Rencontre

De Patrice Leconte avec Philippe Noiret, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Catherine Jacob, Michel Blanc
Comédie - France - 1996 - VF - 1h25

Les Grands Ducs

Trois comédiens âgés et expérimentés, sans le sou, minables et au chômage, sont engagés dans une comédie de boulevard médiocre, qui part en tournée. Le spectacle est monté par un producteur escroc, ruiné, qui n'a trouvé d'autre issue que de provoquer un accident afin de recevoir des indemnités financières des assurances. Mais les trois acteurs se prennent au jeu, et s’investissent dans ce qui sera peut-être la dernière chance de leur vie.

Rencontre avec Patrice Leconte, réalisateur, animée par Olivier Arnold, professeur et réalisateur.

En avant-programme :
- Hommage aux Marx Brothers : Groucho, Harpo, Chico, Gummo et Zeppo, les célèbres Marx Brothers, alsaciens d’origine, source d’inspiration pour le réalisateur des Bronzés, Tandem, Ridicule, Le mari de la coiffeuse...
- Mon royaume pour un cheval, court métrage d’Olivier Arnold, dédié à Patrice Leconte.

Mésestimé à sa sortie, ce film est celui qui ressemble le plus à Patrice Leconte, cinéaste tiraillé entre le besoin de reconnaissance critique et celui de succès public, et qui donne souvent le sentiment de se chercher sans se trouver. L'histoire grand-guignolesque de ce four devenu triomphe involontaire parle souterrainement de tout ça, avec pas mal d'autodérision et beaucoup de tendresse - même un poil cruelle - pour les acteurs. Marielle, Rochefort et Noiret sont trois comédiens tricards et ringards, en tournée dans les sous-préfectures avec une pièce de boulevard inepte. Les mauvaises langues diront que ces rôles leur vont bien, eux qui incarnent davantage le cinéma pantouflard de papa que le cinéma moderne. C'est justement cette image d'eux que les trois ont accepté d'affronter et de surpasser. Les Grands Ducs est un film gouleyant sur le cabotinage, ses excès, ses manies, ses limites. Les situations de fiascos, de débandades et de malentendus aux finals triomphaux s'enchaînent sur un rythme endiablé. Si l'abattage des acteurs fait l'unanimité, nos préférences vont à Marielle, génialement pédant, mais aussi à l'irrésistible Catherine Jacob, parfaite en diva casse-bonbons. Bref, Leconte signe là une bouffonnerie sincère et plus personnelle que ses films dits d'auteur. Télérama

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