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Sortie nationale

De Lee Isaac Chung avec Steven Yeun, Han Yeri, Youn Yuh-jung, Will Patton, Alan Kim
Drame - Etats-unis - 2021 - VOST - 1h56

Minari

Une famille américano-coréenne décide de s’installer dans une petite ferme de l’Arkansas pour vivre leur « rêve américain ». La maison familiale change complètement avec l’arrivée de la grand-mère sournoise, grossière, mais excessivement aimante. Entre l’instabilité et les défis qu’offrent cette nouvelle vie dans les monts Ozarks, la famille va faire preuve d’une incroyable résilience et apprendra ce que signifie vraiment « être chez soi ».

En Arkansas, joies et peines d’une famille coréenne en quête d’enracinement. Un portrait doux-amer de l’Amérique profonde sous Reagan. Le rêve américain n’est pas mort. C’est, du moins, la con­viction de Jacob, un ouvrier agricole originaire de Corée (le charis­matique Steven Yeun, qui incarnait le play-boy cynique dans Burning, de Lee Chang-dong), bien décidé à se faire une place au soleil dans les États-Unis du président Reagan en y cultivant des légumes de son pays natal. Après une expérience malheureuse en Californie, le jeune père de famille achète un lopin de terre en Arkansas. Si l’immigré croit dur comme fer en sa bonne étoile, son épouse, elle aussi déracinée, se désespère de devoir habiter dans un mobil-home miteux isolé de tout. D’au­tant que leur petit garçon a besoin de soins médicaux pour un souffle au cœur… Si Lee Isaac Chung ménage de jolies parenthèses contemplatives grâce à ses images de nature au lyrisme discret, Minari séduit davantage par son regard documentaire sur l’Amérique profonde des années 80. Les difficultés matérielles des agriculteurs qui ont cru à leurs dépens aux promesses d’enrichissement de la « révolution conservatrice », l’intégration douloureuse des immigrés ou encore la religiosité intense de ces territoires ruraux défavorisés trouvent d’ailleurs de puissants échos dans les États-Unis post-Trump. Même dans les situations les plus douloureuses, le film ne se départ ­jamais d’une grande douceur dans sa mi­se en scène. C’est sa limite, comme si le cinéaste avait peur du tragique potentiel de son histoire, et aussi son charme. Dans cette attachante chroni­que familiale nourrie par l’autobiographie, Lee Issac Chung accorde la même huma­nité, la même attention, à tous ses personnages. Avec, peut-être, un surcroît d’empathie pour Soonja, l’irrésistible grand-mère fantasque, qui a valu à son interprète un Oscar du meilleur second rôle mérité. Télérama

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