/ Plein Air au Bel Air

De Josh Cooley avec Tom Hanks, Tim Allen, Annie Potts, Joan Cusack, Blake Clark
Animation - Etats-Unis - 2018 - VF - 01h40

Toy Story 4

Woody a toujours privilégié la joie et le bien-être de ses jeunes propriétaires – Andy puis Bonnie – et de ses compagnons, n’hésitant pas à prendre tous les risques pour eux, aussi inconsidérés soient-ils. L’arrivée de Forky, un nouveau jouet qui ne veut pas en être un dans la chambre de Bonnie, met toute la petite bande en émoi. C’est le début d’une grande aventure et d’un extraordinaire voyage pour Woody et ses amis. Le cowboy va découvrir à quel point le monde peut être vaste pour un jouet…

Plat du jour : surprise pour petits et grands !. Infos pratiques ici.

Animation : Douce (chanson)

L’attachante bande de jouets à nouveau projetée dans le monde bizarre des humains. Une suite ébouriffante de créativité, servie par la magie Pixar. On n’avait pas joué avec eux depuis presque dix ans. Woody, le shérif en Celluloïd et chiffon, Buzz l’Eclair, le superhéros de l’espace en toc, et autres attachantes figurines semblaient enfin avoir trouvé leur happy end en 2010, dans l’excellent Toy Story 3. Andy, leur propriétaire, avait grandi et fini par léguer ses vieux copains d’enfance à Bonnie, mini-brunette enthousiaste. Et pourtant, les voilà qui reviennent, plus pimpants que jamais, portés par les avancées technologiques du studio Pixar, dans un quatrième volet aussi débordant d’inventions comiques que les précédents. Même si l’histoire est différente, le principe est toujours le même : propulser ces petits héros dans un monde inconnu et démesuré, à l’échelle humaine. Ici, ils accompagnent Bonnie et ses parents en camping-car jusqu’à une petite ville de villégiature. Entre la fête foraine, l’aire de jeux et un inquiétant magasin d’antiquités, les occasions d’aventures abondent. Il faut dire que Woody, toujours leader autoproclamé du groupe, s’est lancé à la poursuite du tout nouveau jouet préféré de Bonnie, le dénommé Fourchette. Oui, Fourchette, comme l’ustensile, un truc en plastique blanc récupéré dans une poubelle d’école. Il est un peu timbré. Il a des problèmes d’identité. Il se prend pour un déchet. Il n’arrête pas d’essayer de se jeter lui-même. La fillette l’améliore : un duveteux fil rouge pour les bras, des pieds-bâtons et une drôle de bouille affolée… L’un des plus puissants studios d’animation du monde nous concocte ainsi une ode hilarante et tendre au bidouillage maison et à l’imagination enfantine. Fourchette, le héros inattendu, touchant, volontairement mal fichu, n’est pas le seul à vivifier l’univers familier de Toy Story. On rencontre toutes sortes de comparses farfelus. On se régale des retrouvailles avec Bo, la petite bergère de porcelaine, aperçue dans les deux premiers volets de la saga. Laquelle, après moult péripéties, est devenue un « jouet perdu » (sans propriétaire fixe), et fière de l’être. Quelque part entre la poupée free-lance et la baroudeuse de choc, cette vieille amie de Woody (et plus si affinités) impose sa vigoureuse indépendance et incarne — si l’on peut dire — une jolie figure féministe. Enfin, comme toujours dans les films Pixar, un courant de mélancolie irrigue discrètement ce territoire d’images appétissantes et colorées comme une vitrine de bonbons. C’est chez l’antiquaire — un décor d’une richesse et d’une poésie inédites — que se terre la « méchante » de l’histoire, une poupée des années 1950 défectueuse. Flanquée de ses sbires, inénarrables et flippantes marionnettes de ventriloque, Gabby Gabby est coincée là depuis toujours, négligée, rêvant de se faire enfin remarquer par un enfant qui voudrait d’elle. La place de chacun dans le monde, et dans le temps qui passe, inexorablement : c’est le cœur de cette histoire de jouets… très humaine. Télérama

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