De Danielle Arbid avec Hiam Abbass, Mahamat Amine Benrachid, Shaden Fakih, Charbel Kamel, Alexandre Paulikevitch, Sami Dekhissi, Rubis Ramadan
Drame - France/Liban/Emirats Arabe-Unis - 2026 - VOST - 1h38
Seuls les rebelles
Suzanne, veuve d’une soixantaine d’années, fait la connaissance d’Osmane, un soir à Beyrouth… Il est jeune, noir, soudanais, migrant sans papiers. Elle est blanche, libanaise d’origine palestinienne, a le double de son âge … Ils tombent amoureux. Le Liban est au bord du précipice. Journaux télévisés, réseaux sociaux déversent en continu de terrifiantes nouvelles. Peu importe, Osmane s’installe chez Suzanne. Alors que leur amour déclenche une levée de boucliers, au cœur du chaos ambiant, Suzanne et Osmane résistent…
Hiam Abbass interprète le personnage principal de ce film libanais, tourné en France étant donné le contexte actuel dans le pays, et découvert en ouverture de la section Panorama du Festival de Berlin. Le scénario fait s’entrecroiser, à travers de la rencontre entre Osmane, sans papier soudanais pour qui le Liban n’est qu’une étape sur le chemin de l’Europe, et Suzanne, veuve libanaise d'origine palestinienne, ayant ici deux enfants, une fille et un garçon, des destins de migrants et des questions de communautés, sur fond de crise. De réputation il sera donc question, tout comme de pression sociale en général, alors que la faute, en temps de crise, est régulièrement reportée sur les immigrés, censés « vivre sur notre dos », comme le dit l’une des collègues de Suzanne, dans le magasin de tissu. Opposant à toutes les insultes, les aprioris, les tentatives d’exploitations diverses, la douceur d’une femme et des moments où les personnages se rapprochent, Danielle Arbid ("Beyrouth Hôtel", "Passion Simple") parvient à un délicat équilibre, convoquant quelques scènes en état de grâce, malgré la pesanteur du contexte. Sans angélisme aucun, elle affirme aussi l’indépendance de personnages féminins devant faire face à la violence des hommes, qu’il s’agisse de Suzanne elle-même ou de sa fille. Plaidoyer contre la déshumanisation des immigrés, "Seuls les rebelles" adopte au final une tonalité optimiste, les coloris exacerbés de certains passages venant souligner la capacité de chacun à embrasser son destin. Abus de Ciné
