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Rencontre

De David Dufresne avec Gwendal Leroy, Patrice Philippe, Alain Damasio, Fabien Jobard, Michel Forst
Documentaire - France - 2020 - 1h26

Un pays qui se tient sage

Alors que s'accroissent la colère et le mécontentement devant les injustices sociales, de nombreuses manifestations citoyennes sont l'objet d'une répression de plus en plus violente.

Rencontre avec David Dufrêne, réalisateur, le 23 novembre à 20h en partenariat avec la librairie 47°Nord.

Rencontre avec ATTAC et LaLigue des Droits de l'Homme le vendredi 27 novembre à 20h.

A écouter : Tous les cinémas du monde (RFI) avec David Dufresne

Les images des violences policières contre les Gilets jaunes soumises à des regards multiples, pour interroger le maintien de l’ordre à la française. Samedi après samedi, acte après acte, le journaliste ­David Dufresne s’est employé à relayer, dénoncer et archiver, sur son fil Twitter, toutes les vidéos de violences policières commises à l’encontre des manifestants pendant le mouvement des Gilets jaunes. Son travail fut récompensé par le Grand Prix du journalisme 2019. Ces images brutales, parfois insoutenables, filmées in situ, au téléphone portable, constituent aujourd’hui la matière de ce documentaire. Pour s’extraire du commentaire à chaud et de la récupération partisane, David Dufresne a choisi de les montrer à des interlocuteurs très divers (sociologue, écrivain, historien, avocat, gendarme, syndicaliste, plombier…) et toujours en duo, en dialogue, afin de nourrir un débat indispensable sur la caractérisation des violences ­policières. L’expression elle-même fait polémique, et les partisans d’un État droit dans ses bottes vont jusqu’à nier ces violences, préférant parler de « riposte graduée », de « maintien de l’ordre », de « violence légitime ». Mais leur position dogmatique est mise à mal par le dispositif du film. Contextualisées, sourcées, projetées sur grand écran, les images chocs des affrontements changent de statut et acquièrent la valeur de documents historiques, de preuves irréfutables. Parmi les cent cinquante blessés graves chez les Gilets jaunes et les journalistes, les deux tiers par des tirs de lanceur de balle de défense, on dénombre une quinzaine d’éborgnés, plusieurs mains arrachées. Un bilan ­effrayant, indigne d’une démocratie. Le titre du film fait référence au commentaire d’un gendarme dans la vidéo, tournée par ses soins, d’une classe de Mantes-la-Jolie tenue en respect, à ­genoux et mains sur la tête, par une escouade de CRS : « Voilà une classe qui se tient sage. » Même quand la caméra passe du côté de l’ordre, les images et les méthodes semblent brutales, disproportionnées, illégitimes et impunies. Puisse ce film contribuer à une prise de conscience générale et à une réforme rapide de la délétère stratégie de maintien de l’ordre à la française. Télérama

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