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Sortie nationale

De Ariel Winograd avec Guillermo Francella, Diego Peretti, Luis Luque, Pablo Rago, Rafael Ferro
Comédie - Argentine - 2020 - VOST - 1h54

Le Braquage du siècle

En 2006, un groupe de voleurs a exécuté ce qui est considéré comme l'un des braquages ​​bancaires les plus célèbres et les plus intelligents de l'histoire de l'Argentine. Comment ils ont volé la banque de Rio est aussi surprenant que ce qui s'est passé par la suite. Voici leur histoire.

Des égouts aux effluves enivrants et une bande de braqueurs au grand cœur composent les bases de cette comédie enlevée qui réunit humour et action. En 2013 avec Vino para robar, le réalisateur Argentin Ariel Winograd s’essaie avec succès au film de braquage élégant et décontracté. Il récidive en s’inspirant d’un hold-up qui a eu lieu dans son pays en 2006, dont tous ses concitoyens se souviennent ; et nous entraîne dans une aventure flamboyante et rocambolesque, dans la veine du très apprécié Ocean’s Eleven de Steven Sorderbergh. Avec moins de brio certes, José Giovanni relatait dans Les égouts du paradis (1979) des faits très similaires, retraçant le casse du siècle réalisé par Albert Spaggari dans une banque niçoise en juillet 1976. Le 13 janvier 2006, six malfaiteurs munis d’armes factices prennent d’assaut la banque Rio et retiennent clients et personnel qui s’y trouvent. Aussitôt alertée, la police barricade toutes les issues, et envoie un négociateur qui perd vite ses repères face à ces bandits pas comme les autres. Quand enfin, elles peuvent entrer dans la banque, les forces de l’ordre découvrent des otages peu traumatisés. Il leur faut du temps pour comprendre que cette prise d’otages n’était qu’une mise en scène savamment orchestrée pour permettre à nos astucieux cambrioleurs de vider les coffres en toute tranquillité, creuser un tunnel et s’enfuir ensuite par les égouts à l’aide d’un bateau à moteur. Leur sens de la poésie et de la dérision les incite à laisser derrière cette maxime malicieuse : Dans les quartiers des richards, pas d’arme, pas de rancune. C’est juste de l’argent, pas de l’amour. Cela leur vaudra la sympathie éternelle du peuple qui en fera des stars indéboulonnables. Fernando Araujo (Diego Peretti) est un professeur d’arts martiaux sans antécédents judiciaires. Un soir de pluie, lors d’une promenade, il observe l’eau s’écouler dans les égouts. Il n’en faudra pas plus pour que germe dans son esprit affûté l’idée d’un jeu qui consisterait à attaquer une banque par la voie souterraine. Il ne lui reste plus qu’à recruter une équipe de complices. Pour l’assister, il jette son dévolu sur un nommé Luis Mario Vitette (Guillermo Francella), un voleur professionnel courtois et sagace, sorte d’Arsène Lupin du XXIe siècle. Roi de la pantomime, il n’a pas son pareil pour détourner l’attention de la police aux moments opportuns. Les quatre autres participants sont de simples exécutants aux talents divers. Une bande de gars fascinants dont le film s’amuse à décrypter la personnalité au point de nous les rendre sympathiques et gommer -en partie tout au moins- l’amoralité de leur projet. Néanmoins se pose la question de l’intérêt d’une énigme policière dont le dénouement est déjà connu. Force est de constater que l’événement lui-même relève déjà d’une inspiration cinématographique. Qui aurait pu imaginer un tel scénario ? C’est donc en déroulant pas à pas le fil de cette opération hors du commun que le réalisateur va tisser la trame d’une intrigue qui ne manque ni de charme ni de dynamisme. Entre rebondissements et suspense, aucun détail de ce braquage de haut vol n’est laissé au hasard, immergeant le spectateur au cœur de l’action. La réalisation slalome habilement entre obstacles et personnages dans une ambiance désinvolte et gentiment provocatrice, garantissant un humour constant. Une mise en scène efficace, une interprétation de qualité, un éclairage soigné même dans les coins les plus sombre des souterrains font de cette comédie romantico-policière un divertissement brillant sans prétention. Avoir-alire

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