De Hayao Miyazaki avec Rumi Hiiragi, Miyu Irino, Mari Natsuki, Bunta Sugawara, Yumi Tamai
Animation - Japon - 2001 - VF - 02h04

Le Voyage de Chihiro

Chihiro, 10 ans, a tout d'une petite fille capricieuse. Elle s'apprête à emménager avec ses parents dans une nouvelle demeure. Sur la route, la petite famille se retrouve face à un immense bâtiment rouge au centre duquel s'ouvre un long tunnel. De l'autre côté du passage se dresse une ville fantôme. Les parents découvrent dans un restaurant désert de nombreux mets succulents et ne tardent pas à se jeter dessus. Ils se retrouvent alors transformés en cochons. Prise de panique, Chihiro s'enfuit et se dématérialise progressivement. L'énigmatique Haku se charge de lui expliquer le fonctionnement de l'univers dans lequel elle vient de pénétrer. Pour sauver ses parents, la fillette va devoir faire face à la terrible sorcière Yubaba, qui arbore les traits d'une harpie méphistophélique.

Rencontre avec Canal BD Tribulles le dimanche 21 avril à 17h30

Chihiro est une Alice dont le pays des merveilles serait une ville fantôme livrée aux ombres. Miyazaki plonge une fillette de 10 ans dans une fantasmagorie effervescente qui commence comme un cauchemar — les parents de Chihiro sont changés en cochons — et se poursuit comme un rêve débordant d'épreuves et de sortilèges. Pour sauver sa peau, il n'y a qu'une issue : travailler à l'établissement de bains. Au-delà de cette limite, le récit devient aléatoire, car au coeur des thermes où les divinités se refont une santé, le moindre événement déclenche une cascade de bifurcations narratives, qui sont tout l'art de Miyazaki : la panique quand se pointe un « extraputride », monstrueux magma de gadoue nauséabonde, ou lors de l'envol d'un masque de vieillard ricanant... Miyazaki prend le risque de tous les télescopages, du grotesque de cartoon au surnaturel féerique (un train filant dans la nuit sur une mer étale laisse, dans la mémoire, une trace indélébile). Le bestiaire d'animaux « humanisés » et d'humains « animalisés » qui peuple le film renvoie à la familiarité du cinéaste, depuis l'enfance, avec l'univers des dieux et des esprits. Et puis il y a ces présences obsédantes, tel le « Sans-Visage », spectre errant au masque blanc figé de kabuki, atteint d'une intense mélancolie. Miyazaki arrive à réinventer le merveilleux de l'enfance dans un univers inédit. Télérama

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