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Sortie nationale

De Hirokazu Kore-eda avec Song Kang-ho, Gang Dong-won, Bae Doona, IU, Lee Joo-young
Drame - Corée du Sud - 2022 - VOST - 2h09

Les Bonnes étoiles

Dans un lieu où des nouveaux-nés peuvent être abandonnés anonymement, Sang-hyun trouve un bébé qu’il confie à un couple avec qui il a passé un accord.

Prix d'interprétation masculine pour Song Kang-Ho, Festival de Cannes 2022.

Prix Oecuménique - Festival de Cannes 2022.

Hirokazu Kore-eda effectue avec ce film son grand retour sur la Croisette après la Palme d’or attribuée à Une affaire de famille. Le cinéaste avait entre-temps réalisé en France La vérité, avec Catherine Deneuve et Juliette Binoche, tourné dans un Paris lunaire et mélancolique. C’est également à l’étranger que Kore-eda situe l’action de Broken (titre international). Mais cette-fois ci, le cinéaste est resté sur le continent asiatique en choisissant la Corée du Sud. Comme le récit est très fidèle à ses œuvres antérieures, le sentiment de rupture n’apparaît pas vraiment. Bien au contraire, Les bonnes étoiles marque une continuité dans son dispositif. Mêlant trame policière et chronique familiale, le film présente des personnages attachants au-delà (ou en raison) de leurs failles. So-young est partagée entre un sentiment de maternité, la volonté de donner à son enfant une existence meilleure que la sienne, et le désir de rompre avec le souvenir d’un homme qui la maltraitait ; l’abandon de son petit est un appel à l’aide plus qu’un déni de maternité. La policière Su-jin, en apparence inflexible et sans états d’âme dans sa vie professionnelle, se révèlera d’une réelle humanité. Quant à Sang-hyeon et Dong soo, les deux compères se faisant de l’argent sur la vente de bébés, ils n’en possèdent pas moins une fibre paternelle, la présence d’un enfant heureux à leurs côtés témoignant de leur bienveillance au quotidien. L’arrivée de So-young dans la vie des deux hommes va être à l’origine d’une configuration familiale inédite qui fait écho aux relations entre les protagonistes dans Une affaire de famille. D’autres liens peuvent être établis avec des métrages antérieurs du cinéaste, tous présentés à Cannes. Le rapport entre l’enfant et le bébé est dans la lignée de celui entre les demi-frères abandonnés dans l’appartement de Nobody Knows (prix d’interprétation pour le jeune Yûya Yagira en 2004), notamment avec le désir de protection de la part d’un aîné : un sentiment que l’on retrouve aussi dans Notre petite sœur (compétition officielle 2015). La solidité de l’amour parental est dans le prolongement d’Après la tempête (Un Certain Regard 2016) et surtout Tel père, tel fils (Prix du Jury 2013), qui abordait aussi le thème de l’adoption. Les bonnes étoiles en partage également la fibre émotionnelle, même si un ton de légèreté compense dans certaines scènes l’oppression des situations. Il ne faudrait cependant pas penser queLes bonnes étoiles est une œuvre consensuelle de festival. Son apparente joliesse et son accessibilité n’empêchent pas Kore-eda d’esquisser avec une certaine désillusion un tableau marquant de notre société contemporaine axée sur maints conflits de valeurs. Les interprètes coréens se meuvent avec bonheur dans le monde du réalisateur japonais. On appréciera en particulier l’incontournable Song Kong-ho (Parasite) et Donna Bae, qui avait déjà joué une policière ambigüe dans A Girl at My Door). A voir à Lire

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