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Collège au Cinéma

 

Dispositif national d’éducation à l’image

Créé en 1989, Collège au cinéma s’adresse aux élèves de collèges.

Il est soutenu par les Conseils Généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, le Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC, CNC), le Ministère de l’Education Nationale.

Le RECIT (Réseau Est Cinéma Images Transmission, ex-Alsace Cinémas)  met en œuvre et coordonne Collège au cinéma en partenariat avec l’Académie de Strasbourg et l’Inspection Académique pour le département du Haut-Rhin.

Le dispositif est décliné depuis l’année scolaire 2003/2004 pour le département du Haut-Rhin et 2007/2008 pour le département du Bas-Rhin.

Objectifs

  • Amener les collégiens à une pratique culturelle du cinéma
  • Développer leur regard critique face à l’image
  • Acquérir et enrichir une culture cinématographique

     

     

     

      Programmation

      Afin de s’adapter aux acquis de chaque élève et son rapport à l’image, la programmation est scindée en deux niveaux : 6e/5e et 4 e/3e.

      Le choix des films se veut représentatif de la diversité des œuvres, des formats, des genres, des thèmes qu’offre le 7ème art. La programmation est généralement composée d’un film de patrimoine , d’un film français et d’un film étranger choisis parmi une liste d’œuvres de qualité soumise par le CNC. Programmation 2019/2020 :

      6ème/5ème : Coraline, Chantons sous la pluie, Tomboy

      4ème/3ème : Le Havre, Enfance clandestine, Panique sur Florida Beach

       
       
      Collège au Cinéma

      De Aki Kaurismäki avec André Wilms, Kati Outinen, Blondin Miguel, Elina Salo, Evelyne Didi, Quoc Dung Nguyen, Jean-Pierre Darroussin, Jean-Pierre Léaud, Pierre Étaix Comédie Dramatique - Finlande/Allemagne/France - 2011 - VOST - 1h29

      Le Havre

      Marcel Marx, ex-écrivain et bohème renommé, s’est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre où son métier honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures lui donne le sentiment d’être plus proche du peuple en le servant. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d’Afrique noire. Quand au même moment, Arletty tombe gravement malade et doit s’aliter, Marcel doit à nouveau combattre le mur froid de l’indifférence humaine avec pour seules armes, son optimisme inné et la solidarité têtue des habitants de son quartier. Il affronte la mécanique aveugle d’un Etat de droit occidental, représenté par l’étau de la police qui se resserre de plus en plus sur le jeune garçon réfugié. Il est temps pour Marcel de cirer ses chaussures et de montrer les dents.

      1er trimestre à destination des 4èmes/3èmes

      C’est la première fois que Kaurismäki confronte son univers de fable à une actualité brûlante : la France des centres de rétention, des clandestins traqués. Le Finlandais reste toutefois ce drôle d’artisan, un peu poète, un peu peintre, qui se décale pour dépeindre le monde de manière burlesque. A l’image de son Marcel Marx (André Wilms, auguste), cireur de chaussures qui parle volontiers en vers et qui a l’air de trimballer un chevalet dans son barda. Lui aussi se tient à l’écart, du moins jusqu’à sa rencontre avec Idrissa, gamin en perdition… Le film fleure bon le rétro provincial des années 1950-1960. Kaurismäki a trouvé au Havre, ville de la modernité quadrillée, un décor idéal. Il a invité les gars du coin et une légende locale, Roberto Piazza himself, alias Little Bob, pionnier du rock et du rhythm’n’blues en France. L’Angleterre n’est pas loin, l’Afrique noire et l’Amérique du Sud non plus. Un métissage qui rend dérisoire la notion même de nationalité. L’ami vietnamien de Marcel le dit autrement en confessant que Chang n’est pas son nom : ce sont ses papiers français qui l’ont privé de son nom. D’où la fraternité naturelle de citoyen du monde qui anime Marcel et qui se passe d’explication. Avec une morale simple comme bonjour : c’est en aidant les autres qu’il peut nous arriver des choses formidables. Télérama
      Collège au Cinéma

      De Henry Selick avec Dakota Fanning, Teri Hatcher, Jennifer Saunders, Dawn French, Keith David Animation Fantastique - Etats-Unis - 2009 - VOST - 1h40

      Coraline

      Coraline Jones est une fillette intrépide et douée d'une curiosité sans limites. Ses parents, qui ont tout juste emménagé avec elle dans une étrange maison, n'ont guère de temps à lui consacrer. Pour tromper son ennui, Coraline décide donc de jouer les exploratrices. Ouvrant une porte condamnée, elle pénètre dans un appartement identique au sien... mais où tout est différent. Dans cet Autre Monde, chaque chose lui paraît plus belle, plus colorée et plus attrayante. Son Autre Mère est pleinement disponible, son Autre Père prend la peine de lui mitonner des plats exquis, et même le Chat, si hautain dans la Vraie vie, daigne s'entretenir avec elle. Coraline est bien tentée d'élire domicile dans ce Monde merveilleux, qui répond à toutes ses attentes. Mais le rêve va très vite tourner au cauchemar. Prisonnière de l'Autre Mère, Coraline va devoir déployer des trésors de bravoure, d'imagination et de ténacité pour rentrer chez elle et sauver sa Vraie famille...

      1er trimestre à destination des 6èmes/5èmes

      Une merveille de film d'animation qui suit la jeune Coraline dans un monde rêvé et... cauchemardesque. C'était un pauvre type hagard et décharné, portant guenilles et cheveux hirsutes, sautant sur Jim Hawkins au moment où il ne s'y attendait pas, et moi non plus. C'était une scène de L'Ile au trésor (version 1950 ? version 1972 ? alors là...) et la première frayeur de spectateur brestois dont je me souvienne. Il y en eut d'autres. Beaucoup d'autres. Pour mon plus grand plaisir. Vous, je ne sais pas (écrire au journal, qui transmettra) mais moi, au cinéma, j'aime pleurer, rire, et flipper grave sa mère. Je mets au plus haut des cieux les films qui, l'air de rien, avancent en terrain masqué et font bouillonner l'esprit de plaisir avant de piquer au plus profond des émotions. J'adore ces moments où lâchent les résistances, où l'on glisse dans le rêve éveillé, conscient sans vraiment l'être, prêt à batailler pour garder un peu de lucidité mais trop heureux de trembler pour Guy Haines, qui ferait bien de se dépêcher de terminer son match de tennis avant que cet enfoiré de psychopathe de Bruno Antony puisse déposer le briquet au parc d'attractions - je pense à L'Inconnu du Nord-Express parce que je suis en train de regarder Roland-Garros à la télé, mais ne le répétez pas. Coraline, de Henry Selick, est de ce calibre-là. Et j'imagine qu'un gamin le vivra à la puissance dix, entre excitation et angoisse. L'auteur de L'Etrange Noël de Monsieur Jack adapte, cette fois, un livre d'un maître du fantastique, Neil Gaiman, qui suit les aventures d'une gamine intrépide, Coraline, donc, partie explorer un monde qui répond à tous ses désirs avant d'apercevoir le cauchemar derrière une porte. Ce film est une merveille d'intelligence. Une animation à couper le souffle au couteau, un scénario qui explore l'imaginaire en assumant largement sa tranche de gâteau psychanalytique, une histoire qui trouve des résonances dans le jardin secret de chacun. Quand une œuvre atteint cette qualité, il n'est évidemment plus question de film pour enfants, pour adultes, pour chiens ou pour joueurs de tennis. Il est juste question d'un beau travail d'artiste. L'Express
      Collège au Cinéma

      De Stanley Donen, Gene Kelly avec Gene Kelly, Donald O'Connor, Debbie Reynolds, Jean Hagen, Millard Mitchell Comédie Musical - Etats-Unis - 1952 - VOST - 1h42

      Chantons sous la pluie

      Don Lockwood et Lina Lamont sont le couple star du moment à Hollywood. Mais lorsque le parlant arrive, la voix de crécelle de Lina menace la carrière du duo...

      Peut-être la plus belle comédie musicale jamais tournée. Un hymne à la joie de vivre et un film d’une grande drôlerie. Une période dorée du cinéma hollywoodien, dit-on, celle des années 50, époque des studios et des producteurs tout puissants. Et un chef-d’œuvre en 1951 : Chantons sous la pluie, cité régulièrement parmi les plus grands films de tous les temps. A juste titre : Singing in the rain a des vertus hautement roborative et sa joie de vivre est contagieuse. Certes, on ne conseille pas d’imiter Donald O’Connor ou Gene Kelly, le mobilier risquerait d’en souffrir, car on n’improvise pas des postures aussi élastiques sans un mininum d’exercices. Pourtant, tout semble si facile, quand on le voit sur grand écran. Si facile et tellement imprégné d’une allégresse primesautière : on mentionnera, évidemment, la célébrissime scène où Don Lockwood, après avoir quitté Kathy Sheldon qu’il aime, crie son bonheur à tous les toits et à toutes les gouttières, se jouant des flaques, et se laissant griser par un mouvement irrésistible, saisi en un plan-séquence qui se termine sur l’irruption d’un policier peu jovial, lui. L’histoire est à l’avenant, burlesque, d’une drôlerie irrésistible et on ne le dit pas assez. Don Lockwood et Lina forment un couple très célèbre du cinéma muet. Mais s’ils jouent la comédie du grand amour sur grand écran, ils se détestent dans la vie. Avec la sortie du Chanteur de Jazz qui marque l’avènement du parlant, nos deux acteurs sont contraints de suivre la mode. Le drame, c’est que Lina a une voix de mainate, incroyablement désagréable, et celle-ci risque tout simplement de plomber le film. Une première projection devant le public provoque l’hilarité générale, d’autant plus que le son est mal synchronisé, et pire... décalé sur la fin ! Il faut donc sauver ce projet qui prend l’eau. On pense évidemment à toutes ces stars dont la carrière fut brisée par l’avènement du parlant. Que Hollywood revienne, de manière sarcastique, sur ces destins professionnels fauchés, voilà qui ne manque pas de culot, puisqu’on sait que son implacable recherche de profit ne s’est pas embarrassée de considérations morales, lorsqu’il s’est agi de congédier bon nombre de comédien(ne)s du muet. Quoi qu’il en soit, Edmond, l’ami de Don, intervient prestement et trouve une solution géniale : il faut doubler Lina par Kathy Sheldon, une jeune débutante, dont Lockwood est tombé amoureux. Evidemment, cette solution ne sera pas acceptée par Lina, qui se sent mise à l’écart, et revendiquera son statut de vedette. Grande comédie acide, Chantons sous la pluie n’oublie pas d’égratigner le narcissisme des vedettes de cinéma, que le petit écran n’a pas définitivement concurrencées. Les scènes du film sont à nouveau synchronisées, des parties dansées et chantées sont ajoutées, et c’est le triomphe public ! Ironie du sort. Sauf que Lina y met du sien, et commet la fatale erreur de vouloir s’adresser au public, une fois la projection terminée. Trahie par sa voix, elle provoquera à nouveau l’hilarité de l’assistance qui la presse de chanter, ce qu’elle fait, bien hésitante, aidée en cela par Kathy cachée derrière le rideau, qui double sa voix et préserve donc l’intégrité du secret. Mais en coulisses, Edmond et Don ont décidé de tout dévoiler : ils abaissent le rideau, et révèlent aux yeux du monde que tout le mérite revient à Kathy. Lina est définitivement ridiculisée dans une sorte de mise en abyme, qui dévoile aussi tout l’artifice de la production cinématographique. Bien sûr, le happy end s’accommode d’une morale à peu de frais. Toutefois, la réflexion qu’il suscite dépasse de beaucoup la simple histoire d’une rivalité, sur fond de star-system. Il démystifie le cinéma, cette grande usine à rêves, fondée sur l’illusion, qu’une force de persuasion rend si attrayante, quand bien même nous en connaîtrions les arcanes. Finalement, il est bien difficile de détacher certains moments du film, tant le spectateur se sent pris dans un flux qui n’exclut pas les tangentes oniriques, où les jambes de Cyd Charisse, en une séquence mythique aux teintes fauves, aimantent le regard. S’il faut exprimer une préférence, qu’on nous permette d’isoler une séquence : la magnifique déclaration d’amour de Don à Lina, qui ne peut s’épanouir que dans une atmosphère romantique, artificiellement reconstituée en studio. Après cet aveu, nos deux personnages se mettent à danser en rythme, parfaitement accordés, comme si la chorégraphie venait couronner l’union sentimentale. De leur pas harmonieux émane une énergie absolument irrésistible, à l’unisson de ce film inoubliable. Avoir-alire

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