/ Plein Air au Bel Air

De Danny Boyle avec Himesh Patel, Lily James, Ed Sheeran, Kate McKinnon, Camille Chen
Comédie - Grande-Bretagne - 2019 - VOST - 01h57

Yesterday

Jack Malik est un chanteur-compositeur raté d’une petite ville anglaise du bord de mer, où ses rêves ne semblent n’être qu’illusions, malgré le soutien sans faille de sa meilleure amie d’enfance, Ellie. Après un grave accident de bus durant un mystérieux blackout, Jack se réveille pour découvrir que Les Beatles n’ont jamais existé... Il va donc faire face à un très grand dilemme.

Plat du jour : grillades et farandoles de salades. Infos pratiques ici.

Animation : the Hook (rock)

Un musicien raté se réveille dans un monde où les Beatles n’existent pas… Un charmant film karaoké. Il a suffi d’un jour dans la vie — a day in the life — de Jack pour que tout bascule. Hier encore, de cachet minable en concert raté, il n’était personne, il n’allait nulle part. Nowhere man. En rentrant d’un dernier fiasco, dans son petit coin d’Angleterre, le jeune musicien avait presque renoncé à ses rêves, il se disait I’m a loser. Ou peut-être let it be. Et puis il s’est fait percuter par un bus. Au même instant, partout — across the universe — se produit une étrange panne d’électricité. Légèrement amoché, Jack se réveille dans une réalité parallèle. Identique à la nôtre, à un ­détail près : désormais, plus personne ne connaît l’existence… des Beatles. Sauf lui. Seul au monde à se souvenir de John, Paul, George et Ringo. A pouvoir gratouiller Yesterday, ou entonner (approximativement) Eleanor Rigby. D’abord hésitant, puis grisé, notre ­héros saisit sa guitare, et sa chance : à lui le répertoire en or massif des Fab Four, qu’il fait passer pour le sien. Très vite, tout le monde se pâme — y compris Ed Sheeran, dans son propre rôle — devant une brassée de « nouveautés » géniales… Et la carrière de Jack décolle comme une fusée. Vibrante déclaration d’amour au plus grand mythe pop du xxe siècle, comédie alerte écrite par le pape du genre, Richard Curtis (l’homme de Quatre Mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill ou Love Actually), ce joli film est une récré mélomane et originale, dans l’océan des romances interchangeables. Même si la conclusion reste gentiment prévisible (all you need is love, et rien d’autre, bien entendu), le scénario est truffé d’idées comiques et de clins d’œil à l’univers des quatre de Liverpool — des chansons aux dia­logues —, et l’interprétation ne man­que pas de charme. Jack (l’attachant Himesh Patel) se démène, d’une scène moscovite (où, bien sûr, il joue Back in the USSR) à sa version toute personnelle de Hey Dude — non, ce n’est pas une faute de frappe : il paraît que Jude est un prénom trop démodé. A ses ­côtés, la touchante Lily James (dans le rôle de l’imprésario groupie meilleure copine transie), et une poignée d’acoly­tes pittoresques complètent le ­casting de ce grand karaoké orchestré par ­Danny Boyle, plus près de son gentil Slumdog Millionnaire que de la déglin­gue provocatrice de Trainspotting. Une fête allègre et légère, sans les Beatles eux-mêmes (à une surprise — de taille — près), qui illustre mine de rien, non sans malice, la grande, l’enivrante illusion de tous les fans, seuls au monde avec leurs idoles. Télérama

Prochainement