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Sortie nationale

de Satoshi Kon Animation Fantastique Romantique Drame - Japon - 2001 - VOST - 1h27

Millenium actress

Chiyoko Fujiwara est une ancienne gloire du cinéma japonais. Aujourd'hui, âgée de 70 ans, elle vit recluse chez elle. Un jour, un homme vient lui rendre visite pour l'interviewer sur son passé. Il lui remet une clé, que Chiyoko avait perdu voilà 30 ans. Devant le journaliste et son caméraman elle se met à raconter son histoire. Une vie pleine d'amour et de passion, passée à rechercher un étrange inconnu, celui-là même qui lui a un jour remis cette clé en lui faisant la promesse de se revoir...

Diffusion en salle Ciné K du Kinepolis à partir du 18 décembre.

Un bijou, inédit en salle jusqu'alors, de Satoshi Kon, grand auteur de l'animation japonaise éclipsé en Europe par l'aura de Hayao Miyazaki. Satoshi Kon n'est pas le nouveau génie de l'animation nippone. C'est un grand cinéaste tout court. Si le cinéma asiatique et américain cherche de plus en plus son inspiration visuelle dans l'animation, Satoshi Kon, de toute évidence cinéphile "classique", semble concevoir ses dessins animés comme des films en prises de vue traditionnelles, sans effets spéciaux et avec de vrais acteurs. Si Hayao Miyazaki est un artiste visionnaire, à l'instar de Federico Fellini ou Akira Kurosawa, l'univers de Satoshi Kon est indissociable des techniques et des possibilités de l'animation, prolongement pictural du cinéma qui repousse les limites du rêve et de l'imagination. Cette constatation s'applique également aux meilleurs films de science-fiction japonais, dont les réalisateurs ont depuis longtemps délaissé les prises de vue réelles au profit du dessin puis des images de synthèse. Millennium Actress, son deuxième film après le génial thriller conceptuel Perfect Blue, est encore meilleur et prolonge le précédent. Deux journalistes de la télévision, dont un ancien assistant de studio, vont interviewer une vieille dame, ex-grande vedette du cinéma qui vit désormais recluse. L'entretien permet d'évoquer à la fois l'histoire du siècle, la guerre, les différentes périodes du cinéma japonais, et le destin professionnel et privé de l'actrice. Le fil d'or reliant ces retours en arrière est une clé confiée par un mystérieux inconnu que la jeune femme aimera et poursuivra toute sa vie après une unique et brève rencontre. Perfect Blue était un polar horrifique, Millennium Actress un mélodrame. Mais les deux films partagent la même ambition et la même idée du cinéma, follement inventive, riche et ambitieuse ; le désir aussi de parler en même temps de la société du spectacle, de la confusion des sens et des sentiments. Satoshi Kon mêle l'histoire du Japon et de son cinéma, les extraits de films et la biographie de son héroïne avec une virtuosité qui doit tout au montage et rien aux possibilités spécifiques de l'animation. Les deux reporters voyagent dans le temps, en témoins muets puis en commentateurs et enfin participent à l'action. On pense à Resnais et à Un jour sans fin de Harold Ramis. La dimension conceptuelle du film précédent demeure, mais elle s'enrichit d'une émotion à fleur de peau. L'angoisse de la sexualité cède la place à la projection amoureuse, l'horreur à la désillusion. Satoshi Kon s'intéresse toujours autant à la psychologie féminine (le but de la vie de son héroïne n'est pas de trouver son amant rêvé, mais d'être sans cesse à sa recherche), au rôle et à la situation aliénante de la femme dans la société japonaise. Les Inrocks

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