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Sortie nationale

De Koji Fukada avec Win Morisaki, Kaho Tsuchimura, Shohei Uno, Kei Ishibashi, Akari Fukunaga, Shugo Oshinari, Yukiya Kitamura
Romantique - Japon - 2020 - VOST - 1h45

Suis-moi je te fuis

Un jeune homme travaillant dans une entreprise de feux d'artifices sauve une jeune femme mystérieuse d'un accident sur un passage à niveau. Il ne sait pas encore à quel point elle va bouleverser sa vie. Entre ses deux collègues de bureau, le cœur de Tsuji balance. Jusqu’à cette nuit où il rencontre Ukiyo, à qui il sauve la vie sur un passage à niveau. Malgré les mises en garde de son entourage, il est irrémédiablement attiré par la jeune femme… qui n’a de cesse de disparaître.

Les films du Japonais Kôji Fukada se suivent sans se ressembler, en parvenant (presque) à chaque fois à nous étonner. Après une chronique adolescente aux accents rohmériens (Au revoir l’été), une SF poétique (Sayonora), un thriller familial (Harmonium) et une satire sociale (Hospitalité), voici que le cinéaste signe une comédie romantique des plus étranges. Tsuji, employé de bureau taciturne et doux, sauve un soir une jeune conductrice bloquée à un passage à niveau. Reconnaissante mais menteuse lorsque la police arrive, la rescapée disparaît vite, en plaçant son sauveur dans une situation embarrassante. Il la recroisera pourtant, aimanté inexplicablement par elle. Plusieurs fois, il lui viendra en aide, mais elle continuera de s’échapper. Cette curieuse héroïne est une femme fatale ornée d’absurde. Qui sème la zizanie partout où elle passe. On reconnaît là un thème cher à l’auteur : l’étranger qui vient bousculer par sa liberté l’ordre établi. Telle une sirène, Ukiyo est fuyante. Elle paraît indifférente, attire malgré elle les hommes, qui s’obstinent tous à vouloir la cerner, au sens propre comme au figuré. La bonté têtue de son bienfaiteur, le pauvre Tsuji, n’est jamais payée en retour. D’autant qu’il y a chez lui une part de masochisme et d’indécision… Un jeu de miroirs s’organise ainsi à travers un chassé-croisé saugrenu, proche du marivaudage. Où Fukada s’amuse à déconstruire les stéréotypes, à partir de personnages insolites, comme ce caïd mafieux, auditeur passionné du récit de Tsuji. Dans cet univers instable, où l’on déménage sans arrêt, où les cartons encombrent tous les lieux, rien n’est vraiment raisonnable et les personnages papillonnent comme des enfants fantasques. Le film, riche de péripéties, est adapté d’un manga. Fukada en a tiré d’abord une série en dix épisodes. Le succès aidant, il a décidé de la réduire, pour le cinéma, en diptyque. Suis-moi je te fuis est le premier volet. Le second, Fuis-moi je te suis, arrive la semaine prochaine. On s’en réjouit. Télérama

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