/ Autre regard fait son cinéma

De Etienne Kallos avec Brent Vermeulen, Alex van Dyk, Juliana Venter, Morné Visser, Danny Keogh
Drame - Afrique du Sud/France/Grèce/Pologne - 2018 - VOST - 01h46

Les Moissonneurs

Afrique du Sud, Free State, bastion d’une communauté blanche isolée, les Afrikaners. Dans ce monde rural et conservateur où la force et la masculinité sont les maîtres-mots, Janno est un garçon à part, frêle et réservé. Un jour, sa mère, fervente chrétienne, ramène chez eux Pieter, un orphelin des rues qu'elle a décidé de sauver, et demande à Janno de l'accepter comme un frère. Les deux garçons engagent une lutte pour le pouvoir, l'héritage et l'amour parental.

BRUNCH  le dimanche 24 mars après la projection de 11h = 10 € par personne sur réservation auprès de Autre regard à autreregardreservation@gmail.com / 100 av. de Colmar  à Mulhouse jusqu’au 22 mars (possibilité de réservation le soir de l’inauguration)

Stupéfiant de maîtrise, ce premier film d'Etienne Kallos joue sur le registre des sentiments secrets, des haines raciales, des intolérances recuites. Dans une famille hyper chrétienne d'Afrique du Sud, la vie quotidienne repose sur l'autorité, la religion, les travaux et les jours d'une ferme immense, plantée au milieu du paysage infini du Free State. Janno, le fils, adolescent en proie à des pulsions homosexuelles, voit arriver un autre garçon, adopté. Ce dernier, Pieter, vient de la rue, et sait ce qu'exige la survie quotidienne. Entre les deux gamins, l'un issu du monde rural, l'autre de la ville, s'engage une sourde lutte pour capter l'amour et le pouvoir au sein de la tribu familiale, bastion blanc dans un pays où les Noirs n'ont pas droit à la moindre présence. L'image est sépia, la lumière, tamisée par la poussière des moissons, les regards sont chargés de tristesse, la solitude est totale. Etienne Kallos, 46 ans, filme avec un respect immense ces hommes et ces femmes de la Bible Belt, confits en dévotion, et jamais ne porte de jugement sur les personnages. Ce qui est étonnant, c'est la puissance souterraine du récit, l'absolue ténacité de chaque scène, la présence du sacré et le souffle de l'ensemble, qui se termine en tragédie douce mais implacable. Une authentique révélation et, pour nous, un vrai coup de cœur. Le Nouvel Observateur

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