de Thierry Demaizière et Alban Teurlai
Documentaire - France - 2018 - 1h31

Lourdes

Le rocher de la grotte de Lourdes est caressé par des dizaines de millions de personnes qui y ont laissé l’empreinte de leurs rêves, leurs attentes, leurs espoirs et leurs peines. A Lourdes convergent toutes les fragilités, toutes les pauvretés. Le sanctuaire est un refuge pour les pèlerins qui se mettent à nu, au propre – dans les piscines où ils se plongent dévêtus – comme au figuré – dans ce rapport direct, presque charnel à la Vierge.

Diffusion au Kinépolis - Salle 3 du 18 au 24 septembre. Horaires ici.

Plongée dans le quotidien des pèlerins de Lourdes. Un beau documentaire sur cette communauté liée par la solidarité autant que par la religion. Des mains, plus ou moins parcheminées, caressent la paroi de la grotte et recueillent un peu de son humidité pour s’en mouiller le front, les joues. Hommes, femmes, vieillards ou enfants défilent, cohorte recueillie et pleine d’espoir, dans ce lieu où la Vierge apparut à Bernadette Soubirous, il y a plus de cent soixante ans… Après leur passionnant documentaire sur la star porno Rocco Siffredi, ce n’est rien de dire que Thierry Demaizière et Alban Teurlai changent de sujet avec cette plongée au cœur des pèlerins de Lourdes. Quoique : ce sont toujours des corps qu’ils filment. Cassés, impuissants face à la maladie, enfermés dans le handicap, mais soutenus, portés, écoutés par les bénévoles, les prêtres, les religieuses, les infirmiers. Une jeune hospitalière tatouée lave une vieille dame avec un dévouement et une gaieté qui forcent le respect. Plusieurs brancardiers et un long dispositif sont nécessaires pour que cet homme lourdement handicapé puisse être plongé dans la petite piscine d’eau « miraculeuse ». Dans la multitude des pèlerins, les deux réalisateurs se sont attachés à quelques-uns, les suivant au plus près, du début à la fin de leur séjour : un couple âgé a économisé pour venir avec son fils, victime, il y a longtemps, d’un terrible accident. La jeune Céline souffre d’épilepsie et sa foi en sainte Bernadette l’aide à tenir face au harcèlement qu’elle subit au collège. Une famille de Gitans vient régulièrement car, ici, elle se sent accueillie. Grâce à l’association Magdalena pour les prostitué(e)s, Isidore, le travesti très croyant, va servir la messe. Et puis, il y a le petit Jean-Baptiste, venu avec son père, militaire. Lui-même est atteint d’un syndrome rare, mais c’est pour son petit frère, encore plus malade que lui, qu’il est venu prier. Lors d’une célébration en plein air, il s’adresse à sa voisine en fauteuil roulant (« ça va ? ») et lui prend la main : ce geste, spontané, complice, est bouleversant. Avec Lourdes, Thierry Demaizière et Alban Teurlai n’ont pas filmé la religion, mais la beauté d’un corps social dans son entièreté, valide et invalide. Sa souffrance et sa grâce. A la fin de ce grand film de cinéma, on en vient à espérer des miracles. Télérama

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