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De Kazuhiro Soda avec Masatomo Yamamoto, Yoshiko Yamamoto
Documentaire - Japon / Etats-unis - 2020 - VOST - 1h59

Professeur Yamamoto part à la retraite

Psychiatre avant-gardiste, le Docteur Yamamoto s'apprête à prendre sa retraite. Alors qu'il organise minutieusement ses derniers rendez-vous avec ses patients, il les sent de plus en plus déboussolés de le voir partir. C'est un autre défi qui attend le Professeur à son retour chez lui...

Pas de divan de velours ou de fauteuil au cuir patiné dans le cabinet spartiate de Masatomo Yamamoto. C’est sans façon, sur un étroit coin de bureau que le vieux psy reçoit ses patients. L’austérité du cadre tranche avec la franche humanité du thérapeute, tout en empathie derrière ses lunettes rétro et son casque de cheveux gris. À 82 ans, après une vie dédiée à l’écoute et au soin, l’heure de la retraite a sonné pour ce pionnier d’une psychiatrie japonaise moins coercitive. Moment de transition, de deuil presque, où s’expriment le désarroi des malades tout autant que leur reconnaissance. Et où transparaît le dilemme du médecin contraint à l’« abandon », mais aussi son « admiration » pour ceux qu’il soigne parfois depuis des décennies. « Tu m’as appris à quel point l’humain peut être exceptionnel », dit-il à un patient. Tout au long des deux heures du délicat Professeur Yamamoto part à la retraite, la caméra de Kazuhiro Soda est le témoin intime de ce temps des adieux, et de la relation singulière nouée entre le thérapeute et ceux qu’il a parfois hébergés, aidés financièrement, et qui lui apportent en consultation des petits plats faits maison… Le réalisateur japonais, fidèle aux stricts préceptes de son cinéma « d’observation » (absence de commentaire et de musique, plans longs), poursuit ainsi le travail amorcé avec Mental (2008), premier film sur la psychiatrie où l’on croisait déjà le professeur Yamamoto. Cette immersion muette aux côtés de l’octogénaire dévoile également un mari à la silhouette voûtée absorbant avec une douceur patiente les absences d’une épouse atteinte d’Alzheimer. Prendre soin des vivants — mais aussi des morts —, voilà le moteur d’un étonnant personnage, dont l’altruisme et l’abnégation souriante confèrent à ce beau portrait une portée universelle. Télérama

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