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Sortie nationale

De Julie Delpy avec Julie Delpy, Gemma Arterton, Richard Armitage, Daniel Brühl, Sophia Ally, Lindsay Duncan, Saleh Bakri, Jördis Triebel, Nicolette Krebitz, Tijan Marei, Luise Helm, Nina Kunzendorf, Vladimir Burlakov
Drame - Royaume-Uni/France/Allemagne - 2020 - VOST - 1h42

My Zoe

Après son divorce, Isabelle, généticienne, tente de reprendre sa vie en main. Elle tombe amoureuse et décide de relancer sa carrière. Mais son ex-mari, James a du mal à l'accepter et lui rend la vie dure dans la bataille qu'il mène pour obtenir la garde de leur fille Zoe. Une tragédie les frappe et la famille s'en trouve brisée. Isabelle décide alors de prendre le destin en main.

Une généticienne en guerre avec son mari refuse à tout prix de laisser mourir sa fille. Julie Delpy réalise un drame aussi féroce qu’étonnant. Julie Delpy n’est jamais tout à fait où on l’attend. Après un film inspiré par Woody Allen (2 Days in Paris, 2007), elle peut rebondir avec un conte gothique et gore (La Comtesse). Et, à l’occasion, elle pimente ses comédies de personnages inquiétants, comme le fils limite pervers narcissique de Lolo… Aujourd’hui, elle franchit un cap dans l’audace, avec un drame contemporain poignant, dont la force repose sur d’étonnants virages. L’actrice-réalisatrice incarne Isabelle, une généticienne vivant à Berlin, en bisbille avec son ex-mari pour la garde partagée de leur petite fille, Zoe. Jusqu’à ce qu’une tragédie frappe l’enfant, la cloue à un lit d’hôpital. Accepter la situation, la vie qui bascule ? Isabelle s’y refuse. Elle va tout tenter pour contrer l’ordre des choses… Sur ce sujet casse-gueule, la cinéaste propose d’abord une variante inversée de La guerre est déclarée (le film de Valérie Donzelli) : les protagonistes, aussi démunis que désunis, se livrent, au cœur de l’hôpital, une bataille sanglante, où s’expriment les failles de leur intimité passée. Julie Delpy détricote les rapports de couple, avec une grande acuité psychologique et une férocité de plus en plus redoutable, à mesure que se joue le sort de l’enfant. Mais alors qu’il pourrait virer au mélodrame complaisant, le film embarque le spectateur aux lisières de la science-fiction, de l’anticipation médicale. La réalisatrice surprend avec ce mélange des genres étrange, politiquement incorrect. Fable aux enjeux bioéthiques, My Zoe est aussi un parcours d’émancipation, célébrant une maternité guerrière et exclusive. Quelle place pour le père dans cette lutte contre l’adversité ? Isabelle est-elle égoïste ? Folle ? Le combat de cette mère éperdue se déploie sur une ligne de crête parfois vacillante, mais finalement solide. Cru et frontal, étonnant de bout en bout, le film remue. Et Julie Delpy, bouleversante, parvient à faire ressentir, viscéralement, le lien fusionnel mère-enfant, ce point de rupture où plus rien d’autre ne compte que l’obsession de sentir à nouveau la peau douce et les cheveux d’une fillette adorée. Télérama

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