Autre Regard fait son cinéma
De Elena Oxman avec Asia Kate Dillon, Louisa Krause, Ridley Asha Bateman, Lea DeLaria, Daniel K. Isaac, Melinda Meeng, Allie Heng, Winter Dewitt, Safiya Fredericks, Sedrick Cabrera
Comédie
Dramatique - Etats-Unis - 2025 - VOST - 1h41
Une place à part
Cass (il/elle) jongle entre nounou, serveur.se de restaurant et dealer.se de drogue pour joindre les deux bouts et payer son petit appartement à San Francisco. Après une aventure d'un soir avec Kalli, une collègue pour laquelle iel a le béguin, Cass accepte de garder Ari, sa fille de 11 ans, pendant son absence. Mais alors que les jours passent sans nouvelles de Kalli, Cass et Ari tissent un lien qui ramène Cass à son enfance difficile et à la douleur qu'iel a fuie.
Le film Outerlands, premier long métrage de la réalisatrice et scénariste américaine Elena Oxman, est une réflexion douce et surprenante sur la « famille choisie » quand on est queer et pauvre en Amérique. « À un certain niveau, nous sommes tous en train de faire notre coming of age, notre passage à l’âge adulte, même quand on est déjà adulte », raconte la réalisatrice à Collider, un média spécialisé dans l’industrie du divertissement. C’est ce passage à l’âge adulte que vit Cass Marks (Asia Kate Dillon, aussi un·e des coréalisateur·ices du film), un serveur, gardien d’enfants et petit vendeur de drogue non binaire dans la trentaine, lorsqu’iel accepte de garder Ari (Ridley Asha Bateman), la fille de sa nouvelle amie Kalli (Louisa Krause), le temps d’un voyage. Des semaines plus tard, quand son amie disparaît dans la nature, celleux qui s’autodécrit comme Peter Pan se retrouve malgré lui dans le rôle de parent. Cass, Kalli, Ari et les autres personnages du film évoluent dans un milieu précaire où, comme beaucoup, iels ont adopté la méfiance, l’hyperautonomie et le repli sur soi comme stratégies de survie. Iels découvrent la famille choisie et l’importance de la confiance dans un dénouement riche en développements inattendus. Le film est rythmé et efficace, racontant une histoire dense et émouvante en 101 minutes, avec une esthétique épurée qui rappelle le documentaire avec des personnages sincères, sans artifices ni la moindre mièvrerie. « J’ai l’impression que lorsque nous faisons des films, nous aspirons à rendre hommage à la richesse et à la profondeur de la vie, et je ne pense pas que nous y parvenions jamais. C’est très difficile, mais en tant qu’écrivaine, j’essaie toujours de rester proche de la réalité et d’éviter les clichés et les idées toutes faites. Je m’en tiens à mon expérience ou à celle de mes connaissances, et je m’y tiens fidèlement. Et je pense que tout coule des sources à partir de là », confie la scénariste. Fugues
