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Rencontre

De Amandine Gay avec Mathieu Anette, Niyongira Bugingo, Joohee Bourgain, Anne-Charlotte, Céline Chandralatha-Grimaud
Documentaire - France - 2021 - 1h40

Une histoire à soi

Iels s’appellent, Anne-Charlotte, Joohee, Céline, Niyongira, Mathieu. Iels ont entre 25 et 52 ans, sont originaires du Brésil, du Sri Lanka, du Rwanda, de Corée du Sud ou d’Australie. Ces cinq personnes partagent une identité : celle de personnes adoptées. Séparé.e.s dès l’enfance de leurs familles et pays d’origine, ils ont grandi dans des familles françaises. Leurs récits de vie et leurs images d’archives nous entraînent dans une histoire intime et politique de l’adoption internationale.

Rencontre avec Amandine Gay, réalisatrice, le dimanche 10 octobre à 17h, en partenariat avec le RECIT et Enfance et Familles d'Adoption.

L’adoption à travers le vécu de cinq personnes adoptées : un documentaire rare et passionnant. Ils sont cinq. Cinq ex-enfants adoptés, « sauvés » de l’abandon par des familles aimantes, parfois à l’autre bout du monde. Il y a une jeune fille d’origine sud-coréenne qui a grandi « comme une blanche », loin de toute culture asiatique. Une femme recueillie en Suisse raconte comment elle a découvert la vérité sur son ascendance, mais du côté de l’Australie… On croise aussi un Franco-Brésilien dont l’adolescence délinquante a essentiellement consisté à éprouver la solidité de l’amour de sa famille adoptive. Aucun entretien face à la caméra, mais des photos, des films de famille, des images d’archives, des lettres et la voix des protagonistes : en entrelaçant habilement les récits au fil d’une mise en scène très tenue, Amandine Gay, réalisatrice elle-même née sous X, livre un documentaire foisonnant et critique sur l’adoption, cet impensé des pays riches. Au-delà du questionnement quant à la recherche ou non des origines, Une histoire à soi sonde la façon dont chacun procède, plus ou moins consciemment, à la construction d’un récit de soi, de son parcours, de son passé. Sans jamais parler à la place des principaux intéressés, la cinéaste ouvre des pistes sur le sentiment de dépossession de sa propre histoire, le mythe néocolonial de l’adoption salvatrice et son pendant, la gratitude obligatoire… Autant de réflexions passionnantes, aussi intimes que politiques. Télérama

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