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De Jean-Michel Bertrand
Documentaire - France - 2023 - 1h29

Vivre avec les loups

Après la surprise de La Vallée des loups, le succès de Marche avec les loups, Jean-Michel Bertrand clôt sa trilogie. Le réalisateur nous parle du loup d’une manière totalement nouvelle et inattendue. Il y aura bientôt des loups un peu partout en France. Il faut donc apprendre à « vivre avec les loups ». Dépassant les postures polémiques, l’auteur nous amène de manière sensible et cinématographique à percevoir différemment la nature qui nous entoure et les animaux qui l’habitent : chevreuils, chamois, bouquetins… Un voyage de Jean-Michel Bertrand avec de surprenantes rencontres, humaines et animales, avec son style inimitable, le réalisateur nous entraîne dans des réflexions naturalistes et philosophiques sur la nature.

Il les piste depuis des années, caméra au poing, pour découvrir leurs domaines dans les paysages de son Champsaur natal, non loin du massif des Écrins (La Vallée des loups, 2016), pour suivre leurs déplacements et l’extension de leur territoire (Marche avec les loups, 2020). Jean-Michel Bertrand a si bien veillé sur ses amies les bêtes qu’aujourd’hui, c’est lui qui est pris pour cible : ce nouveau documentaire le montre face à la vindicte populaire, accusé d’avoir fait revenir ces diables de loups dans les bergeries… Déstabilisé, le réalisateur, qui nous a tant séduits en nous faisant partager ses contemplations, se lance ici dans une réflexion sur les rapports difficiles entre deux espèces pourtant « assez indissociables », souligne-t-il, le loup et l’Homme. Les méditations du promeneur solitaire Comme à chaque fois, un ton unique s’affirme, celui d’un conteur qui se nourrit de déambulations, de rencontres, apprend tout sur le terrain, en prise avec les gens, la nature et les animaux. Quand il nous invite dans sa cabane, cachée au pied d’une falaise, on croit sentir le parfum de la liqueur de génépi qu’il fabrique et l’on goûte sa façon de vivre et de penser hors des cases. N’avons-nous pas tourné le dos à ce monde sauvage ? En rejetant le grand méchant loup, c’est tout son environnement que nous déclarons hostile, c’est la nature que nous diabolisons… Ces méditations du promeneur solitaire sont éclairantes, convaincantes. Elles nous rappellent, et c’est utile, que la montagne appartient aux animaux. Et elles pointent une certaine schizophrénie de notre époque, qui a su, en faisant avancer la cause de l’écologie, mieux prendre soin du vivant, des forêts, mais associe toujours progrès et domination. Le retour du loup nous ramène à la raison : accepter la cohabitation avec lui, c’est renoncer opportunément à notre dérive hégémonique. Le film sait porter la voix de la conciliation, contre les polémiques haineuses. Et sait tendre l’oreille, qu’il s’agisse d’écouter de jeunes bergers ou de comprendre les effets bénéfiques du redéploiement de la tradition pastorale sur l’industrie de la croquette pour chien…Télérama

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