De Satoshi Kon avec 岡本綾, 梅垣義明, 江守徹, Satomi Kōrogi, Mamiko Noto
Animation - Japon - 2003 - VOST - 1h32
Tokyo Godfathers
À Tokyo, dans le quartier populaire de Shinjuku, pendant les fêtes de Noël. Alors que le froid a envahi la ville, Gin, un homme bourru, Miyuki, un adolescent fugueur et Hana, un travesti, vivent ensemble dans les rues de la ville. Un soir, à la recherche de nourriture, ils trouvent un bébé abandonné dans une poubelle. Dans ses langes, une clef dont les comparses ignorent à quoi elle peut bien servir. Bien décidés à protéger le nourrisson des rigueurs du froid, les trois clochards cherchent également à retrouver les parents du bambin le plus rapidement possible. La clef s'avère être leur seul indice. Commence pour eux un parcours semé d'embûches…
Présentation du film par les lycéens du Lambert.
Selon le réalisateur Satoshi Kon, Tokyo Godfathers, son troisième film a atteint dans son ensemble une qualité supérieure à celle de ses œuvres précédentes, qui ont retenti dans le monde entier par leur virtuosité. Il a cherché la perfection dans tous les éléments, constituant chaque scène notamment pour la cohabitation des choses contradictoires et l’interprétation participative du spectateur. L’idée est de raconter d’une manière réaliste un récit irréaliste fait de hasards, aussi tragiques que comiques, qui s’enchaînent les uns après les autres à toute allure. Loin des mélodrames opportunistes qui auraient pu être provoqués par un hasard, la trame bien élaborée ne relâche à aucun moment l’attention du spectateur. Des illusions et des souvenirs des trois sans abri y sont fondus et synchronisés avec fluidité sans passage distinct, comme s’ils les vivaient au présent (ces chevauchements d'univers sont une des caractéristiques majeures de Kon). L’ambiance festive, le déroulement rythmé ainsi que l’expression mangaïque emportent le public, malgré certains sujets assez sérieux. Des plans longs à la caméra objective, peu de scènes explicatives, pas de description directe des émotions. Cette mise en scène consiste à dialoguer avec le spectateur et l’amener à interpréter et réinterpréter l’histoire et la psychologie des personnages, via la marge et les indices laissés. Le récit irréaliste et les personnages excentriques restent convaincants aussi grâce aux décors tokyoïtes significatifs. D’un côté, l’animation donne une vision très réaliste de l’ensemble des décors créés en s'inspirant d'éléments existant. De l'autre, la ville prend un côté animiste et côtoie à égal les personnages humains. Tokyo Godfathers de Satoshi Kon est donc un film de qualité à voir et revoir, qui nous fascine par la vague agréable de l'enchaînement des hasards et nous plonge dans cet univers fluctuant créé à la perfection par une animation soucieuse du moindre détail ! Benshi
