force de leurs rêves et de leur combat pour la survie. L’empathie est immédiate avec ceux que le sort a injustement désigné pour racheter les horreurs de la nation à laquelle ils appartiennent. Peu à peu, on s’intéresse davantage aux personnages qu’à l’intrigue, car il s’agit avant tout d’un film sur les êtres humains, autant capables de haine que de pardon. C’est avec émotion que l’on regarde se dessiner la fêlure intérieure du capitaine Rasmussen, (dans la peau duquel Roland Moller se glisse avec une infinie subtilité) chargé d’encadrer ces jeunes démineurs. Malgré son ressentiment extrême envers le peuple allemand et ses méthodes brutales, il finit par éprouver une sereine compassion pour ces adolescents qui vivent dans des conditions inhumaines. Quand il prend conscience de la cruauté de sa hiérarchie qui exige d’eux toujours plus, il se range de leur côté et reprend figure humaine. La grande force de ce drame impitoyable est aussi son réalisme. Grâce aux conseils d’experts militaires en matière d’explosifs, les scènes de déminage contribuent à maintenir un vrai climat de tension renforcé encore par le jeu à l’intensité magistrale de jeunes comédiens, débutants pour la plupart. Bien loin d’être un film sur la guerre, les Oubliés raconte avant tout une histoire humaine qui explore avec tact la beauté de la face cachée des êtres. Avoir-alire

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