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Sortie nationale Rencontre

De Hany Abu-Assad avec Maisa Abd Elhadi, Ali Soliman, Manal Awad, Samer Bisharat, Omar Abu Amer, Kamel ElBasha, Jalal Masrwa, Angham Khalil, Ibrahim Arafa
Drame - Palestine / Egypte / Qatar / Pays-Bas - 2021 - VOST - 1h30

Le Piège de Huda

Reem, une jeune mère mariée se rend au salon de coiffure de Huda à Bethléem, en Palestine. Après avoir mis Reem dans une situation déshonorante, Huda la fait chanter afin qu'elle donne des renseignements pour les services secrets israéliens, et ainsi trahir son peuple. Dans la nuit, Huda est arrêtée par Hasan, membre de la résistance… mettant en danger la vie de Reem et de sa famille.

Rencontre avec l’Association France-Palestine Solidarité le mercredi 1er février à 20h

Le Piège de Huda est un film courageux. Courageux car il attaque frontalement la question de l’occupation de la Palestine par le biais du destin de femmes dont le désir de liberté et d’émancipation est manipulé par les différentes parties prenantes du conflit. On se rend compte avec effroi que les tensions graves qui opposent les deux parties sont loin d’être binaires et que le peuple doit se frayer des voies de liberté tortueuses. Les personnages féminins incarnent particulièrement les stratégies qu’elles doivent engager, au prix de leur probité intellectuelle et psychologique, voire de leur intégrité physique, pour recouvrir leur autonomie. Hany Abu-Assad filme ses deux héroïnes sans filtre, sans limite, les cheveux découverts, jusque la nudité parfois. Elles sont livrées à la cruauté d’un univers patriarcal, manipulateur et pervers, où elles ne peuvent s’établir paisiblement. Hany Abu-Assad dresse un portrait cruel et tranchant du peuple palestinien. Le thriller haletant qu’il mène est une opportunité à témoigner de l’impossibilité pour les femmes, et plus généralement les jeunes gens, de trouver des espaces de liberté politique et intellectuelle. En réalité, la véritable occupation est située à l’intérieur même de la culture palestinienne qui doit composer avec ses paradoxes, ses espoirs et ses forces. Les figures des terroristes sont aussi terribles et cruelles que les occupants israéliens eux-mêmes. Il n’y a aucune possibilité d’échapper au spectre de l’enfermement et du manichéisme. La mise en scène du réalisateur, volontairement dépouillée, est le signe d’un récit brut, qui, à la manière de son chef-d’œuvre Paradise Now, décrit sans fard l’impossibilité pour le peuple palestinien de se définir en dehors de l’opposition avec l’État d’Israël. Avoir-alire

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