De Yim Soon-rye avec Kim Tae-ri, Moon So-ri, Ryu Jun-yeol, Jin Ki-joo, Jun Guk-hyang, Park Won-sang, Jeong Joon-won, Jeon Sang-jin
Comédie Dramatique - Corée du Sud - 2018 - VOST - 1h43

Petite Forêt

Hye-won est lasse de la vie difficile qu'elle mène en ville et décide de retourner dans son village natal à la campagne. Là, elle guérit ses blessures émotionnelles avec l'aide de ses amis de longue date, de la nature et de la nourriture.

Repas coréen le samedi 14 septembre à 19h30, avant la séance de 20h30 = 10 € sur réservation au 03 89 60 48 99 ou cinebelair@wanadoo.fr

Un film en suspens, que colore le rythme des saisons. Dans cet écrin de douceur naturelle, le spectateur se sentira à son aise. Yim Soon-rye donne au temps que l’on prend toute sa valeur subversive, comme une réponse à notre monde obsédé par la rentabilité. La jeune héroïne a faim. Elle ne cesse de le répéter, au début du film. Les plats qu’elle cuisine avec une grande minutie figurent un désir encore plus grand. Hye-won a faim de tout ce que la grande ville ne lui permet pas, où ses désirs estudiantins s’étiolent, où sa relation sentimentale se délite. Alors quoi ? Quelles envies ? Filer à vélo, les cheveux au vent, dans une nature que colorent les variations du temps, retrouver le goût des aliments produits par la terre et qu’elle accommode à ses recettes vegan, saisir à pleine bouche la sève des tomates, acheter des piments sur un marché. Par l’accomplissement de gestes simples, accordés au rythme des saisons, elle s’inscrit dans le cycle de l’existence sans cesse recommencée, qui admet la disparition comme un processus naturel, puis la lente floraison qui configure une renaissance. A cette aune, tout s’arrange au diapason de la vie terrestre : les souvenirs, à leur tour, sortent du sol et les absents ne sont pas loin. La préparation d’un plat appelle la mémoire d’une mère qui prodigue des conseils, le souvenir devenant cette matière dans laquelle travaille le manque affectif. Certes, le film esquisse une possible bifurcation sentimentale, qu’autorise la situation des protagonistes : le jeune Jae-Hon partage avec son amie d’enfance le désir d’un retour à la campagne, loin des mégalopoles affolées. A l’intersection de leurs retrouvailles et d’un environnement favorable, une romance pourrait s’esquisser. Mais fidèle jusqu’au bout à ses intentions descriptives, Yim Soon-rye n’est pas disposée à privilégier une bluette hésitante. On lui sait gré d’exalter la liberté individuelle, un des thèmes majeurs de son cinéma. D’autres n’auraient pas eu cet égard vis-à-vis de leurs personnages et la nature, alors, n’aurait été qu’une carte postale que deux jeunes amoureux auraient envoyée à leurs proches, pour leur signifier que tout va mieux. Petite forêt n’est pas de ces pauses qui ont l’inconsistance d’une courte sieste : la vacance est si agréable que l’héroïne la prolonge. Il sera toujours temps pour elle de reprendre un autre cycle. Avoir-alire

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