Rencontre

De Annemarie Jacir avec كريم داود عناية, Yasmine Al Massri, Billy Howle, Dhafer L'Abidine, Ward Helou
Drame - France/Qatar/Palestine/Arabie Saoudite/Grande-Bretagne/Jordanie - 2025 - VOST - 1h59

Palestine 36

Palestine, 1936. La grande révolte arabe, destinée à faire émerger un État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique.

Rencontre avec l'Association France Palestine Solidarité, ATTAC et la Ligue des Droits de l'Homme.

Les films de la cinéaste palestinienne Annemarie Jacir, qu’ils se déroulent à l’époque contemporaine (Le Sel de la terre) ou non (Quand je t’ai vu), sont hantés par la Nakba — la « catastrophe » de 1948, quand des centaines de milliers de ses compatriotes durent quitter leur terre natale après la défaite des pays arabes lors de la première guerre contre Israël. Son nouveau long métrage, de loin son plus ambitieux et son plus spectaculaire, se déroule douze ans avant cet événement traumatique. Mais, d’une certaine manière, il l’annonce. Et en donne de précieuses clés de compréhension. En 1936, donc, la Palestine est administrée par les Britanniques depuis que la France et le Royaume-Uni se sont partagé le Proche-Orient à l’issue de la Première Guerre mondiale. La puissance occupante, qui avait soutenu le nationalisme arabe contre l’Empire ottoman, gère le territoire de manière coloniale, tout en laissant des Juifs qui ont fui l’antisémitisme et le fascisme en Europe s’installer en Terre sainte. Une révolte initiée par les paysans va peu à peu gagner les villes avant d’être réprimée dans le sang… Pour incarner la société palestinienne de l’époque dans toute sa diversité, la réalisatrice multiplie les personnages dans un récit choral, fluide et prenant, qui assume le mélodrame et le lyrisme avec brio. Côté rural, on découvre entre autres Hanan (Hiam Abbass), une grand-mère aimante ou le père Bolous — un pope très impliqué dans sa communauté villageoise (Jalal Altawil). Côté urbain, la journaliste féministe Khouloud (Yasmine Al Massri) milite pour l’indépendance quand son mari, l’homme d’affaires Amir (Dhafer L’Abidine) se montre plus arrangeant avec l’occupant. Les deux univers sont reliés par Yusuf (Karim Daoud Anaya), un jeune campagnard qui travaille à Jérusalem avant de se lancer à son tour dans la guérilla. Le camp britannique n’est pas lui non plus d’un seul bloc, entre le haut-commissaire ambigu (Jeremy Irons), un diplomate sensible à la cause palestinienne (Billy Howle) et un officier chrétien (Robert Aramayo) qui, au nom d’une lecture littérale de la Bible, rêve de la création d’un État juif — un messianisme que l’on retrouve aujourd’hui chez les évangélistes américains partisans inconditionnels du « Grand Israël » de Benyamin Netanyahou…Télérama

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