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De Hélène Ducrocq
Animation - France - 2020 - VF - 40min

Les Mal-aimés

Notre planète regorge de vie, et il nous appartient de la sauvegarder. Mais cette protection peut-elle exister ou être efficace alors même que nous ignorons le rôle et le fonctionnement de la plupart des espèces, ou pire, que certaines nous font peur ? Ce programme de 4 courts métrages montre avec douceur et tendresse l'univers de certains de ces « mal-aimés » auxquels les contes et légendes ou simplement les préjugés ont malheureusement donné une mauvaise réputation.

Les Mal-aimés, ce sont ces animaux qui sont discriminés à cause de leur apparence ou d’un imaginaire humain largement nourri par les contes : à travers quatre histoires absolument charmantes, qui suscitent discrètement la réflexion sur l’environnement, la chasse, le respect de la biodiversité. Hélène Ducroq parvient à entremêler les registres, à la fois humoristiques, poétiques ou plus dramatiques, tout en privilégiant l’imaginaire, grâce à une animation en 2D particulièrement réussie. Les teintes sombres habillent volontiers des univers nocturnes qu’embrasent parfois des couleurs rougeoyantes, comme dans cette séquence très réussie qui clôture le deuxième court-métrage, et qu’on croirait sortie d’un dessin de Folon. Le destin de ces bestioles suscite une empathie immédiate : on s’attache à ce petit loup, poursuivi par une meute de chasseurs, qui se réfugie dans une cabane de jardin, avant d’être pris en charge par des enfants bienveillants ; on comprend le malaise et les souhaits de cette araignée, rêvant de rejoindre New York, et qui, orpheline de toute sa famille, est aussi transie de peur à l’idée de finir dans le bec d’un oiseau, écrasée par un pied humain, siphonnée par un aspirateur ; on suit le parcours de la petite chauve-souris rose Maraude, qui voudrait rejoindre la ville, mais dont le parcours est menacé par un hibou, tandis qu’un auxiliaire de taille, Murphy, à la tête de panda, lui vient en aide, pour trouver des moustiques à manger ; quant à la chorale des vers de terre, elle plaira volontiers aux petits, d’autant qu’elle leur apprendra l’utilité de ces lombrics, leur rôle essentiel dans le fonctionnement des agrosystèmes, leur montrera aussi la nocivité des pesticides privilégiés par l’agriculture intensive. Foisonnant de trouvailles graphiques, jouant à la fois sur le mouvement et la fixité, Les Mal-aimés est une très belle œuvre, qui, sans ostentation, constitue un beau plaidoyer en faveur de l’écologie. A voir à Lire

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