De Marie-Monique Robin
Documentaire - France - 2024 - VF - 1h34
Vive les Microbes
Depuis 50 ans, la part de la population souffrant d'asthme et d'allergies est passée de 5% à 30%. Les microbes sont-ils nécessairement nos ennemis ? Causes de redoutables maladies, nous voudrions les éliminer par tous les moyens, et pourtant… Dans ce nouveau film, Marie-Monique Robin nous plonge dans l’univers de ces mal-aimés de la biodiversité, dont 99% sont indispensables à la vie ! Les scientifiques ont montré que l’absence de biodiversité végétale et animale dans les milieux urbanisés, due à la bétonisation, l’hyper-hygiénisme, l’aseptisation des logements et des aliments industriels, provoque un appauvrissement du microbiote des enfants, et contribue à l’affaiblissement de leur système immunitaire, faisant le lit des maladies chroniques.
Rencontre avec Marie-Monique Robin, réalisatrice.
Dans le cadre des Rencontres Enfance & Nature organisées par Terra Symbiosis et Eco conseil, en partenariat avec Le Moulin Nature et l'Ecole de la Praxis.
Qui connaît le pouvoir protecteur des vaches ? C’est pourtant un fait qu’il est urgent de faire connaître aux jeunes parents : dans les premières années de leur vie, les enfants ont tout intérêt à fréquenter les étables, se rouler dans le foin, jouer avec les chats, les chiens, les poules et boire un grand verre de lait cru. Pas seulement parce que c’est rigolo, « mais car leur organisme en a besoin », assure Marie-Monique Robin. Après La Fabrique des pandémies il y a deux ans, la réalisatrice de documentaires — certains auront marqué leur époque : Le Monde selon Monsanto, Notre poison quotidien — signe une enquête aussi passionnante que pointue sur les interactions entre les communautés microbiennes en chacun de nous et celles qui nous entourent. « Les conclusions des études sont sans appel : du fait de leur exposition à toutes sortes de bactéries et de champignons invisibles à l’œil nu, les enfants qui vivent dans les fermes bénéficient d’un système immunitaire nettement plus performant que celui des mômes des villes », assure-t-elle. Or, depuis les années 1960, la prévalence des allergies, de l’asthme ou encore de l’eczéma a doublé tous les dix ans dans les pays industrialisés — selon l’OMS, la moitié de la population mondiale pourrait être concernée d’ici 2050. « Face à cette explosion de cas, les chercheurs se sont longtemps gratté le crâne, explique Marie-Monique Robin. Ils ne comprenaient pas pourquoi, par exemple, de jeunes Finlandais biberonnés aux bienfaits de la modernité souffraient de maladies inflammatoires qui, à quelques kilomètres de là, de l’autre côté du rideau de fer, épargnaient quasi totalement leurs homologues russes. » Leur mode de vie rural, d’un point de vue strictement sanitaire — l’eau sortant des robinets des écoles grouillait de bactéries —, ne laissait-il pas à désirer ? Cette énigme scientifique, comme tant d’autres exposées dans Vive les microbes ! — et dans un livre plus complet 1 —, trouve sa résolution dans cette règle qui peine encore parfois à pénétrer les esprits : trop d’hygiène tue l’hygiène. Certes, nous devons nous protéger de certains éléments pathogènes, mais la quasi-totalité du monde invisible qui grouille en nous et autour de nous est notre allié, pas notre ennemi. Il stimule notre défense immunitaire et renforce notre santé. « Une révolution scientifique est en marche, se réjouit la réalisatrice. Mais une chose est sûre : nous souffrons d’un “déficit de nature”. En nous coupant de l’environnement dans lequel notre espèce a évolué, nous privons nos organismes d’interactions qui leur sont nécessaires. » Télérama
