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Festival Augenblick - Invité d'honneur Christian Petzold

De Christian Petzold avec Franz Rogowski, Paula Beer, Godehard Giese, Lilien Batman, Barbara Auer
Drame - Allemagne/France - 2018 - VOST - 1h40

Transit

De nos jours, à Marseille, des réfugiés de l'Europe entière rêvent d'embarquer pour l'Amérique, fuyant les forces d'occupation fascistes. Parmi eux, l'Allemand Georg prend l'identité d'un écrivain mort pour profiter de son visa. Il tombe amoureux de Marie, en quête désespérée de l'homme qu'elle aime et sans lequel elle ne partira pas...

A écouter : On aura tout vu sur France Inter : La chute du mur de Berlin racontée par le cinéma (avec entre autres Christian Petzold)

Georg n’est d’abord qu’un errant sans identité, à peine inquiet, alors qu’autour de lui le monde s’affole. Des gens se cachent pour échapper à des forces fascisantes qui ­occupent Paris. Serait-ce l’année 1940 ? Non : une époque plus incertaine, qui pourrait être la nôtre. Ballotté par les événements, Georg est contraint de s’enfuir avec un ami moribond, en train, vers le sud. Il a pris l’identité d’un écrivain allemand qui s’est suicidé, dont il a récupéré un manuscrit inachevé et deux lettres. L’une est signée par son épouse, désespérée, qui l’attend à Marseille. Belle idée, c’est en lisant ces écrits que Georg (Franz Rogowski) devient quelqu’un : un personnage romanesque, un passeur qui va faire des rencontres décisives dans Marseille, ville de transit. L’auteur de Barbara et de Phoenix adapte le roman d’Anna Seghers, publié en 1944, qui retraçait la situation de réfugiés fuyant la persécution nazie et se retrouvant coincés sur le Vieux-Port, en attente d’un hypothétique visa et d’un bateau pour les Etats-Unis ou le Mexique. Histoire que la romancière avait elle-même vécue et dont René Allio avait déjà signé une adaptation, presque réaliste, en 1991. Le regard de Christian Petzold est plus allégorique et mystérieux. L’intérêt du film est de conjuguer la menace et le calme, l’alarme et l’attente. On évolue dans un temps et un lieu intermédiaires, provisoires : une niche qui vire à la souricière. Mais aussi un sas ouvert au désir et à l’imaginaire, ­appuyé par la voix off d’un narrateur (Jean-Pierre Darroussin) à la fois ­clairvoyant et retenu. Télérama

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