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Rencontre

De Annie Ernaux, David Ernaux-Briot
Documentaire - France - 2022 - 1h01

Les Années Super 8

Un documentaire intime composé de films de famille de 1976 à 1981, tournés en Super 8, avec un texte inédit de l’écrivaine Annie Ernaux.

Rencontre avec le réalisateur  David Ernaux- Briot. En partenariat avec le RECIT et MIRA.

Autant qu’un film, c’est un livre d’images, lu par Annie Ernaux en personne. Et donc un objet immédiat de curiosité pour ses admirateurs. Cosigné avec son fils David Ernaux-Briot, ce premier long métrage (qui frôle le moyen par sa durée) aurait-il eu les honneurs de la Quinzaine des réalisateurs sans l’aura de l’autrice de L’Événement et de Passion simple ? Davantage qu’à ces fameux récits portés au cinéma l’an passé, Les Années super-8 font écho à un ouvrage important paru en 2008, Les Années, autobiographie du « on » plutôt que du « je », inscrite dans l’histoire sociale et culturelle de la France, de l’après-guerre au début du XXIe siècle. Monté à partir de films de famille, le film zoome sur une période brève, entre 1972, date d’achat de la caméra super-8, « objet désirable par excellence », et 1981, quand le couple Ernaux se sépare. La nature du commentaire apposé sur ces scènes muettes ne surprendra pas les lecteurs de la dame : il est dénué de sentimentalisme et de fioritures. Il n’empêche, il y a une drôle d’émotion à voir apparaître des visages seulement imaginés, jusqu’ici, à partir de ses écrits. Celui de sa mère, « consciente de ne pas faire bien dans le décor ». Celui de son mari, bel homme qu’elle appelle « Philippe Ernaux » tout du long. Et puis son visage à elle, surtout, de « jeune mère lisse » et de « femme secrètement taraudée par l’écriture », sur le point de sortir son premier roman, Les Armoires vides, sans se douter qu’« un livre ne change pas la vie, pas comme on espère ». L’intérêt documentaire tient aussi à des séquences de vacances et de voyages, notamment dans une Albanie encore verrouillée par le communisme. Le film témoigne tout à la fois d’une époque, d’une classe, et de l’existence banale d’une femme qui ne l’est pas. Télérama

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