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Sortie nationale

De Mounia Meddour Gens avec Marwan Zeghbib, Lyna Khoudri, Yasin Houicha, Nadia Kaci, Shirine Boutella, Amira Hilda Douaouda, Meryem Medjkane, Zahra Doumandji Drame - Algérie/France/Belgique/Qatar - 2019 - VOST - 1h46

Papicha

Alger, années 90. Nedjma, 18 ans, étudiante habitant la cité universitaire, rêve de devenir styliste. A la nuit tombée, elle se faufile à travers les mailles du grillage de la Cité avec ses meilleures amies pour rejoindre la boîte de nuit où elle vend ses créations aux " papichas ", jolies jeunes filles algéroises. La situation politique et sociale du pays ne cesse de se dégrader. Refusant cette fatalité, Nedjma décide de se battre pour sa liberté en organisant un défilé de mode, bravant ainsi tous les interdits

Le premier long-métrage de fiction de Mounia Meddour dénonce l’oppression du corps féminin par le fondamentalisme islamiste. Dans l’Algérie des années 1990, où le fondamentalisme islamiste étend insidieusement sa chape de plomb sur toute la société, Nedjma (Lyna Khoudri) mène des études de français à l’université d’Alger et fait parfois le mur pour sortir incognito en boîte avec ses copines. Son rêve serait de devenir couturière et d’organiser un défilé pour montrer ses créations, mais partout autour d’elle la pression religieuse s’intensifie : des affiches prosélytes sont placardées sur tous les murs, des bataillons de filles en hijab inspectent les chambres, les terroristes frappent, la méfiance se généralise et la peur gagne du terrain. Le tissu devient, pour l’étudiante, le terrain d’une résistance symbolique : coudre des robes qui glorifient la beauté des femmes plutôt que de les recouvrir d’un voile pudique. Jeunes actrices impétueuses. Premier long-métrage de fiction de la réalisatrice Mounia Meddour, née en 1978, Papicha (« jolie fille » en argot algérien) fait partie de ces films qui s’enrobent d’une idée de la liberté passant moins par un discours articulé, que par l’élan, la vitalité et la spontanéité de la jeunesse portraiturée. Dénonçant l’oppression du corps féminin, le film trace une ligne clairement délimitée entre partisans de la liberté et obscurantistes, scindant en deux son évocation du passé proche et troublé de l’Algérie. Mounia Meddour prend ainsi soin de discerner son héroïne de ce repli rigoriste qui emporte de larges pans de la société civile, pour faire d’elle une sorte de conscience éclairée, presque un symbole. A défaut de nuance, d’ambiguïté ou de recul historique, Papicha vaut surtout pour sa troupe de jeunes actrices impétueuses, qui donnent au film le visage de leur génération. Le Monde

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