Sortie nationale

De LAETITIA CARTON
Documentaire - France - 2018 - 01h39

LE GRAND BAL

C'est l'histoire d'un bal. D'un grand bal. Chaque été, plus de deux mille personnes affluent de toute l’Europe dans un coin de campagne française. Pendant 7 jours et 8 nuits, ils dansent encore et encore, perdent la notion du temps, bravent leurs fatigues et leurs corps. Ça tourne, ça rit, ça virevolte, ça pleure, ça chante. Et la vie pulse.

Concert de Quatr’Quart le samedi 17 novembre à 20h30 avant la séance de 21h

Il était une fois un bal en pleine campagne réunissant durant une semaine 2000 personnes parmi toute l'Europe sur des planches pour s'initier à la danse trad et entrer dans la ronde du plaisir d'être ensemble. Si Le Grand bal commence comme La Vie moderne de Raymond Depardon avec un long travelling enchanteur à travers la lumière naturelle d'une route de campagne au petit matin, ce n'est pas pour raconter la mort du monde paysan, bien au contraire. La danse trad qui retrouve un véritable essor partout en France auprès des diverses générations, est le fruit des racines des danses paysannes passées, un patrimoine culturel qui a humblement traversé l'histoire officielle de la perversion des individus épris de pouvoir pour maintenir le plaisir de la rencontre conviviale autour de la danse. Filmé le temps de l'été de 2016 à Gennetines dans l'Allier lors des Grands Bals de l'Europe, le film de Lætitia Carton se concentre sur cet événement pour capter avec une sensibilité et une grâce infinie la magie ineffable de ces rencontres humaines, petit paradis où les tensions sociales s'évanouissent totalement pour ne laisser en scène que des corps de tout âge et sexes confondus dans l'étreinte harmonieuse d'une danse. Si les festivals sont de nos jours un moment de convivialité retrouvée créant une éphémère communautaire bienveillante à l'égard de chacun de ses membres, la danse permet de renouer avec la présence physique de l'autre, rappelant le besoin fondamental de tout individu d'être touché, enlacé en mouvement comme dans les premiers temps de sa vie. Lætitia Carton, réalisatrice du magnifique J'avancerai vers toi avec les yeux d'un sourd, poursuit sa description d'un monde à partir d'une approche éminemment sensorielle, avec cette confiance dans la capacité de la poésie cinématographique pour tenter d'approcher les énergies ineffables qui animent tous ces danseurs sur les planches durant des heures jusqu'aux aurores pour certains d'entre eux. Lætitia Carton filme un monde où la sociabilité renaît à partir de cette bienheureuse sensation de faire unité notamment dans des danses circasiennes qui relient les uns aux autres au rythme d'un battement de cœur. Cela n'empêche pas de faire le point le jour lors de quelques témoignages enregistrés et saisir quelques dysfonctionnements relationnels. Car la société est ici en question et se réinterroge dans son corps qui réoccupe son espace légitime dans son rapport à l'autre. On se pâme et on se laisse au lâcher-prise de l'ivresse de la danse au fil des images où l'on voit poindre sans mots dire la naissance de l'amour. Mediapart

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