/ Rencontre

De Saeed Al Batal, Ghiath Ayoub avec Milad Amin, Saaed Al Batal
Documentaire - Syrie/Liban/Qatar/France - 2018 - VOST - 02h08

Still Recording

En 2011, Saeed la vingtaine, étudiant ingénieur, quitte Damas pour Douma (Ghouta orientale) et participer à la révolution syrienne. Il sera rejoint plus tard par son ami Milad, peintre et sculpteur, alors étudiant aux beaux-arts de Damas. Dans Douma libérée par les rebelles, l’enthousiasme révolutionnaire gagne la jeunesse, puis c’est la guerre et le siège. Pendant plus de quatre ans, Saeed et Milad filment un quotidien rythmé par les bombardements, les enfants qui poussent dans les ruines qu’on graffe, les rires, un sniper qui pense à sa maman, la musique, la mort, la folie, la jeunesse, la débrouille, la vie. Radiographie d’un territoire insoumis, un regard d’une densité exceptionnelle sur la guerre dans un mouvement de cinéma et d’humanité saisissant.

Rencontre avec Khouloud Helim, journaliste, et Saeed Al Batal, réalisateur, en partenariat avec l'Association franco-syrienne d'Alsace et Amnesty International, le jeudi 6 juin à 20h.

Khouloud Helmi est une journaliste syrienne, cofondatrice du magazine Enab Baladi. Avant de fuir la Syrie, elle a été témoin des fusillades contre les manifestants pacifiques, des arrestations arbitraires et des massacres à Darayya et d'autres villes. Elle a obtenu en 2015 le prix Anna Politovskaya pour son reportage sur la guerre en Syrie, et en 2017 le prix international de l'Association Courage Sous le Feu pour son reportage Pleurs venant de Syrie. En 2016, le magazine Marie Claire l'a désignée comme la femme la plus courageuse du monde.

Saeed Al Batal est journaliste, photographe et cinéaste. Il anime de nombreux stages de photographie et de reportage. Reporter radio sur le conflit syrien pour des agences et institutions à travers le monde, Il est l'un des fondateurs de la galerie en ligne Sam Lenses et du projet Humans of Syria. Il a travaillé comme journaliste pour des radios telles que NPR et Denmark Radio (DR). Auteur de plusieurs publications sur la politique de la Syrie et sur le cinéma, il est également réalisateur de courts métrages et de clips vidéo.

Un document d'une force incroyable, d'un courage fou. Saeed, étudiant, Milad, artiste, et Ghiath, cinéaste, ont parcouru, filmé, et fait des graffs dans Douma, ville de Syrie rebelle, dévastée par la guerre. Pendant quatre ans, avec de petites caméras, ils ont observé et réalisé des fresques murales sur des façades de maisons détruites. Ils captent tout : la ferveur révolutionnaire, la cruauté du conflit, la dévastation totale, la mort. Leur film est porté par une volonté démente de ne jamais baisser les bras, de combattre avec leur arme, le cinéma. Les questions qu'ils posent vont au cœur même de l'art : comment montrer la barbarie ? Le geste artistique, en pleine guerre, est-il pertinent ? Simultanément, une autre question se fait jour : d'où parle le film ? On comprend que les auteurs font partie de l'opposition à Bachar al-Assad. Et donc ne sont-ils pas complices des islamistes radicaux ? Le cinéma, c'est avant tout un point de vue. Ici, il n'est pas défini. C'est d'autant plus passionnant et surprenant. L'Obs

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