De JUAN VERA avec Ricardo Darín, Mercedes Morán, Claudia Fontán, Jean Pierre Noher, Andrea Pietra
Comédie - Argentine - 2018 - VOST - 02h16

RETOUR DE FLAMME

Marcos et Ana ont 50 ans et sont marie´s depuis 25 ans. Apre`s une grosse crise existentielle, le couple de´cide de se se´parer. D'abord fascinant et intense, le ce´libat se re´ve`le biento^t monotone pour elle et presque un cauchemar pour lui. 

Une séparation sans fausse note est le point de départ d’un film générationnel, qui permet à Ricardo Darín de revenir à la comédie. Notre avis : Réunir Ricardo Darín et Mercedes Morán pour son premier long-métrage ? Le pari était risqué, encore plus lorsque l’on propose au célèbre comédien argentin d’en être également le producteur. Pourtant, face à la qualité du scénario et à la puissance de l’écriture, surtout des dialogues, les deux acteurs n’ont pas tardé à accepter d’être dirigés par Juan Vera, qui officiait comme producteur et scénariste depuis une vingtaine d’années, avant de succomber à l’appel de la caméra. Avec Retour de flamme, il signe une comédie générationnelle, qui ravira les cinquantenaires et plus, peu habitués à être la cible privilégiée du septième art. Alors qu’on ne compte plus les films et séries qui évoquent l’adolescence et le délicat passage à l’âge adulte, un gouffre abyssal s’ouvre dès que le cinéphile recherche un film de référence, sans clichés ni raccourcis faciles, qui s’attarde sur ce moment délicat où le parent lambda cesse de vivre avec sa progéniture, sans pour autant voir sonner l’âge de la retraite. Ce syndrome du nid vide - nom donné à une forme de dépression qui touche les parents quand leurs enfants quittent le domicile familial-, constitue le point de départ de ce long-métrage très intéressant, délicat et surtout harmonieux. Il n’est en effet ici pas question de crise, de vaisselle cassée ou de hurlements, ce qui est souvent le cas lorsque l’on voit sur grand écran un couple se séparer. Avec réalisme, sans vulgarité ni violence, Retour de flamme montre deux personnes qui décident, à la suite de longues conversations teintées d’élégance et de respect, de ne plus vivre ensemble. Cette séparation permet au film de varier les styles, passant de la comédie au drame, tout en suivant les personnages au sein de différents actes. Organisé en plusieurs parties, de la séparation au lent apprentissage d’un quotidien à construire seuls, après vingt-cinq ans de vie commune, le long métrage change sans cesse de ton, abordant des aspects psychologiques, romantiques et comiques, selon les situations que ces deux personnages très attachants, campés par deux acteurs dans leur élément, peuvent rencontrer. La beauté du couple formé par Ricardo Darín et Mercedes Morán est l’élément le plus attractif, tant ils partagent des scènes dont la densité leur permet d’approfondir un flot de sentiments qui nous parlent à tous. La qualité du scénario écrit par Juan Vera et Daniel Cúparo fait le reste, avec des dialogues d’une grande fluidité, qui laisse la possibilité aux acteurs de creuser la personnalité de leurs personnages respectifs. Sans oublier un humour décapant, certaines scènes hilarantes venant ponctuer cette séparation, qui en devient très raffinée, pour ne pas dire franchement amusante. En couvrant plusieurs années de vie des personnages, qu’elles concernent leur vie commune ou séparée, le film prend son temps, car il veut être à l’image de ce couple, mais aussi de sa génération. En se fondant sur l’idée que comprendre pourquoi on n’est pas heureux demande de la maturité et du recul, Retour de flamme permet aux personnages d’explorer, de chercher le bonheur et d’accepter de le trouver. Mais ce rythme lent et des séquences souvent très longues font que le film manque parfois de dynamisme. Si la mise en scène se révèle assez classique, le montage ne permet pas de discerner vraiment en quoi un acte est plus important qu’un autre, perdant le public dans un amoncellement de sentiments, dont on souhaiterait connaître les effets. Le spectateur souvent impatient risque de gesticuler dans son fauteuil, attendant la fameuse flamme qui permettrait à ce très long métrage de proposer enfin un dénouement plus bouillonnant que les deux heures qui viennent de s’écouler. Ce film est finalement à l’image de la vie de couple qu’il dépeint : tout ne peut pas y être parfait. Avoir-alire

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