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Sortie nationale / En salle Ciné K

de Alejandro Landes avec Julian Giraldo, Moises Arias, Julianne Nicholson Drame - Colombie/Arg./Pays-Bas/All./Uru./Dan./Suède - 2019 - VOST - 1h42

Monos

Dans un camp de vacances isolé au sommet des montagnes colombiennes, des adolescents, tous armés, sont en réalité chargés de veiller sur Doctora, une otage américaine. Mais quand ils tuent accidentellement la vache prêtée par les paysans du coin, et que l’armée régulière se rapproche, l’heure n’est plus au jeu mais à la fuite dans la jungle...

A partir du 4 mars en salle Ciné K (Salle 3) du Kinepolis

Horaires du 11 au 17 mars en salle Ciné K

Dans une atmosphère de fin du monde, un groupe d’adolescents, chargé de surveiller une otage, expérimente divers « trips ». Intense et troublant. Dans les montagnes embrumées d’un pays supposément sud-américain, vit une huitaine d’adolescents, dont on ne connaîtra que les surnoms : Rambo, Patagrande, Boom-Boom… Reliés au reste du monde par une vieille radio qui leur crache sporadiquement des ordres de mission, ils veillent sur une otage américaine et tuent l’ennui en faisant des batailles de boue, des feux de camp et des soirées sous champignons hallucinogènes, propices à toutes les expérimentations, y compris sexuelles. Parfois, ils reçoivent la visite d’un étrange messager nain, monté sur un cheval, qui les entraîne façon commando, avant de leur offrir une précieuse vache, élément déclencheur d’un cataclysme de violence. Dans ce décor de fin du monde (le parc national de Chingaza, à l’extrémité septentrionale de la cordillère des Andes), sous des cieux orageux d’une indécente photogénie, les jeunes paramilitaires basculent progressivement dans une zone de non-retour, travaillés par leurs hormones et les injonctions paradoxales de leur statut d’enfants soldats : aimer et tuer, obéir et jouir… À la faveur d’un événement qu’on ne révélera pas, l’escouade jusque-là soudée par une solidarité juvénile se disloque dans une seconde partie en forme de chasse à l’homme dans la jungle, sans comte Zaroff ni colonel Kurtz, mais tout aussi terrifiante. Qu’on retrouve dans Monos (« singes », en espagnol) la barbarie belliqueuse d’Apocalypse Now, l’intensité tellurique d’Aguirre, la colère de Dieu ou la fraternité sadique de Sa Majesté des mouches n’a, après tout, pas vraiment d’importance au regard de ce que le film produit lui-même comme images et émotions inédites. Au-delà des références un peu écrasantes fatalement convoquées dès qu’il est question d’enfants et de survie en forêt équatoriale, Monos s’impose en définitive comme un film d’une force et d’une originalité peu communes. Un voyage aux confins du chaos et de l’âme humaine. Un film-trip, au sens narcotique du terme, dont on ressort chamboulé, essoré, persuadé d’avoir assisté à la naissance d’un grand cinéaste, Alejandro Landes, qui replace enfin, après ses compatriotes Ciro Guerra (Les Oiseaux de passage) et Franco Lolli (Une mère incroyable), la Colombie sur la carte du cinéma mondial. Télérama

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